Burning Love - Saison 1
140 pages
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Description

Découvrez Burning Love d'Ania Lie, gagnante du prix Kobo / Diamant Noir 2017 !

Amour de jeunesse, sensualité, danger... Plongez au coeur de l'univers de Burning Love !
CE TITRE EST AUSSI DISPONIBLE EN VERSION SWEETNESS (SOFT ;))

Et si le hasard n'existait pas ?
Ça y est, le grand jour arrive à grands pas ! Ophélie, grande brune dynamique, va enfin ouvrir son bar, le Kiss of the Night, qui, elle l'espère, deviendra bientôt le nouveau lieu incontournable pour les fêtards de la ville.
Mais à quelques jours de l'inauguration, Ophélie se fait agresser. Dès son réveil à l'hôpital, elle est obsédée par les yeux verts de celui qui l'a attaquée, qui lui rappellent étrangement ceux de son premier amour. Pourtant, il est impossible qu'il s'agisse de la même personne, Ophélie le sait bien.
Un malheur n'arrivant jamais seul, elle se rend rapidement compte que le symbole inscrit sur le couteau de son agresseur est celui du gang qui règne sur la ville. Malgré la menace qui plane sur elle, Ophélie, bien connue pour sa répartie sans égal, ne se laissera pas faire.
Elle qui a appris à ne jamais faire confiance n'était sans doute pas prête à voir son passé resurgir. Alors, fera-t-elle les bons choix ?
Entre passion et danger, plongez sans plus attendre dans Burning Love.

Saison 1/2.

À propos de l'auteure :
Ania Lie a grandi au sein d'une communauté multiculturelle qui lui a permis développer une passion pour l'art en général. Attirée par l'écriture depuis toujours, elle a attendu l'âge adulte pour s'y consacrer pleinement. Burning Love est son premier roman.

À propos de l'éditeur :
Nisha Editions est une maison d'édition spécialisée dans la romance française.
Venez découvrir notre page Facebook pour suivre les actualités de Nisha Editions.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 25 janvier 2018
Nombre de lectures 45
EAN13 9782374136486
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0200€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Ania Lie
 
 
 
Burning Love
Saison 1
 
 
 

 
Nisha Editions
Copyright couverture : Viorel Sima
ISBN 978-2-37413-648-6

Have fun !
 

@NishaÉditions

Nisha Éditions

Nisha Éditions & Ania Lie

Nisha Éditions

www.nishaeditions.com
 


SOMMAIRE
 
 
 
Page de présentation

 
1 – Je vais te limer les griffes

 
2 – C’est ça, prends-moi pour un con !

 
3 – Le molosse

 
4 – Mon petit Monde

 
5 – Notre Truc

 
6 – La famille que je n’ai jamais eue

 
7 – Des pimbêches assoiffées de pouvoir **

 
8 – Le colosse de Rhodes

 
9 – Un poisson hors de l’eau

 
10 – Un coup de chaud

 
11 – Une écrevisse sans bite

 
12 – Beaucoup trop de mystère

 
13 – Invicta *

 
14 – Yeux couleur océan ! **

 
15 – Vaincre le mal par le mâle

 
16 – On ne vit qu’une fois !

 
17 – Les enfers se sont enfin ouverts

 
18 – Trop d’émotions, pour le coup !

 
19 – « Sacrée bonne femme »

 
20 – N’est pas Catwoman qui peut !

 
21 – C’est moi la patronne

 
22 – Le piège se referme **

 
23 – Monsieur Simplement

 
24 – Seule dans le noir !

 
25 – Je succombe autant que je souhaite fuir !

 
26 – On est ta famille !

 
27 – Monsieur Exaspérant

 
28 – C’est dangereux

 
29 – La petite chatte

 
Extraits



Je vais te limer les griffes
 
 
 
Je pousse la porte et me retrouve enfin à l’air libre. Cette soirée était géniale, mais cette semaine de formation du nouveau staff m’a éreintée. L’ouverture du Kiss of the Night est dans un mois. Ce bar, c’est mon bébé. Je rêve d’être à la tête d’une affaire rien qu’à moi depuis des années. Alors, je veux que tout soit parfait.
 
Malgré ma fatigue, ma gentillesse a encore eu raison de moi quand Cassie, ma meilleure amie, m’a demandé de sortir prendre un verre. Je préfère de loin la surveiller afin d’éviter qu’elle ne se saoule et reparte avec un inconnu.
 
Elle était serveuse tout comme moi quand je l’ai rencontrée, elle pensait qu’en faisant ce métier elle pourrait boire à l’œil. Elle a vite déchanté. À peine ai-je le temps de me retourner pour la tenir informée de ma décision que celle-ci se jette sur mon dos. Elle encercle ma taille de ses jambes et me serre le cou de ses bras pour maintenir sa prise.
 
– Cassie, tu m’étrangles ! Je te signale que les bulles qu’il y avait dans tes coupes ne t’ont pas rendue plus légère.
 
Sa seule réponse est un gloussement et je soupire.
 
– Bon, il faut que je rentre, je suis claquée, dis-je en la remettant sur ses pieds.
– Oh non ! Un dernier verre à la maison, s’il te plaît. Encore mieux, chez Fred… me suggère-t-elle en agitant ses sourcils de façon aguicheuse.
 
