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Description

Gardien de but et capitaine des Spitfires de Spartanburg, Isaac Drake a terminé la saison dernière avec un passage inattendu aux play-offs. Il a trouvé une maison et une famille avec son coach et mentor, Misha Samarin, et il a hâte de faire une sérieuse tentative pour la Kelly cup. Mais les choses prennent une tournure intéressante lorsque son némésis, Laurent St. Savoy, est échangé chez les Spitfires. Après le comportement méprisable de ce dernier lors des play-offs l’année précédente, Isaac ne veut rien avoir à faire avec lui – aussi séduisant soit-il. Mais cela change lorsqu’il découvre la raison de l’attitude de Laurent.


Laurent St. Savoy est le fils unique d’un légendaire gardien de but de la LNH élevé au sein d’une maisonnée remplie d’abus. Il est constamment traité comme une déception, sur et en dehors de la glace. Lorsqu’une tentative désespérée d’échapper à la tyrannie de son père l’envoie chez les Spitfires, la dernière chose que Laurent souhaite est de se faire des amis. Mais il y a quelque chose à propos d’Isaac Drake auquel il ne peut pas résister. Laurent a la possibilité d’explorer sa sexualité pour la première fois, mais il craque sous la pression de la fin de la saison. Face aux play-offs et à une rivalité qui se transforme en vendetta personnelle, Isaac n’est pas certain d’être suffisant pour conserver Laurent – ou leur relation.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9782376764427
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
Cage vide
Copyright de l’édition française © 2019 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2016 Avon Gale
Publié chez Dreamspinner Press, 5032 Capital Circle SW, Ste 2, PMB# 279, Tallahassee, FL 32305-7886 USA
Titre original : Empty
Traduit de l’anglais par Trad Pitt
Correction & Relecture française par Valérie Dubar, Jade Baiser, Rafaël Rivière
 
Conception graphique : Aaron Anderson
Couverture française : © 2018 Angie Oz
Tout droit réservé. Aucune partie de cet ebook ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-442-7
Première édition française : janvier 2019
Première édition : septembre 2016
 
Édité en France métropolitaine
 
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Remerciements
Note de l’auteur
Lexique Hockey
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Épilogue
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
Avertissements
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
Cet ebook contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
Dédicace
 
À Beth Parker, pour être ma « Liz » et m’apprendre à aimer toutes les parties de moi-même et à écouter de plus belles voix. Le rétablissement est en effet un long chemin et le travail que tu effectues guidant les gens tout au long de leur chemin est tellement apprécié. Merci de m’aider à entendre à nouveau les histoires dans ma tête.
 


 
 
 
 
 
 
Remerciements
 
Merci beaucoup à tous les lecteurs qui ont apprécié cette série. J’apprécie votre soutien et vos encouragements plus que je peux l’exprimer.
Comme toujours, ma gratitude va à ma lectrice alpha, Morgan Suity, aux gens adorables de Dreamspinner (en particulier ma correctrice, Liz) et à Piper pour son soutien et ses encouragements.
 
Note de l’auteur
 
La structure du hockey professionnel de ligue mineure dans les États-Unis est un peu confuse et change constamment à mesure que les équipes se créent, se mettent en place et se déplacent. Je me suis dit que ce serait une bonne idée de fournir un résumé rapide, du moins en ce qui concerne la série Une chance de marquer et les personnages que vous rencontrerez en cours de route.
La Ligue Nationale de Hockey (LNH) compte trente équipes et chaque équipe a une équipe affiliée de la Ligue américaine de hockey (LAH). L’objectif principal de la LAH est de servir de ligue de développement pour la LNH, permettant aux joueurs prometteurs et aux acquisitions récentes/sélections préliminaires d’améliorer leurs compétences en hockey et leur condition physique. Les équipes peuvent également « appeler » des joueurs de leur LAH affilié le cas échéant, afin de remplacer les joueurs blessés ou donner une précieuse expérience de jeu aux recrues potentielles.
Les joueurs de l’équipe de la LNH peuvent également être envoyés à la LAH, si l’on considère que c’est une bonne idée pour le développement individuel du joueur.
L’ECHL, qui est la ligue dans laquelle se déroule la série Une chance de marquer , est une ligue « double mineure », ou une ligue directement au-dessous de la LAH. Il y a actuellement vingt-huit équipes dans l’ECHL, et la plupart sont affiliées à une équipe de la LAH – avec l’objectif final d’ajouter deux autres équipes afin d’avoir le même nombre que la LNH/LAH. Il y a eu des cas où une équipe ECHL s’est retrouvée affiliée avec deux équipes de la LNH.
Déroutant ? Tout ce que vous devez vraiment savoir, c’est que l’ECHL est une ligue d’alimentation pour la LAH, qui est elle-même une ligue d’alimentation pour la LNH. Dans la série Une chance de marquer , tous les affiliés NHL/LAH sont corrects au moment de la publication, mais il convient de noter que ceux-ci peuvent changer assez souvent entre les saisons. Toutes les équipes de l’ECHL, leurs sites et leurs affiliés dans la série Une chance de marquer sont fictives (à l’exception des cyclones de Cincinnati).
Comme pour la LAH, les joueurs peuvent être « appelés » et « renvoyés » si nécessaire.
Il est important de noter deux principales différences entre l’ECHL et les deux autres ligues. L’ECHL ne dépend pas d’un projet, de sorte que les coachs sont libres de choisir leur propre liste. N’importe qui peut essayer d’y obtenir une place. L’autre différence est l’argent. Et elle est énorme – les joueurs de l’ECHL se font généralement environ 12 000 $ par an (plus les dépenses de logement), comparativement à environ 40 000 $ par an pour un joueur moyen de la LAH. Bien sûr, le montant est beaucoup plus élevé pour un joueur de la LNH – mais pas tout à fait, disons, au niveau d’un joueur moyen de la NFL (Ligue Nationale du Football Américain).
 
Lexique Hockey
 
Conférence  : (en anglais Conference) la LNH regroupe aujourd’hui 30 équipes de hockey, qui se répartissent entre 2 Conférences de 15 équipes chacune, nommées « Conférence de l’Ouest » et « Conférence de l’Est ». Chacune des Conférences est composée de 3 Divisions, de 5 équipes chacune.
*ECHL  : (anciennement la Ligue de hockey de la Côte Est – East Coast Hockey League) est une ligue professionnelle de hockey sur glace dont le siège est à Princeton dans le New Jersey. Les équipes qui en font partie sont situées aux États-Unis et au Canada. La ligue a changé de nom le 19 mai 2003 au regard de sa large couverture. L’ECHL est généralement considérée comme la troisième ligue d’Amérique du Nord après la Ligue nationale de hockey et la Ligue américaine de hockey.
Goon  : Joueur qui se bat fréquemment pour protéger ses coéquipiers. C’est aussi un joueur rude mieux connu pour ses mises en échec que pour marquer des buts. En général, c’est lui qui possède le plus de minutes de pénalité de l’équipe.
LAH – Ligue Américaine de Hockey  : (en anglais AHL : American Hockey League).
LNH – Ligne Nationale de Hockey : (en anglais NHL : National Hockey League) association sportive professionnelle nord-américaine regroupant des franchises de hockey sur glace du Canada et des États-Unis.
Play-off : Séries éliminatoires. Compétition très attendue par les joueurs de la LNH, qui débute chaque année après la fin de saison régulière, soit aux alentours du mois d’avril.
Série  : Nombre de matchs joués par les deux mêmes équipes. Les équipes s’affrontent pour 7 matchs consécutifs.
SPHL – Southern Professional Hockey League  : ligue professionnelle de hockey sur glace de niveau bas composée d’équipes domiciliées dans le sud des États-Unis.
 
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Une chance de marquer 4

Avon Gale

 
Chapitre 1
 
 
 
 
Cela ne pouvait pas être vrai, il était en train de rêver.
Drake Isaac avait déjà eu ce sentiment de nombreuses fois dans sa vie : lorsque ses parents l’avaient mis dehors et qu’il s’était retrouvé à la rue, la première fois qu’il avait accosté un homme pour le sucer, la première fois qu’il avait vu son nom sur la liste des joueurs du Spartanburg Spitfires lors de son premier match, la première fois qu’il s’était retrouvé dans la cage pour un penalty et lorsqu’il était arrivé en phase finale l’année dernière. Et lorsqu’un homme lui avait craché dessus… ce même homme qui était assis dans le bureau du Coach Samarin et qui avait l’air aussi ravi qu’Isaac de le voir.
La dernière fois qu’Isaac avait vu Laurent St. Savoy, c’était à Asheville en Caroline du Nord. Isaac et ses coéquipiers avaient fait une virée improvisée pour se remonter le moral lorsque les Sea Storm de Jacksonville avait balayé les Ravens d’Asheville en finale et avait à nouveau remporté la Kelly Cup. Les Spitfires de Spartanburg avaient commencé la saison précédente comme la pire équipe de l’ECHL et ils avaient terminé dans les phases finales en s’inclinant face aux Ravens d’Asheville. Les Ravens avaient terminé la saison comme l’équipe la plus méprisée de toute la ligue. Et une des raisons de ce mépris était cet homme au visage renfrogné qui fusillait Isaac du regard à l’autre bout de la pièce.
— Drake, assieds-toi.
Le Coach Samarin, grand et sombre dans son costume ne l’appelait par son prénom que lorsqu’ils faisaient leur partie de hockey hebdomadaire tous les deux et lorsqu’ils étaient à la maison. Isaac vivait chez le Coach Samarin depuis qu’un ancien escroc avait déboulé dans l’appartement qu’Isaac partageait avec son coéquipier Matt Huxley et avait essayé de convaincre Isaac d’abandonner sa carrière de hockeyeur pour tourner du porno gay amateur. Cela avait été simplement ennuyeux au début, mais lorsque Jeff avait apporté des preuves filmées – sans le consentement d’Isaac bien sûr – et avait menacé de les poster sur Internet et de contacter la presse, les véritables ennuis avaient commencé. Isaac avait certes essayé de se sacrifier de façon stupide pour le bien de ses coéquipiers, mais il avait ensuite emménagé chez son coach et mentor, Misha Samarin.
Le Coach Samarin lui avait offert un toit afin qu’il puisse économiser la subvention logement que lui versait l’ECHL et qu’il n’ait pas à retourner sucer des hommes cet été pour avoir de l’argent. Cela avait rappelé à Isaac que le monde n’était pas uniquement rempli de gens qui voulaient vous baiser à la moindre occasion, et le coach était en fait la personne la plus importante qu’Isaac ait rencontrée de toute sa vie. C’était aussi un gay d’un mètre quatre-vingts et des poussières à la stature imposante qui vivait avec leur canon de coach-assistant. Isaac jouait dans l’équipe la plus gay de l’ECHL – ou du moins aimait-il à le penser – et il n’avait jamais caché sa sexualité.
C’était visiblement pour cela que le connard assis dans le bureau du Coach Samarin avait trouvé cela cool de le traiter de pédé et de lui cracher dessus, et tout cela après que cet enfoiré ait refusé de se battre avec Isaac alors que leurs équipes étaient en pleine bagarre générale durant le dernier match de la saison des Spitfires.
— Pourquoi est-il là ? demanda Isaac avant de s’asseoir promptement lorsque le Coach Samarin lui lança un regard noir et diabolique qui voulait dire Fais ce que je t’ai dit .
C’était le regard qu’il lançait tout le temps au Coach Ashford lorsqu’il remplissait le lave-vaisselle. Misha avait des idées bien arrêtées sur l’agencement de la vaisselle.
— C’est notre nouveau gardien, claironna Jack Belsey, le directeur général des Spitfires.
Isaac ne savait toujours pas quoi penser de Belsey. Lorsqu’il avait acheté l’équipe et qu’il s’était nommé directeur général, il avait également engagé de nouveaux coachs qui avaient amélioré l’équipe. Mais d’un autre côté, Belsey avait engagé le Coach Ashford à cause d’une blessure occasionnée par Misha Samarin lorsqu’ils jouaient tous les deux au hockey à haut niveau avec l’espoir de créer un feu d’artifice publicitaire.
Mais Belsey avait également payé une fête épique après leur participation aux phases finales, et même s’il avait dit à Isaac de ne pas le dire à Misha, Isaac le lui avait quand même répété. Il avait également payé le logement et le transport afin que son équipe puisse aller voir l’humiliation des Ravens sur leur propre patinoire par les Sea Storm de Jacksonville. Il se moquait également que ses coachs vivent ensemble ou qu’ils hébergent leur gardien gay dans la chambre à l’étage de leur maison. Belsey pensait sans doute qu’ils baisaient tous ensemble, et il n’était probablement pas le seul, mais cela ne semblait pas le déranger non plus.
— C’est l’ un de nos gardiens , siffla le Coach Samarin, la mâchoire tellement contractée qu’Isaac fut surpris que des mots puissent sortir de sa bouche.
Il lança un regard furieux à Belsey qui semblait être la seule personne immunisée contre le pouvoir du regard tranchant comme la lame du Coach.
— Oui, oui, dit Belsey d’un air renfrogné et en faisant un geste de la main vers le Coach Samarin comme s’il était un insecte particulièrement agaçant. Mais je pensais que vous aimeriez peut-être cette motivation, Drake. 
La motivation ? La motivation ?
— Pour quoi ? demanda Isaac. Blessures aggravées ? 
— Allons, Drake.
Le sourire de Belsey était mielleux et Isaac commença à revoir sa position sur ce dernier. Elle glissait lentement du « assez ennuyeux », mais parfois bien, vers « l’antipathie » chaque seconde qui passait.
— La compétition est stimulante pour l’âme, et être une meilleure équipe signifie prouver que vous êtes la bonne personne pour être titulaire. 
— Excusez-moi, Jack, l’interrompit sèchement Misha. Vous m’avez engagé pour entraîner cette équipe et j’ai largement prouvé que j’étais capable de faire gagner des matchs. C’est moi qui décide de qui sera titulaire ou pas cette saison, et ce sera Drake. 
Belsey leva les yeux au ciel.
— C’est du hockey, comme vous me le dites toujours, ce n’est pas personnel. 
— Je pensais que nous avions cessé de mener des campagnes de recrutements basées sur les conflits, dit brutalement Misha.
Belsey souriait-il autrement que mielleusement parfois ?
— Vraiment ? On dirait pourtant que cela a bien fonctionné pour vous et le Coach Ashford. 
Tandis que Misha essayait de contenir sa colère, Isaac se tourna vers Laurent et il fut une fois de plus frappé par la beauté saisissante de cet homme. Ce n’était pas juste, parce que le père de Laurent ressemblait à un vautour, et le fait qu’il soit lui-même si excitant tout en étant un connard absolu aurait dû être crime fédéral.
— D’ailleurs, comment se fait-il que tu aies été transféré ici ? On t’a rétrogradé dans l’équipe de ton père après que vous vous êtes fait botter les fesses par les Storm ? Il t’a envoyé ici pour apprendre à être un meilleur gardien ? 
St. Savoy croisa son regard et ne dit pas un mot. Ses yeux semblaient sombres, couleur chocolat chaud, ses cils étaient longs et épais. La nature était vraiment une garce.
Belsey se mit à rire.
— C’est exactement ce que j’attendais de vous, Drake. Vous êtes le capitaine de cette équipe, donc vous devez avoir plus de fougue que les autres. En avons-nous terminé, Coach Samarin ? D’ailleurs, où est votre petit ami ? Je pensais qu’il aurait voulu assister aux réunions, vu qu’il est coach-assistant. 
Avant que Misha puisse répondre, Laurent s’exprima pour la première fois.
— Combien de pédales y a-t-il dans cette équipe ? 
Contrairement au petit incident durant les phases finales, Isaac n’eut pas à attendre que St. Savoy tombe le masque avant de le frapper en plein visage. Il savait qu’il aurait des problèmes, mais, mon Dieu, que cela avait été bon.
 
 
Laurent détestait Isaac Drake. Il le détestait vraiment.
Il détestait ses stupides cheveux bleus, son sourire satisfait et la façon dont il se pavanait même s’il était trop petit et trop mince pour être gardien. Il détestait le stupide piercing de sa lèvre et sa franche camaraderie avec ses coéquipiers. Lorsque Laurent avait vu Misha Samarin se déplacer d’un pas raide sur la glace lors du match des play-offs l’année précédente, il s’était attendu à ce qu’il lui en colle une. C’était ce que son père voulait et Laurent le savait très bien. On leur avait dit de gagner et cela voulait dire faire tout ce qu’ils pouvaient pour détourner l’attention des Spitfires du match, comme les insulter pour les mettre à cran jusqu’à ce qu’ils perdent leur sang-froid. Denis St. Savoy voulait également que Misha soit déshonoré pour une raison inconnue. Laurent avait appris à ne pas poser de questions.
Et faire sortir Samarin de ses gonds en s’attaquant à Drake avait fonctionné comme un charme. La sexualité de Drake n’était un secret pour personne, même si tout le monde s’en moquait un peu. Mais c’était une arme à utiliser et Laurent s’en était servi. Peu importe la sensation désagréable qu’il avait ressentie dans le ventre.
Cela avait été une des rares fois où son père avait été fier de lui, même si cela n’avait pas duré longtemps et s’était résumé à un hochement de tête et une tape sur l’épaule. Et l’approbation de son père était la preuve que ce qu’il avait fait n’était pas bien. Mais une partie de Laurent, celle qui se rattachait à des souvenirs d’enfance de jours passés sur la glace avec un homme capable de le prendre dans ses bras plutôt que de cogner, cette partie-là voulait cette fierté et cette validation qu’il semblait incapable d’obtenir. Cette tape sur l’épaule était le geste le plus tendre qu’il avait reçu de son père depuis des années.
Ses coéquipiers n’avaient que du dégoût pour lui, mais ils n’avaient jamais aimé Laurent non plus. Son père avait fait le nécessaire pour qu’il en soit ainsi. Mais au moins, le temps d’un bref instant insaisissable, Laurent avait été assez bon pour Denis St. Savoy. Et cet instant avait disparu dès que le buzzer avait retenti.
Laurent quitta la patinoire Bon Secours et partit à pied rejoindre l’hôtel où il logeait avant de trouver un endroit pour vivre. Il n’avait pas de voiture. Son père était extrêmement riche, mais il n’accorderait jamais ce type d’indépendance à Laurent. Alors, malgré la chaleur et le mal de tête lancinant causé par le coup de poing qu’il avait reçu en plein visage, il était malgré tout content de ne pas avoir à voir son père lorsqu’il rentrerait à l’hôtel.
Rien que pour cela, cela en valait la peine.
Il baissa la tête et évita de croiser le regard de qui que ce soit en prenant l’ascenseur pour regagner sa chambre. En s’observant dans le miroir de la salle de bain, il traça doucement le bleu autour de son œil et pensa à Drake.
Il se moquait que Drake soit gay, tout comme il se moquait que les autres soient hétéros. Il se moquait du fait que les coachs de sa nouvelle équipe sortent ensemble. Mais il ne pouvait pas s’en empêcher. L’aversion immédiate que Drake et le Coach Samarin avaient manifestée envers lui avait fait ressortir son comportement horrible et habituel lorsqu’il se sentait menacé.
À quoi t’attendais-tu, bon sang ? Ils n’allaient pas t’aimer. Personne ne t’aime.
Laurent ferma les yeux, respira et se dit qu’il n’avait plus rien dans le ventre à évacuer et qu’il n’avait pas besoin de se rendre malade. Il était simplement fatigué. Il devait faire quelque chose pour son œil au beurre noir à cause du crochet du droit de Drake et faire une sieste. Et il n’avait pas besoin de manger quoi que ce soit. Cette pensée le détendit un peu, même si son estomac grondait de faim.
Il but quelques verres d’eau et avala deux Excedrin en se disant que c’était contre la douleur, et non pas parce qu’il avait besoin de caféine pour arrêter la sensation de faim. Il détestait être à la merci de son corps. La plupart du temps, il avait simplement envie de ne pas exister.
Puis il s’allongea sur son lit, les mains derrière la tête. Il ferma les yeux et il essaya de compter ses respirations. Il essaya toutes les techniques, mais la caféine le maintenait éveillé. Il repensa alors à la réunion, encore et encore, et il se souvint des regards de haine que lui avaient lancés Isaac Drake et Misha Samarin, et de l’indifférence totale de la part du directeur général des Spitfires. Il pensait avoir enfin échappé à cette forme de mépris en étant transféré dans une autre équipe que celle de son père, mais tout ce qu’il avait réussi à faire, c’était de se retrouver dans un autre endroit où personne ne voulait de lui.
Il sortit de son lit et se dirigea vers la salle de bain. Là, il s’agenouilla au-dessus des toilettes, tel un pénitent, et se fit vomir jusqu’à ce que son estomac soit vide. C’était principalement de l’eau, et lorsqu’il eut terminé, il s’assit sur le sol et pressa son visage contre le carrelage froid.
Puis il se releva et alla se coucher.
 

