Destins croisés # 3
254 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Destins croisés # 3 , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
254 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

À force de n’écouter que son cœur, Ayame se retrouve dans des situations souvent difficiles. À la recherche de ses origines, la jeune fille va découvrir un univers qu’elle ne soupçonnait pas. Entre déceptions et mauvais choix, Ayame parviendra-t-elle à ne pas se perdre ? L’ombre qui la guette sera-t-elle une alliée ou arrivera-t-elle à corrompre son cœur pur ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9791096784820
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Destins Croisés

Lavoie de la destinée
Adeline Nandini

DestinsCroisés

Lavoie de la destinée
© JennInk Éditions
Tousdroits réservés.
LeCode de la propriété intellectuelle interdit les copiesou reproductions destinées à une utilisationcollective. Toute représentation ou reproduction intégraleou partielle faite par quelque procédé que ce soit,sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit, est illiciteet constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Aucunextrait de ce livre ne peut être reproduit, scanné oudistribué sous forme imprimée ou sous formeélectronique sans la permission expresse de l’auteur,sauf pour être cité dans un compte-rendu de presse.
AVERTISSEMENTS

Cetexte est une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec despersonnes vivantes ou mortes, des lieux ou des évènementsréels n’est que pure coïncidence pour laquellel’auteur(e) décline toute responsabilité.
Ce livre contient un langage familier,des scènes de violence physique et moral.
Il est destiné à un publicaverti.
Dans lestomes précédents

Abélia et ses combattantsprotecteurs ont réussi à vaincre Ramanga, le vampire leplus sanguinaire jamais connu. En le rendant humain, elle pensaitmettre un terme à sa cruauté, mais il n’avait pasdit son dernier mot. Ramanga parvient à se faire un alliéde poids en la relique de la mort, Alice. Ayant retrouvé sespouvoirs, il patienta jusqu’à trouver le moyen deprendre sa revanche.
Après la grande bataille contreRamanga, Abélia donna naissance à des triplés.C’est sur l’un d’eux, Steve, que le suceur de sangdécida de se venger.
Steve rencontra une jeune femme, Ayame.La souffrance de cette dernière l’attira et il voulutlui venir en aide. Elle va devenir une amie très proche.
C’est l’histoire de cettefille que nous allons vous raconter ici.
Prologue

Mon passé   ?Qu’en dire   ? J’aiété adoptée alors que je n’avais quequelques mois, par la famille Chiyo. Je n’en ai plus aucunsouvenir et c’est aussi bien comme ça. J’ai eu uneenfance heureuse, jusqu’à ce que la maturité mefasse prendre conscience de mon corps et de celui des hommes. Leshormones nous poussent à faire des choses irrationnellesparfois   !
C’est ce qui est arrivéalors que j’avais quinze ans. J’ai surpris papa en pleinacte avec une autre femme. Je les ai observés. C’étaitmalsain, mais je ne pouvais résister à cette envie.Dans l’embrasement de la porte, j’ai attendu jusqu’àla fin, comme pour m’imprégner de cette sensationnouvelle. Quelques jours plus tard, je lui ai envoyé unmessage pour qu’il revienne plus tôt…
—  Papa, il faut que turentres vite. Quelque chose cloche à la maison. Ne dis rien àmaman.
Qu’est-ce qui m’a pris cejour-là   ? J’allaispasser le point de non-retour, mais je m’en fichais   !Je n’avais qu’une seule idée en tête :coucher et sortir avec Anthony, mon père adoptif…
Il m’a d’abord hurlédessus, ne comprenant pas mon attitude, mais moi, ce que je veux jel’ai et là c’était lui que je désirais…Je souhaitais qu’il me fasse ce que je l’avais vu faireplus tôt   !
Il a fini par craquer   !Lorsque mes l è vresont touch é les siennes, je l ’ aisenti s ’ abandonnertout entier à mes baisers. Ses mains ont rejoint les miennes et ses caresses sefirent plus intenses. Comme vous pouvez vous l’imaginer, toutse termina sur le lit dans un moment de pure folie où nos deuxcorps ne firent plus qu’un.
