Deep Secrets Saison 1
90 pages
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Deep Secrets Saison 1

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Description

Certains secrets peuvent tout détruire...
#Lycée
#SoSexy
#Provocation
#Secrets
#Manipulation
#Violence
#Traumatisme
Lui, c'est Madden. Madden Gage, la star du lycée, le bad boy impitoyable et adulé de tous, celui qui fait retourner les têtes sur son passage.
Celui qui cache un terrifiant secret, et qui hurle sa souffrance toutes les nuits.

Elle, c'est Rileigh. Rileigh Saint, le fantôme du lycée, la fille dont personne ne se souvient jamais, celle qui observe en retrait et qui n'aime rien mieux que la solitude.
Celle dont la vie va basculer le jour où, sans le vouloir, elle va découvrir le secret de Madden.

Entre harcèlement et manipulation, Madden et Rileigh vont entamer une relation trouble – de celles qui vous obsèdent jour et nuit, mêlant haine et dépendance.
De celles qui bouleversent tout, surtout quand l'amour y fait son apparition.
De celles qui ne plaisent pas à tout le monde.

De celles qui mettent votre vie en danger.

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Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2017
Nombre de lectures 131
EAN13 9782377030002
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0150€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Auteure : Delinda Dane
Suivi éditorial : Marine Cossé et Louise Champigny
ISBN : 978-2-37703-000-2
Collection : Dangerous Love
© Photographie de couverture : Svyatoslava Vladzimirska
 
© Kaya éditions
7, rue Le Bouvier
92340 – Bourg-la-Reine
N° Siret : 82805734900015
 
 
Pour nous contacter :
contact@kayaeditions.com


 
 
Page de présentation
 
Crédits
 
Playlist
 
Prologue
 
# Chapitre 1  : Rileigh
 
# Chapitre 2 :Madden
 
# Chapitre 3 : Rileigh
 
# Chapitre 4 :Madden
 
# Chapitre 5 : Rileigh
 
# Chapitre 6 :Madden
 
# Chapitre 7 : Rileigh
 
# Chapitre 8 :Madden
 
# Chapitre 9 : Rileigh
 
Prochainement
 
#Kaya

 
 
 
« Entre l’amour et la haine,
 
il n’y a qu’un pas.
 
Entre la violence et la paix,
 
il y a un long chemin. »
 
 
 
Mostafa Massid (psychologue clinicien)

Playlist
 
 
 
« Rooting for you » – London Grammar
 
« 22 » – Gavin James
 
« Creep » – Radiohead
 
« Young and Beautiful » – Lana Del Rey
 
« Suicide » – James Arthur
 
« Breathe me » – Sia
 
« Faded » – Alan Walker
 
« The parting glass » – Ed Sheeran
 
« Jealous » – Labrinth
 

Prologue
 
 
 
Les pleurs et les cris résonnent dans la nuit, ils se répercutent sur les murs de ma chambre. Un filet de sueur coule le long de mon échine. Fermer les yeux et tenter de les ignorer est inutile, j’ai déjà essayé plus d’une fois. Ils seront toujours là, enfouis au plus profond de moi.
 
Il fait froid, et l’air est glacial. En chien de fusil dans le creux de mon lit, je grelotte et claque violemment des dents, presque malgré moi. Je suis terrifié.
 
Pardon, pardon, pardon, répété-je inlassablement. Mais les excuses ne suffisent pas, elles ne suffisent plus. Une volute de buée s’échappe de mes lèvres alors que les pleurs reprennent et me glacent le sang d’effroi. Je serre tellement fort les paupières que de petits points blancs apparaissent dans les ténèbres.
 
Une profonde envie de me lever et d’aller voir ce qui se passe me saisit aux tripes, mais je sais exactement comment ça va finir si je m’exécute. Alors je reste immobile comme le lâche que je suis. J’ai peur. Peur de remuer — ne serait-ce que le moindre orteil. Je prie intérieurement pour que le cauchemar cesse. Pourtant, je sais que ce ne sera jamais le cas…
 
C’est le prix à payer !
 
