DUO émotions Tasha Lann
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Description

2 titres Romance contemporaine - 616 pages



LIFELINES : J’étais prête à tout pour obtenir ce job, même à mentir ! Maintenant que j’ai signé mon contrat, ma vie est un enfer...La vengeance du Karma, incontestablement !


Mon patron est le pire qui soit : un médecin autoritaire, manipulateur, irrespectueux, tyrannique avec, pour mon plus grand malheur, une gueule d’ange.


Son but ? Me pourrir l’existence pour me forcer à démissionner. Mais c’est bien mal me connaître. J’ai besoin de m’assurer un avenir stable, coûte que coûte. À force de jouer au chat et à la souris, notre relation malsaine va nous échapper... et là, je suis plus en danger que jamais !



ELIXIR : Âmes sensibles, s'abstenir !


Enlevée, séquestrée, violée, humiliée... Quel avenir lui reste-t-il ? La Dark romance par excellence !


Maïgan Talor, 18 ans, étudiante fortunée récemment arrivée de Shanghai, est enlevée. Convoitée par Gabriel, elle devient Élixir, terrorisée, son âme écorchée vive, sa virginité mise aux enchères. Un client pas comme les autres va poser les yeux sur elle, lui redonnant espoir en la vie... mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 168
EAN13 9782379610349
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

DUO émotions Tasha Lann — Lifelines & Elixir


Tasha Lann
Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-034-9
LIFELINES — Un p’tit truc en plus !