 
Chapitre 2
 
 
 
 
— Je n’arrive pas à croire que tu l’aies cogné en plein visage.
Le Coach Ashford prit un siège pour s’asseoir à côté d’Isaac autour de l’îlot. C’était le lendemain de la réunion avec Belsey et Max revenait à peine d’une visite à Minneapolis chez son frère et sa belle-sœur enceinte jusqu’aux yeux.
— Je suppose qu’il vaut mieux tard que jamais, hein ? 
— Je veux que ce soit bien clair, Isaac, dit Misha. Tu ne le frapperas plus. 
— Surtout si je ne suis pas là pour le voir, marmonna Coach Ashford.
— Max.
Misha soupira et lança un regard d’avertissement au Coach Ashford.
— Ne l’encourage pas.
Il pointa sa fourchette vers Isaac.
— J’insiste, Isaac. Que tu l’aimes ou pas, c’est ton coéquipier. 
— Tu as entendu ce qu’il a dit. C’est lui qui a commencé. 
Isaac fronça les sourcils et dévora son assiette. Il n’avait aucune idée de ce que c’était, mais c’était la troisième fois qu’il se resservait. Il mangeait beaucoup mieux que lorsqu’il vivait avec Hux, c’était une évidence.
— Oui, j’ai entendu. J’étais là.
Misha soupira.
— Je ne sais pas à quoi pense Belsey. Je sais que nous avons besoin d’un remplaçant puisque Lathrop a pris sa retraite, mais il devait certainement y avoir quelqu’un d’autre. N’importe qui. 
— Vraiment ? Étant donné qu’il nous a engagés, nous, tu te demandes encore pourquoi Jack Belsey a trouvé la réponse la plus dramatique à laquelle il pouvait penser pour nous trouver un gardien ?
Coach Ashford ricana et prit une gorgée de son thé glacé, la seule contribution d’Isaac à leurs repas en plus de sa charmante compagnie.
— Belsey devrait être promoteur de boxe, dit Isaac. Ou le méchant dans un comics. 
Misha lui lança un regard appuyé.
— J’attends encore que tu me dises que tu ne le cogneras plus. 
Isaac fit une grimace et prit une bouchée.
— Je ne pense pas pouvoir te le promettre, Misha. Tu as entendu ce type. La première chose qui est sortie de sa bouche était une insulte homophobe. D’ailleurs, j’aurais dû le cogner plus fort. 
Coach Ashford émit un son étranglé qui ressemblait étrangement à un rire, et il se dépêcha d’enfourner sa fourchette dans sa bouche alors que Misha pointait son formidable regard furieux sur lui.
— Promets-moi, Isaac. 
Ce dernier soupira de façon aussi dramatique que possible, puis il lâcha finalement un : « Je promets » en faisant la tête, ce qui sembla apaiser son coach.
Probablement parce que, connaissant Isaac, il savait qu’il tiendrait parole. Aussi agréable qu’ait été le fait de cogner Laurent St. Savoy, cela ne valait pas la désapprobation de Misha. Et puis, il avait sans doute raison. Cogner ses propres coéquipiers n’était généralement pas bien vu.
Après le repas, Isaac fit la vaisselle comme d’habitude. Il aimait bien faire cela, même s’il ne l’avouerait jamais, car cela le faisait sentir comme s’il faisait partie de la maison. De la famille.
Auparavant, lorsqu’il vivait chez ses parents, il avait toujours eu la charge de vider le lave-vaisselle. Et parfois, alors qu’il rangeait les plats dans la cuisine parfaitement en ordre de Misha, il se rappelait la confortable maison de banlieue dans laquelle il avait grandi et le bruit de ses parents qui regardaient la télévision dans le salon tandis qu’il accomplissait ses corvées.
Ils avaient sans doute appris à le faire eux-mêmes maintenant. Isaac était leur seul enfant, à moins qu’ils en aient adopté un autre après qu’il soit parti. Un mieux. Un hétéro. Bon sang. Isaac en avait assez des gens qui faisaient toute une histoire parce qu’il était gay.
Après avoir terminé, il se rendit chez son meilleur ami. Matt Huxley, qui avait été son colocataire jusqu’à la saison dernière, vivait dans l’ancien appartement de Coach Ashford qu’il partageait avec un autre coéquipier et ami, Shawn Murphy. Isaac conduisait aussi la vieille Jeep de Coach Ashford qu’il envisageait d’acheter. Coach Ashford le laissait la conduire et Isaac payait l’assurance et l’essence, tout comme il l’aurait fait chez lui si on lui avait permis d’y vivre assez longtemps pour avoir sa propre voiture. Cela aurait sans doute dû l’ennuyer d’être principalement traité comme s’il avait dix-sept ans alors qu’il en avait vingt-cinq. Mais vu ce qu’il avait fait à dix-sept ans, il ne pouvait pas se plaindre.
— Alors, dit immédiatement Murph tandis qu’Isaac prenait une bière et se laissait tomber dans le canapé à côté de lui. Où allons-nous cacher le cadavre ? 
Isaac essaya de ne pas faire la grimace devant le choix de boisson de Hux – de la Natural Light. Beurk. C’était un autre avantage de vivre avec Coach Samarin. Isaac mangeait de la meilleure nourriture et buvait de meilleurs alcools.
— Je ne sais pas. Mais je ne peux plus le frapper. J’ai promis au Coach. 
— Je t’ai dit que ce n’était pas bon pour toi de vivre là-bas, dit Hux.
Il mesurait un mètre quatre-vingt-dix et était tout en muscles. Il s’était souvent battu pour Isaac sur la glace. Mais en dehors, c’était un ange qui aimait boire de la bière et lire des bandes dessinées. Les deux en même temps. Il avait une BD sur les genoux.
— Sombre connard, ce St. Savoy. Je n’arrive pas à croire que ce crétin soit un Spitfire. 
— De toute façon, c’est quoi ce nom ? demanda Murph.
Murph était un défenseur, et un bon, mais s’il avait déjà lu un livre qui ne parlait pas de hockey, Isaac n’en avait pas été témoin. Il ressemblait à un Irlandais autant que l’on pouvait s’y attendre de la part d’un homme qui s’appelait Shawn Murphy. Il était aussi grand et large que Hux, mais sans les tatouages. Il disait qu’il voulait garder son corps pur comme un temple, mais en fait, il avait simplement peur des aiguilles.
Parfois, Isaac se demandait si Shawn et Matt couchaient secrètement ensemble chaque fois qu’Isaac quittait leur appartement. Probablement pas. Aucun des deux n’avait de problème avec le fait qu’Isaac soit gay, et Shawn l’avait même embrassé une fois lors d’une soirée pour impressionner une fille, mais ils semblaient tous les deux aussi hétéros que lorsqu’ils étaient arrivés. Ce baiser avait été tout sauf impressionnant, du moins pour Isaac, mais la fille avait aimé cela et elle était désormais la petite amie régulière de Murph.
Être gay n’avait jamais posé de problèmes à Isaac, pas autant que cela semblait être le cas pour les gens qui l’entouraient. Ce qu’il préférait chez Hux et Murph, c’était de la façon dont ils avaient simplement adapté leurs conversations sur les filles en conversations sur les queues afin qu’il se sente impliqué dans les discussions. C’était charmant, même si c’était plutôt offensant pour les deux genres.
