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Description

Je ne savais pas comment lui dire à quel point j’avais eu peur de ne jamais partager ce moment avec lui. Ce moment où ce n’était que nous deux. Ce moment où il m’a fait me sentir complet sans même essayer. — Eli


Abandonné. Abusé. Trahi.


L’ancien flic Maverick « Mav » James n’a besoin que de trois choses. Sa Harley, une route dégagée, et son travail dans une organisation souterraine qui rend justice quand la loi en est incapable. Une famille ? Ils étaient partis bien avant qu’il ne les quitte. Des amis ? Un poids. Un endroit à appeler « chez-soi » ? Ça n’existe pas. La devise de Mav est simple : finir et partir. Travail, sexe, peu importe. Pas de connexions émotionnelles. Simple. Jusqu’à ce qu’il le rencontre.


Seul. Se cachant. Brisé.


À quinze ans, Eli Galvez n’a rien. Pas de famille, pas d’amis, et son corps comme seul moyen de gagner assez d’argent pour survivre. Mais une rencontre imprévue a changé tout ça, et huit ans plus tard, il est bien parti pour avoir la vie dont il ne pouvait que rêver à moment donné. Il a été accepté en école de médecine, et il est enfin de retour à Seattle pour être plus proche des hommes et des femmes qui ne partagent pas son sang, mais qui est la seule famille qu’il n’ait jamais vraiment connue. Seulement, les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent être, et les secrets qu’Eli dissimule sont sur le point de ressurgir accompagnés de dangereuses conséquences.


Une dernière chance pour un vrai futur.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 79
EAN13 9782376768227
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0041€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Délaissé
Copyright de l’édition française © 2020 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2016 Sloane Kennedy
Titre original : Forsaken
© 2016 Sloane Kennedy
Traduit de l’anglais par Lorraine Cocquelin
Relecture française par Valérie Dubar, Miss Relect addict, Plume
 
Conception graphique : © Cate Ashwood
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-822-7
Première édition française : juillet 2020
Première édition : août 2016
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Remerciements
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Épilogue
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Remerciements
 
 
Rita, au risque de sonner comme un disque rayé, merci pour une autre lecture bêta incroyable. J’ai l’impression que nous nous connaissons depuis toujours avec les nombreuses fois où nous avons bavardé et le soutien sans fin que tu m’as montré depuis le moment où tu m’as contacté pour la première fois. Je ne peux pas croire que cela ne fait même pas une année entière depuis ce jour ! Je suis tellement heureuse que tu aies apprécié l’histoire de Mav et Eli, mais je ne suis pas surprise qu’ils n’aient pas pu détrôner tes préférés, Logan et Dom… Je suis en quelque sorte heureuse qu’ils ne l’aient pas fait, parce que Logan et Dom méritent ce titre.
Kylee, Claudia et Mari, mes âmes sœurs… au-delà du soutien et des encouragements que vous me procurez à chaque nouveau livre que je publie, votre amitié est devenue quelque chose pour moi que je ne peux même pas décrire. Des batailles épiques aux discussions intimes en passant par les discussions rapides tous les jours, j’ai trouvé quelque chose que je ne savais pas que ma vie manquait. Et pour cela, je vous en serai éternellement reconnaissante.
Autumn Reich, merci d’avoir donné à Mav la super Harley dont il avait besoin ! Cela convenait parfaitement.
Pour tous mes lecteurs, cette année a été tout simplement incroyable et vous êtes la raison pour laquelle je peux réaliser un rêve que je ne savais même pas avoir. Je me suis lancée dans l’écriture à plein temps grâce au soutien et aux encouragements que vous m’avez montrés, et je prends tellement de plaisir à savoir que je peux partager un peu de la vie de ma petite famille d’hommes avec vous.
 
 
 
Délaissé
Les protecteurs # 4
 

Sloane Kennedy
 

 
Prologue
 
MAV
 
 
Je ne le vis pas du premier coup, car contrairement aux fois précédentes où il empruntait le couloir animé jusqu’à la chambre d’hôpital où je me trouvais, il avait ce jour-là la tête basse et il ne répondit à aucune salutation que lui adressèrent les infirmiers et autres membres du personnel. En fait, il était même si distrait qu’il faillit me percuter en pénétrant dans la pièce. Je le retins à temps par les bras avant qu’il me fonce dedans. Il leva les yeux vers moi et poussa une exclamation de surprise.
Le jeune homme était très différent des types qui m’attiraient d’ordinaire. Déjà, il était bien trop jeune. Le début de la vingtaine, guère plus. En outre, je les préférais un peu plus robustes. Celui-ci était si élancé et menu que j’aurais peur de le briser en deux si je m’appuyais sur lui de tout mon poids en le prenant par derrière. Troisième raison, et non des moindres, il était du genre nerveux. Extrêmement. Je n’avais rien contre un peu de timidité de temps en temps, mais me taper des mecs que je terrifiais, ce n’était pas mon truc. Or, terrifié par moi, c’était exactement ce qu’il était, vu comme il se raidit de tout son être dès que je le touchai.
— Désolé, souffla-t-il, si bas que ce fut difficile à entendre au milieu du tumulte des gens qui passaient dans le couloir.
— Pas de souci, répondis-je, sans toutefois le lâcher.
Comme c’était l’été, il portait un tee-shirt à manches courtes, alors mes doigts étaient directement en contact avec sa peau nue, ce qui mettait la pagaille dans ma tête. Ça, et aussi ses immenses yeux d’un brun foncé lumineux et ses lèvres légèrement entrouvertes, si pleines que je me demandais si elles étaient par nature aussi voluptueuses et souples ou si c’était parce qu’il venait d’embrasser quelqu’un.
Le jeune homme avait attiré mon regard quelques semaines plus tôt, quand le gamin que je surveillais, Matty Travers, avait été réadmis dans le Service des immunodéprimés à l’hôpital des enfants. Je ne connaissais le petit garçon que depuis six semaines environ, depuis que Ronan Grisham, mon patron, m’avait demandé de garder un œil sur Hawke, l’un de mes collègues, pour le cas où celui-ci déciderait de se lancer seul à la poursuite des hommes qui avaient tué sa femme. En temps normal, Hawke n’était pas du genre à avoir besoin d’un coup de main. Cependant, quand Ronan avait découvert que les meurtriers s’étaient mis à traîner avec un baron de la drogue mexicain, il n’avait plus été sûr de rien et m’avait ordonné de filer Hawke au train.
Les semaines s’étaient écoulées, mais Hawke ne s’était pas lancé dans la traque comme nous le pensions. Lorsque l’homme qu’il aimait, Tate Travers, et son fils de cinq ans s’étaient rendus jusque dans le Wyoming pour le retrouver dans son ranch, j’avais été le témoin privilégié de leurs retrouvailles, et j’avais compris que Hawke avait fait son choix : il avait préféré son avenir avec ses garçons au lieu de sa vengeance pour le viol et le meurtre de sa femme enceinte, dix ans plus tôt. Du coup, j’étais resté quelques jours en ville pour pouvoir me balader dans les montagnes entourant Rocky Point. Mais alors que je m’apprêtais à enfourcher ma Harley pour m’occuper de ma mission suivante, Ronan m’avait téléphoné, affolé, pour me demander de retourner chez Hawke, car les hommes que celui-ci avait renoncé à traquer l’avaient en fait trouvé lui.
J’étais arrivé juste à temps pour le sauver de la balle que l’un des laquais du baron de la drogue comptait ficher dans sa tête, puis Hawke et moi avions réussi à mettre Tate et Matty en sécurité. Pour un enfant de son âge, le petit Matty s’était montré extrêmement courageux quand un pistolet avait été pressé sur sa tempe. Depuis le début, je ressentais une certaine affinité avec lui. Alors, quand Ronan m’avait demandé si je pouvais rester à Seattle quelque temps pour surveiller toute la petite famille au cas où le baron de la drogue déciderait de tenter sa chance, j’avais immédiatement accepté.
C’est à ce moment-là que j’avais rencontré le jeune homme.
Réglé comme du papier à musique, il venait tous les jours passer du temps avec Matty. Hawke, qui m’avait donné la permission de le laisser entrer, m’avait expliqué que le jeune homme était un bénévole débutant à l’unité de cancérologie pédiatrique. Sa beauté m’avait immédiatement sauté aux yeux, avec son teint mat trahissant ses origines hispaniques et ses jolis yeux expressifs. Cependant, j’avais balayé mon attirance, immédiate et intense, pour lui à cause du regard qu’il m’avait lancé après m’avoir donné son nom pour pouvoir entrer dans la chambre de Matty.
Eli.
