Amour à la Une
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Amour à la Une , livre ebook

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Description

Calixte Bradford, actrice connue suite à son passage dans une teen-série grâce à laquelle elle s’est mise en couple avec un autre acteur, voit son monde s’écrouler lorsque ce dernier la quitte. Les projets qu’elle faisait pour un avenir à deux s’envolent et même les producteurs semblent désormais lui tourner le dos. Pour sauver sa carrière, son agent décide d’employer les grands moyens. Quoi de mieux qu’un nouveau boyfriend à la page pour rebondir ? Ezechiel Grayson, homme d’affaires redoutable, a repris la société de son père et gère un magazine people dont la gloire passée ne suffit plus à faire vendre. Bien décidé à tout faire pour améliorer la situation, il voit dans cette proposition un moyen infaillible d’y parvenir. Entre mensonges, célébrités, paillettes, rumeurs et love story, Calixte et Ezechiel, deux êtres que tout oppose, se laisseront-ils prendre au jeu de cette histoire d’amour inventée de toutes pièces ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 78
EAN13 9782379601453
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Marine Conan
© Marine Conan et Livresque éditions pour la présente édition – 2020
© Thibault Benett, pour la couverture
© Jonathan Laroppe, pour la mise en page
© Mélodie Bevilacqua-Dubuis & Marine Gautier ,
pour la correction et le suivi éditorial

ISBN : 978-2-37960-145-3

Tous droits réservés pour tous pays
Conformément au Code de la Propriété Intellectuelle, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, et ce, par quelque moyen que ce soit, sans l’autorisation préalable de l’éditeur et de l’auteur.





Prologue
Calixte
—  Dis-moi que ce n’est pas vrai...
Je lance un regard implorant à Alastair, l’homme qui partage ma vie depuis cinq ans.
—  Ça ne peut pas être vrai, chuchoté-je comme pour m ’en convaincre moi-même.
Après avoir passé l’après-midi à faire les cent pas dans le sublime appartement de Beverly Hills où nous vivons depuis deux ans, je me suis décidée à prendre ma voiture pour filer, aussi vite que les embouteillages de Los Angeles me l’ont permis, à Hollywood. Alastair tourne en ce moment un film qui, selon lui, va changer sa vie et lui permettre d’accéder enfin au statut de star de cinéma qu’il espère tant. Même s’il n’a qu’un rôle secondaire, il se donne à fond et cela fait plusieurs mois que je me contente d’un fantôme en guise de petit ami. Je l’acceptais, car sa carrière compte pour lui et qu’il se bat pour essayer de briller dans le cinéma américain. Le soutenir était ma façon à moi de l’aider à atteindre son but. Mais ce stupide article qu’on m’a envoyé tout à l’heure a tout remis en question.
« Juillet 2019, L.A
Alastair Vega et Calixte Bradford   : la fin d’un couple phare ?
À plusieurs reprises, Alastair a été vu dans les rues de Los Angeles avec Serena Johnson, avec qui il tourne actuellement la nouvelle comédie romantique de Monica Noriega. La fiction aurait-elle pris le pas sur la réalité et donn é envie à ces deux-là de se parler d’amour ?
Rappelons que le jeune homme n’en serait pas à sa première fois   : il partage sa vie avec Calixte Bradford qu’il a rencontrée sur le tournage de la teen série à succès, Moonlight Bites ! À l’ époque, le couple phare de la série avait ravi ses fans en annonçant qu ’ils étaient ensemble [...] Pour l’instant, la jolie Calixte n’a pas réagi à ce rapprochement.
À suivre !
Article rédigé par J. Denver »
Des photos montrant mon petit ami avec une blonde, encore inconnue du grand public il y a an, accompagnent l’article.
Les phrases tournent en boucle dans ma tête depuis et les images d’Alastair, tout sourire, son bras passé autour des épaules de Serena, me donnent envie de gerber. Cela fait longtemps qu’il ne m’a pas regardée comme il semble la mater, elle .
Alastair laisse échapper un soupir et se détourne de moi. Lorsque j’ai débarqué comme une furie dans sa loge, mon téléphone à la main pour lui faire voir l’article, sa maquilleuse a pris la poudre d’escampette en lui rappelant qu’il tournait dans dix minutes.
—  Bébé, murmure-t-il pour me calmer. On peut en parler ce soir ? Je tourne une scène importante et...
—  Putain, c’est de notre couple qu’il s’agit ! le coupé-je. Ce n’est pas important pour toi ?
—  Bien sûr que si ! Mais ce n’est pas le bon moment.
Je secoue la tête, ulcérée par son comportement. Comment notre histoire a-t-elle pu devenir si insignifiante à ses yeux ? Il n’y a plus que lui qui compte. Sa carrière, ses prochains rôles, comment les médias le perçoivent... Il a changé ces derniers mois et soudain, je prends conscience que l’homme que j’ai devant moi n’a plus rien à voir avec celui que j’ai rencontré il y a sept ans.
