La Ville en feu (pulp gay)
65 pages
Français

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La Ville en feu (pulp gay) , livre ebook

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Description

La ville en feu

AbiGaël
Pulp de 286 000 caractères.
Alors que des explosions et des incendies ravagent La Ville, se nouent trois histoires parallèles ayant même début et même fin. Gaël y rencontre un gitan muet et défiguré, un chirurgien gay aux doigts d’or... Parallèlement, d’autres couples gays mais pas toujours gais se font ou se trahissent.

Que vient donc faire l’orthophoniste au milieu du zoo ? Il faut bien qu’il finisse par rencontrer le muet, voyons !

Trois séries de rencontres au milieu d’évènements dramatiques... menées jusqu’au pays des wallabies où les hommes ont la tête en bas.

Trois séries de destins nés d’un même accident traumatisant aboutissent au même lieu où seront réparés les corps malmenés et les amours chahutées.
Retrouvez tous nos titres sur http://www.textesgais.fr/

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 28
EAN13 9782363076342
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

3 nouvelles d’AbiGaël : • Tombé sur un bec ! • L’orthophoniste au zoo • Bancal Austral
La Ville en feu
AbiGaël
Tombé sur un bec !
1 - Tout feu tout flamme Je sors de cette séance de colles de physique des matériaux avec la tête au carré. Ce con de binoclard, le dernier de ma série de collés, m’a énervé avec ses réponses de branque. Je n’ai pu m’empêcher de lui mettre une sale note. Non, décidément, il ne comprendra jamais rien à la RDM [Résistance des Matériaux]. Bon, il survivra ! Faudra juste qu’il rattrape sa moyenne par autre chose, j’espère que sa note de chimie suffira. Je n’aime pas plomber les étudiants. Je suis ingénieur informaticien en poste dans une grande compagnie de bancassurance. Mais j’ai gardé des liens étroits avec ma fac d’origine et je continue à assurer certains cours de travaux pratiques, ainsi que les colles pour assurer l’évaluation continue des étudiants. Ils sont ainsi moins tributaires de l’examen final de fin d’année. Pour moi, ça met du beurre dans mes épinards et je garde le contact avec les jeunes. BOOoum ! Tiens, bizarre, le bâtiment tremble. Ils ont encore dû faire une connerie au labo de chimie appliquée. Comme à chaque fois que je viens dans ces bâtiments, au centre de la fac, je me perds dans le dédale des couloirs. Je viens rarement par ici ; juste pour ces colles, avec la sempiternelle difficulté de trouver une salle appropriée pour les examens particuliers, en petits groupes, et pour lesquels les amphis ou les salles de TP sont trop grands. J’en profite pour jeter un coup d’œil distrait aux panneaux d’information, ceux des unités d’études, ceux du recteur, ceux des syndicats, ceux de l’association sportive, ceux des assos de loisirs, ou simplement pour mater les nombreux tags et affichettes sauvages qui recouvrent les murs de ces couloirs bien lépreux. Certains messages ne manquent pas d’humour et cela relève mon humeur taciturne. BaaaOOOUUUM ! Ça recommence. Cette fois le bâtiment tremble de plus belle et il y a toute une série de bruits assez particuliers, comme des explosions lointaines… Mais pas de fenêtres ici, dans ces couloirs interminables pour savoir ce qui se passe. Angoisse ! Zut, la lumière s’éteint ! Heureusement que les groupes de sécurité diffusent une lueur suffisante pour que j’atteigne les escaliers circulaires, au bout du bâtiment. Je descends les quatre étages à moitié à tâtons et me retrouve