Pendant trois ans, nous le faisionsrégulièrement en secret bien entendu. Je dois bienl’avouer, mais j’en viens même à espérerqu’il quitte ma mère pour pouvoir, enfin, vivre notrerelation au grand jour. Quand j’aurai dix-huit ans…
Chapitre 1
Ayame, juillet 2071, dix-sept ans

Je n’arrive pas àcomprendre pourquoi je ressens tout ça pour Tony…D’ailleurs, je ne sais pas vraiment à partir de quelmoment j’ai cessé de le voir comme mon père…J’aurais plutôt tendance à dire que c’estdepuis que je l’ai surpris en train de tromper ma mère,mais c’est bien plus profond que ça… Le regardque je pose sur lui a changé bien avant ça, mais j’aiperdu une partie de mes souvenirs…
Plus j’approche de mes dix-huitans, plus j’ai cette envie de vivre mon aventure au grand jour.J’aimerais que tout le monde sache le bonheur que je ressens àêtre dans les bras de mon amant. Je veux être la seulequi existe pour lui, mais il refuse de quitter ma mère…
Ce soir ne fait pas exception àla règle, je compte bien obtenir des réponses. Maman aune réunion suivie d’un dîner d’affairesassez important. Il n’y a plus que Tony et moi.
—  Tu vas me dire pourquoi ?
—  Ayame, on en a déjàparlé des milliers de fois. Je vais donc te le répéter :il est hors de question que je quitte Elsa pour toi. C’est mafemme et ta mère…
—  C’est faux   !Elle est juste celle qui nous empêche d’êtreheureux   !
—  Tu as pensé un peu àelle   ? Tu n’as pasde cœur de la faire souffrir   ?
—  Et tu crois qu’ellese prive de me faire du mal   ?À chaque fois qu’elle pose, ne serait-ce qu’unregard sur toi, je veux la frapper   !Je ne supporte plus qu’elle te touche…
Le ton de ma voix se fait de plus enplus fort. Je sens Tony se tendre, mais je m’en moque bien.J’ai besoin et envie de hurler ma douleur. Tony finit parcoller sa bouche à la mienne et me fait taire avec un longbaiser passionné.
—  Si tu ne reprends pas ledessus sur tes sentiments, je vais devoir mettre fin à notreliaison, chuchote Tony tout en embrassant mon cou.
Je m’agrippe à lui mecambrant sous le plaisir. Il a raison, mais la jalousie me ronge. Jene parviens plus à me concentrer ni à pensercorrectement. Lorsque je vois ma mère, je n’ai qu’uneseule envie : lui hurler ma relation avec son mari, la fairesouffrir… mais je sais trop bien que je finirais par leregretter…
***
J’ai beau essayer de toutes mesforces, mais rien n’y fait… L’animosité queje ressens pour ma mère ne fait que grandir à mesureque les jours passent. Il faut que cela sorte, sinon je risque dedevenir folle. Justement, elle vient de rentrer du travail et deconstater que je n’ai, encore, rien fait dans la maison. Toutesles tâches qu’elle m’a confiées sont restéesincomplètes… J’avais des choses bien plusintéressantes à faire…
—  On n’est jamais mieuxservi que par soi-même   !Je réplique désinvolte.
—  Tu vas me parler sur unautre ton, jeune fille   !Tony, tu pourrais dire quelque chose   !
—  Oui, Tony, dis quelquechose…, je lance malicieusement.
Je défie mon père duregard. Il préfère fuir, ce qui met ma mèreencore plus hors d’elle.
—  Tu es privée desortie et ce, jusqu’à nouvel ordre.
—  Mais bien sûr, jem’esclaffe. Tu crois réellement que papa va me punir   ?Que penses-tu qu’il fasse dès que tu as le dos tourné   ?
