Against You
396 pages
Français

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Against You

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Description


Entre un passé torturé, un présent instable et un futur incertain, il est parfois difficile de se laisser aller au plus prompt des sentiments.


Et pourtant, un regard peut tout changer, un effleurement nous dévaster jusqu’à la plus petite particule composant notre organisme.


Quand Nirvana, aussi sombre que tumultueux, et Savanah, secrète et déterminée, se rencontrent, leurs armures se fissurent. Des sentiments interdits naissent.


Nirvana, pourra-t-il lutter contre ses démons ?


Savanah, saura-t-elle y échapper ?


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 31
EAN13 9782376523321
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Sabrina Vélia
Against You



ISBN : 978-2-37652-332-1
Titre de l'édition originale : Against You
Copyright © Butterfly Editions 2020

Couverture © - @kryss - istock- shutterstock
Tous droit réservés, y compris le droit de reproduction de ce livre ou de quelque citation que ce soit sous n'importe quelle forme.
Cet ouvrage est une fiction. Toute référence à des événements historiques, des personnes réelles ou des lieux réels cités n'ont d'autre existence que fictive. Tous les autres noms, personnages, lieux et événements sont le produit de l'imagination de l'auteur, et toute ressemblance avec des personnes, des événements ou des lieux existants ou ayant existé, ne peut être que fortuite.
ISBN : 978-2-37652-332-1
Dépôt Légal : novembre 2020
08122020-1127-VF
Internet : www.butterfly-editions.com
contact@butterfly-editions.com

Against You TITRE PLAYLIST D’INSPIRATION 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 ÉPILOGUE REMERCIEMENTS OÙ LA SUIVRE :
PLAYLIST D’INSPIRATION
“Come as you are” par Nirvana
“Lithium” par Nirvana
“You & me” par Disclosure feat. Eliza Doolittle
“Unintended” par Muse
“Madness” par Muse
“Undisclosed desires” par Muse
“Rise” par Katy Perry
“Angel” par Aerosmith
“You sexy thing” par Hot Chocolate
“Let’s get it on” par Marvin Gaye
“Creep” par Radiohead
“The night we met” par Lord Huron
“Nothing’s gonna hurt you baby” par Cigarettes After Sex
“Do I wanna know ?” par Arctic Monkeys
“Don’t cry” par Guns N’ Roses
“Highway to Hell” par AC/DC
“Are you gonna be my girl ?” par Jet
“Only love can hurt like this” par Paloma Faith
“Lost without you” par Freya Ridings
“In the arms of an angel” par Sarah McLachlan
“The number of the beast” par Iron Maiden
“Vampire sunrise” par Boy Epic
“Love” par Lana Del Rey
“All I want” par Kodaline
“Forever” par Lewis Capaldi
“I’ll be missing you” par Puff Daddy
À tous les rêveurs, rien n’est impossible.
À tous nos anges partis trop tôt, on ne vous oublie pas.
« L’amour est une triste histoire,
toujours fatale pour quelqu’un. »
François Hertel

Et pourtant…

« Tout l’univers obéit à l’Amour ;
Aimez, aimez, tout le reste n’est rien. »
Jean de la Fontaine
1
Nirvana

N’ayant pas grand-chose à faire aujourd’hui, nous sommes à l’extérieur et profitons de la chaleur californienne. Storm et Riddle astiquent leur Ducati. Kays est plongé dans son téléphone, sans doute en train de prévoir son prochain plan cul. Adossé au mur près de la porte d’entrée du club, je lézarde. Les dernières quarante-huit heures n’ont pas été de tout repos. Le rythme et les sensations fortes qui nous ont été imposés m’ont, comme à chaque fois, crevé.
Le ronflement d’une moto s’intensifie jusqu’à me faire sortir de ma léthargie. Ouvrant les paupières et fronçant légèrement les sourcils, je tourne mon visage vers la rue. Trente secondes plus tard, une superbe MV Agusta noire décorée de liserés blancs déboule sur le parking . Ce petit bijou peut monter à trois cents kilomètres-heure et atteindre les cent en moins de trois secondes. Nos Ducatis Desmosedici sont à peine plus puissantes. Les gars sont, tout comme moi, fixés sur le nouvel arrivant. En y regardant de plus près, l’inconnu en question porte une paire de seins. La vache ! Une nana sur cette bécane, elle n’a pas froid aux yeux. Kays siffle :
— Je m’occuperais bien de la machine et de la gonzesse qui la chevauche.
En effet, la demoiselle est plutôt bien roulée. Elle porte un pantalon qui la moule à la perfection, ainsi qu’une veste cintrée noire. Juste au-dessus de son sein gauche, une aile d’ange brodée dans son cuir attire mon regard. Le même dessin est apposé de chaque côté de son casque et, à l’arrière, on peut y lire « Angel Of Death ». Jusqu’ici le spectacle est des plus attirants. Voyons voir la suite. Elle fait demi-tour, se gare face à nous et seuls quelques mètres nous séparent.
Elle retire son casque et une cascade de boucles châtain caramel retombe sur ses épaules. Après son entrée fracassante sur le parking , je découvre son visage. Elle nous scrute, descend de sa MV et se dirige vers notre petit groupe. Vers moi ?
Les rayons du soleil font ressortir ses yeux jade. Je n’en ai jamais vu d’aussi magnifiques. Toujours adossé au mur, je ne bronche pas. Pourtant, intérieurement, j’ai l’impression qu’une tornade bouscule tous mes organes. La vache, Nir ! Il t’arrive quoi ? Aucune idée, mais celle-là, il me la faut !
— Bonjour.
Sa douce voix cristalline me fait frissonner. Reprends-toi, bordel !
— Salut.
— Je suis tombée sur votre annonce. La place est toujours disponible ?
Elle me regarde droit dans les yeux. Elle sait ce qu’elle veut et n’est en aucun cas troublée par la situation. Une proie au milieu de prédateurs. En tout cas, je ne vais pas m’opposer à son embauche. La voir se mouvoir sur scène contre les barres de pole dance en tenue légère sera certainement excitant. Je m’attarde une fraction de seconde sur les gars. Ils me font un clin d’œil.
— Toujours vacante. Je suis Nirvana. Vous avez le temps pour un entretien ?
Je me décolle du mur afin de lui tendre la main. Elle la saisit sans hésiter. Cette femme m’impressionne, et sa peau est d’une douceur diabolique. Tout en elle n’est que tentation et, personnellement, j’y céderais sans hésiter.
— Savanah, et, oui, j’ai un moment.
Savanah… J’ai à peine le temps de savourer ces quelques lettres que les gars s’approchent de nous.
— Voici Kays, Storm et Riddle. Mes associés.
— Enchantée.
Chacun d’eux serre ses petits doigts fins. Je vois bien sur leur visage qu’ils sont, tout comme moi, sous le charme. Au vu de leurs expressions, je peux aisément deviner qu’ils s’imaginent déjà se la faire comme n’importe quelle fille du club. Cette idée ne me plaît pas du tout. Surprenant : on se connaît depuis des années, avons fait les quatre cents coups ensemble, sans compter toutes les nanas qu’on a eues et partagées – ou pas, d’ailleurs. On pratique la baise sans sentiments et ça nous va parfaitement. Le plaisir sans les soucis. Mais elle… je viens juste de la rencontrer, et pourtant, tout ce qu’elle dégage me plaît. Son sourire, son assurance, son physique de rêve.