— Je crois qu’il est franco-canadien, dit Isaac. C’est pour ça que son nom est aussi franchouillard. 
— Qu’il aille se faire foutre, dit Hux d’un ton grincheux.
Il pointa sa bière vers Isaac.
— Pas au sens littéral, Drake. Compris ? 
— Isaac ne baiserait pas ce mec… commença Murphy.
Puis il s’arrêta et regarda Isaac de travers.
— Pourtant il est tout à fait ton genre, n’est-ce pas ? Parce qu’il est mignon. 
Isaac ne pouvait pas nier ce fait, mais il s’indignait rien qu’à l’idée de coucher avec St. Tête de Nœud.
— Euh, non merci. Tu te souviens comme cela m’a rendu dingue lorsqu’il m’a craché dessus ? 
— C’est vrai. Tu préfères quand ils avalent, dit Murph en lui faisant un clin d’œil.
— Qui n’aime pas ça ? dit Hux, et ils levèrent tous les trois leurs bouteilles de bière.
La plaisanterie était puérile. Mais, vu que les parents d’Isaac l’avaient mis dehors et jeté en pâture aux loups de la rue sans la moindre trace de remords lorsqu’il avait dix-sept ans, il ne pouvait pas s’empêcher d’être reconnaissant d’être tombé dans une équipe qui voulait qu’il se sente comme chez lui.
— Je me demande pourquoi cela l’énerve autant ? dit Isaac en attrapant la manette que Hux lui avait lancée.
Ils tiraient toujours à pile ou face pour les jeux vidéo. C’était soit Grand Theft Auto soit les jeux vidéo de la LNH, et c’était le premier qui était tombé.
— Au sujet du crachat ? 
Isaac se pencha et donna un coup sur la tête de Murph avec la commande.
— Non, abruti. Je veux dire, qu’est-ce que ça peut faire à St. Savoy que je sois gay ? D’ailleurs, pourquoi cela gêne-t-il autant tous les hétéros ? 
Murph et Hux échangèrent un regard.
— On ne sait pas, mec, et on s’en fout, dit Hux en haussant les épaules.
— Peut-être qu’il est gay et qu’il se déteste, intervint Murph. En fait, c’est plutôt classique, non ?
Isaac et Hux pointèrent leurs regards vers Murph.
— Vraiment ?
Hux posa la question en regardant son colocataire comme s’il ne l’avait jamais vu auparavant.
— Eh bien, lorsque j’ai découvert qu’Isaac était gay, j’ai regardé sur Internet comment, tu sais, être ami avec un mec gay, et… 
— Tu as fait quoi  ?
Isaac retomba contre les coussins, ne sachant pas s’il avait envie de rire ou de cogner Murph. Misha n’avait rien dit sur le fait de ne pas le cogner lui .
— Mon Dieu, tu es ami avec moi comme tu es ami avec Hux. 
— Je sais ça, mais…
Murph avait l’air embarrassé.
— Je voulais simplement m’assurer de ne pas te rendre dingue ou un truc comme ça. 
Isaac secoua la tête et rit tristement.
— Alors, attends, que disait le site ? Comment es-tu censé être ami avec moi, jeune hétéro ? 
— Il n’est pas aussi hétéro que ça s’il t’a embrassé, précisa Hux.
— Je l’ai fait simplement parce que ça branchait Erin et que je voulais qu’elle sorte avec moi.
Murph lança un regard comme pour s’excuser vers Isaac.
— Ne te vexe pas. 
Isaac souleva sa bière.
— Pas de souci. Tu n’étais pas très doué pour ça et tu n’es pas assez mignon pour moi de toute façon. 
— Peu importe. Je suis un étalon et tu le sais. Quoi qu’il en soit, j’ai lu un truc sur les gens qui se comportent comme des brutes face à l’homosexualité. C’est peut-être parce qu’ils sont gays aussi et qu’ils se détestent. 
— Je regrette de te le dire, mais beaucoup de mecs me traitent de pédé sur la glace, dit Isaac en levant les yeux au ciel. Les joueurs de hockey ne sont pas très originaux et ce n’est pas comme si c’était un secret. 
— Tu me diras qui, frangin, dit Hux en frappant la paume de sa main de son poing. Ce n’est pas facile de parler quand on n’a plus de dents. 
Isaac avait de la chance côté amitié.
— Oui. Mais ils ne te crachent pas dessus, dit Murph en fronçant les sourcils d’un air sombre. J’aurais aimé le frapper pour ça. Et fort. 
Hux fronça les sourcils.
— Moi aussi, Murph. Coach Ashford ne m’aurait pas laissé rester sur la glace. Bien sûr, nous pensions tous que Coach allait frapper ce connard lui-même. 
Les joueurs appelaient d’habitude Coach Ashford par son nom, mais pour Misha c’était simplement Coach .
— Je me demande ce que Pénis St. Tête de Nœud… 
Isaac avala sa bière de travers en entendant le surnom inventé par Hux pour Denis St. Savoy.
— … a dit au Coach. Tu le sais ? 
— Non, désolé. Nous ne parlons pas de nos secrets pendant nos soirées pyjamas gays. Hux, tu viens juste d’exploser la voiture que nous étions censés voler. Nous avons fait cette mission la semaine dernière, tu te souviens ? 
— Pourquoi la faisons-nous à nouveau alors ? 
— Parce que tu aimes les filles à moitié nues dans le jacuzzi à la fin ? proposa Murph aimablement.
Isaac se mit à rire et la conversation revint sur les explosifs, alors qu’ils se criaient dessus pour qu’ils arrêtent d’échouer et qu’ils arrivent à faire leur casse.
Ils ne parlèrent plus de St. Savoy, mais Isaac avait une étrange impression de malaise en rentrant chez lui. Laurent allait changer les choses et il détestait cela. Il n’arrivait pas à imaginer ce que le fait de l’avoir dans le vestiaire allait changer dans l’équipe.
La maison était calme lorsqu’il y entra, et il jeta un rapide coup d’œil dans la cuisine pour aller se chercher un verre d’eau. L’effet inverse s’était produit plus d’une fois alors qu’il pensait que ses coachs étaient endormis et qu’il s’était heurté à l’évidence sonore que ce n’était pas le cas. Une autre fois, Isaac avait découvert Misha buvant de l’eau dans la cuisine après avoir baisé avec Coach Ashford de toute évidence. Misha était transpirant et torse nu.
Misha était un homme attirant, même s’il était un peu trop vieux pour qu’Isaac le trouve sexy. Il n’était pas du tout son genre, mais il n’avait jamais imaginé que son coach avait des abdos aussi impressionnants et autant de tatouages. Isaac avait ouvertement regardé, car faible pour les hommes mignons ou pas, ces tatouages étaient excitants.
Mais Isaac était tranquille, parce que c’était calme et qu’aucun bruit de sexe ou d’un Russe à demi nu n’avait interrompu sa quête pour un verre d’eau et quelque chose à grignoter. Il savait où Coach Ashford gardait les Twinkies.
S’il n’y avait pas eu l’épisode où Isaac avait découvert son nouveau remplaçant qu’il détestait, il aurait eu une semaine assez géniale.
Au moins avait-il deux semaines avant que les entraînements commencent. Deux semaines à jouer aux jeux vidéo avec Hux et Murph, à vider le lave-vaisselle, à manger des Twinkies et à faire semblant que Laurent St. Savoy n’était qu’un mauvais souvenir.
 

