A la vie à la mort
34 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

A la vie à la mort , livre ebook

-
composé par

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
34 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Coincée entre deux mondes, Ixa veille sur son mari inconsolable depuis sa mort.


Prête à tout pour retrouver sa place auprès de lui, elle mettra tout en œuvre pour lui signifier sa présence, quitte à bouleverser l’ordre des choses et commettre l’irréparable.


L’amour est-il vraiment plus fort que la mort ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 8
EAN13 9782379600043
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0004€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Gaya Tameron
©Gaya Tameron&Livresque éditions, pour la présente édition – 2018 ©Thibault Benett, Designer graphiste pour la couverture ©Jonathan Laroppe, Suivi éditorial & Mise en page ISBN : 978-2-37960-004-3 Tous droits réservés pour tous pays Conformément au Code de la Propriété Intellectuelle, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, et ce, par quelque moyen que ce soit, sans l’autorisation préalable de l’éditeur et de l’auteur.
Prologue
La vie et la mort, l’être et le néant, le mouvement et le repos se définissent l’un par rapport à l’autre comme deux faces d’une même pièce de monnaie. Ce n’est pas un hasard : ils coexistent d’une certaine manière, san s jamais se rencontrer, pour ne pas se détruire. L’existence apparaît comme un long chemin semé d’em bûches, plongeant derrière sa ligne d’arrivée vers l’infini, insondable et mystérieuse, dont personne ne revient jamais. L’inconnu nous attire telle une flamme séduisante e t nous pousse sans cesse à découvrir ce qui nous entoure et nous définit aussi. La grande inconnue de la vie est la mort. Toujours, elle nous saisit, et se joue de nous, aussi imprévisible que tenace. Savoir semble le plu s souvent préférable. Pourtant, dans ce cas précis, à quoi servirait-il d’obtenir des ré ponses ? Que ferions-nous de connaissances sur la mort, elle qui n’existe pas dè s lors que nous vivons ? Il ne reste que les peurs et les incertitudes conce rnant notre sort, au moment où nous quittons les êtres qui nous sont chers.
Partie 1
Mon nom est Ixa. J’ai vingt-sept ans ou plutôt j’av ais vingt-sept ans. Après une brève existence, me voilà morte. Malformation cardiaque, ont diagnostiqué les médecins. Sans donneur compatible, mon espérance de vie ne pouvait excéder six mois. J’ai essayé de me battre, de me montrer forte. Au bout de sept moi s et demi, j’ai rendu mon dernier souffle dans une chambre d’hôpital, blanche, lumine use, avec une télévision et un bouquet de roses blanches, mes préférées, pour seul e compagnie. Kiro, mon mari venait de partir. Le pauvre était épuisé, rongé par l’inqu iétude et le manque de sommeil. J’avais dû insister pour qu’il accepte de rentrer chez nous se reposer quelques heures. Quelques minutes plus tard, j’ai senti la fin venir. Je me s uis éteinte, comme on dit. C’est drôle comme expression ! On dirait qu’on parle d’une boug ie ou d’un appareil électrique à rallumer plus tard ; sauf que pour moi, c’est défin itif. Depuis que j’ai quitté mon enveloppe charnelle, l’i ntermédiaire entre l’être et le néant est mon espace de vie. Souvenirs et sentiments sont tou jours bien réels pour moi. Étrange ! J’aurais cru que mourir apportait la paix. Il n’en est rien. Une lueur étrangement réconfortante m’a accueillie dans cette nouvelle forme d’existence. L’au-delà. Son seul interdit ? Toute c ommunication intermonde. Sa seule loi ? Nul ne doit s’opposer à la déchirure d’avec son p assé, impératif absolu du cycle de la vie et de la mort. C’est bien beau la théorie, mais ce que je ressens m’empêche de m’y résoudre. La solitude peut-être. Mes regrets, sans doute. Être s éparée de mon mari sûrement. Cette déchirure avec mon existence est douloureuse à bien des égards. Je ne peux accepter de renoncer à tout. Entre les murs de ma maison, dans cette réalité par allèle à celle dans laquelle vit Kiro, jifficulté à travers les cloisons, mais’erre sans but. Mon corps translucide passe sans d un champ de force m’interdit d’en sortir. Assis sur le canapé, mon homme pleure. Notre photo de mariage trône sur la table basse, juste à côté d’une boîte de mouchoirs en pap ier. Attristée, je tente de caresser sa joue, d’effacer les traces de son chagrin. En vain. Malgré l’amour qui nous unit, je me révèle impuissante. Ce constat me terrasse. C’est u ne véritable torture de le voir ainsi. J’aimerais tant le serrer dans mes bras, lui faire comprendre que je suis là, tout près de lui. Je fais les cent pas dans ma réalité alternative, m ais bien sûr, il ne me remarque pas, ne m’entend pas. C’est frustrant, ce voile qui nous él oigne et nous sépare. Je vois tout de lui, de la maison ; à quoi bon ? Pour l’instant, mon mari pleure et visionne en bouc le nos films, comme s’il cherchait une preuve que son chagrin est bien réel, comme s’il ch erchait à l’entretenir, à l’apprivoiser. Son amour pour moi, bien au chaud dans son cœur, me permet de demeurer auprès de lui. Kiro tourne en rond, s’enivre, se replie sur l ui-même. Parfois, j’ai l’impression de devenir folle en le voyant pleurer devant notre pho to de mariage. Comment suis-je
censée assister à sa douleur sans ressentir la moin dre souffrance ? Cela m’est impossible ! Je l’aime. La mort n’efface pas les se ntiments. Ma décision est prise : je dois trouver un moyen de partager avec lui.
Partie2
Les jours passent et Kiro ne se remet toujours pas d e ma mort. Il s’enfonce dans le désespoir, la dépression ; même si je n’y peux rien , impossible pour moi de le supporter. Il faut que je trouve un moyen de soulager sa peine . Si seulement je pouvais communiquer avec lui… Certes, je n’existe plus, mais malgré mon décès, je suis toujours là. J’éprouve encore de l’amour, des regrets, de la tristesse, de la souffr ance… Cette perméabilité doit bien avoir une utilité. Je dois la découvrir pour en faire pro fiter mon mari. Je le pressens, tout est lié. L’abstrait renvoie à l’abstrait : moi, un diaphane, un voile entre réalité et irréalité, je suis traversée par t outes sortes d’affections intangibles. Un cœur invisible et un esprit me raccrochent à mon pa ssé, ma précieuse vie. En y réfléchissant bien, je dois encore pouvoir faire qu elque chose ; sinon, à quoi bon rester prisonnière dans cet entre-deux, dans ce qui fut ma maison, mais ne m’appartient plus vraiment ? Tel un souvenir latent, je stagne en ces lieux, en attendant… Quoi ? L’oubli qui viendra et m’aspirera tout entière ? Je refuse d’y croire. Pourquoi le paradis n’a-t-il pas voulu de moi ? Est-ce que quelque chose me retient ? Quelqu’un plutôt. Ma mort me semble si injuste. Je demeure avec Kiro, continuant à partager sa vie, même s’il n’en sait rien. Ma volonté semble assez solide pour me donner les moyens de briser cette pâle frontière qui nous sépare lui et moi. Le concret s’avère plein, dur et immobile ; tout le contraire de moi. Pourtant, en me concentra nt, je peux sans doute me transcender. Mon corps est comme décalé, entre deux fréquences, deux réalités ; il est transparent, invisible et passe à travers ce qui l’entoure. Ma frustration n’enlève rien à ma détermination. En y réfléchissant, je saisis une ou verture. L’ésotérisme m’a toujours passionnée. Les nombreux livres que j’ai étudiés de vraient m’aider. Sachant que chaque objet possède une structure, il lui faut aussi une ombre. Autrement dit, puisque tout atome évolue, cela signifie qu’il change...
  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents