Cet amour
354 pages
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Cet amour , livre ebook

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Description

S'enfuir à Amsterdam est la meilleure décision qu'Ella ait prise de toute sa vie. En seulement quelques mois, elle a pu mettre son passé derrière elle et elle a trouvé une nouvelle famille et de nouveaux amis. Elle peut presque ignorer les voix dans sa tête qui lui disent que ce scénario idyllique est temporaire.


Lorsque Lou Rivers arrive à Amsterdam, il est le rappel constant de la vie qu'elle a menée et des erreurs qu'elle a commises. Alors qu'ils se lancent dans un voyage émotionnel et musical à travers l'Europe, Ella devra faire face à ses propres insécurités et prendre une décision qui pourrait les séparer pour toujours.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 406
EAN13 9782376768128
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Cet amour
Copyright de l’édition française © 2020 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2015 Hilaria Alexander
Titre original : This Love
© 2015 Hilaria Alexander
Traduit de l’anglais par Claire O’Malley
Relecture et correction par Valérie Dubar, Lili Mantoline
 
Conception graphique : © Tanya pour More Than Words Graphic Design
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-812-8
Première édition française : juin 2020
Première édition : septembre 2015
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Remerciements
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Épilogue
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dédicace
 
 
Pour ceux qui se sentent coincés.
Puissiez-vous trouver la force et le courage de changer votre chemin.
 
 
 
 
 
Remerciements
 
 
Je tiens à remercier tous les lecteurs qui tentent un écrivain indépendant. Je pourrais continuer à faire cela simplement pour voir les histoires dans ma tête prendre vie, mais quand j’entends chacun de vous me dire combien vous avez apprécié un livre que j’ai écrit, cela me remplit de joie. Si je vous ai aidé à échapper à la réalité, ne serait-ce que pour un petit moment, j’ai l’impression d’avoir réussi.
À mes correcteurs Murphy Rae et KD Phillips, merci pour tout !
Merci à mon frère, Luciano Capasso, qui a offert ses compétences Photoshop afin de m’aider à réaliser la couverture que je voulais : je suis émerveillée par ton talent et j’espère que tu sais qu’à partir de maintenant, je continuerai à te harceler pour obtenir de l’aide !
À mon mari et mes enfants : dans les mots immortels de Bryan Adams, « Tout ce que je fais, je le fais pour vous ».
À mes parents : merci pour tout. Vous me manquez et j’ai hâte de vous prendre à nouveau dans mes bras. Merci à tous mes amis et à ma famille élargie qui m’encouragent depuis huit mois : vous êtes trop nombreux pour être listés, mais sachez que je vous aime.
Mandi, merci pour toutes les conversations nocturnes et le brainstorming. Merci d’avoir trouvé un beau nom de famille pour le héros de l’histoire ! Prépare-toi pour le troisième livre !
Lauren, ma critique la plus coriace, ma plus grande fan : merci pour toute ton aide !
Livia Nowlin et Faye Gemmellaro, mes chères amies Vixen: vous m’avez beaucoup aidée au cours des six derniers mois. Je suis impressionnée par votre grand cœur ! Je chéris votre amitié et j’ai hâte de vous rencontrer bientôt « dans la vraie vie ! » #VixenLove
Lucie Boisgard, merci. J’étais nerveuse à propos de cette histoire et je suis contente que tu aies adoré. Ta contribution et tes encouragements ont beaucoup compté pour moi.
Mes bêtas : Lucie Boisgard, Amanda Capasso, Emily Giovanni, Melanie Hays, Amanda Lee, Mandi Harder Little, Livia Nowlin, Michelle Ornat, Kelly Ritchie, Beverly Rodriguez Rousch, Mari Tee, Lauren Traynor. Merci à tous pour votre contribution et vos aimables paroles !
Fadette Van Staden, merci d’avoir corrigé mon néerlandais !
Anya Cope, merci pour ton soutien, cela signifie tellement pour moi ! J’ai hâte de te prendre dans tes bras !
Merci à SB Promotions et un merci spécial à Erin Spencer : Erin, j’aime tes messages étranges et aléatoires ! Je suis tellement heureuse d’avoir pu travailler avec toi !
ES Carter, Mae Wood, Fede Crasta, Roanne Germaine, merci d’avoir fait connaître mon premier roman, Prude : un écrivain n’est rien sans lecteurs.
Merci aux blogueurs qui travaillent sans relâche pour promouvoir le travail des auteurs indépendants, et un merci spécial à Kristin et Amber d’Abeautifulbookblog : votre soutien et votre aide ont été inestimables ! Je ne l’oublierai pas !
 
 
 
 
 
 
 
Votre vision ne deviendra claire que lorsque vous pourrez regarder dans votre propre cœur. Qui regarde dehors, rêve ; qui regarde à l’intérieur, se réveille.
— Carl Jung
 
 
 
Cet amour
 
 

 
Hilaria Alexander
 

 
Chapitre 1
 
 
 
 
Je me demandais bien pourquoi je continuais de m’infliger cela. J’avais un travail et suffisamment d’argent pour m’en sortir. Je n’avais vraiment pas besoin d’être là, mais je le faisais quand même. Cela tenait sûrement au fait que, malgré tout, j’avais toujours adoré me produire en public. Après avoir coupé les ponts avec mon passé, c’était la dernière chose qui me faisait encore me sentir bien. Cela me donnait le sentiment de rester fidèle à une partie de moi. Alors, rien que pour cela, j’étais prête à passer des heures dehors dans le froid en plein hiver.
J’aurais certainement mieux fait de ne pas sortir aujourd’hui cependant. Le temps à Amsterdam était généralement plus clément. Mais cette journée me faisait penser aux jours les plus glaciaux de l’hiver new-yorkais. J’étais assise sur les pierres gelées, à gratter ma guitare. Je portais des mitaines qui me permettaient de jouer, mais mes doigts étaient si froids que j’avais bien du mal à jouer correctement et, de temps à autre, je devais souffler sur mes mains pour les réchauffer.
C’était une journée plutôt calme, avec très peu de passants. La plupart des touristes devaient avoir trouvé refuge dans les cafés ou musées. Ce n’était pas une journée propice à une promenade. Tout semblait si gris, si morne. J’avais bien récolté quelques pièces, mais pas autant qu’à l’accoutumée. L’argent récolté m’aidait bien, mais comme je le disais, ce n’était pas ma motivation pour venir jouer ainsi. Ce n’était qu’un petit bonus.
Je n’avais pas eu pour habitude de chanter : c’était un nouveau moyen d’expression que j’avais découvert, pour me libérer de mes peurs, ou du moins c’était ce que j’aimais me dire. C’était ce que je ressentais à ce moment-là, en chantant une chanson qui était un parfait reflet de mon passé et qui parlait de regrets. Même si j’étais encore jeune, cela ne m’empêchait pas de regretter mon passé et d’avoir en permanence le sentiment que j’aurais dû faire les choses différemment. Parfois, j’avais l’impression que j’aurais dû tout faire autrement.
J’étais tellement captivée par ma chanson et concentrée pour jouer correctement avec mes doigts gelés que j’avais mis du temps à remarquer les chaussures du type qui se tenait devant moi depuis un moment. Ma grosse touffe de longs cheveux frisés couvrait aussi mon visage alors que je bougeais en rythme avec la musique, créant une sorte de voile qui limitait mon champ de vision.
Il resta pendant toute ma chanson. Je ne levai pas les yeux une seule fois.
Alors que je jouais la dernière note, il déposa un billet dans l’étui de ma guitare. J’écartai les cheveux de mon visage pour jeter un œil. Un billet. J’avais plutôt l’habitude des pièces. Quelques centimes, une pièce de 1 ou 2 euros. Je regardai dans l’étui. Il m’avait donné cinq euros.
Waouh, très généreux !
— Dank je wel , lui dis-je en levant les yeux et en souriant.