J’ouvre la porte. Storm entre, suivi de Riddle. Kays laisse passer Savanah en la reluquant comme un gros pervers. À cet instant, j’ai la sensation qu’une main invisible comprime mon cœur. Cela ne dure que quelques secondes et, instinctivement, ma paume claque sa nuque.
— T’es dingue, ou quoi ? me réprimande-t-il.
— Tiens-toi un peu. Ça ne fait pas cinq minutes qu’elle est là.
Ce con éclate de rire.
— Comme si je m’étais déjà tenu correctement dans ma vie.
Je serre la poignée, prends sur moi, puis entre. Nous restons dans la salle, le bar et la scène sont séparés par la piste de danse.
— Asseyez-vous.
Nous nous positionnons face à elle, sur nos sièges. Savanah se déleste de son casque, ses gants ainsi que son sac à dos. Elle dézippe sa veste et la sensualité de son geste me fait vibrer. Le cuir glisse le long de ses bras nus pour terminer sa course sur le dossier en bois. Une onde délicieuse me traverse et je me mords la lèvre pour la maîtriser. Son débardeur noir moule ses formes à la perfection.
— OK, attaquons.
Le sourire aux lèvres, Kays sort un calepin et Storm prend la parole.
— On va commencer par le début avec vos nom et prénom.
— Dark Savanah.
— Est-ce que vous avez de l’expérience dans le métier ?
— J’ai fait des extras par-ci par-là.
K toussote.
— Je peux ?
Storm acquiesce. Et voilà, il va jouer au con ! L’agacement me fait froncer les sourcils.
— OK, quel âge as-tu, ma jolie ?
— Vingt-cinq ans.
— Quelle est ta taille ? Ta pointure ?
— Un mètre soixante-dix, et je chausse du trente-huit-cinq.
— Tes mensurations ?
Savanah écarte les jambes, puis appuie ses coudes sur ses genoux. Elle est inclinée et on devine au début de son décolleté une poitrine ronde et ferme. Ma respiration s’accélère. Elle nous fixe toujours de son regard perçant et sûr d’elle. Un léger sourire au coin des lèvres, elle s’attarde sur Kays.
— Je vois qu’on se tutoie, ça devient intime. Tu comptes refaire ma garde-robe ou c’est un examen médical ? Quand est-ce que je me mets à poil ?
Sa remarque laisse le pervers bouche bée. Riddle étouffe un rire, Storm la regarde en souriant et, moi, je suis plutôt satisfait. Elle ne se démonte pas facilement.
— Je crois qu’il y a un malentendu, Messieurs. Je postule pour le poste de barmaid et pas pour montrer mon cul à tous les obsédés du coin.
— Désolé, ma jolie, mais ici, ce sont les hommes au bar et les femmes sur les barres, ricane Kays.
— Je vois. Ça sent l’hormone mâle à plein nez. Bon, Grincheux, Timide, Prof et Simplet, bonne continuation. J’ai d’autres chats à fouetter.
Elle se lève, attrape ses affaires et, sans ajouter un mot, quitte tranquillement le club. Son aplomb nous étonne. Généralement, les nanas deviennent timides et rougissent à notre contact. Nous ne sommes pas habitués à ce qu’elles nous résistent et, là, on vient de se prendre une gifle phénoménale. Enfin, surtout le dalleux.
— T’es vraiment trop con, K, annonce Storm. On aurait pu la prendre.
— Ah oui ! Dans toutes les positions et dans tous les recoins du club !
— Tu n’en loupes pas une, mon vieux, lâche Riddle en éclatant de rire. Elle était sexy et avec un sacré caractère, dommage.
Je reste silencieux. Elle est partie.
— Nir ?
— Je vais la chercher.
Sans attendre leurs commentaires, je me lève et cours vers la sortie. J’attrape mon casque au passage. Impossible de la laisser filer, c’est plus fort que moi. Elle bossera derrière ce bar, point final.
2
Savanah