—  Je veux juste savoir si ce putain d’article est vrai, Alastair ! Il se passe quelque chose entre vous ? le questionné-je.
Ma voix me paraît étrangère. À vrai dire, je n’ai même pas l’impression que ce moment est en train de se dérouler. Ce n’est pas possible. Alastair et moi étions tellement heureux avant. Comment a-t-on pu en arriver là ? Mes mains tremblent. Mon corps tout entier est pris de spasmes.
—  Je... On a peut-être flirté un peu, finit-il par avouer, comprenant enfin que je ne partirai pas d’ici sans avoir de réponses. Mais elle passe son temps à me draguer depuis qu’on a commencé le tournage.
—  Elle n’a même pas vingt ans, lâché-je. C’est une gamine et toi, tu te prends à son jeu.
C’est encore pire que ce que je croyais. J’ étais persuadée en venant ici qu ’il allait me rassurer. Leurs agents avaient peut-être fait ça dans le but d’assurer la promo du film. Tout le monde est conscient qu’une histoire d’amour entre deux acteurs fait grimper les chiffres... Alastair et moi sommes bien placés pour le savoir.
—  Calie, n’en fais pas tout un drame. Ça n’est arrivé qu’une fois parce que j’avais beaucoup trop bu, réplique le jeune homme. Ça ne compte pas pour moi.
—  Tu... Tu as couché avec elle ? bégayé-je.
—  Juste une fois, me répète-t-il comme si c’ était censé me calmer.
Ma gorge se serre. Je dois me retenir à la petite tablette de sa loge pour empêcher mes jambes de lâcher. C’est comme si mon corps n’était plus capable de me porter. Comment peut-il m’annoncer ça de cette manière ? Alastair est un jaloux. Si c’ était moi à sa place, il n ’aurait jamais supporté que je lui fasse ça. Mais lui semble presque s’attendre à ce que je me contente de ses mots et que je retourne chez nous.
Atterrée, je plonge mon regard dans le sien. Ses yeux clairs étaient ce qui m’avait attiré en premier chez lui. Aujourd’hui, l’indifférence que j’y lis me répugne.
—  C’est fini entre nous, me contenté-je de dire d’une voix sourde. Je te laisse vaquer à tes occupations maintenant. Nous avons perdu assez de temps.
Je tourne les talons, prête à me précipiter hors de sa loge, désireuse de fuir loin de lui. Son parfum viril, sa peau hâlée due à ses origines mexicaines, son corps que j ’ai si souvent caressé, sa bouche pleine, tout ce qui le fait lui... Je ne veux pas le regarder et avoir, ne serait-ce qu’une seconde, la faiblesse de me dire que je devrais rester avec lui.
—  Calixte, attends ! s’exclame-t-il en tentant de m’attraper le poignet.
Mais c’est trop tard. La porte s’ouvre, laissant apparaître la fameuse Serena, et j’en profite pour m’enfuir. La jeune femme est encore plus jolie qu’en photos. Du haut de ses dix-neuf ans, elle est déjà plantureuse, comme les hommes aiment, et dégage une assurance que je n’ai jamais réussi à avoir.
Les larmes commencent à couler le long de mes joues. Je n’ai pas la force de les contrôler. Faire semblant est impossible. Au diable les assistants de production et les autres personnes que je croise en sortant du studio, leurs yeux pleins de pitié ou de curiosité malsaine. Demain, un nouvel article viendra continuer la saga de mon histoire avec Alastair.
Le tout dernier...



Chapitre   1
Calixte
J’entame ma cinquième longueur. Heureusement que l’eau de la piscine est chauffée, sinon à cette saison, elle serait un peu trop fraîche à mon goût ! J’adore nager et depuis que j’ai emménagé dans cette jolie villa à Pacific Palissades il y a deux mois, je m’en donne à cœur joie.
Tous les matins, je m’accorde une heure dans l’eau. Qu’est-ce que ça fait du bien ! Ça m ’a permis d’annuler mes séances quotidiennes de yoga avec le coach que nous avions pris avec mon ex. L’entendre me parler de lui et de Serena – qu’il a en cliente depuis – m’agaçait et coupait tous les effets bénéfiques que cette discipline avait sur mon esprit nerveux. Maintenant, je fais de la boxe. Ça me permet d’ évacuer toute la rage que j ’ai en moi.
Sixième longueur. Je sens mes muscles qui commencent à chauffer. J’aime cette sensation et plutôt que de me stopper, j’attaque la septième. Dire qu’au début, au bout de deux allers-retours, j’ étais incapable de continuer ! Les progrès que j’ai faits en peu de temps m’encouragent à continuer sur cette lancée.
