Eveil Sensuel
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Description

Romance érotique - 328 pages


Et si vous deviez épouser un parfait inconnu ?


Éloïse, fille d'un illustre bijoutier sur le déclin, se voit forcée de s'unir à Alexandre, beau, riche et ambitieux concurrent, afin de sauver l'entreprise familiale de la faillite.


Ainsi va-t-elle être entraînée, par cet amant indésirable, dans un univers très éloigné du sien. Ce nouveau monde, mêlant fantasmes, désirs et plaisirs bruts, bien au-delà de ses valeurs, va se révéler aussi fascinant que scandaleux et humiliant.


Comment vivre aux côtés d'un homme froid, odieux et mystérieux sans sombrer ? Quels secrets inavouables cache-t-il ? Éloïse devra-t-elle se perdre corps et âme pour survivre à ce mariage ?


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 495
EAN13 9791096384600
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait


Ainsi va-t-elle être entraînée, par cet amant indésirable, dans un univers très éloigné du sien. Ce nouveau monde, mêlant fantasmes, désirs et plaisirs bruts, bien au-delà de ses valeurs, va se révéler aussi fascinant que scandaleux et humiliant.


Comment vivre aux côtés d'un homme froid, odieux et mystérieux sans sombrer ? Quels secrets inavouables cache-t-il ? Éloïse devra-t-elle se perdre corps et âme pour survivre à ce mariage ?


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Éveil sensuel – 1 – Éloïse



Lola T.
Lola T.



Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 979-10-96384-60-0
Nouvelles corrections
Photo de couverture : Viacheslav Boyko
Remerciements

Un grand merci à ma sœur qui a souhaité me voir dans un nouveau registre, ce qui a donné naissance à Éveil sensuel . Merci aux lectrices de me suivre dans cette grande aventure. Et un énorme merci à Didier de Vaujany pour la sublime couverture et à L.S.Ange pour son soutien et son aide.

