Désire-moi
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Désire-moi

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Description


Deux colocataires. Un examen de maths. Et toute une série d’activités parascolaires.



Nate


À vivre avec quatre autres types, ça devait arriver.


Qui n’a pas déjà été surpris à s’occuper de ses « petites affaires » au moins une fois ? Cela ne devrait pas poser un problème, si ?


Mais je ne connais pas Eric aussi bien que mes autres colocataires, et les choses sont un peu gênantes maintenant. C’est un solitaire. Mystérieux. Sûr de lui. Intelligent. Sexy en diable.


Je me suis toujours satisfait de vivre avec le régime typique des mecs de fraternité, avec alcool et filles de sororité au menu.


Mais la façon dont Eric m’a regardé cette nuit-là ?


Il s’est passé quelque chose. Quelque chose qui m’a rendu curieux. Quelque chose qui réveille des sentiments que je pensais avoir laissés derrière moi pour de bon. Quelque chose qui me fait croire que je ne suis pas aussi hétéro que je le pensais.


Je n’arrive pas à le chasser de mon esprit. Je ne suis pas certain d’en avoir envie.


Alors quand il me propose de m’aider à étudier pour un examen semestriel, je le prends au mot.


C’est innocent.


Probablement. Peut-être.


Je ne pouvais pas savoir ce que cela allait entraîner...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 26
EAN13 9782382280539
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Désire-moi
Copyright de l’édition française © 2021 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2019 Neve Wilder
Titre original : Want me
© 2019 Neve Wilder
Traduit de l’anglais par Trad Pitt
Relecture et correction par Déborah Bourguignon., Agathe P.
 
Conception graphique : © Opium House Creatives
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l'ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-38228-053-9
Première édition française : avril 2021
Première édition : mai 2019
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Note de l’auteur
Épisode 1
Épisode 2
Épisode 3
Épisode 4
Épisode 5
Épisode 6
Épisode 7
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dédicace
 
 
Pour les abonnés à ma newsletter qui (pour la plupart) attendaient patiemment chaque épisode.
Et pour Dana, Joseph et Kirk, qui étaient là pour cette histoire depuis le tout début. Et assez vocaux à ce sujet aussi. <3
 
 
 
 
 
 
 
Note de l’auteur
 
 
L’histoire de Nate et Eric est apparue à l’origine sous la forme d’une série envoyée à mes abonnés par la newsletter. Il s'agissait initialement d'un accord unique qui commencerait et se terminerait par Regarde-moi .
Cependant, ces hommes m'ont charmée de façon inattendue, et la réponse qu'ils ont suscitée a été si enthousiaste que j'ai continué, distribuant un nouvel « épisode » chaque mois jusqu'à ce que nous ayons atteint leur fin heureuse.
J’ai choisi de garder la structure épisodique intacte, plutôt que de la diviser par chapitres, car c’est ce qui me convient le mieux pour leur histoire.
De plus, j’ai ajouté un épisode bonus qui, je l'espère, sera apprécié par les anciens et les nouveaux lecteurs.
 
 
Désire-moi
Études et plus encore #1
 
 
 

 
 
Neve Wilder
 

 
Épisode 1
 
Regarde-moi
 
 
Fais comme si de rien n’était, me disais-je en pénétrant dans la cuisine le lendemain matin. La petite pièce, vivement éclairée, ressemblait à un zoo toutes les matinées. Avec mes quatre colocataires, nous courions dans tous les sens ; les uns jetaient des céréales dans des bols et les autres faisaient cuire des œufs ou griller des Pop-Tarts. Nous n’étions pas de fins cuisiniers, sauf Jesse qui se mit à râler lorsque mon coude cogna le sien quand je passai près de la gazinière sur laquelle il préparait une omelette qui sentait délicieusement bon. Jamais de la vie il ne nous en aurait proposé ce sale égoïste.
Mon ventre gargouillait alors que je me dirigeais vers le réfrigérateur. Après avoir jeté un rapide coup d’œil autour de moi, j’eus l’impression d’être tiré d’affaire. Jusqu’à ce que je l’aperçoive, caché dans le coin-repas, des mèches sombres dissimulant son visage penché sur un manuel scolaire posé sur la table. Son bras entourait le livre comme pour le protéger et il tapotait inlassablement le haut de la page avec son stylo. Eric. Et merde .
Comme s’il savait que j’avais marqué un arrêt en le repérant, il leva les yeux, croisa mon regard et haussa un sourcil. « Ça va ? »
Je lui répondis d’un hochement de tête et j’ouvris de force le frigo en plongeant ma tête à l’intérieur, les joues en feu.
C’était la façon parfaitement typique dont on se saluait tous les deux, et c’est ce que je me répétais tout en attrapant une brique de lait dans le frigo pour la renifler avant de la poser sur le plan de travail et de fouiller dans le placard à la recherche de céréales. N’importe lesquelles. Je m’en foutais à cet instant précis. J’étais perturbé par le fait qu’Eric puisse être en train de me regarder, mais lorsque je jetai un coup d’œil par-dessus mon épaule pour vérifier, toute son attention était reportée sur son livre.
Puis Ansel entra dans la pièce d’un pas nonchalant, son grand corps dégingandé trempé de sueur après avoir fait ses exercices physiques.
— Tu empestes toute la pièce, dit Jesse.
— Je viens à peine de rentrer. C’est ton haleine que tu dois sentir.
Jesse lui lança un bout d’œuf d’une chiquenaude qu’Ansel ramassa par terre avant de le mettre dans sa bouche pendant que je versais les céréales dans mon bol. Mon autre colocataire, Mark, me prit la boîte de céréales des mains et fourra sa main dedans pour en ressortir une poignée de Cheerios qu’il engouffra dans sa bouche.
— Espèce d’homme des cavernes, lui lançai-je et il sourit à pleines dents.
Je sautai d’un bond sur le comptoir pour manger tout en essayant de ne pas regarder à nouveau en direction d’Eric. J’avais déjà établi le fait qu’il ne me lançait pas des regards bizarres, donc je me dis à moi-même de me détendre.
— Quelles promesses devrions-nous faire à DD pour la soirée de jeudi ? demanda Mark en s’appuyant de l’autre côté de l’îlot en face de moi.
Je tendis le bras pour saisir le bol vide dans sa main et le laissai tomber dans l’évier qui se trouvait à côté de moi tout en secouant la tête.
— Sans moi. J’ai une énorme évaluation intermédiaire de calcul vendredi, et je suis sûr à 90 % que je vais me planter.
Mouvement dans mon angle de vue. Eric leva les yeux vers moi puis baissa à nouveau le regard. Mon estomac tourna sur lui-même avant de sombrer. Lorsque ma queue tressauta, je me mis à serrer fort les dents et installai mon bol de céréales sur mes genoux. C’est quoi ce bordel ?
— Allez, juste une heure.
Mark était mon frère de fraternité, le seul dans cette maison. Ansel était un ami de lycée de Mark et Jesse était mon camarade de chambre de première année d’études.
— Nope. Je tiens trop à ma scolarité. Mais tu devrais emmener Braden au DD.
— Rabat-joie.
Mark fit mine de me tirer dessus avec ses doigts et je répondis par un haussement d’épaules. Puis il saisit son sac à dos sur le plan de travail et se dirigea vers la porte en trottinant. Ansel disparut, probablement pour aller prendre sa douche, et Jesse faisait glisser son omelette sur une assiette en carton. Voyant les signes avant-coureurs, j’engloutis mes céréales à toute vitesse. Je ne voulais pas me retrouver seul avec Eric dans la cuisine.
C’était une réaction de froussard, mais c’était ainsi.
Jesse s’éclipsa avec son omelette alors que j’expédiai le lait restant dans mon bol. Je descendis du plan de travail, rinçai rapidement mon bol, le plongeai dans le lave-vaisselle et me dirigeai vers la porte.
— Nate.
La voix profonde de baryton d’Eric coupa mon élan à mi-chemin. Mais j’aimais la façon dont il prononçait mon nom, la façon dont il prononçait tous les mots d’ailleurs. J’avais toujours aimé l’entendre. Il avait un léger accent, car il avait passé la majorité de son enfance à l’étranger. Ou du moins, c’était ce qu’il nous avait dit. Même si nous partagions la maison, je ne le connaissais pas trop. Il avait répondu à notre annonce sur le forum en ligne de la fac, et il nous avait semblé suffisamment correct lorsque nous l’avions rencontré la première fois. Il était surtout resté lui-même.
— Oui ? dis-je avant même de me retourner, trouvant moi-même le ton de ma voix un peu ennuyé. Ce n’était pas intentionnel, c’était juste que…
— Si tu as besoin d’aide ce soir pour l’examen de calcul, sonne-moi. J’ai eu un A à cet examen au dernier semestre.
Il ne m’avait jamais proposé d’aide auparavant, et ce n’était pas comme s’il ne savait pas que je suivais le cours. Je passais mon temps à râler à ce sujet.
Je l’observais comme si ses motivations allaient devenir limpides. Mais ce ne fut pas le cas. Son expression était ouverte et polie, sa bouche généreuse fendue d’un sourire semi-incurvé qui semblait sincère. Le nœud dans mon ventre se forma à nouveau. Qu’est-ce qui n’allait pas avec moi, bon sang ?
— Cela devrait aller, mais merci.
— Je serai dans les parages si tu changes d’avis.
— Yep.
Je quittai la pièce et montai les escaliers quatre à quatre pour prendre mon sac à dos. Lorsque je redescendis, je sortis par la porte principale pour ne pas avoir à traverser la cuisine à nouveau.
 
 
L’avantage : pour une fois, je n’étais pas en train de somnoler pendant le cours de Civilisation occidentale. L’inconvénient : c’était parce que je rejouais la scène de la nuit dernière. Cela n’avait rien de dramatique, et ce n’était pas comme si c’était la première fois que je me faisais surprendre en train de me masturber. J’avais vécu le film d’horreur classique et embarrassant de ma mère sur le point de me surprendre plus d’une fois, et Jesse m’avait pris sur le fait une fois en entrant dans le dortoir. À mon tour, je l’avais pincé au moins deux fois et on en avait toujours plaisanté.
Donc, le fait qu’Eric ait ouvert ma porte en grand, porte que j’avais bêtement oublié de fermer à clé, et qu’il m’ait trouvé assis sur le petit canapé à côté de mon lit face à la porte, les fesses à l’air en train de me masturber n’était pas une affaire d’État. Sauf que j’avais aussi profondément plongé un doigt dans mon cul. Et qu’ensuite j’avais joui sur mon poing serré pendant qu’il restait là à me regarder, les yeux écarquillés. Peut-être parce qu ’il était resté là à m’observer. Je n’en étais pas certain, mais on aurait dit que cela n’était pas inhabituel pour lui. Il avait d’abord marmonné un « merde, désolé » avant de commencer à reculer, mais son regard s’était attardé, traçant un rapide chemin de mon visage à mon entrejambe. J’avais une jambe posée sur une petite table basse et j’étais étendu de manière à avoir accès à mon cul. Il y avait donc de quoi voir pour lui, mais, toujours immobile, il avait surtout semblé imperturbable. C’était moi qui m’étais disloqué. Il marqua une pause, juste une seconde, alors que d’épais jets de sperme giclaient du bout de ma queue et que je haletais dans mon orgasme. Il y eut quelque chose à ce moment-là dans son expression, une chose sombre et brève que j’aurais juré être de l’excitation alors qu’il se tenait bouche bée dans l’encadrement de la porte. Puis il referma rapidement la porte derrière lui.
Après son départ, je me nettoyai et vaquai à mes occupations comme d’habitude, mais j’avais toujours en tête l’image d’Eric se tenant à l’entrée et je me demandais comment ça se serait passé s’il avait été là tout le temps. Ou s’il était resté. Est-ce que ça l’avait fait durcir de me voir ? Est-ce qu’il s’était masturbé ensuite ? Et s’il était resté et qu’il s’était masturbé devant moi ? Et si, et si, et si, encore et encore. Des « et si » qui ne pouvaient pas sortir d’un cerveau principalement tourné vers des seins et un cul, vers les beuveries, tout en gardant une moyenne générale décente pour continuer à toucher les bourses.
Je pensais avoir résolu ce genre de dilemme depuis bien longtemps, mais à présent je n’en étais plus sûr et cela me prenait sévèrement la tête. Durant tout le cours, mon imagination m’avait envoyé des images torrides d’Eric caressant son membre malgré la voix nasillarde, ennuyeuse et monotone du Professeur Lingen du cours de sciences politiques. Même lorsque je m’étais rendu à la cafétéria pour prendre un sandwich, mon esprit avait continué à vagabonder. Mes yeux avaient observé les autres étudiants qui passaient et ils me jouaient des tours en transposant la silhouette souple d’Eric sur chaque garçon aux cheveux noirs qui traversait mon champ de vision. D’habitude, je reluquais les filles, même si, à l’occasion, je regardais un garçon. Je le regardais vraiment , eh oui, il y avait de temps en temps ce moment étrange où ma queue se contractait un peu.
Ce jour-là, j’ignorais toutes les filles aux cheveux virevoltants et aux décolletés plongeants pour me concentrer sur les garçons et les étudier pour voir s’il y en avait un qui me ferait de l’effet. Rien. Nada. J’avoue que certains me plaisaient, mais aucun d’eux ne provoquait les frissons qui avaient parcouru mes bourses comme cela avait été le cas avec Eric la nuit dernière. Ou alors ça n’avait rien à voir avec Eric ou les garçons, c’était peut-être juste les circonstances ? Peut-être avais-je simplement libéré par inadvertance mon côté exhibitionniste et que ça ne valait pas le coup que je me fasse des nœuds au cerveau pour une crise d’identité sexuelle.
Je terminai mon sandwich, fis une boule de l’emballage plastique avant de le fourrer dans ma poche et regardai l’heure. Il me restait quinze minutes avant mon prochain cours, puis j’aurai terminé. Je supposai que j’irais ensuite à la salle de gym, puis que je rentrerais à la maison pour me plonger dans le devoir que le Professeur Lingen nous avait donné à la dernière minute, cet imbécile.
Lorsque je levai à nouveau les yeux, je repérai Eric, le vrai, cette fois-ci, qui traversait la cour accompagné d’un garçon et d’une fille que je ne connaissais pas. Il avait tout un tas d’amis qui m’étaient inconnus. Certains des colocataires dans la maison le connaissaient mieux que moi, Jesse semblait particulièrement bien s’entendre avec lui. Il sortait de temps en temps avec nous, mais je ne savais pas grand-chose sur lui, excepté que sa majeure était l’ingénierie structurelle. Et en ce moment, sa mineure était de mettre ma queue dans l’embarras.
Je l’observai de derrière, la façon dont son jean serrait ses cuisses et son cul, le dos large qui descendait vers une taille étroite mise en valeur par le tee-shirt moulant bleu marine qu’il portait.
Comme si Eric sentait que j’étais en train de l’observer, il tourna la tête et regarda par-dessus son épaule. Parcourant la cour des yeux, il me repéra et leva la main. Je lui rendis son salut. Celui avec qui il était serra le bras d’Eric et il se retourna avant de se pencher pour que celui-ci dépose un baiser sur sa joue. Ce fut rapide, simple et amical. Mais une infime décharge électrique me parcourut. Bien sûr que ce n’était pas de la jalousie. Non. Je refusais même de l’envisager, je serrai les dents et j’attrapai mon sac à dos tout en me levant. Eric et la fille partirent ensemble vers le bâtiment des Arts et le garçon prit une autre direction.
 
 
Il ne se passa rien d’extraordinaire les deux jours suivants, si ce n’est le fait que j’étais toujours focalisé sur Eric et que mes fantasmes ne cessaient d’augmenter, dangereusement fertiles. Je m’étais soulagé en imaginant sa main à la place de la mienne plus de fois que je n’oserais l’admettre durant ces dernières quarante-huit heures.
Lorsque je rentrai à la maison assez tard de la gym ce jeudi après-midi, tout était calme. Ansel se trouvait encore probablement à l’entraînement, la voiture d’Eric n’était pas là et Jesse ? Va savoir. Mark devait être en train de donner un coup de main pour la fête de ce soir, fête à laquelle j’avais subitement envie d’aller. Peut-être avais-je juste besoin de baiser. Il y a quelque temps de cela, j’avais rompu avec une fille avec qui j’étais sorti par intermittence pendant quelques mois et je n’avais pas baisé depuis. Oui peut-être que j’avais juste besoin de me remettre dans le bain. Et si ce n’était pas ce soir, ce serait sûrement plus tard ce weekend. Mark serait probablement d’accord pour aller faire la tournée des bars et mater, et il était plus que probable qu’une belle paire de seins et un joli sourire me guériraient de toute cette agitation au sujet d’Eric.
Comme je me sentais mieux après cette explication, je laissai tomber mon sac dans ma chambre et je me dirigeai vers la douche pour me débarrasser de l’odeur de transpiration avant de préparer à dîner et de prendre des mesures strictes pour étudier.
Je fermai la porte derrière moi, pris ma trousse de toilette et je mis l’eau en route tout en me rasant, laissant la vapeur emplir la pièce. La boîte d’Eric était au-dessus des toilettes et je lui jetai un coup d’œil en rinçant mon rasoir. Jesse, Eric et moi partagions la salle de bain du haut, alors que Mark payait plus pour la chambre au rez-de-chaussée qui possédait sa propre baignoire et Ansel avait la salle de bain du bas, ce qui était parfait pour lui parce qu’il était rarement là de toute façon à cause de son parcours professionnel.
Une bouteille de parfum dépassait de la trousse d’Eric et, avant même de réaliser ce que j’étais en train de faire, je tendis la main et enlevai le bouchon pour renifler le vaporisateur. Le parfum m’enveloppa, sombre, puissant, masculin, sans être envahissant. Mais l’odeur en était différente sur sa peau lorsque je le sentais quand il descendait dans le hall ou lorsqu’il était entré dans ma chambre l’autre soir. Il y avait un ingrédient supplémentaire, une sorte d’odeur musquée et primale, simplement la sienne, je supposai.
Je jetai un coup d’œil dans le miroir et je me vis, les joues légèrement rosées, les cheveux blonds en bataille et le nez collé au flacon tel un démon. Je refermai immédiatement la bouteille avant de la jeter dans la boîte. Mais qu’est-ce que je faisais bon sang ? Cela tournait à l’obsession. Je décidai d’envoyer un texto à Mark en sortant de la douche et de le coincer dans les statistiques du weekend avant que je ne commence à faire des trucs vraiment louches comme fouiller la chambre d’Eric ou renifler ses caleçons ou un truc comme ça.
 