 
Fred est un de ses voisins, qui un soir, m’a aidée à la porter jusque chez elle. Nous étions parties fêter le nouveau contrat de travail que Cassie avait décroché dans le club évènementiel le plus branché de la ville. Entre les quantités d’alcool que l’on a ingurgitées et son hall d’immeuble presque impraticable à cause des poussettes et autres vélos que ses voisins y laissent trainer, une vraie galère de la ramener à son appartement ! Heureusement que Fred était là, sinon nous aurions passé la nuit dans sa cage d’escalier.
 
– Non, il faut que je rentre, ce n’est que partie remise. Surtout si tu souhaites aller voir Fred, lui rappelé-je en étirant son prénom et en prenant mon décolleté à pleines mains et en me penchant pour qu’elle ait une vue plongeante dessus.
 
Je sais exactement ce qu’elle veut de lui, et ce n’est pas la bouteille de vieux rhum planquée dans sa cuisine derrière les boîtes de céréales que j’ai aperçue lors d’une soirée chez lui ! Mon geste attire le regard de mecs sortis fumer, ce qui me vaut des sifflements approbateurs de leur part et quelques remarques salaces, que j’ignore.
 
– Arrête, tu es méchante avec moi, Ophé, me dit-elle en croisant les bras.
 
Je ne peux m’empêcher d’éclater de rire en la voyant ainsi. Surtout avec ses yeux brillants et ses joues rosies par l’alcool et le froid. Elle ne peut se retenir plus longtemps et à son tour elle rit à gorge déployée. Pour la discrétion, on repassera...
 
– Tu adores que je sois une garce avec toi ! Si je ne l’étais pas, tu t’ennuierais ! lui dis-je en refermant mon manteau pour me couvrir.
– Hmm, peut-être… marmonne-t-elle tout en jouant avec son téléphone.
 
Un bip se fait entendre et un grand sourire s’affiche sur ses lèvres. Apparemment, Fred lui offre ce dernier verre… Connaissant Cassie, elle va encore essayer de le mettre dans son lit.
 
– Bon allez, je te laisse rentrer…. Fais attention à toi ! me rappelle-t-elle sans me regarder.
– Comme toujours ! Passe le bonjour à Fred.
 
Je me tourne en agitant ma main en guise d’au revoir. Je n’ai pas de souci à me faire pour elle puisqu’elle n’est qu’à cinq minutes de marche de notre pub habituel.
 
– Ophélie ! M’interpelle-t-elle.
– Oui ?
 
Je la vois me montrer son portable. Je lève les yeux au ciel et reprends mon trajet. Depuis qu’une de ses connaissances s’est fait voler son sac en sortant de son travail, elle me demande de l’appeler et de rester en ligne avec elle pour pouvoir décrire mon potentiel agresseur si cela devait m’arriver. Mon téléphone se met à vibrer dans ma main. Je décroche directement.
 
– Tu sais que cela ne sert à rien, tu es dans un des quartiers les plus touristiques de la ville. Tu croises environ cent personnes à la minute.
 
Je l’entends soupirer au bout du fil.
 
– Écoute, je ne veux pas que tu sois une victime et puis comme ça, je pourrai te raconter ce que je compte faire à Fred.
– Faut-il encore qu’il te permette de le toucher, ma belle ! Les fois précédentes aussi, tu souhaitais le mettre dans ton lit... et tu n’as jamais réussi !
 
Un grognement me répond.
 
– J’ai une nouvelle technique !
– Ah oui, laquelle ?
– Tu es bien curieuse, raille-t-elle. Je vais me faire désirer…
 
Cassie ? Se faire désirer ? J’en reste sans voix.
 
– Ophé ?
– Oui, oui, je suis là.
– Tu m’as fait peur !
– Désolée, jamais je n’aurais cru que la tigresse rentre ses griffes un jour.
– Mes griffes, je les ai et je les garde !
– Je me disais aussi…
 
Je ne peux réprimer un rire devant son sérieux.
 
À l’autre bout du fil, je l’entends sortir son jeu de clés, signe qu’elle est proche de chez elle.
 
– Arrivée ?
– Oui, je passe rapidement à la maison pour me rafraichir.
– OK, pas de problème, je raccroche, ce sera plus simple pour toi de te repoudrer le nez et par la même occasion de changer de petite culotte.
– Ne t’inquiète pas, je te mettrai sur haut-parleur le temps que tu sois en sécurité…
 
Je lève les yeux au ciel.
 
– Écoute, la station n’est pas loin, mon bus ne va pas tarder.
– Tu es sûre ? me dit-elle, hésitante.
 
Je sais que cela l’embête de me laisser, mais elle ne peut pas rejoindre Fred alors qu’elle est avec moi au bout du fil.
 
– Tu m’appelles tout de suite si tu as un problème ! Non, en fait, appelle directement les flics, je serai surement dans l’incapacité de te répondre, glousse-t-elle.
– Oui, maman, et sois gentille avec Fred !
– Pas de soucis… Au fait !
– Oui ?
– Je ne porte pas de culotte !
 