À toutes les femmes qui aiment…
Bisous
Prologue

J’allais me marier dans quelques heures. Assise sur le rebord de ma fenêtre, je regardais les employés s’affairer sous les ordres de l’organisatrice du mariage, interrompue en permanence par les remontrances de ma mère. Le parc de notre maison de maître était resplendissant. Une allée, démarrant de la terrasse, avait été créée grâce à des pétales de roses rouges et blanches menant jusqu’au petit kiosque. Dans peu de temps, les centaines de chaises Chiavari alignées devant l’espace accueilleraient famille, relations et amis. En ce mois de juillet, le soleil était présent, le cocktail pourrait se dérouler, selon les souhaits de la maîtresse de maison, dans le jardin, et le repas se ferait sous l’immense tente blanche, dressée sur le côté droit de la demeure. J’y étais passée avant de m’enfermer dans ma chambre. L’organisatrice avait fait un travail sublime. J’aurais dû être la femme la plus heureuse du monde. Éloïse Tessier épousant le beau et séduisant Alexandre Maréchal. Oui mais voilà, ce n’était pas le mariage que j’avais espéré. Enfant, j’imaginais un conte de fées. J’aurais rencontré mon prince charmant lors d’une réception, chez des amis, au hasard d’une rue. Dès le premier regard, nous aurions su que nous étions faits l’un pour l’autre. La réalité était bien moins romantique.
Mon père, Jules Tessier, joaillier, avait prospéré en créant des parures en diamant qui furent très vite prisées. Depuis des années, il avait paré les plus belles femmes du monde, princesses, mannequins, actrices, riches milliardaires. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Depuis toute petite, j’avais eu l’habitude de le voir partir fréquemment en voyage pendant que ma mère gérait la maison et que moi, je faisais mon éducation dans les plus grandes écoles. L’art était ma passion, la peinture ayant ma préférence et mon rêve était d’avoir ma propre galerie. Malheureusement, étant fille unique, mon père m’avait très vite plongée dans le milieu de la joaillerie, afin que je reprenne les rênes de la bijouterie, lorsqu’il partirait pour une retraite bien méritée. J’adorais mon père, je n’eus donc pas le cœur à refuser cette succession. Près de lui, j’appris énormément, même si je trouvais qu’il se renfermait sur ses acquis depuis bien des années, son nom était sa réputation, mais ses créations, elles, ne se renouvelaient pas assez à mon goût. L’affaire familiale perdait de son prestige et déclinait doucement.
Un soir, toutes les certitudes de mon avenir s’écroulèrent. Honteux, mon père nous avait réunies, ma mère et moi, dans le grand salon, pour une discussion très formelle. Tête baissée, les mains tremblantes, Jules Tessier nous avoua, non sans mal, son addiction aux paris. Depuis des années, sans que nous nous en rendions compte, il avait perdu des sommes faramineuses aux courses hippiques, mettant son affaire en danger. Ma mère s’insurgea et lui reprocha son irresponsabilité, paniquant, voyant déjà ses biens vendus aux enchères. Ce fut un choc, même pour moi. J’idéalisais mon père depuis mon enfance, c’était un homme fort, inébranlable. Cette révélation nous désarçonna. Après une discussion très houleuse entre mes parents, mon père releva ses grands yeux marron foncé, accentués par le gris de ses cheveux, vers moi. Je sus à cet instant que la suite de l’échange n’allait pas être en ma faveur.
Avec justesse, il m’expliqua qu’une solution pour l’épargner du scandale, de l’humiliation, mais également pour sauver l’entreprise, était envisageable. Un mariage arrangé entre moi et le fils d’une de ses connaissances, qui tenait une bijouterie, également spécialiste de pierres.
Alexandre Maréchal, trente ans, de presque dix ans mon aîné, proposait à mon père de s’acquitter de ses dettes, de remettre l’entreprise à flot et de devenir son associé, en échange de notre union.
Si je fus blessée que mon père puisse me considérer comme une simple transaction, je pris vite conscience que l’avenir et la réputation de mes parents reposaient sur une acceptation de ma part. Il a eu un coup de cœur pour toi , m’avait-il avoué. Il pense sincèrement que tu seras une épouse parfaite pour lui. Belle, bien élevée, à l’aise en société.
Je m’étais alors réfugiée dans ma chambre où ma mère était venue me rejoindre. « Les mariages arrangés sont fréquents dans notre monde », m’avait-elle déclaré. Elle-même avait été mariée à mon père de la même façon. Je me souvenais encore de la discussion qui avait suivi.
Éloïse, as-tu réellement envie de voir le nom de notre famille étalé à la une de la presse à scandale ? Ton père ne se relèvera pas d’un tel affront. Et quel sera donc notre avenir ? Cela aura également des répercussions sur ton confort personnel. Aucun homme ne voudra plus s’unir à ta personne. Pourras-tu vivre sans le sou ?
Si je n’étais pas aussi futile que ma mère, je le reconnaissais sans honte : j’aimais évoluer dans un monde aisé, le seul que je connaissais. Servante, cuisinière et chauffeur, vouvoiement envers mes parents, faisaient partie de mon quotidien.
Vous me demandez de m’unir à un homme dont j’ignore le nom, maman, m’étais-je défendue. De plus, il est bien plus âgé que moi.
