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Description


Nous pourrions le partager...


Après avoir échoué à attirer l’attention de leur co-star bi-curieuse chacun de leur côté, Kit et Devon s’associent pour séduire Jonathan, qui incarne le roi Arthur dans la nouvelle minisérie Camelot. L’alchimie entre les trois acteurs est exceptionnelle et fait ressortir leur côté aventureux. Les choses s’accélèrent dans la chambre alors que le trio explore les divers plaisirs du BDSM et de tout ce qu’ils peuvent trouver afin de profiter au maximum de leur temps passé ensemble, en secret.


Mais un ménage gay engendre des problèmes sans solution facile – surtout lorsqu’ils travaillent tous ensemble sur un plateau. Afin que leur trouple survive et évolue vers une véritable relation, ils devront tous explorer leurs limites, tant physiques qu’émotionnelles.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 450
EAN13 9782376767732
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
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Copyright de l’édition française © 2020 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2019 Ariel Tachna & Nicki Bennett
Publié chez Dreamspinner Press, 5032 Capital Circle SW, Ste 2, PMB# 279, Tallahassee, FL 32305-7886 USA
Titre original : Exploring Limits
Traduit de l’anglais par Manon Maroufi
Relecture et correction par Rafaël Rivière, Miss Joly Lucha
 
Conception graphique : © Tiferet Design
Couverture française : © Francessca Webster
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l'ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-773-2
Première édition française : juillet 2020
Première édition : mars 2019
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
À propos des Auteurs
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
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Limites #1
 
 
 

 
 