Elle raccroche sur cette dernière phrase qui me fait éclater de rire. Je secoue la tête en regardant mon téléphone et remarque l’heure. Merde, je vais louper la navette ! Je commence alors à courir. Mauvaise idée : je me tords la cheville ! Je continue mon chemin le plus rapidement possible en clopinant vers ma destination. Je décide de prendre un raccourci en passant par une ruelle que seuls les riverains connaissent. Au bout de celle-ci, je pourrai enfin voir l’arrêt. Un soupir m’échappe. Si mes pieds avaient pu exprimer des hourras de soulagement, ils l’auraient fait.
 
Je serre les dents et accélère, plus que vingt mètres à parcourir. Mes talons claquent sur le sol, mais une sorte d’écho se fait entendre derrière moi. Surement quelqu’un qui souhaite attraper ce fichu bus aussi. La personne dans mon dos se rapproche et mon cœur tambourine dans ma poitrine. Sacrée Cassie, elle m’a rendue parano…
 
Malgré moi, mes enjambées se font plus rapides, exit la douleur de mes pieds et chevilles. Mon sang bat dans mes oreilles. Je resserre les lanières de mon sac contre moi au point que mes phalanges blanchissent sous la pression. J’aperçois mon moyen de locomotion s’arrêter à l’endroit prévu. Poussée par une force, une envie de sortir au plus vite de cette impasse, je me mets à courir, mais les bruits de pas derrière moi redoublent eux aussi d’intensité. Je commence à imaginer, à voir cette ombre dans ma vision périphérique. Quand celle-ci arrive à ma hauteur et me frôle, un cri aigu m’échappe. Je me décale pour éviter la collision et dans le même geste, je me prépare à le marteler de coups avec mon sac, si minuscule soit-il pour qu’il ait un quelconque effet dissuasif.
 
– Désolé... me dit l’homme qui était à deux doigts de passer dans l’au-delà et qui aurait eu droit à l’épitaphe : « Attaqué par une furie au milieu de la nuit ».
 
Me remettant de mes émotions, je le vois monter dans le bus qui doit me ramener chez moi, mais celui-ci redémarre sous mon nez... Quelle cruche !
 
– Je vais te limer les griffes, Cassie.
 
Je marmonne en secouant la tête face à mon impuissance quand je réalise que je dois patienter trente minutes pour attraper le suivant. Je commence à reprendre mes esprits tout en me dirigeant vers l’abribus, où je pourrai enfin m’asseoir et soulager mes pieds. Cette fois-ci, je prends tout mon temps et me gronde intérieurement d’avoir eu aussi peur. Si j’appelais mon amie pour lui foirer sa soirée ? Un sourire étire mes lèvres à cette idée. Je sors mon appareil et appuie sur la touche d’appel pour voir les derniers entrants. Au moment, où je sélectionne son nom, je sens quelque chose de froid glisser sur mon cou.
 
– Donne-moi ton téléphone !
 
Pétrifiée par cette sensation et ce corps collé dans mon dos, je ne bouge plus. L’agresseur augmente la pression de ce qui semble être une lame et me réitère son ordre. Je lui tends mon smartphone par-dessus mon épaule. Une fois qu’il a l’objet en main, il me tire pour me forcer à le suivre jusque dans la ruelle que je viens de quitter. Il me plaque alors contre un mur froid puis me saisit par le bras et me retourne. Mes yeux sont immédiatement attirés par l’arme avec laquelle il me menace : c’est une sorte de couteau dont la pointe est presque enfoncée dans ma gorge. Je retiens mes larmes et ma peur et ramène mon regard vers son visage. Malheureusement, il est cagoulé. Seuls ses yeux sont visibles…
 
– Ton sac ! Ton argent !
 
Ce regard... Ces iris de ce vert si particulier… je les connais !
 
– Mickael !? dis-je à bout de souffle.
 



C’est ça, prends-moi pour un con !
 
 
 
Ma voix n’est qu’un murmure. La lame commence à descendre vers ma poitrine. Elle ne m’effleure plus à présent, elle me coupe. Je ne dois rien montrer, remettre mon masque d’indifférence, celui que je portais en permanence. Je dois me ressaisir, j’ai vécu des situations pires que celle-ci dans la rue et dans certaines familles d’accueil.
 
L’homme devant moi, à part ses yeux, n’a rien d’autre de lui. Sa carrure est imposante, ses épaules sont larges ; il ne ressemble en rien à Mickael. Pourtant, je l’ai vu se crisper lorsque j’ai mentionné ce nom que je me suis refusé de prononcer depuis toutes ces années. Forte de mon analyse, je me redresse, ce qui ne fait qu’accentuer la douleur et les millimètres de cette arme dans ma chair.
 
– Prends ce que tu veux, lui lancé-je en lui montrant mon sac du menton. Je ne me débattrai pas, il y a cinquante billets dedans et tu as mon téléphone, je n’ai rien d’autre sur moi !
 
Je le vois plisser les yeux comme s’il m’analysait. Bon sang, mais qu’est-ce qu’il attend ! Il n’a pas l’air d’un junkie ; il ne tremble pas, ses pupilles ne sont pas dilatées. Il n’a pas l’air non plus d’une racaille, ses gestes sont parfaits, il sait ce qu’il fait. Soit il a l’habitude de dépouiller les gens soit il est déterminé… peut-être à tuer.
 
