Devils' Crows - Défier les lois , livre ebook
188
pages
Français
Ebooks
2025
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2025
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Publié par
Date de parution
24 février 2025
EAN13
9782379616617
Langue
Français
Poids de l'ouvrage
4 Mo
Publié par
Date de parution
24 février 2025
EAN13
9782379616617
Langue
Français
Poids de l'ouvrage
4 Mo
Devils’ Crows – Défier les lois
Défier les lois
Clara Nové
Défier les lois
Clara Nové
Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-661-7
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Let me pull you out
Let me hold you now
Let me slow it down 1
Benson Boone, Slow it down
Chapitre 1
— Bouge !
Mon ordre, pourtant sec, sonne creux. Loin d’atteindre ses objectifs, il n’obtient comme réponse qu’un grognement offusqué. C’est bien insuffisant pour que la principale intéressée daigne remuer le moindre muscle de son corps nu, dont la peau laiteuse s’étale de façon sexy, je dois l’admettre, sur la blancheur douteuse des draps.
Le manque de luxe de l’établissement dans lequel Diamond et moi avons passé la nuit n’a pas l’air d’avoir gêné la demoiselle. Elle s’étire comme un chat, ses longs cheveux platine emmêlés sur l’oreiller défraîchi, une moue boudeuse sur son visage même pas démaquillé. Ses yeux charbonneux ont laissé de longues traces noires sur la taie usée, tandis que son rouge à lèvres a filé sur ses joues.
Demoiselle. Le terme est peut-être un peu fort, maintenant que j’y pense. Diamond n’a plus rien d’une jeune fille depuis un bail. Ça fait bien une dizaine d’années qu’elle traîne ses basques au bar du MC, passant son temps libre à servir des verres et à vider des couilles. Appelons un chat un chat : Diamond est une brebis. Une de ces filles célibataires, adeptes des clubs de bikers et fans absolues des motards. Leur excitation atteint son paroxysme lorsque ceux-ci font partie du fameux un pour cent illégal aux États-Unis.
C’est le cas du mien : les Devils’ Crows, basés à Sundance, Wyoming, baignent dans le trafic d’armes depuis des années. Bien avant l’arrivée du président actuel, Rory Stern, c’est son frère Joseph qui a fondé le chapitre et organisé les premières transactions. Si Rory a abandonné le commerce de la drogue que son frère menait grand train, la mort de ce dernier n’a pas sonné le glas de toutes les activités. C’est d’ailleurs pour l’une d’elles que me voici sur la route, en ce vendredi matin : je rentre à Sundance juste avant le début du week-end.
— Bordel, Diamond, j’ai pas envie de traîner ici encore longtemps ! râlé-je en enfilant mon t-shirt. J’ai dit à Rory que je lui ramenais son camion avant ce soir.
La blonde ouvre un œil, me jauge brièvement avant qu’un sourire salace n’étire ses lèvres. Je dois manquer de réflexes, de si bonne heure, parce que je me fais avoir comme un bleu. Ses doigts s’extirpent de sous les draps, attrapent mon ceinturon en cuir et me ramènent brusquement vers le lit. J’ai à peine le temps de grogner qu’elle a déjà défait la boucle, descendu mon jean et mon boxer, et que sa bouche a trouvé mon sexe.
Si je suis pris par surprise, il ne me faut que quelques secondes pour réagir. Oh, pas comme je le devrais, hélas : mon professionnalisme et mon sérieux habituels sont vite oubliés lorsque la langue de la fille caresse mon gland. Je bande aussi sec, reléguant mes bonnes résolutions dans un coin de ma tête. Les regrets et les remords attendront un peu : je savoure l’instant. Saisissant ses cheveux pour la rapprocher, je ferme les yeux pour prendre mon plaisir quand elle m’avale tout entier.
Ma tête bascule en arrière, pendant que des râles étranglés passent la barrière de mes lèvres. Impossible de retenir mes gémissements, tant elle est douée. Je dois bien lui laisser cette qualité : elle suce comme personne. Tous les gars du club s’accordent sur ce point. C’est peut-être bien pour ça que j’ai accepté qu’elle m’accompagne cette semaine dans mes livraisons. Rory n’y tenait pas trop, mais il m’a laissé faire. Il me fait confiance. C’est le cas depuis qu’il m’a nommé vice-président du club il y a cinq ans, quand il en a repris les rênes. Je pense qu’il a largement eu le temps de se rendre compte que je méritais l’honneur qu’il m’a fait.
J’y tiens, d’ailleurs. Pour moi, c’est primordial.
Plus encore que la libération qui tend mes reins et demande à être assouvie, à l’instant.
— Je vais jouir.
Je ne suis pas chien : j’avertis Diamond et relâche ma prise sur ses mèches blondes, pour la laisser reculer si elle en a la volonté. Je ne peux pas être qualifié de gentleman, mais j’ai quelques principes. Un des plus normaux, c’est de laisser le choix aux femmes. Une évidence pour moi, mais qui est loin de l’être pour pas mal de mecs du club. C’est un peu pour ça qu’elle me colle aux basques, d’ailleurs. Je ne suis pas le plus dégueulasse du MC. Peu importe : comme je l’avais prévu, elle se contente de sourire, de lever les yeux vers moi et de sucer plus fort. J’abandonne la partie dans un orgasme salvateur, qui me laisse haletant comme un coureur de fond.