Je sors du club, un léger sourire sur les lèvres. Quelle bande d’obsédés ! Ils pensent sans doute qu’avec leurs physiques d’Apollon et leurs airs de mauvais garçons, toutes les femmes sont à leurs pieds ? Erreur, Messieurs, ce n’est pas ma tasse de thé.
Le soleil m’éblouit. La chaleur caresse ma peau. Un temps superbe pour tracer sa route, libre, à pleine vitesse. J’enfourche ma moto, enfile ma veste ainsi que mon sac à dos. Bon, pour ce job , c’est loupé. Dommage, ça m’aurait changé les idées, sans compter sur le fait que ce Nirvana était plutôt agréable à regarder. Je l’ai remarqué dès mon arrivée sur ce parking . Grand, cheveux noirs, mâchoire carrée, bras musclés, mais pas à outrance. Un véritable fantasme sur pattes. Pourtant, ce qui m’a le plus attirée reste le bleu électrique de ses yeux. Il a un charme fou et sent le sexe à plein nez.
Je soupire, il est à tomber. Ça fait un bail qu’un homme ne m’a pas bousculée émotionnellement. Seul problème, vu notre entretien, il doit coucher avec toutes ses danseuses et ce n’est pas mon délire. Je m’apprête à mettre mon casque quand la porte du club s’ouvre. Elle claque contre le mur. Quand on parle du loup. Il se stoppe net en me voyant. Sur son visage, le stress fait place au soulagement.
— Attends, dit-il en s’approchant, déterminé. Si tu es toujours d’accord, tu as le poste de barmaid .
Tout en le fixant, je pose mon casque devant moi.
— Qu’est-ce qui vous a subitement fait changer d’avis ?
Ma question le surprend et, du bout des doigts, il ébouriffe ses cheveux. Mon cœur s’emballe. Dans le moindre de ses mouvements, il a un sex-appeal de dingue.
— Kays est vraiment con. Il nous faut absolument quelqu’un. Avec du caractère, c’est encore mieux.
Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que c’est une demi-vérité. Préférant partir afin d’éviter une perte de temps supplémentaire, je saisis les poignées de ma MV pour la reculer. Il pose sa main sur la mienne. Un frisson parcourt mon corps et la chair de poule m’envahit de la même façon qu’à notre premier contact. Légèrement troublée, je me soustrais à sa paume.
— Je t’en prie, juste un essai. Et si ça te tente… reste.
Il me regarde droit dans les yeux. Mon Dieu. Je pense qu’il ne fait pas seulement allusion au poste. Je gifle mes pensées. Ressaisis-toi, Savanah ! Ne lui facilite pas la tâche ! Souriant malicieusement tout en inclinant la tête sur le côté, je le scrute. La chaleur ambiante augmente de quelques degrés et, après une longue minute à le détailler, je replonge dans ses iris bleus.
— OK, pourquoi ne pas se laisser tenter, alors ?
Un sourire apparaît au coin de ses lèvres si alléchantes, et je lutte pour garder toute ma contenance.
— Est-ce que tu as un moment pour le contrat, et faire le tour des lieux ?
— Oui. J’ai toute la journée.
Je stationne ma moto avant de le suivre à l’intérieur. Les gars affichent une mine étonnée. Nirvana a-t-il pris cette décision seul ? Ou sont-ils tout simplement surpris que j’aie accepté de revenir ? Aucune idée. Nous nous installons autour d’une table où Storm me propose un verre que je refuse. Tout aussi grand et bien bâti que Nirvana, il est des plus charmants. Ses cheveux sont châtain foncé. Ses yeux gris, à la fois perçants et réconfortants. Il s’éclipse un instant, puis me tend un feuillet.
— Voilà le contrat.
Sous leurs œillades impatientes, je le vérifie avec minutie. Chaque paragraphe y passe, et je me délecte de leur empressement plus que palpable. Une fois satisfaite, je me redresse en souriant.
— OK, tout à l’air clean , cependant il y a encore une chose qui me tracasse.
Sans dire un mot, ils attendent la suite.
— Petite mise au point. Ce corps n’appartient qu’à moi. Ni mes patrons ni les clients de ce pub ne me tripoteront. Je ne montrerai mon cul à personne. Je ne baise pas et n’accorde aucune faveur sexuelle. À moins de l’avoir décidé moi-même, j’exulte. Pour la prochaine embauche, vous devriez penser à une clause supplémentaire.
Je crois qu’ils sont à deux doigts de s’étouffer avec leur propre salive. Surtout Riddle, le blondinet aux yeux noisette avec son bouc parfaitement dessiné. Kays sourit avec son air d’obsédé et son regard vert que sa peau métissée fait ressortir.
— J’aime les challenges, ma belle. C’est d’autant plus excitant, me lance ce dernier avec une pointe de désir non feinte.
Nirvana, visiblement crispé, lui jette un regard en coin. Le rigolo se met à rire et Storm lui donne une tape sur la nuque.
— Pas de soucis, je prends note pour ce nouvel alinéa. Désolé pour Simplet, c’est un vrai pervers. Au moins, il te plonge directement dans l’ambiance, alors tu sais à quoi t’attendre.
— Pas de problème, j’en ai vu d’autres et, comme on dit, l’espoir fait vivre, Kays.
Il m’envoie un baiser. Quel guignol ! J’en sourirais presque. Storm se lève, puis se dirige vers ce qui doit être les locaux privés avec, entre ses mains, le contrat signé.
— Je te fais faire le tour du proprio ? m’interpelle nerveusement Nirvana.
— Allons-y avant que quelqu’un fonde d’envie et perde la vue.
Je suis le grand brun à travers le club. La salle principale, les toilettes, l’arrière-scène, le bar, les issues de secours, les locaux privés… j’ai droit au topo complet. Pour finir, nous arrivons dans une pièce très spacieuse.
— C’est mon bureau, si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à te servir. Un coup de téléphone ou autre, termine-t-il presque dans un murmure.
L’ambiance est très masculine, néanmoins, tout est rangé au millimètre près et, comme lui, cet espace est une tentation, un appel au sexe. Mobilier en bois sombre, cuir noir, tons bordeaux. Il ne manque plus qu’un lit, enfin… la méridienne a dû être utilisée plus d’une fois ! Une grande vitre pourvue de stores donne sur la piste de danse en contrebas. Je fais le tour en m’attardant sur chaque détail. J’effleure du bout des doigts son secrétaire quand mon regard se pose sur une boîte de préservatifs ! Là, c’est clair, je me trouve en plein dans sa garçonnière. Au moins, il se protège. J’attrape une capote et le regarde droit dans les yeux.
— Tu permets ? Ça pourra toujours me servir.
Je la glisse dans ma poche arrière. Il passe une main dans ses cheveux. Décidément, je dois vraiment le mettre mal à l’aise, mais j’aime ça.
— Oui, en effet. C’est toujours utile d’en avoir sous la main.
Il y a de l’électricité dans l’air, il m’attire.
— Ton antre est bien décoré, je ne m’attendais pas à ça.
— C’est un peu comme ma deuxième maison. On passe pas mal de temps ici, alors, autant y être bien installé.
— Tu m’étonnes… Bon, je pense que les gars nous attendent, on devrait y aller.
Bien installé. Tu parles . Surtout de quoi se détendre en se tapant n’importe qui, n’importe quand. Je me contenterai de le reluquer, ce genre de bad boy n’est malheureusement pas fait pour se satisfaire d’une seule femme.
3
Nirvana