Si seulement je pouvais revenir en arrière et tout effacer. Recommencer.
 
Si seulement…
 
Mais c’est impossible !
 
Je suis condamné à souffrir en silence. Nuit après nuit. Sans la moindre échappatoire. Telle est ma vie.
 
Je suis dans la même position depuis tellement longtemps que c’en est atrocement douloureux. Tous les muscles de mon corps sont engourdis. J’accueille cette douleur bienvenue avec résolution et espoir.
 
Un espoir incertain, un espoir un peu fou. Car si je souffre assez, alors peut-être… Peut-être qu’on me pardonnera un jour.
 
En revanche, ce dont je suis sûr, c’est que moi, je ne me pardonnerai jamais…


Rileigh
 
 
 
L’air se fait lourd autour de moi, je suis alors traversée par un long frisson depuis ma nuque jusqu’à l’endroit le plus intime de mon corps, soudain en feu.
 
Et merde !
 
Je baisse immédiatement la tête, morte de honte, alors qu’un halètement m’échappe…
 
Ça recommence !
 
Je ne devrais pas réagir comme ça. C’est mal ! Pourtant, c’est toujours ainsi. Cet identique mélange de surprise et d’excitation, qui m’étreint malgré moi à chaque putain de fois que je l’aperçois.
 
L’effet « Mad ».
 
C’est comme ça que j’appelle cet état complètement stupide et insensé dans lequel se met mon corps.
 
Vous voyez cette impression un peu étrange ? Quand le monde qui nous entoure, subitement, tourne au ralenti, créant ainsi une atmosphère épaisse, presque suffocante ? C’est lui !
 
Lui, qui rayonne de chaleur.
 
Sa présence.
 
La bonne nouvelle ? C’est qu’il ne se rend compte de rien, pas même de mon existence. Évidemment, à ses yeux je suis aussi insignifiante qu’un vulgaire insecte pris au piège dans les filets de son aura toxique.
 
Vous l’aurez compris, cette onde de choc qui m’électrise n’est pas due au climat, mais à quelqu’un. Un être fait de chair et d’os… et de muscles, de beaucoup de muscles.
 
Madden Gage, c’est son nom. Un nom connu de tous.
 
 
 
Je dois vraiment être maso pour être fascinée par quelqu’un comme lui. Mais je ne suis pas la seule… Il suffit qu’il pénètre dans la classe, comme il vient justement de le faire, pour qu’aussitôt chacune des filles présentes retienne son souffle.
 
Alors que je tente de contrôler l’effet « Mad » qui m’envahit, le brouhaha ambiant laisse place à un silence de mort. Toutes les têtes se tournent vers celui qui avance dans l’allée centrale tel Moïse fendant la mer rouge. Sa chemise noire, relevée aux manches, dévoile un réseau de veines saillantes le long de ses avant-bras ; il porte un jean sombre qui moule impeccablement ses longues jambes et son superbe cul ; ses boots cognent sur le sol à l’unisson des battements de mon cœur.
 
Si la perfection portait un nom, ce serait le sien. Malheureusement, Monsieur Parfait est aussi diabolique que Satan lui-même. Il est suivi de près par sa clique : tous prennent place, les uns après les autres, dans une parfaite synchronisation. À croire qu’ils répètent en coulisse leur chorégraphie…
 
Madden, dit Mad, est le garçon le plus sexy du lycée, de la ville, et peut-être même de la planète. Le problème, c’est qu’il en a parfaitement conscience. Il est également la personne la plus méprisante et la plus odieuse que je connaisse.
 
Non pas que je puisse me vanter de le connaître personnellement — heureusement ! —, mais pas besoin d’avoir inventé l’eau chaude pour se rendre compte à quel point il est abject avec tous ceux qui gravitent autour de lui.
 