En se léchant les babines, Diamond glisse ses jambes hors du lit et s’assied, un sourire narquois sur les lèvres.
— Ça va mieux ? demande-t-elle à voix basse. T’avais l’air un peu teigneux, ce matin. C’est bon, j’ai réussi à te détendre ?
Je lève les yeux au plafond, reboutonne mon jean et ramasse ses affaires jetées au sol hier soir.
— J’étais pas tendu, réponds-je en les lui lançant. Juste en retard.
Là, c’est elle qui prend un air dédaigneux. Mais elle n’ajoute rien, attrape ses fringues et se lève enfin. Bon, on va peut-être parvenir à partir, enfin.
— Grouille-toi de te préparer, grogné-je. Prends une douche et habille-toi.
— Faut surtout que je me brosse les dents, réplique-t-elle, avec un sourire salace.
Je hausse un sourcil en la regardant s’enfermer dans la salle de bain minuscule de la chambre et secoue la tête. Bordel, on a assez perdu de temps aujourd’hui ! Et même si la pipe était la bienvenue, je veux accélérer notre départ.
J’attrape mon cuir et ouvre la porte de la suite. Une bourrasque froide me prend par surprise, s’engouffrant dans la pièce en faisant voler les rideaux miteux. Je referme vite fait derrière moi et avance de quelques pas sur le perron.
Mes boots raclent les planches usées, que la pluie et le climat du nord ont mises à mal depuis l’ouverture du motel, il y a au moins trente ans. C’est un établissement bas de gamme, parfait pour les routiers et les gens de passage, dans lequel je ne pensais même pas m’arrêter au départ. Mais hier soir, Diamond a réussi à me convaincre, de trois battements de cils et d’une promesse de nuit enfiévrée, de faire une halte. Pour sa défense, elle en avait marre de dormir dans la couchette depuis cinq nuits. C’est petit, inconfortable et bruyant : j’ai cédé.
Les mecs du club se foutraient de ma gueule s’ils l’apprenaient. Les brebis n’obtiennent aucune considération des bikers. Elles s’offrent comme des objets, les autorisant à faire d’elles ce qu’ils veulent. Et si je me sers bien dans le cheptel, je suis un peu moins vache, quand même, que mes frères d’armes. Aucune attache, pas plus de promesses. Si les filles savent qu’elles passeront un bon moment en ma compagnie, elles sont conscientes aussi qu’elles n’auront rien de plus. Prendre une régulière, comme mon président, n’est pas dans mes projets immédiats.
Mes yeux s’évadent sur le paysage blanchi par le givre. La neige n’a pas encore fait son apparition cette année, même au Canada, d’où nous revenons. Néanmoins, la bise du nord, qui s’est levée depuis hier, n’augure rien de bon. C’est une des raisons pour lesquelles j’aimerais revenir à Sundance avant la fin de l’après-midi.
Ma main plonge dans la poche de mon blouson, en sort un paquet de clopes et en porte une à ma bouche. Faisant craquer une allumette, j’amorce ma cigarette et souffle en direction du parking. La fumée s’envole en une volute endiablée que le vent balaie avec empressement, comme s’il me mettait en garde de me dépêcher.
C’est ce que je fais. Je termine mon tabac en vitesse, écrase mon mégot du bout du pied puis retourne à l’intérieur. Par chance, Diamond est en train d’enfiler ses bottines, assise sur le lit. Son jean slim effiloché manque de classe, tout comme sa coupe de cheveux trop crêpée et la couleur trop claire de son blond. Elle essaie de paraître plus jeune qu’elle ne l’est. Je ne connais ni son vrai prénom ni son âge, mais elle a dépassé les trente-huit ans. Pas que ça me dérange vraiment, bien que je n’en aie que vingt-neuf.
— T’es prête ? insisté-je.
Elle se contente de me fusiller du regard, mais enfile son blouson et attrape sa valise. Moi, je n’ai qu’un sac de sport, bien suffisant pour le peu d’affaires dont j’avais besoin pour la semaine. De toute façon, mon cuir, un jean et un t-shirt constituent l’essentiel de ma garde-robe, été comme hiver.
J’ouvre la porte de ma main libre et me saisis de la valise de mon accompagnatrice. Puis je lui intime de sortir d’un geste du menton. La longue allée couverte par la coursive supérieure, qui borde les portes des chambres, nous mène au parking vide, que l’heure matinale n’a pas encore rempli. Les clients dorment encore, à cette heure-ci.
Pendant que j’effectue le tour du semi, pour vérifier que tout est en ordre, Diamond grimpe dans la cabine. Je roule à vide, sur le chemin du retour, parce que ma dernière livraison a été déposée hier soir. Je referme les portes, laissées béantes la veille pour montrer que rien ne vaut la peine d’être volé, verrouille les systèmes de fixation et jette un œil sur la droite, d’où me parviennent des voix.
C’est un confrère, dans la quarantaine, en pleine conversation avec une fille. Accoudé à la carrosserie de son camion bleu, il fixe la nana avec un sourire qui ne me dit rien qui vaille. Les gars lourds et vicieux, je les repère assez vite, en général. Et vu la façon dont il la regarde, je sais ce qu’il en attend. Les filles à routiers, il y en a plein dans le coin. Ce sont des professionnelles qui arpentent les parkings des motels à la recherche de clients.
Mes iris se décalent sur la femme. La gamine, devrais-je dire, ou alors elle fait juste particulièrement jeune.