Il est charmant, bien élevé et sera l’associé de ton père. Je pense que ton avenir pourrait être bien plus sombre que celui qui s’ouvre à toi.
J’avais argumenté, en vain. Et, intérieurement, je savais qu’elle avait raison. Cette union sauvait mon père de la faillite et me mettait à l’abri pour le reste de mes jours. Peut-être même que j’apprécierais la compagnie de cet homme si bien né et bienfaisant envers les miens… À contrecœur, mais par amour pour mon père, j’acceptai.
Quelques rencontres insipides plus tard, la date du mariage fut annoncée. En trois mois, je passai d’une vie de célibataire innocente à une union avec contrat de mariage. Tout fut conclu entre mon futur époux, dont je ne connaissais pratiquement rien, et mon père. Un contrat prénuptial un peu particulier fut rédigé et signé entre les deux hommes, sans que l’on me fasse part des termes. Je n’étais là que pour satisfaire les demandes de mon futur époux, comme le signalèrent mes parents. Ma mère vint même un soir, pour me faire des recommandations sur ma future existence de femme mariée. Sois toujours présentable ma fille, soutiens ton mari en toutes circonstances, tu dois le porter à bout de bras et ne jamais lui faire honte. Je compris alors que je serais enchaînée à cet homme et que mes rêves passeraient au second plan. Si j’aimais me fondre dans la haute société, je souhaitais une carrière en parallèle. Innocemment, je m’étais imaginée que mon futur époux devenant associé avec mon père, m’ouvrirait sans le savoir l’accès à mon rêve. Je m’étais lourdement trompée.
À partir de ce jour, mon humeur devint morose. J’étais là, en ce jour J, à refouler ma colère, attendant l’heure fatidique. Ma mère entra dans ma chambre dans une robe vert bouteille qui faisait ressortir la couleur cuivrée de ses cheveux. Elle était d’une élégance naturelle que pas mal de femmes de son âge enviaient. Chacune de ses tenues mettait sa fine taille en valeur, accentuant sa féminité, et surtout la rajeunissait. Ses longs cheveux auburn étaient relevés en un chignon, comme la plupart du temps, pour dégager son visage, malgré l’immense chapeau de rigueur pour l’occasion, afin de faire ressortir ses yeux verts. Vanessa Tessier avait eu bien du mal à concevoir un enfant, mais à l’aube de ses quarante ans, je fis mon apparition à sa plus grande joie, même si elle m’avoua par la suite qu’un héritier mâle aurait été bien plus agréable pour elle. À sa façon, elle m’aimait.
Tu n’es pas encore habillée, se fâcha-t-elle en attrapant ma robe de mariée.
Docilement, je me laissai préparer. La créatrice m’aida à revêtir ma tenue, la coiffeuse arrangea mes cheveux et la maquilleuse donna de l’éclat à mon visage. Je chaussai mes hauts talons lorsque ma mère essuya discrètement une larme.
Je sais, dit-elle une fois que nous fûmes seules, que ce n’est pas le mariage que tu espérais. Mais tu seras heureuse, ma chérie. Regarde-toi, quel homme pourrait résister à une si jolie vision.
Le miroir me renvoya mon reflet. J’étais transformée. Dans une robe en broderie anglaise qui jouait sur la transparence avec son tissu de coton ajouré, réalisée par une créatrice de renom et amie de ma mère. Ma silhouette était mise en valeur et mes hauts talons rajoutaient au moins dix centimètres à mon mètre soixante, ce qui était un avantage lorsque l’on savait que mon futur époux faisait un bon mètre quatre-vingt-cinq. Mes longs cheveux blonds, tressés et relevés en une coiffure sophistiquée, sublimaient la tenue tandis qu’un léger maquillage faisait ressortir mes yeux marron foncé, qui me donnaient, comme aimait à me le rappeler ma mère, un air assez strict et une ressemblance avec mon père. Ma mère aurait souhaité une robe bien plus tape-à-l’œil. Avec fermeté, j’avais refusé. Je ne faisais pas le mariage de mes rêves, je voulais que la robe, elle, soit à l’image de mes attentes. Mon père entra au moment où je saisissais mon bouquet dans la main. Dans son costume queue-de-pie, il rayonnait. Pour ne pas le culpabiliser davantage, je lui avais laissé croire que ce mariage pouvait avoir un avenir heureux. Il en était ravi et fêtait donc cette union plus sereinement. Il coiffa ses cheveux grisonnants de son chapeau haut de forme et je lui pris le bras en esquissant un sourire. Perchée sur mes talons, nous étions à hauteur égale. Soudainement, il me parut bien moins imposant que lorsque j’étais petite fille.
Tout va bien se passer, me rassura-t-il en déposant un baiser sur mon front. Tu es mon rayon de soleil, ne l’oublie jamais.
La musique retentit dès que la porte-fenêtre s’ouvrit. Tous les invités se levèrent et je marchai en fixant celui qui allait être mon époux, grâce à une rapide transaction.
Je ne pouvais nier qu’il était beau. Grand, un corps musclé, il faisait très classe dans son costume identique à celui de mon père. Ses cheveux châtains courts étaient parfaitement coiffés et ses yeux gris pétillaient en me regardant. Quant à sa barbe de trois jours, elle lui donnait un charme supplémentaire. Un homme d’affaires tout ce qu’il y avait de plus sérieux.
Mon père embrassa ma main avant de la déposer dans celle d’Alexandre.
Le pasteur commença la cérémonie. J’étais loin de me douter avec qui je m’unissais et de la vie que j’allais découvrir.
Chapitre  1
 
