Love in Dream, tome 2 : Désillusion
182 pages
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Description

Réapprendre à vivre après un deuil est bien plus complexe qu’il n’y paraît. C’est d’autant plus vrai lorsque l’homme qui nous fait vibrer, nous attire pour des raisons aussi troublantes qu’improbables. Pourtant c’est exactement ce qu’entreprend Jadde, sous l’œil perfide d’une menace à peine voilée. De son côté, Braden son amant, se trouve pris dans un engrenage où ses fantasmes délibèrent avec sa réalité.


Alors que leur univers est en train de s’effondrer, comment vont-ils parvenir à sauver le lien incontrôlable et étrange qui les unit ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 9
EAN13 9791096785322
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Love In Dream, tome 2 : Désillusion
 
[Abby Soffer]
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
© 2017, Abby Soffer © 2017, Something Else Editions.
Tous droits réservés.
 
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Illustration : © Sweet Contours
ISBN papier : 979-10-96785-3-6
Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny
E-mail : something.else.editions@gmail.com
Site Internet : www.something-else-editions.com
 
Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait totalement fortuite.
 
 
 
 
 
« Le rêve est toujours la porte ouverte sur notre monde intérieur.
Souvent, il exprime ouvertement nos angoisses.
Il offre parfois une solution à nos dilemmes les plus intimes.
Exceptionnellement, il nous donne la clef pour sauver notre âme »

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Chapitre 1
Jadde
 

— Braden ! Meghan  ! Oh mon Dieu ! Ce n’est pas possible !  braillé -je dans le téléphone.
Mes idées et mes émotions s’entrechoquent dans ma tête. J’ai beau avoir envie de hurler, aucun son ne sort. Seuls, de longs sanglots étouffés accompagnent la panique qui me paralyse.
Je vous en supplie ! Je ne survivrai pas à cela une deuxième fois ! Braden ! Meghan  !
Tandis que la panique gagne en intensité, le conducteur de taxi me regarde halluciné. Je dois vraiment avoir l’air d’une dingue, mais là je n’en ai rien à faire. Je tremble de la tête aux pieds et la situation s’aggrave, voyant que je n’arrive à joindre ni l’un, ni l’autre.
Une ambulance, toutes sirènes hurlantes, nous dépasse. Je détourne la tête pour la suivre des yeux. Quelques mètres plus loin, le taxi s’arrête, bloqué par la circulation dense et infernale. Une voix désincarnée annonce, au chauffeur, un accident à l’intersection de la 17e rue et Locust Street juste avant le Rittengarden Hôtel.
Cette voix monocorde me glace le sang. Je lutte contre le noir qui essaie de m’engloutir. C’est mon hôtel ! Combien de chances y a-t-il pour que les bruits que j’ai entendus, il y a dix minutes, au téléphone, n’impliquent pas l’un de mes compagnons ?
S’il vous plaît ! Faites qu’ils n’aient rien ! Les sirènes sont atténuées par les klaxons des conducteurs pressés. Sauf que, pour moi, elles n’arrêtent pas de hurler. Bruyantes. Déchirantes. Elles me mettent à l’agonie. Poison constant qui m’appelle, m’attire, me transperce.
La voiture est totalement à l’arrêt, mais les «  charmeuses » continuent leur chant infernal et je finis par succomber. N’écoutant que mon instinct, je sors du véhicule, sous les hurlements du chauffeur. Je les entends à peine, il crie sans pour autant essayer de me suivre, ou peut-être que si, mais je ne le vois déjà plus.
Je suis en transes, dans un état proche de la folie. Tandis que je traverse la voie, en slalomant entre les véhicules immobilisés, mon corps agit par réflexe, indépendamment de ma volonté. Mon esprit ne cesse de se lamenter et prie pour que la douloureuse angoisse ne soit que le fruit de mon imagination.
Une main sortie de nulle part s’accroche à mon bras, mais je me détache machinalement, sans vraiment y prêter attention. Puis des hurlements viennent accompagner ma traversée de la voie, en sens inverse, avec leur lot de crissements de pneus et d’insultes de toutes sortes. Pourtant, je poursuis mon chemin irrémédiablement, charmée par le bruit hypnotique des sirènes sauveuses d’âmes, qui s’intensifie à chacun de mes pas.
Arrivée au coin de la rue, le spectacle me donne la nausée. Une camionnette blanche et une berline noire sont entrées en collision. Sous la force de l’impact, l’avant de la fourgonnette a disparu. L’airbag s’est déclenché, mais il laisse entrevoir un corps ensanglanté complètement immobile.
