Les Cobras de Dartmouth - 4 - Hors-Jeu
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Français

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Description

Être en avance sur le jeu peut vous ramener à la case départ. Et remettre en cause tout ce pour quoi vous avez travaillé.


Rebecca Bower, mère célibataire et soumise a abandonné sa carrière comme journaliste sportive pour devenir consultante en communication pour l’équipe de hockey de son frère. Un mariage raté avec un homme plus qu’égoïste a fait d’elle une femme prudente lorsqu’il s’agit de relations. Malheureusement, l’attirance est une chose difficile à nier, et ses hormones s’emballent lorsqu’elle s’approche de Scott Demyan, le tireur des Cobras.


Zachary Pearce a fait son "coming-out" la saison dernière afin de détourner l’attention de son coéquipier. Et sa seule et unique nuit avec Scott Demyan a été perturbante. Les choses pourraient être autrement, si seulement Scott était une personne différente. Au lieu de cela, une nuit de jeux sensuels BDSM avec Becky le laisse sur sa faim, mais elle pense qu’il est gay et se pose des questions sur son intérêt pour elle. Cela fait très longtemps qu’une femme l’a attiré à la fois en tant qu’homme et Dom, et il fera tout ce qui est en son pouvoir pour lui prouver qu’elle est la personne qu’il désire. Sa seule fois avec Scott était une erreur.


Scott peut avoir oublié ce qui lui est arrivé durant son enfance, mais il n’en est pas moins que les effets persistent, et il devient le spécialiste des nuits alcoolisées sans lendemain... Jusqu’à ce qu’il rencontre Zach et Becky et qu’il se rende compte de ce qui lui manque. Mais aucun d’eux ne croit que Scott peut être fidèle. Bien qu’il fasse des efforts pour se racheter afin d’éviter d’être exclu de son équipe, ils veulent plus venant de lui. Il est enclin à changer, mais le changement le plus important – celui de faire passer leur bonheur avant le sien – signifie qu’il finira certainement seul.



Note de l'éditeur: ce récit est résolument érotique et ne convient pas à des lecteurs de moins de 18 ans. Il contient également des scènes que certains pourraient trouver inacceptables, y compris du BDSM, du sexe avec de multiples partenaires, du bondage, du sexe anal, des sex toys, des doubles pénétrations. Ce tome est un MMF

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 447
EAN13 9782376761440
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait


Scott peut avoir oublié ce qui lui est arrivé durant son enfance, mais il n’en est pas moins que les effets persistent, et il devient le spécialiste des nuits alcoolisées sans lendemain... Jusqu’à ce qu’il rencontre Zach et Becky et qu’il se rende compte de ce qui lui manque. Mais aucun d’eux ne croit que Scott peut être fidèle. Bien qu’il fasse des efforts pour se racheter afin d’éviter d’être exclu de son équipe, ils veulent plus venant de lui. Il est enclin à changer, mais le changement le plus important – celui de faire passer leur bonheur avant le sien – signifie qu’il finira certainement seul.



Note de l'éditeur: ce récit est résolument érotique et ne convient pas à des lecteurs de moins de 18 ans. Il contient également des scènes que certains pourraient trouver inacceptables, y compris du BDSM, du sexe avec de multiples partenaires, du bondage, du sexe anal, des sex toys, des doubles pénétrations. Ce tome est un MMF

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Publié par
J UNO P UBLISHING
19 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 92100 Boulogne-Billancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Hors-jeu
Copyright de l’édition française © 2017 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2013 Bianca Sommerland
Titre original : Offside
© 2013 Bianca Sommerland
Traduit de l’anglais par Lucie Dufresne
Relecture française par Valérie Dubar, Jade Baiser, Sandrine Joubert
 
Illustration de la couverture et conception graphique :
© 2017 Bianca Sommerland
Tout droit réservé. Aucune partie de cet ebook ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
 
Première édition française : septembre 2017
Première édition : mars 2013
ISBN : 978-2-37676-144-0
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Remerciements
Lexique
Équipe des Cobras de Dartmouth
Chapitre Un
Chapitre Deux
Chapitre Trois
Chapitre Quatre
Chapitre Cinq
Chapitre Six
Chapitre Sept
Chapitre Huit
Chapitre Neuf
Chapitre Dix
Chapitre Onze
Chapitre Douze
Chapitre Treize
Chapitre Quatorze
Chapitre Quinze
Chapitre Seize
Chapitre Dix-Sept
Chapitre Dix-Huit
Chapitre Dix-Neuf
Chapitre Vingt
Chapitre Vingt et Un
Chapitre Vingt-Deux
Chapitre Vingt-Trois
Chapitre Vingt-Quatre
Chapitre Vingt-Cinq
Chapitre Vingt-Six
Chapitre Vingt-Sept
Chapitre Vingt-Huit
Chapitre Vingt-Neuf
Chapitre Trente
Chapitre Trente et Un
Chapitre Trente-Deux
Chapitre Trente-Trois
Chapitre Trente-Quatre
Épilogue
À propos de l’auteur
Résumé

 
 
Avertissements
 
Ceci est une œuvre fictive. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Le contenu de ce livre ne convient pas à des lecteurs de moins de 18 ans. Il contient également des scènes que certains pourraient trouver inacceptables, y compris du BDSM, du sexe avec un ménage à trois, du bondage, du sexe anal, des sex toys et un homme étiqueté à tort comme "vanille". L’auteur recommande vivement de faire attention en utilisant les échelles et les équipements de gymnastique de manière autre que prévu initialement. Et d’avoir des relations sexuelles sur les navires de croisière dans la mesure du possible. L’auteur le conseille aussi.
 