Je disparais dans ma chambre attendantet observant ce qu’il va se passer. La bombe est lâchée.C’est sa dernière chance pour me prouver qu’iltient sincèrement à moi… Contrairement àce que j’espérais, ce n’est pas vers moi que Tonyse dirige, mais vers elle… Cette femme qui me vole mon seul etunique amour… Sans vraiment réfléchir, jem’approche de leur chambre où ils se sont enfermés,avant d’écouter attentivement.
—  Tony, ce n’est pluspossible. Notre fille est ingérable depuis trois ans   !Et toi, tu ne dis jamais rien et lui passes tous ses caprices   !
—  C’est uneadolescente. Il faut que jeunesse se fasse   !
—  J’espère quetu vas tenir sa punition…
—  Ne t’inquiètepas. Tu peux partir sans crainte. Viens, je t’accompagne àl’aéroport et je m’occupe de la remettre dans ledroit chemin.
Je retourne dans ma chambre et souris.S’il croit que je vais me laisser faire… C’estplutôt moi qui vais le mener par le bout du nez et il le sait.
***
Profitant de son absence, je choisis matenue la plus sexy et m’apprête pour un rencard avec lui…Il ne le sait pas encore, mais il n’aura pas le temps de mepunir… J’ai bien l’intention de le faire entrerdans mon jeu et de ne l’en laisser sortir qu’au retour dema mère… Je pianote vite fait un message à sonencontre.
—  «   RDVau karaoké le plus vite possible   ».
Je n’attends pas sa réponse.De toute façon, il ne peut rien me refuser, j’en fais ceque je veux. Il a beau dire, il ne supporte pas de me voir dans lesbras de quelqu’un d’autre.
Cela fait déjà plus d’uneheure que je me déhanche sur scène tout en chantant àtue-tête. Tony n’est toujours pas là et jecommence à être hors de moi. Il va comprendre ce qu’ilen coûte de me faire attendre surtout pour elle, ma mère.J’avise un jeune homme bien bâti et je me rapproche delui, pour danser un collé-serré plutôtélectrisant. Tony choisit ce moment pour arriver et sembleassez en colère de me voir me déhancher ainsi.
—  Ayame, arrêtemaintenant. Viens, allons au calme.
—  Tu n’aimes pas lespectacle   ?
Et avant que je ne puisse enlever monhaut, Tony me prend la main et m’entraîne de force dansl’une des petites salles privées du karaoké.
—  C’est donc un showrien que pour toi que tu veux…
Je retire complètement mont-shirt et m’installe à califourchon sur ses genoux. Jeme frotte contre son corps ce qui fait naître le désiren lui, mais il est tellement gêné qu’il n’oserien faire. Alors, prenant les devants, je me tourne face àlui. Ne pouvant résister plus longtemps, il commence àm’embrasser et à me serrer contre lui.
—  Pas tout de suite Tony, pasici… À moins que…
—  Je rêve où tum’allumes pour me laisser sans rien   ?
—  Ramène-moi àla maison et je te ferai tout ce que tu désires…
Il est tard lorsque nous rentrons. Jesuis bien décidée à convaincre Tony de seséparer de ma mère pour rendre notre liaisonofficielle. Après un moment torride sur le canapé dusalon, je lui en parle.
—  Tony, après-demainj’ai dix-huit ans.
—  Tu veux quoi comme cadeau   ?
—  Quitte-la et vivons tousles deux, sans barrière.
—  Je ne peux pas faire untruc aussi idiot.
—  Tu ne m’aimes pas   ?Ces trois dernières années ensemble ne te font doncrien   ?
—  Tu le sais trèsbien, mais si notre liaison venait à être découverte,je pourrais aller en prison…
—  Mais qu’est-ce qu’ilse passe   ? Non, je ne veuxmême pas vous entendre le dire… Vous…
Et voilà, il a fallu que ma mèredébarque et gâche tout, mais au moins, maintenant, elleest au courant. Tony devient livide et me repousse en se levant. Sonsexe apparent, malgré son caleçon, ne trompe personne.Maman lui met immédiatement une gifle avant de se tourner versmoi.
—  Comment oses-tu faire unechose pareille   ? Avec tonpère   ?
