Défiance
352 pages
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Défiance , livre ebook

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Description



Tout ce que j’ai toujours voulu, c’est servir et protéger mon pays. Cela a fini par me coûter tout ce que j’avais...


À 49 ans, Vincent St. James a appris à vivre avec les choix qu’il a faits, même s’il n’en est pas toujours fier. Après que l’armée dans laquelle il est pratiquement né a décidé que sa sexualité était plus importante que ses états de service impeccables, Vincent a tout perdu, y compris l’homme avec lequel il avait prévu de passer le reste de sa vie.Et un homme qui n’a aucune raison de vivre n’a rien à perdre.



J’ai fait un choix terrible il y a trois ans et il m’a coûté la seule personne qui ait jamais vraiment compté pour moi. Mais il y a peut-être un autre moyen d’arranger les choses...


Nathan Wilder, 30 ans, ne peut pas revenir sur le moment où il a trahi son frère jumeau, mais il peut essayer de faire en sorte que la haine qui l’a poussé à se retourner contre Brody n’ait plus jamais l’occasion de se manifester. Et si cela signifie aller à l’encontre de l’électorat de son puissant père dans une course sans scrupules pour un siège au Sénat des États-Unis, qu’il en soit ainsi. Mais lorsque les menaces qui se limitaient à des courriels inoffensifs commencent à prendre un tour plus dangereux, Nathan est mis directement sur le chemin d’un homme mystérieux et dangereux qui pourrait bien finir par le forcer à affronter des vérités qu’il n’est pas encore prêt à affronter.


Protéger Nathan était censé être une promenade de santé pour un type comme Vincent. Mais rien de ce qui concerne le jeune homme n’est ce à quoi il s’attendait, en particulier les sentiments morts depuis longtemps que Nathan éveille en lui.


Des sentiments qui ne sont pas seulement de la protection.



Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 10
EAN13 9782382282052
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Défiance
Copyright de l’édition française © 2021 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2017 Sloane Kennedy
Titre original : Defiance
© 2017 Sloane Kennedy
Traduit de l’anglais par Lorraine Cocquelin
Relecture et correction par Kitkat, Agathe P.
 
Conception graphique : © Cate Ashwood
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-38228-204-5
Première édition française : octobre 2021
Première édition : juillet 2017
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Remerciements
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Épilogue
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Remerciements
 
 
Un grand merci à Susan Wells pour avoir fourni l’image et le nom d’inspiration parfaits pour le personnage de Vincent !
Merci à Claudia, Kylee, Lucy et Courtney pour les bêta lectures rapides et approfondies !
Comme toujours, merci à mes sœurs de cœur, Claudia, Kylee et Mari pour votre amour et votre soutien !
 