—  Salut, ma puce !
La voix familière de Nicky Woods, mon agent, interrompt mon entraînement. Tant mieux. Je ne suis pas sûre que continuer aurait été recommandé. J’ai un peu forcé ces derniers jours entre la boxe et la natation. Je me dépêche de nager vers elle et m’accoude au bord de la piscine. Nicky s’ écarte précipitamment, craignant sans doute d ’ être arrosée par quelques gouttes d ’eau. Vêtue d’une robe noire cintrée qui épouse sa silhouette pleine et perchée sur une paire d’escarpins hors de prix, elle n’a pas l’air dans son élément. Pour cause, cette presque quarantenaire préfère les buildings de Downtown L.A et le bruit incessant de la circulation à la quiétude de vivre de mon nouveau quartier.
—  Tu ne veux pas aller te sécher et enfiler quelque chose ? me demande-t-elle. Un petit-déjeuner va nous être livré...
Elle lance un coup d’ œil à son smartphone dernier cri et soupire.
—  Dans quinze minutes ! Tu habites au bout du monde, marmonne-t-elle en secouant la tête.
Un rire m’ échappe. Nicky n ’a pas son pareil pour se plaindre. Elle râle sans cesse, mais ça fait partie de son charme.
—  Je meurs de faim en plus, continue-t-elle en repoussant une mèche blonde derrière son oreille.
Ses longs cheveux, colorés par un des meilleurs coiffeurs de L.A, semblent briller de mille feux sous les rayons du soleil tout juste levé. Elle arbore comme toujours un teint de pêche et seules ses lèvres sont maquillées. Nicky a toujours l’air de sortir d’un magazine tant elle est jolie. Elle ne fait pas ses trente-neuf ans et de toute façon, elle ne les assume pas. La plupart des gens sont persuadés qu’elle en a trente-cinq !
—  Tu devrais pouvoir survivre en attendant les pancakes, répliqué-je avant de sortir de la piscine.
J’essore mes cheveux trempés, attrape la serviette qui traîne sur l’un des transats en bois et enserre ma taille avec. Je m’approche de Nicky pour la saluer, mais elle esquive en riant.
—  Désolée, mais le câlin attendra que tu sois sèche ! Je n’ai pas envie de salir cette robe, s’exclame-t-elle. Elle m’a coûté trois cents dollars.
—  Le shopping te tuera ! Laisse-moi dix minutes et je suis à toi.
Je file en direction de la villa et pénètre dans le salon par la baie vitrée qui fait la longueur de la pièce. J’aime cet endroit. Il me ressemble et je m’y sens déjà chez moi.
La maison n’est pas gigantesque, mais bien aménagée et surtout lumineuse avec le soleil qui éclaire la pièce chaque matin. Il n’y a rien de plus agréable, à mon sens. Le salon est chaleureux grâce au parquet clair et aux murs taupes. Il y a même une cheminée avec un foyer en pierres grises qui donne un côté encore plus convivial même si je ne suis pas certaine de m’en servir. Les hivers en Californie ne sont pas très froids !
Le plafond est assez bas, en bois blanc avec quelques poutres peintes en blanc aussi. Les meubles sont clairs ou en bois pour donner un côté apaisant à la pièce et un piano trône derrière le sofa. Ça a été dur de lui trouver une place, mais je tenais absolument à le ramener de mon ancienne vie. Je me suis promis de m’y remettre après ma rupture pour tenter de m’occuper l’esprit et c’est désormais chose faite.
Je quitte le salon et traverse le couloir qui mène aux autres pièces   : une suite parentale avec salle de bains, et trois autres pièces, dont une, accolée à la chambre, qui me sert de dressing. Rien de fou comparé à certaines villas qui m’ont été présentées par les agents immobiliers, mais ça me suffit. Avoir une immense maison lorsqu’on est seule, à quoi bon ? La solitude ne paraît que plus grande... L’espace que j’ai est bien assez satisfaisant !
Une fois dans la salle de bains, je me rince sous la douche pour enlever le chlore de ma peau. Après m’ être séchée, j ’enfile un short en jean et un tee-shirt ample puis noue mes cheveux en une tresse désordonnée. Lorsque je retourne dans le salon, Nicky est installée dans le canapé, pianotant sur son téléphone de ses doigts parfaitement manucurés.
—  Me voil à !
Je pose mes mains sur ses épaules et elle se retourne avec un grand sourire. Elle me désigne la grande table en verre côté salle à manger sur laquelle trône un plateau rempli de bonnes choses.
—  Le petit-déjeuner est servi. Viens vite !
Elle se lève et s’assoit à table avant d’attraper un donut recouvert d’un glaçage rose. Je prends place à ses côtés et me sers un pancake que je recouvre de sirop d’ érable. Deux cafés amé ricano sont posés devant nous et je grimace en m’emparant de mon gobelet.