Ce livre est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
Dédicace
 
 
Le bleu-blanc-rouge . Cette année, nous avons bon espoir
 
Remerciements
 
 
Rosie, pour la vanille et le saupoudrage ! Lol ! Notre petit truc à nous. Tu sais ce que tu représentes pour moi ! À Cherise, tant d’amour et de respect. Tu m’as appris le sens de la vengeance affectueuse. ;)
À mes bêtas, Missy, Ebony et Stacey. Vous êtes devenues une partie si importante de cette série et je suis tellement heureuse de vous avoir avec moi tout au long de cette aventure. Aux fans de cette incroyable équipe de hockey, merci de les encourager, de donner à l’équipe ce dont elle a besoin pour prospérer. Grâce à vous, il y a encore de nombreux livres à venir !
Et cette dernière reconnaissance, probablement la plus importante que je ferai, est pour mes filles. Il faudra beaucoup de temps avant que vous preniez un de ces livres, mais au moment où vous le ferez, j’espère que tout ce travail acharné nous aura permis d’être ensemble. Partager un avenir brillant dans lequel je peux vous aider à réaliser tous vos rêves. Il y a une leçon à tirer de la façon dont vous me voyez me démener chaque jour. Peu importe les choses difficiles, vous pouvez faire beaucoup plus que vous ne le croyez. N’en doutez jamais, peu importe ce que l’on vous dira. Vous êtes mes filles et cela signifie que personne ne vous empêchera de faire quoi que ce soit, jamais. Je vous aime tellement !

 
 
 
Lexique
 
 
Bottom  : dans une relation MM, le bottom est le « passif ».
Boy  : Garçon. À la fois un mot affectueux, ainsi que la preuve de « l’infériorité » du soumis (infériorité dans les « scènes » BDSM, mais en aucune façon une infériorité dans la vie).
Dom  : Dominant.
Domdrop  : moment de vulnérabilité chez un Dom qui peut survenir après une scène BDSM particulièrement intense. La personne peut expérimenter plusieurs symptômes, comme du dégoût de soi, une perte d’estime de soi et de la peur, elle a alors besoin qu’on prenne soin d’elle pour la ramener dans son état d’esprit habituel.
Domme  : Dominatrice.
Kinky  : un terme anglais pour décrire une gamme d’actes sexuels osés très variés en genre et en intensité.
Pet  : (attention, le « t » n’est pas silencieux !) littéralement « animal de compagnie ». Même signification que « boy ». Petit nom donné indifféremment à un homme ou une femme.
Switch  : personne qui endosse indifféremment le rôle du dominant ou du soumis.
Subdrop  : équivalent du Domdrop, mais pour le soumis.
Top  : dans une relation MM, le Top est « l’actif ».
Vanille  : se dit du sexe « ordinaire ».
.
 
 
 
Hors-jeu
Les Cobras de Dartmouth
Tome 4

 
Bianca Sommerland
 
 

 
Équipe des Cobras de Dartmouth
 
CENTRE

Nom
Âge
Taille
Poids
Côté
Lieu de naissance
27
Scott Demyan
28
1m89
90kg
G
Anaheim, California, USA
45
Keaton Manning
30
1m80
85kg
D
Ulster, Irlande
18
Ctirad Jelinek
26
1m82
92kg
G
Rakovnik, République Tchèque
3
Erik Hjalmar
23
1m89
99kg
D
Stockholm, Suède
 
AILIERS GAUCHES
16
Luke Carter
22
1m80
86kg
G
Warroad, Minnesota, USA
53
Shawn Pischlar
29
1m82
90kg
G
Villach, Autriche
71
Dexter Tousignant
23
1m87
94kg
G
Matane, Québec, Canada
5
Ian White
25
1m85
96kg
G
Winnipeg, Manitoba, Canada
42
Braxton Richards
18
1m80
87kg
G
Edmonton, Alberta, Canada
 
AILIERS DROITS
22
Tyler Vanek
21
1m72
79kg
D
Greenville, Caroline du Nord, USA
72
Dante Palladino
34
1m87
97kg
G
Fassano, Italie
21
Bobby Williams
33
1m77
86kg
D
Sheffield, Angleterre
46
Vadim Zetsev
26
1m82
91kg
D
Yaroslavl, Russie
66
Zachary Pearce
32
1,82
95kg
G
Ottawa, Ontario, Canada
 