 
Défiance
Les protecteurs # 9
 

 
Sloane Kennedy
 

 
Prologue
 
VINCENT
 
 
— Non, refusai-je sans hésiter en étudiant les deux hommes qui me faisaient face.
J’avais déjà parlé quelques fois à Ronan Grisham par téléphone, mais Memphis, c’était une première. Bien sûr, je savais à peu près tout ce que j’avais besoin de connaître à son sujet, puisque j’avais effectué des recherches dès que Ronan m’avait demandé de venir les rencontrer à Seattle. J’aurais pu leur dire avant même de quitter mon logement en Virginie-Occidentale qu’accepter le boulot qu’ils avaient à m’offrir, quel qu’il soit, ne m’intéressait pas ; cependant, pour être tout à fait honnête, le petit groupe que Ronan dirigeait ici m’intriguait. Une curiosité que je devais à Ethan Rhodes, j’imagine.
J’avais rencontré ce dernier, six mois plus tôt, quand Ronan m’avait demandé de jeter un œil à un portable cassé qu’Ethan avait en sa possession et dans lequel se trouvaient les preuves d’un meurtre. Dès l’instant où j’avais fait la connaissance du médecin, j’avais été ramené en arrière, à une époque de ma vie à laquelle je ne souhaitais pas retourner. Non pas qu’Ethan ressemble à David ; c’était plutôt dans l’attitude. Il possédait une sorte de vulnérabilité, mêlée cependant à une certaine ferveur en même temps. C’était pour cette raison que j’avais aidé Ethan à courir après son compagnon, Cain Jensen, lorsqu’il avait craint que la vie de l’homme de sa vie soit en danger.
Malgré tous les combats que David avait eu à mener lors de notre dernière année ensemble, il avait été d’une loyauté infaillible… et protecteur. Il n’avait jamais été capable de trouver la force de se battre pour lui-même, toutefois, si je courais le moindre danger, il était prêt à se tenir à mes côtés, l’arme à la main.
C’était ce souvenir qu’Ethan avait éveillé en moi et qui m’avait poussé à faire une chose à laquelle j’avais renoncé depuis que j’avais perdu David au profit de ses démons.
Je m’étais impliqué.
Et ce n’était pas une bonne chose.
Pas dans mon domaine d’activité.
Malgré tout, je l’avais fait, et j’avais commencé à m’interroger sur le genre de travail qu’effectuaient Ronan et ses hommes. Je n’avais jamais rencontré ce dernier, notre relation ayant plutôt été du genre « l’ami d’un ami ». Il avait demandé une faveur qu’on lui devait, et c’était moi qui m’en étais chargé.
Cela aurait dû être une simple transaction.
J’aurais dû respecter ma part du marché, puis tout oublier. Cependant, Cain Jensen m’avait contacté et demandé de rester avec Ethan le temps que lui-même s’occupe de l’ex rancunier du médecin une bonne fois pour toutes. Alors que j’avais été sur le point de refuser, j’avais entendu le désespoir dans la voix du jeune homme.
J’avais compris ce qu’il ressentait.
Ce besoin de tout faire pour protéger la seule personne capable de nous compléter dans la vie… celle qui était notre raison d’être… Notre raison de respirer, de nous battre… d’affronter des journées interminables, même après son départ, parce que, sans nous, il n’y aurait personne pour faire vivre son souvenir.
C’était pour cette seule et unique raison que je parvenais encore à me lever depuis que David m’avait été arraché.
Car malgré la balle qu’il s’était lui-même tirée dans la tête, il m’avait été arraché. L’homme dont j’étais tombé amoureux à l’adolescence avait commencé à disparaître, sous mes yeux, dès l’instant où il avait reçu ce courrier de l’armée lui disant qu’elle n’avait plus besoin de ses services.