À plusieurs mètres de là, l’autre véhicule n’a pas meilleure mine. Le côté droit est tellement défoncé que je n’ai aucun doute sur la survie du conducteur. Au loin, d’autres chanteuses de la mort hurlent annonçant les renforts pour enterrer ceux qui ont succombé.
Mais pour l’instant deux secouristes sont déjà à pied d’œuvre au-dessus d’un corps inerte, invisible à ma vue. L’un d’eux fait un massage cardiaque appuyant violemment sur le thorax de la victime. Quand il arrête de compter à voix haute, l’autre appui sur une sorte de ballon que je suppose appliqué sur le visage du blessé. Mais de là où je suis, je n’en vois pas plus.
Puis le massage cardiaque recommence et mes pas se calquent sur son rythme saccadé. Je m’avance tout en essayant de me persuader que, tant que je ne vois pas clairement la personne au sol, je peux toujours croire que ce n’est qu’un mauvais rêve.
À ce stade, le déni est tout ce qui me reste, et mes émotions se sont tues. Je ne ressens rien d’autre qu’un immense vide glacial et austère. Je ne peux pas me permettre de réfléchir, ou je vais m’effondrer. Alors un pas après l’autre, je rejoins l’inévitable lieu du dénouement. Je l’ai déjà deviné au fond de mon cœur, même si je refuse de l’admettre.
Un dernier pas et mon monde vole en éclats. La chevelure rousse de mon amie baigne dans son propre sang. Je regarde son corps inerte sans vraiment y croire. Je me répète, sans relâche, que ce ne peut être qu’un cauchemar, il ne peut en être autrement.
La terreur a envahi le vide et me vrille le ventre. Mon souffle devient haletant. Des hauts le cœur me prennent par surprise et je déverse sur la chaussée le contenu de mon estomac.
Prostrée, je regarde la scène, en état de choc. Un troisième individu, en blanc, s’approche, il met en place des patchs sur la poitrine dénudée de Meg. Il positionne son index et son majeur au creux de son cou et fait signe à ses complices de suspendre les gestes de réanimation.
Mon cœur qui jusque-là battait la chamade ralentit brusquement.
— Non !!!!!!! hurlé-je en me précipitant sur eux.
Ils doivent continuer, la sauver. Ils n’ont pas le droit de la laisser mourir. Ce n’est pas possible ! Ne me laisse pas tomber Meg pas toi, pas maintenant ! Je ne peux pas ! Pas une deuxième fois ! Pas de cette façon !
Avant de parvenir à leur hauteur, des bras puissants m’enserrent la taille. Je hurle, hystérique, et bataille pour me libérer.
— Laissez-moi tranquille ! Mégane ! Oh mon dieu ! Ne vous arrêtez pas !
Je fouette l’air comme un beau diable, ne vois plus rien, n’entends plus rien, hurle à en perdre la raison. Je doute qu’ils comprennent ce que je raconte, ça n’a pas le moindre sens. À mi-chemin entre l’Anglais et le Français tout se mélange et ne forme plus qu’un croassement informe et incompréhensible.
Plus je me débats et plus les bras puissants resserrent leur prise. Abattue, pitoyable, perdue dans le brouillard de ma folie, je sens mes jambes se dérober. Je m’écroule à genoux, dépassée par la douleur et vaincue par la violence divine.
L’homme me maintient toujours contre lui, malgré ma position quasi fœtale. Il me parle calmement, doucement, comme si j’étais un animal apeuré.
Quand sa voix réussit enfin à percer le brouillard de mes sens submergés, ses paroles prennent enfin un sens. Depuis quand me répète-t-il ces paroles apaisantes ?
— Allez calmez-vous, laissez-nous faire notre job. Votre amie est entre de bonnes mains. Si elle a une chance de s’en tirer, mon équipe va tout faire pour la saisir.
Comme j’opine pour lui montrer que j’ai compris, il rajoute :
— Je vais vous lâcher, d’accord ? Restez tranquille. Est-ce que vous avez vu ce qui s’est passé ?
Je secoue la tête de droite à gauche, toujours incapable d’articuler le moindre mot. Tandis qu’il continue de parler, je relève la tête réalisant seulement qu’il y a encore un espoir.
Les secouristes poursuivent leur œuvre, Meghan a désormais un tuyau dans la bouche, branché à un petit respirateur. Son cou est enclavé dans une large minerve. Son torse se soulève en rythme, alors que son corps dénudé reste figé.
Quand la deuxième ambulance arrive, quatre gaillards l’entourent et la soulèvent, d’un bloc, avec mille précautions. Ils la déposent sur un matelas « coquille », puis ils mettent un appareil en fonction. Il se met à ronronner et le matelas enserre ses petits membres meurtris.