—  Je n’ai aucun lien desang avec lui, c’est juste l’homme que j’aime. Celafait trois ans que nous sommes ensemble dans ton dos.
—  Tu es…
—  Ayame   !
—  Quoi Tony   ?Tu as des couilles ou il faut que je t’en prête   ?
Il m’envoie une claque qui melaisse perplexe. Comment ose-t-il me frapper   ?Je ne suis pas prête à lui pardonner cet affront   !
—  Je suis encore ton pèreet…
—  Ah oui   ?Et tu comptes baiser avec tous tes enfants   ?
—  Cette fois Ayame, tu vastrop loin   ! s’emportemaman. Tu as jusqu’à ce soir pour faire tes valises etpartir de ma maison. Ne reviens plus jamais   !
Elle s’en va en pleurants’enfermer dans sa chambre. Je reste seule, en tête àtête avec Tony. Il n’ose même pas me regarder dansles yeux.
—  Tu ne vas pas la laissernous séparer   ?
—  C’est la meilleuresolution. Toi et moi, ce n’est pas possible.
—  Alors quoi   ?Tu en as profité pendant trois ans et parce que ta femme estau courant, tu me jettes   ?
—  Si ça venait àse savoir, je pourrais aller en prison. C’est ce que tu veux   ?
—  Je vais avoir dix-huit anset il n’y aura plus aucun problème…
Je m’approche de lui et tente del’embrasser, mais il me repousse avec violence.
—  Arrête Ayame. C’estinutile, restons-en là   !Tu devrais vite partir et ne plus jamais revenir. Il n’y a plusde toi et moi.
—  Tony, tu…
Il va s’enfermer dans la chambreavec maman.
Chapitre 2

Je me retrouve, anéantie, touteseule dans les rues. Je tente plusieurs fois d’appeler Tony,mais je tombe inlassablement sur sa messagerie. Je ne sais pas tropquoi faire et où aller… Ce n’est quand mêmepas ma faute si je suis folle de mon père… Nous n’avonsmême pas de lien de sang… Même si j’avoueque cela peut paraître malsain, mais il ne me repousse pas.Cela faisait trois ans maintenant que nous vivions un amourpassionnel… Il ne peut pas me rejeter ainsi, sansexplication   ! Je pensaisque c’était du solide nous deux…
Alors que je déambule dans lesrues de la ville, désespérée, en proie àd’horribles souffrances. Je tente de me convaincre que je n’airien fait de mal. J’ai simplement suivi la voie que mon cœurme dictait… Pourquoi est-ce la mauvaise solution   ?Il me disait qu’il était sincère, mais était-cela vérité   ?Il ne répond à aucun de mes messages… Quevais-je devenir sans lui   ?Où vais-je aller maintenant que je suis à la porte dechez moi   ?
Sans que je ne m’en rende compte,mes pas me portent devant chez ma meilleure amie, Léa. Nousnous connaissons depuis tellement longtemps. Elle est bien plus sageque moi, mais nous nous entendons super bien. Avec Gabriel, nousformons un trio inséparable depuis notre enfance. Ils sont lesfrères et sœurs que je n’ai jamais eus.
—  Tu as bien fait de venir mevoir. Tu seras toujours la bienvenue.
—  Je n’arrive pas àimaginer que tout cela soit vraiment réel… Qu’iln’ait pas hésité un seul instant   !
—  Gaby et moi t’avonspourtant prévenue.
—  Je n’y peux rien sije l’aime… Et crois-moi, je ferais tout pour lerécupérer.
—  Tu ne voudrais pas enprofiter pour passer à autre chose   ?
—  Tu penses réellementque je peux choisir   ?
—  Je n’ai pas dit ça,mais il y a beaucoup de mecs beaucoup plus accessibles que lui quiseraient prêts à tout pour toi   !
—  Je n’en connais pasdes centaines… À part Gabriel et Max, mais eux, je neles considère pas vraiment comme des garçons…
—  Ah bon   ?Ôte-moi d’un doute… Tu les vois comment   ?