DÉFENSE
6
Dominik Mason
31
1m92
106kg
D
Chicago, Illinois, USA
17
Einar Olsson
27
1m82
90kg
G
Örnsköldsvik, Suède
74
Beau Mischlue
25
1m87
101kg
G
Gaspe, Québec, Canada
26
Peter Kral
27
1m85
90kg
G
Hanovre, Allemagne
2
Mirek Brends
33
1m85
94kg
G
Malmö, Suède
47
Tony Brookmann
24
1m89
96kg
G
Winnipeg, Manitoba, Canada
67
Owen Stills
22
1m82
98kg
D
Detroit, Michigan, USA
39
Rylan Cooper
23
1m80
90kg
D
Norfolk, Virginie, USA
11
Sebastian Ramos
29
1m94
102kg
D
Arlanza, Burgos, Espagne
 
GOALS
20
Landon Bower
25
1m89
97kg
 
Gaspe, Québec, Canada
34
Svend Ingerslov
32
1m82
93kg
 
Lillehammer, Norvège
29
Dave Hunt
20
1m87
95kg
 
Hamilton, Ontario, Canada
 
 
 
Chapitre Un
 
 
 
 
Début juillet
Je ne peux pas faire ça. Rebecca Bower se recroquevilla, les bras croisés sur le ventre. Elle garda la voix basse afin que sa petite fille de cinq ans, qui coloriait sur la banquette arrière de la voiture ne l’entende pas. Ses yeux brûlèrent alors qu’elle lançait un regard vers sa mère.
— Maman, je ne peux pas faire ça.
Levant une main du volant, sa mère, Erin Bower lui tapota l’épaule.
— Si, tu le peux. Je sais que ce sera difficile, ma bichette, mais Patrick est le père de Casey. Il a des droits.
Un fil barbelé sembla se nouer autour de son estomac et de son cœur, la déchirant de l’intérieur. La dernière fois que Casey était partie avec son père, elle s’était retrouvée aux urgences. J’ai failli la perdre à cause de lui.
— Becky, sors de la voiture une minute, s’il te plaît.
Sa mère ouvrit sa portière et sortit sur le parking. Elle avait un grand chapeau de paille sur la tête afin de cacher son visage pâle des rayons agressifs du soleil. Elle pencha la tête vers l’arrière pour observer les avions quittant l’aéroport. Les lignes délicates autour de ses yeux s’approfondirent sous la tension et la fatigue. Elle vivait pour ses enfants, elle avait tout laissé derrière elle afin de venir à Dartmouth, mais aussi forte soit-elle, le poids de tout ce qu’elle avait pris sur ses petites épaules commençait à peser.
— Je suis désolée, maman, murmura Becky alors qu’elle contournait la voiture pour venir se tenir auprès d’elle. Tu serais en route pour la maison si je ne t’avais pas gardée pour moi toute seule.
Sa mère pinça les lèvres.
— J’aurais été vraiment déçue si tu avais gardé tout cela pour toi. Tu habites avec ton frère parce qu’il a besoin de toi, et j’en suis bien heureuse, mais ne sois pas trop fière pour accepter toi-même de l’aide.
— Je ne le suis pas, c’est juste…
— Tu as essayé de cacher à quel point tu étais bouleversée à propos de tout ça. Tu ne l’aurais pas dit, ni à moi ni à ton père, si je n’avais pas insisté. Je comprends que tu ne veuilles pas te confier à ton frère, il a déjà suffisamment de problèmes à gérer, mais depuis quand ne peux-tu pas parler avec ton père et moi ?
— Ce n’est pas que je ne peux pas vous parler… c’est juste que…
Ah, bon sang, comment suis-je supposée parvenir à lui faire comprendre ?
— C’est mon problème. J’ai besoin de montrer à ma fille que je suis assez forte pour m’en sortir toute seule.
— Non. Pour l’instant, tu as besoin de montrer à ta fille qu’elle n’a pas besoin d’avoir peur de son père.
Sa mère prit sa main et la serra.
— C’est aussi simple que cela. Elle ne se souvient pas de grand-chose au sujet de ce qui s’est passé la dernière fois qu’elle l’a vu. Elle se fie à tes réactions, alors il faut que tu lui caches mieux tes émotions. Je sais que c’est difficile. J’aimerais que tu n’aies pas à vivre cela, mais tu le dois. Sa mère supervisera les visites. Elle est peut-être aveugle en ce qui le concerne, mais elle gardera ta fille en sécurité.
Becky déglutit avec difficulté, hochant lentement la tête. Elle ne pouvait pas contester cela. Et Patrick avait suivi des cours de parentalité. Assez afin que son avocate lui obtienne un droit de visite, et les lui refuser serait un outrage au tribunal. Encore.
Elle pouvait gérer les amendes et les menaces de l’avocat de Patrick. Mais à leur dernier passage au tribunal, le juge l’avait avertie qu’elle pourrait faire de la prison si elle refusait de respecter les droits de visite du père. Le juge avait montré un peu de sympathie quand elle lui avait présenté les rapports des médecins et des travailleurs sociaux qui avaient été impliqués lorsque Casey avait failli se noyer dans la baignoire alors qu’elle était avec son père. Parce qu’il l’avait laissée toute seule. Mais le fait était qu’il avait pris des mesures afin de devenir un meilleur parent. Le tribunal croyait que c’était dans l’intérêt de Casey de connaître son père. La seule concession était qu’il devait être supervisé, puisque les contacts avaient été limités pendant si longtemps.