– Fais ce que tu as à faire, je n’ai pas peur de toi, lui asséné-je d’une voix forte qui se veut autoritaire.
 
Un léger grognement me répond et je vois une lueur passer dans ses yeux, comme si la situation l’amusait. D’un mouvement rapide, la lame se retire ce qui m’arrache un gémissement sourd. Son avant-bras gauche vient s’appuyer contre ma gorge, me coupant automatiquement la respiration, au point que j’en lâche ma pochette. J’agrippe à deux mains son bras et lui enfonce mes ongles à travers son sweatshirt, mais cela ne sert à rien. Les yeux mi-clos, j’étudie ses gestes. Son poignet droit effectue une sorte de rotation et à présent, l’homme tient son arme autrement, la lame tournée vers l’extérieur et l’extrémité du manche vers moi. Il y a une gravure dessus : une flamme. C’est la dernière chose que je vois. Le noir se fait et je perçois des mots au loin.
 
– Bonne nuit, poupée.
 
***
 
C’est avec un mal de crâne carabiné que je me réveille. Une odeur aseptisée me prend la gorge. Des bruits électroniques ainsi que des conversations me parviennent, ils ont l’air proches. J’essaie de soulever mes paupières, mais une lueur aveuglante m’en empêche.
 
– Éteignez… Lumière ! grogné-je.
 
Ma voix est rauque comme si j’avais fumé un paquet de clopes en entier et bu une bouteille de whisky en même temps. Quelqu’un accède à ma demande et je peux enfin ouvrir les yeux. En regardant autour de moi, je tombe sur une jeune femme aux cheveux très courts et au sourire compatissant.
 
– Mademoiselle Cruse ? demande-t-elle.
– Humm…
– Savez-vous où vous êtes ?
– Hôpital...
– Bien, avez-vous des douleurs particulières ? Maux de tête, vomissements ?
 
J’acquiesce ce qui me fait grimacer.
 
– Bon, je vais prévenir le docteur de votre réveil.
 
Sur ces mots, la jeune femme quitte la pièce.
 
Je suis tellement groggy que je mets du temps à me souvenir de ce qui s’est passé. Soudain, tout me revient. Je me suis fait agresser. Et voler. Cet homme, que me voulait-il ? Oui, mon téléphone… Il a dû tout me prendre.
 
Je ferme les yeux pour essayer de calmer les bourdonnements dans mes oreilles. Des bruits de pas m’obligent à les rouvrir. En face de moi se trouve un mec en blouse blanche, apparemment la cinquantaine, brun avec une paire de lunettes sur le bout du nez. Pas trop mal pour son âge, il doit surement s’entretenir physiquement. Il se désinfecte les mains avec l’espèce d’antiseptique disponible dans chaque chambre avant de s’approcher de moi et de poser les mêmes questions que la jeune femme avant lui.
 
Une fois que l’interrogatoire est fini, il me prévient :
 
– Je vais à présent regarder votre plaie.
 
Quelle plaie ? Je ne m’en souviens pas…
 
Il soulève doucement le pansement qui est sur mon cou et me signale que la blessure, même si elle paraît impressionnante, est légère. D’ici très peu de temps, elle aura pratiquement disparu.
 
– À l’heure actuelle ce qui m’inquiète, ce serait plutôt la commotion cérébrale due au coup reçu sur votre tempe. Nous allons vous garder en observation pour voir comment les choses évoluent.
 
Dans un réflexe, je porte la main à ma tête et je grimace sous la douleur. Je me reprends rapidement : il ne faut pas que je montre une quelconque faiblesse si je veux sortir au plus vite.
 
– Docteur, j’ai une boîte à faire tourner, je ne peux pas rester hospitalisée.
 
– Je le conçois, mais je crois que vous n’avez pas conscience de la situation. Vous venez à peine de vous réveiller d’un somme de plus de quinze heures.
 
– Je vais bien, je vous dis. S’il y a le moindre souci, je reviens vous voir aussitôt.
 
– Même si j’autorise votre sortie, le repos sera de rigueur. Donc aucune activité sportive, aucun écran, aucun stress. Vous avez compris ?
 
– Pas de problème docteur, lui dis-je avec un grand sourire.
 
Ce qui me donne droit à un regard sceptique de sa part, comme pour dire « c’est ça, prends-moi pour un con ».
 
– Quoi qu’il en soit, vous resterez en observation cette nuit ! Par ailleurs, des inspecteurs de la police souhaiteraient prendre votre déposition, suite à votre agression. Ils attendent à l’extérieur. Vous êtes en état de les recevoir, mais pas plus de dix minutes. Le repos est de rigueur ici également, lance-t-il avec un sourire.
 
Oh, mais c’est qu’il a de l’humour le Doc !
 
– Écoutez Doc, je ne me souviens de rien… Donc pas besoin de leur faire perdre leur temps.
– De rien ? À quand remontent vos derniers souvenirs ?
– Je me souviens parfaitement de la soirée, seule mon agression reste floue. Je ne leur serai pas d’une grande aide.
– Bien. Pour ce qui est de votre mémoire, la résurgence peut aussi bien intervenir dans quelques minutes que jamais. Si ce dernier cas est rare, il est vrai qu’en ce qui concerne le cerveau nous n’avons pas toutes les réponses. Ce n’est pas une science exacte.
– Je comprends. Je finis toujours par me rappeler de tout ne vous inquiétez pas.
 