—  Comme des frères…Et eux c’est pareil…
—  Si tu le dis… Et sil’on sortait tous les trois ce soir   ?
***
Gabriel, juillet 2071, dix-huit ans
Léa vient de m’appeler. Ayas’est fait choper avec son père. Je lui avais dit que çafinirait mal, mais elle n’a jamais voulu m’écouter.Elle mérite vraiment mieux que ce vieux pervers… Je nesaurais dire quand ça a commencé… Tout çaparce qu’elle a, un jour, surpris son paternel au pieu avec samaîtresse. À cet âge-là, on est tellementfragile… Surtout Aya qui est si émotive et si sensible.Ce con, si jamais je le croise, il va faire la connaissance de mespoings…
Ce n’est pas la premièrefois que cet enfoiré la fait pleurer et c’est nous quidevons ramasser les pots cassés ensuite… Comme si nousn’avions que ça à faire… J’aipourtant prévenu Aya que cette enflure ne voulait que coucheravec elle, mais elle ne m’a jamais cru… Toujours est-ilque depuis qu’elle est, soi-disant, avec lui, elle ne souritplus… Elle était si belle   !C’est l’une des raisons pour laquelle j’en suistombé amoureux… Il va falloir mettre tout en œuvrepour qu’elle ne retourne pas dans ses filets…
***
Je suis là, devant le karaokéattendant mes deux meilleures amies. Léa m’a fait jurerde ne pas faire la morale à Ayame et ce n’est pourtantpas l’envie qui m’en manque. Malgré tout, j’aipromis que je l’aiderai à oublier cet enfoiré.Les voilà justement qui arrivent. Comme à son habitude,Aya me saute dans les bras et c’est de justesse que je parviensà la retenir, avant de l’embrasser sur la joue.
—  Oh, Gaby, je suis sicontente que tu sois là   !
—  Moi aussi princesse…
—  Tu n’en as pourtantpas l’air…
—  Excuse-moi, je m’inquiètepour toi.
—  Il ne faut pas,ajoute-t-elle en souriant. Tu verras, je vais le récupéreret on vivra heureux tous les deux.
Je repose doucement Ayame par terre etme gratte le crâne. Non, mais je vous jure, une vraie gamine.Je souffle tout en l’invitant à entrer dans la boîte.
***
Toute la soirée, je me retiens delui faire la morale et la regarde simplement se déhancher surla piste de danse. Elle est si belle et mérite tellement mieuxque ce connard de première. Je n’arrive pas àpenser à autre chose. Je me contente de la surveiller etd’éloigner tous les gros lourdauds qui tentent de s’enapprocher. Tout semble bien se passer et elle retrouve peu àpeu son sourire qui me rend fou. Elle parvient même à mefaire chanter en duo avec elle sous les rires de Léa. Je nevous raconte pas la honte, mais je m’en fous du moment qu’Ayaest heureuse, mais vers la fin, lorsque la fatigue s’invite, jevois Ayame s’éclipser en silence. Intrigué, je lasuis et la découvre, assise, par terre, contemplant la nuitétoilée. Je prends place à côtéd’elle.
—  Princesse, ça va   ?
—  Il me manque Gabriel   !Tu ne peux pas imaginer à quel point je l’aime…
—  Malheureusement, je ne lesais que trop bien…
—  Pourquoi il l’achoisie   ? Il étaittellement mieux avec moi… On avait des projets   !On devait partir en vacances à Forest Land rien que tous lesdeux   ! Et…
—  Arrête de te faire dumal pour rien. Ce n’est qu’un enfoiré d’avoirabusé de sa fille ainsi…
—  Gabriel… C’estmoi qui l’ai souhaité…
—  Et ce que tu veux, tu l’as,mais bordel Aya, pas avec lui   !
—  Tu crois que je décide   ?Je sais que c’est mal… C’est mon pèreadoptif, mais ce que je ressens c’est…
Ne pouvant pas en entendre davantage, jelui attrape le menton et la force à me regarder. Mon cœurs’emballe aussitôt et je dois lutter pour ne rien laisserparaître. Ses yeux se remplissent de larmes.