Peut-être qu’il a changé. Peut-être qu’il peut être un bon père.
Tous ses instincts se rebellèrent, des voix fortes, comme des douzaines de poings frappant contre son crâne, lui disaient de ne pas le croire.
Mais elle n’avait pas le choix.
— D’accord, je comprends.
Becky se pressa dans l’étreinte de sa mère, puis afficha un grand sourire sur son visage lorsqu’elle vit Casey les regarder de l’intérieur de la voiture. Elle ouvrit la portière et détacha la ceinture de sécurité du siège d’appoint de sa fille.
— Alors, poupée * 1 , est-ce que tu es excitée d’aller à Marineland avec papa ?
— J’aime les dauphins.
Casey prit sa petite bourse et sa peluche de Shrek. Ses petits souliers blancs claquèrent sur le pavé lorsque Becky la déposa sur le sol. La petite fille mit sa bourse et son Shrek sous son bras afin de lisser la jupe de sa robe fleurie.
— Mais j’aimerais mieux rester avec Oncle Landon. Je veux voir le bébé. Et Silver est amusante.
Retenant un soupir, Becky s’accroupit devant sa fille.
— Tu ne seras partie que trois semaines, Casey. Le bébé ne sera pas encore arrivé.
Je l’espère .
— Et en plus, tu as promis à Silver que tu prendrais beaucoup de photos pour elle. Puisqu’elle doit rester au lit, tu devras tout lui raconter de ton voyage lorsque tu reviendras afin qu’elle ne s’ennuie pas.
— Et je peux lui parler tous les soirs, et à Oncle Landon, et à Oncle Dean, dit Casey en répétant ce que lui avait dit Silver avant qu’elles quittent la maison de Dean. Mais si papa ne me laisse pas utiliser le téléphone ?
— Il le fera.
Il ferait mieux.
— Tu vas me parler à moi aussi, hein ?
— Ben oui.
Sa fille rigola, ressemblant un peu trop à Silver Delgado au goût de Becky. Puis elle couronna le tout avec un commentaire qui mit Becky sur les nerfs.
— Silver dit que tu as besoin d’une pause. Tu ne peux pas venir avec moi ?
— Je viens juste de commencer un nouveau travail, bébé. Je ne peux pas prendre de congé.
Elle enchaîna avant que sa fille puisse lui rappeler qu’elle travaillait pour Silver – en fait, plus spécifiquement, elle travaillait pour les Cobras de Dartmouth comme coordinatrice des relations médiatiques, mais sa fille ne savait pas faire la différence.
— Et de toute façon, c’est un voyage spécial pour toi, papa et mamie.
Casey plissa son petit nez, enroulant son collier de perles roses autour de ses doigts avant d’en mettre un bout dans la bouche et de parler à travers.
— J’imagine…
Beaucoup trop sérieuse pour une petite fille de cinq ans. Becky rit et prit la bourse et la peluche.
— Allez. Papa est certainement en train de t’attendre.
Sa mère prit la main de Casey pendant que Becky prenait son bagage dans le coffre de la voiture, puis elle parla avec entrain alors qu’elles faisaient leur chemin vers l’aéroport. Toutes les hésitations de Casey semblèrent disparaître lorsqu’elle vit son père. Son visage s’illumina. Elle s’éloigna de sa grand-mère et s’élança vers lui.
— Papa !
Becky s’apprêta à se lancer derrière sa fille, mais sa mère la retint d’une main sur le bras en secouant la tête. Patrick rencontra Casey à mi-chemin et se pencha pour la regarder lorsqu’elle s’arrêta devant lui. Le bruit qui régnait dans l’aéroport bondé rendait impossible d’entendre ce qu’il lui disait, mais Casey pencha la tête d’un air gêné et s’avança pour une étreinte.
Lorsque Becky et sa mère s’approchèrent, Patrick se redressa, frottant sa barbe épaisse et brune, et tendit la main pour prendre le bagage de Casey.
— Il y a quelque chose que j’aie besoin de savoir ?
Aies toujours un œil sur elle ? Mais non, il le savait déjà. La mère de Patrick avait passé des heures avec Becky au téléphone afin de l’assurer qu’il savait qu’il avait foiré lorsqu’il avait laissé Casey seule dans la baignoire pour pouvoir faire des avances à son ex-copine. Qu’il voulait être un bon père. Qu’il était prêt à retenter sa chance. Saper ses efforts n’améliorerait pas la situation.
— Elle est allergique aux fraises. Elle a un EpiPen dans sa valise. Vérifie tout ce qu’elle mange.
Il savait cela également. Elle fronça les sourcils lorsqu’il hocha distraitement la tête. Son téléphone vibra et il mit la main dans la poche de son pantalon noir. La vibration arrêta.
— Est-ce qu’elle mouille encore son lit ? demanda-t-il.
Casey le regarda d’un air horrifié.
— Papa !
— Non, mais pas de boissons après dix-huit heures.
