Nuit de noces à plusieurs
12 pages
Français

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Nuit de noces à plusieurs

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Description



Nuit de noces à plusieurs


Une jeune fille mariée de force par ses parents à un comte souffreteux découvre avec délice la vraie nature de sa belle-famille...





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Informations

Publié par
Date de parution 31 octobre 2012
Nombre de lectures 253
EAN13 9782823804713
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

couverture
Alexia Saint-Ange

Nuit de noces à plusieurs

12-21

Il fallait qu’on me marie. Pour ma famille, il s’agissait d’une obligation. D’une urgente nécessité. N’avais-je pas commis l’irréparable à une époque où on ne badinait pas avec ces choses-là ?

Voilà pourquoi, en ce soir d’octobre 1831, habillée d’une robe blanche et nantie d’une alliance à l’annulaire, je me trouvais assise à côté d’Albert de Morcerf, mon nouvel époux, face à ses parents et aux miens, seuls invités de la noce, dans la glaciale salle de réception du vieux château de La Ferronnière.

L’ambiance était sinistre. Les plats, apportés par un domestique aussi décrépi que ses maîtres, sentaient le moisi. Ma fourchette en argent raclait le fond de mon assiette. Je mangeais du bout des lèvres. Buvant, par compensation, force verres de champagne pour noyer mon chagrin et me donner du cœur à l’ouvrage.

Déjà, en effet, je pensais au moment où, appuyée au bras décharné de mon mari, il me faudrait monter, en sa triste compagnie, le large escalier vermoulu qui conduisait aux chambres de l’étage. Je voyais le pauvre Albert ouvrant en tremblant la porte du cabinet nuptial. Je l’imaginais m’enlaçant et cherchant à m’embrasser. Sentais l’haleine mortifère du jeune malade passer dans mon cou, éprouvais la pression réfrigérante de ses mains sur mon corps. Son sexe vierge s’appuyait contre mon ventre. Puis nous basculions sur le lit, et…

Je sortis de ma rêverie en étouffant un sanglot. Mon regard perdu rencontra celui de ma belle-mère.

Par réflexe, les lèvres dépulpées de la comtesse tentèrent un sourire.

— Seriez-vous indisposée, ma bru ? grinça-t-elle, bonne fille.

Elle était laide à faire peur ! Sa peau, pâle comme un suaire, semblait celle d’un cadavre. À l’exception de deux canines de part et d’autre de la mâchoire, toutes ses dents lui faisaient défaut. Raison pour laquelle, sans doute, aucun plat solide ne lui avait été servi. Non plus qu’à son mari et à son fils, dont les dentures déchaussées et ébréchées concurrençaient allègrement la sienne et qui, selon leur propre aveu, n’avaient pas faim. Vu la qualité de la cuisine, je les comprenais.

— À moi aussi, l’émotion coupe un peu l’appétit, confessai-je.

— C’est une jeune fille très sensible ! ajouta ma mère, en recrachant furtivement un bout de viande dans sa serviette.

 

Bien entendu, mes parents ne partageaient pas mon désarroi. Au contraire ! Bourgeois pragmatique, mon père voyait dans cette union, consacrée de nuit dans la discrétion la plus stricte et qui coupait court aux commérages sur mon compte, une occasion en or de faire fructifier son capital, acquis dans l’exploitation des mines de la région. Cette alliance avec une famille de l’aristocratie, fut-elle dégénérée et ruinée, assurerait en effet à ses spéculations, pensait-il, la bienveillance sinon l’appui des autorités monarchiques. En sorte qu’il deviendrait le plus gros fournisseur de fer du royaume. Ma mère, pour sa part, avec son obsession des particules, se flattait de transformer sa fille en aristocrate. Tous les deux, enfin, saisissaient l’opportunité de caser leur unique héritière avec ce puceau titré et souffreteux dont l’espérance de vie n’excéderait sans doute pas quelques années encore. Et dont la naïveté, la faiblesse physique devaient répondre de son aveuglement vis-à-vis de ma faute. Ce bref mariage me laverait de tous mes péchés.

— Dans un an, deux ans maximum, tu recouvreras ta liberté… et tu seras comtesse ! me répétait ma mère.

Bien sûr, mon avis n’entrait aucunement en ligne de compte. Que pouvait valoir l’opinion d’une fille dénaturée qui avait osé faire ce que j’avais fait ?

La grande affaire qui avait décidé si cruellement de mon sort s’était produite un mois et demi plus tôt, à l’occasion de mes dix-huit ans. Mes parents avaient organisé une fête somptueuse. Pour laquelle toutes les notabilités des environs avaient répondu présentes. À l’exception des Morcerf qui ne sortaient jamais en journée. Mais qui avaient promis d’être là à la nuit tombée. Chaque pièce de la maison débordait d’invités. Pour la première fois, j’avais eu le droit de goûter à la grande boisson des réceptions bourgeoises. Champagne ! J’avais rapidement été grisée. Et j’étais sortie prendre l’air. L’après-midi finissait. Sous la lumière d’été déclinante, le parc de la propriété familiale s’étendait devant moi. Je décidai de marcher un peu. Fuyant les importuns, je dirigeai mes pas vers les écuries. L’odeur des bêtes piaffant dans les stalles accrut mon ivresse et je poussai plus loin mes pérégrinations. Au fond du parc se dressait l’ancienne remise du gardien. Elle m’offrit son asile à temps. Car ma vessie menaçait d’éclater…

Filtrant à travers les planches disjointes, des rayons éclairaient l’abri à l’abandon. Le sol était couvert d’une paille sèche qui craquait sous mes pieds. Je m’accroupis dans un coin, relevai mes jupes, baissai ma culotte et découvris ma chatte. Juste sur le passage du plus épais des traits lumineux. Afin que tout en me soulageant je puisse jouir du spectacle. Courbée sur mon bas-ventre, je guettais le surgissement que je retenais encore par jeu et qui allait bientôt forcer le barrage. Mes doigts caressaient les poils blonds de mon sexe collés par la sueur. La pression devint irrésistible. Je basculai en arrière et de l’index et du médium écartai les plis de ma fente. Un premier jet brûlant glissa entre mes deux doigts. Puis, ce fut une coulée sans fin, un geyser merveilleux. Que je pouvais diriger à ma guise. « Mon Dieu, mon Dieu, je me vide ! » Devant moi, une mare immense, imbibant la paille, témoignait de l’abondance de mes libations. Impossible de l’enjamber pour atteindre la sortie. Je fus contrainte de la contourner. La remise était assez vaste. De nombreux tonneaux ainsi qu’une vieille charrette y étaient entreposés. C’est en passant entre la charrette et les tonneaux, dans un coin sombre, que je le vis.

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