 
La maison était toujours calme lorsque je sortis de la salle de bain, et j’enfilai un pantalon de jogging en coton avant de descendre vers la cuisine pour grailler. Le contenu du frigo était lugubre. Je finis par déterrer du poulet froid parmi les bouteilles de vodka dans le freezer que je me mis à manger tout en envoyant un texto rapide à Mark pour ce weekend.
Bien sûr , répondit-il lorsque je lui dis que j’avais besoin de sortir, ce qui incluait de baiser. Je vais voir si je peux concocter des trucs un peu chauds pour le weekend.
Soulagement en vue. Même si je ne baisais pas, et il n’y avait aucune raison pour que je n’y arrive pas, d’habitude je n’avais pas trop à forcer, la compagnie dévouée des filles devrait remettre ma queue dans le droit chemin. Cela avait toujours marché auparavant.
Après avoir fini mon repas et nettoyé rapidement la cuisine en mettant une pile d’assiettes dans le lave-vaisselle, je n’eus aucune autre option de procrastination, à part aller faire les courses à l’épicerie. Je me dirigeai donc vers les escaliers pour monter étudier.
Cela faisait une heure que j’étais dessus, accroupi sur le canapé devant les livres ouverts sur la table basse. J’avais un bureau, mais il était encombré par mon ordinateur portable et tout un tas de papiers. Mon cerveau surnageait parmi les équations et les dérivées. J’envisageais de faire une pause, de manger un sandwich avant de me masturber rapidement lorsque j’entendis des pas dans l’escalier. La porte de la chambre était fendue et je pouvais dire au bruit des pas lourds que c’était Eric. D’habitude, Jesse montait les marches quatre à quatre, il était plus petit et plus léger que le physique compact et musclé d’Eric. J’aperçus la manche de sa chemise lorsqu’il passa devant la porte et je laissai échapper un soupir. Tout va bien, continue comme ça.
Les pas cessèrent, puis Eric revint dans le champ de vision après avoir reculé de quelques pas. Il s’arrêta devant la porte. Il toqua bruyamment et cela poussa un peu plus la porte.
— Oui ?
Il ouvrit la porte en grand et s’adossa contre l’encadrement, les bras croisés sur sa poitrine.
— J’ai supposé qu’il valait mieux attendre une confirmation orale cette fois-ci.
Je lui lançai un sourire tendu.
— Pas de problème. C’est ma faute, j’ai oublié de la fermer à clé avant.
Je sentis mes joues commencer à s’embraser, mais il ne bougea pas d’un cil. Il m’examina juste minutieusement et haussa les épaules nonchalamment.
— Il n’y a pas de quoi s’inquiéter.
Il regarda les livres posés sur la table devant moi, puis ses yeux revinrent vers moi.
— Comment ça se passe ?
Je haussai les épaules.
— Pas trop mal. C’est juste… ennuyeux.
— Cool.
Il plongea ses mains dans les poches de son jean en regardant ma chambre tout autour de lui, puis son regard revint vers moi. Ses yeux étaient d’un vert intense et profond, tel le vert des aiguilles de pin, ce qui était ce que j’avais de plus poétique, et ils auraient aussi bien pu être de vraies aiguilles à la façon dont son regard traversait ma peau et faisait des étincelles dans mon entrejambe.
— Il faut que je bosse dur un devoir, alors…
— En fait…
Les mots s’élançaient de ma poitrine et j’espérais vraiment qu’ils n’avaient pas l’air aussi désespérés que je l’étais.
— Je suis un peu coincé sur quelque chose, si ça ne t’embête pas. Peut-être pourrais-tu me le simplifier, un truc comme ça.
Je savais qu’Eric était intelligent, même s’il n’attirait pas l’attention sur lui. Cela se voyait à la confiance sereine qui émanait de lui. Alors que nous passions tous notre temps à râler après les cours ou les examens, lui ne disait jamais rien. Mais j’avais remarqué dans nos annonces sur le forum étudiant qu’il apparaissait au palmarès des meilleurs élèves chaque semestre.
Un autre de ces demi-sourires sexys qu’il maîtrisait à merveille ondula sur la commissure de ses lèvres. Eric retira les mains de ses poches et un de ses sourcils sombres s’arqua alors qu’il avançait vers moi d’un pas nonchalant. Et que j’aimais cette petite bizarrerie presque malicieuse de son sourcil. Et ma queue aussi l’aimait bien.
— Tu n’as pas besoin que je te le simplifie. Tu n’es pas stupide.
— Je ne saurais dire si c’est un compliment ou une insulte, ou une étrange combinaison des deux.
Je me décalai sur le canapé pour lui faire de la place. On rentrait à peine à deux et les coussins du milieu s’affaissèrent sous son poids. Ce truc était ancien, un vieux canapé en skaï bien kitsch récupéré chez mes parents.
— C’était plus une plaisanterie.
Il me lança un regard ironique de côté en relevant de nouveau un coin de sa bouche. Cela me dépassait qu’il arrive à faire ce genre de truc sans le moindre effort. Se rendait-il seulement compte qu’il le faisait ? Était-ce un don inné ? Quoi qu’il en soit, je répondis à ça comme si j’étais un animal affamé attendant les restes d’un repas.
— Alors sur quoi coinces-tu ?
À cet instant précis ? Sur toi. Je m’éclaircis la voix en fronçant les sourcils et me concentrai à nouveau sur mon livre pour expliquer le problème sur lequel je butais.
Eric se jeta dedans, démêlant l’équation complexe avec facilité tout en me l’expliquant de façon tellement claire que j’eus l’impression d’être un abruti de ne pas avoir compris tout de suite. Une demi-heure plus tard, nous avions résolu une autre série de problèmes et je me sentais plus confiant pour l’examen du lendemain.
Il me regarda faire la dernière série en hochant la tête au fur et à mesure que j’avançais.
— Qui étaient ces gens avec qui tu étais un peu plus tôt ? demandai-je en écrivant un nombre, puis marquant une pause avant de l’effacer et de le corriger.
— Des amis. Pourquoi ?
— Tu n’amènes jamais personne ici.
Je m’étais posé la question auparavant. D’aussi loin que je m’en souvienne, Eric n’avait jamais dit qu’il était bisexuel. En fait, je ne savais même pas si je m’en serais aperçu si Jesse ne me l’avait pas dit, et je n’avais aucune idée comment ce dernier était au courant. Eric n’avait ramené à la maison que très peu de filles et pas de façon régulière. Le fait de penser à ces exemples fit déferler une autre vague de chaleur à travers mon corps. Il n’avait jamais ramené un homme à la maison, donc s’il en voyait, c’était ailleurs. Et… rafraîchissement de l’écran sur cette vague de chaleur qui m’envahissait à nouveau de partout en imaginant Eric descendant la braguette d’un garçon en s’agenouillant. Oh, mon Dieu, j’avais besoin d’aide.
— Ne te vexe pas, mais il y a un athlète de course très doué qui sévit dans cette maison.
Ses paroles me ramenèrent à la réalité.
— D’accord, mais on n’est pas vraiment des têtes de nœud. Merde, c’est sans doute toi la plus grosse tête de nœud de nous tous.
Le ton d’Eric était sarcastique sans aucun doute.
— J’aime bien penser qu’elle est de bonne dimension en effet, déclara-t-il d’un ton malicieux.
Je lui fis un doigt d’honneur pour m’éviter de penser à la taille de sa queue. Bon sang, je m’enfonçais de plus en plus.
— Je ne sais pas, continua-t-il. Je pourrais, je suppose. Mais on finit toujours dans un autre endroit.
— Est-ce que… ?
Je n’étais pas sûr de savoir comment demander ce que je voulais savoir sans que ce soit flagrant, mais visiblement mon expression était déjà flagrante.
— Je sors avec l’un d’eux ? Chet et Amanda ? dit-il en se mettant à rire. Non, en fait je pense que Chet serait partant… mais non.
Il remonta un de ses sourcils.
— Pourquoi ? Tu es intéressé ?
Il me lança un grand sourire et je me mis à soupirer en secouant la tête.
— Nope. Je demandais juste. La fille était mignonne.
— Et pas Chet ?
Ma réponse semblait vraiment l’intéresser. Je tentai un haussement d’épaules désinvolte.
— Il est pas mal. Oui, bien sûr.
— Je serais ravi de lui donner ton numéro de téléphone. Ou à Amanda. Je pense que ni l’un ni l’autre ne ferait l’impasse sur un corps comme le tien.
Il me cherchait vraiment à présent.
— Non, ce n’est pas ce que je…
J’eus un mouvement de tête agacé et j’ignorai son sourire narquois en me penchant à nouveau sur la table pour me concentrer sur le problème de maths et l’exécuter dans un silence qui devenait de plus en plus gênant.
Lorsque j’eus terminé, je laissai tomber mon stylo sur la table et m’affalai en arrière dans le canapé en poussant un long soupir. Eric vérifia mon devoir et hocha la tête.
— Ça m’a l’air bien. Je pense que tu as compris.
— Merci beaucoup. Ça m’enlève un bon poids.
Il se mit à rire et je mis une seconde à comprendre pourquoi. Mais lorsque je compris, le rouge commença à envahir mes joues à nouveau. Je frottai mon visage des mains comme si je pouvais en effacer la couleur. Je m’étais tellement énervé ces derniers jours que j’étais sur le point d’exploser juste à côté de lui et j’envoyais probablement des tas de phéromones comme un abruti. Est-ce qu’il ne s’en rendait vraiment pas compte ? Quelque chose dans la façon dont il me regardait me faisait penser qu’il savait exactement qu’il avait occupé mes pensées ces derniers temps.
— Ce n’est pas très grave, tu sais. J’ai été pris en flagrant délit plus de fois que je ne peux compter sur mes dix doigts.
Pourquoi ? Pourquoi ma queue réagissait-elle à ces mots ?
— Pourtant…
Il pencha la tête de côté et son regard devint lointain.
— Je peux dire que je n’ai jamais vraiment pris un mec en flag qui a ensuite déchargé devant moi. Un timing de malade. Et ton visage.
Il émit un son de surprise.
— Le choc et la stupeur.
— Oui, pas la peine d’en parler, j’étais là.
Il se mit à sourire alors que je devenais de plus en plus rouge.
— Je suis juste en train de te taquiner.
Son sourire s’estompa lorsqu’il vit que cela ne me faisait pas rire et son expression devint sérieuse.
— J’arrête.
— Non, c’est bon…