C’était un homme grand et mince. La légère repousse de barbe sur son visage lui donnait l’air d’avoir quelques années de plus que moi, mais j’avais du mal à lui donner un âge. Il portait un jean foncé et était emmitouflé dans un long manteau en laine. Ses yeux étaient vert foncé et ses cheveux qui lui arrivaient aux épaules encadraient un visage très intéressant. Même si cela m’agaçait, je devais bien admettre qu’il m’intriguait, mais je ne perdais pas de vue que je ne devais pas monter le moindre signe d’intérêt. Après quelques expériences malheureuses, j’avais appris que je ne devais jamais me montrer trop avenante. Même avec les personnes qui me donnaient de l’argent. Cet inconnu restait cloué sur place, sans bouger.
Eh bien, il y avait des chances pour que la situation devienne gênante. Je ne connaissais que très peu de mots en néerlandais.
Je sais, j’aurais dû faire l’effort d’apprendre, mais tout le monde s’efforçait de parler en anglais avec moi, la plupart du temps. Je n’avais que quelques connaissances de base. Est-ce que je devais lui demander ce qu’il voulait ? Peut-être voulait-il simplement entendre une autre chanson ?
J’étais sur le point de lui demander si tout allait bien, mais il fut plus rapide que moi.
— Quels sont vos regrets ? demanda-t-il en plissant les yeux.
Je perçus un léger accent du sud des États-Unis dans sa voix. Il n’était donc pas néerlandais, mais américain.
Génial, un fichu touriste curieux.
En un battement de cil, je passai de la gratitude à la colère.
— Tout d’abord, ce n’était qu’une chanson, dis-je d’un ton mordant. Et puis je ne réponds pas à ce genre de questions, surtout lorsqu’elles sont posées par des inconnus. Vous pouvez reprendre votre argent.
Je pris le billet de cinq euros dans mon étui et le lui tendis. Je tendis mon bras vers lui sans le regarder, mais il refusa de le prendre. Alors je tournai finalement les yeux vers lui et croisai son regard. Je lui fis signe de prendre le billet, mais il refusa. Ses yeux étaient rivés sur moi et il pinçait les lèvres. Je plongeai dans son regard à la recherche d’une trace de colère, mais sans la trouver. Il n’avait pas l’air en colère, mais blessé. Je regrettai immédiatement d’avoir été aussi impolie, mais sans savoir pourquoi. Peut-être parce qu’il était mignon ?
— Vous avez raison, dit-il en fronçant les sourcils. Ce ne sont pas mes oignons. Je suis désolé d’avoir posé la question. Au revoir.
Il enfonça ses mains dans ses poches, fit demi-tour et s’éloigna.
Maintenant, je me sentais coupable .
J’ignorais pourquoi. Je ne comprenais pas ce pincement au cœur si soudain.
Mais qu’est-ce qu’il m’arrivait ? Je n’étais pas spécialement sympathique, en tout cas pas avec les personnes que je ne connaissais pas. Je n’avais jamais eu beaucoup d’amis pendant mon enfance à New York et ici, à Amsterdam, j’avais compris assez rapidement que je ne pouvais pas me permettre d’être naïve. Je devais faire attention à moi. Le bel inconnu s’éloignait dans la rue et je débattis rapidement en mon for intérieur, mais, au final, ce fut mon côté naïf qui l’emporta. Je pris ma monnaie et replaçai ma guitare dans son étui. Avant même de m’en rendre compte, je lui courais après.
Puis je me souvins que je devais aller chercher Lieke.
Mes excuses allaient devoir attendre. Il était possible que je ne le voie plus jamais, que je ne puisse jamais m’excuser. À plus tard si nous nous revoyons un jour, bel étranger. Je suis désolée, me dis-je intérieurement.
 
