Derrière les mensonges
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Derrière les mensonges

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Description

Aux yeux des autres, Kyle Stone, 17 ans, a tout pour lui. Un avenir dans le sport qu’il aime, de l’argent et un statut social, et sa petite amie à ses côtés. Mais Kyle est doué pour faire semblant, pour cacher ce qu’il ne veut pas que les autres voient. Car Kyle a des secrets, le genre qui peut tout changer.


Jolie, populaire et sortant avec l’une des stars montantes du football de Wicked Bay High, Laurie Davison vit la vie dont la plupart des filles rêvent. Mais derrière des portes fermées, elle se sent comme un imposteur. Elle est fatiguée de se dissimuler ainsi que de sauver les apparences, et la seule personne vers laquelle elle devrait pouvoir se tourner est celle qui la repousse.


On dit que l’amour conquiert tout, mais les mensonges détruisent. Et quand la vérité éclate, les cœurs ne sont pas seulement meurtris.


Ils sont ruinés.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 6
EAN13 9782382280621
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Derrière les mensonges
Copyright de l’édition française © 2021 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2018 L.A. Cotton
Titre original : Wicked Lies
© 2018 L.A. Cotton
Traduit de l’anglais par L.L. Cam
Relecture et correction par Agathe P., Miss Salisbury
 
Conception graphique : © Mary Ruth pour Passion Creation
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-38228-064-5
Première édition française : avril 2021
Première édition : mars 2018
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Remerciements
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dédicace
 
 
À mes enfants.
J’espère que vous vous sentez toujours capable de venir me voir pour quoi que ce soit.
 
 
 
Remerciements
 
 
Vingt et quelques livres, je devrais vraiment être meilleure dans ce domaine. Je ne sais jamais vraiment quoi écrire à ce stade. Je veux dire, quelqu’un lit-il même ceci ? Mais juste au cas où vous le feriez, je voulais vous raconter une petite histoire.
Il y a quatre ans, j’ai commencé à écrire un livre. Je n’ai jamais eu l’intention de le publier ou de le partager avec le monde, mais je l’ai fait. J’ai mis mes mots, mon cœur, là-dedans. Et c’était effrayant (ça l’est toujours). Et plus que tout, je ne savais pas à quoi m’attendre…
Je ne m’attendais pas à être ici, vingt-deux (je crois) livres plus tard, à écrire à plein temps. Comme tous les auteurs, j’ai eu des hauts et des bas, mais jusqu’à Nouveau départ, les choses ne se sont pas toujours bien déroulées. J’avais publié des livres dont je pensais qu’ils allaient cumuler toutes ces formules magiques pour réussir… et je les ai regardés exploser. Mais chaque fois, je me suis dépoussiérée et je me suis mise à travailler sur le prochain projet.
Nouveau départ n’a pas été réellement décisif pour moi. J’écrirai toujours. Ce n’est pas quelque chose que je pourrai un jour désactiver. Mais c’était la première fois que je mettais tous mes jetons dans l’espoir de passer au niveau supérieur de ma carrière d’auteur. Et après trois tomes dans cette série, il me semble approprié de vous remercier, mes lecteurs. En termes simples, Wicked Bay a changé ma vie. L’accueil et le soutien que j’ai eu pour cette série ont dépassé mes rêves les plus fous et je suis plus reconnaissante que vous ne le saurez jamais. Cela a ouvert la porte à un agent pour mes droits subsidiaires (audio et étrangers) et m’a permis d’obtenir un accord pour que les deux premiers livres de la série soient transformés en livres audio et, espérons-le, les futurs livres aussi.
J’espère que vous apprécierez l’histoire de Kyle et Laurie et que je continuerai à écrire le genre de livres que vous voulez lire.
Un million de fois, merci !
… Et sans oublier mon incroyable équipe en coulisses : mon éditrice: Andie ; mes bêtas : Jenny, Stevie, Anna et Lucy ; mes copines d’écriture : les incroyables Indie Girls ; mes lecteurs / ARC / groupe spoiler – vous êtes tous fantastiques ; Ginelle, mon extraordinaire relectrice ; Nikki et Lucy pour toute leur aide afin de publier/organiser et me maintenir généralement sur la bonne voie avec les médias sociaux ; Sarah, mon agente, pour tout ton soutien dans la négociation de contrats audio ; et tous les blogueurs qui continuent à partager/commenter et me soutenir.
Sans vous tous, je serais complètement perdue (pire que ce que je suis maintenant !)
Jusqu’à la prochaine fois,
L A xo
 
 
Derrière les mensonges
Wicked Bay #3
 

 
 
L.A. Cotton
 

 
Chapitre 1
 
KYLE
 
 
— C’est la belle vie, soupira Laurie à côté de moi.
Je m’appuyai sur mes coudes et baissai mes lunettes de soleil pour jeter un coup d’œil vers elle, allongée sur la chaise longue. Des centimètres et des centimètres de peau bronzée recouverts seulement de minuscules morceaux de tissu bleu pâle. Bon sang, il fallait vraiment que j’envoie une lettre de remerciements, ou un truc du genre à Victoria’s Secret parce que ma copine… Eh bien, ma copine était vraiment sexy. À mort. Puis quelqu’un s’éclaircit la gorge et je me rappelai où nous nous trouvions : dans son jardin et celui de ses parents. Et son père, Monsieur Davison, me fixait du regard.
— C’est une belle journée, Monsieur D.
Je lui fis mon sourire réservé aux parents, avant de placer un bras derrière ma tête et de m’allonger de nouveau. Laurie glissa sur le devant de sa chaise longue et me prit la main, qui pendait de la mienne.
— Hé, ça va ? murmura-t-elle.
— Oui, ça va.
— Parce que si tu veux t’en aller…
La suggestion resta suspendue dans l’air entre nous et, même si j’aurais préféré être n’importe où sauf ici, j’entrelaçai nos doigts puis lui souris avant de dire :
— C’est cool. On pourra traîner avec Lo et Rick plus tard.
— D’accord.
Laurie fit un petit soupir. Je savais qu’elle voulait partir, mais ses parents étaient en ville et ils voulaient que l’on crée des liens . J’étais sûr que Monsieur Davison avait des raisons cachées, comme celle de pouvoir conserver un œil sur moi et s’assurer que je ne pervertissais pas sa fille unique.
— Alors, Kyle.
L’homme en question s’éclaircit la gorge une autre fois. Ce type avait vraiment besoin d’investir dans des pastilles pour la gorge.
— Laurie nous a dit que tu avais choisi une université.
Sachant que c’était une conversation à laquelle je ne pouvais pas échapper, je me redressai sur la chaise longue pour m’asseoir.
— Oui, Monsieur. Je pense aller à USC .
— Tu penses ?
Son sourcil se dressa et je sentis son jugement m’atteindre.
— Je vais à leur camp d’entraînement le mois prochain et ils voudront sûrement que leurs recruteurs viennent voir quelques matchs de plus cet automne, mais ça se présente bien, Monsieur.
Je passai une main sur mon visage, le poids du regard fixe du père de ma petite amie étant trop intense pour un lundi matin.
— USC est une bonne école, Mike.
La douce contribution sucrée de Madame Davison à la conversation ne soulagea pas tellement la tension qui s’accumulait dans ma poitrine.
— Mais ce n’est pas Berkeley, répondit-il.
— Papa !
Laurie s’assit et mit son caftan.
— On en a déjà parlé. Je ne me suis toujours pas décidée. Je ne suis même pas sûre de vouloir faire une prépa de droit.
Elle se tut quand mon regard s’arrêta sur le sien, mais c’était trop tard. Le mal était fait.
Parce que je lui avais demandé de venir à USC avec moi.
Et elle n’avait toujours pas pris sa décision.
— Je vais nager, lançai-je en jetant mes Ray-Bans sur la chaise longue.
— Kyle, attends…
Mais je ne me retournai pas. Je continuai de m’approcher de la piscine, la laissant avec les piranhas en pleine partie de chasse.
En vérité, Laurie était libre de choisir sa propre route. Sa propre école. Son avenir. Et ça me faisait un mal de chien, parce qu’il y avait eu une époque où tout mon avenir se résumait au football… Et à elle. Elle était dans mon plan. Mon avenir l’incluait à mes côtés : me soutenant, m’encourageant depuis les gradins alors que je bottais des fesses pour les USC Trojans . Mais beaucoup de choses avaient changé ces derniers mois. Il y avait une distance entre nous. Et je ne savais pas comment y remédier.
Je voyais le doute dans ses yeux chaque fois qu’elle me regardait, les vérités qu’elle n’avait pas encore dites.
Laurie avait des secrets. Mais là n’était pas le seul problème.
Moi aussi, j’en avais.
 