 
Ariel Tachna
Nicki Bennett
 

 
Chapitre 1
 
Séduire Jonathan
 
 
— Ça, c’est ce qu’on appelle un beau mec, commenta Kit Webster en s’affaissant à côté de son partenaire, Devon Aldrige, sur la pelouse du plateau de Camelot . Dommage qu’il soit aussi hétéro qu’il est possible de l’être.
— Oui, approuva Devon.
Il observa Jonathan Braedon, l’interprète américain du roi Arthur, en train d’effectuer quelques mouvements d’épée, les surfaces de son corps musclées à peine dissimulées sous le cuir épais de son costume.
— Néanmoins, ce serait un véritable plaisir de lui faire découvrir ce qu’il rate.
— Et je suppose que tu t’imagines t’en charger, répliqua Kit. Tu crois que tu peux réussir à le convaincre qu’il se trouve sur le mauvais bord du bateau depuis, quoi, vingt ans maintenant ?
Malgré son air moqueur, il devait admettre que l’idée était assez tentante. Oh, les choses qu’il ferait à Jonathan si seulement il en avait la possibilité !
Devon regarda Kit d’un œil critique.
— Pourquoi pas ? demanda-t-il d’une voix lasse.
À mesure qu’ils étaient devenus amis, Jonathan lui avait confié être célibataire, alors l’initier à la sexualité purement masculine ne devrait pas être aussi compliqué qu’il y paraissait.
— Il m’apprécie déjà, ajouta-t-il en haussant les sourcils. Et je peux me montrer très… persuasif.
— Hé, protesta Kit. Je l’ai repéré le premier. Ce n’est pas juste !
Bon, c’était vrai qu’il n’avait rien dit au sujet de cette attirance, mais à la seconde où il avait vu Jonathan, il s’était épris de lui. Les semaines qui avaient suivi, une émotion plus pure s’était ajoutée à son désir, à mesure qu’il en apprenait davantage sur l’objet de ses fantasmes. Jonathan n’était pas qu’un simple acteur, bien qu’il soit extrêmement doué. Il était aussi un photographe amateur dont le travail rendrait jaloux un bon nombre de professionnels, et un musicien talentueux qui composait ses propres mélodies et écrivait ses propres paroles. La veille, Kit l’avait également aperçu en train de peindre durant son temps libre, bien qu’il n’ait vu aucun de ses tableaux jusqu’alors. Niall Clifton, le réalisateur de la minisérie BBC sur la cour du roi Arthur, avait bien choisi en choisissant Jonathan comme leur futur souverain. Malgré la gêne causée par son accent, il s’était emparé du rôle d’Arthur comme s’il était né pour le jouer.
— Alors, à ton avis, qu’est-ce qui serait juste ? rétorqua Devon. Que nous nous battions pour lui ? Que nous sortions les griffes ?
L’idée que Kit soit avec Jonathan, et pas lui, était inenvisageable. Mais en regardant Kit à nouveau, il fut frappé par une délicieuse idée.
— Nous pourrions le partager.
Le partager… Kit ne l’avait pas envisagé. Il détourna les yeux de Jonathan pour regarder Devon et se demanda si son désir pour l’américain pourrait s’étendre à son collègue anglais. Il laissa son regard vagabonder sur le corps long et fin de Devon, une autre représentation de la perfection masculine. Il était pratiquement certain que Devon et Jonathan n’avaient pas encore atteint la quarantaine. Il préférait que ses amants aient dix voire quinze bonnes dizaines d’années de plus que lui. Toute cette confiance glorieuse et cette expérience… Chaque centimètre carré du corps de Devon, du moins du peu que Kit avait pu apercevoir lorsqu’ils se changeaient dans leur caravane commune, était fait de muscles.
Une barbe blonde taillée encerclait son visage ciselé, mais Kit l’avait vu dans assez de publicité pour savoir que c’était un élément que Devon prêtait spécifiquement au personnage de Lancelot. Dans tous les cas, elle attirait l’attention sur la ligne de sa mâchoire et le relief de ses pommettes, ainsi que sur ses lèvres pleines et brillantes, que Kit ne réfuterait pas à embrasser. En effet, il pourrait développer un certain attrait pour Devon aussi.
— Comment nous y prenons-nous ? demanda-t-il. Il n’a pas montré le moindre signe d’intérêt pour un homme jusque-là.
Devon se retint de sourire face au regard ardent que lui lança Kit, avant de reporter son attention sur Jonathan, lequel avait cessé d’user de son épée pour repousser ses cheveux en bataille de devant ses yeux. Oh, ce serait un plaisir, en effet, pensa-t-il en s’imaginant déjà le débarrasser de ses vêtements trempés de sueur et faire courir ses mains sur… Il refréna ses pensées avec difficultés, et réfléchit à la meilleure façon de procéder.
— Il est prévu que nous allions boire un verre une fois qu’il aura fini. Tu veux te joindre à nous ? proposa Devon.
Il était prêt à improviser, et à voir où la nuit les conduirait.
Kit hocha la tête.
— Où nous retrouvons-nous ?
S’ils s’engageaient à séduire Jonathan, il voulait changer de vêtements avant. Il avait la parfaite tenue en tête : jean serré et tee-shirt moulant. Si Jonathan était, ne serait-ce qu’un minimum intéressé, il le remarquerait tout de suite.
— Tu comptes te pomponner ? demanda Devon avec un sourire.
Kit était un peu plus jeune pour les goûts habituels de Devon, mais son corps svelte et ses longs membres restaient très agréables à regarder, en particulier dans les vêtements moulants et révélateurs qu’il portait en dehors de son costume.
— Rien de trop extravagant, nous allons simplement dans notre pub habituel de la ville.
Kit lui lança un regard noir, aussi bien pour sa remarque que pour le choix ennuyeux de l’endroit. Puis il reconsidéra l’idée. Eux trois, coincés dans un espace étroit… Cette situation avait du potentiel.
— Ne t’occupe pas de mon choix vestimentaire, lui suggéra-t-il. Nous retrouvons-nous là-bas ou à la caravane ?
Devon réfléchit un moment.
— À la caravane, décida-t-il. Nous pouvons prendre une seule voiture. Ce sera plus simple pour nous de finir la soirée au même endroit.
Il acheva sa phrase dans un clin d’œil.
— Alors nous pourrons voir à quel point notre roi est… souple.
— Bon sang, Devon, soupira Kit. Si tu continues à me mettre ce genre d’images en tête, je ne vais pas pouvoir tenir jusqu’à la fin de la soirée. Je serai à la caravane dans une demi-heure. C’est assez tôt ?
— Seulement si je parviens à convaincre notre homme de fer de prendre sa soirée, répliqua Devon. Il aura besoin de se doucher, mais ça ne devrait pas lui prendre trop de temps.
Il plaqua une main sur l’épaule de Kit, avant de se lever pour rejoindre Jonathan, qui semblait bien parti pour continuer ses exercices encore quelques heures. Devon sourit. Il avait bon espoir de pouvoir apprécier toute l’endurance de Jonathan lors d’activités plus plaisantes et ce, très rapidement.
Kit se leva à son tour et se pressa dans la direction opposée. Il laissait à Devon le soin de ramener Jonathan à la caravane et de le préparer à aller au pub. Il avait ses propres affaires à régler.
Du coin de l’œil, Jonathan vit Devon et Kit se séparer et se tourna à son tour. Tandis que Devon se rapprochait de lui, Kit s’éloignait vers une destination inconnue. Jonathan baissa son épée en soupirant, et attendit que Devon vienne le rejoindre. Alors que son ami se rapprochait, il sentit un tiraillement inconfortable en dessous de sa ceinture. Bon sang , pensa-t-il. Ça fait si longtemps que même Devon me semble attrayant . Il releva la tête et observa Kit, de dos. Même pas en rêve. Kit était trop jeune pour lui. Point.
À mesure qu’il se rapprochait de Jonathan, Devon observa la perle de sueur qui s’écoulait le long de son visage, jusque dans sa barbe hirsute, avant de poursuivre sur la peau hâlée de sa gorge. Une vague de désir le submergea, mêlée à quelque chose de plus profond. Il avait ressenti une sorte de connexion instantanée avec Jonathan lorsqu’ils s’étaient rencontrés, mais jusqu’alors il s’était convaincu qu’il ne s’agissait que d’une amitié basée sur des expériences communes, de leurs rôles similaires au théâtre, comme à l’écran, et aux bons sentiments de Jonathan envers Devon quant à son instance de divorce. À présent, il se retrouvait à vouloir partager bien plus que cela.
— Hé, Devon, l’accueillit Jonathan. Tu viens me rappeler notre rendez-vous de ce soir ?
Il regretta sa blague aussitôt que les mots eurent passé ses lèvres. Il ne voulait pas que Devon se fasse de fausses idées. Il aimait être ami avec lui. Et les palpitations contenues dans son ventre provenaient certainement de ce qu’il avait mangé à midi, et qu’il n’avait pas digéré. Oui. C’était ça.
— Tu es prêt à y aller, mec ? répliqua Devon en empoignant son épaule. Je suis usé rien qu’à te regarder ! Allons nous préparer pour le pub. J’ai convaincu Perceval de se joindre à nous pour ce soir. C’est bon pour lui de traîner avec de vrais hommes pour changer, plutôt que de rester avec les frères Orkney.
Jonathan déglutit. Boire avec Devon et Kit. Dans son état actuel, ce n’était pas une bonne idée. Mais il ne pouvait rien y faire.
— Cool, dit-il avec un plaisir forcé. Je suis prêt à me détendre, ça c’est clair. Les exercices d’escrime de Bert m’ont épuisé pour la journée.
— Dans ce cas, va te laver et nous verrons ce que nous pouvons faire pour t’aider à te détendre, proposa Devon en les entraînant vers la caravane.
Le simple fait de sentir ce corps en sueur à côté de lui suffit à attiser le feu grandissant dans son entrejambe. Attendre dans la caravane que Jonathan termine de se doucher et s’imaginer l’eau fraîche parcourir son corps nu, risquait d’exciter Devon comme jamais.
Jonathan se laissa guider par son collègue jusqu’à la caravane, en se demandant d’où lui venait cette soudaine proximité. Il s’interrogea d’autant plus lorsqu’il réalisa l’effet que cela avait sur lui. Il allait devoir se reprendre ou il ne survivrait jamais à cette soirée avec Devon et Kit. En particulier si ce dernier se montrait aussi tactile qu’à l’accoutumée.
— Kit nous retrouve ici dans une demi-heure.
Devon laissa retomber sa main, une fois arrivés à la caravane. Il resta néanmoins suffisamment proche de Jonathan pour que leurs corps se frôlent en pénétrant à l’intérieur. Il s’affala sur le canapé usé, un sourire innocent sur le visage, tout en essayant de garder le contrôle sur son érection grandissante.
— Je suppose que ça veut dire que je dois me doucher, lâcha Jonathan.
Il était soulagé d’avoir une excuse pour s’éloigner de la présence de Devon. Il fut tenté de profiter du bruit de l’eau pour se masturber et se débarrasser de cette satanée érection, mais il n’était pas certain que les murs de la caravane soient suffisamment épais pour masquer le bruit.
— Donne-moi quelques minutes.
Partager une caravane avec Jonathan donnait de nombreuses opportunités à Devon de le voir plus ou moins vêtu. Même s’il avait toujours apprécié les looks tape-à-l’œil de Jonathan, il n’aurait jamais cru pouvoir les aimer encore plus – jusqu’alors. Devon l’observa jusqu’à ce que la porte de douche se referme derrière sa proie, incapable de penser à autre chose.
Sous la douche, Jonathan reposa sa tête contre le carrelage froid. Il n’avait pas la moindre idée de ce qui lui arrivait. Oui, il était excité, mais c’était quelque chose de normal. Ici, lorsqu’il quittait le plateau, il était un « acteur célèbre », mais il refusait d’user de ce statut juste pour coucher. Sur ce tournage, il manquait cruellement de femmes, ce qui ne lui laissait que peu de choix. Peut-être était-ce la raison pour laquelle il se retrouvait à reluquer ses collègues hommes, plus que d’habitude. Il ne voyait qu’eux, chaque heure du jour comme de la nuit. Mais c’était ridicule. Il ne pouvait décemment pas juste se jeter à l’eau et s’offrir à l’un d’eux. Bon sang, ils étaient supposés travailler ensemble ! Jamais il ne s’était laissé aller à céder à son désir pour un partenaire de travail. En particulier s’il s’agissait d’un homme.
Comme Devon s’y attendait, entendre Jonathan s’activer dans la douche lui fit entrevoir tout un tas de choses qui rendit son jean douloureusement étroit. Il ferma les yeux un moment et caressa son érection en s’imaginant rejoindre Jonathan dans la cabine exigüe, leurs corps mouillés pressés l’un contre l’autre… Il prit une profonde inspiration et se figea brusquement, en adaptant son rythme pour pouvoir reprendre le contrôle. Il ne voulait pas faire fuir Jonathan et il serait injuste qu’il ait l’occasion de commencer sans Kit.
Après sa douche, Jonathan se sécha rapidement et passa une serviette autour de sa taille, en jurant intérieurement contre lui-même pour avoir oublié ses vêtements dans la partie commune de la caravane. À présent, il n’avait pas d’autre choix que de retourner là où Devon l’attendait, avec rien d’autre qu’une serviette pour cacher sa virilité. En priant pour que Devon soit occupé par quelque chose, il inspira vivement et traça pour récupérer ses vêtements.
Avant que Jonathan ait eu le temps d’attraper un boxer, la porte de la caravane s’ouvrit à la volée sur Kit, l’air incroyablement sexy dans son jean serré et ce tee-shirt que Jonathan l’avait déjà vu porter pour sortir.
— Je suis là, annonça-t-il. Que la fête commence !
Jonathan déglutit, en se demandant de quel genre de festivités Kit voulait parler.
Devon s’efforça de ne pas reluquer la tenue du plus jeune. Ses vêtements étaient si serrés qu’ils semblaient être directement peints sur son corps. Il pensa, à regret, qu’il aurait pu porter quelque chose de mieux que son jean et pull actuels, mais bien s’habiller ne ferait qu’éveiller les soupçons de Jonathan et ce n’était pas le genre de chose qu’il voulait attiser.
Il fit un clin d’œil à Kit, avant de se tourner vers Jonathan en souriant.
— À moins que tu n’aies prévu de te rendre au pub dans cette tenue, mec, tu ferais mieux de t’habiller.
Le commentaire de Devon ne fit qu’accentuer la vulnérabilité que Jonathan ressentait quant à sa nudité. Il récupéra son sous-vêtement et l’enfila sous sa serviette. C’était ridicule, il en avait conscience, mais il ne se voyait pas faire autrement. Il tourna le dos à ses amis, mit son jean et une chemise en flanelle : une valeur sûre et confortable. Ils lui donneraient l’illusion que tout va bien, mais si son corps restait attiré par la tenue de Kit et la voix rauque de Devon.
Kit sourit lorsque Jonathan lui tourna le dos, profitant du moment pour lorgner sur ses fesses, tandis qu’il se penchait pour enfiler son jean, avant de se reconcentrer sur Devon. Quelque chose avait fichu la trouille à Jonathan, c’était certain. Kit traversa la caravane et passa son bras autour des épaules de ce dernier.
— Allons-y. J’ai soif.
— Je vais conduire, proposa Devon.
Il pressa Jonathan et Kit vers la sortie, laissant sa main reposer sur le postérieur du premier plus longtemps que de raison.
Jonathan s’étrangla sous la surprise en sentant la main de Devon sur ses fesses. Ils se touchaient tout le temps, mais cette fois-ci c’était différent, tout comme la façon dont Kit s’accrochait à lui. Il rejoignit la voiture de Devon, en s’efforçant de penser à autre chose.
Kit laissa Jonathan s’installer sur le siège avant, aux côtés de Devon, et grimpa à l’arrière. Après avoir bouclé sa ceinture, il se pencha pour venir faire glisser ses mains sur le torse de Jonathan, tout en racontant joyeusement sa journée.