Becky sourit en regardant sa fille.
— Mais elle n’a pas de problème avec ça. Habituellement, elle prend un verre de lait et quelques biscuits un peu avant.
— Est-ce que tu as des biscuits, papa ?
— Je peux en acheter.
Patrick ébouriffa les cheveux de sa fille, puis pointa un doigt vers l’escalier roulant.
— Mamie est allée chercher un thé glacé et quelques croissants. Tu aimes toujours les croissants, n’est-ce pas ?
— Oui ! Oncle Dean en fait pour moi presque tous les matins !
— « Oncle » Dean ?
Patrick haussa un sourcil vers Becky.
— Et comment est-il exactement, cet oncle ? Je ne savais pas que Landon jouait pour l’autre équipe.
— Ce n’est pas le cas, dit sa mère d’un air tendu, parlant pour la première fois. Mais Casey est devenue très proche de lui dernièrement et a décidé de l’appeler « Oncle » par respect. Il fait partie de la famille.
— Je ne suis pas certain d’aimer qu’il y ait toutes sortes d’hommes autour de ma fille.
Patrick posa sa main sur l’épaule de Casey.
— Spécialement le genre d’homme que Silver Delgado fréquente. J’ai entendu des histoires sur elle…
— Il se trouve qu’elle est en couple avec mon frère, l’interrompit Becky en faisant de son mieux pour garder un ton plaisant. Et c’est une conversation que nous pourrons avoir à un autre moment.
— Peu importe. Mais je te le dis tout de suite, j’ai l’intention d’avoir un rôle beaucoup plus actif dans la vie de ma fille. Et je vais avoir mon mot à dire concernant les gens avec qui elle passe du temps. Et je ne suis pas à l’aise avec le fait qu’elle passe du temps avec cette femme.
— Mais papa, j’adore Silver. Elle va avoir un bébé, et ça va être mon cousin et…
Casey s’éloigna de son père, les douces rondeurs de ses joues devenant rouges alors qu’elle s’approchait de Becky.
— Silver a promis que je pourrai voir le bébé quand il sera sorti de son ventre. Elle a promis, maman !
— Tu le verras, poupée *, dit Becky, souhaitant pouvoir prendre sa fille et la ramener à la maison.
La maison étant chez Dean, même si ce n’était que temporaire. Mais elle s’occuperait de leur nouvelle maison pendant que Casey serait partie. Et Casey devait y aller. Alors Becky trouva le moyen de surpasser ce petit accroc. Que Patrick soit maudit d’avoir mis ça sur le tapis.
— C’est simplement que papa ne connaît pas Silver. Il essaie seulement de te protéger.
— Exactement.
Patrick fit une grimace et attrapa la main de Casey.
— Allez, mamie nous attend.
— Non !
Casey sanglota, se dégageant de son père à nouveau et se lançant contre les jambes de Becky. Elle s’accrocha à sa mère d’une main alors qu’elle serrait sa peluche contre elle de l’autre.
— Je ne veux pas y aller, maman ! Papa et mamie peuvent venir me rendre visite ici !
— C’est ridicule. Nous allons manquer notre vol, dit Patrick en regardant sa montre. Allez, Casey. Tu te comportes comme un bébé.
C’est un bébé. La gorge de Becky se serra alors qu’elle détachait délicatement les doigts de sa fille de sa jambe, puis elle s’accroupit afin de prendre son visage larmoyant entre ses mains.
— Va avec papa, poupée *. Tu t’amuseras tellement que tu ne voudras plus revenir.
— S’il te plaît, ne m’oblige pas à partir.
Les yeux pleins de larmes de Casey lui brisèrent le cœur.
— Je ne regarderai plus Bob l’éponge. Je sais que tu le détestes.
C’est injuste. Becky sentit ses propres yeux se remplir de larmes et cligna rapidement des paupières afin qu’elles ne coulent pas. Elle lança un regard vers sa mère, reconnaissante qu’elle soit là alors qu’elle s’accroupissait à côté d’elles.
— Casey, ton papa s’ennuie de toi.
Erin essuya les larmes de sa petite-fille.
— Sois ma grande fille et va avec lui maintenant. Tu pourras nous appeler aussitôt que l’avion atterrira. Tu adores prendre l’avion. Et je suis certaine que papa va te laisser regarder les chutes. Je ne suis pas allée les voir depuis longtemps. Prendras-tu des photos pour moi ?
Casey hoqueta, puis hocha la tête en tremblant.
— Je vais prendre plein de photos. Pour toi et pour Silver et pour maman.
— Bonne fille.
Erin se leva et posa la main de Casey dans celle de Patrick.
— Tu sais, papa a besoin d’apprendre beaucoup de choses sur le hockey. Peut-être que tu peux les lui enseigner ?
— Tu as besoin que je t’enseigne le hockey ?
Casey regarda son père, les yeux écarquillés.
— J’ai tous les DVD de Rock’emSock’em 2 . Nous pouvons les regarder ensemble si tu veux ?
— Génial.
Patrick lança un regard mauvais vers Becky.
— Merci de me rendre la vie plus facile.