Le même que celui que j’avais reçu.
Et tout ça parce que David et moi avions commis la grave erreur de tomber amoureux l’un de l’autre.
— Vous n’allez même pas nous écouter ? demanda Memphis.
Nous étions installés dans son salon. Un chat blanc avait élu domicile sur mes genoux dès que je m’étais assis. Quand Memphis avait fait mine de le virer, j’avais balayé sa tentative d’un geste de la main. Je préférais grandement la compagnie des animaux à celle des humains.
Écouter ce qu’ils avaient à me dire ne m’intéressait pas, pourtant, je décidai de lui faire plaisir et acquiesçai légèrement. Je refuserais quand même à la fin. Parce que jouer les gardes du corps pour qui que ce soit ne m’intéressait pas du tout, puisque cela signifierait passer plus de cinq minutes en compagnie d’un autre être humain.
Merci, mais non merci.
— Il s’appelle Nathan Wilder. Son frère est en couple avec le fils d’amis à nous et un autre homme, expliqua Ronan.
Je gardai le silence, même si le concept de trois hommes dans une relation égalitaire m’intriguait. Memphis lui-même était dans ce type de relation, bien que je n’aie jamais rencontré ses compagnons. Les recherches que j’avais effectuées à son sujet s’étaient concentrées sur les bases, à savoir les finances, le CV et l’historique familial ; cependant, je pouvais dire d’après les photos que j’avais trouvées de lui en compagnie de deux jeunes hommes séduisants d’une vingtaine d’années qu’ils étaient amoureux tous les trois. Pour un homme s’approchant de la cinquantaine, j’avais vu pas mal de choses, mais un ménage dépassant le simple attrait sexuel, c’était nouveau, même pour moi.
— Il a reçu des menaces par email donnant le sentiment que l’agresseur va bientôt s’en prendre à lui. Brody, le jumeau de Nathan, était mentionné dans l’un des messages, mais nous pensons que c’est surtout pour ébranler Nathan plus qu’autre chose, poursuivit Memphis.
L’agresseur semblait malin… La guerre psychologique affaiblissait les cibles. Le stress de savoir son jumeau probablement en danger aurait un impact durable sur ce Nathan. L’avoir à l’usure ferait de lui une cible plus facile à long terme.
— Nous espérions que vous pourriez regarder tout ça… Le surveiller quelque temps et voir ce que vous pourriez découvrir, continua Memphis.
La curiosité eut raison de moi.
— Pourquoi moi ? D’après ce que j’ai vu, votre petite organisation possède un tas de « monsieur muscles » qualifiés.
Ronan et Memphis échangèrent un bref regard. Puis le premier me répondit enfin :
— Nous avons pensé que vos compétences et vos relations vous donneraient un accès et un aperçu uniques sur la situation.
S’il ne l’avait pas dit avec une légère hésitation, j’aurais cru qu’il me faisait de la lèche. Cependant, sa réticence manifeste à révéler ce raisonnement me mit sur le qui-vive ; je me redressai.
— Comment ça ?
Les hommes se regardèrent à nouveau. C’était presque comique ; l’on aurait dit qu’ils rechignaient à révéler ce qu’ils savaient.
— Nathan est candidat au Sénat…
— Non, dis-je simplement avant de repousser gentiment le chat de mes genoux.
Alors que je me levais, Ronan murmura :
— Il a besoin d’aide, Vincent.
— Ce n’est pas mon problème, répliquai-je en le contournant.
L’agacement m’envahissait en repensant à combien ils avaient été hésitants.
En d’autres termes, ils connaissaient ma haine pour tout ce qui touchait au gouvernement.