—  Je ne suis pas Tony, maisnous pouvons aller, ensemble à Forest Land. Je te promets queje ne te ferai jamais de mal…
—  Gabriel, tu es un amifantastique   ! Je ne saispas ce que je deviendrai sans toi. Merci.
Elle se blottit un peu plus contre moilaissant traîner sa tête contre mon épaule. Desfrissons envahissent mon corps tout entier à mesure que lesouffle de sa respiration vient caresser mon cou. Je ne vais pastenir longtemps dans cette position…
—  Tu es une fille bien…Tu mérites tellement mieux que ce connard…
—  Je ne sais pas quoi te direGaby… J’ai conscience de faire une bêtise, maisquand on couchait ensemble, j’avais l’impression que nousétions destinés l’un à l’autredepuis toujours. Je crois que c’est pour ça qu’ilm’a adoptée.
—  Et ta mère, tu ypenses un peu   ?
—  Elsa a tout le temps étéfantastique avec moi… Bien sûr que je l’aime, maisce que je ressens pour Tony est tellement plus important   !
—  Il va falloir que turevoies l’ordre de tes priorités princesse.
Ayame s’éloigne brusquementde moi. Je sais qu’elle déteste que je dise du mal deTony, mais comment faire autrement   ?
—  Et toi, tu vas devoirapprendre à respecter mes choix. Tu n’es ni mon père,ni mon frère et encore moins mon petit ami   !
—  Oui, ça, je l’avaisbien compris, je murmure.
—  Qu’est-ce que tu asdit   ?
Heureusement, Léa nous rejoint,mettant un terme à notre échange qui devenait mauvaispour moi. Nous retournons à la maison. Cette nuit sera lanôtre. L’anniversaire d’Ayame est dans deux jourset je veux être présent pour ce jour spécial,alors je vais vraiment devoir prendre sur moi pour ne plus me mêlerde ce qu’elle fait. Nous marchons main dans la main, tous lestrois, amis pour la vie.
—  Faisons une grande fête,déclare Léa.
—  Et si nous nous mettions encoloc tous les trois   ?
—  Gabriel, tu es sérieux   ?
Les yeux que pose Aya sur moi me fontrire. Oui, je le suis. Qu’est-ce que je ne ferais pas pouravoir Aya toujours près de moi   ?Je veux pouvoir la protéger à toute heure, àtout moment. Elle est ce que j’ai de plus précieux, maiselle n’en sait rien…
—  Bien entendu que je lesuis   ! Tu doutes encore demoi   ? Je la taquinedoucement.
—  Oh non, jamais   !s’écrit-elle. J’aimerais beaucoup vivre avec vousdeux, mes meilleurs amis   !
—  On instaurera des règles,ajoute Léa, par exemple pas d’hommes à la maison…
—  Je n’aurai mêmepas le droit de mettre un pied chez moi   ?Je m’offusque.
Les deux filles éclatent de rireavant de m’embrasser chacune sur une joue.
—  Toi, mon petit Gaby, tun’en es pas un, tu seras notre esclave, sourit Ayame.
—  Je ferais n’importequoi pour les deux plus belles femmes du monde   !
—  Tu sais comment nousparler, ajoute Léa en plaisantant. On pourra certainementfaire quelque chose de toi   !
La soirée est loin d’êtreterminée. Nous comptons la poursuivre toute la nuit chez Léa.Ses parents et sa sœur Kelly sont absents et elle a donc lajouissance complète de la maison. J’ai vécu unehistoire avec Kelly, je crois même qu’elle a étéma toute première copine, mais mon amour pour Ayame nous aobligés à nous séparer.
—  Tu étais sérieuxpour la coloc   ? me demandeAya pleine d’espoir.
—  Bien évidemment.Nous sommes amis depuis notre plus tendre enfance, on se connaîtmieux que n’importe qui tous les trois.