Becky ignora son sarcasme et se leva. Elle étreignit et embrassa sa fille, déterminée à rendre la situation plus facile pour Casey .
— Lève la tête. Plus de larmes. Montre à papa comme les femmes Bower sont fortes.
— C’est une Dubois, dit Patrick entre ses dents.
Et tu es un enfoiré. Mais heureusement, Casey finit par partir avec son père sans plus de protestations, même si elle suçait son pouce et serrait son Shrek contre elle tout en le suivant. Becky les regarda monter sur l’escalier roulant. Elle tremblait de la tête aux pieds alors qu’elle s’éloignait à reculons. Son dos frappa contre quelque chose de solide.
— Hé, Becky.
Des mains fermes sur ses épaules la stabilisèrent, et ses yeux s’agrandirent lorsqu’elle les leva vers Scott Demyan, un des joueurs des Cobras de Dartmouth. C’était la dernière personne qu’elle avait envie de voir en ce moment. Rien que le fait d’être à proximité de cet homme lui donnait l’impression que la terre avait changé d’axe sous ses pieds. Et elle n’avait pas la force d’ériger entre eux les murs dont elle avait besoin. Il sembla le remarquer parce qu’il ne tenta pas de la désarmer avec ses beaux yeux bleus comme il le faisait habituellement. En fait, il semblait inquiet.
— Ça va ?
— Je vais bien.
Elle réussit à lui faire un petit sourire tremblotant.
— Le premier voyage de mon bébé sans moi.
— Ah.
Il lança un regard vers Casey et fronça les sourcils.
— Il devrait lui tenir la main.
Becky hocha la tête en suivant son regard. Son souffle se coupa lorsqu’elle vit Casey faire tomber son Shrek et se pencher afin de le ramasser presque en haut de l’escalier roulant. Patrick était au téléphone. Il ne vit pas le collier de Casey se prendre dans les marches alors qu’ils arrivaient en haut.
— Patrick !
Becky s’élança vers l’escalier, Scott sur ses talons. Elle entendit sa mère crier.
— Zach !
Scott s’engagea dans l’escalier et lança quelque chose à un homme qui s’apprêtait à mettre le pied sur l’escalier roulant qui descendait. L’homme attrapa l’objet dans les airs.
L’escalier roulant s’arrêta. Casey laissa échapper un cri strident, luttant contre le collier qui se resserrait autour de son cou et Patrick se mit à crier.
Des billes recouvrirent le plancher alors que Becky tombait à genoux et tirait sa fille loin des escaliers en la serrant contre elle. Elle vit le reflet d’une lame disparaître, et elle regarda, bouche bée, l’homme qui se tenait au-dessus d’elle. Zach Pearce. Un autre joueur. Il se baissa sur un genou devant elle.
— Becky, regarde-moi.
Ses yeux vert brillant étaient durs.
— Calme-toi.
Casey pleurait toujours. Les gens commençaient à s’attrouper autour d’eux. Becky sentit la panique monter, mais elle savait qu’elle ne pouvait pas la laisser prendre le dessus. Le ton de commandement de Zach s’attacha à son pouls rapide, le forçant à ralentir. Zach avait raison. Elle avait besoin de se calmer pour sa fille.
— Chut. Tu vas bien, poupée* . Maman est là.
Becky berça sa fille dans ses bras.
— Tu vas bien.
— Mon collier est cassé, maman, sanglota Casey en ramassant une poignée de billes roses. Il est resté pris.
— Je t’en achèterai un autre.
Bon sang, pourquoi l’ai-je laissée le porter ? Elle aurait pu…
— Elle est trop jeune pour porter un truc comme ça, grogna Patrick en se passant les doigts dans les cheveux. Je ne sais pas pourquoi tu la laisses faire la poupée comme ça. Est-ce que tu es vraiment déterminée à faire en sorte que j’aie l’air d’un mauvais père ? Si elle n’avait pas essayé d’attraper ce stupide jouet…
— Monsieur, il y a un panneau pour vous rappeler de tenir la main de votre enfant.
Un vieil homme qui était dans l’escalier derrière Patrick le regarda d’un air mauvais.
— Vous ne le faisiez pas. Si vous voulez mon avis…
Le visage de Patrick devint cramoisi.
— Personne ne vous le demande.
— Est-ce que la petite fille va bien ?
— Il y a des gens qui ne devraient pas avoir d’enfant.
Autour d’eux les gens parlaient, la regardant, regardant Patrick, les condamnant tous les deux. Becky se leva en tremblant et serra Casey dans ses bras, utilisant une main pour couvrir l’oreille de sa fille, ne voulant pas que Casey entende toutes les choses qu’elle avait envie de dire. Une poigne solide sur son épaule la guida plus loin. Elle se retrouva assise dans une petite pièce, n’étant consciente que de la minuscule main de sa fille dans la sienne. Puis elle entendit Casey rire et le monde reprit sa place.
— Ne laisse pas maman le voir. Elle déteste Bob l’éponge.
— Alors tu ferais mieux de le manger vite, dit Scott.
Crunch . Becky fronça les sourcils et se concentra sur sa fille. Elle avait une grosse sucette en forme de Bob l’éponge qui lui tachait les lèvres. Quelques clignements d’yeux et Becky discerna Scott et Zach, se tenant de chaque côté d’elle. Une femme dans un uniforme blanc se tenait à quelques pas d’eux, une bouteille d’eau à la main. Elle regardait les hommes avec des yeux emplis d’adoration.
— Je peux ?
Zach prit la bouteille et l’ouvrit. Puis il s’agenouilla devant Becky pendant que Scott distrayait Casey avec un sac de bonbons.
— Prends quelques gorgées, puis reprends-toi. Ta mère a l’air d’avoir envie de tuer ton mari.
Mon mari ? Becky lança un regard vers sa mère qui avait acculé Patrick dans un coin. Mme Dubois, la mère de Patrick, se tenait non loin derrière en se tordant les mains. Becky prit quelques gorgées d’eau, puis secoua la tête en riant.
— Nous sommes divorcés.
— J’avais bien l’impression que tu étais une femme intelligente, dit Zach en lui souriant. Mais là n’est pas la question. C’est le père de la petite. Elle a eu une bonne frayeur, et elle a besoin de savoir que c’était un accident.
C’est toujours « un accident » avec lui. Becky serra les dents puis se racla la gorge.
— Maman, tu te souviens de ce que tu m’as dit ?
— J’avais tort, souffla rageusement sa mère avant de reculer d’un pas. Qu’y avait-il de si important pour que tu prennes l’appel même pas cinq minutes après être parti avec ta fille ?
— Ce ne sont pas vos affaires, répondit Patrick en carrant les épaules. Mais ça n’a pas d’importance. Elle ne voudra pas venir avec moi maintenant.
— Je vais bien, papa.
Casey se tortilla pour sortir des bras de sa mère et sourit à son père.
— On n’a pas manqué notre avion, si ?
— Pas encore.
Regardant à nouveau sa montre, Patrick soupira.
— Si tu veux toujours venir, nous devons nous presser. Et putain, tiens la main de ta grand-mère. Il y a eu assez de drame.
— Patrick…
Mme Dubois pressa ses mains contre ses joues pâles.
— … je t’en prie, ne sois pas comme ça.
Tous les muscles de Becky se transformèrent en acier alors qu’elle se levait. Casey la fixa du regard pour savoir que faire. Et bon sang, même si cela la tuait de devoir confier sa fille à un homme qu’elle détestait plus qu’elle se croyait capable de détester quiconque, elle devait être forte pour elle.
— Patrick, ce sont des choses qui arrivent. Casey avait hâte de passer du temps avec toi. Pas vrai, poupée*  ?
Casey hocha la tête de façon hésitante.
— Voilà. Tu m’appelles quand tu atterris.
Becky contourna Zach, se sentant mieux avec lui derrière elle sans trop savoir pourquoi. Elle connaissait à peine cet homme, mais il avait sauvé sa fille. Il avait dit exactement ce qu’elle avait besoin d’entendre pour se reprendre. Elle étreignit sa fille et lui fit plein de bisous. Elle réussit à faire un grand sourire pour sa brave Casey alors que cette dernière approchait son père.
— Fais ce que ton père t’a dit. Tiens la main de mamie.
— Oui, maman.
Casey leva le menton, ses mèches bouclées glissant sur son épaule alors qu’elle regardait Zach.
— Merci de m’avoir sauvée de l’escalier roulant, M. Pearce.
Il sourit et tendit la main pour lui donner une petite tape sur le nez avec son doigt.
— Tu n’as pas besoin de m’appeler « Monsieur » mon ange. Je suis simplement heureux d’être arrivé à temps. Prends soin de toi, d’accord ?
Patrick fit un son rauque avec sa gorge, gesticulant impatiemment alors qu’il se dirigeait vers la porte.
— Allez, Casey.
Mme Dubois le suivit, tenant fermement la main de Casey tout en fouillant maladroitement dans son sac à main. Elle en sortit un croissant aplati et le tendit à Casey, se penchant pour lui murmurer quelque chose avant de partir en mimant un pas de course pour rattraper les grands pas de Patrick.
— Putain d’enfoiré, grommela Scott dans sa barbe.
Il fourra ses mains dans les poches de son jean, puis pencha la tête en voyant le regard noir de Zach. Il se tourna vers la mère de Becky.
— Désolé, Mme Bower.
Cette dernière lui fit un clin d’œil.
— Il n’y a aucun problème. C’ est un enfoiré.
Elle s’accrocha à son bras.
— Nous n’avons pas été proprement présentés – ce qui ne me surprend pas. Vous êtes Scott Demyan. Ma fille m’a beaucoup parlé de vous.
Scott regarda Becky en haussant les sourcils.
— Vraiment ? Des choses bien ?
— Pas si elle peut l’éviter.
— Mère !
Becky rejeta la tête en arrière, murmurant une prière alors que sa mère cajolait Scott et Zach afin qu’ils acceptent de les raccompagner jusqu’à leur voiture. Erin Bower était loyale envers son mari, mais elle avait toujours aimé flirter. Becky ne savait pas comment son père faisait pour le supporter.