 
— Je suis désolée pour mon père.
Laurie jeta un coup d’œil rapide vers moi alors que je reculais la Jeep – alias Mon Bébé  – dans l’allée.
— Ce n’est pas ta faute si c’est un connard.
— Kyle ! haleta-t-elle.
Mais je vis un soupçon d’amusement dans ses yeux.
— C’est la vérité. Il ne veut pas lâcher le morceau. Je joue au football. Je suis né pour jouer au football. Je ne sais pas pourquoi ce n’est pas assez bien pour lui.
— Il a juste…
Elle hésita un instant et je coupai le moteur, passant vivement une main dans mes cheveux, détestant le nuage sombre qui nous surplombait ces derniers temps.
— Juste quoi ?
Je me tournai vers elle et j’essayai de lire son visage. Elle m’aimait, je le savais. C’était juste là, inscrit sur son visage et dans la façon dont son corps gravitait vers moi. Mais, quelque chose avait changé.
— Je suis sa fille. Il veut le meilleur pour moi, pour mon avenir.
— Ah, oui ? Je pensais que j’étais ton avenir. Que toi et moi allions commencer l’université… ensemble.
— C’est le cas, Kyle. C’est juste que je…
— Que tu quoi ? lançai-je entre mes dents, l’irritation bouillonnant sous ma peau. Tu l’as dit toi-même, tu n’es même pas sûre de vouloir faire une prépa de droit.
Je n’étais pas bagarreur. Je ne l’avais jamais été. C’était plus le truc de mon demi-frère, Maverick. Moi, j’utilisais l’humour comme solution de fortune. De mauvaises ondes dans une pièce ? Je faisais une blague. Des problèmes de famille devenaient trop lourds ? Je disais quelque chose d’inapproprié pour briser la tension. C’est comme ça que je me débrouillais. Comme je l’avais toujours fait. Mais là, maintenant, avec ma copine – la fille que j’aimais depuis que je savais ce qu’était l’amour – me regardant avec de la douleur et des regrets dans les yeux, j’avais envie de tabasser quelqu’un pour oublier ces conneries sur l’amour éternel.
— J’ai juste besoin de temps pour réfléchir à certaines choses.
À la seconde où les mots sortirent de sa bouche, l’air à l’intérieur de la Jeep se figea et j’eus l’impression d’avoir reçu un coup de poing dans le ventre. Sachant qu’il fallait que je me tire de là avant de dire quelque chose que j’allais regretter – quelque chose que je ne pourrais pas retirer – je saisis la poignée de la porte et m’écriai :
— Oui, eh bien, quand tu auras réfléchi, fais-le-moi savoir.
— Kyle…
Mais je n’entendis ses paroles que de loin, car j’étais déjà sorti de la voiture. Je pris la porte arrière menant à la cour et contournai la maison pour aller à la pool house de Maverick. La télévision était allumée, mais il n’y avait personne devant.
— Rick, Lo, où…
Des rires s’échappèrent de sa chambre et je fermai les yeux.
— Si tu te tapes ma cousine là-dedans, des têtes vont tomber.
Il y a eu un fracas, suivi d’autres ricanements, puis de bruissements de draps. Une minute plus tard, la tête de Rick apparut dans l’entrebâillement de la porte, les cheveux hérissés, un sourire paresseux sur son visage habituellement maussade.
— Tu sais frapper aux portes ?
— Depuis quand dois-je frapper à la porte ? J’ai besoin d’une bière, tout de suite.
Il inclina la tête et plissa les yeux en me regardant.
— Depuis quand as-tu besoin d’une bière, tout de suite ?
— Depuis…
— Salut, Rick.
La voix de Laurie retentit derrière moi et je me tus.
— C’est parti pour la bière.
Rick ferma la porte derrière lui, laissant sans doute ma cousine – sa copine – se refaire une beauté.
— Vous avez passé une bonne journée avec tes parents ?
Sa question n’était pas pour moi, alors je n’y répondis pas, laissant Laurie s’occuper de ça. Pourtant, j’étais aussi intrigué d’entendre sa réponse.
— C’était…
Horrible. Gênant. Mon père est un énorme enfoiré. Mais aucun de ces mots ne sortit de sa bouche.
— Ça a été. Ils ne sont en ville que jusqu’à ce week-end. Donc ils veulent qu’on passe du temps ensemble.
Mensonges.
Elle mentait.
Parce que c’était ce qu’on était : des menteurs.
— Ils sont encore partis pour leurs affaires ?
Rick arqua un sourcil en me regardant et je lui répondis avec un regard lui indiquant de la fermer.
— Non, ils prennent des vacances. Les affaires de Papa sont un peu folles en ce moment, alors il a offert un séjour de deux semaines à Cabo à ma mère.
— Sympa.
Rick me tendit une bière et offrit un soda à Laurie. Elle le prit avec un haussement d’épaules et une partie de moi fut soulagée qu’elle soit d’accord avec lui. Car si c’était sympa pour Madame Davison, ça ne l’était certainement pas pour leur fille de dix-sept ans qui n’avait pas reçu d’invitation.
— Salut, tout le monde.
Lo apparut et je la regardai de travers. Je connaissais bien l’expression sur son visage. Laurie avait la même quand je venais de la faire jouir et je n’avais vraiment pas besoin d’imaginer mon demi-frère et ma cousine en train de le faire. Un frisson remonta le long de ma colonne vertébrale et Lo me donna un petit coup de poing.
— Ça fait des mois que cela dure. Passe à autre chose.
Elle me tira la langue avant d’aller s’asseoir à côté de Rick.
— En plus, on mérite bien ça, ajouta-t-elle.