 
— Qu’est-ce que tu viens faire ici ?
— Il s’est passé quelque chose d’inhabituel.
— Tu veux bien m’en dire plus. Tu sais que je n’ai pas beaucoup de temps.
— J’ai rencontré un type, lui dis-je en me remémorant cette rencontre étrange quelques heures plus tôt.
— Jusque-là rien d’inhabituel. Tu n’as pas l’habitude de rencontrer de nouvelles personnes chaque jour avec ton travail ?
Je secouai la tête tout en fixant le plafond.
En tournant les yeux vers elle, je vis qu’elle ne me regardait même pas, alors j’ajoutai :
— Généralement, je ne rencontre pas des gens de mon âge, dis-je en soupirant.
— Quel âge ?
— Je ne suis pas sûre. Il avait l’air plus âgé que moi.
— Est-ce que tu lui as parlé ? Est-ce qu’il y a autre chose que je devrais savoir ?
— Oui.
— Et ? Écoute, je vais devoir te facturer mon tarif horaire si tu ne craches pas le morceau. Je te l’ai déjà dit, je ne suis pas une psy, Ella. J’ai du travail.
— Mais tu es la seule personne à qui je puisse parler ! Et ton canapé est très confortable !
— Alors, raconte ! insista-t-elle.
— J’ai l’impression de l’avoir déjà vu avant. Je n’arrive pas à m’enlever de la tête que je le connais. Ce qui est ridicule. D’où pourrais-je bien le connaître ? De New York ?
— Je t’en prie, dis-moi que tu as rencontré un acteur. Cela fait un moment que je vis ici, mais je n’ai jamais croisé la moindre célébrité.
— C’est bien ce que je dis… Comment veux-tu croiser une célébrité ici ? Nous ne sommes pas à Los Angeles.
— Oui, mais je suis sûre que des célébrités viennent ici tout le temps. Simplement, elles ne se font pas attraper par les paparazzi. Alors, est-ce que c’est tout ?
— Il m’a posé une question sur la chanson que je chantais et j’ai été une parfaite garce avec lui.
Ally éclata de rire bruyamment. Elle fut prise d’un tel fou rire qu’elle dut se tenir le ventre. Je levai les yeux au ciel.
— C’est excellent ! Je m’imagine parfaitement la scène ! Ce type a dû te voir, une sirène musicienne sortie tout droit d’un tableau de la Renaissance, et se dire qu’il venait de tomber sur une gentille et douce fille. Il ne savait pas que tu avais la langue acérée. Le pauvre, il ne l’a pas vu venir !
— Ah, mais merci ! C’est donc ce que tu penses de moi ? Je ne suis pas si terrible ! Mais oui, je ne me retiens plus maintenant. Cela se serait passé très différemment pour lui s’il avait rencontré la Ella d’avant .
En effet, cela se serait passé différemment s’il avait rencontré la fille que j’étais avant. Celle qui disait toujours oui. Celle qui faisait ce que l’on attendait d’elle.
— Je pensais que nous allions sortir dîner. C’est pour cela que je suis ici, dis-je en m’asseyant.
— Mince, j’avais complètement oublié. Nous pouvons y aller, mais il faudra que je revienne au bureau après. J’ai un dossier à terminer. Allons-y, Miss caustique.
J’aurais certainement pété un câble si n’importe qui d’autre qu’elle m’avait parlé ainsi, mais Ally avait été ma sauveuse et ma protectrice depuis que j’avais débarqué à Amsterdam. Alors elle avait gagné le droit de dire ce qu’elle voulait.
 