Autour de moi, c’est l’effervescence, mais je n’ai d’yeux que pour ma rouquine. En moins de dix minutes, elle est prête à être emmenée dans le véhicule de secours.
Quand je fais mine de la suivre, l’un des hommes en blanc m’arrête d’un geste.
— Vous êtes de la famille ? m’interroge-t-il.
Surprise par la question, je réponds sans réfléchir.
— Heu non ! Mais je suis une de ses amies les plus proches, répliqué-je agacée. Le sauveteur m’adresse un sourire d’excuses, puis il m’indique qu’ils vont conduire leur patiente au Wills Eyes Hospital , à quelques rues de là, mais que je ne peux pas les accompagner. Pour couper court, il m’informe qu’on me donnera toutes les informations sur place, quand on aura pu compléter les examens. Je n’ai pas le temps de répondre que la porte de la première ambulance s’est déjà refermée.
Les sirènes reprennent leur cacophonie infernale. Je reste encore une bonne minute, comme hébétée, regardant l’ambulance se perdre dans la circulation.
C’est un tel chaos ici que les secouristes et les policiers arrivés sur place, peu après le drame, sont bien trop occupés pour se préoccuper de ma présence.
Je suis vidée encore sous le choc, mais cette fois je ne vais pas laisser la catatonie prendre le pas sur le reste. Je suis plus forte et mon amie a besoin de moi.
Je m’ébroue mentalement et finis par reprendre mes esprits. Comme si c’était le moment de perdre mes moyens ! Je me répète comme un mantra, qu’elle n’est pas morte, qu’elle va s’en sortir. Mais cela ne suffit pas à faire taire les flash-back qui me reviennent en masse.
Je rassemble ce qu’il me reste d’énergie pour la rejoindre. J’ai besoin d’avoir de ses nouvelles et vite. Je prends la direction empruntée par l’ambulance, d’un pas rapide. Je ne sais pas où je me trouve, aussi je demande mon chemin à deux ou trois reprises. J’aurais pu reprendre un taxi, mais je n’ai pas de temps à perdre avec les rues embouteillées.
Il me faut à peine une demi-heure pour rejoindre l’établissement de soins. Je passe plus de temps à débattre avec l’hôtesse d’accueil qui refuse de me donner des nouvelles. Si elle ne me répète pas deux cents fois que je ne suis pas de la famille et qu’elle ne peut rien pour moi, elle ne me l’a pas dit une seule. J’ai envie. J’oscille entre l’envie de l’étriper ou de lui arracher la langue !
Ce qu’elle ne semble pas comprendre, c’est que je ne risque pas de joindre sa famille, puisqu’elle n’en a plus depuis plus de dix ans. Son père l’a abandonnée quand elle était bébé et sa mère est morte d’une rupture d’anévrisme. Autant dire que ce n’est pas dans cette direction que je vais trouver une solution ou du soutien.
Comment faire pour obtenir gain de cause ? Je suis prête à tout, si cela peut me permettre de savoir comment elle va. Sauf que la mégère frigide refuse obstinément de laisser filtrer la moindre information. Agacée par mon insistance, elle finit par m’envoyer vers les urgences, m’affirmant qu’ils pourront me renseigner.
En chemin, je passe devant une cabine téléphonique, dernier vestige de l’ère ante-portable. Et mon inquiétude pour Braden me revient comme un boomerang. En arrivant à l’hôpital, j’ai réalisé que j’avais perdu mon portable, quelque part entre le taxi et le Wills Eyes Hospital, alors je dois trouver une autre solution pour vérifier que tout va bien. Juste au cas où, pour me rassurer…
Fébrile, Je compose le numéro. La ligne bascule directement sur messagerie. Là, encore il y a une explication rationnelle, c’est évident ! Reste à savoir laquelle ? La panique n’est pas loin, mais je la contiens. Je dois me tromper de numéro ou il y a un problème avec la ligne. Oui voilà ! Un problème avec la ligne, cela semble crédible comme excuse, non ? Mon cœur bat si fort que j’ai l’impression qu’il va exploser. Je souffle fort, ce qui me vaut des regards inquiets des visiteurs qui circulent dans les couloirs.
Les premiers symptômes de l’attaque de panique ne sont pas loin. La peur majore la sensation, je le sais, ce n’est pas comme si c’était la première. Merde Jadde, contrôle-toi, réfléchis de façon rationnelle. Je m’auto-flagelle, j’ai appris à dompter l’angoisse palpitante qui étouffe, l’impression que la dernière heure est arrivée, sauf que là, ce n’est pas le moment et encore moins l’endroit. Tu sais comment faire. Calme-toi ! Respire ! Il va bien, il ne risque rien.