Éloïse
 
La réception fut grandiose, à l’image de ma famille. J’avais survolé cette journée, me laissant porter par le fil des événements. Alexandre ne me quitta pas une seconde, jouant son rôle à la perfection. Poli, charmant, souriant, un vrai gentleman. Ma demoiselle d’honneur, et parallèlement mon amie depuis l’enfance, connaissait les termes particuliers de ce mariage. Si elle avait été décontenancée de savoir que j’allais m’unir à un homme dont j’ignorais quasiment tout, elle nous fit un très beau discours, tout à fait crédible, nous souhaitant le meilleur pour l’avenir. Cassie Beaumont, fille de chirurgien esthétique, était une jeune femme pétillante, bien plus dévergondée que moi. Les bonnes manières, elle les appréciait à petites doses. Plus entreprenante, elle avait quitté le cocon familial pour s’installer dans un appartement, tout en poursuivant ses études de médecine. Nous n’avions que peu de choses en commun : j’aimais l’art, la lecture, et elle, les promenades à cheval et la danse. J’adorais les réceptions, elle s’y ennuyait très vite. Même physiquement, tout nous différenciait. Elle est grande, brune, avec une coupe au carré ; moi, petite et blonde. Seule la couleur de nos yeux était presque identique. Pourtant, notre complicité n’avait pas faibli au fil des années. Nous éclatâmes de rire en écoutant les mésaventures d’un de mes cousins, lorsque Alexandre vint me rejoindre.
— Madame Maréchal, il est temps pour nous d’ouvrir le bal.
Cassie leva sa coupe de champagne dans notre direction avec un large sourire.
Tous les convives se tournèrent vers nous afin d’admirer les jeunes mariés évoluer sur la piste de danse. Soudainement, si proche de lui, je me sentis intimidée ; il releva mon menton de son doigt.
— Détends-toi, fais comme si nous étions seuls au monde et tout ira bien.
Je préférerais me retrouver au milieu de centaines d’inconnus plutôt que d’être seule avec lui, ma nervosité s’accentua. Contre toute attente, il me guida avec souplesse et je dus avouer que cela était agréable de tournoyer sur la piste avec lui. Du moins, jusqu’à ce qu’il reprenne la parole. Ses lèvres descendirent jusqu’à mon oreille et en le voyant ainsi, on aurait pu croire à un geste tendre, seulement cela n’était pas le cas.
— Cette fusion fut si vite célébrée que j’ai oublié de te poser une question importante.
Fusion, quelle charmante façon de décrire un mariage !
— Qui est ? demandai-je sur la défensive.
— Es-tu vierge ?
Je me figeai un instant. Un petit sourire en coin étira ses lèvres et, d’un mouvement habile, il me fit reprendre le rythme. Mes yeux se plissèrent, ce qui l’amusa davantage.
— Alors ? s’impatienta-t-il.
— Non, je ne le suis plus. Désolée de briser tes attentes.
— J’en suis ravi, je n’aime pas les jouvencelles.
En souriant, je le fixai un instant avant de planter malencontreusement mon talon dans sa chaussure. Il fit une légère grimace et m’embrassa le dessus de la main à la fin de la mélodie.
— Charmante, chuchota-t-il avant de me raccompagner à notre place d’honneur sous les applaudissements.
Je profitai de cette soirée pour faire un peu plus ample connaissance avec ses parents et sa sœur. Ève, sa cadette, était une femme très agréable, mannequin de métier, très grande aux cheveux châtains, comme son frère, coupé à la garçonne avec de beaux yeux bleus. Elle était souriante et m’accueillit avec une chaleur qui me réchauffa le cœur, même si elle s’étonnait de ce mariage soudain. J’eus droit à une question que beaucoup se posaient sans oser me la demander. Étais-je enceinte ? Je ris nerveusement. Je n’envisageais pas avoir d’enfants avant un bon nombre d’années. Quant à ses parents, ils furent très courtois et discrets, mettant une distance entre nous qui me fit penser qu’ils n’étaient pas convaincus par cette « fusion ». À moins que ce soit moi qui leur déplus.
La nuit était déjà bien avancée, lorsque ma mère vint me dire qu’il était l’heure pour son gendre et moi de prendre congé. La dernière danse des mariés fut annoncée. Il me rapprocha doucement de lui. Après tout, n’étions-nous pas censés être des amoureux transis ?
— Je suis désolé que ma question de tout à l’heure t’ait indisposée.
— Puis-je en poser une ? demandai-je en relevant mes yeux vers les siens.
— Bien évidemment.
— Pourquoi avoir souhaité cette union ? Tu as tout ce que recherche une femme, il n’aurait pas été difficile de trouver une épouse qui te convienne.
—  Tout ce qu’une femme souhaite , je suis flatté.
— Je parlais de ta situation et de ton compte bien rempli.
— N’est-ce pas ce qui nous a conduits à cette union, ma situation et mon argent ? répliqua-t-il pince-sans-rire.
Je levai les yeux au ciel pour éviter de lui écraser de nouveau le pied. Lorsque l’orchestre cessa de jouer, il me renversa brusquement en arrière et déposa un baiser sur mes lèvres. Par respect pour mon père et pour ne pas faire d’esclandre, je gardai pour moi l’envie de le gifler. Ce mariage ne fonctionnerait jamais.
Après de longues embrassades, le chauffeur conduisit la limousine vers l’hôtel, où la suite nuptiale avait été réservée, afin que notre nuit de noces soit la plus romantique possible. Comment allais-je survivre à cette épreuve ?
 
Le « Midlton », hôtel réputé pour son excellent service et la beauté de ses chambres, était notre destination. Notre suite fut à la hauteur de la réputation de l’établissement : somptueuse, un salon, une chambre avec lit à baldaquin et une immense salle de bain. Champagne, fraises et chocolat étaient posés sur la table en guise de bienvenue.
Si l’homme près de moi avait été celui de mes rêves, la magie aurait largement contribué au bonheur de cette première nuit. Là, je trouvais juste l’endroit féérique pour une nuit de noces.
— Très cliché cette chambre, mais confortable, lança-t-il, en refermant la porte.
Cliché certes, mais charmante pour un tel instant. Je redoutais de découvrir ma future demeure, nous ne devions pas avoir la même conception de la beauté des choses. Je décidai de laisser en suspens cette conversation qui n’avait pas lieu d’être. J’attrapai le déshabillé posé sur la chaise, près de nos effets personnels que l’on avait fait porter dans la suite, afin d’aller prendre un bain. Cela me décontractait toujours.
Malheureusement, ma robe se fermait à l’arrière avec des dizaines de petits boutons qu’il était impossible d’ôter seule.
— Peux-tu m’aider à dégrafer ma robe ?
 Il s’exécuta avec une agilité certaine et je m’enfermai rapidement dans la salle de bain. Un rire amer m’échappa. Comme le disait si bien ma mère, le devoir conjugal est un droit de l’homme, le plaisir un supplément agréable. Ce supplément agréable me faisait défaut depuis toujours.
Je ronronnai de plaisir en plongeant dans l’eau chaude. Je pris mon temps et me détendis dans les huiles essentielles. Peut-être que las d’attendre, la fatigue s’emparerait de lui avant que je ne le rejoigne dans la chambre. Une fois que l’eau eut refroidi, je dus me résoudre à sortir. Je dénouai mes cheveux qui descendaient jusqu’en dessous de mes épaules et les brossai minutieusement. Je me démaquillai, avant de me remaquiller légèrement, hors de question qu’il me voit à mon désavantage. J’enfilai le long déshabillé en soie gris clair que ma mère m’avait offert pour l’occasion et je le rejoignis en soufflant, redoutant la confrontation.
Assis sur le divan jaune et or, une coupe de champagne à la main, sa cravate posée avec sa veste près de lui, il parlait au téléphone. Ses yeux se tournèrent vers moi, pour me détailler de la tête aux pieds puis, comme si ma présence n’avait aucune importance, il continua de converser. Plusieurs fois, son rire résonna dans la chambre. Je me glissai dans le lit, furieuse. Je n’aspirais pas à ce qu’il se jette à mes pieds, mais je détestais que l’on m’ignore ainsi. Ce mariage allait être une prison. Dorée certes, mais prison tout de même. Je me détendais lentement lorsqu’il vint s’asseoir près de moi.
— S’il le faut, je ferai mon devoir conjugal, lui lançai-je sans ménagement, mais je tiens à te préciser que je ne mettrai aucune ferveur à l’acte.
— Ton devoir conjugal ?
— C’est ce que je viens de dire.
Il éclata de rire en pénétrant à son tour dans la salle de bain. L’eau ruissela dans la douche, puis il y eut des mouvements rapides et il revint, les cheveux encore humides dans un jean et un simple pull. Je me redressai subitement. Nous devions ressortir ?
— Je sors, dit-il en attrapant son portable. Dors, je serai de retour certainement pour le petit-déjeuner.
— Amuse-toi bien, lui lançai-je avec un peu trop d’entrain.
— Sache Éloïse, reprit-il en revenant près de moi, que j’aime qu’une femme soit entièrement offerte à moi lorsque je lui fais l’amour. Tu me supplieras un jour et ce jour-là, je te ferai mienne.
— Alors ce mariage ne sera jamais consommé.
— Demain, nous ferons un point sur la situation. Je crois que certaines précisions s’imposent. En attendant, reposez-vous bien, Madame Maréchal.
Il m’embrassa rapidement sur le front et partit en sifflotant. Soulagée, je me rallongeai pour un repos bien mérité. Une petite chose me perturbait. Quelles étaient ces précisions dont il voulait s’entretenir avec moi ? Sur cette réflexion, je me laissai glisser dans un doux sommeil.