Se lamenter ou s’en plaindre est inutile, car vous l’aurez compris, ici Mad est le roi ! Pour faire simple, lui et sa cour règnent en maîtres sur le lycée. Autant faire avec… Et je souhaite bien du courage à celui ou celle qui se retrouvera dans leur ligne de mire.
 
Au fait, bienvenue à Burlington High !
 
Je remonte légèrement le bas de la manche de mon sweater pour agripper l’élastique que je porte quotidiennement au poignet. Sa présence rassurante me calme presque instantanément. Je glisse mon index en dessous, tire, puis relâche. Clac, clac, clac… Le plus discrètement possible, j’effectue ce geste familier qui canalise la boule d’angoisse grandissante au creux de mon estomac. Certainement la conséquence des cinq déménagements que j’ai subis depuis ma naissance.
 
Zoey, mon binôme, s’affale près de moi. Je remarque qu’aujourd’hui c’est le vert qui orne les pointes de ses cheveux noir corbeau quand monsieur Oaxley, notre professeur d’algèbre, passe le pas de la porte et annonce en tapant dans ses mains :
 
— Sortez une feuille ! Interro surprise !
 
En réponse, un soupir de lassitude général enfle progressivement dans la classe. Il nous inflige une interro surprise à chacun de ses cours — autrement dit, il n’y a plus de surprise ! C’est le premier semestre d’Oaxley dans l’établissement et je suis pratiquement sûre qu’aux yeux de ses supérieurs son excès de zèle compense son manque flagrant d’autorité.
 
Tandis que je me dépêche d’extirper une copie vierge de mon sac je remarque que seul Mad n’a pas bougé d’un pouce. Impassible, il se penche vers Mackenzie Havensbee, sa petite amie officielle. et lui dépose un baiser dans le cou, ce qui provoque le gloussement de cette dernière. Un sourire au coin de ses lèvres superbement ourlées, un bras nonchalamment posé sur le dossier de la chaise de cette dernière, il dégage tellement de confiance en lui que ça en est indécent.
 
— Tu baves. C’est franchement dégoûtant !
 
J’écarquille les yeux. Ça alors ! Comprenez ma surprise, car depuis que nous partageons les mêmes cours, je peux compter sur les doigts d’une main les rares fois où Zoey s’est adressée à moi. Et je n’exagère qu’à peine. L’indifférence de Zoey n’est pas spécialement dirigée contre moi, disons plutôt qu’elle est le genre de personne qui s’autosuffit.
 
— Absolument pas ! affirmé-je, feignant l’indignation.
 
Zoey se contente de lever les yeux au ciel. OK. Elle ne me croit pas. L’avantage, c’est que son intervention détourne mon attention de la dinde qui pouffe de rire sous les caresses de son petit ami. Sérieusement ? Trouvez-vous une chambre !
 
C’est ce que je dirais si j’étais un peu plus sûre de moi. Au lieu de ça, je tente vainement de me concentrer sur l’énoncé au tableau. Les gloussements reprenant il est pratiquement impossible de réfléchir à la solution de ces satanées équations.
 
Je m’acharne sur mes calculs depuis 10 minutes quand Oaxley tape du plat de la main sur son bureau, me faisant sursauter violemment. Il fixe rageusement le fond de la classe, et plus particulièrement Mad et sa bande. A-t-il perdu l’esprit ? Je jette un regard par-dessus mon épaule vers le principal intéressé, qui a le nez enfoui dans le cou de Mackenzie et une main sous sa jupe, assez haut pour laisser deviner ce qu’il lui fait subir. Les joues cramoisies de Mackenzie confirmant mon idée. Dans un crissement de chaise, Oaxley se lève et en quelques pas seulement, se retrouve devant le couple ; comme si cela pouvait impressionner la dream team de Burlington…
 
Monsieur Oaxley perd son temps, car ce que Madden veut, il l’obtient. Le silence dans la classe attire enfin l’attention de Mad qui relève la tête lentement vers notre professeur et le dévisage sans vergogne.
 