 
Le lendemain, nous marchions pour rentrer à la maison avec Lieke. J’essayai de lui demander dans mon mauvais néerlandais si elle avait passé une bonne journée à l’école et elle me répondit en anglais :
— Oui.
Elle me prit la main et la serra. Je la serrai en retour en la regardant en souriant. Avec ses joues roses, ses yeux bleus et ses cheveux blonds bouclés, c’était véritablement la plus belle enfant que j’aie jamais vue.
La mère de Lieke l’appelait son petit miracle. Après quinze années à espérer, prier et croire, après des années à voir des médecins secouer la tête et en leur disant que cela n’arriverait jamais, Helga était tombée enceinte, à quarante ans. Elle avait eu peur de perdre le bébé et de ne jamais passer le cap du premier trimestre, comme cela lui était arrivé à plusieurs reprises. Mais les neufs mois pendant lesquels elle avait porté Lieke avaient été merveilleux avait-elle dit. Et lorsque Lieke était née, elle ressemblait à un ange.
Cette petite fille miracle était tout simplement engelachtig , m’avait-elle dit. Engelachtig voulait dire angélique, et Lieke était le petit surnom pour le prénom Angélique. Helga n’aurait pu mieux choisir. Encore aujourd’hui, cette enfant était la parfaite illustration de l’angélisme : la couleur de sa peau, de ses yeux et ses cheveux lui donnait un air d’enfant sortie d’un tableau de la Renaissance. Elle était l’être humain le plus éthéré que j’avais jamais connu. Et puis c’était une gamine géniale : intelligente et drôle, et étonnamment bien élevée pour ses cinq ans. Elle aimait m’écouter lui lire des histoires le soir, même si elle ne devait pas comprendre plus de dix pour cent de ce que je lui disais.
Elle avait tellement appris au cours des quelques mois que nous avions passés ensemble, et même si nous n’avions pas de conversations de haut vol, notre relation était basée sur les câlins, les sourires, les bisous et les batailles de chatouilles. Et puis nous nous ressemblions aussi. Même si mes cheveux étaient châtains, j’avais moi aussi une énorme touffe de cheveux frisés, mais légèrement plus longs que les siens. Nous avions toutes les deux la peau très claire et si mes yeux étaient verts et les siens bleus, nous aurions certainement pu passer pour des membres de la même famille, voire des sœurs. Les parents de Lieke, Helga et Johan, avaient essayé de lui donner un petit frère ou une petite sœur, mais il n’y avait pas eu de second miracle pour eux.
Nous marchions dans la rue en balançant nos mains jointes de haut en bas. Je ne regardais même pas devant moi, j’étais bien trop concentrée sur la magnifique enfant qui chantait dans une langue que je ne comprenais pas, lorsque quelque chose attira mon regard.
C’était le bel inconnu avec qui j’avais été si désagréable la veille. Quelle drôle de coïncidence ! Je m’immobilisai un instant et m’arrêtai de marcher, et Lieke tira sur mon bras. Elle s’arrêta elle aussi et se mit à me tirer, mais j’avais les yeux rivés sur lui. Nos regards se croisèrent et je sentis qu’il me reconnaissait. Il observa Lieke un moment, puis il passa à côté de moi en hochant la tête et en affichant un sourire crispé. Que fais-tu Ella ? Tu étais à deux doigts de courir derrière lui hier et aujourd’hui tu n’es pas capable de lui dire bonjour ou de l’arrêter pour lui dire ce qui te tenait tant à cœur il y a seulement vingt-quatre heures ?
Je me retournai, me demandant encore s’il était trop tard pour lui dire quelque chose, mais Lieke se mit à me tirer la main et me dit :
— Allez ! On rentre à la maison !
Je le regardai s’éloigner. S’il se retourne, je le suivrai et je lui dirai ce que je voulais lui dire, pensai-je. Mais il poursuivit son chemin et j’eus le sentiment de l’avoir laissé s’échapper une deuxième fois, en plus de cette impression étrange de l’avoir déjà vu quelque part.
 