Le nom avait roulé sur ma langue, et par réflexe, j’avais commencé à flirter avec le jeune homme. Toutefois, quand il m’avait dévisagé comme si j’étais sur le point de lui sauter dessus, je l’avais laissé passer sans ajouter un mot, et j’avais fait mon possible pour l’ignorer les jours suivants. Ce qui était une mission quasi impossible, car il arrivait toujours ce moment, inévitable, où Eli me frôlait, levait les yeux vers moi un bref instant, me faisant voir autre chose que de la peur dans son regard… une chose bien différente. Une chose qui me rendait impatient au point de me nouer le ventre, et qui faisait picoter mes doigts du désir de tester la douceur de sa joue.
Cependant, à l’instant même, je le tenais encore, et non seulement il semblait terrifié, mais en plus, il était à deux doigts de se mettre à trembler. Alors, je le relâchai rapidement.
Je savais que je n’inspirais pas vraiment un sentiment de sécurité physiquement parlant ; pas avec les tatouages sur mes bras, mon torse et mon dos, ma large carrure, mes cheveux longs et mon pantalon de moto. Néanmoins, je ne lui avais pas non plus ouvertement fait du rentre-dedans ou quoi que ce soit de cet acabit qui justifierait sa crainte envers moi.
Je pensais que, une fois libéré, Eli s’empresserait de s’écarter de moi pour se précipiter dans la chambre, mais son seul geste fut un pas en arrière. Les yeux rivés aux miens, il essayait de retrouver une respiration normale. Puis il secoua légèrement la tête.
— Je suis désolé, répéta-t-il, un peu plus fort cette fois-ci, mais d’une voix toujours basse malgré tout.
J’étais convaincu que ses excuses, cette fois-ci, n’avaient rien à voir avec le fait de m’avoir foncé dedans ; j’avais très envie de lui demander pour quoi exactement il les présentait. Mais ce fut à ce moment-là que je le vis.
Son regard.
Mon souffle se bloqua dans ma gorge en comprenant ce que j’y vis : du désir. Cependant, je n’eus pas l’occasion de parler davantage à Eli ; il me contourna et entra dans la chambre, où Matty et Tate l’accueillirent joyeusement. Il n’y avait plus aucune peur ni timidité chez Eli quand il leur rendit leur salut. Penser que le jeune homme puisse en fait être attiré par moi fut une distraction inattendue, et je résistai de toutes mes forces à mon envie de le regarder jouer avec le petit garçon à travers la cloison vitrée. Mon job consistait à observer mon environnement et à protéger le gamin présent dans cette pièce.
Eli repartit une demi-heure plus tard, et je me forçai à ne pas le suivre du regard. Une résolution qui partit en fumée dès que je perçus son regard sur moi. Nos yeux se trouvèrent un bref instant, et mon sexe se gorgea de manière gênante dans mon pantalon. Eli détourna le regard le premier. Pour ma part, je suivis des yeux sa mince silhouette tandis qu’il s’empressait de se rendre dans une nouvelle chambre. Il fallut qu’il disparaisse de ma vue pour que je parvienne enfin à me sortir de l’envoûtement dans lequel j’étais coincé. Énervé, je maudis à la fois mon traître de corps et le jeune homme qui, d’une œillade, m’avait mis la tête à l’envers pendant quelques secondes.
Mon service se termina une heure plus tard, quand Hawke arriva pour prendre la relève. J’allai dire au revoir à Tate et Matty, puis me dirigeai d’un pas rapide vers le garage souterrain, où je pourrais récupérer ma Harley et me servir d’elle pour apaiser la tension qui persistait dans mes veines. J’arrivai au garage en quelques minutes et optai pour les escaliers plutôt que l’ascenseur pour rejoindre le plus bas niveau, où ma moto était garée. Cependant, dès que j’ouvris la porte, je fus instantanément sur le qui-vive en entendant quelqu’un crier « Reste loin de lui, tu m’entends ! »
J’entendis un bruit de peau frappant de la peau et me remis en mouvement. Quand un petit cri de détresse me parvint également, je me penchai contre la rampe de l’escalier et hurlai :
— Hé ! Que se passe-t-il, ici ?
Un nouveau cri de détresse survint, puis une porte fut ouverte et refermée. Je savais que l’agresseur serait parti bien avant que j’arrive en bas, ce qui ne m’empêcha pas néanmoins de descendre les marches quatre à quatre pour pouvoir m’assurer au plus vite que la victime allait bien.
Je vis le jeune homme avant même d’être arrivé tout en bas. Assis sur le béton, il était adossé au mur, les bras devant son visage. Il pleurait tout bas, mais c’était tout ce que je pouvais distinguer dans la lueur du faible éclairage de sécurité vacillant, accroché au-dessus de lui.
— Hé, vous allez bien ? lui demandai-je en m’agenouillant devant lui.
J’essayai gentiment d’écarter ses bras de son visage, ce qui le fit tressaillir.
— Vous êtes en sécurité, maintenant, murmurai-je quand il consentit enfin à se détendre assez pour relâcher ses bras.
Je posai alors les doigts sous son menton pour relever son visage et, au même instant, la lumière cessa de trembloter et mon souffle se bloqua dans ma poitrine. Parce que je vis enfin qui avait un hématome récent qui apparaissait déjà sur sa joue, une lèvre en sang, et des larmes coulant sur le visage.
Eli.