Les paumes des mains sur le mur, la tête rentrée dans les épaules, j’inspire, j’expire profondément. J’essaie, par là même, de pousser les murs qui ont l’air de se rapprocher. Tout ça, c’est dans ma tête. Je suis plus forte que ça.
Me calmer me demande vingt bonnes minutes de lutte intense contre mon subconscient, mais j’arrive à éviter la catastrophe. Je jette un dernier coup d’œil au téléphone m’accrochant désespérément à mes explications bancales. Pour l’instant il y a plus urgent.
Brad va bien, je le sentirais s’il lui était arrivé quelque chose. Non ? Je me promets de retenter ma chance dans un moment, et me mets en quête du service des urgences.
Dans l’entrée du service, la file d’attente est si longue qu’elle refroidirait n’importe qui, sauf que je n’ai pas l’intention d’attendre des heures. Je m’avance vers une infirmière, mais elle me fait signe d’attendre. Je tourne en rond, jusqu’à ce qu’elle finisse par venir vers moi pour évaluer ma problématique.
— Ma meilleure amie Meghan Blanc a eu un accident de voiture, il y a plus d’une heure, je voudrais la voir et avoir de ses nouvelles.
Patiente, elle m’écoute et répond la même chose que sa consœur.
— Je ne peux pas divulguer d’informations, concernant l’état de santé d’un malade, à une personne qui n’est pas un membre de sa famille, ou la personne de référence désignée par le patient.
Sur les nerfs, je lui rétorque avec une certaine agressivité.
— Mais merde ! Elle n’a plus de famille !
Elle fronce les sourcils, prend l’air sévère de maîtresse d’école prête à réprimander une enfant récalcitrante. Avant même qu’elle ouvre la bouche, je lève les mains au-dessus de la tête pour offrir ma reddition.
Puis-je au moins la voir, s’il vous plaît ? la supplié-je.
Elle me regarde intensément, retrouve un air amical et empathique puis finit par acquiescer avant d’ajouter :
— Je vais voir ce que je peux faire. Attendez-moi ici !
Elle tourne les talons et passe les portes battantes qui séparent des box de soins. La peur me prend au ventre à nouveau, mais je la muselle. Et puis, si son état s’était dégradé, elle n’aurait pas besoin d’aller voir. C’est plutôt bon signe ? Dans le cas contraire, elle aurait pris cet air compatissant, que je maudis plus que la peste. En tout cas, j’essaie de m’en persuader.
Je tourne en rond dans la minuscule salle d’attente réservée aux familles. La stupeur et la détresse du départ ont laissé la place à une détermination sourde. Pour occuper mon temps, je me force à lister toutes les démarches, que je vais avoir à faire pour protéger les intérêts de Meghan .
D’abord, prévenir la maison d’édition, récupérer ses papiers d’assurance. Ici, cela risque de coûter des sommes astronomiques, alors je vais devoir me renseigner auprès de notre patron sur les démarches à effectuer pour la meilleure prise en charge possible. Je n’ai pas la moindre idée des démarches à effectuer, mais pour elle, j’abattrais des montagnes. Contacter Sofia et Eddy est la seconde priorité.
Évidemment Braden ne quitte pas mes pensées, même si j’essaie de l’en éloigner. Son image me hante et m’aide tout à la fois car, bien sûr, dans ma tête tout se mélange, l’accident de Jack, de Meghan, Braden, les sirènes, la mort qui rôde, la violence de l’accident, les photos terribles de la voiture complètement défoncée. C’est trop, beaucoup trop.
Alors une fois encore, je m’oblige à me concentrer sur l’instant, pas sur les odeurs de désinfectant ou de sécrétions corporelles qui me donnent la nausée, mais sur ce que je vais mettre en œuvre pour la soutenir. La bonne nouvelle, c’est que je n’ai pas dégobillé au milieu de la pièce et c’est une vraie victoire.
Malgré mon agitation, je ne quitte pas des yeux la porte où s’est engouffrée la jeune femme, qui met un temps infini avant de réapparaître. Quand le battant s’ouvre, deux personnes se précipitent à sa rencontre. Probablement, attendent-elles aussi des nouvelles de l’un de leurs proches, mais bon sang, à cet instant, je n’ai pas une once de compassion. J’ai juste envie de leur arracher les yeux.
Elles finissent par s’éloigner, le regard dépité et je m’en veux de mon accès de colère silencieuse. La jeune femme m’adresse un regard entre détermination et doute, qui me fait froid dans le dos. Je m’avance vers elle, me préparant au pire.
— Elle est en soins intensifs, mais elle va passer au bloc opératoire. J’ai obtenu un accord exceptionnel pour que vous puissiez la voir.
Je la remercie, infiniment reconnaissante de son geste, et lui emboîte le pas.