 
Je le revis encore une fois, pour le troisième jour consécutif. Bon, c’était vraiment bizarre. Combien de fois avais-je vu le même touriste plus d’une fois ? Jamais, j’en étais sûre. Les gens allaient et venaient, en particulier ici. Pourquoi étais-je si attirée par cet inconnu en plus ? Cela ne me ressemblait vraiment pas. J’étais généralement plutôt indifférente aux autres. Mais je le vis marcher dans la rue alors que je jouais de la guitare exactement au même endroit que deux jours plus tôt. Je me levai pour essayer d’attirer son attention. J’espérais qu’il regarderait vers moi et que j’aurais la chance de lui dire quelque chose. Il jeta un rapide coup d’œil dans ma direction, avant de détourner le regard et de garder les yeux rivés droit devant lui. Il se mit à marcher plus vite, se dépêchant de me dépasser.
Je me mis à jouer et chanter la première chanson qui me vint à l’esprit. J’avais bien l’impression qu’il n’allait pas me laisser l’occasion de lui parler, alors chanter pour lui était ma meilleure option. J’allais m’excuser auprès de lui d’une manière ou d’une autre, même si cela devait se faire en chanson. Sur le moment, la seule chanson qui me vint en tête fut So Sorry de Feist. C’était un excellent choix, les paroles étaient parfaitement adaptées. Comme dans la chanson, je me rendais aussi compte trop tard que je faisais tout de travers. Comme d’habitude. Il me dépassa en me décochant un regard furtif alors que je chantais. Je n’allais pas m’arrêter. Je me fichais qu’il parte ou pas. Mais je voulais qu’il s’arrête et qu’il m’écoute. S’il te plaît, écoute-moi !
Il continua de marcher et la déception m’envahit. Je pensais qu’il allait au moins s’arrêter et me saluer. J’étais en pétard et d’une manière plus générale, en colère que cela m’affecte. Je ne le connaissais pas du tout. Il pourrait très bien être un tueur en série et j’étais en train de lui jouer la sérénade.
J’avais presque terminé le troisième couplet lorsqu’il s’arrêta enfin et se retourna pour revenir vers moi. La joie que je ressentis à cet instant était incroyable. Je ne pus cacher mon sourire alors que j’entamais le quatrième couplet. Il revint se placer devant moi et je le vis sourire. Je pouvais mieux voir ses traits cette fois et mon dieu qu’il était beau !
Il n’était pas beau comme ces hommes qu’on voit dans les magazines ou que l’on peut croiser dans la rue parfois. Il avait une beauté qui lui était propre, avec un nez aquilin et une forte mâchoire. Ses cheveux étaient bruns, brillants. Cela me rendait folle de jalouser les cheveux d’un homme. Mais ses yeux étaient ce qui ressortait le plus. Je dus me souvenir de me concentrer sur les cordes de ma guitare et d’arrêter de me laisser distraire par son regard. Ses yeux étaient d’un vert foncé, avec une telle intensité qu’il aurait été très facile de s’y perdre. J’avais la sensation qu’il voyait au fond de moi. C’était un bel homme, mais à l’air normal, mais pourtant sa beauté me coupait le souffle. C’est seulement parce que tu es en train de chanter, tu n’utilises pas ton diaphragme et tu t’essouffles , me rappelai-je. Maintenant que je l’observais de plus près, j’avais encore plus cette sensation de le connaître de quelque part. Je n’aimais pas vraiment le fait que cela m’intrigue encore plus.
Ne rougis pas , m’intimai-je, ne te trahis pas . Mais je me sentis prise d’une sueur froide alors que je le regardais. Il avait le regard rivé sur moi et je sus que c’était sans espoir. J’étais déjà en train de rougir et je le vis esquisser un petit sourire. Je me rendis compte que je ferais mieux de ne pas chanter le dernier couplet, cela pourrait lui donner une fausse idée. Il pourrait penser que j’avais envie de coucher avec lui. Mon problème était que je n’aurais rien eu contre le fait de coucher avec lui ou autre. Un serial killer, Ella. Il pourrait très bien être un serial killer .
Ce fut lorsque son sourire s’élargit et atteignit ses yeux que je sus que j’étais fichue. Boum. Bon courage pour faire semblant de ne pas craquer sur lui comme une folle Ella .
Lorsque je m’arrêtai de jouer, il se mit à applaudir et me sourit d’un air amusé. Je me mordis la lèvre.
— Vous êtes douée, dit-il.
Je lui souris timidement en essayant de mettre de l’ordre dans mes pensées.
— Je suis vraiment désolée pour l’autre jour. Je n’aurais pas dû m’en prendre à vous ainsi.
— Ce n’est rien, dit-il en haussant les épaules, toujours souriant.
Alors que j’y regardai de plus près, je me rendis compte qu’il avait des fossettes ! Bon sang, ce n’est pas possible ! Comment ne pas craquer ?
— Comment vous appelez-vous ? me demanda-t-il.
— Ella, lui répondis-je en lui tendant la main.
Il la serra dans sa main puissante et je me sentis encore plus attirée par lui.
— Lou. Louis Armstrong, répondit-il.
Quoi ?
— Vraiment ? demandai-je un peu sous le choc.
— Non, je plaisante. Quel est votre nom ?
— Je m’appelle Ella Fitzpatrick, mais parfois j’aime bien mentir et dire que je m’appelle Ella Fitzgerald. Je trouve cela plus cool, pas vous. Et puis… j’aime bien embêter les gens, plaisantai-je.
— Vraiment, hein ?
Je hochai la tête.
— J’ai l’impression que vous aussi, dis-je en lui souriant et en replaçant une mèche de cheveux derrière mon oreille.
Tu en fais trop, me dis-je.
Bon, cela m’agaçait vraiment, il fallait que je le lui demande.
— Est-ce que je vous connais de quelque part, Lou ?
Il éclata de rire.
— Vous essayez vraiment cette vieille technique de drague avec moi ?
— Quoi ? Non !
Oh mon dieu ! Je cachai mon visage dans mes mains.
— Oubliez, c’était une question idiote. J’avais vraiment l’impression de vous avoir déjà vu avant.
Il éclata de rire encore une fois. Il avait un rire magnifique. J’étais si ridicule. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait.
— Je vais vous dire quelque chose. Vous vous êtes excusée d’avoir été désagréable l’autre jour, mais je crois que vous devriez prendre un café avec moi. Pour vous rattraper. Je suis sûr que vous connaissez beaucoup de bons endroits par ici.
Je le regardai dans les yeux en souriant.
— Tout à fait.
 