enfin au rez-de-chaussée. Un doute sur la porte coulissante du R-de-C. Va-t-elle s’ouvrir s’il n’y a plus de courant ? Je perçois maintenant distinctement diverses tonalités de sirènes de plus ou moins lointaines, qui vrillent mes oreilles. Ouf ! J’avais oublié que l’un des deux panneaux de verre de la porte avait été explosé par on ne sait qui, on ne sait quand, à la suite d’on ne sait quelle action malveillante. L’entretien de ces locaux universitaires est presque catastrophique, mais l’œil s’habitue aux déprédations… Je suis sur le parvis du campus et, à ma grande surprise, il fait nuit. Quoi…nuit ? Mais… ?? Un coup d’œil à ma montre m’indique qu’il n’est que quatre heures de l’après-midi. Je veux bien qu’on soit en hiver, mais quand même ! Que ce passe-t-il ? Derrière les stridulations des sirènes, j’entends au loin comme un bourdonnement continu et de grands cris traversent l’air, qui me semble très brumeux, poussiéreux. Il a dû se passer quelque chose de grave, pas loin. Ça sent la fumée. Je contourne encore quelques bâtiments et me retrouve sur la place. Des gens courent partout en hurlant. Alors je lève la tête… Horreur ! Au milieu d’un immense nuage noir et tourbillonnant, qui domine de Très-Haut l’empilement des nombreux bâtiments universitaire, des flammes gigantesques déchirent le ciel et me voilà enveloppé de fumée noire. C’est un brasier !... Je vais me faire rattraper par un brasier !... Au secours !... Non ! Ça ne sert strictement à rien de hurler. Fais comme eux, mon pote, et prends tes jambes à ton cou ! Alors je cours… J’ai dû sauter par-dessus l’ancien fossé de ceinture du campus. M’en suis même pas rendu compte. Me voilà dans l’avenue. Des gens affolés courent partout et s’engouffrent dans la bouche du métro. Connerie ! Ils risquent de se faire enfumer ou griller
comme des homards. La panique est indescriptible. Des cris et des hurlements en tous sens. Chacun tousse, crache, hoquette, suffoque, pleure, hurle ! Entre les ombres gigantesques des rideaux de fumées noires qui dansent par dessus et autour de nous, les flammes jaunes commencent à éclairer la ville d’une façon dantesque, là-haut, très haut au-dessus de moi. Putain ! Jamais vu des flammes pareilles… Je vais griller comme une saucisse ! Horreur ! C’est barbecue géant ! Ça commence à chauffer sérieusement. Mamma mia, je suis perdu ! Je détale comme un dératé. Plein Sud, sans regarder où je vais. J’ai mis un peu de distance entre le tourbillon de feu et moi. Jamais couru aussi vite. BAAAOOUM ! Merde ! Encore une explosion, là-bas, sur la droite. Mais qu’est-ce qui se passe, bordel ? Celle-ci n’est pas due aux voitures qui commencent à exploser derrière moi comme des cocottes minute trop pleines, alimentant de nouveaux incendies. Là-bas, une autre bouche de métro. Une foule compacte s’y presse, se bouscule, s’écrase, se piétine pour tenter de s’y abriter. Horreur !... L’antre souterrain se transforme brusquement en dragon de feu ! Une immense flamme remonte du métro et sort des marches, enveloppant les gens, caressant les rambardes et incendiant les deux roues qui y sont enchaînés. Gens, piétons, voitures, tout aux environs baigne dans la nappe de feu. Les voilà bientôt tous carbonisés dans des hurlements de fin du monde ! Le spectacle est atroce, à défaillir… La fin du monde… Oui, ce doit être cela… BaaaoooOOOM ! Ça pète encore à gauche, cette fois, au milieu du boulevard qui traverse l’avenue dans laquelle je fuie éperdument. La chaussée semble toute bouleversée. Je me retourne un instant pour