Je ne le supporterais pas.
De l’autre côté des portes de sortie de l’aéroport, le soleil d’été frappait et l’air du matin devint humide et collant. Zach marchait à côté d’elle sans dire un mot, mais il semblait tout de même complètement conscient de sa présence. Il mit une paire de lunettes aviateur Ray-Ban, cachant ses yeux d’un vert pâle surprenant, le cercle interne de la pupille comme le vert des feuilles d’automne juste avant qu’elles deviennent jaunes, encerclé par une teinte plus foncée. Elle l’avait vu assez souvent sur des photos et à la télévision pour éviter de le dévisager la première fois qu’elle avait fait une interview avec lui, mais les lunettes de soleil étaient un soulagement bienvenu maintenant qu’elle n’était plus distraite par sa fille.
Les lunettes de soleil ! Bon sang ! Becky s’arrêta et fouilla dans son sac à main. Elle en sortit les lunettes fumées roses de Casey.
— Je reviens tout de suite.
— Rebecca.
Zach attrapa son poignet avant qu’elle puisse se précipiter à l’intérieur. Son ton ferme lui affaiblit les genoux, et elle dut lutter contre l’envie de s’agenouiller avec grâce devant lui, de s’abandonner d’une façon qu’elle n’avait pas faite depuis trop longtemps. « Oui, Monsieur » était sur le bout de sa langue. L’emprise de l’homme sur son poignet était aussi sûre qu’une menotte, légèrement calleuse, ce qui lui rappelait un cuir souple.
— Tu as dit au revoir. Y retourner ne fera que rendre les choses plus difficiles.
— Je sais, mais…
Becky prit une grande inspiration et fit un grand pas pour se défaire de l’effet qu’il avait sur elle. La prise qu’il avait sur son poignet glissa jusqu’à sa main, donnant le choix à Becky de s’éloigner encore plus. Un choix qu’elle ne voulait pas. Mais elle ne s’était jamais soumise en dehors d’un club – enfin, presque jamais. Et elle n’obéirait certainement pas aveuglément quand cela concernait sa fille.
Pas qu’il s’attende à ce que je le fasse.
— Casey devient vraiment geignarde quand elle a le soleil dans les yeux. Patrick ne peut pas supporter quand elle pleurniche et…
Zach hocha doucement la tête.
— Enfin, tu es sa mère. Tu sais ce qui est le mieux pour elle. Mais je pense que c’est une mauvaise idée.
C’ était une mauvaise idée. Casey avait semblé bien quand elle était partie, mais est-ce qu’elle le serait si elle revoyait Becky ?
— Tu as raison, merde. Désolée, je ne suis pas habituée à tout ça.
— Crois-moi, je comprends. Ma sœur, Tracy, était comme ça les premières fois qu’elle a dû laisser mon neveu partir avec son père, et c’est un bon gars. Juste vraiment jeune. Quand il a terminé son secondaire, il s’est trouvé un travail – il lui a donné plus qu’il était supposé le faire parce qu’il voulait prouver qu’il pouvait être un bon père. Mais Tracy avait de la difficulté à laisser son bébé avec qui que ce soit et il a fallu une ordonnance de la cour pour qu’elle le laisse finalement voir son fils.
— Je ne peux pas la blâmer. Si un homme adulte n’est pas capable d’être responsable d’un enfant, comment un adolescent peut-il l’être ?
— De la même façon qu’une adolescente le peut, j’imagine.
Le coin de ses lèvres s’agita lorsqu’elle rougit.
— Kev a deux parents merveilleux. Et c’est un gamin génial. Ma sœur n’a plus de problème à le laisser avec son père maintenant. Ils ont appris à s’entendre même s’ils ne peuvent pas être ensemble.
Si seulement c’était aussi simple.
— Tracy fait confiance au père de Kev ?
— Après dix ans ? Je l’espère certainement.
— Alors ce n’est pas la même chose.
Le regard de Becky suivit un avion qui prenait son envol dans le ciel. Ce n’était pas celui de Casey. Pas encore. Mais bientôt. Elle serra ses bras autour d’elle.
— Je ne peux pas faire confiance à Patrick.
Zach glissa sa main sur la nuque de Becky, massant les muscles tendus en lui parlant doucement.
— Mais le tribunal lui a accordé un droit de visite ?
— Seulement avec supervision.
Becky se rendit compte qu’elle s’appuyait sur le flanc de Zach, son simple contact l’emmenant dans un endroit paisible. Il y avait quelque chose chez lui qui lui faisait baisser les murs qu’elle érigeait avec la plupart des hommes. Cela avait probablement quelque chose à voir avec le fait qu’il soit gay. Elle laissa échapper un profond soupir.
— Sa mère doit être avec lui pendant toute la visite.
— Est-ce que tu fais confiance à sa mère ?
Elle hocha la tête sans hésitation. Mme Dubois avait toujours été ...

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