Je secouai la tête.
— Je fais des trucs bizarres. N’en parlons plus.
Il haussa les épaules.
— Si tu veux, mais honnêtement, il n’y a pas de quoi être gêné. Franchement, au risque que tu te moques de moi, c’était vraiment très excitant.
Il fit ce truc avec sa lèvre inférieure sur laquelle ses dents se refermaient dans le coin, et des vrilles de feu se mirent à parcourir mon corps et à attiser mon rythme cardiaque. Un désir brutal à se cogner la tête contre les murs s’insinua dans mon bassin. Cette seule phrase l’avait libéré et j’avais à présent une trique d’enfer. Le regard qu’il posa ensuite sur moi ressemblait à une évaluation, mais quoi qu’il vît dans mon expression, cela fut suffisant pour lui faire détourner les yeux et qu’il les pose de nouveau sur ma copie. Il laissa tomber entre les pages le stylo qu’il tenait à la main avant de se lever en se décalant, mais ce n’était pas suffisant pour dissimuler sa propre érection.
— Quoi qu’il en soit, si tu as besoin d’aide, tu sais où me trouver.
Mon souffle se coupa quand je le vis se diriger vers la porte.
— Eric.
Il se retourna vers moi en effectuant un lent quart de tour, ses sourcils étaient remontés sur son front. L’espace d’une minute, je me demandai si, d’une certaine façon, il avait su que cela allait se produire, s’il avait su à la seconde où il était entré dans ma chambre et qu’il avait simplement attendu jusque-là. Mais l’expression de son visage ne révélait rien d’autre qu’une curiosité évidente.
Mon Dieu, je devais reconnaître qu’il était terriblement excitant à cet instant précis avec ses cheveux noirs ébouriffés, son regard vert-brun si intense et sa bouche pulpeuse et gourmande. Il avait sans doute toutes les fesses qu’il désirait, mâles ou femelles. Je me rappelai que j’étais assez doué aussi, et je dus le faire pour oser dire ce que je dis par la suite.
— Ce fut excitant pour moi aussi. De toute évidence.
Silence. Un silence patient et interminable. Puis il humidifia ses lèvres et j’observai, captivé, la pointe rose de sa langue glisser le long de sa lèvre inférieure avant que ses dents ne saisissent ce bout de chair charnu et ne l’emprisonnent. Mon cœur grondait dans ma poitrine.
— En fait, je me demandais si… si cela pouvait à nouveau se produire.
— Que je rentre dans ta chambre ? demanda-t-il prudemment en m’examinant.
— Plus peut-être le fait que tu me regardes ?
Bon sang je n’arrivais pas à croire que j’étais encore en train de parler.
— Tu aimes être regardé ?
— Je ne sais pas.
J’étais de nouveau énervé et frustré, mais je ne savais pas exactement à cause de quoi.
— Tout ça me trouble parce que j’ai déjà été pris en flagrant délit auparavant, mais je n’ai jamais réagi ainsi. Et maintenant je me demande si c’est à cause de…
Je n’arrivai pas à me résoudre à dire toi alors je choisis la deuxième option envisagée.
— Si c’est parce que j’aime qu’on me regarde.
— Ou peut-être que tu es attiré par les garçons aussi ?
Cet enfoiré n’allait pas me lâcher avec ça.
Je haussai les épaules.
— Oui peut-être que c’est ça aussi.
— Alors tu t’interroges sur deux choses. Et tu veux expérimenter ça avec moi ?
— Non ! Ce n’est pas ce que j’ai dit. J’ai dit que je voulais que tu me regardes. Mais oublie, de toute façon c’est une idée ridicule.
Eric pencha à nouveau sa tête de côté avec un minuscule sourire sur les lèvres tout en me regardant comme si j’étais totalement transparent.
— Certainement pas. Je ne vais pas te laisser t’en tirer comme ça Sanders, maintenant que tu as craché le morceau.
Je me tendis sur le canapé alors qu’il faisait demi-tour pour fermer la porte et la verrouiller. Puis il amena le fauteuil à roulettes de mon bureau devant moi et se laissa tomber dedans.
— Que fais-tu ?
Ma voix était rauque et épaisse, étranglée par ma propre excitation et la panique qui montait tellement j’avais envie de ça. Même si je voulais faire croire que ce n’était pas le cas.
— Je vais rester assis dans ce fauteuil pendant que tu te masturberas.
Il leva un doigt comme je commençai à protester.
— Et on va tous les deux apprécier chaque seconde qui va passer.
Il était la confiance personnifiée, la perfection pure, élégante et primitive. Ma bouche salivait rien qu’en le regardant.
Il bascula légèrement dans le fauteuil et croisa ses doigts sur la ceinture de son jean. C’était étonnamment guindé comme posture pour un type tout débraillé et le cheveu savamment décoiffé, tellement étonnant que j’aurais pu en rire s’il n’était pas en train de me fixer avec des yeux de prédateur.
— Et maintenant ? Par où suis-je supposé commencer ?
— J’ai l’impression que tu es prêt à commencer. Tu l’étais il y a quelques instants. Et, ne te vexe pas, mais tu envoies de sacrées vibrations.
C’était la vérité, mon érection s’était hissée comme un drapeau, réagissant au fait que cela arrivait vraiment, que l’on me regardait vraiment en attendant que je me masturbe. Cela me prit une seconde pour évaluer la situation et ça ne conduisait qu’à une grande confusion. C’était exactement ce que j’essayais désespérément ne pas souhaiter. Et à présent, l’occasion était assise juste en face de moi. Merde, je n’allais pas me dégonfler. Peut-être que si j’arrivais à extraire cela de mon système, je pourrais retourner à mon ancienne programmation, à savoir des seins et des minous.
— Fais simplement comme si je n’étais pas là, suggéra-t-il en s’installant confortablement dans le fauteuil.
Il écarta un peu plus les jambes et ajusta ses épaules contre le dossier.
— Ah, marmonnai-je. D’accord. Aussi simple que ça.
Arquant mes reins contre le dossier du canapé, je baissai mon pantalon jusqu’à mi-cuisses, exposant ma queue molle à l’air libre et à ses yeux. Mais mon membre à peine libéré, je levai les yeux vers Eric et je vis qu’il me regardait avec une envie pure et évidente. Ma queue tressauta. Un éclair de chaleur traversa son regard, mais il ne dit rien. Mon Dieu, il allait simplement continuer à m’observer ainsi.
Ma main s’enroula à la base de ma queue et la serra pour la faire ressortir. Un frisson me parcourut en sentant le léger picotement de la friction sèche.
Eric se mit à gigoter un peu sur le fauteuil, bougeant et inclinant ses hanches légèrement. L’érection qui poussait contre son jean formait un énorme dôme dont je n’arrivais pas à détacher le regard.
— Bordel, tu en as une belle. Refais ça.
Je laissai échapper un gémissement à ses mots et au son rauque et guttural de sa voix, mais je m’exécutai, pressant la base de ma queue très fort avant de tirer à nouveau dessus dans un sifflement de plaisir. J’avais du mal à me concentrer. Ses yeux me transperçaient et ma queue menaçait de se ramollir sous l’effet de son regard intense. J’aurais dû mettre un film porno, un autre fond sonore d’ambiance en plus du son de ma respiration saccadée. D’un coup, je devenais beaucoup trop conscient de tout ce qui m’entourait et de son regard sur moi. J’avais le trac. Effaçons ce que j’avais dit plus tôt, j’étais littéralement en train de me dégonfler.
— C’est stupide.
Je remontai mon pantalon et me levai pour passer devant le fauteuil sur lequel il était assis pour aller ouvrir la porte et lui indiquer le chemin de la sortie. Eric tendit les bras pour me saisir par les hanches au passage et m’attira entre ses jambes tout en levant les yeux vers moi.
— C’est beaucoup de choses, mais c’est très loin d’être stupide d’après moi.
Le ronronnement rauque et sexy de sa voix me cloua sur place.
Ma queue se ragaillardit au contact de ses mains sur moi et de leur poigne ferme. Ses pouces allaient et venaient sur moi, calmant mes nerfs tout en effectuant un tour de magie diabolique sur ma libido.
— Excitant. Appétissant. Et j’en passe.
Je déglutis avec difficulté, figé sur place par les cercles lents effectués par ses pouces. Ses doigts se resserrèrent légèrement et sa poigne sur mes hanches s’ajusta de façon que ses pouces s’enroulent et glissent sous mon tee-shirt pour caresser ma peau nue. Il me regardait à l’ombre de ses cils. Il y avait du désir dans ses yeux, mais il était posé. Patient et rôdant.
— Tu en veux plus ?
Je hochai la tête, à moitié conscient de ce que j’étais en train de faire, et sa bouche se fendit d’un sourire qui fit à nouveau battre mon cœur de façon imprévisible, anticipant ce qui allait se passer ensuite, quoi que ce soit. Il pencha la tête en avant et ses lèvres, son menton et son nez effleurèrent le tissu léger en coton qui collait à mon entrejambe. Il se blottit contre mon aine, presque comme une créature cherchant à attirer l’attention, et ma main descendit pour se poser doucement sur le haut de sa tête, effleurant les mèches sombres et soyeuses de ses cheveux. J’avais envie de serrer ses cheveux dans mon poing et de passer mes doigts dedans, mais je n’en fis rien.
Il frôla de sa bouche ouverte ma queue qui se raidissait, réchauffant le tissu de son souffle et mon membre en dessous avant de relever le menton pour croiser à nouveau mon regard.
— Captivant, impossible de détourner les yeux.
Il laissa échapper un petit rire guttural.
— Je commence à m’accrocher aux branches.
— Oui, on dirait que tu décris une épave de voiture ou l’effondrement d’une célébrité.
Je détestai le tremblement de ma voix.
Eric ricana légèrement avant de se réinstaller dans le fauteuil. Il passa ensuite ses doigts dessous, saisissant la taille de mon pyjama avant de le baisser lentement jusque sur mes cuisses.
— Tu veux qu’on réessaie ?
J’avalai une bouffée d’air avant d’acquiescer, toujours figé telle une statue sous son regard. Je voulais garder ça, je voulais qu’il continue à me regarder ainsi, ses yeux effectuant un lent chemin entre mes yeux et ma queue. Ses lèvres s’écartèrent lorsque ma main glissa du haut de sa tête vers la base de mon membre protubérant et gonflé entre nous deux. Lorsque je fus incapable de continuer sur ma lancée, il tendit la main tout en regardant l’expression sur mon visage alors qu’il enroulait sa main autour de la mienne pour m’aider à poursuivre.