Je ne peux m’empêcher de me dire cela d’un ton amer.
 
– Quoi qu’il en soit, je vais aller les prévenir, j’imagine qu’ils voudront quand même vous poser des questions. Ah, il y a aussi votre am…
– Ophélie ! Oh mon Dieu, tu es vivante !
 
Le pauvre médecin n’a pas même pas fini sa phrase que Cassandra se précipite à mon chevet et me serre de toutes ses forces contre elle, ses cheveux bruns venant fouetter mon visage. Elle en fait des tonnes.
 
– Bien sûr que je suis vivante. Tu me fais mal là, et baisse un peu le son, s’il te plaît...
– Oh, pardon !
 
Elle se redresse et me lance un regard empli de compassion.
 
– Mademoiselle, je vous avais demandé d’attendre en salle d’attente que je vous indique si oui ou non votre amie était en état de recevoir de la visite. 
– Peu importe, je suis là et je ne bougerai pas, lui dit-elle en le défiant.
– Doc, laissez. Elle restera ici, quitte à camper...
– Bien, je vous abandonne cinq minutes... Je vais prévenir les infirmières des soins qu’elles devront vous apporter et les vérifications à effectuer. Je leur demanderai de vous réveiller toutes les heures et me biper en cas de problème. Ensuite, j’informerai les inspecteurs que vous pouvez avoir de la visite, mais pas très longtemps… Cela vous donnera un peu de temps pour discuter, dit-il en lançant un regard étrange à Cassie avant de finalement quitter la pièce.
 
À peine le médecin sorti, nous explosons de rire.
 
– Non, mais il est sérieux, lui ?
 
Mauvaise idée de rire, la plaie à mon cou me tire et les bourdonnements se font plus forts.
 
– Tu as une touche, la taquinais-je en lui faisant un clin d’œil.
– Peut-être... me répond-elle d’une voix triste.
– Hé, qu’est-ce qu’il y a ?
– J’ai eu tellement peur.
 
Elle s’effondre sur le lit et m’attrape la main tout en gardant le regard fixé sur nos doigts.
 
– Tout va bien.
– Quand j’ai vu ton nom s’afficher sur mon portable, j’ai failli ne pas décrocher.
– Tu l’as fait, c’est ce qui compte.
– À ce moment-là, tu n’étais pas ma priorité, me dit-elle d’une voix amère.
– Ah, Fred… Alors ?
– Alors rien, j’ai l’impression d’être invisible !
– Passe à autre chose, tu es belle et tu as plein de qualités. N’importe quel homme rêverait de te connaître.
 
Notre discussion plus légère nous redonne le sourire et me fait penser à autre chose. Mais c’est sans compter sur la culpabilité de Cassandra.
 
– J’aurais dû te forcer à venir boire ce dernier verre avec moi chez Fred.
– Ne culpabilise pas, je n’ai presque rien.
– Imagine je n’aurais pas décroché ? me dit-elle en fondant en larmes.
 
Et ça y est, elle nous la joue Drama Queen!
 
– Ce n’est pas grave Cassie... Ils auraient appelé une autre personne...
– Quoi ?
– La police aurait prévenu un autre de mes contacts.
– Non, c’est toi qui m’as appelée. Tu ne t’en souviens pas ?
– Je t’assure que je ne l’ai pas fait.
 
L’incompréhension se lit sur son visage comme sur le mien, je pense. Une voix masculine interrompt notre échange.
 
– Alors, qui a passé ce coup de fil ?
 



Le molosse
 
 
 
Un homme et une femme entrent dans la pièce, vêtus à peu près de la même façon : une veste et un pantalon sombre. Ils s’avancent vers nous.
 
– Pardon ?
– Mademoiselle Cruse ? Inspecteur Vania Terne et Inspecteur James Klapechky. Nous souhaiterions vous interroger. À propos de votre agression. Pouvons-nous vous poser quelques questions ? Seuls à seule ?
 
Je regarde Cassie et lui fais un mouvement de tête lui signifiant que tout va bien et qu’elle peut sortir pour que je puisse m’entretenir avec ces flics. Elle se lève et m’informe qu’elle sera dans le couloir si j’ai besoin d’elle.
 
Une fois la porte refermée, ils se séparent et se mettent de part et d’autre du lit, comme si j’étais l’accusée. On ne m’impressionne pas facilement moi, alors leur technique minable me laisse de marbre. Je n’ai rien à me reprocher !
 
– Mademoiselle Cruse, vous avez bien vingt-neuf ans…
– Écoutez, vous connaissez déjà ces détails, si on venait aux faits ?
– Très bien. Racontez-nous ce qu’il s’est passé, me demande la fliquette Vania Terne.
– Je sortais du bar « La Cave ».
– Avez-vous consommé beaucoup d’alcool ? me coupe Klapechky.
– Un ou deux verres de vin blanc...
– Un ou deux ? aboie-t-il.
– Écoutez, dans l’histoire, je suis la victime, je me suis fait agresser et voler, donc je ne vois pas pour qu’elle raison vous vous en prenez à moi… Si vous souhaitez ma version pour retrouver ce gars, je suis prête à tout vous dire, mais si vous êtes là pour me faire perdre mon temps, prenez la porte !
– Inspecteur Klapechky, je peux vous parler ? demande sa collègue en se dirigeant vers la sortie.
 