Devon observa Jonathan du coin de l’œil, tandis qu’il les conduisait jusqu’au pub d’à côté. Kit n’était jamais timide quand il s’agissait d’être proche de ses amis, mais ce soir-là, son attention envers Jonathan semblait rendre celui-ci légèrement mal à l’aise. Dans l’espoir de le préparer davantage, il laissa son bras effleurer nonchalamment la cuisse de Jonathan, tout en tournant pour se garer sur le parking du Reverse.
Cela aurait pu être un accident, un simple frôlement de son bras contre sa jambe, mais Jonathan eut l’impression qu’il s’agissait de… plus que ça. Comme un acte presque délibéré. Si Devon avait été une femme, Jonathan aurait compris que c’était de la drague, mais Devon était un ami, pas un amant potentiel. N’est-ce pas ? Et puis, il y avait Kit. Lui qui était toujours aussi tactile. Cela faisait partie de son charme, mais sa main pendait dangereusement proche du mamelon de Jonathan. Cela ne pouvait pas être intentionnel. Pas vrai ?
Devon se gara en répétant son geste sur la jambe de Jonathan. Leur roi semblait clairement perturbé. Autant faire les choses jusqu’au bout , pensa Devon. Il se pencha pour déverrouiller la portière côté passager et se pressa contre Jonathan au passage, tout en appuyant le bras de Kit sur sa poitrine.
— Allez. J’ai vraiment besoin d’un verre.
— Tu n’es pas le seul, marmonna Jonathan.
Il sortit précipitamment de la voiture, loin de tous ces contacts déconcertants.
Une fois à l’intérieur, Kit offrit la première tournée. De cette façon, lorsqu’il les rejoindrait, il pourrait choisir où s’asseoir – de préférence aussi proche de Jonathan que possible.
— Que voulez-vous ?
— Une bière, commanda Devon.
Il passa un bras autour des épaules de Jonathan et l’entraîna vers une table. En général, ils s’asseyaient toujours l’un en face de l’autre, mais ce soir-là, il voulait être au plus près de son ami – et, il l’espérait, bientôt amant.
— Un Jameson, parvint à lâcher Jonathan, pendant que Devon glissait son bras autour de lui.
Kit hocha la tête et se rendit au bar pour commander leurs boissons.
Devon se glissa aux côtés de Jonathan sur la banquette en cuir craquelé, légèrement plus près qu’il ne le ferait normalement.
— Tu es vraiment beau aujourd’hui, Jon, murmura-t-il d’une voix rauque.
Il marqua une pause pour examiner le visage légèrement rougi de son ami.
— Tu deviens très doué à l’épée.
La présence de Devon à ses côtés, surprit Jonathan presque autant que ses mots. Pas les compliments en eux-mêmes. Ce n’était pas si inhabituel, mais ce dernier semblait être à double sens et impliquer bien plus que ce qu’il n’y paraissait. Encore une fois, Jonathan se retrouvait avec l’étrange impression que Devon flirtait avec lui. Il balaya cette pensée. Tout le monde savait que Kit avait besoin de beaucoup d’espace pour lui tout seul, raison pour laquelle Devon avait laissé l’autre banquette de libre. Et sa remarque restait une simple remarque. Le cerveau sexuellement affamé de Jonathan ne faisait qu’interpréter ses mots.
— Merci, répondit-il simplement.
Il espérait que Kit reviendrait rapidement avec les boissons, histoire d’avoir quelque chose entre les mains.
Le plus jeune arriva avec leurs commandes et admira le tableau que représentaient ces deux beaux mâles pressés l’un à côté de l’autre. Il fit la moue de ne pas être à la place de Devon, mais il ne s’attendait pas à ce que Jonathan le laisse s’approcher aussi rapidement. Autrement, Kit aurait réclamé à ce que Devon aille chercher leur boisson, pour qu’il puisse se mettre à côté de Jonathan. Mais ce n’était pas grave. Devon devrait payer la prochaine tournée, donc il lui faudrait se lever. Kit prendrait sa place à ce moment-là. Il fut surpris de voir Jonathan empoigner son whisky et l’engloutir d’une traite. En général, il se montrait un peu plus tempéré.
— Tu as soif ? le taquina-t-il en regardant Devon.
Quelque chose s’était passé pendant son absence.
Devon retint un sourire face au mécontentement à peine dissimulé de Kit pour avoir dû s’installer ailleurs qu’aux côtés de Jonathan. Les anciens d’abord, gamin, pensa-t-il tout en admirant la grâce subtile avec laquelle Kit se glissa de l’autre côté de la table. Jonathan n’est pas la seule attraction de ce défi. Il prit une grosse gorgée de sa bière pour apaiser son désir.
Kit s’installa sur la banquette et s’y étala paresseusement pour prendre tout l’espace. Il observa la gorge de Devon mouvoir pour avaler sa bière, puis plongea son regard dans celui de Jonathan.
— Tu m’as l’air d’avoir chaud, mon pote, dit-il à l’intention de Devon. C’est d’être aussi proche de notre roi qui te fait cet effet ?
— C’est le devoir d’un chevalier de servir le bon plaisir de son monarque, répondit Devon, les yeux brillants.
— Eh bien, Jonathan, qu’en est-il ? lui demanda Kit avec un sourire. Qu’est-ce qui te ferait envie ?
Jonathan déglutit. Cela allait beaucoup trop loin pour lui.
— Un autre Jameson, dit-il, la voix éraillée.
— Vos désirs sont des ordres, lança Devon en venant presser l’épaule de Jonathan.
Il se leva sans enlever sa main, sachant que Kit prendrait sa place dès qu’il serait parti.
— En toutes occasions, mon roi.
Il gratifia Kit d’un clin d’œil et se rendit vers le bar.
Aussitôt que Devon eut quitté sa place, Kit contourna la table pour venir s’installer aux côtés de Jonathan, pressant sa hanche et sa jambe contre lui.
— Qu’est-ce que ça fait d’avoir un homme comme Devon Aldridge à ton service ? demanda-t-il.
Il étendit son bras sur le dossier du banc, comme pour enlacer Jonathan.
— Tu sais que tu es le fantasme de toutes les femmes de moins de quarante ans de Grande-Bretagne et probablement d’un bon nombre d’hommes aussi ?
Jonathan avait la tête qui tournait. Il était impossible de mal interpréter le commentaire de Kit. Il suggérait clairement que Devon l’appréciait. Un sourire moqueur fendit automatiquement ses lèvres, sans réelle conviction. Une heure auparavant, il aurait assuré que c’était impossible, mais à présent, il se posait la question.
— Quoi ? Pas de réponse désinvolte ?
Kit se pencha, collant presque entièrement son corps contre celui de Jonathan.
Lorsqu’il revint à leur table, Devon ne fut pas surpris de retrouver Kit aussi proche de leur conquête.
— Je croyais que Perceval était chaste ?
Il déposa leurs boissons sur la table et s’installa sur le banc opposé, en s’assurant de presser ses jambes contre celles des deux autres hommes au passage.
— J’ignorais que tu jouais dans les deux équipes, Jon. Ou prends-tu simplement les allusions de Niall au sérieux lorsqu’il dit que les chevaliers d’Arthur étaient davantage intéressés les uns par les autres que par les femmes ?
Jonathan tourna la tête pour tomber sur le regard émeraude de Devon. Une fois encore, ses paroles étaient porteuses de nombreux sens. Il ferma les yeux une seconde et s’imagina ce dont lui et Kit devaient avoir l’air à l’instant. Alors il put comprendre la raison pour laquelle Devon en était venu à une telle conclusion. Il n’avait jamais joué dans l’autre équipe, comme Devon le présentait, mais ça avait été par prudence seulement, pas par manque d’intérêt.
— Non, je…
Kit eut pitié de Jonathan et se recula un peu.
— Non, je ne faisais que le charrier, expliqua-t-il à Devon.
Jonathan engloutit son second verre de whiskey, en luttant contre cette situation et les sentiments qui lui tiraillaient l’estomac.
— Tu as une sacrée descente ce soir, Jon, fit remarquer Devon.
Son regard s’égara plus bas un instant, avant de revenir au visage de son ami. Leurs actions avaient un effet certain sur Jonathan, mais il refusait de passer à la prochaine étape dans ce club bondé et bruyant.
— Et si nous poursuivions la soirée chez moi ? J’ai un excellent scotch que j’adorerais vous faire goûter, et de cette façon, je pourrais me faire plaisir aussi.
— Cela me semble être un bon plan, répliqua Kit. Tu as une chambre pour chacun de nous si nous finissons par rester dormir. Ça signifie que tu viens aussi, Jon.
Submergé et complètement retourné, Jonathan hocha la tête d’un air fébrile. Son esprit tournait à plein régime, lisait des sous-entendus douteux chaque fois que ses amis ouvraient la bouche. Il devait tout imaginer ! Au moins, chez Devon, il pourrait leur poser la question, mais il ne pouvait décemment pas leur demander ça en public. S’il avait tort, ils en riraient, mais ils se taquinaient sans cesse, il pourrait le supporter. Ils savaient qu’ils n’iraient pas propager de quelconque rumeur à son sujet.
— Allons-y dans ce cas.
Devon termina sa bière et se releva.
— Debout, Perceval. Laisse notre homme se lever.
Alors que Kit s’écartait, Devon plongea son regard dans celui de Jonathan et tendit la main pour défaire sa prise autour de son verre vide.
— Allez, mec, le pressa-t-il d’une voix plus calme. Tu vas adorer ça, je te le promets.
Jonathan fut parcouru d’un frisson aux mots de Devon, dépourvu de toute taquinerie. Adorer ça . Oui, il pourrait se satisfaire d’un verre de scotch, mais sa phrase résonnait de tant d’autres promesses, celles d’autres choses à apprécier, d’autres plaisirs qu’il n’avait pas encore goûtés. Il secoua la tête pour éclaircir ses pensées. Le whiskey lui faisait entendre des insinuations là où il n’y en avait pas.
— Je viens, soupira-t-il.
Il se leva et suivit Kit et Devon jusqu’à la voiture.
Pas encore, mais ça viendra , pensa Kit en rejoignant le véhicule. Il fut tenté de le dire à voix haute, mais préféra attendre qu’il soit chez Devon, là où il serait plus dur pour Jonathan de s’échapper. À la place, il passa un bras autour de sa taille, comme pour l’aider à tenir debout.
Devon déverrouilla la voiture et aida Kit à installer Jonathan sur le siège passager, chacun d’eux laissant leurs mains s’attarder plus longtemps que nécessaire. Il les conduisit jusqu’à chez lui en silence, examinant le visage de Jonathan à intervalle régulier, par peur qu’ils ne l’aient effrayé. Mais heureusement, au milieu de son expression vulnérable, il ne vit que de la confusion et quelque chose qu’il espérait être de l’intérêt.
Cette course rapide offrit à Jonathan un moment de réflexion bienvenue. Il savait qu’il se méprenait sans doute sur la situation, et si c’était bien le cas, ce serait très embarrassant. Sinon, il fallait qu’il décide quoi en penser. Si Devon et Kit le draguaient vraiment, était-il d’accord avec ça ? Le voulait-il ? Avec son esprit embué par l’alcool, ce n’était pas le meilleur moment pour réfléchir, mais c’était le seul qu’il avait. S’il laissait passer cette chance, il n’en aurait sans doute aucune autre. Il avait déjà laissé passer une précédente opportunité avec un partenaire à cause de son fils, en sachant que ce se serait certainement la dernière. Mais à cet instant, il était seul avec Kit et Devon. En avait-il envie ? Il jeta un coup d’œil vers Devon et apprécia son profil. Il n’avait qu’à fermer les yeux pour visualiser le visage espiègle de Kit. En avait-il envie ? Son sexe tressaillit à cette idée. En avait-il envie ? Son corps, en tout cas, oui.
Devon gara la voiture dans l’allée et Kit se leva de son siège avant même que le véhicule soit arrêté. Il ouvrit la portière de Jonathan pour le détacher.
— Je ne suis pas un gamin, fit remarquer ce dernier. Je peux enlever ma ceinture tout seul.
Kit fit un pas en arrière et attendit. Jonathan sortit à son tour de la voiture et tomba directement dans les bras tendus du jeune homme.
— Rentrons, ronronna-t-il, les mains autour de la taille de son collègue.
Devon déverrouilla la porte d’entrée et laissa Kit conduire Jonathan à l’intérieur. Il la referma derrière eux, puis se plaça de l’autre côté de Jonathan pour passer son bras autour de ses épaules et les amener dans le petit salon. Une petite lampe luisait faiblement dans un angle, mais Devon n’en alluma aucune autre, tandis qu’il installait ses deux invités sur le canapé rembourré. Il croisa le regard de Kit par-dessus la tête de Jonathan. Il fut tenté de s’abandonner à son désir et de l’attirer dans ses bras, mais troublé comme l’était Jonathan, il n’était certainement pas prêt pour ça.
— Je vais chercher ce scotch, dit-il à la place en se dirigeant vers la cuisine.
Kit se blottit contre Jonathan sur le canapé, sa tête en travers de son épaule. Il fut tenté de l’embrasser, mais ce ne serait pas juste envers Devon. Ils s’étaient mis d’accord pour le faire ensemble. Il entreprit alors de glisser sa main sur son torse. Jonathan n’était visiblement pas le seul à ressentir les effets de l’alcool. Les deux verres de vodka que Kit avait bus altéraient sa coordination juste assez pour mal évaluer ses distances et effleurer directement le mamelon de Jonathan.
Ce dernier tressaillit à son contact.
— Kit ? l’interrogea-t-il en plongeant dans ces yeux noirs de désir. Que se passe-t-il ?
Devon répartit la bouteille de scotch dans trois verres, avant de revenir juste à temps pour entendre la question hésitante de Jonathan. Il ignorait ce qu’avait fait Kit pour la soulever. Mais maintenant qu’elle était sur le tapis, il fallait y répondre.
— Si tu demandes, c’est que nous n’avons pas fait un très bon boulot, murmura-t-il.
Il déposa les verres sur la table et retrouva sa place aux côtés de Jonathan. Face à la réponse de Devon, celui-ci gloussa en comprenant qu’il n’avait pas mal interprété les actes de ses amis. Peut-être qu’il pourrait le faire. Peut-être qu’il pourrait enfin se laisser aller à toutes ses inhibitions et explorer cette partie de lui qu’il avait toujours réfuté.
— OK, je pense que j’aurais mieux fait de demander : pourquoi ?
— T’es-tu regardé dans un miroir récemment ? répliqua Kit. Il faudrait être aveugle pour ne pas avoir envie de toi. Et étant donné que nous ne parvenions pas à nous décider lequel de nous deux aurait la chance de te séduire, nous avons décidé de le faire ensemble.
— Vous avez toute mon attention, assura Jonathan. Que comptez-vous en faire ?
Le défi contenu dans la voix de Jonathan n’était sans doute qu’une bravade, mais Devon n’allait pas manquer d’y répondre.
— Ça.
Il vint prendre le visage de son ami en coupe et le tourna jusqu’à ce qu’il puisse atteindre ses lèvres qu’il mourrait d’envie de goûter depuis le début de la soirée. Ce premier contact fut tendre et doux, mais à mesure que Jonathan gigotait sous lui, il se laissa aller et dévora sa bouche, laissant l’homme prendre conscience de son désir au passage.
En dépit du fait qu’il savait que c’était ce qu’ils avaient eu en tête, le baiser de Devon prit Jonathan de court. C’était étrange de sentir une barbe effleurer ses lèvres, mais pas déplaisant. Il lui rendit son baiser avec hésitation, une réaction qui rencontra un franc succès à en juger par la façon dont Devon approfondit leur échange. Jonathan pouvait goûter la bière que son ami avait bue un peu plus tôt, tout comme Devon devait sentir le whiskey sur sa langue. Lorsqu’ils se séparèrent enfin, les yeux rivés l’un sur l’autre, Kit réclama de l’attention.
— Mon tour, déclara-t-il.