— Oh, mon Dieu, j’émis un grognement désespéré et rauque, mais bon sang, c’était… autre chose, une excitation venue d’un autre monde lorsque la main d’Eric commença à guider la mienne de haut en bas le long de mon membre.
— Mmm.
Un autre son pareil à un ronronnement séduisant.
— Tu aimes ça ?
Ses yeux se détachèrent de ma queue pour partir à la rencontre des miens.
J’acquiesçai en silence, à nouveau complètement figé, pendant que ses doigts se resserraient autour des miens, intensifiant leur pression sous les mouvements lents et glissants malgré l’absence de lubrifiant. Mon corps se mit à vrombir d’excitation et de désir comme une ampoule sous stéroïdes.
Il me masturba pendant quelques minutes et mes yeux se fermèrent sous la perte de contrôle dans ce plaisir à l’état brut. Je les ouvris à nouveau tout d’un coup en entendant un bruissement, celui de l’ouverture de sa braguette. Un autre regard d’Eric vers moi pendant qu’il changeait de position sur le siège. J’aperçus rapidement la peau tendue.
— Est-ce que ça te va ? Je bande tellement.
— Oui.
Je ne savais pas si j’avais couiné ou parlé. Quoi qu’il en soit, en parlant de captivant, une fois son membre libéré, je n’arrivai pas à détacher mes yeux du haut des cuisses d’Eric et de sa queue exposée alors que son poing montait et descendait le long de sa hampe lisse. Son membre était long et épais, et son gland était si gorgé de sang qu’il en luisait. Et il n’était pas circoncis.
— Waouh, c’est…
Une fois de plus, je manquai de mots.
— Ma queue.
— Ce n’est pas ce que j’allais dire, mais oui, c’est définitivement une queue.
J’eus un vague doute sur le fait qu’il savait exactement comment se montrer pour créer le plus d’effet possible. Et je me perdis quelques secondes en le regardant se caresser, sa main glissant de la base au gland sur lequel il passait un doigt et sur son prépuce qui bougeait sous la friction. Ma main au feu que c’était très agréable. C’était la première fois de ma vie que je ressentais des envies de prépuce.
— Tu me regardes fixement.
— Oui, c’est un peu difficile de ne pas le faire, marmonnai-je. Et j’ai besoin de lubrifiant.
La friction en tandem de nos deux mains commençait à devenir abrasive. Mais je n’aurais jamais pensé qu’il prendrait l’initiative assurée de se pencher pour sucer mon gland.
Une chaleur humide et érotique envahit ma couronne avant d’irradier lorsque ses lèvres se mirent à m’envelopper.
Je tressautai tellement fort et hoquetai si bruyamment qu’Eric se mit à rire franchement en voyant mes yeux grands ouverts sous l’effet de la surprise.
— Ma bouche est juste là, pas besoin.
Il baissa le menton et laissa tomber un filet de salive sur sa queue. Il était parfaitement imperturbable alors que mes cuisses étaient tendues au possible et me brûlaient. Ça avait été s i bon. Tellement bon. Mon cerveau était en surchauffe de pensées tournoyantes, en guerre avec mon corps parce que j’étais déjà bien au-delà d’une simple expérience d’exhibition. Mon Dieu, j’étais là, entre ses jambes, en train de me masturber pendant qu’il se caressait lui aussi et ça me démangeait d’en avoir plus.
— Recommence, murmurai-je, en reprenant ses mots.
L’expression de son visage devint studieuse, il observait mon visage tout en ralentissant ses mouvements. Je pensais qu’il était sur le point de dire quelque chose, de refuser ma proposition ou de se moquer de moi ou de me taquiner ; mais non, au lieu de ça et au bout de quelques secondes, ses yeux de braise toujours fixés sur les miens, il se pencha en avant et la chaleur de son souffle et de ses lèvres envahit la pointe de mon membre avant que sa langue ne passe sur le liquide pré-séminal qui perlait de ma fente.
Je me mis à chanceler d’un coup en laissant échapper un son pitoyable, un genre de gémissement grinçant comme si c’était la première fois que quelqu’un posait sa bouche sur ma queue. Mais c’était en quelque sorte le cas avec lui. Tout cela paraissait surréaliste, soudain toutes les chaînes mentales qui m’entravaient se brisèrent. Je me foutais complètement de quoi j’avais l’air, de ce que nous faisions précisément et de la raison, c’était juste ce que je voulais.
Je baissai un peu plus mon pantalon jusqu’à mes genoux, et lorsqu’il ouvrit la bouche pour me prendre entièrement, je dus m’agripper au dossier de son fauteuil pour ne pas perdre l’équilibre parce que c’était tout simplement incroyable. Les va-et-vient de sa bouche chaude, les petits bruits de succion de ses lèvres pendant qu’il gratifiait ma queue. Il était complètement débraillé et n’en avait absolument pas conscience, et cela augmentait encore mon désir.
— Bordel de merde, grognai-je en écartant un peu plus mes jambes, tendant mes muscles pour supporter mon poids et m’empêcher de me transformer en flaque d’eau.
Le fauteuil commença à grincer de façon comique sous ses mouvements. Ma main descendit vers mes testicules et tira dessus, et sa main fit un écart pour dégager la mienne et prendre le contrôle. Il me suçait comme un pro, comme dans un porno. Il me léchait de façon diabolique, prenant mon sexe avec assurance et profondeur jusqu’au fond de sa gorge, puis crachant dessus pour le rendre luisant et glissant de salive.
— Je vais exploser, dis-je dans un souffle rauque pour le prévenir.
Il se retira, les joues rouges et les pupilles sombres et dilatées. Ses lèvres étaient mouillées, gonflées et, bon sang, tellement attirantes que c’en était douloureux.
— Et merde, protestai-je.
Il souriait comme un démon.
— On va passer à côté de quelque chose.
Je haletais en secouant la tête, les pensées confuses.
— Non, on ne passe certainement pas à côté de quoi que ce soit.
— Tu es sûr ?
Puis il glissa un doigt humide derrière mes bourses et effleura mon orifice.
Mes yeux se fermèrent et je laissai échapper un gémissement alors qu’il faisait des cercles autour des plis du bout de son doigt. C’était surprenant. À des années-lumière de mes tentatives maladroites de débutant pour stimuler ma prostate l’autre soir et les soirs auparavant. Le doigt d’Eric allait et venait sur ma tache brune puis il se mit à frictionner avec insistance l’anneau serré de mon muscle, passant outre ma contraction. Mes hanches basculèrent une fraction de seconde, sous le magnétisme de la légère pression de son toucher qui devenait de plus en plus insistant au fur et à mesure qu’il caressait mon entrée tout en refusant d’en franchir le seuil.
— Es-tu…
Je commençai à poser une question et c’est le moment qu’il choisit pour glisser la pointe de son doigt en moi. Mon muscle se resserra instinctivement et je grognai sous la brûlure de l’invasion.
— Penche-toi, ça aide, m’ordonna-t-il tout en gardant son doigt immobile en moi et en levant son autre main pour encercler mon sexe à nouveau.
Pas assez de friction, pas du tout même. Juste quelque chose de léger, des caresses taquines qui me distrayaient suffisamment pour qu’il puisse enfoncer son doigt plus profondément en moi.
— Comment ça va ?
— Mieux.
Et cela n’avait strictement rien à voir avec ce que je me faisais moi-même.
— Tu as du lubrifiant ?
— Dans le tiroir, là-bas.
Je lui indiquai l’endroit de la tête, car je ne voulais pas bouger alors que quelque chose était en train de se passer. Quelque chose de délicieux et de vibrant. Son doigt s’enfonça plus loin, se recourba et ma bouche s’ouvrit en grand pour laisser échapper un gémissement silencieux.
— On y est.
Il avait l’air tellement content de lui, et peut-être avait-il raison de l’être parce que cela mettait en évidence ma maladresse passée. C’était une tout autre histoire dans un autre monde. J’agrippai plus fort le dossier du fauteuil en serrant fort mes lèvres pendant qu’il taquinait les terminaisons nerveuses de mon intérieur, le regard toujours tourné vers moi et un sourire suffisant et paresseux sur les lèvres.
— La vache, c’est d’enfer, dis-je en hoquetant.
— Je dirais plutôt le paradis, non ?
Je laissai tomber mon menton contre ma poitrine et fermai les yeux pendant qu’il continuait à caresser ma prostate. Lorsque je tentai un autre coup d’œil, j’aperçus sa queue qui se tenait toujours bien rigide et attentive en face de moi. Je passai ma langue sur mes lèvres en réfléchissant, puis je rejetai rapidement cette pensée.
— Ce serait sans doute beaucoup mieux avec du lubrifiant et si tu t’allongeais jambes écartées sur ce lit.
— Oui.
Je ne pensais même pas vraiment à ce que j’étais en train de dire. J’étais simplement un immense zombie de terminaisons nerveuses qui essayait de prendre son pied.
Eric se mit à rire lorsque je trébuchai sur le chemin menant au lit, ayant oublié le pantalon enroulé autour de mes genoux. Je me rattrapai de justesse, envoyai valser mon pantalon pour terminer ma route et m’effondrai ensuite sur le dos l’écoutant fouiller dans le tiroir de ma table de chevet.
— Bingo.
Je m’étais laissé tomber sur un côté du matelas et Eric me rejoignit pour se positionner entre mes genoux. Il était toujours habillé, mais avec une érection gigantesque qui pointait de son jean. Pour je ne sais quelle raison, le fait qu’il fut toujours tout habillé alors que j’étais presque nu comme un ver m’excitait terriblement. J’avais l’impression d’être vulnérable, mais sans que cela me semble menaçant. C’était dur à expliquer. Il restait là, incroyablement désirable, toujours en train de se caresser en me regardant comme si j’étais un plat qu’il s’apprêtait à déguster, comme s’il avait tout son temps. Je sentais que j’étais sur le point de sortir de mon propre corps.