 
Chapitre 3
 
 
 
 
Le premier jour d’entraînement, un silence hostile se forma dans la pièce au moment où Laurent entra. Il pouvait sentir les regards glacials de ses nouveaux coéquipiers alors qu’il se dirigeait vers son vestiaire.
Quelqu’un avait écrit St. Tête de Nœud sur la plaque de son nom. Sympa.
Bizuter les nouveaux était fréquent dans tous les vestiaires, mais Laurent savait que c’était plus que cela. C’était une déclaration qui disait on te déteste et on a aimé te voir perdre la finale . En plus de sa nouvelle plaque, on avait affiché une photo de lui lors de la fin du match à Asheville lorsque les Ravens avaient été éliminés par les Storm. Les mots, crache là-dessus étaient inscrits en rouge sur son visage.
La première fois sur la glace avec sa nouvelle équipe se déroula aussi bien qu’il l’avait prévu. Lors des exercices des gardiens, il avait été la cible de nombreuses douches de glace, et lorsque les coachs ne regardaient pas, quelques-uns de ses coéquipiers faisaient mine de lui cracher dessus. Laurent était doué pour ne pas réagir et il se contenta de garder la bouche fermée en essayant de faire son travail.
Matt Huxley, le goon de l’équipe, lança un tir qui manqua frapper Laurent en plein visage et il reçut un coup de sifflet et une sévère réprimande de la part des coachs. Laurent le vit cogner dans le poing de Shawn Murphy alors qu’il pensait que personne ne le voyait. Ces deux-là étaient les meilleurs amis de Drake, et Laurent supposa qu’il ne pouvait pas leur en vouloir d’avoir envie de lui faire payer l’incident de la saison dernière.
Il avait pensé à s’en excuser, mais il ne l’avait pas fait. De toute façon, personne ne voulait entendre ses excuses.
Personne ne lui adressa la parole une fois l’entraînement terminé. Laurent entendait Drake parler et rire comme si Laurent n’était pas là. Cela le rendit furieux, mais sans vraiment savoir pourquoi. Il n’avait pas envie d’être apprécié par qui que ce soit. Et au moins, à la fin de l’entraînement, il pouvait rentrer à son appartement. C’était ce qu’il y avait de bien en vivant à Spartanburg, et cela valait la peine de supporter l’intensité de l’antipathie de ses nouveaux coéquipiers.
L’appartement de Laurent était un des deux loués au dernier étage d’une maison de style Victorien partiellement rénovée. La propriétaire, Madame Bowen, vivait au rez-de-chaussée. Elle était vieille, elle avait du mal à entendre et elle n’arrivait pas à prononcer le nom de Laurent, mais elle lui avait donné une plaque de cuisson et l’avait laissé emménager une semaine avant qu’il touche son aide au logement, ce qui était certainement la chose la plus gentille qu’on ait faite pour lui, si ce n’était la seule.
L’appartement était un studio meublé avec un grand lit aux dimensions surprenantes, une baie vitrée qui laissait rentrer trop de lumière le matin et un parquet qui craquait. Il y avait un radiateur pour le chauffage et un climatiseur sur la fenêtre, une salle de bain avec un lavabo qui gouttait et une baignoire sur pieds très correcte avec une douche. C’était visiblement une grande chambre avec sa propre sa salle de bain avant d’être reconvertie en appartement.
La kitchenette n’était vraiment pas à sa place, mais elle possédait un réfrigérateur, un four micro-ondes et, à présent, une plaque de cuisson. Madame Bowen lui avait proposé d’utiliser son four, mais Laurent doutait que ce soit bien nécessaire un jour.
Ce n’était pas sa chambre chez lui avec son lit king-size et sa moquette épaisse et soyeuse, mais il était chez lui . Et, cerise sur le gâteau, son père n’était pas tapi en bas de l’escalier tel un Léviathan, marinant dans sa colère et son mécontentement habituels, jusqu’à ce qu’il trouve en son fils le bon exutoire pour passer ses nerfs, quelle que soit la cause de son énervement. Laurent n’avait jamais compris d’où provenait la colère apparemment sans fin de son père. Denis St. Savoy était un gardien connu qui avait réussi avec succès sa longue et célèbre carrière. Ce qui le contrariait autant était un mystère pour Laurent.
Une fois ses vêtements rangés sur les cintres matelassés et pourpres au parfum de lavande que Madame Bowen avait accrochés avec prévenance dans la penderie, il prit une douche, se changea et partit explorer le quartier.
C’est là qu’il trouva le Charlie’s Comic Shop .
Laurent aimait les bandes dessinées et il aimait dessiner. Et, caché sous une pile de sweat-shirts qu’il espérait ne jamais avoir à porter, se trouvait son carnet à dessins avec quelques-unes de ses illustrations. Son père était entré dans une rage terrible lorsqu’il avait découvert qu’il dessinait quand il était enfant, et Laurent avait caché ses carnets de dessins depuis. Ils étaient enfouis dans un tiroir en bas de la vieille armoire bancale, même dans son propre appartement.
Il avait passé à peu près une heure dans le magasin de BD et il lui tardait de lire une partie de ses achats en rentrant chez lui. Mais au lieu de cela, il se retrouva assis à la petite table de la cuisine avec son carnet à dessins, des crayons fraîchement aiguisés et sa gomme pétrie. Et durant quelques heures, il se perdit dans le bruit léger de son crayon grattant le papier et dans les lignes qui prenaient forme sur la page.
C’étaient des croquis de ses coéquipiers. Il y avait les défenseurs, Matt Huxley et Shawn Murphy, flanqués de chaque côté de Drake tels des gardes du corps, qui lançaient à Laurent des regards mauvais à tout moment. Il dessina Coach Samarin, grand et imposant, qui lui rappelait le roi Sorcier dans le film Le Seigneur des Anneaux , et Coach Ashford, tellement américain et meilleur ami de tout le monde, toujours souriant ou encourageant, ou un rectificatif s’il jugeait que c’était nécessaire, ou avec un sourire différent pour Coach Samarin lorsqu’il pensait que personne ne le regardait. Il dessina Isaac Drake avec son corps mince de danseur qui n’avait rien de celui d’un gardien. Il parlait d’une voix forte et avait l’habitude de faire des signes avec sa crosse de gardien et de crier pendant les entraînements. Laurent trouvait qu’il se comportait comme un connard avec ses propres coéquipiers, mais ils semblaient y être habitués et, encore plus surprenant, ils attendaient et respectaient cela. Laurent dessina ses stupides cheveux teints en bleu et sa Jeep pourrie, et l’expression sur son visage lorsqu’il lui avait craché dessus.
Et enfin, il se dessina lui-même, tout seul dans un avion Spitfire s’écrasant en mer.
Puis il leva les yeux au ciel pour lui-même, referma vivement son carnet et le replongea dans le tiroir. Il était temps de lire sa BD préférée, qui parlait d’un policier dont le partenaire était un molosse, et de se concentrer sur les démons de quelqu’un d’autre pour changer.
 