—  Tu sais que je préfère le latte au caramel, grogné-je en buvant une gorgée du breuvage insipide.
—  On ne peut pas boire un truc aussi sucré avec de tels gâteaux ! Ça tombe direct sur tes hanches sinon, rétorque Nicky en croquant dans sa pâtisserie. Tu ne veux pas finir comme moi !
Je ris devant sa mine déconfite et secoue la tête. Elle a beau avoir quelques formes, ça ne la rend que plus belle. Puis son dynamisme et son côté pétillant augmentent son côté solaire.
—  Arrête, tu es sublime ! Tout le monde te drague sans arrêt.
Je n’exagère même pas. Que ça soit au restaurant, dans un bar, dans un événement professionnel ou une simple balade à la plage, Nicky ne laisse personne indiff é rent. Elle attire les regards. Mais elle est mariée depuis presque vingt ans et elle n’a jamais trompé son mari. Pourtant, j’ai cru comprendre qu’elle n’ était pas très heureuse même si elle change de sujet à chaque fois que j ’ai essayé de lui en parler.
—  On te draguerait toi, si tu daignais sortir au lieu de t’enfermer ici ! Ça fait combien de temps que tu n’es pas allée à une soirée ? me demande-t-elle.
J’enfourne une énorme bouchée de pancake dans ma bouche pour éviter de répondre. Ces dernières semaines, Nicky me supplie de reprendre ma vie en main. Il faut dire que depuis ma rupture avec Alastair, je n’ai plus goût à rien. En même temps, cela ne fait que trois mois que nous ne sommes plus ensemble. Trois petits mois après plus de cinq ans d’amour fou. Douze semaines pendant lesquelles je n’ai pas pu m’empêcher de le traquer sur les réseaux sociaux, à espionner ses publications et ses nombreuses storys avec Serena. Quelques jours seulement après notre dernière discussion, il affichait déjà sa nouvelle relation, se moquant de me blesser plus qu’il ne l’avait déjà fait...
—  Je n’ai pas envie de sortir, marmonné-je. Puis, j’ai plein de choses à finir dans la villa. Je veux que tout soit parfait.
—  Tu te caches ici, Calixte. Tout ça, c’est des prétextes à deux balles, car tu as peur d’affronter la réalité.
Je soupire. Elle n’a pas tort, je le sais, même si je ne veux pas l ’admettre. Retourner dans les restaurants, les bars et les endroits que j’avais l’habitude de fréquenter, c’est prendre le risque de croiser Alastair ou de faire face aux regards pleins de pitié des gens. Tout le monde est au courant qu’il m’a quittée pour une petite minette d’ à peine vingt ans !
Quand je me projetais dans les années à venir, Alastair était là. Il était mon mari, le père de mes enfants, mon compagnon de route. Je ne voyais personne d’autre que lui à mes côtés. Mais lui avait envie d’autre chose apparemment. Notre relation ne lui suffisait plus. Je ne lui suffisais plus alors qu’il représentait tout pour moi.
—  Ne pleure pas, Calie.
Nicky s’est rapprochée de moi et son doigt chasse quelques larmes que je n’avais même pas senties couler.
—  Alastair est un crétin fini, mais la vie ne s’arrête pas là ! m’assure-t-elle. Tu verras, le meilleur t’attend. Et d’ailleurs, il est temps qu’on parle de ta carrière...
Même si elle est devenue au fil des années une amie très proche, Nicky reste mon agent avant tout. J’ai tendance à l’oublier parfois tant elle a fait pour moi depuis ma rupture. Je ne saurais dire le nombre de nuits qu’elle a passé assise, ma tête sur ses genoux, à me caresser les cheveux jusqu’ à ce que les sanglots se calment et que je m ’endorme.
—  Ma carrière ?
—  Oui, ta carrière, ma chérie. N’oublie pas que tu es une actrice talentueuse. Pour le rester, il faut te montrer et surtout accepter quelques scénarios, me dit-elle d’une voix douce. Tu n’as rien voulu lire depuis...
—  Depuis que je l’ai quitté, terminé-je pour elle.
Elle hoche la tête et m’adresse un sourire contrit.
—  Ce métier, tu le connais. Tu sais qu’on peut vite grimper, mais la chute est tout aussi rapide. Les demandes pour t’avoir dans un film sont moins nombreuses depuis quelques semaines. Si tu ne remontes pas en selle, tu risques de tout perdre.
J’accuse le choc. Pendant quelques secondes, je suis incapable de réagir. Bien sûr, je connais mon boulot et je sais que c’est difficile de rester au sommet. Mais j’avais la certitude d’ être assez implantée pour ne pas être oubliée aussi vite... Est-ce que le monde entier va me préférer Serena Johnson ? D’ici quelques mois, j’aurai trente ans. Suis-je trop vieille ? Ai-je raté quelque chose ?