— Tu es très excitant. On te l’a déjà dit ?
— Oui, mais ce n’était jamais un garçon.
Le tissu rugueux de son jean effleura mon genou et un frisson remonta à la vitesse de l’éclair de mes cuisses jusqu’à mon entrejambe, comme si toute ma peau avait été hypersensible. J’étais impatient d’en avoir plus. Plus que ce que nous avions fait jusque-là. Plus de caresses, plus de succion, plus de doigt dans mon cul. Tout simplement plus de tout.
— On fait ça ?
Il hocha lentement la tête en se mordillant la lèvre, toujours si peu pressé que j’en avais presque envie de le cogner.
— Oui, mais seulement si tu me promets de ne pas te prendre la tête avec ça. Parce que je ne vais pas me la prendre. Donc, si tu peux me faire cette promesse, alors oui je vais me mettre à genoux pour toi et je vais te démonter, morceau par morceau jusqu’à ce que tu sois sens dessus dessous.
Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine et tous les circuits de mon corps s’embrasèrent. Je hochai une fois la tête avec difficulté avant de retrouver mon souffle. Et mes mots que je n’arrivais pas à coordonner.
— Je promets. Ou du moins, je vais essayer. Fais juste… vas-y.
Eric se pencha sur moi, le bout de ses doigts se posant sur mon torse pour faire des cercles autour de mes tétons et les pincer jusqu’à ce qu’ils durcissent. Je retenais mon souffle. Puis ses doigts descendirent lentement le long de mon abdomen en suivant la ligne fine de mes poils et en m’effleurant à peine comme une brume fantôme passant sur moi. Sa caresse s’étira jusqu’à mon paquet et ma fente laissa échapper une autre goutte de liquide qui tomba sur mon ventre. Il jouait avec moi comme un pro et je savourais chaque seconde.
— C’est mieux quand on ne va pas trop vite.
Quoi qu’il en soit, je m’en foutais tant qu’il me touchait, tant qu’il me faisait prendre mon pied dans un futur proche. Très proche.
Le dos de sa main poussa l’intérieur de ma cuisse et j’écartai les jambes pour qu’il puisse s’installer et se mettre à genoux. Mes yeux se fermèrent et ma respiration redevint irrégulière lorsque je le vis s’agenouiller devant moi. Une main posée sur chacune de mes rotules, les doigts d’Eric se refermèrent pour caresser la peau douce derrière mes genoux. Puis je sentis la pression de ses mains sur le haut de mes tibias pour m’inciter à lever les jambes.
— Pose tes pieds sur le rebord du lit.
— Tu es sûr ?
Mes yeux s’ouvrirent d’un coup pour le regarder et il se mit à rire.
— Oui, je suis sûr à cent pour cent. Laisse-moi te voir.
Si je faisais ça, je serais grand ouvert devant lui, exposé au maximum. Je me débarrassai de mon hésitation face à la promesse torride dans ses yeux. Je remontai une jambe, puis l’autre pour exposer mon anatomie. J’étais sur le point de sortir une vanne sur le fait que j’avais l’impression d’être une fille chez le gynéco, mais, au lieu de ça, je me mis à glapir lorsque sa langue se posa sur mon orifice pour y déverser un torrent de chaleur veloutée.
Des terminaisons nerveuses, dont j’ignorais l’existence jusque-là, se mirent à chanter à travers mon corps. Un de mes pieds glissa du lit par réflexe et Eric le rattrapa alors que j’essayai de me remettre en position.
— Bordel de merde, haletai-je comme il maintenait de ses mains le haut de mes cuisses en me gardant cloué sur le lit, les jambes grandes écartées pour lui.
Aucune réponse excepté un ronronnement chaud qui vibra sur ma tache brune et plongea dans mes testicules douloureux.
Il me léchait avec des coups de langue longs et chauds, de mon orifice à mon sac où il marqua une pause pour mordiller la peau tendre à cet endroit. Sa main remonta jusqu’à mon membre, mais au lieu de me pomper avec vigueur et rapidité comme j’en avais envie, il en pinça la base en enroulant son poing autour. Ma tête se renversa vers l’arrière et mes doigts se plantèrent dans le matelas.
— Non. S’il te plaît. Arrête, me mis-je à crier, même si je savais qu’il n’en ferait rien.
Mais à présent, j’étais convaincu qu’il était penché sur moi pour me conduire aux portes de la folie.
Sa langue continuait à me caresser, à me lécher en faisant des cercles autour de mon entrée et mes hanches commencèrent à bouger pour aller à sa rencontre. J’en voulais plus, je voulais quelque chose…
Je poussai à nouveau un cri lorsqu’Eric plongea sa langue en moi, écartant le muscle lisse. Je sentais sa salive couler le long de la raie de mes fesses et former une tache humide sous moi. Ma queue pleurait, palpitait, m’entraînait dans le duel entre le plaisir et la torture de sa main qui pulsait toujours sur mon membre et sa langue qui fourrait mon cul. Les grognements et les bruits humides que nous émettions créaient une excitation à perdre la raison.
— Masturbe-moi, s’il te plaît, suppliai-je.
Comme il ne répondait pas, j’avançai une main tremblante pour prendre ma queue dans mon poing, mais il la repoussa. Je grognai sous la frustration. Après ça, il commença lentement et légèrement à bouger sa main. Pas suffisant. Le feu me brûlait à l’intérieur pendant qu’il suçait, léchait et poussait en moi. Mais j’avais besoin de plus.
— Mets les doigts, implorai-je avant d’entendre l’ouverture du flacon de lubrifiant.
Ses doigts luisants de lubrifiant glissèrent dans mon cul, trouvèrent facilement ma prostate, m’emplirent, me caressèrent en augmentant l’intensité jusqu’à devenir rapide et forte, avant de vriller en moi et de se retirer lentement. Je n’arrivais pas à reprendre mon souffle. Mes abdominaux étaient tendus et contractés. On aurait dit que tout mon corps était un muscle géant tendu attendant la délivrance.
Un doigt toujours plongé en moi, Eric baissa un de mes genoux et manœuvra sur le lit pour se mettre de côté près de moi. Mes yeux se dirigèrent vers son visage et aperçurent ses lèvres gonflées et luisantes de salive, ses pupilles dilatées et son regard perçant qui se baladait toujours sur moi. Mon Dieu, il était le sexe incarné. Il baissa le menton et, l’espace d’une seconde, je crus qu’il allait m’embrasser. La panique et la peur écarquillèrent mes yeux et je laissai échapper un « Baise-moi ».
Eric en resta bouche bée de confusion et ses doigts toujours en moi s’immobilisèrent.
— Quoi ? Vraiment ?
Je hochai la tête rapidement.
— Oui, j’en ai envie.
J’en avais vraiment envie. Je ne voulais pas qu’il m’embrasse, mais je voulais qu’il me baise. Cela n’avait probablement aucun sens pour lui, pas plus que cela n’en avait pour moi, mais je vis un éclair de désir brut traverser son regard lorsque je prononçai ses mots. Et je sus qu’il en avait envie aussi.
Il était calme et hésitant. Une ombre de vulnérabilité passa sur ses traits, une expression qu’il n’avait jamais eue auparavant et dont je ne l’aurais pas cru capable d’avoir. Il toucha le bout de sa langue puis le coin de sa lèvre et hocha la tête.
— Pareil pour moi, mais… pas de panique. Souviens-toi que c’est toi qui as demandé.
Je me demandai s’il y avait quelque chose derrière le fait qu’il prenne autant de précautions ou si c’était simplement parce que c’était moi et ce qu’il croyait savoir sur moi.
— Tu n’as pas à le faire si tu n’en as pas envie.
Mais je n’allais pas flipper.
— Oh, j’en ai très envie, ne t’inquiète pas. Je crève d’envie de m’enfoncer dans ce cul tout serré.
Et d’un coup, comme ça, sa confiance était de retour. Quelque chose dans ce retour me mit en confiance.
Je roulai pour me mettre à plat ventre.
— C’est comme ça que tu préfères ?
Le matelas s’enfonça lorsqu’Eric se déplaça.
— Oui.
J’avais envie de sa queue en moi, mais je ne voulais pas de l’intimité qui se serait créée s’il m’avait regardé en me baisant. Et je ne voulais pas non plus de la possibilité qu’on s’embrasse. C’était un territoire sur lequel je n’étais pas encore prêt à m’aventurer, le serais-je d’ailleurs un jour ?
Je sentis sa main se poser doucement sur ma hanche. Il me donna une petite tape.
— Mets-toi sur les genoux plutôt.
Le tissu de son jean bruissa lorsqu’il le fit descendre le long de ses jambes. Les lacets de ses chaussures murmurèrent lorsqu’il les défit. Même les bruits qu’il faisait en se déshabillant m’excitaient.
— Table de nuit, c’est ça ?
— Oui.
Je supposais que c’était l’endroit universel où se trouvaient les capotes.
L’emballage se froissa et je jetai un œil par-dessus mon épaule pour le voir coincé entre les dents d’Eric qui venait de le déchirer, alors que son autre main caressait lentement son membre de bas en haut en regardant mon cul.
Il me lança un sourire sauvage et diabolique qui fit à nouveau bouillir mon entrejambe. Puis il déroula le préservatif sur sa queue en pinçant le bout.
Je laissai tomber ma tête sur mes avant-bras. Ses doigts effleurèrent mon orifice et s’enfoncèrent. Je bougeai en essayant de m’entortiller autour de ses doigts.
Posant la paume de sa main fermement sur le bas de mon dos, Eric me poussa vers l’avant en avançant ses genoux au bord du lit pour s’approcher.
— Parfait, laissa-t-il échapper dans un souffle, la voix basse, presque enrouée. C’est une belle vue de toi.
Toujours en train de plaisanter. J’étais sur le point de répondre, mais la pointe de sa queue effleura mon orifice juste à ce moment-là, et j’oubliai tout ce que je voulais dire. La sensation était tellement différente avec son gland tout rond et lisse, gonflé par l’afflux de sang, qui glissait sans effort contre moi. Il continuait à presser la paume de sa main sur mon dos, effectuant des allers-retours languides de haut en bas le long de ma fente, des mouvements qui me tourmentaient au point de manquer péter un câble de désir de m’empaler sur lui. Il tendit la main pour pétrir mes testicules l’espace d’une seconde, puis son autre main se déplaça sur ma hanche pour s’y agripper tel un point d’ancrage.