Tasha Lann
CHAPITRE 1


L’horreur ! Je suis boudinée !
— Mais non, ton tailleur te va à ravir.
D’un grand geste de la main, je balaie la phrase de Marla, ma meilleure amie et aussi coloc.
— Pigé, il te faut un café ! s’incline-t-elle.
— Le plus noir possible.
— Quoique, tu es déjà stressée, tu devrais plutôt prendre une infusion.
Ce coup-ci, je la fusille du regard. Elle capitule en sortant notre panoplie de dosettes. Je tire machinalement sur ma jupe pour la rallonger et aplatir mon ventre à la recherche d’abdominaux profondément enfouis.
— J’aurais dû faire un régime, me lamenté-je.
— Tu l’as fait, mais pas consciencieusement.
— Je te demande pardon ?
Ne jamais parler de mon poids. Le sujet est carrément tabou. J’ai le droit de m’en plaindre, mais personne ne doit me faire de remarque. Encore moins me rendre coupable.
— Il te reste quoi, trois kilos à perdre ? se rattrape-t-elle tant bien que mal.
— Sept ! m’écrié-je.
Elle s’affaire sur notre machine à café en silence, le temps que la pression redescende.
— Ton rendez-vous est à quelle heure ? demande-t-elle.
— Neuf heures, dis-je en vérifiant machinalement la pendule.
8 h 35. Pitié, non !
— Je suis déjà en retard, me maudis-je en sortant en trombe de la cuisine.
Je cours vers ma chambre, entre sans faire de bruit, embrasse Noa et enfile mes escarpins avant de sortir en attrapant mon sac à main à la volée.
— T’es la meilleure, tu vas tout déchirer, hurle Marla en guise d’encouragement.
Je fonce dans les escaliers et me rue sur le trottoir. Arriver en retard à un entretien d’embauche, la disqualification totale. Ce Job est ce que j’ai toujours espéré : proche de la maison, bien payé, et dans mon domaine. Ai-je déjà précisé bien payé ? Ben oui, faut pas se leurrer, nous travaillons tous pour une seule et même raison : les pépettes ! Et il se trouve que j’en ai impérativement besoin et sur le long terme… D’accord, je m’incline, comme tout le monde ! Mais je maintiens que ce boulot est fait pour moi et que je me battrai pour avoir la place.
Mentalement… pas physiquement… quoique !
Le bus s’arrête au moment où j’arrive. Signe que le karma est de mon côté. Il me dépose dix minutes plus tard devant l’immense parking que je traverse sans me retourner. Je m’immobilise juste devant les portes automatiques et relève le nez.
L’immense tour ronde en verre qui se dresse devant moi m’impressionnerait presque. Je prends une grande inspiration, puis avance. Direction les toilettes. Ma vessie pois chiche n’a pas apprécié le sprint. Quand je retourne à l’accueil, il est 8 h 52.
J’ai dû m’attirer les bonnes grâces du Saint Patron, car je suis à l’heure. Face au tic-tac oppressant de l’horloge, ma nervosité remonte en flèche. Il me faut un café d’urgence.
Combattre le mal par le mal.
Il serait inconcevable de faire un malaise dans une clinique privée ! Je me dirige hâtivement vers la cafétéria ou trois personnes attendent à la caisse. La serveuse est efficace, le premier client part déjà s’asseoir. Le second également, plus qu’un… Le timing est parfait. Trop peut-être… C’est alors qu’un homme en costume nous double sans considération ni excuses. Il passe commande comme si nous n’existions pas. J’écarquille les yeux, étonnée d’un tel comportement. Le pire, c’est que personne ne s’interpose. Si je n’étais pas autant stressée et pressée, j’aurais laissé couler moi aussi, mais ce manque de respect me fait sortir de mes gonds. J’ai besoin d’un café, tout de suite !
Je m’avance et contourne le petit chauve qui me précède pour agripper la veste du sans-gêne.
— Excusez-moi, pourriez-vous attendre votre tour ?! le hélé-je avec reproche.
Il penche légèrement la tête pour m’écouter, mais ne m’accorde pas un mot ni un regard. Ce qui, bien entendu, titille davantage ma nervosité. La serveuse, tout à coup paniquée, ne sait plus ce qu’elle doit faire. Il réitère alors expressément sa demande : un expresso, sur un ton qui ne laisse plus de doute possible ; c’est un ordre.
— Vous pourriez au moins avoir la politesse de vous excuser, insisté-je exaspérée par une attitude aussi irrespectueuse.
Cherchant du soutien, je me retourne vers l’homme qui attendait avec moi, mais il s’est volatilisé. Je croise les bras et observe ce grand brun en costard qui pivote enfin dans ma direction. Ses yeux verts me transpercent de toute part, anéantissant toute ma répartie.
Il est sublime ! Non… plus que ça même.
La bouche ouverte, je reste figée à transpirer à grosse goutte devant une beauté si intimidante. L’oxygène semble s’être fait la belle et un étau m’enserre bientôt la poitrine. Tout ça en un dixième de seconde.
— Je suis pressé, finit-il par dire.
— Je… euh… moi aussi, bafouillé-je comme une adolescente timorée.
Je baisse le regard pour rompre ce contact perturbant. Mon portable, toujours greffé à la main, indique 8 h 58. La décharge d’adrénaline me fait reprendre mes esprits.
— Oh… non, non, non !
Sans me retourner, je le plante là et cours en priant pour ne pas m’étaler de tout mon long et offrir un spectacle mémorable aux personnes présentes. Une fois parvenue à l’espace attente, je m’effondre, essoufflée, dans un fauteuil moelleux. De mon sac, je sors ma pochette, contenant mon précieux  : mon diplôme de secrétaire médicale ! J’ai à peine le temps de retrouver une respiration calme qu’une jeune fille en blouse se plante devant moi. Petite blonde au carré effilé, elle affiche un sourire sincère.
— Emmanuelle Mareau ? demande-t-elle.
Je bondis sur mes pieds.
— Bonjour, mademoiselle. Veuillez me suivre, je vous prie !
— Bonjour. Oui, avec plaisir.
Nous traversons un dédale de couloirs luxueux, puis finissons par prendre l’ascenseur. Une cabine aux parois couvertes de miroirs. Au moins, si je n’ai pas le temps de me maquiller avant de venir bosser, je pourrai toujours le faire ici, pensé-je en faisant des plans sur la comète.
— Monsieur Clément va vous recevoir, m’explique-t-elle, et vous aurez une réponse à votre candidature en fin de semaine.
J’acquiesce trop nerveuse pour répliquer. J’ai l’impression d’aller à l’échafaud.
— Vous êtes sûre de vouloir passer l’entretien ? me demande-t-elle tout à coup en me fixant avec une insistance presque peinée.
Bouche bée, j’en reste sans voix.
— Vous savez, les secrétaires tiennent rarement plus d’un mois, en moyenne trois jours, et je suis fatiguée de devoir former les nouvelles sans arrêt…
Elle soupire. La pauvre me paraît… épuisée. Quand le gong retentit, elle se redresse pour reprendre contenance.
— Par ici, m’indique-t-elle.
Elle s’installe à un gigantesque bureau et attrape son téléphone pour avertir de ma présence.
— Il arrive de suite, bonne chance !
— Merci.
Elle me gratifie d’un franc sourire. Ma motivation est à son comble, je ne flanche pas. Pour Noa, pour Marla, pour moi ! Il me faut ce travail, coûte que coûte ! Quel qu’en soit le prix à payer ! Un bel homme aux cheveux poivre et sel, à la silhouette svelte sous une blouse ouverte s’approche de nous. Son charisme et son autorité naturelle font augmenter mon rythme cardiaque.
— Bonjour, mademoiselle, suivez-moi.
Sans me faire prier, je lui colle aux mocassins. Mes talons sur le sol résonnent à petits pas concentrés. Nous pénétrons dans son cabinet médical pour nous installer à son bureau. Mes mains moites tremblent légèrement. Je serre davantage ma pochette cartonnée pour contrôler mon stress. Il s’accoude et me regarde droit dans les yeux. Vraisemblablement une technique qui vise à tester ma concentration.
— L’entretien va se dérouler en deux étapes. Je vous explique le profil complet du poste, et si vous êtes toujours intéressée, vous me parlerez de vous. Nous n’allons pas perdre de temps inutilement. Vous avez sans doute des choses plus importantes à faire, et moi aussi.
Le ton est donné.
— Oui, docteur Clément.
— Parfait ! Donc, nous sommes deux gynécologues à cet étage, mon fils et moi-même. Candys, la secrétaire que vous avez rencontrée, qui n’est autre que ma nièce, fait un travail formidable, mais elle ne peut tout assumer seule ni faire des journées de vingt heures. Une seconde personne compétente est primordiale.