—  Chérie, chérie ! Ne panique pas, s’exclame Nicky devant mon visage dévasté. Je ne veux pas te mettre la pression. C’est juste qu’il faut que tu commences à t’y replonger.
—  Je... Je vais le faire oui, assuré-je. Je vais le faire.
Hors de question de tout perdre à cause d’Alastair. Il a déjà gâché assez de choses pour que je le laisse me prendre ça aussi. Mon métier, c’est ma vie. Je me suis battue pour en arriver là !



Chapitre   2
Calixte
—  Amelia ! Je suis là !
J’interpelle la jolie jeune femme rousse qui vient de rentrer. Elle est vêtue d’une robe jaune fluide assez courte qui sublime sa silhouette longiligne et de baskets. Comme d’habitude, elle a une classe folle. Peu importe ce qu’elle met, Amelia a toujours l’air élégante !
Elle me cherche du regard dans le petit bar que j’ai découvert il y a quelques jours avec Nicky, à seulement quelques miles de Pacific Palissades. C’ était ma première sortie depuis longtemps et j ’ai adoré l’endroit. Les pieds dans l’eau et un cadre convivial, pas de musique trop forte ou de lumière agressive. Du bois, des plantes, des décorations sobres et des tables qui permettent de se sentir un peu éloignés du reste du monde. Le genre de trucs qu’on ne trouve pas à L.A ! Le patron a ouvert il y a quelques années après avoir hérité d’une somme d’argent conséquente lui permettant de réaliser ce rêve qu’il avait.
Quand elle m’aperçoit, un sourire se dessine sur son visage à la peau de porcelaine. Ses grands yeux bleus pétillent de joie lorsqu’elle croise mon regard.
—  Salut, ma belle, j’espère que je ne t’ai pas fait trop attendre ! J’ai bien cru que je ne sortirais jamais de ces foutus embouteillages. Parfois, je déteste L.A., mais où vivre sinon ici ?
J’ éclate de rire devant le moulin à paroles qu ’est la jeune femme. Amelia a toujours été bavarde. Cela fait cinq ans que je la connais et elle est vite devenue ma meilleure amie. La sœur que je n’ai jamais eue. Nous nous sommes rencontrées sur le tournage de Moonlight Bites lors de la troisième saison. Elle jouait une méchante sorcière désireuse de détruire les loups-garous et autres espèces fantastiques et qui a fini tuée par un lycanthrope, celui joué par Alastair en l’occurrence.
—  Tu n’es heureuse qu’ à L.A . ! Rappelle-toi lorsque tu es partie vivre avec ce rockeur à Miami ! me moqué-je gentiment.
—  Je suis revenue parce que cet abruti n’ était pas capable de la garder dans son pantalon ! souffle Amelia en haussant les épaules. Mais c’est vrai que Miami est une ville horrible.
Elle a une fâcheuse tendance à rencontrer des hommes qui ne lui conviennent pas. Entre ceux déjà pris, ceux qui ne restent pas ou ceux qui l’aiment mal, elle n’est pas gâtée. Dire qu’avec mon ex, je pensais être bien tombée… Finalement, nous sommes dans la même situation elle et moi. Deux jeunes femmes dont le cœur a été brisé et qui ne demandent pourtant qu’à être aimées pour ce qu’elles sont. La serveuse débarque à notre table et nous commandons deux verres de vin avec une assiette de tapas pour deux.
—  Comment tu vas ? me demande-t-elle dès que la serveuse s’ éloigne.
Son regard clair se pose sur moi et j’y lis une légère inquiétude. C’est vrai que depuis ma rupture, je me suis renfermée sur moi-même comme une tortue qui trouve refuge sous sa carapace. Amelia a pourtant tout fait pour me changer les idées, m’assurant que sortir à outrance et m’amuser allait me permettre de guérir. Mais je n’avais pas envie de ça. Peut-être qu’il est temps que je m’y mette. Nicky a raison, la vie ne s’arrête pas après Alastair.
—  Mieux.
Devant la mine dubitative de mon amie, je lui souris et hoche la tête pour la convaincre.
—  Je vais beaucoup mieux, je te le promets ! assuré-je. Regarde, c’est moi qui t’ai proposé de sortir ce soir et j’ai fait l’effort de quitter mon vieux short en jean !
Je me lève pour faire tournoyer la longue jupe rouge que je porte. J’ai même enfilé mon tee-shirt en soie noire que j’adore et qui me donne tout de suite une allure folle. Après plusieurs mois à errer dans ma villa sans maquillage, j’ai sorti le grand jeu pour l’occasion   : mascara et crayon noir qui me dessinent des yeux de biche et du rouge aux lèvres. Je redeviens celle que j ’ étais. Celle que j ’avais perdue dans les morceaux de mon cœur brisé.