— Prêt ?
— Vas-y.
Ça brûlait. Bon sang, ça brûlait même avec tout ce lubrifiant. Eric s’immobilisa, attendant pendant que je jurais comme un diable. Ce n’était pas la première fois que j’avais quelque chose dans le cul, mais c’était la première fois que j’avais autre chose que mes propres doigts, quelque chose rattaché à un autre véritable être humain. Quand j’étais en première année, j’avais acheté un gode couleur chair de taille ridicule pour l’utiliser comme accessoire d’un costume pour Halloween composé d’un maillot de bain Speedo. Disons simplement que, plus tard dans la soirée, j’étais devenu curieux, et, avec l’aide amicale d’une bonne dose d’alcool et des tonnes de lubrifiant, j’avais réussi à rentrer l’objet dans mon cul. Mais ça m’avait pris une demi-heure. Et cela n’avait rien à voir avec ça. Rien du tout. Cette brûlure était chaude et vivante, une sensation folle d’être comblé. Je laissai échapper un gémissement plaintif et Eric caressa mes fesses.
— Ça va mieux ?
— On verra.
Je n’arrivais même pas à concevoir comment il allait pouvoir faire rentrer ce qui restait en moi, avec beaucoup moins de mouvements. Si cela n’allait pas mieux, j’en aurais fini avec cette expérience et je pourrais la barrer de la liste des choses à faire et en finir avec ça. D’une certaine façon, c’était un soulagement.
Eric se retira légèrement et poussa ensuite un peu plus loin cette fois-ci. Je sentis mon cul s’ouvrir autour de lui et aspirer sa longueur. La brûlure s’effaça, mais la sensation d’être empli restait presque insupportable. Je n’étais pas du tout sûr d’aimer ça. Sa main commença à malaxer ma hanche avant d’agripper une de mes fesses pour l’écarter avant de glisser à nouveau en moi.
— Bon sang !
— Ça brûle encore ?
— Non, mais j’ai l’impression d’avoir la tour de Washington fourrée dans le cul.
Eric émit un petit rire.
— Je vais prendre ça pour un compliment.
— Je ne suis vraiment pas sûr que ça en soit un. Je ne sais pas si je vais y arriver.
La pression était trop intense.
Eric se mit à me caresser les côtes et les flancs. Je savais que c’était probablement pour m’apaiser, mais ça ne fonctionnait pas.
— Bon, d’accord. Laisse-moi une minute de plus et si tu détestes toujours ça, j’arrêterai, d’accord ?
Je hochai la tête en écartant un peu plus mes jambes. Il se pencha sur moi, se maintenant d’une main alors que son autre main saisit ma queue. Sa poigne était plus serrée cette fois-ci et elle frottait plus intensément en me masturbant. Des petites décharges de plaisir arrivaient par vagues sur mon abdomen, et ensuite tout ce que je savais, c’est que je sentis son corps me recouvrir complètement. Il était entièrement en moi et il poussa un grognement lorsque je resserrai mes muscles autour de lui pour faire un test. Je ne savais pas trop pourquoi j’avais fait ça. Cela provoqua une résonance brûlante en moi, mais je supposais que je voulais savoir si sa queue énorme n’avait pas détruit mon sphincter.
— Encore, dit-il et je resserrai mes muscles à nouveau. C’est incroyable.
En refermant ses mains sur mes hanches, Eric se retira lentement, ne laissant que la pointe de son membre en moi. Mes poumons laissaient échapper de petites bouffées d’air alors qu’il poussait à nouveau lentement et plus profondément. Et il répéta le mouvement, en arrière puis en avant.
Il changea légèrement de position et je vis des étoiles lorsqu’il se mit à nouveau à pousser. Je n’avais aucune idée comment je réagissais parce que j’y voyais à peine, et de toute façon mes yeux étaient bien fermés. Mais il dut se passer quelque chose, car il se mit à gémir et à murmurer :
— Oh, oui. Tu y es.
Mes entrailles étaient tapissées de bourdonnements électriques après quelques caresses euphorisantes et lentes de plus. Puis Eric prit son rythme. Ses doigts labouraient mes flancs pendant qu’il me baisait en gardant la mesure. Mon corps tressautait à chaque poussée, s’illuminait et fondait sous les allers-retours de sa queue, le même mouvement encore et encore.
— Que c’est bon, lâcha-t-il. Tu es tellement étroit.
Je sentais mon orgasme monter et la pression dans mon cul se transformer en une sensation fermement lovée dans mes testicules, une sensation qui attendait juste une allumette pour s’embraser.
Cette fois-ci, lorsque je tendis la main pour saisir ma queue, il n’interrompit pas mon geste. Je me mis à gémir en empoignant mon membre pour lui donner enfin la friction qu’il attendait avec impatience. Eric se retira complètement et me pénétra à nouveau d’un coup en poussant un juron. Je manquai hurler sous l’effet de ce coup enivrant mêlé de douleur et de plaisir. C’était comme si mon corps était attaqué sur de multiples fronts de la meilleure des manières, et que je n’arrivais pas à décider quoi faire ni où aller. Mes hanches zigzaguaient. Mes quadriceps se contractaient. Je ruais et me cambrais. Mon orgasme approchait de plus en plus à chaque mouvement de main et à chaque coup de gland rond et gonflé d’Eric contre ma prostate. Et tout ce à quoi j’arrivais à penser c’était… pourquoi m’étais-je caché la vérité ? C’était tellement incroyable.
Tout mon corps se mit à trembler à la pensée d’une douce délivrance. Mes entrailles ressemblaient à de la lave en fusion, à un volcan prêt à exploser, et l’air était empli du chœur indécent de nos corps claquant l’un contre l’autre.
— Merde, dis-je en haletant. Continue.
J’étais prêt, tellement prêt pour cet orgasme, parce que je savais que j’allais jouir comme jamais auparavant.
Mais tout d’un coup, mon orgasme s’envola. J’attendais une poussée, cette douce sensation enivrante d’être comblé à nouveau, mais je n’avais que le halètement d’Eric derrière moi et une nette sensation de vide. Tout mon corps se mit à protester et à frissonner contre ce revirement.
Je grognai littéralement et me retournai pour regarder Eric. Il tenait la base de sa queue dans son poing serré alors que son autre main était toujours posée sur ma hanche.
— Mais qu’est-ce que tu fous ?
Ma voix sonnait de façon désespérée et déséquilibrée, justement parce que c’était mon cas.
— Un peu de répit.
Il me lança un sourire féroce.
— Du répit ?
Comme si on était en train de s’entraîner ensemble ou d’accomplir des exercices, un truc comme ça. Bon sang !
— J’étais sur le point de jouir.
— Oui, je m’en suis rendu compte.
Ma queue pulsait dans ma main. Elle et moi étions perplexes.
— Et alors ? Ce n’est pas le but ?
— C’en est un, mais il y a tout un tas de jolis points de vue en chemin. Pourquoi es-tu si pressé ?
Il surprit mon regard posé sur la pendule.
— Tu sais aussi bien que moi que personne ne rentrera avant minuit. On a des heures devant nous.
— Des heures ?
Avait-il senti la pointe de panique dans ma voix ? Le gloussement qui s’ensuivit voulait dire que oui.
— Ça ne nous prendra pas autant de temps, mais je te jure que, si tu me fais confiance, tu auras l’orgasme le plus hallucinant de toute ta vie, une cuvée grand cru, le summum de la baise.
Il avait horriblement confiance en lui à ce sujet, mais j’étais frustré au possible.
— Le septième ciel, j’en ai entendu parler. Pas intéressé.
Je le pensais vraiment, bien que je me mis à gémir lorsqu’il laissa tomber sa main pour caresser mes testicules et glisser ensuite à nouveau son doigt en moi.
— Je croyais que c’était une sorte d’expérience.
— C’est une façon de prendre son pied. De manière expérimentale. Pas le quart d’heure d’Eric qui baise son coloc sans merci.
Son doigt se recroquevilla en moi et mes hanches sursautèrent. Salaud. Après avoir été empli de sa queue, ma prostate était hyper sensible et le moindre effleurement envoyait des décharges dans mon ventre. C’était bon, mais pas suffisant. J’avais encore envie de sa queue. C’était étrange d’avoir une telle pensée.
Je me retirai de son contact, m’assis sur les talons avant de pivoter et de me décaler vers le bord du lit.
— Fini pour moi.
Eric glissa du lit et s’agenouilla devant moi.
— Allez, dit-il gentiment. Est-ce que je t’ai déçu à un moment ou à un autre ce soir ?
Il écarta mes genoux et lécha un filet humide sur le bout de ma queue, j’en eus des frissons. Tellement bon. Est-ce que sa bouche était magique ? Ou était-il lui-même magicien ? Définitivement, je n’arrivais plus à penser clairement.
— Allonge-toi sur le dos et mets tes mains dans mes cheveux. Laisse-moi t’emmener d’abord sur le toit.
Je fermai les yeux, inspirai un grand coup par le nez en me demandant, bon sang, ce qui faisait vrombir mon corps quand il s’agissait de lui. Je ne comprenais pas pourquoi il se sentait aussi investi dans cet acte, à moins que ce ne fût par ennui. Mais je me retrouvai étendu sur le lit, les pieds posés au sol et les mains plantées dans sa chevelure soyeuse alors qu’il se penchait au-dessus de mes genoux pour me prendre dans sa bouche.
Après toutes ces actions de ma main, c’était l’extase de me retrouver dans le havre humide de sa bouche. Il saisit la base de ma queue et passa un coup de langue sur la longueur de ma hampe. Il en suça les côtés, lapa goulûment le bout avant d’accorder toute son attention à l’encoche autour de ma couronne. Je commençai à nouveau à bouger, à effectuer de lentes ondulations qui me poussaient au fond de sa gorge, là où il m’engloutissait et envoyait des palpitations de plaisir à mes testicules. Il inséra à nouveau son doigt en moi et, cette fois-ci, je relevai mes jambes au-dessus de moi pour lui faire de la place sans qu’il ait à m’y inciter.