Il tourna le visage de Jonathan pour pouvoir l’embrasser, lui aussi. Ce baiser était différent du premier, autant que l’étaient ces deux hommes. Celui de Devon était affamé, presque exigeant, alors que celui de Kit était plus taquin, plein d’attentes. Tous deux avaient énormément de charme.
Lorsque Kit libéra sa bouche, Jonathan les regarda tour à tour, incertain.
— Donc, vous voulez… me partager ?
— C’est ça, dit Devon en s’asseyant sur la table basse, les yeux rivés sur Jonathan. Seulement, si c’est ce que tu le veux. Est-ce le cas ?
Il avait senti Jonathan répondre à son baiser, vu son désir dans ses yeux, mais il voulait, non, il avait besoin de l’entendre le dire à voix haute avant d’aller plus loin.
Jonathan tenta de formuler une réponse, mais il réalisa qu’il n’avait aucune référence sur laquelle se baser pour le faire.
— Je ne sais pas ce que je veux. Je sais que j’aime passer du temps avec vous deux. Je sais que vos sous-entendus au bar, vos baisers et l’idée d’en apprendre plus m’excitent beaucoup. Mais je ne sais pas jusqu’où je suis prêt à aller. Bon sang, il y a une heure encore je jurais que je ne coucherais jamais avec un collègue. Et même s’il ne s’agissait pas d’un autre acteur, je n’aurais jamais osé me laisser aller avec un homme.
— Enfin un domaine dans lequel j’ai plus d’expérience que toi, plaisanta Kit avant de reprendre un air plus sérieux. Ça n’a rien d’une science exacte, Jon. Ce n’est pas si différent du sexe avec une femme. Il s’agit uniquement de faire du bien à ton, ou à tes partenaires.
Devon reprit le visage de Jonathan entre ses paumes, les yeux noirs de désir.
— Il n’y a aucune règle ici, rien que tu n’aies à surmonter. Nous ne te demanderons rien de plus que ce avec quoi tu es à l’aise. Tout ce que nous voulons, c’est te donner, nous donner du plaisir.
Il descendit de la table et s’agenouilla devant Jonathan. Il pressa leurs fronts l’un contre l’autre, leurs lèvres presque soudées.
— Nous laisserais-tu le faire, Jon ? Te montrer à quel point cela peut être bon ?
— S’il te plaît ? ajouta Kit en penchant sa tête contre les leurs.
Jonathan accepta, tandis que leurs paroles rassurantes se frayaient un chemin jusque dans son esprit. Ils étaient ses amis. Il pouvait leur faire confiance. Et si cela devenait trop pour lui, il pourrait leur demander d’arrêter.
— Tant que vous gardez à l’esprit que je n’ai aucune idée de ce que je fais.
— Nous allons prendre soin de toi, promit Kit. Pas vrai, Devon ?
— Oh que oui, approuva ce dernier.
Il combla le vide entre eux et reprit possession des lèvres de Jonathan, laissant sa langue se glisser entre elles pour le titiller et l’exciter.
— Si tu n’es pas à l’aise, dis-le-nous. Même chose si tu as envie de quelque chose en particulier.
— Je le ferai.
Jonathan laissa sa langue entamer une valse avec celle de Devon, avant de tourner la tête pour embrasser Kit.
Devon les observa tous les deux et réalisa quelque chose en voyant Kit se cambrer contre lui. Ils ne s’étaient pas donnés le temps de discuter des spécificités de cette nuit, comprit-il en riant intérieurement. Aucun d’eux n’avait sans doute eu assez d’espoir pour croire qu’ils en arriveraient là. Il fut également surpris de constater que voir ces deux-là s’embrasser était presque aussi excitant que d’embrasser Jonathan lui-même. Lorsque Kit mit fin au baiser tout aussi enthousiaste, Devon su que cela être allait être encore meilleur que dans ses rêves. Il attira Jonathan et Kit dans ses bras et étreignit ses deux futurs amants contre lui.
— Continuons dans la chambre, proposa-t-il d’une voix rauque.
Kit hocha vivement la tête. À trois, s’embrasser sur le canapé était déjà difficile. Alors faire l’amour serait certainement impossible, en particulier s’ils voulaient rendre la chose aussi agréable que possible pour Jonathan. Il se demanda de quelle façon se poursuivrait la nuit, mais il supposa qu’il n’avait cas suivre Devon. Après tout, il avait de l’expérience, au contraire de Jonathan. Cette simple idée suffit à le faire frissonner de désir. Il était pratiquement certain de n’avoir jamais couché avec un vierge avant ça.
Jonathan se leva doucement. Aussi étrange que cela aurait dû paraître, il n’était pas mal à l’aise. Nerveux, certes, mais il n’avait pas peur. Kit et Devon l’avaient enveloppé dans un cocon d’envie brûlante et rien de mal ne pouvait les atteindre. Il sourit aux deux hommes, toujours assis, l’un sur le canapé, l’autre sur la table basse.
— C’est quand vous voulez, leur dit-il.
Il réalisa, ravi, que rien n’avait changé. Il pouvait toujours les taquiner, comme il l’avait toujours fait.
Devon les conduisit à l’étage, jusqu’à sa chambre, laissant toute l’anticipation s’ajouter à leur désir grandissant. Aussitôt furent-ils dans la pièce sombre, éclairée par les rayons de la lune filtrant à travers les rideaux, il attira Jonathan dans une étreinte, une main pressée contre son crâne, tandis que l’autre ouvrait les boutons de sa chemise en flanelle.
Refusant d’être mis à l’écart, Kit se colla contre le dos de Jonathan, et se frotta légèrement à lui, tout en détachant le jean de ce dernier. Il savait que Jonathan portait un boxer – il l’avait vu l’enfiler – alors il n’était pas inquiet d’aller trop loin. Dès que le pantalon fut ouvert, il laissa sa main glisser sur le tissu fin, avant de remontrer sur la peau découverte de Jonathan, maintenant que Devon avait défait les boutons de sa chemise.
Jonathan se sentit pris de vertige, mais cette fois-ci, ce n’était pas dû au whiskey. Les lèvres de Devon recouvraient les siennes, tandis que ses mains détachaient son haut. Ce simple fait suffisait à éveiller ses sens. Puis il sentit Kit presser son érection contre ses fesses, tout en déboutonnant son pantalon. Et lorsque ce qu’il devina être les mains de Kit se posèrent sur la peau de son ventre et commencèrent à le caresser, il s’abandonna à sa propre folie. C’était bien trop bon pour penser à quoi que ce soit d’autre.
Devon tira la chemise de Jonathan sur le côté et fit glisser ses paumes sur les méplats légèrement poilues de son torse. Il pouvait apercevoir Kit en train de bouger derrière Jonathan et défaire son pantalon. Ajouter cela à ses propres caresses et il sentit Jonathan se mettre à trembler en réponse à ce double assaut. Devon pencha la tête et déposa une ligne de baisers le long de la gorge de son collègue, avant de se mettre à genoux pour atteindre le niveau du dessous. Arrivé à la taille de Jonathan, il baissa son jean sous ses hanches. Puis il passa ses bras autour de Kit pour le presser davantage contre le dos de Jonathan. Au même moment, ses lèvres découvrirent l’un de ses mamelons tendus. Il les titilla jusqu’à les rendre complètement durs, avant de les malmener entre ses dents.
Jonathan rejeta la tête en arrière dans un gémissement, tandis que la bouche de Devon se refermait sur son mamelon, la rugosité de sa barbe contre sa peau et le sexe de Kit plus fermement plaqué contre ses fesses. Il fit glisser ses doigts dans les cheveux longs de Devon et l’encouragea à sucer plus fort sur le douloureux bouton de chair. Puis, il sentit la bouche de Kit sur son cou, le mordillant. Il était sur le point de lui rappeler de ne pas laisser de marque, lorsque ses dents glissèrent plus bas, s’attardant sur la courbe de son épaule, juste au-dessous de la ligne de son costume. Son dos se cambra sous la délicieuse douleur.
— Plus fort, pria-t-il.
Mais lui-même ignorait auquel des deux s’adressait réellement sa demande.
En entendant Jonathan gémir, la hampe de Devon se gonfla dans son pantalon large. Il se doutait que Jonathan serait réceptif, mais il ne s’attendait pas à ce qu’il partage ses goûts un peu brusques. Il s’attarda sur l’autre partie du torse de Jonathan et offrit le même traitement à son autre mamelon : une caresse, avant de le mordre un peu plus fermement, en prenant soin de ne pas aller trop loin. Ils auraient tout le temps d’exploiter les limites de Jonathan une autre fois. Ce soir, ils ne faisaient que commencer. Il tira doucement sur le mamelon distendu et libéra l’une de ses mains pour glisser le jean de Jonathan le long de ses jambes. Une fois débarrassé du vêtement, Devon fit remonter ses mains le long de ses cuisses avant d’empoigner l’érection de Jonathan à travers son boxer.
La mâchoire de Kit se crispa automatiquement en entendant la plainte de leur ami. Dans un réflexe, ses hanches poussèrent vers l’avant et se frottèrent contre le postérieur enflammé de Jonathan. Il pouvait imaginer la chaleur qui l’entourait, l’oppressait et dont il ressentait tant de plaisir. Il prit à son tour l’érection de leur partenaire entre ses mains et le caressa par-dessus celle de Devon. Il releva la tête de l’épaule de Jonathan pour jeter un coup d’œil à son autre compagnon.
— Déshabille-toi, lui proposa-t-il. Je m’occupe de Jon.
Je m’occupe de Jon. Ces mots résonnèrent en écho dans la tête du principal concerné, tandis que Devon se pressait contre lui, l’embrassait, avant d’embrasser Kit. Il était fasciné par la façon dont il était libérateur de se savoir soutenu par quelqu’un et qu’il n’avait pas à prendre les choses en charge comme ça avait été le cas dans ses expériences passées. Il se demanda si la dynamique du sexe homosexuel était toujours la même, ou si ces deux hommes étaient les seuls responsables. Il se cala davantage dans les bras de Kit et se délecta des baisers et morsures tendres qu’il lui prodiguait, tout en observant Devon se débarrasser de ses vêtements. Jonathan n’aurait pas su dire ce qui rendait ce spectacle si envoûtant. Il avait déjà vu Devon enfiler et retirer son costume un tas de fois, alors cela ne devrait plus avoir quoi que ce soit de spécial. Sauf que ce soir-là, Devon se déshabillait pour lui. Et en voyant son boxer tomber au sol, Jonathan réalisa qu’il était complètement dur. Il était incapable de détourner les yeux. Il savait à quoi ressemblait une érection – il avait déjà eu assez à faire avec la sienne –, mais c’était celle d’un autre homme. Il était responsable de son état. Elle était pour lui. Et une autre se trouvait toujours plaquée contre ses fesses.
Étant donné la façon dont son sexe palpitait contre sa braguette, Devon n’eut pas à y réfléchir deux fois. Il se redressa et se colla momentanément contre son partenaire, muant leurs corps l’un contre l’autre pour laisser Jonathan sentir toute la dureté de son membre. Il récupéra ses lèvres entre sa bouche, et glissa sa langue sur la sienne, tout en pressant leurs érections ensemble, un râle de plaisir au fond de la gorge. Il se recula et passa une main par-dessus l’épaule de Jon pour attirer Kit dans un baiser d’une ferveur similaire, malgré l’absence de contact entre leurs corps. Légèrement essoufflé, il fit un pas en arrière et se débarrassa de ses vêtements. Il lâcha un soupir de soulagement lorsque son sexe fut libéré de la pression de son boxer.
Il grimpa sur le lit et s’installa sur le dos, pendant que Kit continuait de caresser et mordiller Jonathan. Devon les observa depuis le lit, les yeux voilés. Il voyait ses hommes presque nus quotidiennement, alors qu’ils se changeaient dans leur caravane, mais il ne s’était jamais autorisé à les regarder de cette façon, comme des amants. Jonathan était fin et bien musclé, son torse et ses membres parcourus d’une attrayante toison douce que Devon mourrait d’envie de sentir contre lui. Kit était plus svelte, presque mince et la douceur de sa peau hâlée était tout aussi séduisante.
— Venez ici, tous les deux, les invita-t-il en s’appuyant sur ses coudes.
Il écarta les jambes pour caresser légèrement son pénis tendu.
La commande de Devon encouragea Kit. Il cessa de s’amuser et aida Jonathan à se défaire du reste de ses vêtements. Après l’avoir repoussé sur le lit, il se déshabilla à vive allure et s’installa à son tour, prêt à faire l’expérience de tous les plaisirs que leur promettait cette soirée. Ces deux corps l’attiraient, des centimètres carrés de peaux viriles et dures dans l’attente d’être explorées, vénérées, dévorées. Seigneur, il adorait les hommes mûrs. Et à cet instant, il en avait deux à satisfaire – et pour le satisfaire. C’était son jour de chance.
Déséquilibré par la poussée de Kit et par ses propres émotions, Jonathan s’agenouilla au bord du matelas et rampa en avant. Il marqua une pause en arrivant au niveau de Devon, ne sachant pas quoi faire ensuite.
En constatant l’hésitation chez Jonathan, Kit se plaça sur le lit, derrière lui et déposa toute sa longueur sur sa colonne vertébrale comme pour l’encourager à avancer vers et sur Devon.
Ce dernier grogna doucement en sentant le poids de Jonathan sur lui, soutenu par la pression de Kit dans son dos.
— Je prends le relai, assura-t-il au plus jeune.
Il écarta les jambes et installa Jonathan entre elles tandis que Kit roulait sur le côté. Il fit courir ses mains sur le dos de Jonathan et l’embrassa fougueusement, avant d’empoigner l’une de ses fesses. Pressé vers l’avant, il engloutit le gémissement de leur collègue lorsque leurs membres glissèrent l’un contre l’autre pour la première fois sans la barrière de leurs vêtements. Jonathan se tendit contre lui, geignant dans leur baiser à ce simple contact. Aussi merveilleux que cela pouvait être, ce n’était pas de cette façon que Devon voulait les voir jouir pour la première fois. Il mit fin au baiser et appuya son front contre celui de Jonathan, en luttant pour reprendre contenance.
— Dis-moi ce que tu veux, lui ordonna-t-il.
Il se dit que Jonathan ne savait sans doute pas quoi demander, mais il sentait qu’il avait le devoir de lui poser tout de même la question.
— Je ne sais même pas par où commencer, répliqua Jonathan sans cesser de se presser contre le corps de Devon.
Il savait seulement à quel point c’était bon et qu’il ne voulait pas s’arrêter.
— Vous allez devoir me montrer.
Kit se délecta à cette idée, mais la lueur qu’il perçut dans les yeux de Devon lui fit comprendre que ce dernier avait déjà un plan. Il pouvait attendre de voir de quoi il retournait avant de faire ses propres suggestions, si nécessaires.
— Il y a de nombreuses façons de faire l’amour à un homme, expliqua Devon à Jonathan en agrippant ses hanches pour le stabiliser. Queue contre queue, en fait partie, mais aussi bon que cela puisse être, ce n’est pas de cette façon que je veux te faire jouir pour la première fois.
Il tourna Jonathan entre ses bras afin qu’il puisse faire face à Kit et positionna son sexe contre le creux de ses fesses. Il n’avait pas demandé à Kit quelles étaient ses préférences, mais il se doutait que cela ne lui poserait pas de problème.
— Avec le temps, nous pourrons toutes les explorer, mais ce soir, nous allons commencer par les bases. Tu vas faire l’amour avec Kit, murmura-t-il contre l’oreille de Jonathan. Ensuite, je te prendrai à mon tour.
Jonathan se sentit pris d’un frisson aux mots de Devon.
— Oui, répondit-il doucement. Oui, c’est ce que je veux.
Il reporta son attention sur Kit.
— Si ça te convient.
Si ça lui convenait ? Kit se ravit de cette proposition
— Je pense que ça ira.
Il s’installa sur le ventre et s’offrit aux deux plus âgés.
— Faites-vous plaisir.
Devon caressa l’épaule de Kit et le tourna pour qu’il puisse leur faire face.