 
Chapitre 1
 
MAV
 
 
— Eli, dis-je, aussi gentiment que possible étant donné la rage qui rugissait dans mes veines. C’est moi. Mav.
À vrai dire, je ne lui avais jamais donné mon nom, mais comme il hocha la tête, je compris qu’il m’avait reconnu.
— Vous pouvez vous lever ?
Nouveau signe de tête. Eli essuya ses larmes du dos de sa main gauche. J’allai lui prendre le bras droit pour l’aider à se relever quand il poussa un cri et saisit son poignet avec son autre main.
— D’accord, j’ai compris, dis-je d’une voix douce, tandis que de nouvelles larmes coulaient de ses yeux.
J’observai le poignet qu’Eli gardait dans une étreinte protectrice et remarquai qu’il gonflait déjà.
— Eli, arrivez-vous à bouger les doigts de cette main-là ? demandai-je en indiquant le bras blessé.
Hésitant, il testa quand même chaque doigt prudemment. Sa douleur se lisait clairement sur son visage, et ses respirations rauques faisaient le yo-yo dans sa poitrine.
— Oui, confirma-t-il enfin. Je pense qu’il est juste foulé, ajouta-t-il, les dents serrées.
— Je vais vous aider à vous lever, d’accord ? Nous allons y aller doucement.
Nouveau signe de tête tremblant. J’attrapai son bras indemne et supportai tout son poids tandis que je le relevais prudemment. Le jeune homme s’adossa ensuite au mur pour reprendre son souffle. Je laissai ma main sur son coude pour le stabiliser.
— Pouvez-vous monter les marches ?
Eli mit quelques instants à reprendre une respiration suffisamment calme pour pouvoir parler.
— Ma… Ma voiture est garée à ce niveau-là, expliqua-t-il en indiquant de la tête la porte menant au garage.
— Eli, vous devez montrer vos blessures à quelqu’un.
Même si nous nous trouvions dans un hôpital pour enfants, j’étais certain qu’ils ne refuseraient pas de s’occuper de lui. Au pire, ils lui trouveraient une ambulance pour l’emmener à l’hôpital général, non loin de là.
— Non, murmura Eli en se redressant. Je vais bien.
— Eli…
— Merci, dit l’intéressé en se dégageant avec prudence de ma poigne.
Puis il s’écarta de moi. De son bras indemne, il entrouvrit la lourde porte, et je m’empressai de l’aider. Il marmonna un nouveau remerciement, puis se dirigea vers le coin le plus sombre du garage. Je le rattrapai sans peine tout en scrutant avec attention les alentours. Je fis arrêter le jeune homme en posant doucement la main sur son bras indemne.
— Eli, parlez-moi. Qui vous a fait ça ?
Il secoua simplement la tête et essaya de s’écarter de moi.
— Un ex, peut-être ? insistai-je.
Il ne parut ni surpris ni énervé que je présume qu’il était gay.
— Laissez-moi m’en aller, d’accord ? murmura-t-il, au bord des larmes.
Il essaya de libérer son bras de ma main, mais je refusai de lâcher prise. Je refusai également de remarquer les décharges électriques qui remontaient de mes doigts jusqu’à mon épaule.
— J’aimerais au moins appeler quelqu’un pour vous, dis-je. Votre famille. Un ami.
Je pensais qu’il allait réfléchir à ma suggestion ou au moins la refuser, mais pas à ce qu’il s’effondre tout à coup et verse de nouvelles larmes en silence. Il semblait si perdu et brisé que j’en eus un coup au cœur. Je ne savais pas quoi dire. Rien ne venait, parce qu’une douleur aussi ancrée dans sa chair ne pouvait pas disparaître simplement avec quelques mots choisis. Ce dont il souffrait au fond de lui était bien pire que les coups qu’il avait reçus.
Ma peau fourmilla de l’envie de prendre la fuite. Filez-moi un flingue ou un couteau, et je deviens imbattable. Même à mains nues, je peux gérer tous les obstacles sur mon passage. Mais ça… Bon sang, je n’étais pas équipé pour donner au jeune homme devant moi ce dont il avait besoin. Je ne l’étais plus. Pourtant, alors qu’Eli tentait une nouvelle fois de me contourner, je resserrai la main et l’attirai plutôt contre moi. D’abord, il se raidit. Mais lorsque je posai la main en bas de son dos pour l’empêcher de s’écarter, il lâcha un sanglot déchirant, posa la tête contre mon torse et pleura pour de bon. Je le serrai davantage contre moi, veillant à ne pas appuyer sur son bras blessé.