— Un problème, monsieur ? demande-t-il, l’insolence suintant par tous les pores de sa peau.
 
Je retiens mon souffle en attendant la réaction de Oaxley, qui tarde à venir. J’imagine que maintenant qu’il s’est donné en spectacle, il est difficile pour lui de retourner à son bureau et de faire comme si rien ne s’était passé. Je parie qu’il aimerait remonter le temps et faire comme tous les autres professeurs du lycée : courber l’échine devant Madden.
 
— Prenez vos affaires jeune homme, et suivez-moi chez le principal ! siffle Oaxley, ne desserrant pas une seule fois les dents.
 
Quelques murmures stupéfaits s’élèvent dans l’air tandis que Madden, pas décontenancé pour un sou, se met debout dans un mouvement lent et maîtrisé pour faire face à notre professeur, du haut de sa stature imposante.
 
Madden Gage, qui a tout d’un homme et rien d’un garçon, doit bien faire une tête et demie de plus que Oaxley, qu’il étudie longuement sans ciller.
 
Confronter un Gage, c’est prendre le risque de se griller ad vitam aeternam. La famille de Madden est l’une des plus puissantes de la ville, voire la plus puissante. Si leur fils fait la loi au lycée, les Gage, eux, font la pluie et le beau temps à Burlington.
 
J’ai emménagé il y a près de dix-huit mois avec mon père, après sa dernière mutation, et l’une des premières choses que l’on nous fait comprendre en arrivant dans cette ville, c’est de ne jamais contrarier un Gage, ni un Allen, l’autre famille régnante de la ville. Il se trouve que la mère de Madden est Élisabeth Allen. Ce qui veut dire que Madden est pratiquement intouchable, et si l’on se fie aux rumeurs qui circulent sur son compte, celui qui s’y frotte s’y pique !
 
Monsieur Oaxley déglutit nerveusement, une goutte de sueur luisante glisse le long de son crâne flanqué d’une calvitie précoce, jusqu’à sa tempe. Notre professeur ne se rend-il pas compte qu’il vient de signer la fin de sa carrière professionnelle ? Probablement pas, car il insiste en lui indiquant de l’index la porte en verre de la classe.
 
Madden finit par arracher son regard de Oaxley, hausse les épaules et attrape son sac avant de se diriger vers la sortie, laissant dans son sillage une myriade d’élèves bouche bée. La seule n’ayant pas accordé la moindre attention à la scène qui vient de se jouer sous nos yeux, c’est Zoey.
 
Parfois, j’aimerais avoir son inflexibilité, mais je crois qu’elle est due à des années passées à essuyer les moqueries sur son look mi-gothique, mi-geek. Elle a, petit à petit, appris à les ignorer, et s’est ainsi créé une carapace qui l’isole du reste du monde.
 
Le professeur quitte la salle de classe à son tour, après avoir désigné Terrence, une tête d’ampoule, pour nous surveiller. Il doit vouloir s’assurer que son élève se rende bien au bureau du principal, nous laissant tous plus abasourdis les uns que les autres. Les rumeurs s’élèvent déjà, et je crois entendre certains parier sur la mise à pied de ce bon professeur d’algèbre. Retrouver sa concentration, après ce que beaucoup surnomment déjà l’Oaxley Gate, n’est pas une mince affaire ; malgré tout, le reste des cours se déroule sans un seul accroc.
 