Non, mais pour qui il se prend ce pauvre con ? Je n’ai rien fait pour tenter un potentiel voleur. Dans le pub où nous nous rendons souvent avec Cassie, on commence à connaître nos têtes et surtout nos caractères bien trempés. Il ne faut pas venir nous embêter, tout le monde le sait.
 
Je ne comprends pas ce que veut ce Klapechky. Il doit être le genre de flic obnubilé par une affaire ratée alors, forcément, pour lui tout le monde est coupable... Et cette Vania Terne, sa peau dorée et ses yeux marron clair auraient plus leur place sur les podiums que sur le terrain. Mais pour le coup je lui suis reconnaissante d’avoir empêché son molosse de coéquipier de me crier dessus une nouvelle fois.
 
En attendant qu’ils reviennent, je décide de fermer les paupières, les bourdonnements n’ont pas diminué. À peine quelques secondes plus tard, un raclement de gorge me fait les rouvrir.
 
Inspecteur Trou du cul est de retour.
 
– Veuillez pardonner mon comportement, Mademoiselle Cruse. Si vous le permettez, nous allons reprendre du début.
 
Bah merde, elle lui a donné quoi sa collègue ? J’aurais bien besoin de sa technique pour en calmer plus d’un, surtout quand on gère une boîte comme celle que je m’apprête à ouvrir.
 
Seul le molosse s’est approché de mon lit. Attendant visiblement mon accord pour m’interroger, je hoche la tête pour l’inciter à reprendre. Il me pose des questions basiques, telles que mon nom, mon âge, pourquoi j’étais dans cette ruelle. Puis il me demande les faits, ce qui s’est vraiment passé. Je commence par évoquer le fait que j’étais fatiguée et que je souhaitais rentrer, donc j’ai décliné le dernier verre que me proposait mon amie pour partir de mon côté. Comme à notre habitude, on est restées au téléphone jusqu’à ce que l’on soit en sécurité toutes les deux. Mais comme elle avait un rendez-vous galant et que je n’étais pas loin de l’arrêt de bus, j’ai préféré la laisser raccrocher. Les inspecteurs écoutent mon récit en prenant des notes de temps en temps. Malheureusement, je ne peux pas leur décrire mon agresseur — je me rappelle qu’il faisait sombre et qu’il est resté dans mon dos, alors je n’ai pas pu voir son visage.
 
Ce souvenir me procure des frissons dans tout le corps. Comment peut-on oublier certains trucs, mais en garder la sensation ?
 
– Vous souvenez-vous d’une chose en particulier, Mademoiselle Cruse ? m’interroge Vania Terne en s’approchant de mon lit, quittant ainsi le mur contre lequel elle était adossée depuis son retour dans la chambre.
 
Sa question me fait sursauter ; je ne me suis même pas rendu compte que j’avais arrêté de parler.
 
– Non, rien de particulier. J’ai seulement eu l’impression qu’il s’agissait d’un homme costaud, avec, je pense, une carrure imposante, ou en tout cas, imposante par rapport à la mienne.
 
Le téléphone de Vania se met à sonner et elle s’excuse avant de sortir de la pièce, me laissant seule avec l’inspecteur.
 
– Avez-vous eu le temps de voir l’arme ?
– À quel moment ? Quand elle était glissée contre ma gorge ou quand il m’a assommée avec le manche de celle-ci ?
 
Il lève un sourcil et me lance un regard assassin. Le message est clair… J’essaie de me concentrer pour que des bribes me reviennent.
 
– Euh…tout est flou, mais il me semble qu’il a tourné l’embout vers moi avant de me frapper au crâne.
– Y avait-il la marque de l’arme ou un signe distinctif ?
– Je ne suis pas experte en armes, vous savez… commencé-je.
 
Sa question me fait soudain me rappeler ce détail.
 
– Oui ! repris-je. Il y avait un symbole sur l’extrémité du manche, peut-être une fleur ou une flamme. Surement le logo d’une enseigne d’armurerie ou d’une coutellerie.
– Je vois…
 
Il écrit sur son bloc et le referme. Il a l’air bien pressé d’un coup, le molosse !
 
– Merci pour votre aide, mademoiselle Cruse, n’hésitez pas à nous contacter, moi ou ma collègue, si vous vous souvenez de quelque chose, me dit-il en déposant une carte sur la table près du lit avant de sortir.
– Vraiment étrange… marmonné-je.
 
Qu’est-ce que j’ai bien pu dire pour qu’il réagisse ainsi ? Ce dessin est-il une sorte de logo ou de référence pour les amateurs d’armes blanches ?
 
J’essaie de trouver une position confortable, mais ma blessure à la poitrine me lance de plus en plus. Est-ce qu’ils comptent me donner des médocs un jour ? Je souffre ! J’aurais dû accompagner Cassie chez Fred ou, encore mieux, refuser tout simplement cette soirée. Un soupir m’échappe en y pensant.
 
– Ophé, tu as l’air fatigué... enfin, plus que d’habitude.
 
Je n’ai pas entendu Cassie entrer.
 
– Hmm, j’ai l’impression que ça va faire une semaine que je n’ai pas dormi.
– Disons que tu ne te reposais déjà pas assez avant… ça. La fatigue est compréhensible, c’est le contrecoup.
– Surement. Une bonne nuit de sommeil ne me fera pas de mal.
– J’ai vu le toubib pendant que tu faisais ta déposition, il a dit que si tu te sens mal, tu peux appeler directement les infirmières.
– OK, pas de soucis, mais tout va bien ! Et puis je rentre demain, j’ai encore des milliers de choses à revoir d’ici l’ouverture de la boîte.
– Je comprends, mais ta santé est importante, surtout après ce que tu viens de vivre. Alors déconne pas.
– Tout va bien !
– Bon, comme tu veux. Par contre, si ta sortie est maintenue, je ne pourrai pas te raccompagner chez toi. J’ai déjà échangé ma journée de congé avec Abygaëlle pour rester ici aujourd’hui. Alors j’ai demandé à Fred de te raccompagner !
 
– Génial… Merci Cassie, pour tout.
– Je t’en prie. Allez, repose-toi, poulette !
 
Elle me claque un baiser sur le front avant de partir comme une furie. Ce doit être cette chambre qui leur donne à tous l’envie de fuir…Si je pouvais, je le ferais aussi.
 
Apparemment, Cassie a tout organisé. Il faudra simplement que je trouve une excuse pour me débarrasser rapidement de Fred, pour ensuite pouvoir contacter mes fournisseurs et faire une dernière vérification avec eux. Il faut que tout soit parfait. Quelle journée… non, plutôt quelle année éreintante ! J’atteins enfin mon but : j’ai mon endroit à moi, une chose qui m’appartient, que je dirigerai sans devoir rendre de comptes à personne.
 



Mon petit Monde
 
 
 
Comme prévu, les infirmiers ont fait leur job et m’ont réveillée toute la nuit. J’ai fini par leur crier dessus, en leur disant que ce sera à cause d’eux si mon état s’aggrave, car je n’aurai pas eu ma dose de sommeil. Quoi qu’il en soit, à six heures du matin, j’étais parfaitement réveillée ; j’ai eu beau me retourner dans mon lit encore et encore, impossible de me rendormir.
 
Après avoir observé le soleil se lever et rédigé mentalement la liste de tout ce qui me reste à faire avant l’inauguration, je décide de me préparer pour ma sortie.
 
La dernière infirmière à être venue me déranger, sans doute pour s’assurer que je n’étais pas tombée dans le coma ou bien peut-être pour vérifier mes constances, m’a retiré ma perfusion le temps de me laver et m’a donné une serviette de toilette ainsi qu’une brosse à dents. Bien sûr, elle a oublié le dentifrice. Je ne vais pas faire la difficile, bientôt je pourrai retrouver mon chez-moi.
 
Une fois sous la douche, je suis obligée de me laver avec ce qui m’a été fourni, à savoir le désinfectant qu’on utilise avant une opération — inutile de préciser que l’odeur n’est pas top. Je me lave consciencieusement en évitant mes plaies et fais bien attention à ne pas mouiller les pansements en me rinçant.
 
La serviette nouée autour de la poitrine, je finis de me rincer la bouche. Je réalise alors que je ne sais pas où se trouvent mes vêtements, même si à mon avis, ils doivent être dans un sale état. Je commence à fouiller dans l’unique placard de la minuscule salle de bain et y déniche un sac en papier kraft. À l’intérieur, j’y trouve avec soulagement mon mini sac et son contenu. Il y a également mon téléphone, qui n’a évidemment plus de batterie.
 
Étrange… mon agresseur ne me l’a pas volé, en fin de compte. Pourquoi ? Quelqu’un l’en a-t-il empêché ? Et puis, c’est quoi cette histoire d’appel ? J’aurais appuyé sur le nom de Cassie sans m’en rendre compte au moment où je le lui remettais comme il l’exigeait ? En tout cas, mon inadvertance et son inattention m’ont sans doute sauvé la vie.
 
Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a aucun vêtement là-dedans. J’ai l’air maligne dans cette tenue et à moitié trempée...
 
Je quitte la chambre dans le but de trouver quelqu’un qui pourrait m’aider. Il fait largement plus froid dans le couloir ce qui me donne la chair de poule. Les murs dans les tons blancs m’éblouissent et ma tête me lance légèrement. Une fois mes yeux acclimatés à la lumière, je regarde à droite, puis à gauche, et aperçois des infirmiers en train de servir ou, vu l’heure, de débarrasser le déjeuner. Ça me rappelle que je n’ai rien mangé depuis plus de vingt-quatre heures. Au moment où je m’apprête à appeler une infirmière, je sens quelqu’un se presser dans mon dos, ce qui me transporte dans la ruelle instantanément : un visage, un souffle dans mon cou. Des frissons me parcourent de la tête aux pieds. Je suis tétanisée.
 
– Oh, par tous les saints, tu vas bien…
 
Cette voix me ramène au moment présent.
 
– Fred, ça me fait plaisir de te voir… si tôt, dis-je en lui faisant face.
 
J’en profite pour prendre mes distances par la même occasion.
 