— Ce serait sans doute plus simple pour Jonathan s’il te voit pour sa première fois, suggéra-t-il en faisant courir ses doigts sur les boucles brunes et indisciplinées de Kit. Et de cette façon, j’ai le plaisir de pouvoir te regarder aussi.
Guider Jonathan pour satisfaire Kit n’allait qu’augmenter son propre désir.
— Montre-lui par où commencer, Kit, l’encouragea Devon. Je vais chercher ce qu’il faut.
L’intéressé sourit, avant d’empoigner la main de Jonathan pour la guider sur son érection.
— Contente-toi de répéter ce que tu fais quand tu es seul, lui dit-il. Ça me fera du bien, à moi aussi.
Jonathan observa sa main enroulée autour du sexe de Kit. Ce n’était pas vraiment différent du sien, excepté pour l’angle de prise. Il caressa la peau soyeuse dans une première tentative.
— Ça va aller, Jon. Tu peux y aller plus fermement. Cela ne va pas me briser, lui assura Kit.
Devon se glissa dans le dos de Jonathan et agrippa doucement ses hanches étroites pour venir faire de nouveau glisser son membre entre ses fesses. Il baissa la tête et fit courir sa langue sur sa colonne vertébrale. Il mordilla la peau tendre de son épaule et suça la chair meurtrie, sous les grognements de plaisir de son amant.
Jonathan s’habituait doucement à avoir le sexe d’un autre homme entre ses mains lorsqu’il sentit Devon se frotter contre lui. Ses hanches tressaillirent quand ce dernier effleura ses fesses. C’était une réaction qu’il allait devoir maîtriser. Il prit une profonde inspiration et suivit le rythme imposé par Devon, essayant de s’habituer à la sensation et de se débarrasser de cette petite voix qui lui commandait d’éviter un contact pareil. Lorsque les lèvres de Devon se refermèrent sur ce même point que Kit avait sucé un peu plus tôt, il poussa ses hanches en arrière en guise de réponse, planquant instinctivement ses fesses contre Devon.
Après avoir lâché un grognement de mécontentement distinct face au manque d’attention de Jonathan, Kit referma ses propres doigts autour de l’érection de son amant. Il le caressa vers le haut, jusqu’à la pointe sensible. Il taquina cette boule de nerfs du bout du pouce et essuya le méat, arrachant un nouveau gémissement à Jonathan. Fier de lui, Kit se pencha pour lui murmurer quelque chose à l’oreille.
— Que préfères-tu ? Ma main sur ta queue ou la queue de Devon contre ton cul ?
— Les deux, lâcha Jonathan.
Il aurait pu en dire plus, ou essayer, mais les lèvres de Kit vinrent capturer sa bouche et le privèrent d’oxygène.
— Tu aimes ça, pas vrai ? grogna Devon.
Il écarta les fesses de Jonathan afin de pouvoir presser son sexe directement contre la chair tendre qui se trouvait entre elles.
— Tu aimes sentir ma queue à cet endroit, te titillant, s’humidifiant pour toi ? Tu commences à te demander ce que ce serait de me sentir enfoui en toi, en train de bouger, de pousser… d’aller et venir ?
Il poursuivit ses va-et-vient lents et doux entre les fesses de Jonathan, les recouvrant du liquide pré-séminal qui s’écoulait de son gland.
Jonathan cessa d’embrasser Kit, à bout de souffle, tout en essayant de formuler une réponse intelligible aux questions de Devon. Il jugea finalement qu’un « Oui ! » serait une réponse suffisante.
Devon se pencha sur son épaule afin de reprendre ses lèvres gonflées par les baisers de Kit et les mordiller.
— Tu vas en avoir encore plus envie, lui promit-il entre deux morsures aussi tendres que vives.
Après avoir enduit l’un de ses longs doigts de lubrifiant, il en versa sur son sexe, ajouté à l’humidité déjà présente entre les fesses de Jonathan, avant de venir titiller son anus plissé et contracté à son contact.
— Tu vas en avoir tellement envie que tu vas me supplier de continuer. Et grâce à toi, Kit va ressentir la même chose.
— Dis-moi comment, le supplia Jonathan en pressant sa main autour du sexe de Kit. Dis-moi comment faire.
— Continue, répliqua Kit en poussant contre la prise soudainement serrée de Jonathan.
Il savait que les mots de Devon étaient faits pour enflammer les sens de Jonathan, mais les images qu’ils évoquaient avaient un effet tout aussi puissant sur Kit. Il pencha sa tête contre le torse de Jonathan et mordit ses mamelons rosés pour le rendre aussi fou qu’il l’était lui-même par ses caresses.
— Donne-moi l’une de tes mains, ordonna Devon.
Il versa une bonne dose de lubrifiant sur les doigts tremblants de Jonathan, avant de les guider de nouveau sur le postérieur de Kit. Il lui fit entamer ce même mouvement lent et fluide que son autre main traçait entre les fesses de Jonathan.
— Comme ça, lui dit-il doucement.
Il retira sa main et rajouta davantage de lubrifiant sur le bout de ses doigts.
— Tu dois l’étirer, faire en sorte qu’il soit suffisamment détendu pour t’accueillir.
Kit et Jonathan gémirent à l’unisson en entendant ses mots. La hampe de Devon se tendit et palpita en guise de réponse.
— Maintenant, tout ce que je te fais, tu dois le répéter sur Kit, expliqua-t-il à Jonathan en venant faire tourner l’un de ses doigts autour de son entrée étroite.
Kit se réinstalla sur le dos, les jambes écartées et libéra le mamelon de Jonathan pour lui offrir un accès total à son corps. Il empoigna les draps, tout en se préparant à vivre ce qui serait sans doute la plus érotique des séances de torture qu’il ait connues de toute sa vie. Il savait que Devon serait minutieux avec Jonathan, donc ce dernier le serait tout autant avec lui. Non pas qu’il s’en plaigne, évidemment. Il n’avait juste pas besoin du même niveau de préparation que Jonathan. Excité comme il l’était, il n’en avait pas besoin du tout, mais cela ne semblait pas être une option.
Jonathan réchauffa le gel entre ses doigts, étudiant sa texture, avant de venir mimer les gestes de Devon. Il pressa l’un d’eux contre l’orifice de Kit et y effectua plusieurs mouvements circulaires pour le titiller sans jamais le pénétrer. Bon sang, il en avait tellement envie pourtant. Avec précaution, Jonathan poussa contre l’anneau de muscles jusqu’à ce que le bout de son doigt glisse à l’intérieur, jusqu’à la première phalange. Il sourit en entendant Kit gémir de plaisir. Visiblement, il se débrouillait bien.
À l’inspiration vive de Kit, Devon devina que Jonathan avait sauté une étape de la leçon. Il claqua ses fesses avec malice, assez fort pour le taquiner, sans lui faire mal. Au même moment, il inséra son propre doigt dans son canal étroit et s’interrompit en sentant ses muscles se resserrer autour.
— Tu ne vas pas reculer maintenant, si ? se plaignit-il en bougeant son doigt pour s’assurer d’avoir toute son attention. Parce que nous pouvons toujours nous arrêter là.
Sous la claque de Devon, Jonathan tressaillit instinctivement sans pour autant ressentir de douleur. Ça ne l’avait même pas cinglé. C’était juste… Il ne savait pas ce que c’était et il n’avait pas le temps d’y réfléchir, pas alors que le doigt de Devon se frayait un chemin en lui.
— Non, ne t’arrête pas, le pria-t-il. Je ferai tout ce que tu me diras. Juste, ne t’arrête pas maintenant.
Devon en eut le souffle coupé. Même s’il avait prévenu Jonathan que cela arriverait, l’entendre le supplier de cette façon, se résigner à faire tout ce que Devon lui demanderait, était terriblement excitant. Il pressa son doigt plus profondément dans l’intimité de Jonathan, jusqu’à ce que son poing repose contre ses fesses musclées.
— Enfonce-le aussi loin que possible, lui commanda-t-il d’une voix rauque en même temps. Bouge-le. Fais-le aller et venir, il peut le supporter sans problème.
Jonathan s’exécuta et explora d’abord doucement les fesses de Kit, jusqu’à ce que celui-ci se mette à gigoter contre son doigt.
— Juste là ! lâcha-t-il alors que Jonathan heurtait cette boule de nerf en lui. Oh, putain ! Recommence.
Jonathan obéit à sa requête, sachant que Devon n’y verrait pas d’inconvénient. Il pressa son doigt contre le morceau de chair et frissonna lorsque les hanches de Kit vinrent à la rencontre de sa main pour correspondre ses mouvements.
— Tu apprends vite, dis-moi, gloussa Devon en comprenant que Jonathan avait trouvé le point sensible de Kit. Je parie que tu étais toujours en avance à l’école.
Après tâtonnement, il trouva à son tour le centre du plaisir de Jonathan.
— Ça , c’est ta prostate, l’informa-t-il. Et c’est sacrément fantastique quand tu fais ça .
Il effectua plusieurs mouvements fermes et lents autour de cette boule de nerfs, jusqu’à ce que Jonathan arque son dos contre lui.
Ce dernier tenta de reproduire les caresses de Devon sur la prostate de Kit, mais il lui était impossible de se concentrer. Pourtant, Kit continuait de gémir sous son toucher, alors il ne devait pas trop mal s’en sortir.
— Bon sang, Devon, ne prends pas toute la nuit, lui hurla Kit.
Les doigts de Jonathan l’amenaient déjà si proche de l’orgasme, qu’il ne se voyait plus attendre ce sexe dont il avait tant envie.
— Prépare-nous, qu’il puisse enfin me baiser.
— Tu ne comptes pas être toujours aussi exigeant, j’espère ? l’interrogea Devon. Tu n’auras rien tant que Jonathan ne sera pas détendu et prêt, alors sois patient.
Il supposa que Kit n’avait pas besoin d’autant de préparations que Jonathan, mais il allait s’assurer que son amant apprécie sa première fois autant que Devon le voulait. Lentement, il ajouta un second doigt et les courba en lui.
— Dis-moi ce que tu ressens, lui demanda-t-il.
Il avait besoin de savoir si Jonathan allait bien.
Devon voulait le faire parler ?
— Rempli, parvint à répondre l’intéressé. Bien.
Ce furent les seuls mots qu’il fut en mesure de prononcer. Il espérait que c’était suffisant pour Devon, parce qu’il se sentait incapable d’être cohérent, alors que son corps se faisait pénétrer et étirer pour la première fois.
Cela dura un moment, et Kit geint en guise de protestation, pour que Jonathan reprenne ses propres caresses, qu’il lui fasse ce que Devon lui faisait. Doucement, il retira son doigt de sa chaleur et en réinséra lentement deux, légèrement courbés. Enfin, cela aurait été lent si Kit ne s’était pas pressé contre sa main pour enfoncer ses doigts le plus profondément possible.
— Plus, commanda-t-il à Jonathan.
Mais il n’était pas certain que ce dernier l’écoutait.
Convaincu par les mots de Jonathan – ou plutôt par son manque de cohérence – qu’il ne souffrait pas, Devon ajouta un troisième doigt. Une fois qu’il fut en mesure de les faire aller et venir sans difficulté, il commença à les étirer pour détendre son canal, heurtant la prostate de Jonathan assez souvent pour le maintenir aux portes du septième ciel. Jonathan bougea au rythme de ses caresses, avec l’envie d’en avoir plus.
— C’est ça, l’encouragea Devon, chevauche mes doigts. Est-ce bon ? En veux-tu davantage ? Sentir ma queue en toi, en train de te remplir ?
La question en elle-même constituait tout juste ce que Jonathan pouvait endurer.
— Oui, hurla-t-il à nouveau.
Il tenta d’émuler les bons soins de Devon sur Kit, tout en ayant conscience qu’il n’y parvenait pas.
— Je t’en prie. Putain ! Devon !
— C’est bien, Jon, soupira Kit sous lui. Étire-moi. J’ai tellement hâte de te sentir.
Devon aurait pu embrasser Kit pour ses paroles, mais il ne voulait pas troubler la concentration de Jonathan.
— Tu t’en sors très bien, l’encensa-t-il.
Il jugea que Jonathan était aussi prêt que possible. Il restait une chose à faire pour s’assurer qu’il était complètement détendu. Devon récupéra un préservatif à côté de lui et le fit rouler sur l’érection humide de Jonathan. Devon aurait souhaité qu’ils se passent de protection, mais bien entendu, il fallait qu’ils s’assurent être en parfaite santé tous les trois. Peut-être que s’ils restaient ensemble, et qu’ils se faisaient dépistés… Devon secoua la tête, se refusant à penser aussi loin dans le futur. Il réchauffa une noisette de lubrifiant dans sa paume et en appliqua sur le préservatif. Kit n’avait sans doute pas besoin de davantage de lubrification, mais ce n’était qu’une façon d’éduquer et de rassurer Jonathan. Devon savoura la sensation de ce membre épais entre ses doigts le temps de quelques caresses supplémentaires, jusqu’à ce que Jonathan ne soit plus réduit qu’à une symphonie de gémissements. Après une dernière attention contre la prostate, il retira ses doigts et le poussa doucement vers l’avant.
— Maintenant tu sais ce que Kit ressent, lui dit-il. Donne-lui ce qu’il veut.
— Comment ? commença à demander Jonathan.
Mais Kit posa ses mains sur lui et le guida entre ses jambes, alignant son sexe contre son entrée qu’il titillait encore quelques minutes plus tôt.
— Prends ton temps, lui dit Kit. Vas-y doucement, tranquillement.
Jonathan se pressa contre la résistance de muscles et hésita en voyant qu’il ne pouvait pas le pénétrer immédiatement.
— Un peu plus fort, l’encouragea Kit. J’ai hâte de te sentir en moi.
Jonathan déglutit et y alla plus fermement. Son gland le pénétra enfin. Kit gémit, mais aucun signe de douleur n’était visible sur son visage. Jonathan ferma les yeux un moment et savoura la sensation de cet anneau étroit refermé autour de son érection et sa chaleur incroyable, même avec un préservatif.
Devon ne se serait jamais envisagé comme un voyeur, mais voir Kit guider Jonathan jusqu’à son entrée, la pointe de son sexe pressant doucement à l’intérieur et ces expressions sur leurs visages, tout cela était bien plus érotique que ce qu’il aurait imaginé. Il pouvait ressentir leurs sensations, à mesure que Jonathan glissait plus profondément, arrachant un gémissement étouffé à Kit. Il caressa sa propre érection. Jonathan était naturellement doué pour ça.
Et c’est ce que ce dernier pensa aussi. Aussitôt fut-il ancré en Kit, il sut que c’était juste. C’était bien trop bon pour qu’il en soit autrement. Bien qu’il l’ait étiré, Kit était serré autour de lui, bien plus que toutes les femmes avec lesquelles Jonathan avait fait l’amour, et si réceptif, à gémir, soupirer, gigoter et se presser contre lui sous l’extase. Savoir Devon ici, à les regarder, les excitait davantage que cela ne les rebutait.
Les va-et-vient lents et profonds de Jonathan rendirent Kit complètement fou. Il n’eut aucun mal à trouver sa prostate. Son sexe l’effleurait à chaque coup de reins, au plus grand plaisir de Kit. Il regarda par-delà l’épaule de Jonathan et rencontra le regard de Devon. Il ignorait s’il lui arrivait d’être passif, mais si c’était le cas, il lui recommanderait sans problème de laisser Jonathan le baiser. Et ce n’était que sa première fois. Kit ne put qu’imaginer ce qu’un peu d’expérience lui apporterait.
Les lourds gémissements et grognements qui s’échappaient de la gorge de ses deux amants commencèrent à avoir raison de Devon. Il voulait les embrasser, tous les deux, sentir leurs cris de plaisir vibrer contre sa bouche. Il voulait lécher le voile de sueur qui luisait sur le dos de Jonathan, mordre les tendons apparents sur le cou de Kit, tandis qu’il accueillait leur collègue plus loin encore en lui. Il voulait s’enfouir au creux de Jonathan, sentir sa chaleur et son étroitesse autour de lui, lui faire agripper les draps comme il arrivait à le faire faire à Kit…