Bien entendu ! Puisque la bande à Mad, sans Mad — que l’on n’a pas revu de la matinée — semble aussi orpheline qu’Oliver Twist. Cela nous promet un cours de biologie avancée d’un ennui mortel. Sans blague ! J’ai presque de la peine pour Smither — notre prof — qui ne se rend définitivement pas compte de l’effet soporifique de son cours sur l’ensemble de la classe. Je veux dire, même les mouches ont mis les voiles…
 
Quand la sonnerie retentit, elle sonne l’heure de la délivrance. Alors que la majorité des élèves se précipite à la cafétéria pour déjeuner, j’ai pour ma part besoin d’une minute pour me rafraîchir et me rends aux toilettes du dernier étage. Je choisis volontairement celles-ci, car elles sont toujours vides. Les filles du lycée préfèrent la version mixte du rez-de-chaussée. Des toilettes mixtes, dans un lycée bourré d’ados avec les hormones en ébullition ? On aura tout vu ! Mais il paraît que c’est pour favoriser les échanges filles/garçons. D’ailleurs, ils sont tellement bien favorisés que l’on ne peut se servir des sanitaires sans choper une MST.
 
Mon cœur pulse violemment tandis que je me faufile, comme l’ombre que je suis, à contre-courant entre les étudiants. J’ignore ce qui est le pire : le mépris ou l’indifférence ? J’avoue que je me pose souvent la question depuis mon arrivée. Au début, j’appréciais cet anonymat et de pouvoir me fondre dans la masse sans l’étiquette de la nouvelle élève. Passer inaperçue aux yeux des autres peut avoir quelque chose d’apaisant, du moins au début. Car aujourd’hui, la solitude me pèse.
 
Parfois, j’en viens même à envier la plus populaire de B -high, cette peste de Mackenzie. Beurk ! Je retire ce que j’ai dit sur-le-champ ! Kenzie est… est… En aucun cas, je ne voudrais lui ressembler. Surtout quand je vois comment son petit ami la traite. Tout le monde est au courant — sauf elle — que Mad va voir ailleurs dès qu’elle a le dos tourné. Il faut croire que sortir avec Madden compense ce désagrément, car à l’évidence, elle ferme les yeux sur ce qui est juste sous son nez. Personnellement, je pense qu’elle aime tellement les paillettes, et la notoriété qui va avec, qu’elle n’a pas vraiment d’autre choix que de l’accepter. S’effacer voudrait dire laisser sa place à une autre. Et ça jamais, ô grand jamais, Kenzie Havensbee ne l’accepterait. Et pour cause, elle clame haut et fort qu’elle et Madden, c’est pour la vie !
 
Vous devez vous demander comment je suis au courant de tout ça, non ?
 
C’est très simple et cela se résume en deux seuls mots : les couloirs.
 
Ils grouillent d’informations en tout genre, de rumeurs, d’intox aussi. S’il y a une chose que j’ai apprise à B-High, c’est qu’ici tout le monde parle sur tout le monde, et quand on est aussi invisible que moi les langues se délient sans même que l’on ne me remarque.
 
Résultat ! J’entends absolument tout, même ce dont je me passerais volontiers.
 
Les potins et les nouvelles croustillantes se répandent aussi vite qu’une mauvaise grippe. Il faut dire que les conquêtes de Mad n’ont pas non plus leur langue dans leur poche. Je ne suis pas une experte en relations, n’étant sortie qu’avec très peu de mecs pour comparer — bon OK, avec un seul ! Mais, ce que je sais, c’est que ce genre de relation, très peu pour moi ! L’irrespect me file carrément de l’urticaire.
 
Non, moi ce que j’aimerais, c’est juste quelqu’un avec qui passer du temps, qui serait à l’écoute de mes désirs et de mes peurs. Quelqu’un qui me complèterait. Je ne remercie pas les romans que je dévore entre deux séries, ils biaisent totalement l’idée que je me fais des relations amoureuses.
 
En réalité, et ça peut sembler absurde, ce dont je rêve en secret c’est que l’on m’accorde un peu d’attention, que l’on me remarque, que l’on se soucie de moi. Je ne demande pas la lune, je veux seulement sentir que je compte pour quelqu’un.
 