J’acquiesce, tout à fait d’accord avec lui.

— Depuis quelques mois, tous nos recrutements se sont soldés par des échecs. Je vous avertis, cet emploi nécessite de la rigueur, de l’initiative, et… une force de caractère que je qualifierais de hors du commun.
Je ne saisis pas tout là…
Il s’adosse au dossier de son fauteuil, comme fatigué de répéter sans cesse et inlassablement le même discours. Il reprend :
— Mon fils est exigeant et ne tolère aucune erreur. Mettre de l’eau dans son vin n’est pas une pratique à laquelle il aspire. Je recherche donc une personne capable de lui tenir tête avec respect. Il a besoin d’une assistante administrative qui n’est pas peur de le remettre à sa place tout en se rendant indispensable !
Un « je vois » s’échappe de mes lèvres. Je doute de mes compétences, tout à coup. Je suis toujours la première à râler en éternelle insatisfaite. J’ai parfois du mal à déterminer ce que je veux, mais je sais exactement ce que je ne veux pas. Vu mon tempérament, avoir un patron insupportable sur le dos n’est-il pas trop me demander ? J’hésite un instant, puis mes pensées m’envoient l’image de Noa. Pour lui, je ferais n’importe quoi. Oui, pour lui, je supporterais d’être tyrannisée par un boss qui a chopé le melon.
— Au niveau de notre patientèle, nous avons majoritairement de futures mamans. Mais la gynécologie ne se limite pas à l’obstétrique. Nous recevons aussi des personnes atteintes de cancers, principalement du sein et du col de l’utérus. Il y a également de simples suivis gynécologiques, des femmes qui souhaitent l’IVG, ou inversement des couples ne parvenant pas à procréer. Notre agenda est très chargé et la clarté des informations doit-être essentielle. Nous devons pouvoir contacter chaque patiente en cas de retard ou d’urgence. Un point aussi très important, celui des dates pour les grossesses, mais Candys vous formera sur les disques de grossesse.
— Je sais déjà m’en servir…
— Bien, bien, bien, me coupe-t-il. Je ne vous cache pas, nous cherchons également à embaucher sur du long terme. Nous ouvrons un cabinet privé en ville dans quelques mois, notre future secrétaire médicale devra donc être motivée et avoir une disponibilité infaillible. Autant dire que nous recherchons… une femme qui promet une disponibilité sans faille. Sans faire de discrimination, nous préférons embaucher une personne libre de tout engagement familial, vous me comprenez ?
— Je… je crois. Vous ne voulez pas de femmes avec enfants ?
— C’est préférable.
Mon sang quitte mon visage. C’est la première fois qu’on me fait ce coup-là lors d’un entretien. Au moins, c’est clair, net et précis. Il sait très bien que c’est de la discrimination et que c’est interdit, je le vois dans sa façon de fuir mon regard. Il attrape mon CV qu’il a reçu par mail et le lit en diagonale.
— Vous avez vingt et un ans, le BAC, le certificat de secrétaire médicale, mais peu d’expérience.
— Ce n’est pas forcément négatif, je n’ai ainsi pas de mauvaises manies, répliqué-je.
Il relève le nez pour me regarder avec curiosité.
— Souhaitez-vous me parler de votre parcours ?
— Plus que jamais !
Allez, à toi de jouer ma belle.
Ma bouche s’assèche et je me triture les ongles d’angoisse. J’inspire profondément et laisse mon avenir se jouer.
— Après avoir obtenu mon BAC, je me suis tournée vers une prépa « travailleurs sociaux » dans l’optique de devenir Éducatrice de jeunes enfants, mais les frais des écoles étaient trop élevés.
Je mets sous silence ma rencontre avec l’amour de ma vie.
— J’ai ensuite fait divers petits boulots pour m’offrir ma formation de secrétaire médicale. Ce métier regroupe mes compétences pour l’administration et le contact avec le public que j’affectionne tant. Je suis motivée, dynamique, et ma faculté d’adaptation est mon premier atout. Loin d’être parfaite, je suis bavarde et perfectionniste, mais je me donne corps et âme à ce qui me semble juste.
Essoufflée après cette récitation sans fausse note, j’attends sa réaction avec un sentiment de satisfaction. Il se caresse le menton comme s’il réfléchissait.
— Votre Curriculum nous conviendrait, mais je ne pense pas que vous ayez les épaules assez solides. Vous paraissez trop « gentille ». Ce qui est une qualité, je vous l’accorde, mais pas pour le poste que nous proposons ; mon fils ne ferait qu’une bouchée de vous…
Son fils est un monstre, ou quoi ?
— Je ne vous donne pas un refus catégorique, je garde votre candidature sous le coude.
J’ai échoué. Déçue, je me lève et lui serre la main. Ma bonne humeur s’est envolée et je n’ai toujours pas eu ma dose de caféine. Je pèse des tonnes tout à coup.
— Merci de m’avoir accordé cette entrevue. Au revoir, docteur Clément.
— Bonne chance pour vos recherches, mademoiselle Mareau.
Je quitte le bureau sans fermer la porte. Si je n’avais pas arrêté de fumer, il y a presque deux ans, je m’enfilerais un paquet tout entier. Le plus important, là, tout de suite, est me trouver un distributeur de jus de chaussettes. Je vais voir la secrétaire pour qu’elle m’indique le plus proche. Au moment où j’arrive devant elle, le costard cravate impoli de tout à l’heure pose un gobelet fumant sur la borne en me coupant le passage, une fois de plus. Celle de trop. Sans réfléchir, je saisis son verre en plastique et le bois d’une traite.
— Excusez-moi ? s’offusque-t-il en cessant de lire un document.
— Excuses acceptées, le provoqué-je en tournant les talons pour éviter toute hypnose.