 
Chapitre 2
 
 
 
 
Visiblement, j’allais prendre un café avec un inconnu et lui raconter ma vie. En quelque sorte.
— Alors depuis combien de temps êtes-vous ici ?
— Environ six mois.
— Et d’où venez-vous ?
— Je n’avais pas compris que ce serait un interrogatoire… J’ai l’impression d’être au poste de police, le taquinai-je.
— Eh bien, est-ce que vous voulez me poser des questions à la place ?
— Oh oui Lou. Je crois bien que oui.
J’avais délibérément adopté un ton de défi. Je marquai une pause avant de lui demander :
— Que faites-vous dans la vie ?
— Je travaille dans l’industrie musicale, répondit-il avec un petit sourire.
Qu’y avait-il de si drôle ?
— Vous êtes musicien ?
Il fronça les sourcils et eut l’air d’hésiter.
— En quelque sorte. Je travaille sur le terrain. Je suis plus un… technicien, dit-il avec un sourire à couper le souffle.
— D’où venez-vous ?
— Nashville, dans le Tennessee.
— Intéressant. Je suis de New York.
— Eh bien ! Pas mal du tout Mlle Fitzpatrick.
— Oui, répondis-je laconiquement en prenant une gorgée de mon café et en détournant le regard.
— Alors, que faites-vous ici ? Vous travaillez ? demanda-t-il.
— Oui et non… Je crois que j’avais juste besoin de changer d’air, marmonnai-je en essayant d’éviter son regard.
Les questions gênantes n’allaient pas tarder, j’en étais sûre. Celles auxquelles je n’avais pas encore envie de répondre. J’essayais systématiquement d’esquiver les questions sur mon passé.
— Mon frère vit à Brooklyn.
— Vraiment ? J’habite à Brooklyn moi aussi – enfin j’y vivais. Que fait-il ?
— Boyd est le propriétaire d’une salle de sport… de CrossFit.
— Boyd ? Comme dans Jackson Boyd ? Comme dans Boyd-Building  ?
— Vous le connaissez ? demanda-t-il en souriant, l’air surpris.
— Jackson Boyd est votre frère  ? demandai-je, étonnée. J’ai entendu parler de lui. Tout le monde le connaît.
— Vous allez dans sa salle ?
— Moi ? J’ai fait un cours, une fois , mais le CrossFit ce n’est pas vraiment mon truc.
La publicité pour Boyd-Building était affichée partout dans Brooklyn. Je savais que Lou avait parlé d’une salle , au singulier, mais j’étais presque sûre que Jackson Boyd ne dirigeait pas une, mais trois salles à ce moment-là. Le CrossFit était tellement à la mode parmi les hipsters de Brooklyn et cet homme savait y faire. Tout Brooklyn, le Queens et Manhattan… En fait carrément l’ensemble des cinq arrondissements le connaissait. Le monde entier le connaissait. Déjà, il faisait partie de ces types canon d’Instagram. Je pensais même que c’était comme cela qu’il s’était fait connaître au début. Pour la plupart de mes amies, c’était le gros lot : un hipster bodybuildé avec une grosse barbe, une coupe de cheveux faussement négligée et des tatouages à la hauteur de son visage sexy de bad boy. Il n’y avait pas à dire, il était beau, mais c’était légèrement trop pour moi. Je n’avais jamais été spécialement attirée par les mauvais garçons. Je préférais les geeks. Mon dernier ami avec bénéfices – Hendrick – était le type le plus canon avec lequel je n’avais jamais été. Même si cela n’avait plus vraiment d’importance maintenant vu que j’avais tourné cette page de ma vie. Je ne couchais plus à droite à gauche avec personne. Je voulais une vraie histoire.
— Vous ne vous ressemblez pas, lâchai-je.
— Je sais, soupira-t-il. Il a eu la beauté et moi l’intelligence, dit-il en me souriant.
Je fronçai les sourcils en réfléchissant à ce qu’il venait de dire. Il avait tout faux. À mes yeux, c’était lui qui avait hérité de la beauté.
— Je n’en suis pas si sûre, répondis-je et il eut l’air surpris. Je crois que vous vous trompez dans les deux cas.
Il arqua un sourcil, attendant que je m’explique.
— Boyd sait parfaitement comment se vendre et cela demande une certaine intelligence… Et, c’est vrai, beaucoup de femmes le trouvent séduisant, mais il n’est pas mon genre… Quant à vous, je n’ai pas l’impression d’être assise face à un vilain petit canard, lui dis-je avec un sourire pudique.
Je n’en revenais pas de me montrer aussi directe avec lui. Je venais tout juste de le rencontrer ! Qu’est-ce qui clochait chez moi ? Et je n’étais même pas saoule ! Je détournai le regard un instant avant de tenter un coup d’œil vers lui. Il me fixait, les joues légèrement roses. Bon sang, il était encore plus mignon comme cela !
— Euh, merci, dit-il en hochant la tête.
Ses yeux pétillaient d’une lueur amusée.
— De rien. Je ne suis pas encore sûre pour l’intelligence par contre, répondis-je pour le taquiner tout en mordillant ma lèvre.
— Alors il faudra que je le prouve, répondit-il en souriant.
— Je crois bien.
— Vous savez quoi ? Vous avez totalement raison. Je plaisantais en disant que Boyd n’avait que la beauté. C’est un sacré homme d’affaires. Lorsqu’il a lancé sa salle, je n’arrêtais pas de lui dire que ce truc de Boyd-Building ne fonctionnerait pas, que tout le monde penserait qu’il s’agissait d’une entreprise de construction, mais j’avais visiblement tort. Je crois que c’est parce que je vois les choses comme un simple garçon de la campagne.
J’éclatai de rire. Il est vrai que cela aurait pu être un nom ridicule ailleurs, mais cela avait fonctionné à Brooklyn.
— Êtes-vous allé à New York récemment ? Franchement, son visage est partout. Je ne sais pas quelle agence de publicité il a engagée, mais ils font du très bon travail.
Il fit une pause. On aurait dit qu’il voulait me demander quelque chose, mais il n’était soudain plus aussi détendu et à l’aise qu’avant.
— La petite fille qui était avec vous hier… Elle vous ressemble.
Je souris.
— Oui… c’est vrai. Mais elle ressemble plus à son père en fait.
— Quel âge a-t-elle ?
— Elle a cinq ans. Elle s’appelle Lieke. C’est une gamine adorable, lui dis-je en souriant.
— Et quel âge avez-vous ?
— Je vais avoir vingt-quatre ans le mois prochain ? Et vous ?
— J’ai presque trente ans.
— Boyd est votre aîné ?
C’était le nom qu’employait Jackson Boyd, juste Boyd. Comme un mannequin. Chaque fois que je pensais au nom de Boyd, cela me rappelait le personnage d’Owen Wilson dans Zoolander, Hansel. Même s’il n’y avait pas vraiment de ressemblance entre Boyd et Hansel, outre leur intensité.
— Oui, il a trois ans de plus que moi.
— Est-ce qu’il était un bon grand frère lorsque vous étiez enfants ?
— Oui bien sûr ! répondit-il avec un sourire plein de sincérité. C’était un super grand frère et c’est toujours le cas. C’est le genre d’homme qui sera toujours là pour vous. Un vrai pilier.
J’essayai de m’imaginer ces deux-là, en tant que frères. Ils avaient l’air aux antipodes l’un de l’autre pour moi. J’étais encore épatée par cette incroyable coïncidence. Je prenais un café avec le frère de Boyd. Il fallait que j’envoie un message à mon amie Alissa pour lui raconter. Elle avait un très gros faible pour Boyd.
— Puis-je vous poser une question ? demanda-t-il très vaguement.
Allez, nous y voilà… Je me préparai à l’inévitable : pourquoi avez-vous quitté New York ?
— Bien sûr, allez-y.
Ou tu aurais pu simplement lui répondre non, Ella.
— Donc vous avez eu Lieke à dix-neuf ans ? Elle est née aux États-Unis ?
— Quoi ?
J’étais confuse. Est-ce que je l’avais bien entendu ? Il pensait que Lieke était ma fille ?
— Vous pensiez que Lieke était ma fille ? Oh mon dieu, non ! dis-je en riant. Je suis sa jeune fille au pair, ajoutai-je, incapable de cacher mon choc.
J’éclatai de rire.
— Je suis sa baby-sitter.
Il éclata de rire et secoua la tête, l’air gêné.
— Je crois que c’est à mon tour de m’excuser. C’était une supposition idiote. Mais vous vous ressemblez.
Je ne pus m’empêcher de sourire, il était si mignon quand il était gêné.
— C’est vrai, nous nous ressemblons physiquement, mais cela s’arrête là.
— Vous avez bien dit qu’elle s’appelle Lieke ?
— Oui, sa mère lui a donné ce nom, car elle ressemblait à un ange. Elle avait parfaitement raison.
— Donc vous travaillez pour les parents de Lieke depuis votre arrivée ici ?
— Oui et non. Je suis venue ici toute seule, mais ensuite j’ai fait la connaissance de cette avocate coriace et elle m’a en quelque sorte sauvée, lui dis-je en repensant au soir où j’avais rencontré Ally pour la première fois.
— Que voulez-vous dire par sauvée ? Vous n’avez pas eu d’ennuis, j’espère ? Vous n’avez pas été obligée de faire quoi que ce soit… que vous n’auriez pas eu envie de faire ? demanda-t-il prudemment.
— Pourquoi dites-vous cela ? Non, je n’ai été forcée à rien, j’ai décidé de venir ici moi-même.
— Eh bien, vous savez, on entend tellement de choses… le trafic d’êtres humains, et puis il y a le quartier rouge dans cette ville…
Lou ne pouvait pas le savoir, mais il n’était pas si loin que cela de la vérité. Rien ne m’était arrivé, Dieu merci, mais cela aurait pu être le cas, si Ally n’était pas venue à ma rescousse ce soir-là. J’étais dans un sale état en arrivant ici. Pour la première fois de ma vie, je me retrouvais seule et j’étais bien décidée à n’en faire qu’à ma tête. Je ne m’étais pas rendue compte que ce n’était pas une excellente idée d’agir avec insouciance dans un pays étranger, en particulier en étant seule et sans personne à appeler au secours.
Amsterdam était une ville plutôt calme et sûre, mais vous...

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