 
Les Spitfires commencèrent la saison de façon bien différente de l’année précédente, ou du moins c’était ce que Laurent crut comprendre. L’année dernière, ils avaient eu des problèmes d’attaque et n’avaient pas marqué un seul but lors des six premiers matchs. Ils avaient commencé la saison actuelle par une victoire en match d’ouverture devant un public d’une taille respectable, et Laurent avait regardé depuis le banc, sa casquette de Spitfire rabattue sur les yeux et silencieux comme une tombe. Personne ne lui avait parlé pendant le match, mais ce n’était pas inhabituel. Ils ne lui parlaient pas s’ils pouvaient l’éviter.
Et Laurent voulait rester seul. Il arrivait à gérer les silences de glace de ses coéquipiers et de ses coachs qui ne pouvaient pas ouvertement manifester leur antipathie, mais qui arrivaient malgré tout à la faire ressentir. Mais les Spitfires s’entendaient bien mieux que les Ravens, et une partie de lui espérait que les choses soient différentes et qu’il puisse être un des leurs. L’idée que cela aurait pu arriver, si seulement il n’avait pas fait ce truc lors de la demi-finale l’an dernier pour obtenir l’approbation d’un homme qui ne la lui donnerait jamais, le fit se détester encore plus que d’habitude. Il aurait dû se douter que son père ne l’aurait pas transféré dans une équipe dans laquelle il aurait vraiment aimé jouer au hockey.
— Fais ton temps dans une équipe de perdants, fils, et quand tu reviendras, tu apprécieras de jouer ici. 
Son père avait été clair sur le fait que son placement à Spartanburg n’était que temporaire. C’était une punition pour ce qu’il avait fait durant la demi-finale.
Pas parce qu’il avait craché sur Isaac Drake, mais pour l’autre chose, l’ultime tentative de Laurent pour échapper pour de bon à Denis St. Savoy. Bien sûr, cela s’était retourné contre lui, Denis ne le laisserait jamais partir.
Laurent débuta comme gardien un dimanche lors d’un match à domicile contre les Ice Dogs. Sa performance fut d’une grande qualité technique et sans passion, mais les Spitfires gagnèrent le match et obtinrent leurs deux points, et c’était tout ce qui importait. L’absence des traditionnels coups sur la tête du gardien après le match provoqua un murmure dans le public, mais le silence glacial qui s’installa lorsque son nom fut annoncé cet après-midi-là lui prouva que les supporters des Spitfires ne l’avaient pas oublié non plus.
Il n’avait jamais été le favori des supporters à Asheville non plus, donc ce n’était pas inhabituel.
La veille du départ de l’équipe pour leur première tournée de la saison, Laurent apprit qu’il allait partager sa chambre avec Drake. C’était normal étant donné que le dernier compagnon de chambre de Drake, Anthony Lathrop, l’ancien gardien remplaçant avait pris sa retraite la saison précédente. Ni Laurent ni Drake ne s’en réjouissaient, mais Coach Samarin leur avait fait un sermon à tous les deux sur le fait qu’ils étaient coéquipiers et que, si cela posait un problème à Laurent de partager sa chambre avec un mec gay, il pouvait dormir dans le bus.
Cela n’avait pas d’importance, car, comme Laurent l’apprit rapidement, Drake n’avait pas l’intention de rester dans une chambre avec lui.
Il s’approcha de Laurent tandis qu’ils chargeaient leurs équipements dans le bus.
— Écoute, St. Savoy. Je vais rester dans la chambre de Hux et Murph, et tu ne vas pas en dire un mot au Coach. Toi et moi savons très bien que partager la même chambre ne fera pas qu’on s’entende. 
Laurent haussa les épaules avec indifférence.
— Je me fous de ce que tu fais, Drake. 
Être abandonné faisait toujours mal, même si cela n’aurait pas dû. Laurent était assis tout seul dans le bus et, lorsqu’il fut certain que personne ne faisait attention à lui, il sortit son petit carnet à dessins et commença à dessiner. Au bout d’un certain temps durant le trajet, malgré l’antipathie entêtante de ses coéquipiers dans l’atmosphère généralement joyeuse du bus, Laurent réussit à se détendre vraiment. Le fait que son père ne soit pas là rendait l’expérience vraiment différente. Et s’il fermait les yeux et faisait semblant de dormir, il arrivait à imaginer qu’il était un membre de l’équipe à part entière.
Les choses se compliquèrent finalement quelques jours plus tard dans le vestiaire. Laurent attendait prudemment et avec impatience de retrouver le calme de sa chambre et ne faisait pas attention à ce qui l’entourait. Il attendait que ses coéquipiers sortent de la douche et partent faire ce qu’ils faisaient après les matchs, lorsque quelqu’un s’approcha de lui et ferma brutalement la porte de son armoire.
Huxley bien évidemment.
— Que veux-tu ? aboya Laurent.
— Nous nous demandions pourquoi tu ne prenais jamais ta douche avec le reste de l’équipe. Hein ? demanda Shawn Murphy sur son autre flanc tout en étant penché beaucoup trop près de lui.
Laurent détestait être envahi, il détestait vraiment cela, et il chercha rapidement quoi dire afin de les énerver suffisamment pour qu’ils lui cognent dessus ou le laissent tranquille.
Les bras de Laurent lui en tombèrent, car il avait espéré du fond du cœur que personne n’avait remarqué qu’il ne se douchait pas avec l’équipe. Ou que s’ils l’avaient noté, ils avaient peut-être mis cela sur le fait qu’il était un connard asocial.
— Ce n’est pas parce que vous êtes tous pédés que je dois l’être. 
Parfois, Laurent entendait les mots sortir de sa bouche et il se demandait qui il était.
— Bon sang, dit Huxley en secouant la tête. Je reconnais que tu es borné dans ta merde anti-gay. 
— Merci 1 , dit Laurent d’une voix traînante.
Il essaya de ne pas penser à Hux lisant une de ses bandes dessinées favorites, celle au sujet d’un démon détective, et il avait manqué de faire quelque chose de stupide, comme en parler.
— On a fini là ? 
— C’est… pourquoi es-tu aussi haineux ? demanda Murph en lui donnant un petit coup sur l’épaule.