Dans les couloirs, mon cœur est prêt à exploser, il bat si vite que je sens la pression dans mes tempes augmenter à chacun de mes gestes. C’est un vrai labyrinthe, dédale de couloirs interminables qui se ressemblent tous, j’ai même l’impression qu’ils n’en finissent jamais, malgré notre rythme soutenu. Si je le pouvais, je me mettrais à courir pour les effacer plus vite, mais je me calque sur les enjambées de la soignante, qui me guide jusqu’au service de réanimation, placé un peu à l’écart. Elle sonne pour moi et me laisse devant la porte. Avant de partir, elle m’adresse un geste de soutien silencieux, en plaçant une main sur mon épaule, qui dans d’autres circonstances m’aurait probablement tiré une larme, mais je suis bien trop hébétée pour ça. Elle me sourit et je la remercie à nouveau avant qu’elle ne s’éclipse.
Je n’ai pas longtemps à attendre avant qu’un homme, d’un certain âge, ne m’ouvre. Je me présente pour la troisième fois et sans un mot il me fait entrer.
Il m’arrête d’un geste et m’explique que pour pouvoir pénétrer dans le service, je dois revêtir l’uniforme obligatoire. Devant mon air surpris, il récite mécaniquement les consignes de sécurité pour la prévention des infections nosocomiales. Les patients, dans ce service, sont particulièrement fragiles et comme la moindre infection pourrait leur être fatale, il est nécessaire de prendre certaines précautions.
Involontairement, il vient de m’asséner un coup de poing dans le ventre. J’ai le souffle court. Indifférent à mes états d’âme, il me montre la surblouse, les surchaussures et la charlotte. Puis il sort en me précisant qu’il m’attend dans le sas suivant.
Même si je peine à reprendre une respiration normale, entre mon cœur palpitant et mes mains tremblantes, je m’acquitte de ma tâche le plus vite possible.
Quand je le rejoins, il me conduit devant une porte vitrée et me laisse sans plus d’explications. Derrière, Meghan est étendue sur sa couchette immaculée. Le choc est rude, mais presque moins que la vision de son corps sans vie sur le trottoir.
Ma belle rouquine paraît ridiculement petite, perdue dans cet immense lit. Pour la première fois de sa vie, elle semble frêle, vulnérable et livide. Avec son teint de rousse, elle paraît encore plus pâle, mais là, elle frôle la transparence. Sa belle chevelure a disparu et je jure, qu’à cet instant, la seule chose à laquelle je pense c’est qu’elle va être folle de rage quand elle va s’en apercevoir. À la place de ses si belles boucles, un bandage lui entoure la tête.
Je laisse échapper un sanglot. Rien n’est encore gagné. Le respirateur émet des bips réguliers aussi apaisants qu’angoissants. Je ne vois pas bien le reste de son corps, dissimulé sous un grand drap blanc. Seules exceptions, son bras droit enfermé dans une gouttière et sa jambe rattachée à un appareil de torture. Je ne comprends pas à quoi sert cet engin archaïque, formé d’un ensemble de poulies, de fils et de poids en suspension au-dessus du vide. Qu’est-ce que ce foutu machin ?
Quand mes yeux arrivent enfin à se détacher de son corps inerte, ils balayent la pièce, machinalement. Au-dessus d’elle, un moniteur relève un ensemble d’informations auxquelles je ne comprends pas grand-chose. Le tracé a l’air régulier, c’est à peu près la seule chose dont je sois sûre.
En avançant dans la pièce, je suis surprise par la quantité de fioles branchées à son bras. Je déglutis difficilement, j’ai toujours eu horreur des aiguilles et encore plus des hôpitaux. Pour le coup, je suis servie ! Je fais un pas de plus dans sa direction, mais je n’ose pas la toucher. Plusieurs minutes passent, sans que je me risque à faire le moindre geste.
Un raclement de gorge me fait détourner la tête vers l’entrée du box. Une jeune eurasienne, aux airs de dure à cuire, est appuyée contre le chambranle. Elle me regarde avec attention.
— Vous savez, vous pouvez la toucher, ça l’aidera, exprime-t-elle doucement.
Je détourne les yeux de la jeune femme et regarde à nouveau mon amie toujours aussi immobile.
— Je n’ose pas ! J’ai peur d’aggraver la situation, elle fait si fragile, c’est tellement loin de son image habituelle ! réponds-je dans un murmure.
— C’est difficile de reconnaître un proche, quand on le voit dans une telle situation, encore plus lorsqu’il semble n’être plus que l’ombre de lui-même.
J’acquiesce sans répondre.
— Je suppose que vous êtes son amie ? finit-elle par me questionner un moment plus tard.