observer et essayer de comprendre. Où que je porte les yeux, La Ville est embrasée, surmontée de flammes immenses et envahie de fumée. J’essaie d’aligner deux idées… Comment est-ce possible ? Une ville ne s’embrase pas comme ça !... Une odeur bizarre chatouille mes narines. Putain, le gaz ! C’est le gaz ! Je hurle comme un perdu. Je suis moi aussi dans un nuage de gaz qui va sauter ! À droite toute, ventre à terre... Je suis en train de battre des records olympiques de course à pied. C’est le réseau urbain du gaz qui fuit et qui pète partout. Mais comment est-ce possible ? Mes neurones s’entrechoquent, essayant d’amorcer un raisonnement. Il faudrait une pression phénoménale… Qu’est-ce qui s’est passé ? Fuite éperdue plein Ouest, vers la lumière, ou du moins ce qu’il en reste. Car le soleil est masqué par l’intensité de la fumée et les innombrables poussières et résidus carbonisés qui commencent à retomber du ciel. C’est presque une nuée ardente volcanique qui me poursuit dans mon dos. Je pense aux époux Kraft, les célèbres vulcanologues Nadia et Maurice, morts dans une nuée ardente au Japon. J’ai remonté mon tee-shirt sur ma bouche après avoir craché dessus pour essayer de suffoquer un peu moins. Enfin ce que j’ai pu cracher, car j’ai la bouche tellement sèche ! Pas le temps d’avoir peur. Cours, mon gars, cours ! Je ne vois plus rien… C’est l’enfer. Il n’y a plus une seule lumière dans les rues. Elles ont vacillé puis se sont éteintes les unes après les autres. Les ampoules multicolores des décorations de Noël semblent toutes en berne… Si ce n’était pas si tragique, ça m’arracherait un sourire entre mes larmes. Je cours. Je cours. Je cours. Arrête de penser, mec, cours ! Mal ! Mal aux guiboles… Mal aux articulations des genoux. Mal aux hanches ! Je cours. Plus personne autour de moi. Je suis seul dans cette avenue interminable. Non, ce n’est plus une avenue. Je suis brutalement devant un mur. Ah, oui, c’est le Circulaire. À droite. Faut que je passe dessous. J’ai la tête vide. Je suis hagard. Je suis sorti de la ville depuis longtemps. Je cours comme un automate. J’ai ralenti l’allure, continuant à suivre l’artère triste d’une banlieue triste, rendue encore plus triste par la fumée et les tourbillons de poussière qui continuent à me poursuivre. Là-bas, des terrains vagues. Il faut que je trouve un abri. J’en peux plus de courir… J’ai des crampes, j’suis mort ! La clôture barbelée, à moitié avachie et pas très haute, n’aurait pas du résister à mon saut désespéré. Le bas du futal s’y est pourtant opposé, en se prenant
dans un ardillon. Il me bloque net dans mon élan, dans un grand bruit de déchirement. Je m’affale en roulant de l’autre côté, sur les barbelés rouillés qui roulent sur eux même. Douleur. Hurlement. Putain ! sssssSSSSAAAaaloperie ! Qu’est-ce j’ai fait pour mériter ça ? Je me relève en boitillant, passant ma main sur le bas du mollet qui me fait atrocement mal et je la relève ensanglantée. Je l’essuie d’un coup de langue. Beurk ! C’est pas ça qui va étancher ma soif... Au-delà de cette zone d’espaces verts en déshérence, mi-dépotoir, mi-chantier abandonné livré aux herbes folles et aux broussailles, un bout de route goudronnée semble suspendu au-dessus du vide. Il me bloque net dans mon désir d’aller de l’avant. Au-delà, beaucoup plus bas, c’est le fleuve. Je m’aperçois alors qu’il s’agit d’un morceau de voie bétonnée désaffectée, « en casquette » comme disent les pros du BTP, qui repose à l’ouest sur une série de piliers à moitié effondrés. Gagné ! Là-dessous, je