Jonathan, lui, voulait faire durer cet instant, pour le plaisir de Kit autant que pour le sien, mais il n’y avait que peu de chance qu’il y arrive, en sachant qu’il n’avait pas eu de relation intime depuis longtemps et combien le corps de Kit était chaud et serré. Et encore plus avec la façon dont la présence de Devon l’excitait, à regarder, à attendre. À les vouloir. Il accéléra ses mouvements, en quête de sa jouissance.
Sous lui, les gémissements de Kit s’intensifièrent.
— Putain ! Jonathan, il faut que…
Un coup de reins particulièrement bien placé coupa le souffle de Kit et la suite de sa phrase mourut au creux de sa gorge.
Devon ne voulait pas paraître égoïste, mais Kit semblait plus que prêt, et plus tôt il jouissait, plus vite il pourrait faire l’amour à Jonathan.
— Touche-le, Jon, lui ordonna-t-il d’une voix éraillée. Touche sa queue, caresse-la. Il est proche, aide-le.
Il inspira vivement lorsque le premier contact de Jonathan sur le sexe de Kit, lui arracha un sanglot.
— C’est ça, tu le sens. Fais-en sorte que Kit le sente aussi. Fais-le jouir.
Encouragé par le hurlement de Kit, Jonathan resserra sa prise et le masturba au rythme de ses hanches. Il avait désespérément besoin de jouir, mais il n’était pas du genre égoïste. Kit devait venir en premier.
— Tu… es… proche ? soupira-t-il en accélérant ses coups de reins et les mouvements de sa main.
Kit tenta de répondre, mais sa jouissance le prit par surprise, muant ses mots en un long et lourd cri de passion, son corps recroquevillé vers l’avant, envahi par l’orgasme.
Sentir Kit convulser contre lui envoya Jonathan au-delà du précipice à son tour. Son rythme s’altéra alors qu’il continuait à aller et venir au creux de Kit et il y libéra sa semence. Il retomba sur son jeune partenaire, le souffle court. Il espérait ne pas l’écraser, mais il était incapable de bouger pour le vérifier.
— Ah putain, grogna Devon en serrant sa propre hampe afin de retarder sa jouissance.
Voir ces deux-là se donner mutuellement du plaisir l’avait rendu douloureusement dur. Il inspira plusieurs fois pour se calmer, avant de se rapprocher de ses amants rassasiés. Il fit glisser sa paume sur le dos en sueur de Jonathan et sur l’épaule tremblante de Jonathan, le temps qu’ils recouvrent.
Entendre la voix de Devon et sentir sa main suffirent à ramener Jonathan sur Terre. Il retint le préservatif et le retira doucement, avant de s’écrouler aux côtés de Kit. Il savait qu’il devait nouer le plastique et le jeter, mais il n’était pas encore remis au point de penser pragmatique. À la place, il tourna la tête pour embrasser Kit.
Ce dernier sentit une main, qu’il devina être celle de Devon, sur son épaule alors que Jonathan se retirait. Mais son amant glissa son nez sur sa joue et réclama de nouveau son attention. Il pencha la tête et répondit à son baiser, doux et tendre cette fois-ci. Du moins, Kit le considérait comme ça. C’est ce qu’il ressentait. Il s’étendit sur le dos dans un soupir après que Jonathan eut mis fin au baiser pour se débarrasser du préservatif.
— Et ensuite ? demanda Kit.
Devon fit rouler Jonathan sur le côté et s’abandonna à son propre désir de l’embrasser. Un baiser fait de langues qui s’entremêlent et de dents qui s’entrechoquent, jusqu’à ce qu’ils soient tous les deux à bout de souffle.
— Maintenant, je vais te faire l’amour, répondit-il en relevant le visage de l’homme pour plonger dans son regard assombri. Si c’est toujours ce que tu veux.
Jonathan aurait sans doute pris le temps d’y réfléchir si Devon avait dit quoi que ce soit d’autre, mais ayant le choix, et sachant qu’il pouvait arrêter s’il le souhaitait, il eut le courage de répondre :
— Je le veux.
— Bien, grogna doucement Devon. Parce que c’est ce que je veux aussi.
Il déposa un dernier baiser sur les lèvres entrouvertes de Jonathan, avant de prendre son partenaire à l’esprit encore embué, entre ses bras.
— Laisse-moi te montrer une autre manière de faire l’amour, lui murmura-t-il d’une voix rauque.
Il lutta contre son envie de plonger entre les fesses qui se trouvaient face à lui. Il savait qu’il ne pourrait pas se retenir de jouir s’il le faisait. Il ignorait de combien de temps Jonathan avait besoin pour récupérer, mais il refusait d’atteindre l’orgasme sans son amant. Ce qui signifiait qu’il devait refréner son propre désir, tout en réveillant celui de Jonathan.
Devon céda à la tentation qui l’attisait depuis que Jonathan s’était installé sur son lit et fit glisser sa langue sur son dos humide de sueur, se délectant de son goût salé. Il déposa une pluie de baisers sur sa colonne vertébrale, et caressa les boucles sauvages sur son torse, afin de retrouver ses mamelons tendus. Il fit rouler les petits boutons de chair entre ses longs doigts, alors que sa bouche atteignait le bas de sa colonne. Dans la faible lumière, il discerna à peine les contours d’un tatouage. Il le traça du bout de sa langue, avant de le mordre et de sucer suffisamment fort pour y laisser une marque.
Jonathan se cambra contre la bouche de Devon. Il adorait la sensation qu’avaient ses dents sur sa peau, accentuée par la rugosité de sa barbe. Il essayait toujours d’être un amant prévenant, mais parfois, il rêvait d’un peu de brutalité dans l’intimité, quelque chose que ses partenaires féminines ne comprenaient pas souvent. Il semblait que ce ne serait pas un problème avec Devon. À sa grande surprise, il se sentit durcir à nouveau. Même s’il voulait tout ce que Devon avait à lui offrir, il ne s’attendait pas à ce que son désir se réveille aussi rapidement.
En sentant Jonathan se presser contre sa bouche, Devon le mordit un peu plus fort, excité par ses réactions. Il descendit davantage et empoigna le postérieur pâle de Jonathan, tout en apaisant la peau qu’il venait de martyriser. Il écarta ses fesses et fit glisser sa langue sur sa raie au parfum musqué. Il répéta l’action encore et encore en maintenant fermement ses hanches.
Jonathan trembla sous l’assaut de Devon. Jamais dans ses rêves les plus fous, il n’aurait imaginé quelqu’un poser sa langue ici, mais c’était incroyablement bon. Il tenta de le dire à Devon, mais aucun son ne sortit de sa bouche, si ce n’est un grognement de plaisir étranglé. En espérant ne pas briser une quelconque règle, il se pressa contre cette langue vagabonde.
Après avoir entendu Jonathan grogner, Devon laissa le bout de sa langue passer cette barrière de muscles qui tremblait sous lui. Son amant rua sauvagement contre lui, pressant Devon plus profond dans cette intimité brûlante dans laquelle il allait bientôt plonger son membre. Mais d’abord, il allait arracher davantage de ces gémissements délicieux de la gorge de Jonathan, le détendre si bien qu’il sentirait à peine l’étirement d’une première pénétration. Il rapprocha ses hanches et fit pénétrer sa langue encore plus loin.
Jonathan sursauta en sentant Devon approfondir ses bons soins. Une intimité qui suffit à le rendre dur et douloureux à nouveau. Il pouvait sentir son corps s’ouvrir et s’étirer à mesure que Devon le pénétrait, et soudain, ce ne fut plus assez.
— Je t’en prie, Devon, le supplia-t-il. Baise-moi tout de suite !
La douleur contenue dans l’entrejambe de Devon s’intensifiait, son sang pulsait jusque dans ses testicules, alors que Jonathan se tortillait sous sa bouche. À présent, il ne pouvait plus empêcher ses hanches de se mouvoir au rythme de ses rapides coups de langue. Lorsque Jonathan le pria enfin de le prendre, il sut qu’ils étaient tous les deux prêts. Il farfouilla à la recherche d’un préservatif qu’il avait mis de côté, se détacha de Jonathan juste assez pour pouvoir défaire l’emballage et glisser le latex le long de son membre. Il l’enduisit d’une forte dose de lubrifiant, le contact de sa propre main presque trop dur à supporter. Il avala sa salive avec difficulté et entoura le corps de Jonathan de ses bras pour le plaquer contre le sien. Il tourna son visage pour pouvoir l’embrasser.
— Goûte-toi, lui murmura-t-il en glissant sa langue entre ses lèvres tremblantes, à la recherche de sa moitié. Constate combien il est bon de t’aimer.
Jonathan obtempéra avec plaisir, surpris et excité par le parfum intense et musqué sur la langue de Devon. Il se frotta contre l’érection de son partenaire. Il voulait le sentir en lui et savoir ce que cela faisait. Il voulait ressentir ce qu’il avait fait à Kit.
Devon glissa le bout de son sexe contre sa raie luisante de salive, puis il s’arrêta à hauteur de son anus humide. Il se pressa contre lui à l’aide de légers coups de reins, sans le pénétrer pour autant.
— Dis-moi que tu en as envie, commanda-t-il.
Son gland se fraya un chemin entre les fesses de Jonathan, tandis qu’il refermait ses bras autour de son torse gonflé.
— Dis-moi que tu es prêt à me sentir en toi.
Jonathan n’hésita pas une seconde.
— Maintenant, le pressa-t-il en sentant l’érection de Devon contre lui. Je te veux maintenant.
Avec une vive inspiration, Devon poussa légèrement vers l’avant, en sentant toute l’étroitesse de son canal s’étirer pour l’accueillir.
— Oh, putain, Jon, grogna-t-il.
Il recula doucement, avant de s’enfoncer plus profondément encore.
— C’est tellement bon… N’est-ce pas ?
Il captura de nouveau la bouche de Jonathan, avec l’envie de faire glisser sa langue contre celle de son amant, au même rythme que celui de ses hanches.
Jonathan essaya de répondre, de dire à Devon combien cette sensation était merveilleuse, à quel point il était libérateur de céder le contrôle, de se laisser aller et la façon dont il se sentait complet comme jamais avec le sexe de Devon en lui. Il aurait voulu lui dire toutes ces choses, mais il en fut incapable. Tout ce qu’il put faire, c’est sucer la langue de Devon avec envie et chevaucher son imposante érection.
Une main sur son propre sexe, Kit gémit en observant les deux hommes. Il pouvait voir tous les efforts que faisait Devon pour y aller doucement et l’expression fascinée sur le visage de Jonathan, alors qu’il se faisait prendre pour la première fois. Il voulait faire partie de ce moment, mais hésita à s’immiscer. Après que Devon eut montré à Jonathan comment s’y prendre avec Kit, il les avait laissés seuls. Le moins que Kit pouvait faire, c’était lui rendre la pareille. Néanmoins, il ne put retenir un gémissement lorsque leurs lèvres se retrouvèrent, leurs corps plaqués l’un contre l’autre.
Devon voulait prendre son temps. Il voulait faire en sorte que cette première fois dure une éternité, un instant qu’aucun d’eux ne pourrait jamais oublier. Mais Jonathan était si serré, si chaud et ses muscles oppressaient son membre, à tel point qu’il ignorait combien de temps encore il pourrait garder le contrôle. D’une main tremblante, il ramena la cuisse de Jonathan contre sa poitrine, permettant ainsi à son sexe de le pénétrer quelques millimètres de plus et d’atteindre l’angle parfait pour heurter sa prostate. Jonathan frissonna et Devon se sentit terriblement fier d’être la cause de son plaisir. Il maintint ses hanches contre lui d’une main et pinça son mamelon humide de l’autre, en prenant soin d’éviter l’érection de Jonathan qui reposait contre son ventre.
— Tu es proche, n’est-ce pas ? soupira-t-il en léchant son cou. Tu peux jouir comme ça, Jon ? Rien qu’en me sentant en toi ?
Il claqua ses hanches dans une série de petits coups, tout en luttant pour retarder son propre orgasme.
Jonathan devenait presque fou de désir, ravagé par une vague de sensations surpuissantes : les doigts de Devon pinçant légèrement son mamelon, son sexe en lui effleurant sa prostate, sa voix dans son oreille lui murmurant des paroles encourageantes. Il gémit en sentant son point sensible se faire abuser.
— Je… Je n’en sais rien, parvint-il à répondre à Devon.
— Un jour, tu le seras, lui promit ce dernier d’une voix rauque.
Le besoin de jouir commençait à le submerger. Il jeta un coup d’œil à Kit qui les observait de ses grands yeux marron, la main sur son érection.
— Aide-le.
— Comment ? demanda Kit.
Il voulait que Devon ait le choix, même s’il savait déjà quelle était sa préférence. Il rêvait de refermer ses lèvres autour de cette érection et de la sucer jusqu’à l’orgasme.
— Suce-le, grogna Devon.
Il ravala ses mots en s’efforçant de tenir encore quelques minutes.
Kit n’avait pas besoin qu’on le lui dise deux fois. Il pencha la tête et engloutit le gland de Jonathan, effectuant des mouvements circulaires du bout de sa langue sur son méat, avant de glisser sur la boule de nerfs qui se trouvait à la base.
Jonathan rejeta la tête en arrière dans un cri, contre l’épaule de Devon, lorsqu’une humidité brûlante prit possession de la pointe de son sexe. Il poussa ses hanches vers l’avant, dans la bouche de Kit, avant de reculer sur l’érection de Devon. Son grognement de plaisir résonna dans toute la chambre, lorsque Kit l’engloutit sur toute la longueur, en même temps que Devon plongeait au plus profond de lui.
Le cri de Jonathan acheva le peu de contrôle qu’il restait à Devon. Il plaqua les hanches de Jonathan aux siennes et se mut contre lui avec ferveur, alors qu’une vague de plaisir le submergeait. Il mordit Jonathan sur la jonction entre son cou et son épaule.
Le plaisir double de la bouche de Kit et du sexe de Devon suffirent à faire de nouveau perdre le contrôle à ce dernier. Il essaya de parler, d’avertir Kit, mais il libéra sa semence avant d’avoir pu prononcer le moindre mot.
Lorsque le fluide salé s’écoula dans la bouche de Kit, il intensifia ses succions en espérant se délecter autant que possible de l’orgasme de Jonathan. Enfin, il relâcha l’érection en baisse, et le gratifia de quelques coups de langue sur toute la longueur et autour de la base pour ne manquer aucune goutte. Une fois satisfait, il observa le visage détendu de ses deux amants avec un sourire.
— Alors, dit-il lorsque Jonathan rouvrit les yeux. Que préfères-tu ? Être actif ou passif ?
— Tu veux dire que je dois choisir, Kit-Kat ? répliqua Jonathan avec paresse.
Ce surnom était très approprié étant donné la façon dont Kit l’avait entièrement avalé.
— Je préfère profiter des choses comme elles sont.
— Alors nous devrons changer quelques éléments pour la prochaine fois, expliqua Devon dans un sourire.
Il se retira doucement avant de nouer le préservatif et de le jeter dans la poubelle. Il se pencha pour réclamer un langoureux baiser à chacun des deux hommes qui partageaient son lit. Il pourrait s’y habituer très rapidement.
— Il y a tout un tas de choses que nous pouvons te montrer, si cela t’intéresse toujours ?
La question de Devon suffit à couper le souffle de Kit. Il était pratiquement certain de ce que Jonathan répondrait, mais il ne put s’empêcher d’intervenir aussi. Il se glissa contre le corps de Jonathan et déposa un baiser sur chaque point sensible, avant d’atteindre ses lèvres.
— Réfléchis-y, lui murmura-t-il. Lancelot et Perceval à ton service. Quoi de mieux ? Nous t’apprendrons des choses dont tu n’imagines même pas l’existence.
— Vous découvrirez que j’apprends très vite, répliqua Jonathan.
Il réclama un baiser de la part de ses deux amants
— Comptez sur moi.
 