—  C’est vrai que ça fait une éternité qu’on n’a pas fait ça, toi et moi, murmure la jeune femme. Un bar, une soirée entre filles, du shopping... Ma meilleure amie m’a manqué !
—  Je suis désolée... J’ai été en dessous de tout. J’aurais dû m’appuyer davantage sur toi plutôt que de m’isoler comme je l’ai fait.
Amelia approuve et pose sa main sur la mienne. Ce qui est bien entre nous, c’est que nous sommes capables de tout nous dire et surtout d’aller de l’avant. Nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout. Nous avons eu, en cinq ans, des disputes mémorables, mais jamais nous n’avons pu nous résoudre à perdre cette amitié devenue indispensable à nos yeux. Je sais qu’elle me pardonnera d’avoir été si peu présente ces trois derniers mois. Je ferai tout pour en tout cas !
—  Quel a été le déclic ? m’interroge la jeune femme avec curiosité.
—  Nicky ! Elle m’a fait comprendre que si je continuais comme ça, ma carrière risquait d’ être foutue, ma vie aussi, raconté-je. Elle a moins de propositions de rôles depuis que je me terre à la villa. Je dois faire mon retour à la lumière.
—  Elle a raison ! s’ écrie Amelia. Nous ne sommes que des étoiles filantes dans ce monde. Tout peut s ’arrêter si vite.
Elle sait de quoi elle parle. Cantonnée à des rôles assez similaires dans des teen séries , Amelia a décidé de renoncer à être actrice. Maintenant, elle écrit des pièces de théâtre et elle rencontre son petit succès. Elle m’a promis qu’un jour, elle écrirait un scénario pour moi et la connaissant, je sais qu’elle le fera. Elle est douée.
—  Tu trouveras vite quelque chose, j’en suis s û re ! ajoute-t-elle. Tu es Calixte Bradford, une battante et on ne parlera bientôt plus que de toi.
Ses paroles me font du bien. C’est ce que j’avais besoin d’entendre. Elle a toujours les mots pour me rassurer.
—  Merci, ma belle ! Mais assez parlé de moi, je dois avoir manqué trop de choses dans ta vie ! Tu dois absolument me raconter tout ça.
La jeune femme rit et acquiesce. La connaissant, il a dû se passer plein de trucs !
La serveuse dépose nos verres et l’assiette de tapas sur la table avant de s’ éclipser. Je m ’empare de mon gobelet et le lève en souriant.
—  À nous et aux nouveaux départs ! m’ écrié-je.
Je me surprends à éprouver, pour la première fois depuis longtemps, une joie insouciante et légère. Qu’est-ce que ça fait du bien ! Nicky a eu raison de me foutre un coup de pied au cul. J’en avais besoin ! Je vais pouvoir reprendre ma vie en main et aller de l’avant.
—  Et à l’amour qui doit nous attendre quelque part ! renchérit ma meilleure amie en faisant cogner son verre contre le mien.
Je bois une gorgée en savourant la douceur du breuvage. Ce vin rouge californien que j’ai découvert ici est un régal. Je grignote un morceau de tortilla avant de poser de nouveau mon regard sur Amelia.
—  Alors ? Dis-moi tout.
—  J’ai rencontré un homme, commence-t-elle.
Je tape dans mes mains, enthousiaste, mais elle m’interrompt d’un signe de main.
—  Laisse-moi finir avant de te réjouir ! exige-t-elle en riant. Il tient un bar très sympa à Downtown dans lequel j’avais mes habitudes depuis quelque temps. Il y a deux semaines, il me laisse un petit mot avec son numéro. Après quelques hésitations, je me suis décidée à lui envoyer un message le lendemain. On a pas mal discuté pendant une semaine et il a fini par m’inviter à prendre un verre.
—  Ça commence plutôt bien, remarqué-je lorsqu ’elle marque une pause pour boire une gorgée de vin.
—  Oui, ça commençait bien ! La soirée s’est passée comme dans un rêve. Le mec est canon, intelligent, il a de la discussion et il me bouffait du regard comme pas possible, me raconte la jeune femme. À la fin, on a marché dans les rues, il m’a pris la main et m’a entraînée dans une impasse pour me voler un baiser. J’ai presque eu l’impression de me retrouver dans un film, tu vois ?
—  Hum, hum, opiné-je, pressée de connaître la suite.
—  Il m’a ramenée, m’a encore embrass é e et s’en est allé en me disant qu’il espérait me revoir vite. Et depuis, il ne répond plus à mes messages..., termine-t-elle d’une voix dépitée. On a échangé deux trois banalités, mais rien de plus. Et lorsque je lui ai dit qu’on pourrait peut-être boire un verre cette semaine, le néant. Je ne comprendrai jamais les mecs ! Ce n’est pas comme si on avait couché ensemble et qu’il avait eu ce qu’il voulait !