devrais pouvoir m’abriter, si j’arrive à descendre. Je n’y vois presque plus rien. Entre la fumée et la nuit qui tombe maintenant pour de vrai, il fait très sombre. Un talus fort raide, où je manque encore de me casser la gueule, m’amène après une glissade très incontrôlée jusqu’aux pieds des piles de ce vieil ouvrage d’art déglingué. À l’intérieur, c’est un bazar pas possible de morceaux de béton, d’éboulis, et de… je ne sais pas quoi, parce que je n’y vois plus rien. Dormir… Je ne pense plus qu’à ça. M’étendre… Me coucher… Oublier ce cauchemar… Ce n’est pas possible un truc pareil, je dois rêver ! Un nouveau coup de paluche sur le bas de ma jambe me convainc que je ne rêve pas. J’ai dû me déchirer grave la jambe, car ça me fait un mal de chien et je n’ai rien pour arrêter le sang. J’enlève ma godasse, puis j’utilise ma chaussette comme un bandage sommaire, bloquant difficilement une extrémité sur l’autre par-dessus la plaie en jurant de douleur. Il est illusoire d’explorer plus loin ce capharnaüm et j’avise alors ce qui semble être une grosse bâche de chantier en plastique, placée en tas n’importe comment au milieu des lieux. Il y a aussi d’autres choses sous ce foutoir. C’est un amoncellement de sacs et de textiles douteux, parfaitement non identifiables. Je me glisse dessous en espérant être un peu protégé du froid et de la fumée. Le sol en béton est glacial, mais plat. Je m’enroule dans ce que je peux. J’ai mal aux poumons tellement j’ai toussé. J’ai la bouche râpeuse et sèche comme jamais. J’ai mal partout… Mais je tombe comme une masse dans les bras de Morphée. * * * Froid. Très froid… Je tremble comme une feuille et j’ai envie de pisser. Je sors de mon relatif nid de tiédeur pour aller satisfaire à l’aveugle mon besoin naturel. Il fait toujours nuit noire. Je reviens à tâtons vers mes pouilleries de bâches et me réengage dessous. Tiens ! Il y a quelque chose de plus consistant, là, sur le côté. On dirait même que c’est tiède. Putain ! C’est un corps humain. Il doit y avoir quelqu’un à côté de moi… Un SDF, peut-être ? Tant pis. Bonjour les puces ! On verra demain. J’essaie de me glisser parallèlement au corps que je pressens proche de moi. Pas trop près, on ne sait jamais. Je me rendors. La tiédeur toute proche d’un « presque » contact me réveille de nouveau. L’inconnu a bougé. Homme ? Femme ? Jeune ? Vieux ? Je n’arrive même pas à avoir peur. Mon esprit est aussi enfumé que mes fringues, qui empestent autant le cochon grillé que l’odeur de plastique brûlé. C’est à dégueuler. Dégueuler ? Pourtant j’ai faim ! J’ai même un gros trou dans l’estomac, mais rien à bouffer sous la main. Bon. Qui dort dîne, dit le proverbe. Pas le choix… Un marmonnement me sort à nouveau de ma léthargie. Cette fois, l’inconnu se tortille et vient clairement se lover contre moi. Deux tiédeurs font-elles une chaleur ? Je ne suis pas rassuré pour un sou, et cherche à m’éloigner par une lente reptation, sur le dos. C’est alors qu’une main puissante vient me bloquer la cuisse, et que l’inconnu se rapproche à nouveau de
moi, se plaquant de tout son long contre mon flanc droit. Panique ! Ooohhh-Ouugh !… Je ne bouge plus… La bâche m’est tombée sur la bouche et entrave partiellement ma respiration. De longues minutes passent. Plus un bruit. Mais l’inconnu ne m’a pas lâché ; sa main repose toujours sur ma cuisse. Que faire ? Je stresse un max. Sa main se déplace à nouveau, lentement, inquisitoriale. Elle vient me tâter l’entrejambe, comme pour s’assurer de mon sexe. Eh oui, moi je suis un mec… Et toi t’es quoi ? Mâle ou femelle ? Quel est donc l’ours qui est à côté de moi ? Je parie de plus en plus pour un gars, compte tenu de la force qui me plaque maintenant le paquet. Il faut que je sache, moi aussi. Ma main rencontre la sienne, la recouvre et essaye de la détacher de moi. C’est bien une main de mec. Mais il ne se laisse pas faire et enfonce ses ongles dans mes chairs comme une serre de rapace. Angoisse… Contre toute attente, il m’attrape doucement la main gauche de sa main libre et vient me la plaquer sur son entrejambe à lui. C’est bien un mâle. Et ce que je sens sous la main me fait d’un coup frissonner. Mais cherche-t-il donc seulement à me faire savoir que nous sommes du même sexe ? Plaquée sur la mienne, sa main m’intime maintenant l’ordre muet de lui malaxer le paquet. Et sous son pantalon, je sens que ça bouge, que ça grossit… Putain, je suis avec un pédé ! Trop cool ! Eh, oui, cher lecteur, moi aussi je suis de ce bord-là. Et toi aussi, puisque tu me lis. Alors tu comprends mon émoi !… N’empêche, je ne suis guère rassuré. Je n’ai jamais vu de SDF de près, mais je crois savoir qu’ils ne peuvent pas se vanter en général d’être des modèles de santé corporelle. Et puis je n’ai toujours pas vu sa gueule… Mais me voilà piégé. Sa main se glisse maintenant sous mon tee-shirt et part en exploration. Il s’est tourné de trois quarts et je sens son souffle sur mon visage. Bonne surprise, ce n’est pas une haleine avinée ; c’est déjà ça. Sa main, heureuse de ce qu’elle a trouvé au niveau de mes pectoraux, redescend vers ma ceinture. Elle se fait caressante et cherche à se glisser dessous. Pas de chance, ma ceinture est très serrée. Faudra lâcher ma cuisse, mec, et arrêter de me faire mal si tu veux aller plus bas. Il s’attaque alors des deux mains à la boucle de ceinture et se met à pester dans d’étranges borborygmes. Bon, c’est sûrement un étranger. Roumain, Croate peut-être ? Je me fais déjà mon cinéma. Mais il ne parle pas. Seuls d’étranges chuintements sortent de sa bouche. S’en sortira pas, cet empoté, si je ne l’aide pas… Ma main gauche a tôt fait de libérer la ceinture et je le laisse continuer son petit jeu. Le zip du jean, ça par contre il connaît et il l’ouvre en un mouvement. Puis sa main se glisse sous le coton et descend dans ma toison. Frissons ! Mais je n’ai plus froid. Frissons et titillements de plaisir… Moi qui n’ai pas baisé depuis longtemps, faut que je tombe sur un gay dans ma galère. J’en oublie la fumée, les flammes, les morts, là-haut. Il a l’air de savoir s’y prendre, ce con ! La façon dont il vient me caresser la racine du pénis, dont il en fait le tour pour en prendre la mesure au repos, puis sa manière de glisser un doigt par dessous pour le décoller délicieusement du scrotum est tout simplement… professionnelle ! Je réagis soudain. Ça y est ! J’ai affaire à un prostitué ! Et pas de capotes… Merde alors! Faut que j’lui parle. — Tu t’appelles comment ? — ? ? ? — Ton nom ? Tu comprends ? Seul un chuintement oral peu ressemblant à des paroles me répond. Je dois avoir affaire à un muet, ou à un idiot complet. Il semble vraiment ne rien comprendre. J’essaie l’anglais et quelques mots d’allemand. Pas plus de succès. Seuls quelques « hein, hein, hon, hon… » sortent de ses lèvres. Dans l’action j’ai reculé le bassin et sa main est sortie de mon pantalon. Un couinement d’insatisfaction est sa seule réponse, et moi j’ai soudain l’impression que j’ai perdu une douce quiétude, avec quelque chose de bien chaud sur la partie la plus précieuse de mon anatomie.
Il reprend l’initiative en me plaquant la main contre sa chemise. Son invitation à le caresser est très claire et il se plaque délibérément contre moi, m’écrasant en partie de son poids. Putain il est lourd ! Tant pis, je me lance. Je fais le tour de son torse avec mes mains et palpe son dos et ses abdos. Ouaah ! C’est dur ! Ce n’est pas un obèse qui est en train de m’écraser de tout son poids, ce serait plutôt un beau morceau de mâle en pleine possession de ses moyens. Oui, je sens qu’on va bien se réchauffer tous les deux… Aussi la chemise ne résiste-t-elle pas longtemps à mes petits doigts qui ne sont plus gourds du tout. La poitrine est velue, mais pas plus qu’il ne faut. Je tente une incursion vers son visage, comme un aveugle. Ah ! Problème… Sa bouche et son cou sont entourés par ce qui semble être une grosse écharpe de laine. Je tente un essai pour la dégager. Une poigne de fer munie d’ongles d’acier me bloque soudain la main, qui m’interdit d’aller plus loin. Pas touche à ma bouche et mon cou, c’est clair ! Qu’est-ce que ça cache ? Il n’accepte mes caresses exploratoires que quand je monte plus haut reconnaître ses joues. Conclusion : Barbe de trois jours, bien râpeuse comme j’aime. Front haut, cheveux…collants !…Ben oui. Il ne pouvait pas tout avoir mon partenaire tombé du ciel ! Mais pourquoi cache-t-il donc le bas de son visage ? Et si je revenais voir plus bas ? En ce qui le concerne, pas de problème de ceinture ; l’élastique du jogging n’oppose aucune résistance à mon incursion manuelle. C’est bien ce que je pensais. Pas de slip. Soit cela confirme l’aspect professionnel du personnage, soit c’est le signe d’un grand dénuement. La chose vivante que je sentais tout à l’heure est maintenant raide comme fer et pointe manifestement vers moi, même si je ne vois rien. Prépuce déjà bâillant. Coulissement câlin. Humide, très humide. Inspection olfactive. Mes doigts ne me ramènent pas l’odeur de fromage redoutée, mais bien cette odeur virile de mâle en rut que j’affectionne particulièrement. Mon SDF semble donc savoir et pouvoir se laver le cul de temps à autre, c’est une autre bonne surprise. J’y retourne cueillir un peu de son miel. Bon goût. Trop bon goût. Il couine de nouveau. Bon, je me lance. Reptation. J’envoie promener la bâche qui nous assurait un parapluie d’atmosphère tiède et lui attrape le zob à pleine bouche en lui ramenant violemment le futal vers les genoux. Un sifflement rauque me répond. Sa sucette bien chaude calée sur ma langue me réchauffe toute la cavité buccale. Je la lèche, je suce, je pompe, j’aspire. Elle prend alors une vie propre et bouge, gigote, creuse, me laboure les amygdales. Le souffle rauque de mon partenaire s’intensifie puis fait place à un curieux miaulement de chat quand, après de longues minutes de gesticulation, d’un brusque mouvement du bassin, il m’inonde la glotte en longs jets crémeux qui semblent interminables. Pendant qu’il jouit, il me serre la tête contre son abdomen à m’éclater les lèvres sur sa toison et je commence à suffoquer. Ça n’est pas du tout la marque d’un professionnel, ça… Je remonte vers lui doucement, la pine raide de désir, et tente à mon tour de lui faire franchir l’obstacle de l’écharpe de laine. D’un mouvement brusque, il m’attrape le zob, me l’arrachant presque du bas ventre, ce qui me fait hurler ; il me fait clairement comprendre qu’il n’en est pas question. Dépité, je m’éloigne de lui brutalement. J’ai mal ; je me sens profondément frustré. Avant de me finir à la main, j’éructe ma grogne oralement et lui donne du poing sur ses côtes. — Connard ! Tu prends ton plaisir, mais tu sais pas donner, toi ! Salopard ! Alors que commence pour moi le jeu de cinq contre un, son miaulement reprend et il se rapproche de moi. Mais il s’est retourné, me présentant le dos. Il n’a pas remonté son jogging et vient caresser sa raie contre mes doigts en action, arrêtant brusquement ma branlette de sa main vigoureuse. C’est clair… Il veut que je le prenne. Soit. Je reprends donc mes caresses sur ses fermes rotondités. Je bande comme un perdu et commence à mouiller sérieusement. Mais il ne veut plus de préliminaires. Sa main tenant fermement mon gland décalotté m’attire clairement vers lui. Juste le temps de me cracher sur les doigts pour lubrifier un peu plus sa rosette déjà enduite de mon précum. Je
rentre. Non, j’essaie, je voudrais bien rentrer. Mon Dieu qu’il est serré. Il se plie en chien de fusil pour m’aider et vient de lui-même m’attraper l’arrière des fesses pour m’aider à forcer son entrée. Le bon garçon… Il veut vraiment être possédé. Mais l’a-t-il seulement déjà été ? Je commence à en douter. Aurais-je affaire à un puceau ? Je le calme par quelques caresses. Il faut changer de position. Je lui fais relever le cul, mains et genoux au sol. Puis je crache à l’aveugle sur sa raie et rentre un doigt, puis deux. Cri !... Ah ! Il sait crier. Un cri qui lui sort presque de l’abdomen et qui me fait frémir. Stop. Doucement, tout doucement, j’essaie de distendre cet anus trop ferme. Deux doigts sont rentrés. Je peux tenter une vraie pénétration. Caresses, douceur. Son membre à lui est redevenu complètement flaccide. Il tremble de tout son corps. Ce ne peut être que de peur et d’appréhension. Je suis clairement en train de déflorer ce cul pour la première fois. J’ai enfin rentré le gland. Il a hurlé. Stop. Le curieux miaulement plaintif reprend, sur un mode trémolo. Je m’enfonce doucement, masturbant son outil qui commence à reprendre forme. Un sifflement presque strident s’échappe de l’écharpe toujours vissée sur son visage. Je suis à fond et commence à bouger doucement. J’ai le nez au-dessus de son écharpe qui pue, mais je suis en train de labourer un délicieux petit cul extrêmement ferme. C’est divin. Mon gland ressent des sensations oubliées depuis longtemps. Il m’arrive de temps à autre de pouvoir me faire l’un de mes étudiants, c’est aussi un but inavoué de mes introspections estudiantines. Mais quand c’est le cas, ce sont des gays confirmés, plutôt du genre « je suis ouvert tout grand, tu peux y aller sans crainte ». Ici rien de tel. Pour ne pas jouir trop vite, j’arrête tout mouvement, continuant seulement la masturbation de mon curieux amant d’une nuit. Il miaule de nouveau et reprend de lui-même l’initiative des mouvements fessiers. Mon dépucelé commence à apprécier manifestement sa première sodomie et il en veut pour son comptant de fourmillements prostatiques. Je réaccélère le pilonnement et dans une sorte de glapissement de mon « ours », une série de spasmes me couvre bientôt les doigts de son liquide collant. Je me nettoie les doigts en les suçant et commence à aimer le goût de son sperme. Dans une dernière accélération où je lance mes dernières forces, je décharge aussi mon énergie séminale au plus profond de notre contact intime. Nous restons unis longtemps, mêlant nos deux chaleurs internes et externes, mes bras serrés autour de son torse. Mais je suis épuisé. Ma tête tourne. J’ai toujours aussi faim et soif. J’ai surtout atrocement mal au-dessus de la cheville. La douleur et le mal-être ont raison de moi et je m’assoupis de nouveau.
2 - Bec et ongles
La soif me tenaille et me réveille au lever du jour. L’aube et le froid me font frissonner. La lumière blafarde du petit jour me semble irréelle, striée de rais de lumière qui matérialisent l’air lourdement chargé de poussières et de fumée. Ça n’a pas dû s’arranger là-haut ! Mon voisin d’ours se met à bouger lui aussi. Je découvre une tête brune, cheveux mi-courts, qui semble assez avenante. Je refais une tentative vers son visage. Je réchaufferais bien mon nez frigorifié contre le sien. L’écharpe de laine lui couvre toujours la bouche. Il refuse la moindre tentative de bisou, m’écarte fermement la main et le visage ; il ne veut absolument pas enlever cette écharpe. Bizarre…
Pipi du matin, chagrin ; mon humeur est encore plus taciturne que d’habitude. Mais je peux enfin recourber la latte qui m’encombre le slip depuis une heure. Outre la rosée, habituelle en ce début de décembre, le sol semble couvert d’une fine couche de poussière grise qui enveloppe tout. Ça y est. Mon ours se lève. Confirmation ; c’est un jeune mec balaise, bien bâti et tout en muscles. Il s’avance vers la lumière en clignant des yeux et c’est bien une vilaine écharpe, grise de crasse, qui lui couvre la bouche. Je vais enfin pouvoir tenter d’entrer en communication plus avancée que cette nuit. Mais d’abord, je l’observe pisser, lui aussi, alors qu’il est également raide d’une vessie bien comprimée. Whaaa… bel outil. Ça me confirme ce que j’ai tenu en bouche cette nuit.
— Salut ! Bien dormi ?
Ma question est parfaitement hypocrite, car je sais très bien qu’en dehors du moment sympa de nos ébats, la réponse est non, pour lui comme pour moi. Une lueur triste passe dans ses yeux, mais je n’obtiens pas de réponse. Il faut pourtant bien que j’arrive à communiquer avec cet ours !
— Tu comprends le français ?
Un hochement de tête vertical peu assuré me répond. C’est tout…
— Tu ne parles pas ?
Hochement de tête dans l’autre sens.
— Pourquoi ? Tu ne veux pas ou tu ne peux pas ?
Même lueur triste dans les yeux, sans réponse.
— Tu es français ?
Hochement de tête négatif. Hé ben ça ne va pas être facile de communiquer… Quelque chose me dit qu’il vient d’un pays de l’Est.
— Croatia ? Romania ? Bulgaria ?
La troisième proposition m’amène un signe de tête positif hésitant. Donc il est bulgare. J’ai toujours appris quelque chose. Mais son mutisme m’intrigue, car le personnage ne semble pas complètement autiste. Je reviens doucement vers lui et tente d’enlever son écharpe. Sa serre d’aigle aux doigts crochus s’incruste dans mon avant-bras et me bloque net, serrée à me blesser. Je hurle, et hoche à mon tour la tête tristement.
— Pourquoi me fais-tu mal ? Que crains-tu ? Tu n’as pas à avoir peur de moi !
Que caches-tu ? Je peux peut-être t’aider, tu sais ? Tu comprends ce que je dis ?
Après un long moment d’hésitation, un hochement de tête affirmatif me répond. Je commence à comprendre qu’il cache une infirmité. Je dois savoir, mais d’abord il faut le rassurer.
— Je ne me moquerais pas de toi, quoi que tu cherches à cacher, tu sais ?
Et si je peux t’aider…
Alors je reviens doucement, mais fermement vers cette méchante écharpe de laine. Ses ongles se relâchent lentement, accompagnant mon avant-bras dans le mouvement, prêts à serrer si…
— Laisse-moi voir. J’ai un oncle chirurgien. Peut-être que…
L’écharpe bouge et me découvre sa bouche et la base de son nez. C’est bien ce que je pensais ! Un horrible bec de lièvre complet avec fente palatine lui pourrit la lèvre supérieure jusqu’au nez inclus, et lui défigure totalement le visage. Il me regarde d’un air terrorisé, s’attendant probablement à ce que je tourne les talons en courant ou que je me mette à hurler d’horreur. Incapable d’exprimer quoi que ce soit, les yeux au fond des miens, au bord des larmes, il siffle sa peur de me voir détaler et chuinte son angoisse. Je m’approche doucement ; mes lèvres cherchent le contact des siennes. Il me repousse en chouinant. J’insiste. Je l’embrasse enfin, tendrement, sur ses lèvres déformées, sur le nez, sur le front. Je comprends bien par ailleurs pourquoi, avec cette infirmité qui ne lui ferme pas la bouche, il n’a jamais pu articuler et apprendre à parler. Mon ours est muet. Muet, mais sûrement pas idiot.
Et mon grand nounours fond en larmes… C’est probablement la première fois que quelqu’un, un inconnu qui plus est, lui témoigne de l’attention, de la tendresse et du respect, sans aucun mouvement de dégoût. Son corps est secoué de spasmes ; il pleure à chaudes larmes. Je le serre dans mes bras. Nous restons un long moment tête contre tête, joue contre joue. Je l’embrasse à nouveau, essuyant ses larmes avec ma langue. Son regard de chien battu me touche au tréfonds de l’âme… Il me bloque les poumons, tétanisés entre ses deux bras...
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