 
Chapitre 2
 
Suçons
 
 
Une fois les maquilleuses parties, Jonathan retira sa tunique et s’affala sur la chaise de leur caravane, soulagé d’avoir enfin quelques minutes pour lui. Il avait été tellement occupé après sa nuit avec Devon et Kit qu’il n’avait même pas eu le temps d’y réfléchir et d’en comprendre le sens.
Il avait pris son pied, ça ne faisait aucun doute. Et il avait clairement envie de recommencer. Néanmoins, il se demandait de quelle façon cela pourrait fonctionner. Ils étaient trois hommes vraiment différents, avec des goûts et des besoins divergents. Il savait, sans doute au même titre que Devon, que les relations étaient quelque chose de compliqué.
Ce mot suffit à couper court aux réflexions de Jonathan. Était-ce ce qu’ils étaient en train de construire ? Une relation ? En avait-il envie ? Le bruit de la porte en train de s’ouvrir l’empêcha d’y penser davantage. Il tourna la tête et sourit en découvrant Devon.
Ce dernier détendit son cou pour en étirer les muscles endoloris, tout en pénétrant dans la caravane.
— Cette foutue armure s’alourdit de jour en jour, grogna-t-il à l’intention de son collègue.
Après sa tunique, Jonathan se débarrassa de sa chemise en lin, toujours assis sur sa chaise, en face des miroirs grossissants.
Le regard de Devon fut attiré par la marque pourpre qui reposait sur l’épaule droite de Jonathan, preuve de leur nuit de passion passée ensemble. Devon espérait qu’elle n’était que la première d’une longue liste, mais à voir les marques qu’ils avaient laissées sur le corps de Jonathan, il se demanda si ce dernier avait des regrets. Il s’agenouilla à côté de la chaise et passa ses bras autour du torse de Jonathan, avant de déposer un doux baiser sur la peau abîmée.
— C’est toujours douloureux ? demanda-t-il doucement. Je réalise que nous n’y avons pas été de main morte avec toi.
Jonathan frissonna en sentant les lèvres de Devon se reposer sur son épaule, sur cette marque que ses amants avaient laissée sur lui.
— Je ne me rappelle pas m’en être plaint, fit-il remarqué d’une voix légèrement éraillée. À dire vrai, si je me souviens bien, j’ai même plutôt adoré ça.
La raucité perceptible dans la voix de Jonathan et le tremblement de son corps au contact de sa bouche, suffit à faire palpiter le sexe de Devon en guise de réponse.
— Dans ce cas, il va falloir que nous envisagions de te faire découvrir de nouvelles choses tout aussi plaisantes, très rapidement, suggéra-t-il.
Il prit le visage de Jonathan en coupe pour déposer un baiser aussi rapide qu’intense sur ses lèvres.
La porte s’ouvrit à la volée et Kit entra, les sourcils froncés. Il jeta son sac sur la chaise, un air de dégoût sur le visage, et s’avança à son tour vers les miroirs. Mais avant de s’installer, il aperçut Jonathan et Devon s’embrassant et sa mauvaise humeur s’évapora aussitôt.
— Vous commencez sans moi ? les taquina-t-il. Je devrais vous en vouloir.
Bon sang, ce qu’il était beau à regarder, pensa Devon en se rappelant combien il avait été excité à regarder Jonathan faire l’amour avec Kit pour la première fois.
— Pas besoin de t’énerver. Rejoins-nous, l’invita-t-il. Il y a de la place pour tout le monde.
Jonathan étira sa main pour accompagner la proposition de Devon. Kit réalisa qu’il méritait bien un petit plaisir après la rude journée qu’il avait passée. Alors il traversa la caravane pour les rejoindre et s’installa sur les genoux de Jonathan. Le suçon sur son épaule attira son attention.
— C’est moi qui t’ai fait ça ? demanda-t-il, horrifié.
— Je pense que nous avons tous les deux marqué notre territoire, objecta Devon, surpris de la douleur qu’il avait ressentie aux mots de Kit.
Bien entendu, ce n’était pas de la jalousie, rien que de la culpabilité pour y être allé un petit peu trop fort cette nuit-là.
Jonathan secoua la tête.
— Vous allez arrêter de vous excuser pour quelque chose dont j’avais envie  ? Sentir vos dents sur moi, en train de me marquer, c’était terriblement excitant !
— Vraiment ?
À ses mots, le sexe de Devon tressaillit de nouveau. Il se rappela que Jonathan avait eu l’air de le vouloir autant que lui. Il se pencha vers l’avant pour embrasser la marque, avant de la morde, juste assez pour qu’il puisse le ressentir.
— En dehors de ça, qu’est-ce qui t’excite, Jonathan ?
L’homme gémit en guise de réponse, la morsure de Devon étant suffisante pour coincer ses mots dans sa gorge.
Kit observa la scène, légèrement mal à l’aise face à la tournure des événements. Il n’avait jamais compris quel plaisir l’on pouvait tirer de la douleur durant l’amour. Un suçon, pourquoi pas, mais la marque sur l’épaule de Jonathan relevait de bien plus que ça. Et à présent, Devon semblait déterminé à en rajouter, pour le plus grand bonheur de Jonathan. Kit resta en retrait à regarder, dans l’attente de voir ce qui en découlerait.
Le gémissement de Jonathan fit perdre le contrôle à Devon. Il releva la tête et écrasa sa bouche contre celle de son amant, dans un concert de dents et de langues.
— Putain, Jon, grogna-t-il. Tu me rends fou.
— C’est réciproque, répliqua Jonathan en jetant un coup d’œil vers la porte. C’est fermé ?
Kit secoua la tête et se leva pour aller tourner le verrou. En revenant, le spectacle qu’offraient ses amants le fit grogner d’anticipation. Jonathan s’était levé de sa chaise et était en train de retirer les restes de son costume. Son regard croisa celui de Kit et il sourit. Il avait hâte qu’ils se retrouvent nus ensemble à nouveau.
Devon se leva et retira sur son costume avec ferveur, luttant contre la cotte de mailles de Lancelot pour la passer par-dessus sa tête.
— Merde, jura-t-il contre son bras pris dans les maillons.
Il tira sur l’autre côté du vêtement en métal plaqué contre son torse.
— Quelqu’un pourrait me donner un coup de main, avant que je meure étouffé sous ce truc.
Kit traversa la caravane en riant, dans l’idée d’aider Devon à sortir de son piège. Mais avant qu’il y parvienne, Jonathan se trouvait déjà aux côtés de Devon, son regard affamé rivé sur Kit.
— Déshabille-toi, grogna Jonathan. Je m’occupe de Devon.
Le brun s’exécuta, déjà troublé de voir le corps nu de son amant. Il enleva sa tunique, ainsi que son legging serré, sans jamais quitter les deux autres hommes des yeux. La peau dorée de Devon commençait doucement à être dévoilée.
Les mains de Jonathan sur lui semblaient le brûler, alors qu’il le débarrassait de sa cotte de mailles. Une fois le vêtement enlevé, Devon le jeta sans vergogne sur le sol. Son attention était ailleurs, sur l’espace de chair légèrement poilu qui se trouvait devant lui.
— Jon, soupira-t-il en attirant l’homme plus près.
Il vint légèrement tirer l’un de ses mamelons roses entre ses dents.
— Je ne suis pas en sucre, le réprimanda Jonathan en glissant ses doigts dans les cheveux longs de Devon. Tu n’as pas besoin de te retenir.
Il voulait sentir ses dents, au même titre que celles de Kit, sur son corps, en train de mordre et de tirailler sa peau. Il voulait qu’il le marque, et leur rendre la pareille.
En réponse à la demande de Jonathan, Devon le mordit plus fort, avant de sucer la chair meurtrie entre ses lèvres et de reprendre sa torture. Il mut sa tête de droite à gauche pour malmener davantage le petit bouton, incapable de retenir un lourd gémissement d’excitation.
Kit grimaça et manqua d’intervenir en voyant combien Devon y allait fort avec le torse de Jonathan. Mais les mots restèrent coincés dans sa gorge en voyant l’expression d’extase pure sur le visage de celui-ci. Même si Kit ne comprenait pas comment c’était possible, il s’agissait de plaisir, c’était évident.
Avec un profond grognement, Jonathan agrippa les hanches de Devon et se frotta contre elles, pour lui faire part de son excitation. Mais, aussi fantastique cela pouvait être, il manquait quelque chose. Il tourna la tête pour regarder Kit et lui tendit la main.
Toujours mal à l’aise, mais incapable de nier son envie d’être avec eux, le plus jeune déglutit et s’avança pour prendre la main tendue de son amant.
Lorsque Jonathan frotta son érection contre celle lancinante et couverte de Devon, celui-ci rejeta sa tête en arrière. Il glissa son pouce sur le mamelon gonflé qu’il venait de relâcher, avec l’envie de sentir Jonathan appliquer la même succion sur sa propre poitrine.
Il prit son visage tremblant en coupe et le porta vers lui en se penchant en avant.
— Je t’en prie, Jon, soupira-t-il. S’il te plaît, mords-moi.
Jonathan offrit un clin d’œil à Kit avant d’amener sa tête contre le torse de Devon et de répondre à sa demande, glissant ses lèvres sur son mamelon rosé et tendu. Il le mordilla et le suça, sa langue et ses dents s’activant à stimuler la chair sensible.
— Ahhh, encore, grogna Devon, les poings serrés.
Sentir la bouche de Jonathan sa peau l’enflammait d’extase.
— Plus fort, c’est tellement bon.
Ses mots se frayèrent un chemin jusqu’à l’entrejambe de Jonathan, mais alors il réalisa que Kit ne les avait toujours pas rejoints.
— Tu veux m’aider ? lui demanda-t-il.
Kit hocha la tête, sans rien dire. Devon tirait visiblement un grand plaisir des morsures de Jonathan, en dépit de la brutalité dont il semblait faire preuve. Et ils étaient supposés faire ça ensemble. Il refusait de faire machine arrière maintenant, pas alors qu’il avait enfin le droit de toucher Jonathan – et Devon aussi, évidemment – alors il mit ses réserves de côté et abaissa le legging de Devon. Peut-être qu’il pouvait s’impliquer d’une autre façon.
Entre la délicieuse tourmente causée par la bouche de Jonathan et la sensation des mains de Kit en train de faire tomber son pantalon, Devon perdit le peu de contrôle qu’il lui restait. Dès que Kit l’eut débarrassé de son vêtement, il l’attira à lui et l’embrassa profondément, brutalement. Il glissa une main sur la peau lisse du ventre de Kit, toujours plus bas, avant de la refermer sur sa longue érection, tout en mordillant ses lèvres succulentes.
Même s’il aurait dû s’y attendre, étant donné la façon dont ses partenaires se comportaient, la violence du baiser décontenança Kit dans un premier temps. Il commença à se reculer, mais Devon le tenait fermement, l’empêchant de mettre fin à leur échange.
Jonathan sourit et les guida vers la chambre installée à l’arrière de la caravane. Ils s’y étaient déjà retrouvés de nombreuses fois durant le tournage. Maintenant, ils allaient y partager plus. Il glissa sa tête dans le creux de l’épaule de Devon et le mordit violemment, avant de sucer la contusion pour parvenir à la même marque que celle déjà présente sur sa propre peau.
— Putain, oui, gémit Devon.
Il détacha sa bouche de celle de Kit et s’écroula sur le lit, surplombé par le corps de Jonathan dont les dents étaient toujours ancrées dans son épaule.
— Fais-le, grogna-t-il.
Il ceintura la taille fine de Jonathan de ses jambes et se frotta contre lui, tout en tentant de ramener Kit vers eux.
— Marque-moi.
Jonathan n’hésita pas à obéir et enfonça davantage ses dents dans la peau de Devon, jusqu’à le faire légèrement saigner. Le blessé releva ses hanches à cette sensation, et son sexe se durcit encore plus au contact de la bouche et de l’érection de son amant contre lui.
Devon pressa sa tête dans le matelas, puis il vit Kit toujours debout près du lit, l’air hésitant. Il lui prit la main pour le rapprocher et lui intima de s’installer à ses côtés.
— Toi aussi, le pria-t-il en glissant sa main dans ses boucles brunes. Je veux vos marques à tous les deux sur moi.
Kit se figea une seconde, mais la prise de Devon était implacable. Doucement, et incertain face à la tournure des évènements, il pencha sa tête sur le torse de Devon et déposa ses lèvres sur son pectoral. Il en suça la peau et la mordilla.
Jonathan libéra l’épaule de Devon et s’agenouilla pour observer Kit laisser sa propre marque.
— Plus fort, l’encouragea-t-il. Tu n’y arriveras pas comme ça.
Devon geint en sentant Jonathan s’éloigner. La brûlure de sa bouche lui manquait déjà. Il pressa davantage la tête de Kit contre lui, le maintenant fermement contre son torse.
— Utilise tes dents, l’encouragea-t-il à nouveau.
De son autre main, il palpa les cuisses de Jonathan. Il avait désespérément besoin d’être en contact avec ses deux amants. Il referma le poing sur le membre érigé de Jonathan et le serra, avant d’entamer un mouvement de va-et-vient, au même rythme que ses hanches.
— J’ai besoin de vous sentir… tous les deux.
Kit prit conscience du désir de Devon et s’y abandonna. Il tira enfin sa peau entre ses dents. Il ignorait où se trouvait la limite, alors il commença doucement, en mordillant simplement. La main de Devon se raffermit autour de son crâne et le poussa à y aller plus fort, laissant échapper un gémissement de plaisir.
Jonathan se sentit atteindre des paroxysmes délicieux au contact de la main de Devon sur son érection, en plus des mots qu’il disait à Kit. Il ignorait où se trouvaient ses points sensibles, mais il connaissait les siens et ceux de Devon ne devaient pas être bien différents. En espérant être dans le vrai, il pencha sa tête sur le ventre de Devon, près de sa hanche et en mordit la peau, avant de l’apaiser avec sa langue. Il releva les yeux, anxieux de découvrir la réaction de son collègue.
Devon était en train de perdre toute capacité de parole, alors que Kit accentuait sa pression sur sa poitrine et que Jonathan mordait brutalement son ventre. Il aurait voulu leur dire combien c’était bon, à quel point ils le rendaient fou, mais il ne put que se cambrer et accélérer ses caresses sur la hampe de Jonathan, en priant pour qu’ils réalisent qu’il était proche de l’orgasme.
Kit recula et observa Devon, son visage fendu d’un sourire satisfait et le corps tendu. Il savait ce que ces signes signifiaient, même s’il n’avait pas été en mesure de les voir la première fois qu’ils avaient couché ensemble.
Il pencha de nouveau sa tête et glissa ses lèvres sur le corps de Devon, en direction de son sexe gonflé et humide. Il s’arrêta en chemin pour voler un baiser à Jonathan, avant de reprendre son chemin. Arrivé à destination, il commença à titiller le gland de Devon.
Ce dernier lâcha un cri en sentant les lèvres de Kit assaillir la pointe de son sexe. Il poussa ses hanches vers l’avant afin de pénétrer davantage cette cavité humide et agréable. Il était si proche, mais il voulait que Jonathan jouisse avec lui, il voulait sentir ses dents sur lui lors de la jouissance. Il resserra sa prise autour du sexe de son amant et inspira suffisamment d’air pour pouvoir parler.
— S’il te plaît, Jon, soupira-t-il en caressant la tête de Kit de l’autre main. Seigneur, j’en veux plus, pitié.
Kit ne savait pas à qui s’adressait sa requête, mais il n’eut aucun mal à la satisfaire. Il relaxa les parois de sa gorge et fit aller et venir sa bouche le long de son membre, le suçant puissamment.
Les caresses toujours plus intenses de Devon sur son sexe manquèrent de porter Jonathan au-delà du précipice. Il se déplaça pour lui offrir un meilleur accès et reporta ses dents sur le carré de peau qu’il avait taquiné quelques secondes plus tôt. Il le mordit à mesure qu’il se sentait proche de jouir.
Entre la gorge profonde de Kit et les morsures de Jonathan, Devon n’eut plus aucun moyen de se retenir plus longtemps. Il lâcha un sanglot de plaisir, alors que l’orgasme le submergeait et qu’il se vidait jet après jet dans la gorge de Kit. Il perdit le rythme de ses caresses sur l’érection de Jonathan et sa main fut prise de convulsion, alors que son corps se tordait de plaisir. Mais ce fut suffisant pour que Jonathan atteigne le septième ciel avec lui et enduise ses doigts de sa semence épaisse et crémeuse.
Il s’écroula sur le lit aux côtés de Devon, la respiration saccadée des suites de son orgasme. Les yeux voilés, il observa Kit titillant toujours le sexe de Devon, offrant quelques petits coups de langue supplémentaire sur le dessus. Il lui avait fait la même chose lors de leur première nuit ensemble, mais Jonathan était tellement troublé que c’était à peine s’il avait pu apprécier cette sensation. À présent, à voir Kit et Devon, il sut qu’il voudrait réitérer l’expérience très bientôt.
Lorsque Devon revint enfin à lui, Kit s’était retiré, et le léchait tendrement et précautionneusement pour le nettoyer, parfaitement conscient du regard de Jonathan sur lui. Il n’était pas contre lui offrir un petit spectacle. Après tout, Kit avait toujours besoin de jouir et il ne comptait pas le faire tout seul. Ce qui signifiait qu’il devait revigorer l’un de ses amants, si ce n’est les deux.
Devon ouvrit les paupières, après avoir retrouvé les forces emportées par son orgasme. Son regard tomba instantanément sur Kit en train de sucer son membre retombant, avec un sourire fier sur le visage.
Devon ébouriffa ses cheveux sombres en bataille avec un clin d’œil coquin, avant de se tourner vers Jonathan, étendu et au repos sur le lit, à ses côtés. Il se redressa sur un coude et attira son regard perdu dans le vague. Il leva sa main encore couverte de la semence de Jonathan et la porta à ses lèvres. Il lécha le liquide refroidi et en savoura le goût salé, avant de tracer du bout des doigts la marque violette que Jonathan avait laissé sur son ventre.
— C’était terriblement bon, Jon, lui dit-il d’une voix rauque.
Il lâcha son partenaire des yeux.
— Mais je crois qu’il faut encore que nous nous occupions de Kit.
 