Il en lâcha un murmure d’approbation qui résonna partout en moi. C’était tellement bon. Nous avions trouvé un rythme synchronisé. Ses mains, sa bouche et mon corps bougeaient tous de concert. C’était enivrant et je me lovais mentalement dans ce mouvement, me saturant de ce trio de sensations. Les yeux fermés, je baignais dans cette friction douce et humide qui assaillait mon bas ventre. Tant et si bien que cela me prit une seconde avant de réaliser que sa bouche avait été remplacée par sa main qui me pompait d’un mouvement ferme et que son doigt avait quitté mon cul, remplacé par son gland épais qui poussait à nouveau en moi.
— Oui, laissai-je échapper dans un soupir. Je ne m’inquiétais plus du tout d’être face à lui et lorsque j’ouvris les yeux, il était juste au-dessus de moi, une main toujours sur ma queue et l’autre caressant mes fesses pour les écarter alors qu’il s’enfonçait un peu plus en moi. L’expression de son visage était intense, son regard était fixé sur l’endroit où nos deux corps se rejoignaient. Il se mordait les lèvres, son torse nu révélait sa respiration saccadée, et pour la première fois, je m’aperçus comme il était à la limite, sur le point d’exploser et se retenait. Cette forme de vulnérabilité était si excitante que cela m’embrasa comme une allumette. Lorsque son regard se posa à nouveau sur mon visage, je pus voir ses yeux grands ouverts lorsque je tendis la main pour le tirer vers moi. Il bascula et tomba lourdement sur ma poitrine. J’enroulai mes jambes autour de lui, saisit son cul à pleines mains avant de soulever mon bassin pour l’enfoncer en moi.
—  Putain, cria-t-il.
Je souris comme un enfoiré, voyant que j’avais gagné un combat non déclaré alors que les doigts d’Eric se refermaient sur mes épaules et qu’il commençait à me labourer. Mais bientôt, je fus à nouveau emporté par des vagues de plaisir lorsqu’il ajusta légèrement ses hanches, planta la paume de ses mains de chaque côté de mon visage et poussa de façon que son bas ventre ratisse ma queue à chaque poussée.
Ce fut ensuite moi qui me mis à faire du bruit, me cambrant et me dandinant sous les frictions de son corps, gémissant chaque fois qu’il pénétrait à nouveau en moi. Il se laissa tomber sur les avant-bras et sa joue effleura la mienne, sa respiration forte et haletante si près de mon oreille qu’elle provoqua une explosion d’électricité statique. Il accéléra le rythme, me baisant plus fort, plus vite et plus profondément, grognant sous l’effort. J’explosai en chute libre, mes testicules se figèrent et mon estomac se serra alors que je volai en éclats en déversant des litres de sperme sur nos abdomens.
— Merde, dis-je en gémissant.
Ça ne s’arrêtait pas, des frissons et des tremblements de plaisir fou et intense me parcouraient, de la pointe de mes pieds à la couronne de mon gland. J’étais persuadé d’avoir tous les poils hérissés sous l’impact, comme si j’étais sorti d’un cratère à la seule force de ma délivrance. Mes hanches ruaient de façon sauvage et, même après avoir déversé la dernière goutte perlant de ma pointe, ma queue continuait à se contracter. Je ressentais des spasmes dans mon cul autour de son membre, et Eric enfouit un juron sonore dans mon cou, plongeant ses dents dans ma peau tout en rugissant pendant l’orgasme. Si je n’avais pas joui peu de temps auparavant, j’aurais joui à nouveau parce que c’était vraiment très excitant de le sentir se contracter et décharger en moi. Il continua à bouger au gré de la vague de son orgasme, les dents toujours enfoncées sur le côté de mon cou, jusqu’à ce qu’il pousse une dernière fois avant de s’effondrer sur moi.
Je suais à grandes eaux. Ou peut-être était-ce lui. Je décidai qu’on transpirait tous les deux et je tournai la tête de côté pour essuyer mon front trempé avec un bout de drap.
Ses dents relâchèrent leur prise sur mon cou et, haletant, il enfouit son visage tout près du mien dans les draps. Des répliques sismiques me parcouraient en de plaisantes petites décharges électriques qui faisaient trembler mon corps sous le sien. Il laissa échapper un petit rire paresseux au bout de la troisième décharge. Puis il marmonna quelque chose contre ma peau que je ne compris pas, avant de se dégager de moi et de se laisser tomber sur le dos à mes côtés. Il retira le préservatif et fit un nœud avec.
Je déglutis en passant mes doigts sur la peau tendre de mon cou. Cela ferait probablement un hématome, mais, en cet instant, je m’en foutais.
Ça en valait la peine. Tellement.
Il me lança un regard de côté qui se posa sur l’endroit que j’étais en train de masser.
— Désolé pour ça.
— Non, tu ne l’es pas.
— C’est vrai, je ne le suis vraiment pas. Et toi ?
— Non.
— Non, mais… ?
— Je ne pense pas qu’il y ait un mais.
Peut-être cela viendrait-il plus tard, mais pour l’instant, j’étais trop voluptueusement vidé pour penser à autre chose que dormir.
Eric roula pour s’asseoir et se frotta le visage des mains.
— J’ai besoin d’une douche.
Moi aussi j’en avais besoin, mais j’avais trop la flemme pour faire plus qu’attraper un gant de toilette pour m’essuyer.
— Tu fais ça souvent ?
Je le regardai se lever et se pencher pour attraper son boxer et son jean sur le sol avant de commencer à les enfiler.
— Quoi ? Guider mes colocataires excitants vers la terre promise des orgasmes corporels ?
— Est-ce que c’est ce que j’ai eu ?
Ma bouche bougeait, mais mon cerveau était bloqué sur le fait qu’il m’ait décrit comme excitant. Il l’avait déjà dit dans la soirée, mais c’était toujours relié à ce qui se passait entre nous. À présent, ce vague compliment provoquait des petites palpitations dans mon ventre dont je ne savais que faire. Je n’étais même pas sûr d’aimer ça. Eric s’avérait être une anomalie de presque toutes les façons.
— Ça y ressemblait. Mais quoi que ce soit, c’était étonnamment intense. Et non, ce n’est pas dans mes habitudes de divertir le côté bisexuel de quelqu’un. Mais, pour être honnête, je crois qu’il n’y a qu’une seule autre personne à m’avoir demandé de le faire.
— Qu’est-ce qui s’est passé ?
— Pas grand-chose, vraiment. C’est arrivé quelques fois puis ça n’a pas été plus loin.
Eric haussa les épaules et baissa les yeux pour se concentrer sur la braguette de son jean qu’il remonta, avant de boutonner son pantalon et de se remettre en place ; mais il y avait quelque chose dans la façon dont il évitait mon regard qui me laissait supposer qu’il ne disait pas tout. À cet instant, je n’avais pas l’énergie de le harceler à ce sujet, et je ne pensais pas non plus que ce soit mon rôle. Même si nous étions allés beaucoup plus loin que ce que j’avais voulu au départ, que ce que j’avais prévu qu’il se passerait. Rien d’autre dans la soirée n’avait laissé supposer que cette partie de jambes en l’air était autre chose qu’une simple expérience. Sauf qu’Eric était à nouveau en train de me regarder. J’étais toujours complètement affalé sur le lit, mais la façon dont son regard parcourait mon corps me troublait. Je roulai sur le côté pour m’asseoir et Eric jeta un coup d’œil autour de lui et me lança une serviette qui traînait par terre.
Je le remerciai et commençai à essuyer mon torse crépi de sperme. C’était la première fois que j’avais autant joui, et s’il n’avait pas encore été en train de me regarder tel un prédateur, je me serais probablement assis pour m’en délecter un instant. Vraiment, c’était impressionnant.
— Quoi ? demandai-je.
— Alors cette expérience est une réussite, non ? Ou tu n’es pas sûr ?
Il commença à enfiler son tee-shirt, mais il arrêta son geste avant de le passer par-dessus sa tête, comme s’il voulait voir mon visage lorsque je lui répondrai.
Je me mis à sucer l’intérieur de ma joue.
— Une réussite oui. Mais je ne suis pas encore certain d’en mesurer la portée.
Il haussa les épaules et me lança un sourire fourbe tout en finissant d’enfiler son tee-shirt.
— Je dirais que c’est une réussite malgré tout.
— Tu peux. Tu es vraiment un sacré baiseur.
Il fronça les sourcils et je sursautai légèrement lorsqu’il posa ses mains sur mes genoux et se pencha sur moi, envahissant tout mon espace. Je me figeai à l’idée qu’il était sur le point de m’embrasser, mais il s’arrêta à quelques centimètres de ma bouche en plissant les yeux, aguicheur.
— Honnêtement, est-ce que je ne l’ai pas mérité ?
Avant que je ne trouve quelque chose de sarcastique à rétorquer, il se redressa d’un coup et traversa la pièce pour aller ouvrir la porte. Il s’arrêta, une main posée sur l’encadrement, et me regarda par-dessus son épaule.
— Si tu as à nouveau besoin de quelqu’un pour t’aider en calcul, dit-il en penchant légèrement la tête avec un mouvement de lèvres qui en disait long. Ou quoi que ce soit d’autre, n’hésite pas. Je suis en bas.
Il poussa ensuite la porte et s’en alla.
Je l’entendis ensuite rire doucement pendant qu’il descendait dans le hall pour regagner la salle de bain, puis faire couler l’eau de la douche avant de refermer la porte.
Je terminai de me nettoyer et me forçai à reprendre mes notes et mes calculs, mais c’était la pagaille dans ma tête et je rejouai tout ce qui venait de se passer. Est-ce que je trouvais vraiment cette expérience satisfaisante ? Est-ce que je pouvais la barrer de la liste et continuer ainsi ? Je n’en étais pas sûr, mais j’allais essayer. Et si je n’y arrivais pas, eh bien, Eric n’avait-il pas laissé la porte ouverte ?
Je n’arrêtais pas de le voir s’agenouiller devant moi, de le voir sur moi. Je sentais l’écho de ses mains, de sa bouche, de sa queue en moi. C’était sans aucun doute la meilleure baise que j’aie jamais eue dans ma vie. Et c’était avec un garçon. Un garçon qui s’avérait être aussi mon colocataire.
Et merde. Les choses étaient subitement devenues très intéressantes, et plus je pensais à cette soirée, plus je me disais que cela ressemblait plus à un commencement qu’à une simple expérience.

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