J’opine et rajoute, pour justifier ma présence soucieuse, et qu’elle ne me demande pas de sortir.
— Elle est bien plus que ça ! C’est ma sœur de cœur, du plus loin que remontent mes souvenirs. Elle a été mon roc, mon soutien depuis toujours.
— Alors, je pense que c’est à vous de lui rendre la pareille. Elle va avoir besoin de votre aide. Même si elle sort du coma, rien ne va être simple pour elle dans les mois à venir. Et le moindre appui lui sera précieux.
Un frisson glacé me traverse l’échine, le nœud dans ma gorge m’empêche de respirer. Je regarde de nouveau la jeune femme qui, faute de me donner des nouvelles précises, vient de lâcher une info pour le moins inquiétante. Elle ne rajoute rien de plus et me confirme ses propos par un simple signe de tête.
Si j’avais encore un doute sur la gravité de la situation, il vient d’être réduit en cendres par le regard perçant de la jeune asiatique. Consciente qu’elle me fait déjà une « fleur » en me révélant ces données, je me contente de lui répondre avec conviction.
— Je serai là ! Que puis-je faire pour l’aider ?
— Il faut laisser à son corps et à son cerveau le temps de récupérer du traumatisme de l’accident.
Après un moment de silence où elle me laisse intégrer ces nouvelles alarmantes, elle finit par m’informer :
— Nous avons contacté son compagnon.
Je me retourne vivement, surprise. Indifférente à mes états d’âme, elle poursuit :
— Monsieur Harper devrait nous rejoindre rapidement. Il m’a dit qu’il allait prendre le premier vol et serait là dès que possible. Heureusement pour nous, elle avait son portable et son sac à main avec elle, lors de l’accident. Ils sont miraculeusement sortis indemnes et nous n’avons eu aucun mal à trouver, dans son agenda, la personne à prévenir.
Elle fait mine de ne pas remarquer mon étonnement qui s’accentue. Meghan a beau être attachée à Logan, le laisser entrer dans sa vie, comme une personne de référence, c’est bien plus qu’elle n’a accepté de quiconque depuis la mort de sa mère.
Soucieuse de ne rien révéler du jardin secret de ma rouquine, je relance la discussion vers des travers moins dangereux.
N’ayant pas vraiment obtenu de réponse satisfaisante, je réitère.
Que puis-je faire pour l’aider ?
— Parlez-lui ! Faites-lui sentir votre présence, c’est de ça dont elle a le plus besoin. Soyez présente à ses côtés et rappelez-lui pourquoi elle a des raisons de rester ici.
— Elle va s’en sortir ? murmuré-je incertaine, alors qu’elle s’apprête à sortir, parce que soyons clair, c’est la seule question qui m’importe, mais jusque-là je n’avais pas osé l’exprimer.
— Elle a les cartes en main, c’est la seule à pouvoir décider. Si vous êtes croyante, c’est peut-être le moment de faire une prière pour elle.
Quand elle ferme la porte derrière elle, je réalise à quel point son état est précaire, et le poids écrasant de ma douleur refait surface. Sauf que je m’interdis de la laisser me dépasser, je la repousse aussi loin que je peux, pour ne me consacrer qu’à mon amie.
J’attrape la chaise pliante au fond de la pièce et l’installe près du lit.
Je m’assois à ses côtés, et m’agrippe à sa main valide comme à une bouée de sauvetage. Puis, j’écoute consciencieusement les conseils de la doctoresse.
— Je t’en prie Meg ! Tu as tant de choses à vivre encore. Tu sais très bien que, sans toi, notre vie ne sera jamais la même ! Notre trio serait bancal.
Bien sûr, je n’obtiens pas de réponse. Seul le bip régulier du moniteur meuble le silence. Alors, je fais ce que je n’ai encore jamais fait jusqu’alors, je lui livre mon cœur sur un plateau.
— Ne pars pas Meghan , si tu savais à quel point tu es importante pour moi. Tu es bien plus qu’une amie. Je ne peux pas imaginer un avenir sans que tu en fasses partie. Tu as toujours été mon moteur, l’une des raisons pour lesquelles je n’ai pas commis le pire. J’ai besoin de toi !
Avec mille précautions, je lui caresse la joue pendant que des larmes silencieuses coulent sur mes joues. Puis comprenant d’instinct que c’est peut-être la dernière fois que j’aurai l’occasion de le lui dire, je lui murmure en posant un baiser sur le front
— Je t’aime, ma rouquine…
Lui livrer mon cœur, être présente à ses côtés et l’accompagner va être éprouvant et douloureux. Mais en même temps, et aussi étrange que cela puisse paraître, un poids considérable, que j’ignorais porter, s’envole avec mes paroles.