Sans un mot, je laissai son chagrin inonder ma chemise. Incapable de m’en empêcher, j’effleurai sa tempe avec mes lèvres. J’avais raison, en le qualifiant de svelte, car même avec mes bras qui ne le serraient vraiment pas fort, il paraissait fragile. Je le dépassai d’au moins dix centimètres et je pesai au bas mot vingt-cinq kilos de plus que lui, alors qu’il n’était pas squelettique non plus. De ma main libre, je testai la douceur de ses cheveux noirs comme du charbon et m’émerveillai de sentir ses boucles sous mes doigts.
Je ne saurais dire combien de temps nous restâmes ainsi ni quand la main libre d’Eli se posa sur mon dos. Ses doigts s’enfonçaient dans ma chair, réchauffant ma peau à travers le fin tissu de ma chemise. Ses sanglots s’étaient apaisés, mais il continuait à s’accrocher à moi comme si j’étais sa bouée de sauvetage. Seul son bras blessé appuyé contre mon ventre me retint de serrer Eli fort contre moi comme je l’aurais voulu.
La porte de l’escalier s’ouvrit, et Eli s’écarta dans un sursaut. Il poussa un petit cri en cognant son poignet blessé contre moi. Les yeux écarquillés, il regarda qui venait d’apparaître. Il s’agissait d’une infirmière, qui cherchait ses clés dans son sac à main. Elle nous jeta un bref coup d’œil avant de se précipiter de l’autre côté du parking. Eli, qui avait réussi à se reprendre, s’éloigna un peu plus de moi.
— Je suis désolé, murmura-t-il.
— Pas moi, répliquai-je sans réfléchir.
Eli leva la tête vers moi, surpris, et je profitai de sa distraction pour essuyer une goutte de sang frais sur sa lèvre. Cet attouchement le fit frémir, et j’eus moi-même quelques difficultés à masquer ma réaction quand la peau rugueuse de mon pouce entra en contact avec la chair douce et rose de sa lèvre.
— Je devrais y aller, dit Eli en s’éloignant davantage.
Je savais que je devrais le laisser s’en aller tranquillement, puisqu’il était clair qu’il ne voulait pas de mon aide. Pourtant, je le suivis quand même jusqu’à sa voiture. Cependant, lorsqu’il s’approcha de la vieille berline qui avait davantage de rouille que de peinture sur la carrosserie, il marqua une hésitation, les yeux rivés sur sa voiture. J’observai l’engin à mon tour, à la recherche de traces indiquant qu’elle avait été endommagée, mais je ne remarquai rien.
— Qu’y a-t-il ? demandai-je en m’arrêtant à côté d’Eli et en me tournant vers lui pour voir son visage.
Il pivota la tête vers moi, comme s’il se rendait seulement compte que j’étais encore là.
— C’est une voiture manuelle, répondit-il enfin, en levant son bras blessé – le droit – en guise d’explication.
— Où sont vos clés ? Je peux vous reconduire chez vous.
Eli eut un mouvement de recul, et je ressentis un mélange de colère et de frustration, que j’étouffai cependant. Très bien, il ne m’aimait pas. Ce n’était pas une raison pour me comporter comme un connard et le laisser tomber, malgré le fait que je sois à moitié tenté de le faire.
Je sortis mon portable de ma poche et le lui tendis.
— Alors, appelez quelqu’un… Un ami, un taxi, n’importe qui.
Je ne pus masquer mon irritation, et Eli tressaillit en percevant mon ton. J’essayai de garder à l’esprit qu’il venait de se faire frapper, néanmoins, son rejet me faisait mal. Ce qui était l’incarnation même de la stupidité, puisque les gens m’avaient rejeté toute ma vie. Donc rien de nouveau sous le soleil, pour moi.
Comme Eli n’avait toujours pas bougé ni répondu, je fis volte-face en secouant la tête. Il prit alors la parole, s’exprimant dans un murmure à peine audible.
— Vous me faites peur.
Je me figeai et tournai lentement sur moi-même pour me retrouver de nouveau face à lui. Son aveu me surprit. Je ne savais pas quoi dire. J’optai pour « Je fais cet effet sur beaucoup de gens » et me forçai à rire un peu, pour ajouter un peu de légèreté à la situation, mais Eli ne réagit pas. Il se contenta de me détailler de la tête aux pieds, et mon membre se gonfla, excité.
— Ce n’est pas pour ça que vous me faites peur. Plus maintenant, ajouta-t-il.
Je ne savais pas trop quoi penser de cette déclaration, mais il enchaîna avant que je lui en demande la signification.
— Mav, c’est ça ?
Je lui confirmai d’un signe de la tête.
— Matty parle beaucoup de vous. Il m’a dit que ses papas et vous l’avez sauvé. Il vous appelle Thor.