Je n’aurais jamais cru dire ça un jour, mais aujourd’hui je me dis que je devrais faire davantage attention à ce que je souhaite. Car ce que j’ignorais, c’est qu’après ce matin-là, rien ne serait plus jamais pareil…


Madden
 
 
 
Je suffoque. De l’air ! Vite ! Mon rythme cardiaque s’accélère, la sueur coule le long de mon dos. Ma chemise me colle à la peau. Je n’en reviens pas de l’aplomb avec lequel elle me jette ça à la figure. Elle a perdu la raison ! Bordel, il n’est pas question que j’accepte sa proposition !
 
On était d’accord pourtant !
 
Je ne peux pas croire que je me sois lamentablement fourvoyé. J’y ai cru… J’ai cru qu’après tout, je serais enfin libre. Comment ai-je pu lui faire confiance alors que, depuis le début, elle éprouve un plaisir malsain à me torturer ?
 
J’aurais dû m’en douter !
 
Comment ai-je pu espérer plus alors que je ne suis qu’une putain de marionnette entre ses mains, un pantin qu’elle peut manipuler à sa guise !
 
L’impression que des murs imposants se referment sur moi pour m’engloutir me saisit violemment. Je titube jusqu’à la lourde porte d’entrée en chêne massif que j’arrache pratiquement de ses gonds, la rage au ventre. Je vais y rester ! Si je reste une minute de plus, dans ce qui ressemble ni plus ni moins à une prison dorée, je vais y rester c’est certain !
 
Un cauchemar…
 
Mon sang bouillonne dans mes veines. Ma respiration s’emballe. Ma vue se trouble. Elle est là ! Je la sens ! Elle est tout près. Dès que je passe le pas de la porte, je tombe à genoux sur le marbre froid et immaculé qui orne la terrasse, ma poitrine est douloureuse. Mes poings écrasent le sol pendant que j’inspire profondément et emplis mes poumons d’une goulée d’oxygène bienvenue. Putain de merde ! Cette baraque, aussi immense soit-elle, m’étouffe !
 
Toute ma vie, je n’ai attendu que ça ! Me tirer le plus loin possible d’ici. Mon diplôme en poche, j’ai l’intention de mettre les voiles. Ce n’est même plus une option, c’est une nécessité ! Après quelques minutes à respirer précautionneusement, je retrouve peu à peu un rythme cardiaque normal. Une main sur mon front me confirme que je suis en nage ; dégoûté, je l’essuie sur mon jean. La climatisation de ma caisse fera l’affaire, il est hors de question que je retourne à l’intérieur, même si je sais pertinemment qu’une douche me ferait le plus grand bien. Je me redresse progressivement, extirpe mes clés de la poche arrière de mon jean et me dirige d’un pas de plus en plus assuré vers le garage pour retrouver mon bébé – un cadeau à la hauteur de ma réputation que j’ai eue pour mon seizième anniversaire. Je passe le plat de la main sur la carrosserie gris argent pour la caresser, comme je le ferais avec une belle femme. Ce contact m’apaise, j’en ai besoin. Surtout après une crise… de panique. Appelez ça un TOC, une manie, un réflexe ? Je n’en ai pas la moindre foutue idée.
 
Tout ce que je sais, c’est que cette luxueuse voiture est ce qui compte le plus à mes yeux aujourd’hui.
 
C’est le modèle cabriolet et mon petit bijou n’a pas moins de deux cent trente et un chevaux sous le capot. Une fusée ne pourrait pas aller plus vite…
 
Je m’installe derrière le volant et l’odeur du cuir familier me rassure. Je ferme les yeux un instant et rêve d’un ailleurs, un endroit où je serais en paix avec moi — même. Un lieu où je pourrais être juste… moi.
 
Une putain d’utopie, voilà ce que c’est !
 
J’ouvre les yeux brusquement et insère la clé de contact.

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