Ça, je ne pouvais pas le contester. Le père de Rick s’était comporté comme un vrai branleur , comme Lo disait. Elle était britannique, elle et son père – le frère de mon père et mon oncle – avaient déménagé en Californie l’été précédent après un accident qui avait tué sa mère et son frère. C’était une époque amusante. Rick ne le savait pas au début, mais Lo était la fille avec laquelle il s’était retrouvé à une fête l’été précédent, et Lo ne le savait pas, mais Rick était une sorte de connard possessif.
Bien sûr, à la manière typique de Rick, il avait refusé d’accepter qu’il la voulait, tandis que Lo s’était employée à l’asticoter. C’était une rencontre parfaite. Mais la situation n’était pas simple pour eux. Même si je ne voulais plus jamais les voir se tripoter, je ne pouvais pas les blâmer. Quand on sait, on sait.
Je regardai Laurie en me souvenant de la première fois que j’avais posé les yeux sur elle. Ça avait été comme un truc cosmique : le chant des oiseaux, le soleil qui se levait, faisant comme un halo autour d’elle. J’avais treize ans, j’étais tout juste sorti de la puberté et je pensais que j’étais l’homme de la situation.
— Stone, tu es avec nous ?
Rick me regarda par-dessus son épaule et je clignai plusieurs fois des yeux en le dévisageant.
— Hein ?
— Ça fait cinq minutes qu’on parle du week-end et tu es là, les yeux dans le vague et complètement ailleurs.
— Va te faire foutre.
— Tu embrasses ta mère avec cette bouche ? demanda-t-il en souriant.
Mais quand il comprit, il écarquilla les yeux et ajouta précipitamment :
— Merde, mec. Je suis désolé, je n’ai pas…
— C’est cool.
Ce n’était pas vraiment le cas, mais oui, je ne voulais pas m’embarquer là-dedans.
— Où sont les filles ?
Rick fit un signe de tête vers le canapé où Laurie et Lo s’étaient blotties pour regarder une émission sur les accidents de voiture.
— Je ne comprends pas comment elles peuvent regarder ce truc, grogna-t-il.
Je murmurai mon accord et il ajouta :
— Alors, tu veux en parler ?
— Non, pas vraiment.
Un grognement de dérision surgit de sa gorge.
— Allez, Stone. Je sais que je ne suis pas vraiment du genre à jouer les épaules où pleurer, mais tu sais que j’apprécie tout ce que tu as fait pour Lo et moi. Et en plus, nous sommes frères. Si tu as des problèmes, laisse-moi t’aider.
Je levai les yeux vers lui, saisissant la bouteille de bière tout en pensant à quel point ce serait facile de tout déballer. De me décharger de tous mes secrets. Mais il y avait un problème avec les secrets : une fois que vous les disiez à quelqu’un, ils devenaient réels. Il fallait les affronter. Et je n’étais pas prêt. Les répercussions seraient trop importantes.
— Ce n’est rien.
— Tu mens.
Je sentais son regard intense me brûler un côté de mon visage alors que je regardais Laurie parler à Lo. J’étais contente qu’elles soient ensemble, mais parfois ça compliquait les choses. Lo et moi étions de la même famille. Lo et Laurie étaient meilleures amies. Je ne pouvais pas m’empêcher de me demander de quel côté elle irait s’il fallait un jour tracer une ligne de démarcation. Celui de Laurie, idiot. Les filles se mettent toujours du côté des leurs.
— C’est juste cette histoire de fac.
Rick s’appuya contre le comptoir, mais je vis de la tension dans ses mouvements. Je n’étais pas le seul à avoir des doutes sur l’avenir. Il avait un an de plus que nous et devait commencer l’université à l’automne. Il n’allait déménager qu’à une vingtaine de kilomètres, mais il serait là-bas et Lo serait ici. Et je savais que cela le rongeait de l’intérieur.
— Laurie ne s’est toujours pas décidée pour USC  ?
Je haussai les épaules en essayant de la jouer cool, mais il vit clair dans mon jeu. Il l’avait toujours fait. Et il le ferait probablement toujours. C’était pour cette raison que notre association marchait si bien. J’étais la lumière pour ses ténèbres et lui le sérieux pour mon humour. D’une certaine façon, nous étions les deux moitiés d’un tout. Et même si nos familles n’avaient pas toujours été d’accord, j’avais toujours eu le sentiment d’avoir gagné un frère.
— Elle va prendre la bonne décision. Vous deux, vous êtes comme des homards ou un truc du genre.
— Des homards ? demandai-je en haussant les sourcils. J’ai hâte de savoir où tu as entendu ça.
— Va te faire voir. Lo m’a fait regarder Friends . C’était douloureux.
— On dirait.
— Bon, Rachel et ce type, Ross, n’arrêtent pas de se quitter et de se remettre ensemble. Phoebe, la blonde un peu folle, explique au groupe qu’ils sont comme des homards, parce que les homards trouvent un partenaire pour la vie et se remettent toujours ensemble. Ou quelque chose comme ça.
Mes yeux étaient tellement exorbités qu’ils faillirent sortir de leurs cavités et Rick me fit un doigt d’honneur.
— Bordel, mais qu’est-ce qu’il vient de se passer ?
Je ne parvenais pas à contenir les grondements de rire dans ma poitrine.
— C’est le genre de truc qui te rentre dans le crâne.
— Tu as toujours une queue en bas, Prince ? demandai-je en regardant son pantalon de survêtement. Ou devrais-je commencer à l’appeler une chatte ?
Rick vida le reste de sa bière et posa bruyamment la bouteille sur le plan de travail.
— Peut-être que tu devrais demander à Lo si j’ai encore une queue ou pas.
— Mec, dis-je en grimaçant. Trop d’informations.
Il fit gigoter ses sourcils en souriant avant de se diriger vers les filles. Et je le suivis. Quelle autre option avais-je ?
J’étais Kyle Stone et les gens s’attendaient à ce que je fasse avec.
 