Cela m’amusa. L’obsession de Matty pour les superhéros était bien connue, mais je ne savais pas que je faisais partie du lot.
— C’est un chouette gamin, murmurai-je.
— Oui, approuva Eli.
Il se tourna afin de me regarder en face et ajouta :
— Mav, si vous pouviez me ramener chez moi, je vous en serais reconnaissant.
J’adorai entendre mon prénom sur ses lèvres… comme s’il était une caresse prometteuse de bien plus. Il soutint mon regard de ses yeux foncés, m’hypnotisant, me poussant à m’approcher de lui.
— Vos clés ? demandai-je, d’une voix épaisse et rauque, même à mes propres oreilles.
— Dans ma poche. Celle de droite.
J’en eus quelques difficultés à avaler ma salive. Comme son bras était blessé, il lui serait impossible de mettre la main dans sa poche pour y récupérer les clés. Et dans la mesure où il portait un jean moulant…
Bordel de merde .
Je portai les mains à sa poche, désireux de faire vite, mais entre le souffle d’Eli qui s’accéléra quelque peu et le fait de sentir sa chair ferme sous les doigts qui s’enfoncèrent dans sa poche, j’eus du mal à contrôler mon désir dévorant. Il me fallut m’y reprendre à plusieurs fois avant de parvenir à récupérer le porte-clés, et lorsque je le sortis enfin de la poche, nous poussâmes tous les deux un soupir de soulagement.
Eli se rendit du côté passager. La clé n’étant pas automatique, je l’insérai dans la portière pour la déverrouiller manuellement. Lorsque ce fut fait, je me rendis compte qu’elle ne disposait pas de la fermeture centralisée. Alors, je m’installai sur le siège conducteur et me penchai dans l’habitacle pour soulever le loquet de la portière passager. La voiture n’était pas petite, néanmoins, ma tête frôlait le plafond régulièrement, même avec le siège reculé à fond. Je jetai un coup d’œil à Eli, qui m’observait, un petit sourire aux lèvres. Celui-ci lui donnait un air totalement différent, qui provoqua quelque chose dans ma poitrine. Il souffrait toujours, c’était évident, mais ce changement momentané d’expression valait le coup d’œil. Puis il surprit mon regard et baissa les paupières, à la recherche de sa ceinture de sécurité. Il batailla avec quelques instants, jusqu’à ce que je le prenne en sympathie et l’accroche à sa place.
Au cours de la manœuvre, mon bras se retrouva à la limite d’effleurer son torse, et mon visage dangereusement proche du sien. Eli inspira vivement quand je restai un instant immobile, nos bouches séparées de quelques centimètres à peine. Dire que j’étais tenté de me pencher pour goûter à la sienne serait l’euphémisme du siècle. Mais je me souvins de son aveu sur la crainte que je lui inspirais.
Je retournai sur mon siège et mis la clé dans le contact. Il me fallut plusieurs tentatives pour réussir à allumer le moteur, et quand il tourna enfin, je dus appuyer une fois sur l’accélérateur pour l’empêcher de s’éteindre. Après quelques minutes à virer dans les différents étages du parking pour remonter au niveau de la rue, Eli m’indiqua du menton sa télécommande pour le portail, glissée dans le porte-gobelet. Puis, les seules paroles qu’il prononça furent pour m’indiquer comment me rendre chez lui.
Vu la poubelle qu’il conduisait, je n’attendais rien d’extraordinaire de son logement. Néanmoins, il fut moins catastrophique que je ne le craignais. J’étais à Seattle depuis assez longtemps pour avoir pu explorer la ville, alors je savais que nous nous trouvions à quelques encablures de l’Université.
Je me garai devant une grande maison verte, visiblement convertie en plusieurs appartements. Ce qui semblait être le cas de plusieurs autres résidences de cette rue, mais comme nous étions au milieu du mois de juin, il n’y avait pas beaucoup d’activité dans le coin.
Cela me rappela que je bavais probablement sur un étudiant de première année, ce qui me poussa à lui demander :
— Vous êtes à la fac ?
— Je commence les études de médecine à l’automne, dit-il en débouclant sa ceinture.