Je grimace et hoche la tête. Effectivement, c’est incompréhensible. Encore un phénomène... Dire qu’on clame que les filles sont difficiles à cerner ! Et les mecs alors ?
—  Ne te prends pas la tête, Lia, lui conseillé-je. Il n’en vaut pas la peine. S’il avait envie de te revoir, il aurait tout fait pour. Les mecs qui te laissent sans réponse comme ça, c’est les pires. Tu as l’impression que tu as fait quelque chose de mal alors qu’ils sont juste cons.
—  Ouais, je sais, marmonne-t-elle. Mais pour une fois, j’avais l’impression d’ être tombé e sur un chouette type. Il me plaisait beaucoup. Tu sais bien que ça n’arrive pas souvent.
—  Il y en aura d’autres qui te feront craquer ! Allez, ce soir, on oublie les mecs et les peines de cœur, d’accord ? lui proposé-je. On ne pense qu’ à nous et on va danser dès que l’alcool nous aura mis dans l’ambiance !
—  Ça me paraît être le plan idéal pour une soirée filles ça ! s’exclame Amelia en retrouvant son sourire. Tu ne pouvais pas me faire plus plaisir !
On en a besoin toutes les deux. Malgré sa bonne humeur apparente et ses rires, je sens qu’elle n’est pas au top de sa forme. À force, je la connais par cœur. Elle approche la trentaine, comme moi, et être seule lui pèse. Elle se demande ce qui cloche chez elle à chaque échec. Pourtant, elle est géniale. Et je ne dis pas ça parce que c’est ma meilleure amie ! Son intelligence, sa beauté particulière et son humour en font quelqu’un d’extraordinaire. J’espère qu’un jour un homme le découvrira et fera tout pour la garder à ses côtés ! Elle mérite d’ être heureuse.
—  Ça va être une soirée de folie ! renchéris-je en finissant mon verre de vin.



Chapitre   3
Calixte
—  J’ai beaucoup trop bu, me hurle Amelia dans l’oreille.
Elle s’accroche à ma taille pour ne pas tomber et je la retiens de justesse pour l’aider à retrouver son équilibre. Ça doit faire deux heures qu’on est dans cette boîte de nuit dans laquelle elle m’a traînée en me certifiant que c’est la plus sympa de son quartier. Et plus d’une trentaine de minutes à s ’agiter sur la piste de danse, collées l’une à l’autre, les verres de martini s’enchaînant bien trop vite. Bien entendu, des hommes nous ont rejoints au bout de quelques minutes sur la piste, même si nous avons passé notre temps à les repousser. Nous avions envie de nous amuser entre nous. Ça fait trop longtemps qu’on n’avait pas eu une soirée comme ça.
—  Tu veux qu’on aille s’asseoir un peu ? lui proposé-je en l’ éloignant de la foule.
—  Non ! Je veux danser encore !
Elle s’ échappe de mon étreinte et retourne sur la piste. Elle se remet à se trémousser sans faire attention aux regards braqués sur elle. Moi, j ’ai besoin de faire une pause. Je retourne à la table à laquelle nous nous sommes installées en arrivant et me laisse choir sur la banquette. J’ ôte mes chaussures et pose mes pieds sur la chaise en face. Qu ’est-ce que ça fait du bien !
Je fais signe au serveur de me ramener la même chose et quelques minutes plus tard, un martini apparaît sur la table. Tout en sirotant mon verre, j’observe Amelia qui danse. Elle m’a trouvé une remplaçante et ça me rassure. Je n’avais pas envie de la laisser seule face à tous ces mecs qui n’attendent qu’une chose   : la peloter sur la piste ou la ramener chez eux.
Je profite de ce moment de calme pour sortir mon téléphone de ma pochette. J’ai quelques messages de Nicky qui s’enthousiasme à la vue de ma story Instagram et pas mal de notifications d’inconnus s’abonnant à mon compte. Mon quotidien. Je repose mon mobile et laisse échapper un soupir. Même si j’avais très envie de sortir, cette soirée me para î t désormais un peu longue.
C’ était peut-être un peu trop ambitieux pour un retour à la vie normale. Je rêve de retrouver mon salon accueillant et de me blottir sous un plaid devant une série. La musique me donne l ’impression qu’un marteau martyrise mes tempes et l’alcool que j’ai ingurgité ne suffit même plus à me rendre joyeuse. Tout est en train de retomber comme un soufflé   : ma bonne humeur de tout à l’heure, cette impression que plus rien ne pouvait m’atteindre et le sentiment que ma douleur était enfin en train de quitter le nid qu’elle a creusé au fond de mon cœur... Mais ce n’ était qu ’une vague illusion que les martinis ont accentuée...