 
Chapitre 2
 
LAURIE
 
 
— C’est vrai que Kyle vous a surpris tous les deux au lit ?
Je m’appuyai sur mes coudes et enlevai le sable de mes pieds. Nous passions juste une autre journée à la plage.
— Il ne nous a pas vraiment surpris, répondit Lo en riant. C’est de sa faute, il a fait irruption dans la pool house comme si c’était chez lui.
— Je n’arrive toujours pas à croire que ton oncle ait laissé Maverick s’installer là-dedans. Enfin si, je peux, mais quand même, c’est bizarre. C’est pas bizarre ?
Lo s’assit, croisa ses jambes nues et enleva ses cheveux de son épaule.
— Ce sont les Stone-Prince, ils ne respectent pas vraiment les règles. Ils font les règles. Et les tensions sont apaisées depuis que tout a dégénéré. Mon père, Gentry et Maverick ont même joué au golf ensemble la semaine dernière.
— N’importe quoi.
Je ne pouvais pas imaginer le père de Kyle et Maverick Prince passer du temps ensemble, seuls, sans Kyle, ou Lo, ou la mère de Maverick, pour jouer les arbitres.
— Je suis très sérieuse. C’est comme si depuis que la vérité a été révélée sur Alec et son entreprise, ils ont un nouveau respect l’un pour l’autre. S’il y a quelqu’un qui souffre dans tout ça, c’est bien Rebecca. Elle porte un lourd fardeau de culpabilité pour avoir maintenu Maverick et Macey dans l’ignorance pendant toutes ces années.
— Eh bien, tant mieux. C’est leur mère et elle leur a laissé croire que leur père était un type bien. Tout ça, c’est… Pff, je ne peux même pas l’imaginer.
Mes parents n’allaient pas gagner le prix de la mère et du père de l’année de sitôt, mais ils n’étaient pas de mauvaises personnes. Juste distants. Trop absorbés par l’entreprise de Papa pour voir qu’il y avait un monde en dehors des fusions et acquisitions.
— Je suis juste contente que ce soit fini…
Sa voix trembla.
— Lo, qu’est-ce qu’il y a ?
— Six semaines. Il part dans six semaines, Laurie. Comment suis-je censée aller bien avec ça ?
— Il déménage à Steinbeck, c’est pratiquement à côté. Et si tu t’inquiètes pour Caitlin, tu sais que Kyle et moi assurons tes arrières.
Caitlin Holloway – la reine mère et garce en chef de Wicked Bay – allait s’en prendre à Lo à la rentrée, surtout après ce qu’elle et Maverick lui avaient fait au bal de fin d’année.
— Ce n’est pas Caitlin qui m’inquiète, dit Lo. Mais je viens juste de récupérer Maverick. Comment pourrais-je le regarder s’en aller à nouveau ?
Son regard glissa vers les garçons qui jouaient au football au bord de l’eau.
— Il ne s’en va pas, Lo, il passe à l’étape suivante de son avenir. Il t’aime.
Je suivis son regard et ajoutai :
— Il déplacerait des montagnes pour toi.
Maverick Prince était un peu effrayant et intimidant, mais il n’y avait aucun doute à avoir sur ses sentiments pour Lo. Ou pour n’importe qui dans son entourage, d’ailleurs. Maverick protégeait les siens. Il l’avait suffisamment prouvé ces derniers temps.
Mais je ne faisais pas encore partie de ce cercle. Peut-être ne le serais-je jamais.
— Oui, oublie ça, je dis n’importe quoi. Comment ça va entre toi et mon cousin énervant ? J’ai eu l’impression que quelque chose n’allait pas hier soir.
— C’est le cas de le dire. On a passé la journée près de la piscine avec mes parents.
Mes lèvres se serrèrent et Lo me fit un sourire compatissant.
— N’en dis pas plus. Ton père te pousse toujours à faire le bon choix ?
— Oui. Et USC ne sera jamais le bon pour lui.
— Mais toi, qu’est-ce que tu veux, Laurie ? C’est ton futur, pas le sien.
— Je…
Les mots restèrent logés dans ma gorge. Je voulais aller à l’université avec Kyle. Pour être à ses côtés. Être tout pour lui. Et il y avait eu une époque où j’avais senti que je l’étais. Mais il me cachait quelque chose. Je m’en doutais depuis un moment déjà.
Moi et Lo nous mîmes à crier quand les garçons, mouillés par les vagues, nous éclaboussèrent en hurlant de rire.
— Bon sang, Kyle, tu nous as trempées !
— C’est un peu le but, bébé, dit-il.
Il me lança un sourire à couper le souffle et une chaleur s’alluma dans mon ventre. Mon Dieu, me sentir proche de lui m’avait tellement manqué.
— Tu viens te baigner ? demanda-t-il.
— Lo ?
Je me tournai vers mon amie, mais elle était préoccupée par Maverick.
— On va se baigner, lui dis-je.
Kyle m’aida à me lever et me prit dans ses bras, déposant sur ma peau salée des baisers chauds et humides.
— Tu sais que je t’aime, pas vrai ?
Sa déclaration s’infiltra jusque dans mes os, balayant certains des doutes qui subsistaient en moi.