Everett.
Sale fouineur. Il savait parfaitement dans quoi je fourrais les pieds quand il m’avait encouragé à accepter cette réunion. Non, je n’avais pas pris ma décision de rencontrer Ronan uniquement en me basant sur l’avis d’Everett, mais entre lui et ma curiosité à propos du petit groupe qui ne reculait devant rien pour protéger un parfait inconnu tel qu’Ethan Rhodes pour la seule et unique raison que c’était ce qu’il fallait faire, j’avais grimpé dans le jet privé envoyé par Ronan en me disant qu’au moins Everett me lâcherait avec ça.
— Vincent…
— Je me fous de ce qu’Everett vous a dit sur moi, lançai-je sèchement en me tournant vers les deux hommes. Vous voulez protéger ce type ? Très bien, faites-le vous-mêmes . Mais clairement, vous n’avez pas besoin de moi pour faire ça, car moins il y a de politiciens, mieux je me porte !
— Memphis ?
Cette voix d’homme ainsi que les coups sur la porte d’entrée me coupèrent dans mon élan.
— On est là ! répondit Memphis.
— Désolé, comme j’ai entendu des voix, je pensais que tu ne m’avais peut-être pas entendu frapper, déclara un homme en pénétrant dans l’entrée.
D’une carrure imposante, il avait le début de la quarantaine et le crâne rasé. Je me figeai en le reconnaissant.
— Pas de souci, Dom. Nous venons de finir, répondit Memphis.
— Tristan a oublié des partitions chez nous…
Sa voix mourut sur ses lèvres quand ses yeux se posèrent sur moi.
— Major St James ?
— Dominic Barretti, murmurai-je.
Mon cœur se serra douloureusement dans ma poitrine lorsque Dom m’adressa un salut militaire. Il l’avait déjà fait les rares fois où nous nous étions croisés après que j’avais été renvoyé à la vie civile. Excepté qu’il n’aurait pas dû le faire, vu le type de renvoi que j’avais reçu. Bien que je sache que c’était une marque de respect de sa part, cela me blessa en plein cœur.
Je n’arrivai pas à me convaincre de lui rendre son salut, mais par chance, il ne maintint pas cette position longtemps. Il s’avança vers moi, la main tendue. Dès que je la serrai, il se pencha pour me tapoter le dos. Je n’étais pas avide de câlins, cependant, Dom n’était pas n’importe qui.
Loin de là.
Peu de gens m’avaient soutenu après mon départ fracassant de l’armée. Dom, si.
Et il était même allé plus loin.
Il m’avait offert quelque chose que je n’avais plus eu après que l’armée avait fait voler mon monde en éclats.
Si seulement j’avais accepté son offre.
— Qu’est-ce que tu fais là ? me demanda-t-il, un grand sourire aux lèvres.
Je ne savais pas quoi lui répondre. J’en savais assez sur Dom pour savoir que ses affaires étaient légales, contrairement aux miennes.
— Nous avons demandé à Vincent de nous aider sur l’affaire Wilder, expliqua Ronan sur un ton hésitant.
Dom hocha la tête et s’avança davantage dans la pièce, tendant un dossier à Memphis ; sans doute les partitions précédemment mentionnées.
— Comment vous connaissez-vous tous ? lançai-je, stupéfait que le groupe de miliciens de Ronan ait des liens avec l’irréprochable agence de sécurité de Dom.
— Mon mari et moi avons rencontré Ronan l’an dernier, quand l’un de ses hommes a commencé à fréquenter Eli, notre aîné. Puis nous avons fait la connaissance de Memphis. Il fréquente notre fils à Logan et moi, et notre neveu, expliqua Dom.
— Tristan et Brennan n’ont aucun lien de sang, précisa Memphis. Le frère de Brennan et son mari sont des amis de la famille de Dom et Logan.
— Je vous crois sur parole, dis-je en souriant.