Il me rattrape fermement par la manche de ma veste, sous l’air terrorisé de Candys qui a le combiné téléphonique à l’oreille. Elle semble avoir momentanément oublié son interlocuteur. Je me dégage brusquement. La déception de mon échec se transforme en mauvaise humeur.
— Je vous interdis de me toucher, espèce de mufle mal élevé !
Il me fusille du regard. Ses yeux magnifiques ne me font cependant pas oublier ma défaite. D’ailleurs, la lueur sauvage qui les habite me donnerait tendance à vouloir le fuir. Je devine que ce beau brun est un être caractériel peu commode et terriblement dangereux. Attirées par notre confrontation, les patientes dans la salle d’attente vitrée nous contemplent avec curiosité.
— Un problème ? s’élève une voix derrière moi.
Le docteur Clément nous rejoint, moitié intrigué, moitié en colère.
— Aucun, monsieur, dis-je en réajustant ma tenue la tête haute.
Une fois digne, je jette un dernier coup d’œil mauvais au grand con à la beauté surprenante, et incline la tête en guise de respect au médecin avant de foncer vers les escaliers. Je retire mes chaussures et dévale les étages, remontée à bloc.
Dehors, je poursuis ma route jusqu’au parc et m’affale sur un banc. Dépitée par ma stupidité et mon impulsivité, je balance mes talons hauts dans la haie qui me fait face. Le soleil commence à chauffer agréablement ce qui permet à ma tension de descendre tranquillement. Je réalise que j’ai échoué. Ce n’est pas encore aujourd’hui que je vais décrocher le boulot de ma vie. Je ne veux plus bosser dans la restauration rapide ni faire la plonge. Je souhaite avoir mes week-ends et mes soirées de disponibles… Ce n’est tout de même pas Berlin ! Mon portable vibre, la photo de Marla apparaît. Je soupire et décroche.
— Alors championne, tu as tout déchiré ?
— Il ne cherchait pas une secrétaire, mais un punching-ball pour un doc lunatique.
— La poisse !
— À qui le dis-tu…
— T’inquiète, tu trouveras ta place ! Noa est levé, il déjeune.
Voilà qui me met du baume au cœur.
— Dis-lui que j’arrive.
— Pas de problème… Hé, Manue ?
— Hum ? marmonné-je en cherchant mes chaussures.
— Tu vas l’obtenir ton CDI, ce n’était juste pas le bon.
Je raccroche par mégarde. Maudit tactile. À genou dans la pelouse, je déniche ma première chaussure quand il vibre à nouveau ; je décroche et coince mon portable entre mon oreille et mon épaule :
— Je sais, je suis une bombe au petit cul qui va tous les rendre dingues, mais là, je suis en mode quatre pattes dans l’herbe pour retrouver ma pompe…
— Mareau Emmanuelle ? demande une voix d’homme amusée.
Je me redresse aussitôt, confuse.
— O… oui ?
— Votre contrat est prêt, vous pouvez venir le signer auprès de Candys quand vous le souhaitez.
— Docteur Clément ?
— Vous commencerez lundi prochain à huit heures, si toutes les pièces justificatives sont en règle, bien entendu.
J’opine comme s’il pouvait me voir. Je n’ai pas le temps de chercher quoi répondre qu’il me souhaite une agréable journée et raccroche. Je me remets sur mes échasses retrouvées et reviens sur mes pas. Candys est plongée dans son planning. Dès qu’elle m’aperçoit, elle me sourit puis me tend une sous-chemise.
— Soit tu les remplis ici, soit tu me les ramènes dès que c’est fait.
— Je m’en occupe tout de suite.
Elle apprécie visiblement ma réactivité.
— Puis-je te demander ce qui m’a valu ce changement de décision ? demandé-je.
— Sans doute ta petite démonstration de caractère. À te voir comme ça, tu parais toute gentille, mais apparemment, tu caches bien ton jeu.
Son franc sourire et son clin d’œil me donnent un sacré coup de fouet. J’ai le job ! Pour ne gêner personne, je m’installe dans la salle d’attente. Le contrat de six pages stipule bien que je serai transférée dans leur cabinet privé dès son ouverture. Sur une période d’un an, je m’engage à offrir une disponibilité à toute épreuve. Hors week-end, sauf cas de force majeure et d’un commun accord. La liste des avantages est incroyable : prime d’intéressement, blouses offertes et entretenues par l’entreprise, avantages en nature divers, c’est-à-dire une salle de pause avec des placards remplis de nourriture gratuite, et le plus important : mille cinq cents euros nets par mois pour trente-huit heures. De huit heures à seize heures ou de dix heures à dix-huit heures, avec une pause de quarante-cinq minutes le midi. Par chance, et surtout parce que je misais ma vie sur cet entretien, j’ai toutes les photocopies demandées ; pièce d’identité, RIB, justificatif de domicile, diplômes…
Parée, je retrouve Candys qui a des écouteurs sur les oreilles et qui frappe un compte-rendu. Elle arrête son enregistrement et reprend le dossier complet.
— Tu es sûre de toi ? demande-t-elle.
— À cent pour cent.
— Tu vas gérer docteur Clément Fils, m’avertit-elle comme une énième mise en garde.
— Je ne sais même pas qui c’est ! m’exclamé-je en riant.
Elle me fixe étrangement en me donnant mon exemplaire du contrat, puis range soigneusement le sien, de peur que je le reprenne pour le déchirer en confettis. À ce moment précis, une jeune femme enceinte jusqu’aux yeux arrive à mon niveau. Elle semble épuisée, à bout de souffle.
— J’ai fait mon sport quotidien en évitant l’ascenseur, mais j’ai surestimé mes forces, plaisante-t-elle.
Candys contourne son bureau pour la conduire à une chaise. Elle lui offre un verre d’eau fraîche à la fontaine mise à disposition. D’un geste de main, je la salue, la laissant travailler tranquillement.