Elle a quitté le club depuis seulement trois heures, et ses yeux, son visage, ses courbes angéliques restent gravés sous mes paupières. Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Je ne peux pas me laisser aller de la sorte, les femmes n’ont jamais été ma faiblesse et ne le seront jamais. Je veux, je prends, je baise, point.
Il est clair que je la désire depuis la première seconde. Mais, c’est purement sexuel. Son petit caractère, sa répartie ainsi que sa résistance aux appels plus qu’explicites des hommes m’obsèdent. Ils m’incitent à faire céder le barrage qu’elle s’efforce de maintenir. C’est une sorte de défi pour moi et j’aime la compétition. Je la veux et je l’aurai.
Putain, quand elle a glissé cette capote dans sa poche, c’était le bordel dans mon froc. Tout ce que je souhaitais à cet instant : prendre son visage entre mes mains, effleurer sa peau du bout des doigts et la sauter sur mon bureau. Je voulais qu’elle hurle de plaisir sous mes coups de reins, mais tout ce que j’ai réussi à faire se résume à me passer la main dans les cheveux. J’ai l’impression d’être un ado ne sachant pas comment gérer sa queue. Je sais pourtant me contrôler, je sais maîtriser mes émotions, et ce, dans les situations les plus extrêmes. Alors, pourquoi pas avec elle ?
C’est décidé, Savanah, tu seras mon prochain divertissement, jusqu’à ce que je me lasse de toi.
La porte du club grince, je tourne la tête et vois mon meilleur pote en sortir. Je reprends ma position initiale. Paupières closes face aux derniers rayons de soleil, j’en savoure la chaleur. Storm s’installe près de moi. Après quelques minutes de silence, il entame la conversation.
— Pas mal, notre nouvelle barmaid .
Il me connaît mieux que n’importe qui et je sais que je vais y passer.
— En effet.
— Tu n’as rien à me dire ?
Impassible, je respire calmement avant de répondre.
— Que devrais-je te dire ? Que je me la taperais bien ?
— Entre autres.
— Eh bien, je compte effectivement finir entre ses cuisses, et apparemment, je ne suis pas le seul.
Un léger rire s’échappe de ses lèvres.
— Oui, tu n’es pas le seul, mais elle n’est pas comme toutes les femmes.
Son ton est plutôt sérieux, ce qui m’étonne étant donné qu’il riait deux secondes plus tôt. J’ouvre les yeux et regarde son profil, il scrute l’horizon. Par-delà notre parking s’étend une plage de sable fin où un coucher de soleil surplombe l’océan.
— Elle est spéciale.
À ses paroles, je me redresse, pose mes bras sur mes genoux et me perds à mon tour dans la contemplation de ce paysage dont je ne pourrai plus me passer. Oui, Savanah est différente, mais elle reste une femme. En d’autres termes, un trou est un trou. Je sais ce qu’il pense, que je suis tombé sous le charme. Que mon cœur, si noir soit-il, n’est peut-être pas perdu et peut battre à nouveau, pulser et oxygéner tout mon être pour une personne hors du commun. Pour une femme. Malheureusement, je ne peux pas me le permettre et ce n’est tout simplement pas ma vision de la vie. Je suis né seul, je me suis battu et j’ai survécu. L’amour est un sentiment qui ne peut pas faire partie de mon âme, je ne suis qu’une ombre, une faucheuse silencieuse. Je me contente des plaisirs que la vie m’offre sans laisser les sensations de bien-être qu’ils me procurent me consumer, sans perdre pied, sans failles. Voyant que je ne dis rien de plus, Storm soupire avant de se tourner vers moi.
— OK, je vais préparer le terrain pour ce que tu sais. C’est un gros contrat et il nous manque quelques données.
— Je te rejoins, laisse-moi cinq minutes.
Il se lève. Je me retrouve seul face à mes pensées.
***
J’entre dans le club plongé dans le silence, puis me dirige vers le bureau de Storm. Ils sont tous là.
— Alors, on flemmarde ?
— Un peu de repos, ça ne fait pas de mal, Rid.
Je m’affale sur l’un des fauteuils. Kays est concentré sur son PC tandis que les deux autres scrutent des plans avec attention.
— Pour dans trois semaines, ça ne devrait pas être compliqué. On planque tranquillement et, le moment venu, on abat la cible, commence mon meilleur ami.
Je me lève afin de rejoindre les gars autour du bureau.
— Nir, tu te positionneras ici. K sera dans cette ruelle avec son ordi. Rid et moi, on attendra plus loin pour faire diversion, si besoin. On ne sait jamais si tu es repéré.
Je fronce les sourcils en tournant la paperasse vers moi, puis détaille minutieusement le plan d’évacuation du bâtiment.
— Il n’y a qu’une issue ?
Storm me regarde, un sourire aux lèvres.
— Oui.
— Je serai à plus de cinquante mètres du sol ?
Son rictus s’élargit de plus belle.
— C’est bien ça.
Je me frotte le menton. Rien que d’y penser, l’adrénaline parcourt déjà mes veines.
— J’aime cette idée. Prépare-moi le matos qu’il faut.
— Il est déjà prêt, Veinard. Kays, le topo.
Le petit con tourne son écran vers nous, puis commence son speech avec, en gros plan, le portrait de la cible. Les prochaines heures, je le détaillerai, j’enregistrerai ses traits, mais surtout, je m’accrocherai à son regard. Les yeux sont le reflet de l’âme et ceux-ci ne feront pas exception à la règle. Ils ne me quitteront plus, jusqu’à la fin de mes jours. Cela ne m’empêchera pas pour autant de dormir, loin de là. Rien ne m’atteint ici-bas, car je sais que les portes de l’Enfer m’attendent après la traversée du couloir de la mort.
— Rachelle Swift, trente ans. Un joli petit lot si l'on oublie qu’elle est à la tête d’un important trafic de drogue sur la côte ouest. Une main de fer dans un gant de velours. La vache, je lui mettrais bien la fessée à cette brunette. Bref, le contrat nous rapportera deux cent mille dollars. Je vous ai sorti une fiche détaillée.
— Parfait, ça ira pour ce soir.
Storm s’empare des documents afin de les ranger dans son coffre tandis que Kays pianote à toute allure. Intrigué, mon meilleur ami l’interpelle. Le branleur affiche un sourire de vainqueur, et, avant de pivoter une nouvelle fois son PC vers nous, il lance fièrement :
— Mon prochain plan cul !
Putain ! Mon sang ne fait qu’un tour en découvrant le visage de Savanah.
— Mais qu’est-ce que t’es con ! Comment peux-tu être aussi doué en informatique avec autant de conneries accumulées dans ton cerveau ?
— La classe, Rid. En tout cas, elle est clean , RAS. En prime, elle aurait des talents pour la danse et le chant. Oh, je vais me faire une joie de tester sa souplesse ainsi que ses cordes vocales. Je m’y vois déjà.
Il mime des mouvements de va-et-vient avec son bassin et je lui mettrais bien une balle dans la tête. Riddle se marre, ce qui amplifie la tension dans mes muscles. L’imaginer sur elle, nue…
— Cassez-vous ! je hurle.
Les deux acolytes sortent, hilares. Je suis tendu comme jamais, je dois refouler tout ça. Storm me regarde, silencieux.
— Je vais faire un tour, je lâche en me précipitant vers la porte.
— Nir !
Dos à lui, je me stoppe à l’entrée. Ma main se crispe sur la poignée.
— Elle prend son poste dès demain. Ton calvaire ne fait que commencer.
4
Savanah