Chapitre 2
Braden
 
 
— Monsieur ? Monsieur ?
Une voix étrange flotte autour de moi, mais j’ai du mal à bien comprendre d’où elle vient. Quand j’ouvre les yeux, je suis ébloui par une luminosité quasi aveuglante, qui m’oblige à les refermer aussi sec.
Putain, mais qu’est-ce qui m’arrive ? Où suis-je ?
Je me rappelle être sorti d’un rendez-vous. Impatient, j’ai hélé un taxi, mon téléphone a sonné. J’ai décroché pour parler à Cam. Oh mon Dieu Jadde !
Luttant contre la douleur qui me vrille la tête, j’ouvre les paupières avec difficulté, mais la luminosité est telle que je vois tout flou autour de moi.
— Bordel, mais qu’est-ce qui m’arrive ?
— Je…
— Vous vous êtes cogné la tête ?
— Vous comprenez, la petite fille a traversé la route pour rattraper son ballon. J’ai voulu l’éviter en montant sur le trottoir, et nous avons fini notre course dans le pylône. Je suis vraiment désolé, j’ai tout fait pour éviter l’accident…
Le chauffeur continue à déblatérer et m’étourdit de commentaires. Je lève la main pour le faire taire.
— D’accord, d’accord, j’ai compris l’idée.
Tandis que j’essaie de me lever, la bile me monte aux lèvres, ma tête se met à tourner. Merde ! Ça a tapé plus fort que je ne le pensais. Incapable de me mettre sur mes pieds, je cherche, à tâtons, mon téléphone. J’ai beau ne pas être dans mon état normal, Jadde reste ma priorité. J’ai du mal à me souvenir de la totalité de notre échange. Il ne me reste que cette sensation d’apaisement, qu’elle seule, est capable de m’offrir.
— Ne bougez pas Monsieur, m’interrompt le chauffeur, alors que je fais une nouvelle tentative pour lui faire face. J’ai appelé les secours, ils ne vont pas tarder.
Mes oreilles se mettent à bourdonner et je renonce une fois de plus à bouger.
— Mon téléphone ! l’interpellé-je. J’ai besoin de mon portable.
Le chauffeur, probablement inquiet que je lui colle un procès aux fesses, cherche frénétiquement l’appareil dans l’habitacle. Rien que de l’entrevoir en pleine action, je sens ma nausée s’accentuer.
Mauvais Plan !
Lorsqu’il finit par me le tendre, l’air penaud, j’ai envie de hurler de frustration.
— Merde, merde et remerde !
L’écran est explosé en mille étoiles, impossible de le rallumer. C’est une véritable catastrophe, j’ai tous mes contacts professionnels dessus. Je dois absolument récupérer les informations sur la carte SIM. Mais dans l’état actuel des choses, je ne suis même pas capable d’avoir les idées claires. La seule pensée qui m’obsède Jadde, comment vais-je faire pour la joindre ?
Essayons de traiter les problèmes un par un. Premier souci, me débarrasser des secours que j’entends déjà arriver. Deuxième point, retrouver mes numéros et principalement celui de Jadde. Au pire, j’appellerai Logan, pour récupérer le portable de Meghan en passant par des intermédiaires. Je vais trouver une solution, il y en a toujours une. Dernier élément, et pas des moindres, joindre Joyce et mes clients de ce soir, pour les avertir de mon retard.
Ragaillardi par les activités à venir, je fais une nouvelle tentative sauf que bien sûr, cela ne se passe pas tout à fait comme prévu. Ma nausée se transforme en vomissements incontrôlables et je vide le contenu de mon estomac sur le trottoir. Je manque de peu le taximan, qui s’écarte juste à temps, pour s’éviter un ravalement de façade. D’un air dégoûté, il m’encourage à rester tranquille, ce que je finis par faire à contrecœur.
À l’arrivée des secours, on me pose mille et une questions et sans me consulter, on me transporte jusqu’à l’hôpital. L’infirmière me « scope » pour relever mes constantes de références, puis réalise un ECG. Mais, bordel, ils me prennent pour quoi avec leur jargon à la con : un croisement entre docteur House et Magicien D’Oz.
Si je me mettais à leur balancer des « émulsionner », « blanchir » ou « chemiser » sans plus d‘explications, ça leur ferait quel effet ?
Sans se préoccuper de mon incompréhension, le médecin poursuit sa diatribe pour lui-même.
— Vous avez une commotion cérébrale, nous allons faire un scanner et vous resterez en surveillance les prochaines quarante-huit heures.
— Qu’est-ce que vous racontez ? Pas question que je reste bloqué à l’hôpital pour les deux jours à venir, j’ai clairement d’autres projets !
— C’est pourtant ce que vous allez faire, Monsieur Miller. Soit, vous restez tranquille et dans quelques jours ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir, soit vous prenez le risque que la situation dégénère et on vous récupère dans un corbillard ! À vous de voir ! affirme-t-il en haussant un sourcil, visiblement agacé, histoire d’enfoncer le clou.
Je me renfrogne, tout en me disant, intérieurement, qu’à défaut d’être agréable, ce médecin est au moins honnête. Je sais à quoi m’en tenir !
Le transport en ambulance est une horreur, entre chicanes et nids de poule, je manque de vomir une bonne dizaine de fois. La souffrance devient si intense, que j’ai envie de me taper la tête contre les murs pour me calmer. C’est la merde !
Je repasse inlassablement la liste des choses que j’ai à organiser en essayant de focaliser mon attention dessus, plutôt que sur la douleur.
À notre arrivée, je suis prêt à leur demander un truc, pour que ce tam-tam insupportable, dans ma tête, cesse enfin. J’ai l’impression qu’elle va exploser. Un infirmier introduit un produit dans la perfusion et je m’endors presque instantanément, épuisé.
Lorsque je me réveille, ma sœur est assise à mes côtés comme si elle veillait un mort.
Elle a les yeux rougis. C’est quoi ce bordel !
— Mila, ça va ? Qu’est-ce que tu fais ici ?
Elle relève la tête brusquement et souffle visiblement soulagée.
— Ho bon sang ! J’ai eu la peur de ma vie. Comment tu te sens « grand cascadeur » ?
Je lui souris pour la rassurer, même si franchement ce n’est pas vraiment la forme.
— Un peu vaseux, mais c’est à cause de leur traitement, ne t’inquiète pas.
— J’ai cru que je t’avais perdu, quand je t’ai vu étalé sur ce lit, j’ai cru que j’allais mourir de chagrin.
— Je suis désolé, je ne voulais pas t’inquiéter.
— Tu te rappelles de ce qui s’est passé ?
— Pas de tout à vrai dire, les éléments s’emboîtent avec difficulté dans mon esprit. Je suppose que leur traitement à la noix ne doit vraiment m’aider !
Elle hésite quelques secondes, et enchaîne presque en colère à présent.
— Tu crois vraiment que jouer les super héros en te débattant, et en t’excitant, pour aller bosser, est vraiment une attitude adaptée et responsable ? Ils m’ont même dit que tu n’arrêtais pas de marmonner, à propos de numéros de téléphone…
Elle pose ses mains sur ses hanches, comme si elle s’adressait à un gosse et râle tout son saoul.
— Ta tension a atteint de tels sommets et tu étais tellement tendu qu’ils ont dû t’administrer un traitement relaxant.
Elle prend un air triste et inquiet en poursuivant les larmes aux yeux.
— Quand ils sont arrivés ici, l’infirmière m’a expliqué qu’ils t’ont fait un scanner ! D’après elle, la bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas d’œdème, mais le choc a provoqué un petit hématome et j’ai vraiment cru que je t’avais perdu, murmure-t-elle presque pour elle-même.
Sa larme à l’œil me tord le ventre, et j’attrape sa main pour la rassurer, en maudissant mon karma.
Franchement, il ne me manquait que ça ! grommelé-je.
Tout en parlant, j’essaie de me redresser dans le lit, mais la douleur se rappelle à mon bon souvenir. Je dois grimacer parce que ma sœur m’ordonne presque :
— Reste tranquille, je vais appeler l’infirmière, elle m’a demandé de la prévenir dès ton réveil.
Comme mes oreilles bourdonnent à nouveau, je ferme les yeux pour tenter de maîtriser la douleur, qui ne cesse d’augmenter de façon exponentielle, dès que j’essaie de concentrer mon attention.
Tout en parlant, Mila fait le tour du lit et attrape un objet qui lui échappe tant elle est fébrile. Je me crispe à nouveau sous l’effet du son apocalyptique, qui raisonne comme un tambour dans mon crâne malmené.
Elle s’excuse, et tandis qu’elle rejoint sa chaise, son portable se met à sonner. De mieux en mieux, après le marteau piqueur, le Boeing qui décolle près de mes oreilles ! Un vrai pied sensoriel ! Je l’entends se précipiter pour le chercher dans son sac, mais bien entendu trouver un tout petit machin, dans une grosse besace, s’avère relativement compliqué !
Quand elle arrête enfin la torture, j’entrouvre un œil et la vois s’avancer jusqu’à la fenêtre. Son regard se perd instantanément dans le vague, tandis qu’elle écoute avec attention son interlocuteur.
Quelques secondes plus tard, je l’entends murmurer en me jetant des coups d’œil furtifs.
—...

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