***

— Ben, t’en as mis du temps pour revenir ! J’ai cru qu’ils t’avaient gardé en psychiatrie, ironise-t-elle.
Je déboule dans la cuisine de notre cinquante mètres carrés. Marla le loue depuis deux années, elle a commencé à bosser à quinze ans tout en faisant un CAP vente. Maintenant, elle est vendeuse qualifiée dans une boutique de vêtements. Je la déteste tellement je l’envie. Mais je crois que mâter des fringues aussi belles sans pouvoir rentrer dedans me rendrait dingue. Marla n’a pas vécu de grossesse et ne possède donc pas cette bouée disgracieuse qui a élu domicile sans demander de permis de construire. Et, bien entendu, les fondations sont profondes, et la préfecture refuse ma demande de démolition. Là où moi je suis zébrée de vergetures encore violacées, elle exhibe une peau de pêche. Il y a qu’en taille et en pointure que nous sommes identiques. Elle est brune aux yeux bleus tandis que j’ai hérité d’un châtain banal et d’iris marron. Son teint pâle tranche avec le mien légèrement tipé. En gros, elle est canon, jeune, insouciante ; moi, je suis ordinaire, enrobée et ensevelie sous mon rôle de maman célibataire.
Oups je m’égare !
— Non, j’ai juste signé un contrat à durée indéterminée.
— Quoi ? s’écrie-t-elle.
Je lui raconte tout de l’entretien.
— Tu as parlé de ton cul au téléphone avec ton patron ?
— Il n’en a pas fait mention !
Elle rigole de bon cœur tandis que je me dirige vers le salon, les épaules plus basses qu’elles ne devraient l’être après une telle nouvelle.
— Il y a un problème ? Tu sembles contrariée… s’inquiète-t-elle.
Je soupire et lui parle du sous-entendu sur le fait qu’ils ne veulent pas de femmes avec des enfants.
— Mais c’est interdit, ça ! s’écrie-t-elle.
— Je sais, mais je n’ai pas le choix, il me faut ce job…
Doucement, je m’approche de Noa, l’homme de ma vie. Il joue dans son parc. Dès qu’il m’aperçoit, il crie en faisant tourner ses poignets. Je le prends dans mes bras sans attendre et le câline. Toute tension disparaît. Je hume l’odeur de bébé de ses cheveux châtains que je me refuse de couper et qui commencent à boucler.
— Ils ne sauront pas que j’ai un fils.
— J’espère pour toi.
— J’ai justement besoin d’un taf pour lui, on ne va pas me le refuser sous prétexte qu’il existe !
— Si tu sais ce que tu fais… Ce genre de mensonge n’est jamais simple à entretenir.
Elle a raison. Moi, la reine des gaffes, je vais être sur le fil du rasoir tous les jours.
— Tu commences quand ? demande-t-elle pour changer de sujet.
— Lundi.
— Lundi prochain ?
— Yep !
— On passe en mode recherche d’une nounou ?
— Et comment !
J’adore Marla. Plus qu’une amie, elle est une jumelle d’adoption. Quand j’ai choisi de garder Noa alors que le papa m’avait abandonnée et mes parents tourné le dos, elle a toujours été en première ligne pour m’épauler. Même lors de mon accouchement, elle était là. Couper le cordon l’a irrémédiablement liée à nous deux. Noa ne pouvait rêver d’une meilleure marraine.
Le timing de la situation me rattrape vite, s’apparentant à une boule de plomb dans l’estomac. Qui va être assez compétent pour garder mon fils ? Je tente de cacher ma nervosité soudaine. Cette simple question en développe tout un lot. Je viens de réaliser que je vais devoir passer mes journées loin de lui, après l’avoir couvé toute une année. Comment vais-je y parvenir ? Et si mon jeu d’actrice est mauvais et que je me fais démasquer, que va-t-il se passer ? Mon fils va-t-il souffrir de notre séparation aussi brutale que nécessaire ? En tant que maman, j’en ai la certitude, et me condamne d’avance. Je ne parviens pas à comprendre comment on peut laisser ses enfants à une totale inconnue pour aller bosser. Bien entendu, la réponse arrive d’elle-même : pour la tune. Je soupire. Nous descendons dans la cour, et Marla attache Noa dans sa poussette. Heureux de tant d’attentions, le seul homme de notre trio se met à crier de joie « ta-ta-ta-ta ».
— Bravo ! l’encourage Marla.
Il s’applaudit. Rien que ce petit moment me plonge dans un bien-être intense. Mme Scavo, la vieille du rez-de-chaussée, comme l’appelle Marla, sort de chez elle au même instant. Elle doit avoir dans les soixante-cinq ans, peut-être plus, mais assurément pas moins. Très féminine pour son âge, elle arbore des cheveux courts d’un blond vénitien. Ses yeux clairs sont toujours maquillés et ses lèvres orangées. C’est la mamie dynamique dans toute sa splendeur, elle fait de la gym en club, part beaucoup en voyages et ramène régulièrement des conquêtes. Elle est la bonne vivante par excellence. Qui de mieux qu’elle pour tenir le rôle de concierge qui se mêle parfois de ce qui ne la regarde pas ? Mais impossible d’en vouloir bien longtemps à un brin de femme comme elle.
— Coucou les filles, et jeune homme, chante-t-elle en nous croisant.
— Bonjour, madame Scavo, comment allez-vous ? la salué-je.
— En pleine forme, je vais me faire dorer la pilule à la piscine. À mon âge on ne craint plus rien.
Marla pouffe et je souris à mon tour.
— Et vous, les jeunes, que faites-vous de votre précieux temps ?
— Nous recherchons une nourrice pour baby chou ! lui apprend mon amie.
— Pour lundi ! La tâche s’annonce ardue, poursuivis-je.
— Ne m’en parlez pas ! s’exclame-t-elle. À croire que le conseil général donne l’agrément à toutes les mégères fainéantes ! Elles ne veulent plus bosser, ni le soir ni les week-ends, et je ne parle pas des horaires quotidiens de fonctionnaires suivies des quinze semaines de vacances exigées !
— Vous en connaissez un rayon, s’extasie Marla.
— J’ai été nounou durant quarante ans et j’ai gardé pas loin d’une centaine d’enfants.
— Waouh !
Je ne trouve rien d’autre à ajouter. Son métier a sûrement conservé sa jeunesse.
— Vous étiez agréée ? demande Marla.
— Bien entendu, ma chérie !
— Et vous ne dépannez jamais de jeunes mamans dans le besoin ?
Je pivote vers mon amie. Qu’a-t-elle donc en tête ?
— Hum… Je n’ai rien contre un petit complément de retraite ! Le temps que vous trouviez votre joyau, je veux bien vous dépanner. Quels sont tes horaires, Emmanuelle ?
— En journée, de huit heures à seize heures ou dix heures à dix-huit heures.
— Parfait, comptez sur moi, les minettes. Par contre, descendez-moi bien tout le matériel, il y a bien longtemps que je n’ai plus rien !
Sous le coup de l’émotion, je lui saute dans les bras et l’embrasse d’un smack sonore sur la joue. J’aurais tant aimé que ma mère réagisse ainsi…
CHAPITRE 2