Ce qui signifiait qu’il avait déjà au moins trois années d’études à son actif, et n’était donc pas tout juste majeur. Je repoussai cette pensée malgré tout. Peu importait l’âge d’Eli. Il avait beau m’attirer, je savais que ça n’allait pas plus loin. Que ça n’irait pas plus loin. Parce qu’il n’était manifestement pas du genre à privilégier les relations sans attaches et les histoires sans lendemain. Et même s’il avait été partant, il s’était montré très clair sur le fait que je n’étais pas son genre, pas plus qu’il n’était le mien.
Je sortis de la voiture, retrouvai Eli de l’autre côté et lui remis ses clés.
— Merci. Comment allez-vous faire pour retourner là-bas ?
— Je vais appeler un taxi.
Il hocha la tête et se détourna, mais j’étais incapable de le laisser s’éloigner comme ça. Je le retins. Il tressaillit, mais ne chercha pas à se dégager.
— Eli… Si vous savez qui c’est… le type de tout à l’heure… vous devez le dire à la police. Porter plainte.
Il soutint mon regard un instant puis baissa le menton.
— Je vais y penser, dit-il enfin, mais je savais que c’était un mensonge.
La culpabilité m’envahit, mais je la gardai pour moi. J’attrapai mon portable afin d’appeler un taxi. Je ne pouvais pas forcer Eli à demander de l’aide, mais je pouvais faire un peu d’étude de terrain de mon côté pour voir si je pouvais identifier le salaud qui l’avait frappé.
— Vous…
Sa voix se brisa à ces mots, et je levai les yeux vers lui. Il se trémoussait d’avant en arrière, son bras blessé contre sa poitrine.
— Voulez-vous entrer le temps d’attendre votre taxi ? demanda-t-il d’une voix tremblante.
Tandis qu’il attendait nerveusement ma réponse, je constatai qu’il regrettait de m’avoir posé cette question. Si j’avais été malin, j’aurais simplement appelé un taxi et attendu sur le trottoir. Mais cette force invisible, qui me poussait à regarder Eli chaque fois qu’il passait à côté de moi quand il quittait la chambre de Matty, faisait des heures supplémentaires et me fit hocher la tête sans réfléchir. Et plutôt que d’appeler un taxi, je remis mon portable dans ma poche et suivis Eli sur le chemin. Il ne cessait de m’observer nerveusement par-dessus son épaule à mesure que nous nous approchions de la maison, où il ne gravit pas les marches du porche, mais contourna la bâtisse. Un escalier en bois branlant menait au premier étage. Lorsque je posai le pied sur la première marche, je ne pus m’empêcher de me demander si elle supporterait mon poids. Cependant, elles étaient plus solides qu’elles n’en avaient l’air. Comme le palier était étroit, je me retrouvai pratiquement pressé contre le dos d’Eli tandis qu’il essayait de mettre sa clé dans la serrure à l’aide de sa main gauche.
— Attendez, laissez-moi faire, dis-je en lui prenant les clés des mains.
Il poussa un petit cri lorsque mon torse effleura son dos, si bien que je veillais à conserver cette position une fois la clé dans la serrure. Je pris bien garde à ne pas le toucher ailleurs, pour ne pas l’effrayer. Sa respiration s’accéléra quand même dans cette position, coincé comme il l’était entre mon corps et la porte. Sentant ma hampe pulser douloureusement, je me décidai à tourner la clé. Dès qu’il put entrer, Eli se servit de son bras valide pour ouvrir la porte. Je pris une profonde inspiration pour tenter de reprendre le contrôle de ma libido débridée et le suivis à l’intérieur. Dès que je franchis le seuil, un énorme Rottweiler apparut et se plaça délibérément entre son maître et moi, occupé à poser les clés sur la petite table de la cuisine.
Le chien et moi nous dévisageâmes quelques secondes avant que l’animal consente à s’approcher. Je restai parfaitement immobile pendant qu’il m’inspectait. Levant la tête, je remarquai qu’Eli observait la scène, mais avait les yeux rivés sur le chien. Je me demandai si l’animal lui servait de baromètre pour déterminer si j’étais digne de confiance. J’eus ma réponse dès l’instant où le chien me lécha la main : Eli poussa un soupir soulagé. Il leva alors les yeux vers moi, et son corps exprima sa honte.
Il secoua la tête et voulut prendre la parole, mais je le fis à sa place :
— Pas besoin, dis-je en posant la main sur la tête massive du chien. Si vous en avez besoin, ça me va.
Eli déglutit et hocha la tête.
— Il s’appelle Bébé.
Je pouffai et admirai l’énorme chien. Aux nombreux poils gris qui parsemaient sa fourrure, il était clair que c’était un vieux chien ; il n’en demeurait pas moins impressionnant.