— Cade sera tellement heureux de savoir que tu vas aider Nathan, dit Dom. Beck est très inquiet pour Brody, qui s’inquiète lui-même pour Nathan…
Bon sang, il allait me falloir un tableau pour arriver à suivre.
— Attends… Cade ? Cade Gamble ?
Dom sourit.
— Oui. Sauf que c’est Barretti, maintenant. Il a épousé mon frère.
— Cade Gamble est marié ?
Je n’en revenais pas. Même si je savais, depuis l’époque où je les avais rencontrés Dom et lui quand nous étions en poste au Moyen-Orient, que Cade était gay, je savais aussi que c’était un coureur… Savoir qu’il était marié, et qu’il avait un enfant, rien que ça, me stupéfiait.
— Oui. Et il a même cinq enfants, commenta Dom en riant. Tu devrais venir le voir.
D’un côté, j’avais vraiment envie d’accepter son offre ; de l’autre… je faisais encore le deuil de David, même après toutes ces années écoulées, et des sonnettes d’alarme s’élevaient en moi, m’enjoignant de ne pas m’impliquer. J’avais eu une chance de mener une vie différente, toutefois, je l’avais anéantie.
J’avais fait le mauvais choix.
Et il était trop tard pour y changer quoi que ce soit.
Je ne pouvais cependant pas ignorer ce que Dom avait dit.
— Parle-moi du fils de Cade, dis-je.
Dom reprit son sérieux et regarda Memphis et Ronan.
— Puis-je ? demanda-t-il en indiquant le canapé.
Les deux hommes opinèrent. J’allais pour ma part m’asseoir dans le fauteuil, car j’avais deviné, à l’expression de Dom, que ce qu’il s’apprêtait à me révéler ne serait pas facile à entendre.
— Beck a dix-neuf ans… presque vingt, à vrai dire. Cade et mon frère Rafe ont adopté Beck, ainsi que son frère et sa sœur, quand Beck avait douze ans. Il a toujours eu quelques soucis psychologiques au fil des ans, mais nous n’avons découvert que l’été dernier ce qui causait ce comportement. Il se sent enfin mieux, mais avec la menace planant sur le frère de Brody, Beck et ses deux hommes sont tendus. Les allusions à Brody dans certains emails reçus par Nathan ont empiré les choses, surtout pour Beck.
Mon regard se porta un instant sur Memphis et Ronan, avant de retourner se poser sur Dom, croisant le sien. À ce moment-là, la colère s’empara de moi.
Pas contre lui, non.
Contre moi-même.
J’avais eu autrefois l’occasion d’avoir dans mon camp un homme comme Dom, pourtant, j’avais eu la naïveté de croire que ce pays que David et moi avions servi progresserait et ferait ce qu’il fallait.
Désormais, David était mort et j’avais servi mon pays d’une tout autre manière.
Une qui aurait fait honte à David.
Me levant, je m’approchai de Dom et lui tendit la main. Il se mit immédiatement debout pour la serrer, bien qu’il semble autant confus que surpris.
— Tu m’as soutenu quand personne d’autre ne l’a fait, déclarai-je. Je vais faire de même avec ton neveu.
Même si cela me rendait malade de devoir retourner dans un monde que j’avais quitté après une longue et dure bataille, je savais que cela ne comptait pas dans cette histoire. Je me foutais de Nathan Wilder ou des conneries qu’il voulait faire gober au peuple américain afin qu’ils lui donnent le pouvoir nécessaire pour nourrir ses propres ambitions, mais j’avais envie de faire quelque chose qui rendrait David fier de moi, plutôt que honteux.
Je me tournai vers Ronan et Memphis.
— Si je fais ça, je le ferai à ma manière.
Les deux hommes opinèrent. Je m’avançai vers la sortie, avant de me raviser.
— Après ça, oubliez mon numéro. Ça vaudra mieux pour vous tous.
 