Je m’étirai longuement dans la douceur des draps en satin. J’avais dormi comme un bébé. Je restai un instant à savourer mon réveil, lorsque quelqu’un frappa à la porte.
— Room Service.
J’allais me lever pour ouvrir, lorsque mon époux fit son apparition en sortant de la salle de bain, laissant filtrer un léger filet de lumière. Je remontai les draps jusqu’au-dessus de mon nez et cessai de bouger. Dans son plus simple appareil, Monsieur Maréchal enfila rapidement son jean afin de laisser entrer l’employé. Bien qu’il s’était pressé, j’avais eu le temps de l’observer discrètement. Il avait un corps parfaitement musclé, agréable à regarder, de face comme de dos. Je sentis le rouge me monter aux joues. Je refermai les yeux, avant de m’étirer de nouveau, lorsqu’il déposa le grand plateau sur la table du salon.
— C’est le petit-déjeuner ? demandai-je innocemment.
— Oui ! La vue t’a-t-elle plu ?
— J‘ignore de quoi tu parles, dis-je en m’asseyant dans le lit.
— En plus d’être hautaine, tu n’assumes pas tes actes.
— Je ne suis pas hautaine !
Il mit un tee-shirt avant de prendre place sur le canapé, ne me portant plus d’attention, comme si je n’existais pas. Nous déjeunâmes, moi en lisant le journal, lui en envoyant des SMS. Un petit-déjeuner très peu cordial. Ma vie allait-elle se résumer à cela dorénavant ? Une cohabitation glaciale avec un homme imbu de sa personne.
— Te faut-il longtemps pour te préparer ? me demanda-t-il sans me regarder.
— Non ! Pourquoi ?
— J’aimerais te faire découvrir ta nouvelle demeure, j’ai un peu de travail en retard, donc si tu pouvais accélérer un peu.
Je me levai d’un bond en lui lançant un regard froid, qu’il ne vit même pas. D’accord, ce week-end en amoureux n’avait pas lieu d’être, un peu de compassion et de sympathie auraient tout de même été bienvenues. Je pris une douche rapidement, enfilai une robe à petites fleurs qui m’arrivait juste en dessous des genoux, des hauts talons, laissai mes cheveux détachés et le rejoignis dans la chambre. Le petit-déjeuner était débarrassé, nos valises également. Je fermai le sac souple qui renfermait mes derniers effets personnels et tapai légèrement du pied.
— J’attends, lançai-je sèchement.
— Bien ! Allons-y.
— Tu ne m’aides pas ?
— Tu n’es pas en danger à ce que je sache !
Il ouvrit la porte, sans prendre la peine de porter le sac. Je l’attrapai et passai devant lui furieuse. Maladroit, le sac le frappa au thorax, ce qui le fit éclater de rire.
— Je croyais que tu souhaitais avoir une discussion avec moi ? demandai-je.
— C’est exact. Ce soir, lorsque tu seras installée, ou un autre jour, selon mon humeur. Là, ma sœur a décidé de faire plus ample connaissance avec toi.
— Oh, elle veut s’assurer que tu as fait une bonne transaction...
Ses yeux se plissèrent et son regard gris devint dur en se posant sur moi.
— Elle a quelques réserves sur notre couple. Je refuse qu’elle sache la vérité, à toi de la convaincre. Tu m’as bien compris ?
— Je ne suis pas certaine d’être très convaincante.
— Je te conseille de l’être.
Je fis un petit signe de la main, agacée. Dans la voiture, le silence persista jusqu’à notre arrivée. Je découvris la maison avec plaisir. Elle était très grande, selon mes espérances et sécurisée avec alarme. Le rez-de-chaussée comprenait une entrée, un immense salon avec baie vitrée, une cuisine très moderne avec îlot central, un bureau. Les murs, blancs pour la plupart, étaient décorés de tableaux abstraits et de meubles design, très contemporains.
Une dernière pièce renfermait une salle de sports, digne d’un club sportif.
— J’aime me dépenser lorsque la journée fut longue et stressante, me précisa-t-il.
Le premier étage, quant à lui, avait trois chambres, dont une occupée par ma belle-sœur avec salles de bains attenantes en marbre noir. Comme pour le reste de la maison, des meubles design, commodes penchées aux pieds décalés, coiffeuses déformées, étagères asymétriques, lits en forme de vague avec jeux de lumière et des peintures abstraites du même artiste meublaient les pièces. Si l’on m’avait demandé de décrire l’intérieur, je l’aurais imaginé ancien, avec des meubles en bois. Il était à l’opposé, pour ma plus grande joie. De plus, je connaissais dorénavant les préférences de mon mari dans l’art : contemporain pour le mobilier ; abstrait pour la peinture, tout comme moi.
Le parc était immense avec un jardin à la française parfaitement entretenu. Sous une énorme bulle, une piscine se faisait voir. Allongée sur un transat, Mademoiselle Maréchal se relaxait.
— La visite est terminée, je te suggère d’aller te changer pour rejoindre ma sœur, j’ai du travail qui m’attend. Des questions ? demanda-t-il en me guidant vers l’intérieur.
J’avais l’impression d’être une nouvelle employée que l’on briffait plutôt que son épouse. Et en parlant d’employés…
— Qui s’occupe de la maison ?
— Une femme de ménage vient tous les jours et un jardinier une fois par semaine, j’ai un chauffeur qui sera à ta disposition si besoin.
— Et la cuisinière ?
— Pas de cuisinière. Ici, on fait les repas nous-mêmes.
— Pardon ? Mais je ne sais pas cuisiner…
— Faut-il que je t’inscrive à des cours ou tu te débrouilleras toute seule ?
— Pourquoi ne pas en engager une ?
— Parce que je n’en vois pas l’utilité.
— Chez mes parents…
— Mais tu n’es plus chez tes parents, me coupa-t-il. Et il faut que tu sortes de ce confort qui a fait de toi une enfant bien trop gâtée.
Je n’eus pas le temps de lui envoyer en pleine figure la réplique cinglante que je lui préparais, qu’il s’éloignait dans son bureau.
Dans la chambre, mes vêtements étaient installés dans le dressing. J’enfilai un maillot de bain, deux pièces, un paréo autour de ma taille et rejoignis Ève, qui m’accueillit à bras ouverts.
— Enfin te voilà, j’ai cru que vous ne reviendriez pas avant mon départ.
— Tu repars déjà ?
— J’ai une séance photo à Milan demain. Alors, dis-moi comment c’était.
— C’est une maison très agréable et parfaitement meublée.
— Non, je parlais de cette nuit de noces.
— Oh ça !
— Oui, ça , s’étonna-t-elle.
Je revis le regard gris menaçant d’Alexandre se poser sur moi.
— Ce fut magique. Ton frère est un romantique né. Il m’a soulevé dans ses bras pour me faire franchir la porte de notre suite, puis nous avons pris un long bain, je te passe les détails de la nuit, et ce matin, petit-déjeuner au lit. Un gentleman, je nage dans le bonheur.
Mes yeux se plissèrent en la voyant la bouche mi-ouverte, les sourcils froncés me fixer avec étonnement. Ses beaux yeux bleu étaient un atout à sa beauté, surtout que ses cheveux, très courts, les faisaient ressortir. Qu’avais-je dit de mal ?
— Mon frère ? Un romantique ? Tu es certaine d’avoir épousé Alexandre Maréchal ?
— Bien sûr. Pourquoi cela te surprend-il autant ?
— Ce n’est pas le retour que j’ai eu des filles avec qui il a eu une liaison. Elles le décrivaient plus comme un être froid, passionné, mais absolument pas romantique.
— Eh bien, j’ai réveillé cette facette cachée de lui.
— Je crois surtout que ces filles n’ont pas su toucher son cœur, voilà tout.
— C’est pour cela qu’il m’a épousée, et pas elles.
Elle se mit à rire, un petit rire charmant qui mit fin à l’interrogatoire. Tout en dégustant une coupe de fruits frais qu’elle avait préparée, elle me raconta un peu son travail. Même s’il y avait des contraintes permanentes, elle n’aurait pas échangé sa vie pour rien au monde. Je lui confiai à mon tour mon intention d’ouvrir ma propre galerie, ce qui l’intéressa fortement.
— Mon frère fréquente bon nombre d’artistes. Très doués, mais encore peu connus pour la plupart.
— Comme celui qui a fait les œuvres qui décorent les murs.
— Bradley Delcourt, il manie les couleurs avec subtilité, un très bon ami d’Alexandre depuis bien longtemps.
— C’est exact, ses tableaux sont très expressifs.
— Quant aux meubles, c’est un Américain dont j’ai oublié le nom.
L’après-midi passa rapidement. Entre rires et confidences, nous nous découvrîmes de nombreux points communs. Elle me raconta que son frère aimait en général les femmes dans sa tranche d’âge, voire un peu plus âgées. Il était presque 17 heures lorsque Alexandre fut de retour.
L’affection qu’il portait à sa sœur se lisait dans ses yeux. Il l’embrassa sur la joue et celle-ci se tourna vers moi, un regard interrogateur, étonnée de son peu d’enthousiasme à retrouver sa jeune épouse. Je ne m’étais pas donné tant de mal afin de la rallier à notre cause pour qu’il gâche tout en deux minutes. Je me levai et enlaçai sa taille en relevant mon visage vers le sien. Pieds nus, je dus pencher la tête en arrière pour pouvoir le voir. Surpris, il me fixa avec appréhension, ce qui me donna envie de lui donner une petite leçon. Je me hissai sur la pointe des pieds et déposai un léger baiser sur ses lèvres. Sentir contre ma peau dénudée, ses muscles sous son tee-shirt, me fit frissonner. Une première.
— Tu as l’air exténué, chéri. Tu ne devrais pas tant travailler, lançai-je.
Son corps se raidit, puis ses yeux se tournèrent vers sa sœur avant de revenir vers moi. Il était piégé.
— Tu as raison, ma chérie. Merci de me le rappeler.
— Je suis aussi là pour ça.
— Ève, il est temps de faire tes valises, si tu ne veux pas rater ton avion, reprit-il plus sèchement.
— Effectivement, je file, dit-elle en s’éloignant rapidement.
Je m’écartai en laissant échapper un rire moqueur.
— À quoi joues-tu ? me questionna-t-il, le regard furieux.
— Mais je ne fais que ce que tu m’as demandé, Alexandre, je donne du réalisme à cette union.
— Tu peux le faire autrement.
— Nous sommes un jeune couple amoureux, donc heureux.
Je saisis mon paréo et m’éloignai doucement en lui envoyant un petit baiser du bout des doigts. Il passa la main dans ses cheveux, agacé.
Je n’eus pas atteint l’intérieur de la demeure qu’il me rattrapa par le bras.
— Je conduis ma sœur à l’aéroport, profites-en pour nous commander à dîner, puisque tu ne sais pas faire la cuisine.
— Comme il plaira à Monsieur, dis-je en lui faisant une révérence.
 Ève vint me faire ses adieux. J’espérais sincèrement qu’elle revienne rapidement. J’étais persuadée que nous pourrions devenir amies. L’ambiance à son retour fut glaciale, comme les jours suivants.
Je me couchais seule, me levais seule, déjeunais seule, et lorsque Monsieur me faisait l’honneur de sa présence, il restait en retrait, m’observant du coin de l’œil avec une certaine amertume. S’amusant de mes manières, soufflant lorsque je faisais le moindre mouvement, je l’indisposais, ma façon d’agir également. Pourquoi m’avait-il épousée ? Cet homme était tellement agaçant que souvent, je m’imaginais lui lancer à la tête le livre que j’étais en train de découvrir, juste par plaisir. Trois jours après le départ de sa sœur, je me demandais comment j’allais pouvoir vivre dans une telle animosité lorsqu’il repassa à la maison dans l’après-midi. Le grand Alexandre avait oublié son précieux agenda.
Il vint vers moi, d’un pas nonchalant, comme détaché de la situation, avant de lancer d’un air autoritaire.
— Mets une tenue correcte, ce soir, nous sortons dîner. Il est temps d’avoir notre petite conversation.
— Je pense effectivement qu’une mise au point s’impose.
Je passai le reste de la journée à cogiter sur ce qu’il souhaitait aborder avec moi. Puis, je me préparai tranquillement. Une robe noire, courte, droite à bustier. Un chignon afin de dégager mon cou pour mettre en avant la rivière de diamants entrelacés que mon père m’avait confectionnée en cadeau de mariage. Assise sur le divan dans le salon, j’attendais le retour d’Alexandre en regardant le jardin par les grandes baies vitrées. J’aimais mon père plus que tout au monde, mais je savais ce mariage voué à l’échec. J’allais essayer de raisonner Monsieur Maréchal. Continuer serait une grossière erreur. Nous n’avions rien en commun. Après réflexion, il accepterait peut-être de revenir sur ses conditions.
 
Le restaurant qu’avait choisi Alexandre m’était totalement inconnu. Il était somptueux. Je comprenais mieux pourquoi il avait gardé son costume pour le dîner. Nous traversâmes une grande salle aux tables rondes et nappes blanches, avec en son centre, une fontaine. Plus aucune place n’était disponible. Je regardais avec intérêt les lustres qui descendaient majestueusement du plafond, les murs en pierre qui donnaient un charme particulier à ce lieu, certainement classé historique, lorsque la main d’Alexandre prit la mienne.
— Suis-moi, dit-il tout simplement.
Il laissa un pourboire au serveur, donna quelques ordres que je n’entendis pas et me conduisit à l’étage où des clients dînaient dans des sortes de petits boxes privés. Il en ouvrit un et m’invita à entrer. Assise sur la banquette, je pouvais observer la pièce du bas grâce à une fenêtre. Des portes coulissantes chinoises légèrement transparentes refermaient l’endroit, ne laissant apparaître que l’ombre de nos silhouettes, permettant de dîner en toute tranquillité.
— Tu viens souvent ici ? demandai-je alors qu’il prenait place en face de moi.
— Oui. La nourriture y est excellente. Il m’est arrivé de traiter bon nombre d’affaires dans ce lieu.
Il ne se passa que quelques minutes avant que le serveur ne vienne déposer devant nous un hamburger avec un petit panier de frites.
— Une délicieuse cuisine… répliquai-je en regardant mon plat.
— Il y a du foie gras à l’intérieur, Madame la snob.
Je relevai mes yeux vers lui pour le voir me fixer avec insistance.
— Ne me dis pas que tu n’as jamais mangé de hamburger de ta vie, se moqua-t-il.
— Bien sûr que si, mais ce n’est pas le genre de nourriture que Louise fait en général.
— Louise ?
— La cuisinière.
— Eh bien, nous n’avons pas de cuisinière, donc il faudra te mettre à la cuisine et supporter mes goûts qui sont bien plus simples que toi à l’évidence.
— Ma mère m’a souvent expliqué les dégâts que pouvait avoir le gras sur la santé.
— Oh, c’est certain qu’elle ne doit pas connaître la saveur des choses simples.
Je reposai brutalement mes couverts sur la table. Son agressivité permanente avait tendance à m’exaspérer. Ce qui me donna l’occasion d’entrer directement dans le vif du sujet.
— Sincèrement, je pense que nous nous sommes égarés tous les deux. Moi, en acceptant ce mariage, et toi, en me le proposant.
— Vraiment ?
— C’est évident. Nous sommes bien trop différents. Personne ne croira à notre union bien longtemps.
— Tu as convaincu ma sœur pourtant.
— Elle se rendra compte par elle-même de la supercherie à son retour. Je t’insupporte, il n’y a qu’à voir ta façon de te conduire avec moi. Ne peux-tu pas envisager de revoir tes conditions ? Une simple association avec mon père ne te suffirait pas ?
— La somme que je lui ai allouée mérite bien plus qu’une association.
— Mon père est l’un des meilleurs joailliers, réputé dans le monde entier grâce à ses parures de diamants. Tu devrais être fier de pouvoir évoluer à ses côtés. Ces premières créations se sont vendues pour des sommes indécentes.
—...

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