Une nouvelle photo postée par Alastair montre la belle Serena Johnson en train de poser au bord de l’eau et je sens mon cœur se serrer. Il a l’air d’ être fou amoureux d’elle. Dire qu’au début, je pensais que ce n’ était qu ’une passade. Peut-être qu’une partie de moi a espéré son retour. Qu’est-ce que je peux être pitoyable ! Je fourre mon téléphone dans la pochette et termine mon verre d’une traite. J’ai besoin de retrouver l’insouciance que je ressentais tout à l’heure.
Ça ira mieux après une certaine dose d’alcool et je profiterai de nouveau de la soirée ! J’adresse un regard entendu au serveur qui ne tarde pas à me servir de nouveau. Je passe le gobelet sur mes joues brûlantes  : l e froid me fait un bien fou. Il fait trop chaud ici ! Je n’ai qu’une envie   : me retrouver sur la plage et profiter de la brise fraîche. Mais je suis loin de mon quartier. Impossible de m’ éclipser comme ça !
Lorsque mon regard se perd de nouveau sur les danseurs, je ne trouve pas Amelia. J’ai beau parcourir la piste d’un point à un autre, la rouquine a disparu. Elle est pourtant inratable avec sa chevelure de feu et sa robe jaune. Merde. Se pourrait-il qu’un de ces mecs acharnés ait réussi à la convaincre de le suivre ?
J’attrape de nouveau mon téléphone et lui envoie un SMS pour savoir si tout va bien. Il ne faut que quelques minutes pour que sa réponse me parvienne   :
Suis partie. Gros crush
incroyable. Je te raconte
demain. Xxx
Je lève les yeux au ciel. Amelia est incroyable ! Je me rappelle désormais pourquoi j’avais fini par refuser de sortir en boîte avec elle. À chaque fois, elle me fait le coup et je me retrouve seule. Moi qui rêvais d’une soirée entre filles où nous aurions fini la nuit dans mon lit devant une comédie romantique stupide, c’est loupé !
Je n’ai plus qu’ à quitter les lieux et regagner ma villa. Au moins, je ne suis pas obligée de rester ici en attendant qu ’elle veuille rentrer ! Après avoir terminé mon martini et remis mes chaussures, je file au bar pour régler la note – merci, Amelia ! – et traverse la piste de danse pour gagner la sortie. Ma démarche est hésitante. Les derniers verres avalés bien trop vite n’aident pas.
Une main se pose sur mon épaule, me faisant sursauter, et je me retourne brusquement. Un homme se tient tout près de moi   : un fin sourire est dessiné sur son visage mangé par une barbe de quelques jours. Quelques ridules encadrent son regard sombre.
—  Je ne veux pas danser, merci ! grogné-je pour devancer son éventuelle invitation.
Je ne suis plus d’humeur à m’amuser et encore moins à flirter avec un inconnu. Le sourire de l’homme s’agrandit et il secoue la tête, sa main toujours fermement posée sur mon épaule.
—  Je n’avais pas envie de danser avec vous, se contente-t-il de dire. Juste savoir si vous aviez besoin d’aide. Vous tenez à peine debout et vous n’avez pas l’air au mieux de votre forme.
Honteuse, je baisse la tête. Merde, j’aurais mieux fait de me taire pour une fois. D’autant plus qu’il a raison  : j ’ai chaud, bien trop chaud, mais je frissonne. Ça n’a aucun sens.
—  Je... Je... Ça devrait aller, merci, balbutié-je en haussant les épaules.
Je tente de me dégager, désireuse de sortir de cet endroit au plus vite. Mes jambes flageolent et je manque de m’ étaler par terre. Ce sont les mains de l ’inconnu s’agrippant à m a taille qui m’empêchent de finir au sol. Il me redresse et mon corps se retrouve presque collé au sien. Mes yeux s’accrochent aux siens et j’humecte mes lèvres. Je meurs de soif.
—  Je vais vous appeler un taxi, déclare-t-il d’un ton sans appel. Je ne vais pas vous laisser sortir comme ça. N’importe qui pourrait s’en prendre à vous.
—  Vous le premier peut-être, répliqué-je avec mauvaise foi.
Car c’est vrai qu’il ne semble pas vouloir profiter de la situation. Au contraire, il paraît plutôt embêté de devoir s’encombrer d’une fille trop bourrée, mais il ne veut pas se donner mauvaise conscience en m’abandonnant dans un coin de la boîte.
—  En fait, je veux bien que vous m’aidiez, ajouté-je d’une voix plus douce. Je me sens mal.
—  OK, tenez-vous à moi, m’ordonne-t-il. On va sortir de là. La fraîcheur de la ...

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