— Il est magnifique, murmurai-je en caressant la tête de l’animal.
Celui-ci me donna un tendre coup de nez puis alla retrouver son propriétaire.
Eli s’assit sur une chaise de cuisine et enlaça Bébé. Pour ma part, je m’avançai dans l’appartement, dont je refermai la porte derrière moi. Eli était si différent en présence de son animal que je me retrouvai subjugué par sa transformation, et un peu aussi bêtement jaloux de l’animal. Je me rendis jusqu’au frigo-congélateur pour prendre des légumes surgelés que je posai sur la table de la cuisine. Eli me regardait faire sans un mot. Je trouvai un torchon propre et l’humidifiai. Puis j’attrapai l’autre chaise de la kitchenette et m’installai dessus en face d’Eli. D’un doigt sous le menton, j’entrepris de nettoyer la coupure sur sa lèvre, sans qu’il émette de protestation. Une fois tout le sang séché enlevé, j’attrapai les deux sachets de légumes surgelés. J’en posai un sur son poignet, qu’il serrait toujours contre son torse, et je maintins l’autre contre sa joue. Eli tressaillit légèrement, mais ne s’écarta pas.
Nos regards étaient rivés l’un à l’autre. Même si je ne touchais sa peau nulle part, j’étais en proie aux mêmes décharges électriques que lorsque je l’avais effleuré. Notre proximité avait également de l’effet sur Eli, dont les lèvres étaient légèrement entrouvertes et dont la respiration s’accélérait. Puis sa langue sortit de sa bouche pour humecter ses lèvres, et mon sexe durcit douloureusement. Afin de trouver un peu de répit, je lui demandai, d’une voix grondante :
— Vous avez de l’ibuprofène ?
Il mit plusieurs secondes à me répondre, et se passa une deuxième fois la langue sur les lèvres. Je me demandais s’il avait conscience de l’effet qu’il me faisait. Si tout chez lui n’avait pas hurlé « bas les pattes ! », j’aurais pu jurer qu’il faisait ce geste rien que pour m’exciter.
— Dans ma salle de bain. Je vais en chercher.
Il fit mine de se lever, mais je l’interrompis d’une main sur la cuisse, et il inspira vivement.
Bon sang, ce type causerait ma perte.
— J’y vais, répliquai-je, les dents serrées.
Il hocha la tête et m’expliqua :
— Vous devez passer par ma chambre pour atteindre la salle de bain. Les médicaments sont dans l’armoire.
J’indiquai d’un signe de tête que j’avais compris, puis lâchai lentement le sachet de légumes pressé contre le visage d’Eli. Le jeune homme prit alors le relais, nos doigts s’effleurèrent et je ravalai un juron en me sentant envahi d’une nouvelle bouffée de chaleur. Je me levai et me dirigeai vers le couloir qui, d’après moi, menait aux chambres. L’appartement n’en disposait que d’une seule, en fait, et elle était minuscule. Elle était meublée d’un lit double, mais pas d’armoire, juste d’une petite commode au coin de laquelle se trouvait une haute pile de livres. Il y avait également plusieurs photos encadrées, desquelles, curieux, je m’approchai. La plus grande représentait une jeune femme et deux enfants, une adolescente et un garçon de dix ans à peine. Eli, sans doute.
D’autres cadres, plus petits, montraient divers hommes et femmes, mais ce fut celui avec sa face cachée qui attira mon attention. Soit il était tombé, soit quelqu’un l’avait volontairement retourné. Je m’en emparai et étudiai la photo. Aucun doute, c’était la même femme que sur les autres photos, mais cette fois-ci, elle portait une robe de mariée. À ses côtés se tenait manifestement son mari, un homme séduisant qui devait avoir une dizaine d’années de plus qu’elle. Devant eux, Eli souriait de toutes ses dents. Il devait avoir quinze ou seize ans, à l’époque. L’homme et la femme lui avaient posé l’un, un bras sur l’épaule, l’autre une main. Deux autres hommes complétaient le tableau, un de chaque côté de l’heureux couple. L’un d’eux, plus jeune que le marié, avait le crâne rasé et une carrure puissante. Le plus jeune des trois hommes était magnifique, avec ses épais cheveux noirs, ses pâles yeux bleus et son immense sourire.
Je me plongeai quelques instants supplémentaires dans l’étude d’Eli, ...

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