J’ai rencontré quatre êtres assez intéressants. Au-delà du fait que certains soient limites en rut, quelque chose de mystérieux flotte autour d’eux. Je ne sais pas quoi, mais, en général, ma faculté à décrypter les gens ne me trompe pas. Cependant, je ne me risquerais pas à en apprendre davantage, je ne veux pas m’attacher ni me brûler les ailes. De plus, j’ai décroché un boulot plutôt cool ainsi que bien rémunéré. Un job qui ne sera ni plus ni moins qu’un passe-temps, une distraction. De surcroît, je ne mélange jamais le travail et le plaisir, c’est la base. Pourtant, je dois bien avouer que Nirvana ne me facilite pas la tâche, car deux semaines se sont écoulées depuis mon embauche, deux semaines où il abuse de ses charmes. Bref, du mardi au jeudi soir, le club fait office de pub où les filles gesticulent sur les barres. Le vendredi et le samedi soir, il se transforme en dancing . Dimanche et lundi, repos. Une esquisse de sourire étire mes lèvres. C’est un divertissement, oui, je me divertis entre ces murs.
Un fracas se fait entendre dans la cage d’escalier. Je me redresse lentement, afin de pouvoir tendre l’oreille : des murmures, des pleurs, à nouveau un bruit sourd. Des sanglots de plus en plus puissants. Je me lève, puis enfile un pull. J’habite depuis peu un petit immeuble à Santa Monica. Le quartier est plutôt calme et je n’ai qu’un voisin de palier; enfin, une.
Je m’approche silencieusement de ma porte d’entrée, regarde par le judas et mon cœur se serre.
— Je t’en prie, Nick, non.
Tamy est en larmes, plaquée contre le mur, son mascara dégouline le long de ses joues blanchies par la peur. Un homme, que je sais être son ex, la comprime de tout son poids, grognant, baladant vicieusement ses mains sur le corps figé de cette pauvre fille, embrassant et léchant violemment son cou ainsi que son visage. Quel connard !
Cette jeune femme est sensible, timide et d’une douceur incroyable. Impossible de vouloir lui faire le moindre mal, c’est une sainte. Je dirais même plus un ange. Il est curieux et paradoxal que le dénommé Nick n’ait pas supporté qu’elle rompe quand on connaît le nombre de femmes avec qui il l’a trompée. Depuis, il la harcèle et sa nouvelle compagne, alcoolémie, n’est jamais très loin. Malheureusement, on se rend compte du trésor que l’on perd une fois que celui-ci nous a glissé entre les doigts. Les hommes…
Au moment d’ouvrir ma porte, ma respiration s’accélère. Un simple réflexe chez moi, il ne faut pas s’y méprendre, ce n’est ni de la panique ni de la peur, juste mon mode de fonctionnement. Je ne peux pas le laisser faire, bien que je n’exprime pas mes émotions et que la solitude me sied à merveille, je ne supporte pas l’injustice. Peut-être que cela me perdra un jour.
Tellement absorbé par son acte grotesque, Nick ne m’a pas entendue. La blondinette, les yeux exorbités, regarde dans ma direction et m’implore en silence de partir. Elle ne veut pas qu’il me fasse de mal et ferme ses paupières de toutes ses forces en tentant de le repousser. La bête grogne, puis avec l’intention malsaine de la gifler, lève son bras.
— À ta place, j’éviterais.
Il stoppe son mouvement. Tourne son visage vers moi. Sa victime tremble de plus belle.
— Nick, non, s’il te plaît. Laisse-la, je ferai ce que tu veux, implore Tamy dans une cascade de larmes.
L’intrus me dévisage, les yeux rouges de frustration, de colère et de quelques degrés d’alcool. Il brise la distance qui nous sépare, me saisit à la gorge afin de me plaquer contre le mur. Son faciès est à quelques millimètres du mien laissant son haleine fétide me piquer les narines. Il n’y est pas allé de main morte sur la bouteille. Ses doigts resserrent leur emprise, entrent dans ma peau. J’essaie de respirer calmement. Tamy, recroquevillée dans l’angle du couloir, panique complètement.
— Je vais y aller, mais la prochaine fois, n’interviens pas.
Il se recule, ses yeux noirs scrutent mon corps d’un air lubrique. De son autre main, il caresse ma cuisse et remonte jusqu’à emprisonner mon sein dans sa paume. Son geste me dégoûte, cependant, il n’attend qu’une provocation de ma part pour partir au quart de tour. Alors, le visage dur, je reste tranquille, sans le quitter des yeux.
— À plus tard, mes chéries.
Il me lâche sans ménagement avant de partir sans se retourner. Je porte la main à mon cou, puis le masse délicatement avant de m’avancer vers ma voisine pétrifiée, pour l’enlacer afin de la soutenir jusqu’à mon appartement. Une fois dans la salle de bain, je la démaquille et passe de la pommade sur ses hématomes naissants. Son regard gris perle est perdu dans le vague. Je ne dis rien, la laissant encaisser le choc jusqu’à ce qu’elle ouvre enfin la bouche.
— Je suis désolée.
— Tu n’as pas à l’être. Écoute… il va falloir aller au poste, ça ne peut plus durer.
— Je ne peux pas.
— OK, je capitule pour ne pas la brusquer. Je ne suis pas d’accord avec ton choix, mais si tu veux, tu peux rester là, cette nuit, ça ne me dérange pas.
Elle s’emmitoufle dans la couverture en me remerciant honteusement.
Seule, devant mon miroir, je regarde rageusement la marque des doigts de cet enfoiré assombrir ma peau. Ça ne durera plus longtemps, Tamy, je te le promets.
5
Nirvana
 
Dans moins d’une demi-heure, nous ouvrons le club. Les filles sont déjà dans les vestiaires et Tom est posté à l’entrée. 
Derrière le bar avec Rid, je nettoie les derniers verres avec nervosité. Elle devrait arriver d’une seconde à l’autre. J’y ai encore pensé toute la nuit. Ma décision est prise, j’ai envie de jouer avec elle, la pousser à bout, et la déstabiliser afin de finir en elle. Les commentaires de Kays à son propos me mettent en rogne, la compétition ainsi que le besoin de l’avoir avant lui m’enragent. Rien de plus. Storm peut me dire ce qu’il veut, j’ai juste envie de la baiser. Elle sera mon prochain plan cul. Une fois mon envie assouvie, je passerai à autre chose. K pourra même se la faire, puis s’en vanter, ça ne me fera plus rien.
La porte d’entrée claque, ce qui me sort de mes pensées. Savanah. Elle se dirige droit vers nous, contourne le bar et nous rejoint.
— Salut, Riddle.
— Salut, lâche mon pote en lui claquant une bise.
Un truc cloche. Au-delà du fait que même cet enfoiré au sourire à la con veut se la cogner, quelque chose ne va pas. ...

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