Ils avaient dû découvrir que Laurent détestait être touché, car ces deux-là le faisaient régulièrement.
— Je ne le suis pas. C’est simplement que je ne veux pas me pencher et me retrouver avec une queue dans le cul, gronda Laurent, et une petite voix dans sa tête lui demanda ce qu’il était en train de faire et si cela valait la peine de devenir une personne capable de dire cela et d’avoir l’air de le penser.
C’était encore plus difficile d’ignorer la voix sans son père dans les pieds.
On aurait dit que Murphy était sur le point de dire quelque chose, mais Hux fit un brusque signe de tête vers la porte, et Murphy donna simplement un grand coup d’épaule à Laurent avant de partir.
Hux se pencha et dit :
— Tu sais quoi ? J’espère que lorsque nous jouerons contre ta putain d’ancienne équipe, Coach te mettra dans les buts. J’espère qu’ils te cracheront dessus puisqu’aucun de nous ne peut le faire.
Il poussa Laurent et rejoignit son ami.
Laurent ne comprit pas ce qu’ils insinuaient jusqu’à ce qu’il se rappelle le match qui devait avoir lieu la semaine suivante.
Les Spitfires jouaient contre les Ravens.
Oh mon Dieu. Impossible que Samarin le mette dans les buts, n’est-ce pas ?
Bien sûr qu’il va le faire. Tu es lamentable et tu fais tout pour les insulter, lui et son équipe. Si tu crois qu’il ne va pas saisir cette opportunité pour se venger, tu te trompes. C’est ainsi que ça fonctionne, idiot. N’as-tu rien appris en jouant au hockey aux côtés de ton père ?
Laurent entendit un bruit horrible et glacial, et il réalisa que c’était celui de sa propre respiration. Il regarda autour de lui, s’assura qu’il était seul et partit se doucher. Il avait besoin de chaleur et d’eau pour se calmer.
Il était sous la douche depuis quelques minutes et il commençait à peine à se détendre sous le jet lorsqu’il entendit une voix traînante.
— Eh bien, eh bien, regardez-moi ça. Monsieur J’ai Peur de Me Doucher Avec les Gays. 
Laurent sursauta et se mit immédiatement le dos au mur de la douche en regardant Hux et Murph avec des yeux terrifiés.
— Hé, nous ne sommes pas gays, dit Murph, les yeux plissés et un sourire vraiment mauvais sur le visage. Mais nous pensions peut-être te donner une raison d’avoir peur des hétéros sous la douche plutôt que des gays. Ça te va ? 
— Non. Ne… 
Laurent leva les mains et il pria le ciel pour pouvoir partir comme une flèche sans avoir à leur montrer son dos.
— Eh bien ? Ne t’inquiète pas, mec. Je ne vais pas te mettre ma queue sous le nez, mais pourquoi es-tu réellement si timide ?
Hux se mit à rire et tendit la main pour saisir son bras.
— Allez, Murph, voyons ce cul qu’il est tellement décidé à garder en sécurité. 
— S’il vous plaît. 
Les mots jaillirent de sa bouche avant qu’il puisse les retenir, mais ils n’eurent pour effet que des mains sur ses bras, des rires et…
— Qu’est-ce que vous faites, bon sang ?
Drake. Bien évidemment. Parce que sinon, ce ne serait pas assez humiliant.
Tu le mérites. Tu le mérites. Tu le mérites.
— Nous montrons simplement au nouveau pourquoi c’est idiot de dire des conneries. 
— Oui, Murph. Merci. Mais tu te vois en ce moment même ? 
Drake observa ses amis avec un regard qu’il aurait pu adresser à Laurent.
— Parce que je ne sais pas ce que vous pensez faire, mais vous n’allez pas le faire. 
— Tu sais ce qu’il a dit comme stupidité lorsque nous lui avons demandé pourquoi il ne prenait pas de douche avec le reste de l’équipe ?
— Non, Hux, mais je m’en doute, dit Drake, le ton de sa voix commençant à monter. Parce que je suis habitué à cette merde, et je vous ai dit un million de fois que je me fous de ce que pense ce connard d’imbécile du fait que je suis gay. 
— Mais ce n’est pas… ce n’est pas juste, Drake. 
— Non, pourtant, ce que vous faites ne l’est pas non plus. Alors vous pouvez arrêter. 
Drake poussa un soupir dégoûté.
— Et n’essayez jamais de me défendre en lui faisant ce que vous pensez qu’il me fait. 
Murph et Hux mirent quelques secondes à obéir, mais la colère bien palpable de Drake les frappa et ils relâchèrent Laurent.
— Désolé, Drake, marmonna Hux. Nous voulions simplement le faire taire. 
— Oui, dit Murph. Tu ne mérites pas ça de sa part. 
— Je sais que je ne le mérite pas. Mais c’est notre coéquipier et personne ne sera menacé ainsi dans mon vestiaire. 
Hux et Murph semblèrent vraiment désolés et Laurent se pressa à nouveau dans l’angle de la douche, content que son dos soit caché par la faïence et ne sachant toujours pas ce qu’il était supposé dire à Isaac Drake.
Ce dernier avait l’air aussi épuisé que lui.
— Je déteste ce que cette équipe est en train de devenir, dit-il à Laurent après que Hux et Murph furent partis. Et je ne sais pas quoi faire d’autre. On ne t’a jamais rien fait et tu passes ton temps à énerver tout le monde. Surtout moi et les coachs. Pourquoi ? 
Drake leva une main.
— Ne réponds pas ou je vais probablement rompre la promesse que j’ai faite au Coach et t’en coller une.
Drake fit un bruit de dégoût et lança un regard tout aussi dégoûté à Laurent.
— Mais, pour ton information, même si tu m’as craché au visage, sache que je ne laisserai personne t’intimider. C’est dans ce genre d’équipe que tu es tombé et tu ne vois même pas pourquoi tu devrais t’en réjouir. Mais il y a autre chose, comme nous avons cette gentille petite conversation. Tu n’auras jamais, jamais , à t’inquiéter, ma queue ne te touchera pas. Je ne baise pas avec les brutes, Laurent, et c’est tout ce que tu es. Une brute, tout comme ton père. Il doit être tellement fier de toi, plus que personne ne le sera jamais. 
Sur ce, Isaac tourna les talons et laissa Laurent seul sous le jet.
Laurent entendit la porte claquer et ce fut tout. Tout son sang-froid disparu, il se tourna, enfouit son visage dans son bras et se mit à sangloter.

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