C'est tout moi ! (érotique gay) , livre ebook
48
pages
Français
Ebooks
2012
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C'est tout moi !
(217 000 caractères)
Jean-Marc Brières
On tourne, on vire, on se regarde, on s'approche, on s'éloigne, on se touche la braguette pour montrer qu'éventuellement on serait d'accord, on sourit, le tout dans le désordre selon l'humeur de la seconde et la tronche du mec que l'on croise. Finalement, la « clientèle » se raréfie, l'heure passe, la nuit est avancée. Alors, histoire de n'avoir pas perdu son temps, on se réfugie dans un des fourrés cachant encore quelques inconditionnels de la baise en plein air afin d'apporter un soulagement à une bite et de se faire soulager la sienne.
Ce soir, j'en suis là. J'ai joué aux bégueules : pas la grande forme, simplement l'envie d'avoir un peu de compagnie pour dormir même si on ne baise pas. Maintenant, j'en suis réduit à me faire sucer sous un arbre et peloter par quatre types dont je vois à peine le visage – la lune est absente, seuls les réverbères apportent quelques lueurs. Mais il est dit que j'aurai ma chance, malgré tout. Un gars nous observe depuis un moment. Il ne se touche pas, conserve les mains dans les poches – non trouées apparemment –, se contentant, de temps à autre, de passer sa langue sur les lèvres. Je me détache du groupe, vite remplacé contre l'arbre. Je remonte mon jeans, le reboutonne, m'éloigne du lieu. L'observateur me suit, me voilà tout ragaillardi. Je ne traîne pas, je l'aborde. Il me caresse la joue avec un doigt, passe une main sur ma braguette tandis que je le gratifie de plusieurs bisous sur le visage. Enfin, sa bouche se colle à la mienne, nos langues se congratulent. Tout en reprenant notre souffle, il me précise :
— J'aime pas trop ici. Tu sais où on peut aller ?
— Chez moi sans problème.
Quelques rapides papouilles complémentaires avant de se jeter dans une bouche de métro pour attraper une des dernières rames.
Sur le quai, nous sommes assis, sans trop rien dire. Il m'observe, je le sens. La rame arrive, nous allons nous asseoir. À mon tour, je l'épie : quel pot, il me plaît beaucoup. Deux stations plus tard, le gars se lève, murmure un tantinet honteux :
— Excuse, mais ça n'ira pas, t'es pas mon type de mec, on s'est mal vu.
Sans plus d'explication, il descend me laissant comme un con. Je le vois prendre un couloir de correspondance. Je n'ai aucune réaction tant je suis éberlué. À chaque fois c'est pareil. Je n'ai aucune réaction. C'est le premier à me dire la vérité. D'autres prennent des excuses bidon du genre : « Je suis fatigué » et autre, « J'avais pas vu qu'il était si tard, je travaille demain. »
Ce coup-ci, j'ai du mal à m'en remettre. J'arrive à la maison, je m'affale sur mon lit, un cafard noir m'envahit. Je n'arrive pas à enlever la boule qui grossit au fond de ma gorge, la barre qui bloque mes tripes. Il me faut oublier d'urgence. Pour cela je me jette sur une VHS que je mets dans le magnétoscope, je sors l'outillage indispensable aux folies solitaires, je me fous à poils, et en marche !
Le gode remplit mes boyaux, je le triture méchamment. J'avais apporté un lubrifiant dont je me suis passé, me contentant de salive et de gestes brusques comme pour me punir de ma déconvenue de tout à l'heure. Sur l'écran, les deux mecs s'en donnent à cœur joie. On voit bien qu'ils prennent vraiment plaisir à baiser, ce qui est assez rare dans ce genre de production. Et surtout, pas de cris en rythme, seulement des soupirs naturels. Je m'accroupis sur le sol, gode dans l'anus, je masturbe ma queue et mon trou. Le foutre gicle, arrosant ma poitrine, mes cuisses, le parquet. Mon cul rejette la bite en latex, je m'affale et m'endors à même le sol.
*
* *
Le cafard ne m'a pas quitté de toute la journée. Une petite visite chez André me fera du bien. Justement, ce soir il est seul, son mec par intermittence, Yvan, rentrera tard pour cause de réunion chez un client. Bientôt, il ne rentrera plus du tout, André compte le virer. Il en a marre d'être la roue de secours.
À mon arrivée, j'aperçois sa grande copine, Aline, tenant le bébé de sa sœur dans les bras, elle a accouché voilà près de quatre semaines. Bien entendu, la conversation se fixe sur l'enfant qui est adorable, comme sa mère et qui, nous l'espérons, sera aussi beau que son père surnommé « merveille ». Aline se retire, André m'invite à l'aider dans la cuisine, il remarque ma tête des mauvais jours, soupire :
— T'as pas l'air en grande forme, un souci ?
— Oui, je me suis fait rembarrer et sans ménagement cette fois-ci. Le gars m'a carrément dit que je ne lui plaisais plus dès qu'il m'a vu à la lumière du métro.
— Faut dire que ce n'est pas l'éclairage le plus efficace pour faire ressortir son physique. Mais tu dois avoir confiance en toi, c'est ça le principal.
— C'est facile pour toi.
— On s'offre pas un mec à vie sans effort. Tu te contentes d'attendre, jamais tu ne fais le premier pas. T'es marrant, faut te bouger !
— C'est vrai, mais tu as quand même de meilleurs atouts que moi.