Ma période de galère sans emploi touche à sa fin. Il n’en reste qu’une journée. Un dimanche qui s’annonce long et court à la fois.
Pour le moment, il est vingt-deux heures, un samedi soir, et ma meilleure amie va sortir. J’attends donc l’arrivée imminente de notre bande de copains, tous dans le périf d’une vie insouciante.
Marla ouvre la porte d’entrée sans que quiconque ait frappé. S’en suivent des messes basses. Intriguée, je pose Noa sur son tapis d’activité et traverse le salon. Mme Scavo envahit le couloir et me rejoint.
— C’est quoi cet accoutrement, Emmanuelle ? demande-t-elle l’air faussement outré.
— Hein, quoi ? Mon jogging ?
— Ce n’est pas comme ça que tu trouveras un papa pour ce petit trésor.
Sans ma permission, elle fonce droit sur mon fils qu’elle emprisonne entre ses bras.
— Va te préparer, Manue. Ce soir, on fête ta nouvelle existence ! me surprend Marla.
Une bouffée de reconnaissance me traverse avant d’être immédiatement happée par la réalité. Je rêve de pouvoir m’éclater comme avant, mais j’ai fait un choix et je m’y résous.
— Je ne peux pas ! me lamenté-je la gorge nouée.
— Bien sûr que tu peux, c’est ma période d’essai : une soirée en tête à tête avec ce bichon ! entonne la sexagénaire
Je scrute à tour de rôle ces deux cachottières sans oser y croire. Leurs larges sourires me font sautiller sur place.
— C’est pas vrai ! C’est pas vrai ! m’excité-je.
— Oh que si ! Marla m’a déjà noté toutes les consignes et bien davantage. Tu peux en profiter ! Je ne suis que deux étages plus bas, alors respire !
J’embrasse mon amour, mais elle s’éloigne avant que débutent des au revoir larmoyants.
— Ça suffit. Vos invités vont arriver et tu es encore en pyjama ! lance-t-elle en disparaissant.

Marla me pousse dans ma chambre où la seule robe qui me va encore est en évidence sur le lit. En dix minutes, je suis présentable. Tout juste le temps d’enfiler mes compensées que l’interphone sonne.

— Que la fiesta commence ! s’écrie Marla.
En effet, notre petit appart est investi par des amis et des connaissances. Tous sont venus les mains remplies de chips, d’alcool, de pizzas. Chacun participe pour partager les frais, ce que j’apprécie d’autant plus. J’ai l’impression d’être sur un petit nuage. La musique s’élève et je m’inquiète aussitôt pour le voisinage.
— No souci, j’ai aussi prévenu les voisins, me rassure ma meilleure amie.
Je me demande comment elle est parvenue à organiser tout ça en une journée tout en travaillant. Elle est vraiment bluffante. L’ambiance est de mise, et je me retrouve avec un verre d’une substance non identifiée dans les mains. Rosée, fruitée, mais terriblement corsée. Je n’ai pas bu depuis presque deux ans. Les premières gorgées sont brûlantes. En quelques minutes, je ne suis plus chez moi, mais dans un club. Les lumières s’éteignent et des lasers quadrillent les murs.
— Manue, bravo championne ! m’interpelle Chloé.
— Super, tu es là ! Merci !
— Je te présente mon mec, Max.
Encore un, songé-je. Chloé est la copine que tout le monde a, celle qui se tape tout ce qui bouge. Sa confiance en elle attire tous les mâles comme des mouches, même si elle est loin d’être jolie… Pour ne pas changer, elle porte un décolleté plongeant qui nous force à nous noyer dedans. Bon, elle n’est pas qu’une « Marie-couche-toi-là », elle est aussi très gentille et marrante comme tout. Je salue sa nouvelle conquête d’un hochement de tête poli.
— C’est toi qui as un marmot ? me demande-t-il sans tact.
Chloé lui balance un coup de coude dans l’estomac. Je serre les dents tandis qu’elle l’entraîne à l’autre bout de la pièce avant que je ne l’étripe. Parfois, j’ai l’impression d’être une bête curieuse, d’avoir une tare. J’avale d’un trait ce qui me reste de boisson.
— Oyez, oyez, mes amis ! Nous sommes tous réunis ce soir pour féliciter Manue, dont le courage vient d’être récompensé. Bienvenue dans le monde du travail stable, ma belle !
Des cris, des applaudissements, des sifflements retentissent. Je me poste à ses côtés debout sur la table basse Ikea qui résiste fort bien.
— Merci à tous d’être venus, et bonne soirée !
Je suis applaudie avant que le son monte d’un cran. Je me déhanche et profite de chaque instant. Pour une poignée d’heures, je deviens une jeune femme sans contrainte. Et ça fait du bien. Tellement déchargée de mes tracas que je bois verre sur verre. Je fais enfin partie des fêtards ! J’avais fini par oublier ce sentiment de liberté ou seule notre petite personne compte.
— Salut, Manue !
Je me retourne la bouche pleine de chips. Mon sang se glace dans mes veines. Je crains un instant avoir ingurgité le fameux « verre de trop ».
— Étienne ? Tu… euh… es seul ?
— Rassure-toi, Antoine n’est pas là.
Même si un soupir de soulagement m’échappe, mon palpitant ne décélère pas de rythme.
— Que fais-tu ici ?
L’objet de la présence du meilleur ami de mon ex me laisse perplexe.
— Apparemment une de mes amies a décroché un taf ! Je viens fêter ça !
— Je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
— Il n’est pas là, et n’en saura jamais rien ! plaide-t-il en souriant chaleureusement.
Mais c’est peine perdue. Je n’ai eu aucune nouvelle de lui durant plus de deux années, pas un SMS, un pigeon voyageur, un hibou… Nada. L’avoir en face de moi alors qu’il est lié de près à mon passé me noue la gorge. S’il n’a pas changé physiquement, toujours aussi ordinaire, il a gagné en assurance. Ce n’est plus un gamin, mais un jeune homme dont l’amitié m’a terriblement manqué. Ses cheveux châtains toujours trop longs, ses yeux en amande, sa manie de sans cesse hocher des épaules…
— Je ne suis pas lui Manue, d’accord ? insiste-t-il.
J’acquiesce.
— Mais tu es de son côté, ajouté-je.
Avant de dire des paroles regrettables et déverser ma colère sur lui, je tourne les talons et attrape une bière dans la cuisine. De nouveau grisée, rien ne parvient à me gâcher ma soirée, et surtout pas mes erreurs de jeunesse.
CHAPITRE 3
 