— Je sais. Maintenant, le dernier arrivé paye les glaces.
M’arrachant de son emprise, je me mis à courir dans un nuage de sable. Il ne mit pas longtemps à me rattraper. Ses bras firent le tour de ma taille et nous tombâmes dans l’océan dans un enchevêtrement de membres.
— Kyle ! le grondai-je.
Je passai deux mains dans mes cheveux pour évacuer le surplus d’eau, mais quand mes yeux se posèrent sur les siens, mes jambes se serrèrent l’une contre l’autre.
— Quoi ?
Les yeux rivés sur moi, Kyle me suivait dans l’eau. Quand il m’atteignit, il se baissa, m’attrapa la main et me tira vers lui. Je mis mes jambes autour de sa taille tandis que ses bras me stabilisaient. Il nous fit aller plus profondément dans l’eau jusqu’à ce qu’elle atteigne mes épaules.
— Kyle, tu me fais peur, là.
Je balayai rapidement du regard la zone autour de nous. Les gens ne s’occupaient pas de nous. Des groupes d’enfants profitaient de leurs vacances d’été. Des familles courraient avec leurs bambins dans les petites vagues du bord.
— J’ai juste besoin d’une minute.
Il donna un léger coup de reins et je compris ses paroles à la seconde où quelque chose de dur toucha mon ventre.
— Sérieusement ? demandai-je en lui donnant une tape sur la poitrine. Ici ? Au milieu d’une plage bondée. ?
— Ce n’est pas comme si je pouvais y faire quoi que ce soit. Tu t’es vue ?
Je levai les yeux au ciel, tout en m’efforçant de retenir le sourire qui tirait sur les coins de mes lèvres.
— Tu es un porc.
— Mais je suis ton porc.
Sans le moindre avertissement, il plaqua sa bouche sur la mienne. Au début, j’eus le souffle coupé, accablée par l’intensité de son baiser. Mais dès que sa langue fila le long de l’embrasure de mes lèvres, mon corps se détendit. Son toucher familier apaisa une partie de moi-même. Les doigts de Kyle s’enfoncèrent dans la chair autour de mes hanches, cherchant, tâtonnant, tandis que nos langues tournoyaient ensemble.
— Kyle, je…
— Quoi ?
Il interrompit le baiser, posant son front sur le mien.
— De quoi as-tu besoin ?
Nous nous fixâmes longtemps du regard et je vis les secrets briller dans ses yeux, rappelant sa trahison. Je ne doutais pas du fait qu’il m’aimait, je ne doutais pas de sa loyauté envers moi, mais Kyle me cachait quelque chose. Alors pourquoi n’insistais-je pas ? Pourquoi n’exigeais-je pas de réponses ? La vérité ?
— Je t’aime, dis-je précipitamment, scellant ma déclaration par un baiser sur ses lèvres.
Affamé et désespéré, il m’embrassa en retour, sa langue léchant et caressant chaque centimètre carré de ma bouche.
— Hé, Stone est en train de conclure !
Un chœur d’acclamations éclata autour de nous et j’enfonçai mon visage dans son épaule.
— Au moins, l’un d’entre nous conclut, Berrick ! répondit Kyle à ses amis.
Aux amis de basket de Maverick, pour être précise. Mais Kyle s’était intégré auprès d’eux très facilement. Même s’il avait un an de moins, même s’il était un Stone et pas un Prince, ils l’adoraient quand même.
Tout le monde l’adorait.
C’était la moitié du problème. Quand nous allions aller à l’université et qu’il rejoindrait l’équipe des Trojans et que le public d’ USC ont rejoindrait le fan-club de Kyle Stone, qu’elle allait être ma place dans tout ça ? Au moins, les gens me connaissaient ici. J’avais grandi avec eux. Je n’étais pas seulement la petite amie de Kyle Stone. Mais si je le suivais à USC , ce serait une étiquette dont je ne pourrais pas me défaire.
— Je vais aller dire bonjour aux gars, dit Kyle, m’arrachant à mes pensées. Tu veux venir ?
— Non.
Je me forçai à sourire en me démêlant de son corps.
— Vas-y seul.
Je me mis à nager vers le rivage, mais sa voix m’arrêta à mi-course.
— Laurie ?
— Oui ?
— C’est toi et moi. Tu le sais, hein ?
Trey Berrick se jeta sur Kyle et ils disparurent dans l’eau bleue cristalline. Avec un soupir résigné, je parcourus le reste du chemin jusqu’à la plage. C’était peut-être une bonne chose de ne pas avoir eu le temps de répondre. Qu’aurais-je pu dire ? Que je ne savais pas ? Que je savais qu’il y avait quelque chose qui se mettait entre nous ? Que tant qu’il aurait le football, il y aurait toujours quelque chose qui se mettrait entre nous deux ?
Je ne voulais pas être cette fille : sans confiance en elle et jalouse de l’avenir de son petit ami. Mais il était difficile d’apprécier la chose même qui, un jour, finirait par vous éloigner de la personne que vous aimiez plus que tout.
 