– Oui, je sais, excuse-moi. Comme Cassandra était déjà à ton chevet hier, je ne voulais pas te fatiguer pour rien. Mais je m’inquiétais tellement que je ne pouvais pas attendre plus longtemps.
 
Comme seule réponse, j’opine du chef et me tourne pour voir si une infirmière est disponible. L’une d’elles est justement en train de s’affairer sur les plateaux-repas.
 
– Excusez-moi, Madame ?
– Oui ?
– J’ai voulu prendre une douche, mais je me suis rendu compte un peu tard que je n’avais aucun vêtement. Alors je me demandais si vous n’auriez pas quelque chose à me donner pour que je puisse m’habiller.
 
Pendant ce temps, Fred en a profité pour s’approcher de moi sans que je le remarque. Son souffle sur ma peau échauffe mes sens, mais je ne lui montre rien. Ses lèvres viennent frôler mon oreille.
 
– En parlant de ça, tu devrais mieux fermer ta serviette… même si j’adore ton cul, je n’aime pas que d’autres le voient !
 
Aussi vite que possible, j’arrange au mieux ma tenue pour cacher mon arrière-train et m’écarte de cet ami un peu trop collant. Pendant ce temps, la dame qui ne s’est aperçue de rien m’avertit qu’elle me ramènera ce dont j’ai besoin, ainsi que mon petit-déjeuner. Je la remercie en lui indiquant où se situe ma chambre et lui explique qu’il faut qu’on me remette ma perfusion même si je sors dans la journée. Ma répartie la fait rire ainsi que Fred.
 
De retour dans ma chambre, je m’installe dans l’unique fauteuil de la pièce pour éviter tout contact avec celui qui va me raccompagner. Il le comprend et reste à distance, les mains dans les poches.
 
– Est-ce tu te sens bien, Lie ?
 
– Arrête, tu sais que je déteste ce surnom !
 
– Désolé, ça sort tout seul. Tout à l’heure, tu étais pâle comme un linge. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée que tu sortes si vite.
 
– Je vais très bien ! Et de toute façon, j’ai des choses à régler au plus vite.
 
– Je pourrais t’aider si tu me le demandais.
 
Il essaie d’être gentil avec moi, mais pour l’heure, je n’ai pas besoin de sa pitié. Je préfère être seule.
 
– Merci de ta proposition, je la retiens pour plus tard si cela ne te dérange pas. Je souhaite juste retrouver mon petit monde, tu comprends ?
 
Il n’a pas le temps de répondre que la personne qui m’a promis un petit-déjeuner apparaît avec un plateau : du pain et un chocolat chaud, le rêve ! Elle me donne aussi une blouse et une sorte de slip jetable… Elle m’a vraiment pris pour une moule, ce n’est pas possible. En voyant mon visage et mon air dubitatif, elle ne peut s’empêcher d’éclater de rire en me rappelant que je suis dans un hôpital. Si je le souhaite, mon petit ami peut aller me chercher des affaires et me les ramener pendant les heures de visite. Le pauvre Fred ne sait plus où se mettre et je suis obligée d’expliquer qu’il est simplement mon chauffeur.
 
Comme l’indique le badge épinglé sur sa blouse, l’infirmière s’appelle Jocelyne. Jocelyne, donc, m’informe qu’apparemment, je n’ai plus besoin de perfusion si je mange et qu’ils me retireront le cathéter quand j’aurai fini mon repas. Fred souhaite me rendre service en allant récupérer quelques affaires à mon appartement alors je décide de lui passer mes clés et il me promet de revenir rapidement.
 
Son départ me laisse l’opportunité de prendre mon repas que j’engloutis très vite. Le docteur repasse comme convenu et me demande si j’ai des douleurs particulières. Je lui explique que tout va bien et que je suis prête pour un biathlon ! Mais il ne me croit pas sur parole et vérifie mon dossier ainsi que mes plaies. Visiblement, il est hermétique à mon humour.
 
Ma nuit s’est bien passée d’après lui. Si je ne ressens aucune gêne et qu’aucun nouveau symptôme se déclare, j’ai l’autorisation de sortir, à condition bien sûr que je m’engage à me reposer. Il me fournit une ordonnance contre les migraines et d’autres effets qui pourraient survenir. Il me rappelle enfin qu’après une commotion il faut éviter tout stress et que, si j’ai des pertes de mémoire, je ne dois pas m’affoler et revenir consulter si cela persiste. Je le remercie et lui promets de me ménager.
 
En attendant le retour de Fred, Jocelyne vient me rappeler les consignes du médecin et m’ôter le cathéter. Nous discutons un peu et je lui apprends que je vais bientôt ouvrir le Kiss of the Night. Reconnaissante de sa gentillesse, je l’invite à l’inauguration. Elle me confie qu’elle est maman d’une fille de six ans et qu’en plus de son travail à l’hôpital, elle est également bénévole dans un dispensaire à l’autre bout de la ville quand elle a le temps. Je trouve cela admirable de sa part et ne me prive pas pour lui dire.
 
Fred décide d’arriver à ce moment-là et me donne un petit sac de voyage dont je ne peux pas m’empêcher de vérifier le contenu : un gilet gris, un top blanc accompagné d’un bas de survêtement noir avec un shorty blanc également.

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