 
Je fixe mon reflet dans les baies vitrées qui recouvrent le bâtiment. Même si le maquillage fait des miracles, on devine tout de même que j’ai un air de lendemain de fête. Ou, dans mon cas, de « nuit blanche de maman ». Noa n’a pu s’endormir convenablement à cause de la douleur dentaire que je ne suis pas parvenue à calmer. Parfois, la nature est plus forte que tout. La crise tout juste passée, je l’ai déposé en larmes chez notre voisine. Je ne pensais pas que la séparation serait aussi déchirante. La culpabilité m’obstrue la trachée. Et le pire, c’est que je ne peux trouver aucun soutien auprès de mes collègues.
Cheveux lissés, talons chaussés et tailleur enfilé, je prends l’ascenseur le cœur battant. J’ai vaguement la sensation de me rendre à l’exécution de la peine capitale. Je vais affronter ce qui paraît être le diable en personne. Si je n’avais pas autant besoin de me poser professionnellement, je m’enfuirais à toutes jambes. Mais avec Noa, je suis pieds et poings liés, et ce, pour les vingt ans à venir au minimum. Pour cette première semaine de formation, je suis calquée sur les horaires de Candys, de huit heures à douze heures et de quatorze heures à dix-huit heures. Autant dire que la journée va être longue. À peine l’ascenseur ouvert, que j’entends ma nouvelle collègue s’insurger. Je suis pourtant quinze minutes en avance. Je pensais arriver la première, histoire de montrer ma motivation.
— Ah, te voilà ! C’est Dieu lui-même qui t’envoie. J’ai tellement de choses à faire que je ne sais plus par quoi commencer.
— Salut. Alors, qu’est-ce que je peux faire pour me rendre utile ?
— Oh punaise, bonjour ! Excuse-moi, j’en oublie les bonnes manières. Dépose tes affaires dans la salle de pause, prends-toi un café si tu peux, et ensuite, on attaque ! lance-t-elle soulagée de m’avoir enfin sous la main.
Suivant la direction qu’elle m’indique, je découvre une kitchenette sympa. Je ne m’attarde pas, laisse mon sac sur la table et retourne à l’accueil. Une patiente annonce son arrivée. Je la salue avant de contourner le bureau et m’installer sur la chaise ajoutée à mon attention. Le téléphone sonne à ce moment précis. Le stress monte en flèche. Mais je n’ai pas le temps de me poser de question que Candys répond en faisant ensuite patienter. Il n’y a pas à dire, elle est ici comme chez elle. Une fois la femme dans la salle d’attente et le rendez-vous téléphonique donné, elle me fait un topo :
— Le planning est géré par Outlook . Pour docteur Clément Sénior, il faut un double papier. Il repart tous les soirs avec son agenda.
— Pas pour le fils ?
— Non, lui, il en veut une copie numérique.
...

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