 
Je me lavai les mains avant de regarder mon reflet. Ma peau avait un joli teint hâlé, mais j’étais restée trop longtemps au soleil ce matin-là et elle était sèche. C’est pour cette raison que j’avais voulu retourner à l’intérieur et m’éloigner de la chaleur. Ça et aussi parce que Kyle voulait manger. Encore.
En ouvrant la porte des toilettes, je faillis bousculer la fille qui voulait entrer.
— Désolée, lui dis-je en la laissant passer.
Mais elle ne répondit pas et m’évita de façon ostentatoire en passant.
Bizarre.
Et c’était quoi, cette tenue ? Tout ce denim et ces bottes. L’été en Californie, il fallait juste des shorts et des hauts de bikini. Elle devait étouffer là-dedans.
— Ah, te voilà.
Lo leva la tête tandis que je m’approchai de notre petit groupe.
— Je t’ai commandé un milk-shake.
Elle me tendit le verre et je la remerciai, laissant Kyle me tirer à ses côtés.
— Alors, Laurie, que vas-tu faire quand ce type sera au camp de football ?
Il n’y avait rien de sarcastique dans la voix de Maverick, mais ses mots me heurtèrent tout de même. Dans deux semaines, Kyle allait partir pour le camp d’entraînement. Comme si j’avais besoin d’être inquiète à propos d’un nouveau truc.
— Eh bien, dis-je ma paille dans la bouche. J’espère que je pourrais voler Lo pour un jour ou deux.
— Un, maximum, dit Maverick.
Il me fit un sourire et Lo lui donna un coup de coude dans les côtes.
— Je suis à toi pour autant de jours dont tu auras besoin. Et toi…
Elle lui donna un petit coup avec sa fourchette.
— … tu m’auras tous les soirs.
— Je n’arrive toujours pas à croire qu’Oncle Rob te laisse passer à la pool house , dit Kyle.
Lo haussa les épaules et prit une bouchée de sa salade.
— Que veux-tu que je te dise ? lança Rick. Je suis un garçon très persuasif. En plus, il est déjà très occupé avec Stella et Bethany.
Ma meilleure amie se raidit à l’évocation de la petite amie de son père et de sa fille de six ans. Kyle grommela quelque chose, sa bouche pleine de frites.
— Sérieusement, Stone. Dis ta phrase, ne la vomis pas.
— C’est sûrement une bonne chose que tu ne sois pas plus à la maison. Oncle Rob n’a pas besoin de vous voir le faire comme des lapins.
— Kyle ! fîmes Lo et moi à l’unisson.
Il nous lança un regard qui disait Bah quoi ?
— Pourquoi est-ce que tu es aussi bougon, bordel ?
Maverick dévisagea son demi-frère et de la tension crépita dans l’air autour de nous.
— Les gars… intervint Lo. Soyez gentils. Laurie, bien sûr qu’on pourra traîner ensemble quand Kyle sera absent. Kyle, moi et Maverick ne sommes pas des chiots en mal d’amour qui ne peuvent pas se résister, contrairement à ce que tu as l’air de penser. Et Maverick, il faudra bien que je rentre chez moi de temps en temps. Bien.
Elle nous regarda tous les trois et ajouta :
— On peut finir de manger, maintenant ?
Un silence gênant s’abattit sur la table, comme cela semblait être toujours le cas quand nous passions des moments ensemble ces derniers temps. La remise des diplômes avait eu lieu seulement une semaine auparavant, mais elle paraissait déjà être un lointain souvenir. Non pas que j’y avais assisté. Maman et Papa étaient en ville et avaient voulu dîner avec moi, je n’avais donc pas pu célébrer la journée de Maverick avec le reste de sa famille.
Kyle garda un œil sur moi et un autre sur sa cousine pendant qu’elle mangeait sa salade. Maverick regardait Kyle tandis que Lo le dévisageait. Et moi je faisais comme si de rien n’était, fixant mon milk-shake. Ce dernier était sans danger. Il ne posait pas de questions, ne faisait pas de commentaires désobligeants et ne poussait pas les autres à bout. J’aimais bien le milk-shake, le reste, pas tellement.
Après avoir terminé un repas compliqué, nous quittâmes The Shack .
— Laurie, Lo ? dit une voix familière.
Notre amie Autumn s’approcha de nous.
— Salut !
— Salut, Autumn.
Je balayai rapidement le parking du regard.
— Avec qui es-tu… Oh.
Liam, son petit ami, apparut à ses côtés avec son pote Devon Lions dans son sillage.
— Salut, tout le monde.
Il fit un petit signe de la main et Kyle et Maverick lâchèrent des salutations forcées.
Gênant.
Devon garda les yeux rivés sur ses baskets, mais cela n’empêcha pas Maverick de lui jeter un regard noir. À quoi s’attendait-il après avoir piégé Lo, laissant Caitlin la manipuler directement ? Lo et Devon avaient à peu près mis les choses au clair, mais Maverick Prince n’oubliait rien.
Et il ne se pressait pas pour s’excuser non plus.
— Hé, attendez !
Une autre voix retentit et je faillis flancher. Exactement ce qu’il nous fallait : un autre genre d’ex balancé dans le mélange.
— Qu’est-ce qui se passe…
Jared Teller se tut et déglutit, ses yeux se posant tour à tour sur moi et Kyle plusieurs fois.
— Salut, Jared, dit Lo.
Je lui lançai un regard furieux. Elle se recroquevilla près de Maverick.
— On devrait probablement aller à l’intérieur, dit Autumn en me faisant un demi-sourire. Mais je t’appelle bientôt, Laurie.
— Oui, bien sûr. Bonne soirée.
Je me précipitai vers la Jeep de Kyle en ignorant tout le monde, mais Lo me rattrapa en glissant son bras dans le mien.
— Désolée, je suis désolée. J’ai paniqué, je ne voulais pas que ce soit bizarre, mais c’était bizarre, hein ? J’ai déconné.
— C’est bon, lâchai-je en m’assurant que les garçons ne nous avaient pas encore rejointes.
— Mais…
— Il n’y a pas de mais . Il ne s’est rien passé entre moi et Jared, Lo. On a seulement échangé quelques textos, après je l’ai calmé. Je suis avec Kyle, j’aime Kyle.
Elle fronça les sourcils en étudiant mon visage, cherchant des réponses que je n’avais pas pour le moment. Parce que les choses étaient bizarres. Tout était bizarre et rien n’allait. Et je détestais ça.
Mais je ne savais pas comment y remédier.
— Tu es fière de moi ? demanda Maverick en arrivant à notre hauteur.
— Fière de quoi ? demanda Lo.
— De ne pas avoir tabassé Lions.
— Maverick, gémit-elle en montant dans la Jeep à la seconde où Kyle l’ouvrit.
— Je plaisante, c’est une blague. Merde, pourquoi tout le monde est-il aussi tendu ce soir ? Tu sais que je lui ai accordé un laissez-passer.
— Sérieusement, Maverick…
Ils se lancèrent dans une dispute à propos de Devon Lions pendant que je m’asseyais à l’avant, à côté de Kyle. Il était calme – trop calme – et une partie de moi se demandait s’il avait capté les ondes étranges venant de Jared. Cela dit, pour quelle raison l’aurait-il fait ? J’étais à lui. Je lui appartenais. C’était comme ça que cela fonctionnait avec les Stone-Prince. Kyle n’aurait jamais considéré qu’être avec lui n’était pas suffisant. C’est pour ça qu’on s’était séparés une fois, en seconde. Quand j’avais fini par céder pour lui donner une autre chance, c’était parce que je l’aimais. Il était mon premier amour, mon premier tout. Et c’était une bonne personne, vraiment. Mais les gens changeaient, je m’en rendais compte désormais. Ils devenaient trop grands pour leurs petites villes, leurs amis et les gens sur lesquels ils avaient toujours compté. Et même si je ne voulais pas croire que c’était vrai, que Kyle ne se lasserait jamais de moi et de notre relation, de qui me moquais-je ?
Il avait le monde à ses pieds.
Et je ne savais même pas ce que je voulais faire de ma vie.

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