 
Chapitre 3
 
Malentendus
 
 
Jonathan rendit son sourire à Devon et reporta son attention sur Kit en venant lui mordiller les lèvres. Il avait déjà une affection toute particulière pour ce genre d’homme, et à présent, quelque chose d’autre s’y ajoutait, une chose qui s’appelait Devon, supposa Jonathan.
Kit répondit instantanément au baiser, incroyablement excité par le spectacle que lui avait offert ses deux amants. Et désormais, ils étaient concentrés sur lui. Il aimait être le centre de l’attention. Affamé, il rendit son baiser à Jonathan et attendit que Devon les rejoigne.
Toujours sous les effets agréables de son puissant orgasme, ce dernier se releva sur ses coudes et admira les deux hommes responsables de son état. Ses amants étaient perdus dans un baiser passionné et voir Jonathan explorer la bouche de Kit lui donna d’autant plus envie de le goûter à son tour. Il se libéra rapidement des deux corps entremêlés qui le surplombaient et s’installa aux côtés de Kit pour venir faire courir sa langue sur toute la surface de peau hâlée qu’il pouvait atteindre.
Kit frissonna en sentant les bons soins de Devon sur son dos, en train de lécher sa chair, de sa cicatrice chirurgicale après une opération de la scoliose, au bas de sa colonne vertébrale. Il gémit contre la bouche de Jonathan, avec l’envie de dire ce qu’il ressentait, sans mettre fin au baiser pour autant.
La peau de Kit avait un goût différent de celle de Jonathan, mais Devon ne parvint pas à comprendre en quoi. Elle était plus… épicée, peut-être ? En tout cas, elles étaient suffisamment uniques pour qu’il puisse les reconnaître à coup sûr dans le noir, rien qu’en les goûtant. Il essaya de capturer ce parfum insaisissable et glissa ses lèvres entrouvertes le long du dos de Kit, suivant la ligne de ses courbes jusqu’au-dessus de ses fesses. Lorsqu’il atteignit l’os apparent de sa hanche, il le mordit et en suça goulument la peau entre ses dents comme pour savourer davantage de ce goût intriguant.
Kit se tendit un instant, avant de se détendre contre la bouche de Devon. Son acte restait doux, et plus puissant que s’il avait juste utilisé sa langue. Les sens de Kit étaient tiraillés dans deux directions différentes. Il voulait prêter autant attention aux extravagantes explorations de Devon qu’à celles de Jonathan. Il gémit doucement et écarta les lèvres pour approfondir leur baiser.
Jonathan obtempéra avec plaisir et enfonça sa langue dans la bouche de Kit, en quête du goût que Devon y avait laissé après son orgasme, tout en éveillant les sens de Kit. Il aligna leurs corps et effleura le sexe tendu de son amant contre le sien, déjà en train de durcir.
Kit gémit contre la bouche de Jonathan et se tortilla lascivement contre lui, dans le but d’accentuer le contact et la friction de leurs deux corps. Ses sens étaient en alerte depuis la fellation qu’il avait faite à Devon et ceci ne fit qu’ajouter davantage de stimulation dont il ne pensait pas avoir besoin. Ce qu’il lui fallait, ce qu’il voulait, c’était sentir l’un de ses amants en lui. Mais le leur dire n’était pas envisageable avec la langue de Jonathan si profondément ancrée dans sa gorge qu’il avait du mal à respirer. Non pas qu’il s’en plaigne.
Voir les hanches de Kit onduler contre Jonathan et entendre leurs gémissements de plaisir étouffés par leur baiser suffit à Devon pour lui donner envie de rendre Kit d’autant plus fou. Il mordit l’os de sa hanche plus fort et suça la peau meurtrie entre ses lèvres, tandis que sa main traçait son chemin sur la courbe de ses fesses, pour en taquiner le creux au rythme des mouvements de Kit.
Ce dernier sursauta en sentant la morsure, un geignement de protestation sur les lèvres, lequel se perdit dans la bouche de Jonathan, au même titre que son gémissement. Il tenta de se défaire de l’emprise de Devon, mais la main qu’il avait sur ses fesses l’en empêchait. Il se débattit un peu plus fort et réussit à se tourner sur le côté, libérant sa peau d’entre les dents de Devon.
Jonathan engloutit son second gémissement, excité au possible de savoir qu’ils étaient responsables du plaisir de Kit. Il regretta le manque de contact quand celui-ci se détacha de lui, mais rapidement, il vint maintenir son visage en place pour continuer à l’embrasser langoureusement. Il positionna son corps contre le flanc de Kit, offrant à Devon la possibilité d’accéder au reste du corps de leur compagnon.
Devon sentit Kit s’éloigner et accentua la pression de sa main sur son postérieur musclé, avant de dévier ses caresses sur son anus plissé. Au même moment, il déposa un baiser sur la marque qu’il avait délaissée sur sa hanche rougie et vint lécher un sillon sur la jonction entre sa jambe et son torse, jusqu’à atteindre les fines boucles à la base de son membre. Il inspira l’odeur de son excitation et nicha son nez dans la toison, avant d’en tirer la peau entre ses dents.
Kit se détendit en sentant la délicatesse de la bouche de Devon près de son érection. Entre ça et les caresses de sa main le long de sa raie, il se perdit de nouveau dans la luxure. Il passa un bras dans le dos de Jonathan et enfouit ses doigts dans ses cheveux ébouriffés, avant de lui rendre son baiser avec davantage d’ardeur, balayant sa nervosité quant à la brutalité de Devon.
Ce dernier sentit Kit se relaxer, alors il commença à presser le bout de son doigt contre son entrée. Il le titilla sans jamais le pénétrer. Avant, il avait besoin de lubrifiant, ce qui signifiait devoir se lever et pour le moment, il s’amusait beaucoup trop pour ça. À dire vrai, il n’était qu’une chose qui puisse lui donner envie de changer de position et entendre Kit et Jonathan gémirent dans la bouche l’un de l’autre, lui rappela de quoi il s’agissait. Il mordit le carré de peau une dernière fois, laissa ses dents s’y attarder un moment, avant de remonter le long du torse de Kit. Il pencha la tête de son amant et fit glisser sa langue là où la bouche de ses partenaires était jointe, s’insinuant dans leur baiser.
Kit se rua contre le doigt taquin de Devon. Il savait qu’il n’irait pas plus loin sans lubrifiant, mais cette simple stimulation était fantastique. Il sursauta en sentant les dents de Devon s’enfoncer si proche de son sexe, mais elles se retirèrent aussitôt et rapidement, la langue de son aîné vint s’immiscer entre ses lèvres et celles de Jonathan.
Celui-ci se détacha brièvement pour permettre à Devon de se joindre à eux. Après quelques secondes de lutte, il céda la bouche de Kit à son deuxième partenaire et descendit le long de son corps, jusqu’aux mamelons du plus jeune qu’il rêvait de goûter, comme il l’avait fait avec Devon.
Ce dernier retint un geignement de déception lorsque Jonathan se retira de leur baiser. Avoir leur goût dans sa bouche et la langue de ses deux amants enroulés autour de la sienne était incroyablement excitant. Mais lui et Jonathan avaient déjà joui une première fois, alors que leur collègue restait insatisfait. Déterminé à y remédier, Devon approfondit leur baiser, muant leurs lèvres ensemble, sans cesser de frotter ses doigts contre l’orifice de Kit.
Jonathan mordit d’abord doucement ses mamelons basanés, mais bientôt la tendresse ne fut plus suffisante. Elle ne correspondait pas à la ferveur du désir qu’il ressentait pour ses deux amants. Il le mordit plus fort et tira la chair entre ses dents, à l’image de ce qu’il avait fait pour Devon.
Kit sursauta sous la violence de Jonathan, mais son désaccord se perdit dans la bouche de Devon. Il voulut se dégager, mais coincé entre les deux hommes, il n’avait nulle part où aller. Il empoigna l’épaule de Jonathan pour l’éloigner, mais sa prise n’eut pas le moindre effet.
Devon ravala le cri de Kit, en réponse à l’ardeur de Jonathan. Il adorait qu’il soit si réceptif et que lui et Jonathan puissent le rendre fou comme Devon l’avait fait avec eux avant. Il se décala pour que Jonathan ait un meilleur accès à ce corps souple qui se tortillait sous eux et empoigna les mains de Kit pour les plaquer contre le matelas. Il approfondit d’autant plus leur baiser et suça sa langue agitée entre ses lèvres.
Jonathan entendit Kit étouffer un gémissement, ce qui le fit sourire. Il était fier de savoir qu’il pouvait lui apporter autant de plaisir. Il sentit Devon se décaler pour qu’il ait plus de place, alors il s’attaquait au second mamelon de Kit et le pinça légèrement, tout en continuant de le mordre.
Les morsures de Jonathan, au même titre que l’emprise de Devon autour de ses mains firent paniquer Kit. Ils ne comprenaient donc pas qu’ils lui faisaient mal ? Qu’il voulait qu’ils arrêtent ?
Jonathan releva la tête et admira le corps de Kit sur toute sa longueur. La couleur singulière d’une tache de naissance imprimée sur son bas-ventre attira son regard et il eut envie de la goûter. Il pencha la tête et laissa ses lèvres vagabonder sur la peau colorée, avant de la mordre pour y apposer sa propre marque.
Kit grogna en sentant les dents de Jonathan s’enfoncer à cet endroit. Bon sang, ça fait mal ! Il se débattit vainement contre la prise de Devon, incapable de se défaire.
Alors que les gémissements de Kit s’intensifiaient, et en dépit du fait qu’il semblait lutter contre eux, Devon sourit. Alors comme ça, leur Perceval aimait jouer les effarouchés ? Il l’acceptait. Les dents de Devon éraflèrent la langue de Kit, avant de la mordre fermement. En même temps, il se pencha davantage pour plaquer ses épaules étroites sous les siennes, ainsi que son torse contre ses mamelons distendus, que Jonathan avait précédemment pincés et mordus.
Jonathan libéra la peau de Kit et glissa plus bas encore. Son amant lui semblait si réceptif, qu’il voulut voir s’il serait aussi sensible que Devon, à l’endroit où sa hanche rejoignait sa cuisse. Il captura sa chair entre ses dents et la suça, avant de poursuivre sa torture.
Les grognements de Kit se transformèrent en geignements, alors que Devon malmenait sa langue et que Jonathan lui mordait la cuisse. Il devait leur faire comprendre qu’il n’aimait pas ça, mais il lui était impossible de libérer ses mains ou sa bouche pour attirer leur attention. Dans un sanglot étranglé, il se résigna à endurer leurs actions, jusqu’à ce que Devon libère sa bouche ou ses poignets.
Jonathan parvenait à arracher à Kit des réactions si fortes que Devon décida de lui porter le coup fatal. Il se détacha de sa bouche après une dernière morsure et vint capturer l’un de ses mamelons gonflés et alléchants entre ses dents. Il le suça et le tordit de manière à en sensibiliser la chair autant que possible. Voyons à quel point tu aimes ça, mon amour , pensa Devon avec suffisance.
— Stop, putain ! Lâchez-moi ! hurla Kit alors que les dents de Devon s’enfonçaient dans son mamelon. C’est terriblement douloureux !
Ses deux amants reculèrent, la bouche entrouverte et les yeux rivés sur Kit. Ils échangèrent un rapide coup d’œil, avant de revenir sur le plus jeune qui luttait pour ravaler ses larmes. Pendant un moment, ils restèrent silencieux et lorsqu’ils se mirent à parler, les mots leur échappèrent en même temps.
— Oh mon Dieu, Kit, je suis désolé. Vraiment, je pensais que tu aimais ça, sinon je n’aurais jamais – il faut que tu saches que jamais je…
— Bon sang, Kit, je ne savais pas, je pensais que c’était un jeu alors que tu essayais de me le dire, c’est ça ? Et moi, je t’en empêchais. Putain, je ne suis qu’un véritable abruti…
Libéré de l’emprise de Devon, Kit s’assit et les regarda avec incrédulité. Ils n’avaient pas réalisé qu’il protestait ? Il manqua de s’étouffer, mais à en juger par l’authentique détresse visible sur leurs visages et dans leurs voix, il comprit qu’ils étaient sincères. Avec précaution, il passa sa paume sur son mamelon lancinant, abîmé par leurs morsures, en essayant de savoir quoi leur répondre. Il pourrait se lever, leur dire d’aller se faire voir et les laisser à leur brutalité dont ils rêvaient tant. C’était une option. Oui, bien sûr. Comme si j’allais les quitter après tout ce que nous avons traversé pour charmer Jonathan. Ou il pourrait essayer de voir si une solution était envisageable pour que cela ne se reproduise pas.
Face au silence de Kit, Jonathan se mit à paniquer. Il venait à peine de découvrir ce que lui et Devon pouvaient lui apporter, et plus important encore, ce qu’il commençait à ressentir pour eux, et son ignorance avec déjà tout détruit.
— J’ai tout gâché, pas vrai ? demanda-t-il d’une voix éraillée, en passant une main dans ses cheveux, frustré. Je n’ai aucune idée de ce que je fais, mais si je ne suis même pas capable de savoir quand l’homme que je… que j’aime, n’apprécie pas ce que je fais, alors je ferais mieux de revenir au célibat.
Devon ignorait s’il devait répondre à Kit ou à Jonathan en premier. Eh bien, c’était une merveilleuse idée, n’est-ce pas ? Il avait fichu pas mal de ses relations en l’air dans sa vie, mais c’était la première fois qu’il en gâchait deux en même temps. Et s’il ne pouvait même pas dire quand l’un de ses partenaires n’était pas réceptif…
— Tout est de ma faute, marmonna-t-il, la voix rauque. C’est moi qui aie suggéré tout ça en premier lieu, et c’est moi qui…
Il s’interrompit, l’air dépité face à ses deux amants – anciens amants, désormais – et secoua la tête.
— C’est moi qui y suis allé trop fort.
Kit soupira. Ils étaient tous les deux persuadés d’avoir fait une erreur irréparable, contrairement à lui.
— Vous voulez en finir ? leur demanda-t-il. Parce que ça ne le sera que si c’est ce que vous souhaitez. Je veux dire, peut-être que je n’aime pas la brutalité autant que vous deux, mais ça ne signifie pas que nous n’avons aucun goût en commun. Et peut-être… peut-être que si j’avais su que vous vouliez en arriver là, j’aurais pu vous dire quand vous arrêter…
Il se demanda s’ils voulaient véritablement le voir rester ou s’ils ne cherchaient qu’une excuse pour se débarrasser de lui.
Jonathan releva la tête, presque effrayé par cette lueur d’espoir.
— Tu ferais ça ? l’interrogea-t-il d’une voix mal assurée. Tu serais prêt à me donner…
— À nous donner, le corrigea Devon en soutenant le regard de Jonathan, implorant.
Ce dernier hocha la tête et pressa l’épaule de Devon, avant de reporter son attention sur Kit.
— À nous donner une autre chose, après ce que nous t’avons fait ?
Kit sourit timidement, ravi que tout semble s’être résolu sur son caprice.
— Vous ne saviez pas que je n’aimais pas ça.

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