Chapitre 1
 
NATHAN
 
 
— « Salut, Nathan. C’est moi. Je sais que tu ne veux pas entendre parler de moi, alors j’arrêterai de t’embêter après ça. Je voulais juste te souhaiter un joyeux anniversaire… »
La voix de mon frère s’arrêta, mais pas le message vocal. Mon ventre se noua quand j’entendis sa voix encore plus inégale :
— « Tu me manques vraiment, grand frère. J’ai juste… Je… »
Encore une pause, tandis que je m’essuyais les yeux pour empêcher mes larmes de couler. J’avais commis l’erreur d’appuyer sur le bouton lecture du message vocal alors que j’étais encore assis dans ma voiture, juste après m’être garé dans l’allée. J’avais deux autres messages à écouter, et j’avais cliqué par erreur sur celui de Brody plutôt que sur celui de mon directeur de campagne, et cette erreur était comme un coup en plein ventre.
Parce que je devais toujours me préparer avant d’entendre la voix de mon jumeau, très semblable à la mienne.
Sur un ton plus morne, il ajouta « J’espère que tu vas bien », puis le message se termina.
Je n’allais pas bien, non. Loin de là.
Mais Brody n’avait pas besoin de le savoir. Ni comme je rêvais de presser le bouton d’appel pour lui dire à quel point j’étais désolé.
— Putain, marmonnai-je tout bas en attrapant la poignée de la portière.
Le message de mon directeur de campagne pouvait attendre, parce que j’avais besoin d’un verre.
Ou d’une dizaine.
Je descendis de voiture en m’essuyant les yeux. Heureusement, il était tard, il n’y avait donc plus de journalistes qui traînaient. Car je n’étais pas certain de pouvoir me plaquer sur le visage le sourire de façade obligatoire pour les caméras, appareils photo, micros et dictaphones fourrés si près de mon visage qu’il aurait fallu me payer un verre avant ça.
J’adorais rentrer chez moi. C’était l’un des rares endroits où je pouvais être simplement Nathan plutôt que l’un des nombreux autres titres que j’avais réussi à accumuler, je ne sais trop comment, malgré le peu de choses que j’avais faites dans ma vie.
Candidat au Sénat.
Fils de Chandler Wilder, gouverneur et politicien.
Ancienne tête d’affiche du mouvement droitiste « Rendre à l’Amérique toute la grandeur de Dieu ».
Que tous ces titres aillent se faire voir, ce soir. J’avais eu trente ans aujourd’hui, et la seule personne avec laquelle j’aurais pu envisager de fêter cette étape importante était à plus de trois mille kilomètres de là.
Parce que je l’avais repoussée.
Je parvins à me souvenir de verrouiller ma voiture avant de remonter l’allée jusqu’à la porte d’entrée. J’aurais préféré la mettre dans le garage, mais il était rempli de matériel de campagne. Je n’avais pas encore trouvé le temps de tout déplacer jusqu’à mon nouveau quartier général, au centre de Charleston.
Cette petite maison de Cape Cod, je l’avais achetée un an plus tôt, après avoir échappé à la forteresse de droite que mon père avait érigée à Columbia, la capitale de la Caroline du Sud. J’avais également quitté mon cabinet d’avocat, ce qui avait énervé au possible l’ancien directeur juridique de mon père, puisque c’était lui qui m’avait trouvé ce boulot dans ce prestigieux cabinet juste à la sortie de ma fac de droit. Oui, il avait toujours été question de me faire entrer en politique, mais j’avais foiré leurs projets en tournant brutalement le dos à mon père et ses électeurs pour me présenter sous la bannière démocrate à la place. Depuis, je recevais d’innombrables appels en provenance des fonctionnaires les plus hauts placés de l’Église baptiste du Sud, pour tenter de me convaincre de revenir sur ma décision. Ils m’avaient même fait une suggestion pour expliquer mon soudain, quoique temporaire, revirement politique.
« Mettez ça sur le dos de Brody. »
Je leur avais dit ce qu’ils pouvaient faire de cette idée, et pour un bon garçon distingué du Sud, j’avais choisi un langage assez imagé pour faire comprendre mon point de vue. Cela ne les avait pas empêchés de tenter à nouveau leur chance.
Puis ils étaient passés au niveau supérieur.
Les courriels avaient commencé à arriver six mois plus tôt. Juste agaçants au début, je les avais ignorés et considérés comme provenant d’un énième électeur furieux de mon père. Avant qu’ils ne prennent une tournure plus sombre et ne mentionnent Brody.
Et encore plus, lorsque les choses avaient dépassé les menaces voilées à l’écrit.
Je jetai un coup d’œil par-dessus mon épaule en me rappelant une nouvelle fois que je devais vraiment faire du vide dans mon garage. J’avais déjà dépensé des milliers de dollars en gardes du corps et pneus neufs afin de réparer les dégâts que mon harceleur manifeste avait infligés à mon véhicule quelques semaines auparavant. Par chance, cela s’était produit alors que ma voiture était restée garée toute une nuit près de mon siège de campagne, donc je n’avais aucune raison de croire que ce connard connaissait mon adresse personnelle.
J’accélérai tout de même le pas. J’étais un homme assez grand capable de me défendre si nécessaire, mais je savais que les déséquilibrés apportaient toujours des flingues et des couteaux même pour les combats à mains nues. Qui que soit mon harceleur, il n’allait pas jouer selon les règles. Je ne devais pas l’oublier.
Cela ne m’arrêterait pas, même si c’était le but. Toutefois, je devais me montrer plus vigilant.
La nuit était calme tandis que je déverrouillais la porte d’entrée. Je vivais dans un quartier tranquille et familial, et il semblerait que tous mes voisins ou presque soient en train de dormir. Ce qui n’était pas surprenant, puisqu’il était plus de onze heures du soir.
J’avais donc trente ans depuis près de vingt-quatre heures et ne l’avais réalisé que lorsque j’avais écouté le message de Brody. Si j’avais été un vrai frère, j’aurais au moins envoyé un message pour lui souhaiter un bon anniversaire aussi.
J’avais cependant perdu ce privilège longtemps auparavant. Même si les circonstances entourant ma vie ne mettaient pas Brody en danger, je ne l’aurais pas contacté. Oui, il avait mentionné son désir de renouer le lien entre nous, lorsque je m’étais rendu à Dare, dans le Montana, pour le prévenir d’une menace potentielle contre lui, mais je n’avais jamais envisagé d’accepter cette offre.
Pour de nombreuses raisons. ...

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