— JM, tu es énervant. À chaque fois c'est le même discours. Je parie qu'une fois le mec dragué, tu lui as pratiquement pas adressé la parole durant le trajet que vous avez fait ensemble.
— Qu'est-ce que tu veux que je lui dise ?
— Eh merde ! Montre que tu n'es pas con, qu'on peut s'amuser avec toi ! Montre que tu es un bon vivant ! Ne reste pas là comme un crétin, la bouche ouverte, quand un mec s'intéresse à toi ! Et surtout, arrête de faire savoir que tu n'aimes pas ta tête et ton corps tout entier…
Et André continue son monologue sur le thème : bats-toi, sois heureux de vivre, aime-toi un peu. Il n'a pas tort. De fait, je ne suis pas repoussant, tant s'en faut, mais je ne m'aime pas du tout. Mon physique ne me dégoûte pas, mais c'est tout juste. Je passe le moins de temps possible devant une glace, j'évite les vitrines, je répugne tout ce qui reflète. Mon problème réside là. En y réfléchissant, les rares fois où je ne succombais pas à ce travers, j'embarquais dans mon lit les mecs que je voulais. Mais que c'est difficile de s'estimer un peu !
De retour à la maison, je songe à André. Drôle de garçon pour qui je déborde d'affection. Il est mon bâton de secours. Que suis-je vraiment pour lui ? Je n'ose y penser tant cela me bouleverserait de connaître la vérité, c'est certain. Je l'admire, je l'envie. Je le connais depuis fort longtemps.
Notre passé commun défile dans ma tête, tandis que je consulte mes vieux carnets où tant de notes relatent une grande partie de ma vie.
*
* *
Retour sur les notes du passé
Nous fréquentons le même pensionnat dès l'âge de 6 ans, André et moi. Alors que nous fêtons nos presque 8 ans, nous sommes, l'un comme l'autre, les petits chéris des grands. Ah ! Notre première expérience ! Nous abordons nos 9 ans. Un des grands, Guy 12 ans environ, nous emmène dans un endroit couvert de genêts. Là, parmi ces arbrisseaux en fleur, il nous demande, avec un large sourire, de baisser nos shorts, nos slips, après avoir déposé plusieurs bisous sur nos joues, nos lèvres. Il s'empare de nos petites bites, tour à tour, puis les prend dans sa bouche l'une après l'autre. Cela ne nous fait rien si ce n'est que nous trouvons la chose très curieuse, c’est un peu rigolo. Il se masturbe, ne cessant pas de nous caresser. Plusieurs spasmes le secouent, il grogne : « merde, encore rien ! » Il se rhabille, nous gratifie de plusieurs papouilles adorables et nous laisse en plan, cul à l'air. Ce genre de séances se reproduit très souvent avec d'autres garçons. Nos « amants » ne nous séparent jamais. Serge, Jean-Marc, Jean-Baptiste, Claude et tant d'autres, nous prennent comme jouets, gentiment, je dirais presque amoureusement. Nous sommes heureux avec eux. Ils sont tendres, respectueux de nos désirs quand nous en avons. Ils nous apprennent à embrasser sur la bouche, langue contre langue. Le plus vieux n'atteint pas 14 ans ! André et moi, nous ne nous roulons jamais de pelles, aucun rapport sexuel entre nous deux, nous ne le ferons pas durant notre vie. Nous poussons dans cette atmosphère pas désagréable du tout, persuadés que le bonheur ne peut se rencontrer qu'ici.
La première désillusion vient bizarrement, comme une injustice. Nous venons de passer le dimanche après-midi dans notre cabane de feuillages. La cloche sonne pour le dîner. En nous rendant aux lavabos afin de nous laver les mains, nous remontons nos shorts qui tombent sans cesse parce que trop grands pour nous. Un surveillant nous observe, l'air courroucé. Croyant que nous venons tout juste de nous reculotter après avoir assouvi quelques turpitudes, il nous inflige une sévère punition. Nous avons beau lui expliquer que la taille de nos shorts ne correspond pas du tout à la nôtre, il n'en démord pas arguant que nous cherchons de mauvaises excuses à ce qu'il nomme une vilenie dégoûtante. Cet incident ne nous empêchera pas de continuer nos fréquentations. Mais, par la suite, nous prendrons de grandes précautions lorsque nous aurons des entretiens très privés avec nos camarades.
Cet épisode de notre vie s'achève par notre transfert dans une école militaire. Ma famille n'a pas trouvé mieux pour se débarrasser de moi. Non, je suis salement injuste. Ma mère n'a pas les moyens de me garder à la maison. Dernier d'une lignée de 12 enfants, je n'ai pas connu mon père, militaire de carrière, qui s'est barré alors que je fêtais mes deux printemps et mon frère aîné ses 16 ans ! La seule solution pour la pauvre femme était de tous nous placer dans des internats ou en apprentissage pour les plus vieux. Nous avons été disséminés dans tous les recoins de France. Ainsi, moi je me suis retrouvé chez les bonnes sœurs, avec deux de mes frangines, jusqu'à l'âge de 5 ans. Ensuite j'ai atterri dans une famille de paysans. C'est là qu'un des fils de la maison, à peine âgé de 10 ans, lors d'une escapade dans les bois, a pris ma quéquette dans sa main, l'a décalottée, puis s'est emparé d'une herbe dont il a répandu le suc sur mon gland tout irrité. Sentencieux, il a déclaré :
— C