—  J’avoue que celam’arrangerait bien… Depuis que Tony et sa femme m’ontmise à la porte, je n’ai plus nulle part oùdormir…
—  Aya ne dis pas ça,proteste Léa. Tu peux venir chez nous dès que tu veux,mais l’idée de la coloc me plaît assez.
—  Par contre, soupire Ayame,moi je n’ai pas d’argent… Dès que j’aidix-huit ans, je me trouve un travail, c’est promis   !
—  Arrête tes âneries,dis-je en souriant. On est là pour t’aider.
—  J’ai vraiment de lachance de vous avoir. Vous faites tellement pour moi   !
—  C’est parce qu’ont’aime, déclare Léa en l’embrassant.
—  En effet, je confirme en laserrant dans mes bras.
Nous continuons de parler de nosprojets, de nos envies un bon moment encore. La fatigue ne se faitpas ressentir, mais nous finissons quand même par nousendormir, les uns sur les autres comme nous en avons toujoursl’habitude.
Chapitre 3
Ayame, août 2071, dix-huit ans

Cette sortie avec mes amis m’afait le plus grand bien. Je suis d’attaque pour me battre afinde récupérer celui que j’ai perdu : Tony. Ilfaut absolument que je le fasse changer d’avis sur nous, surnotre relation qui, j’en suis certaine, a une longue vie devantelle. Lorsque je me rends chez lui, je trouve toujours porte close etquand je l’appelle, je tombe inlassablement sur son répondeur.Le seul avantage que je trouve à cette situation c’estque je peux continuer d’entendre sa voix et me souvenir detoutes ces fois où il m’a dit qu’il m’aimait.
Léa et Gabriel font leur possiblepour me tirer de la léthargie dans laquelle je me suisenfermée. Je passe mes journées et mes nuits allongéesur mon lit fixant mon téléphone. Dans l’espoirque Tony se manifeste, mais rien.
—  Tu vas te lever maintenant,feignasse   ! s’exclameLéa. Je n’en peux plus de te voir ainsi à caused’un enfoiré de première.
—  Mmmmm.
Je réponds en me faufilant sousla couette. Soudain, je la sens s’envoler et pousse un cri. Jeme relève d’un bond et lance un regard méchant àmon amie.
—  Quoi encore   ?
—  Tu n’en as pas marrede fixer ce téléphone   ?Il te l’a dit non   ?Il ne veut plus rien avoir à faire avec toi   !
—  Il n’y a que lesimbéciles qui ne changent pas d’avis   !
—  Et comme lui c’est leroi des idiots, il ne te répondra jamais   !
—  Tu es vraiment méchantede me faire de la peine   !Je croyais que tu étais mon amie et que tu ferais tout pourm’aider   !
—  C’est parce que je lesuis que je réagis ainsi   !Il est temps que tu ouvres les yeux et que tu grandisses un peu   !
—  J’ai tout à…
Mon téléphone se metsoudain à sonner, alors je me précipite vers lui. Enfinun message de Tony   !Depuis le temps que je l’attendais celui-là.
— “ Ayame, ma belle.Ma réaction était beaucoup trop forte, car je t’aimeplus que tout. J’ai pris peur, mais je ne t’ai pasoubliée. Au contraire, je ne peux plus vivre sans toi. C’estbientôt ton anniversaire, alors je pense qu’il est tempspour nous de concrétiser notre relation à l’endroitoù on a toujours voulu aller. Que dirais-tu de passer troisjours et deux nuits, rien que tous les deux là-bas   ?Je t’attends dans une heure au parc. Viens comme tu es, jem’occupe du reste. Je t’aime”.
Je jubile complétement tout enparcourant ces phrases. Des larmes de joies coulent le long de mesjoues alors qu’un sourire béat se fige sur mon visage.Je me lève à toute vitesse et me plante devant Léaqui me fixe, étonnée.
—  Alors qui c’estl’imbécile qui ne change pas d’avis   ?
Elle prend mon portable et commence lalecture du message. Sa réaction est loin de ce que j’attendsd’elle.
—  Tu ne vas pas y allerj’espère   ? ...

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents