Firestone
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Description

Romance contemporaine - 370 pages


Elle pensait pouvoir l’oublier... Il l’avait exclue de sa vie... Mais lorsque deux pierres de feu s’éloignent, il suffit d’une rencontre improbable, d’un destin qui s’acharne à les réunir pour que les braises s’enflamment à nouveau.


Plume et Soan, un passé brûlant, des retrouvailles volcaniques... un avenir est-il encore possible ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 27
EAN13 9782379610851
Langue Français
Poids de l'ouvrage 7 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Firestone

Chrys Galia
Firestone

Chrys Galia





Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-085-1
Dessins de couverture et intérieurs : Chrys Galia
Dédicaces

À mes parents, les plus merveilleux au monde, mes repères, vous sans qui rien ne serait possible,
À ma sœur, sœurs par chance, amies par choix,
À mon mari, toi qui fais battre mon cœur un peu plus chaque jour,
À mes enfants, ma vie, mon sang, je suis si fière de vous, je vous aime plus que tout,
À mes grands-parents, vous qui me manquez tant, qui m’inspirez. Les étoiles que vous êtes aujourd’hui brillent toujours dans mon âme, je vous porterai dans mon cœur jusqu’à la fin de mes jours,
À ma marraine, ma famille, mes ami(e)s, vous qui m’encouragez et m’êtes si fidèles…
À vous, lectrices, lecteurs peut-être, pour que toujours vous continuiez de rêver, de croire et d’espérer…
Remerciements

Merci à mes parents , que j’aime tant, vous qui croyez en moi depuis toujours, qui m’encouragez à relever tous les défis, merci pour tout ce que vous êtes, mes modèles, mes racines...
Merci à ma sœur , pour sa présence, son amour et son aide précieuse.
Merci à mon mari , le plus merveilleux des hommes, mon héros à moi, qui a la patience de lire chacun de mes manuscrits, d’un regard que j’espère objectif.
Merci à mes ami(e)s , qui me soutiennent et qui me lisent, qui m’encouragent aussi. Je vous embrasse toutes et tous très fort.
Merci à un ami de longue date , un artiste. Il m’a donné envie de reprendre le fusain, m’a envoyé de superbes musiques que vous retrouverez tout au long du roman. Merci pour le défi qu’il m’a posé, grâce à lui, j’ai écrit une de mes plus jolies scènes, une scène qui vous entraînera dans une danse hypnotique sous le ciel étoilé du pays des mille et une nuits.
Merci à mes bêta lecteurs : maman, mon mari, Mauricette, Marie, votre regard sur mes romans est précieux, j’ai toujours hâte de recueillir votre avis.
Un immense merci à mes amis L.S.Ange et Didier de Vaujany , les fondateurs et directeurs des Éditions Elixyria , qui m’ont encore une fois accordé leur confiance. Je suis fière et heureuse de travailler avec eux. Ou quand l’amitié se prolonge au fil des mots… Une nouvelle page s’écrit aujourd’hui.
J’embrasse mon agent, Andrea , qui me donne de précieux conseils, m’accompagne avec tant de professionnalisme, de gentillesse et d’humanité dans cette belle aventure. Merci au reste de l’équipe de Librinova , Charlotte , Laure , Madeline , mais aussi Ophélie et tous les autres , pour la petite famille que vous nous offrez, et qui nous permet de progresser et de nous aventurer en toute confiance dans ce monde si nouveau de l’écriture. Merci de nous offrir la chance de pouvoir nous autopublier dans de si douces conditions.
Merci aux Cultura qui m’ont invitée pour des séances de dédicaces. J’ai été merveilleusement accueillie, je vous en remercie.
Merci à vous, chroniqueuses, chroniqueurs , blogueuses, Blogueurs, qui me suivez maintenant, qui contribuez, si adorablement, à faire connaître mes histoires.
Enfin, merci à vous, lectrices, lecteurs peut-être, qui m’avez accordé votre confiance, en choisissant mes livres, j’espère vous avoir apporté un peu de rêve, et vous avoir donné l’envie de découvrir et de poursuivre le voyage dans mon imaginaire.
Petit conseil pour mes lectrices et mes lecteurs…

Vous trouverez dans le livre des QR Codes à scanner. Faites-le, je vous le conseille, ils vous permettront d’accéder à certaines musiques à écouter pendant la lecture de passages importants.
«  Un jour, sans doute, on pourrait rattraper une comète, mais qui vient à laisser filer la vraie chance de sa vie, toutes les gloires de la terre ne sauraient l’en consoler . »
Ce que le jour doit à la nuit - Yasmina Khadra
CHAPITRE 1


SOAN
— Soan, il faut que je te parle, m’annonce Alban en pénétrant dans mon bureau.
Seul ami que j’ai conservé de mes années fac, grand, blond, athlétique, il aurait pu envisager une carrière dans le sport s’il n’avait pas préféré la robe d’avocat. J’ai quitté Bordeaux bien avant lui, il a rejoint la capitale après avoir prêté serment. Doué, il a rapidement trouvé une place dans un excellent cabinet, concurrent de celui dans lequel je travaille. Avocat pénaliste, il se retrouve, malgré son jeune âge, souvent confronté à mon beau-père, Daniel. Ce dernier remporte régulièrement la partie, et la dernière affaire était particulièrement importante pour lui. Il défendait un homme d’affaires impliqué dans une sombre histoire de meurtre. Le seul témoin déterminant qui aurait pu lui servir d’alibi avait un casier judiciaire susceptible de compromettre sa crédibilité. Mon beau-père avait, par un savant tour de passe-passe, réussi à faire enterrer ses encombrants antécédents. Malheureusement, le jour où le gars a témoigné, Alban a brandi ledit dossier, et totalement ruiné la défense de Daniel. Ce dernier a perdu le procès, plus d’appel possible, gros échec pour le cabinet, conséquences désastreuses pour Daniel.
— Assieds-toi, je t’en prie. Tu veux un truc à boire ?
— Non merci, je dois t’entretenir de quelque chose d’important. J’ai longtemps hésité. Je ne peux plus garder ça pour moi.
Je m’installe confortablement dans mon fauteuil, prêt à entendre les fameuses révélations. Je toise mon ami, me demande comment il va me présenter les choses. Il desserre sa cravate, croise et décroise les jambes, ennuyé. Les mots ont du mal à sortir. Ses traits crispés trahissent toute son angoisse. Il finit par se lancer.
— Je suis désolé, Soan, sincèrement. J’ai eu… Il y a quelque temps… Merde, je ne sais pas comment t’avouer un truc pareil.
— Si tu allais droit au but, Alban, lui intimé-je.
— Lissia, Lissia et moi avons eu une relation.
Le silence s’installe entre nous. Mal à l’aise, il cherche à deviner mes pensées. Je le laisse mariner un peu dans son jus. Il a mis le temps ! Pas de raison que je ne joue pas un peu.
— Tu ne réagis pas ? Je ne sais pas, dis un truc, engueule-moi, tu as le droit de me casser la figure. Je le mérite, dit-il doucement.
— Merci.
— Hein ? T’as compris ce que je t’ai dit ?
— J’ai compris, je suis déjà au courant.
— Quoi ? Comment ?
— Lissia n’est pas très discrète. J’ai vite compris qu’il se tramait quelque chose. J’ai mené ma petite enquête. Tu rends pas mal en vidéo, et t’es plutôt photogénique, lui balancé-je en ouvrant le tiroir de mon bureau. Je lui envoie le dossier qui contient des images de lui et de ma femme en pleins ébats. Pour la première fois depuis qu’on se connaît, je le vois rougir. Il vacille.
— Je suis désolé, murmure-t-il. Pourquoi tu ne m’as rien dit ?
— Pourquoi ? Parce que je comptais bien tourner ça à mon avantage. Réponds à ma question. Pourquoi elle ? Je veux dire, t’es entouré de nanas prêtes à s’allonger chaque fois que tu clignes de l’œil, alors pourquoi ma femme, Alban ?
Il se ramasse sur lui-même, honteux.
— Cette affaire, c’était vraiment important pour moi. Je n’avais pas droit à l’erreur. Ça sentait le roussi, je savais le mec coupable, mais je n’avais rien, rien qui puisse m’offrir la victoire. J’ai croisé Lissia à la Salle des Pas perdus {1} . On a discuté. Elle a laissé fuiter un truc. J’ai fait le rapprochement. Je l’ai invitée à prendre un verre. De fil en aiguille, après plusieurs verres, on s’est retrouvés dans une chambre d’hôtel. Je n’imaginais pas en arriver là, je te jure, j’avais trop bu, elle aussi. Si c’était à refaire… Bref, on s’est revus. Je n’avais pas l’intention de poursuivre cette aventure, je me sentais déjà assez coupable. Elle m’a expliqué qu’elle avait besoin de prendre l’ascendant sur son père. Elle veut sa place ; le meilleur moyen, c’est de lui faire comprendre qu’il n’est plus dans le coup. Elle pense qu’en ruinant quelques-unes de ses plus importantes affaires, il pigera qu’il est dépassé, il lui laissera le flambeau. Elle m’a proposé son aide. Je n’ai pas pu refuser. Elle… Elle m’a fait du rentre-dedans. Je ne lui jette pas la pierre, je suis entièrement responsable de ce qui est arrivé. Lissia me plaît, j’ai essayé de résister. J’ai été faible.
— Du coup, elle t’a tuyauté.
— Oui. C’est tout ce que tu retiens ? Je te parle de trahison, Soan. Une double trahison. Je rumine ça depuis des mois, je n’arrive plus à me regarder dans une glace, je n’arrive même plus à te regarder en face.
— Vous avez continué à vous voir.
Il hoche la tête.
— Depuis combien de temps sais-tu ? ose-t-il.
— Je l’ai compris il y a six mois, mais j’imagine que ça dure depuis plus longtemps, combien de temps exactement ?
— Sept ou huit. Je me sens tellement mal, te faire ça, à toi, je suis le dernier des salauds. J’ai rompu le mois dernier, Soan. Je ne l’ai plus revue, à part au tribunal, bien sûr. Je me doute que je vais perdre ton amitié. Je l’ai perdue le jour où je t’ai fait ce coup-là. Je ne peux plus te mentir.
— Au contraire, mon vieux. Tu n’imagines pas combien je suis heureux que tu aies sauté ma femme.
— T’es dingue ?
— Soulagé, Alban, terriblement soulagé.
— Je m’attendais à tout sauf à ça… Ta colère, ta haine, ton rejet, mais certainement pas des remerciements. C’est quoi le problème ?
— Je veux changer de vie, tu viens de m’offrir la clef de la cellule, mon pote. Grâce à vos galipettes, j’ai toute légitimité pour tout envoyer valser.
— Changer de vie ?
— Je prépare ma démission, je change de boulot, de ville, d’univers. Je largue ma femme, divorce ; tout ce cirque, c’est terminé.
— Pourquoi ? Pourquoi tu quittes tout ?
— Parce que ma vie m’emmerde, parce que c’est toujours la même routine, les faux-semblants, les mensonges, je vis dans une crasse propre.
— Une crasse propre ?
— Oui, tout a l’air très beau en surface ; au fond, c’est hypocrisie, mensonges, un œuf de Fabergé {2} pourri à l’intérieur.
— Tu es un avocat réputé, tu excelles dans ce que tu fais, je t’ai toujours vu si enthousiaste, qu’est-ce qui a changé ?
— J’ai eu un déclic, fait un bilan. Je ne suis pas heureux, Alban. Je me suis planté sur toute la ligne. Ma vie, la vraie, est ailleurs, là où tout a commencé, avec la seule femme qui m’ait assez remué pour que dix ans plus tard, je m’aperçoive enfin que j’ai fait la pire connerie de ma vie en la quittant.
— Plume, tu parles de Plume, n’est-ce pas ?
— Qui d’autre ?
— Tu l’as revue ?
— Non, juste une jeune femme qui lui ressemblait de manière troublante. Ça m’a tellement secoué. Un véritable électrochoc. Il faut que je la retrouve.
— Depuis le temps, Soan, elle a dû refaire sa vie. Tu ne peux pas tout larguer sans filet ni débarquer chez cette fille comme si de rien n’était et penser la récupérer.
— Je sais.
— Dans ce cas, comment comptes-tu t’y prendre ?
— Je n’en ai pas la moindre idée. Dans un premier temps, je vais opter pour les réseaux sociaux. Si par chance elle est encore célibataire, je me rappellerai à son bon souvenir. Si elle est mariée, je me ferai une raison. Depuis que j’ai reçu cette cliente, je ne pense plus qu’à elle, du matin au soir, je me sens comme un ado, impatient, je ne tiens plus en place. Avant de partir, je devais tout mettre en ordre. C’est quasiment fait. J’ai annoncé à Lissia que je souhaite divorcer. Je vais adresser ma lettre de démission à Daniel. Paris, c’est terminé. Lissia, son père, le cabinet, pareil. Je ne veux plus en entendre parler.
— Tu lâches vraiment le barreau ? Tu vas faire quoi ?
— J’ai une piste, j’attends confirmation pour un entretien. Maintenant, tu vas me rendre service, Alban. Je veux que tu me dises exactement comment Lissia t’a briefé sur l’affaire Feroni. Si tu as des preuves de sa trahison, je les veux.
— Tu les auras, souffle-t-il.
— Parfait.
— Alors toi et moi, on est toujours amis ?
— Toujours. T’as un sacré bol !
— Qu’est-ce qui va se passer pour Lissia ? hésite-t-il.
— Si elle ne me met pas de bâtons dans les roues, jamais Daniel ne saura qu’elle est à l’origine de sa défaite. Dans le cas contraire…
— Je vois. J’espère qu’elle se tiendra à carreau, elle risque de le payer cher.
— Je n’ose pas imaginer la réaction de Daniel s’il apprend que sa propre fille lui a planté un couteau dans le dos.
— Pas que Daniel. Pense à Feroni. Elle pourrait être en danger.
— Lissia est bien trop futée, elle s’en sortira, je ne m’en fais pas trop. Elle sait se servir de ses atouts, t’es bien placé pour le savoir.
— Alors tu te barres ! Je n’en reviens pas. Tu vas me manquer, mon vieux.
— Tu pourras toujours reprendre tes galipettes avec ma femme, je te la laisse sans regret.
— Arrête, c’est pas à ça que je pense.
— De toute façon, ça ne me concerne plus. Elle est rayée de la carte. C’est bel et bien fini. J’vais te dire, ça fait presque six mois qu’on fait chambre à part. Je ne te cache pas que je suis soulagé qu’on n’ait pas emprunté le même ascenseur en même temps.
— Tu parles d’une image ! T’as pas mieux dans le genre ? dit-il en se raclant la gorge.
— Je pourrais trouver, pas sûr que ce soit plus élégant, réponds-je en riant. Mon mariage est mort depuis longtemps. Tout ce qui nous tenait, c’était le boulot, le boulot et les apparences. Je suis trop jeune pour me contenter d’une vie si morne.
— Je te présente encore toutes mes excuses, Soan. Quoi qu’il en soit, même si Lissia et toi c’est difficile, je n’aurais jamais dû coucher avec elle ni te mentir aussi longtemps. Je veux que tu saches combien je m’en veux.
— Arrête un peu de te fustiger, je te l’ai dit, ça me facilite les choses. Grâce à toi, j’ai des moyens de pression, c’est tout ce que je retiens.
Nous continuons à discuter tranquillement, comme les deux amis que nous étions, que nous sommes encore. Quel homme normal tolèrerait que son meilleur pote s’envoie sa femme ? Quel homme l’en remercierait ? Un homme qui n’aime pas, n’éprouve pas la moindre jalousie, totalement indifférent à celle qui partage sa vie. Par contre, le simple fait d’imaginer Plume mariée, dans les bras d’un autre me retourne l’estomac, fait naître en moi une rage folle, difficile à contenir. Le bilan est on ne peut plus facile à établir.
Lissia n’est pas celle que j’aime .
Après le départ d’Alban, trop heureux de la tournure des évènements, d’avoir mis les choses au clair, d’avoir rassuré mon ami, je ne parviens plus à me concentrer sur mes dossiers. Je dois boucler les dernières affaires en cours avant de tirer ma révérence. D’abord, je vais me connecter, chercher la trace de cette fille au prénom si particulier, prénom qui caresse à nouveau mon âme, mon cœur, depuis qu’elle s’est refait une place dans ma tête.
Plume… qu’es-tu devenue ?
Soan
CHAPITRE 2


SOAN
Son profil s’est affiché sur la page Facebook. J’ai tourné et tourné encore les mots, effacé, recommencé. Impossible de trouver la bonne formule. Besoin d’être suffisamment clair sur mon envie de la voir, sans être trop poussif. Pas facile. De rage, j’ai abandonné, fermé l’écran de mon ordi, me suis noyé dans le boulot. Je m’en veux de ne pas parvenir à me lancer. De quoi ai-je peur ? Au pire, elle me jettera, comme je l’ai fait avec elle voilà dix ans. Au mieux, elle acceptera de me revoir. On pourrait au moins devenir amis. J’y crois ? Pas une seconde, une amitié avec Plume, c’est du délire. Je la veux, je ne l’ai même jamais autant désirée. Est-ce que je suis totalement délirant ? Peut-être. La retrouver est devenu une obsession. J’ai juste la trouille de me planter, qu’elle soit trop braquée pour m’accorder la moindre chance.
Qui ne tente rien n’a rien .
Il me faut encore un peu de courage. J’ai intérêt à montrer patte blanche. Après trois heures le nez plongé dans les dossiers, il est temps de bouger. Je rentre de plus en plus tard, me lève de plus en plus tôt, c’est le meilleur moyen d’éviter Lissia. Ce soir ne fait pas exception. Je prends un verre dans un bar pas loin de chez moi. L’alcool me grise un peu. J’en ai besoin en ce moment. Le barman me connaît bien, il me voit quasiment tous les soirs depuis six mois. Jusqu’il y a quelques semaines, je ne comprenais pas le vide que je ressentais. J’étais au courant pour Lissia et Alban, ça ne me faisait ni chaud ni froid. Aujourd’hui, pleinement conscient de ce qui noircit mon existence, je n’aspire qu’à ce départ. Une nouvelle fois, je vais fuir, fuir pour réapprendre à vivre, fuir pour retrouver ma bonne humeur. Ma vie est une succession de mauvais choix. Celui-là sera-t-il le bon ? Qu’adviendra-t-il si Plume n’a plus de place pour moi dans sa vie ? Une erreur magistrale qui m’a fait m’égarer si longtemps. Je dois me préparer, comment pourrait-elle être disponible ? Cette fille ferait le bonheur de n’importe quel homme. Elle avait tout, beauté, gentillesse, douceur, bourrée d’humour, fantasque, affolante, irrésistible tout simplement.
— Vous m’offrez un verre ? me demande une jolie blonde en s’installant sur le tabouret à mes côtés.
Je fais signe au barman. Elle prend la même chose que moi.
— Vraiment ? Un pur malt ?
— Ça vous étonne ?
— C’est plutôt une boisson d’homme, non ?
— Ttt, ces préjugés sont ridicules. J’aime que ça brûle, que ça chauffe ; les alcools forts, secs, il n’y a que ça de vrai.
Je lève mon verre en souriant. Elle m’imite.
— Qu’est-ce qui vous rend si triste ? demande-t-elle.
— Triste, vous croyez ?
— Ce n’est pas le cas ?
— Peut-être un peu.
— Une femme ?
— C’est compliqué, murmuré-je.
— J’ai tout mon temps, vous savez. Les confidences au coin d’un zinc, avec une étrangère, c’est un excellent moyen de se libérer sans prendre de risque.
Je fais tourner le liquide ambré dans mon verre, en avale une gorgée.
— Vous croyez aux secondes chances ?
— Tina, je m’appelle Tina. Oui, bien sûr.
— Il y a cette jeune femme que j’ai connue autrefois. J’aimerais la revoir.
— Mais ?
— Mais j’en ai épousé une autre.
— Alors, vous êtes dans la merde !
J’éclate de rire. Une synthèse très juste.
— On dirait bien. Pourtant, je veux essayer. Je quitte ma femme, je quitte tout.
— Pour cette jeune femme ?
— Pour elle, pour moi aussi.
— Elle a beaucoup de chance.
— Vous trouvez ?
— Si elle ne veut pas de vous, je peux toujours vous laisser mon numéro, continue-t-elle avec un clin d’œil.
Je l’observe plus attentivement. Elle est jolie, petite, fine, de grands yeux clairs. Dans une robe noire toute simple, ses atouts sont parfaitement mis en valeur. Depuis plusieurs semaines, je fais self-service. Je ne serais pas contre un peu de douceur. Je ne trahirais personne si je me glissais dans ses draps. Un petit intermède salutaire. Pourquoi pas après tout ? Lissia ne s’est pas gênée. Une fois, une seule fois avec une étrangère, une charmante inconnue qui me remettrait en selle.
— Si vous me donniez une adresse, je pourrais vous raccompagner, il est tard, rentrer seule serait risqué.
— Et rentrer avec vous ne le serait pas ?
— J’ai d’excellentes références, et puis, je vous rappelle que vous m’avez abordé. Je n’ai pas dû vous paraître très effrayant.
— C’est vrai. Vous vous appelez ?
— Soan.
— Enchantée, Soan. Je serais ravie de vous inviter à prendre un café.
Je règle nos consommations, l’invite à me suivre. Elle s’installe élégamment dans ma voiture. Je remarque ses jambes fuselées au moment où sa robe se relève quand elle s’assied. Directe, elle pose une main sur ma cuisse, remonte insolemment jusqu’à effleurer ma braguette. Les yeux rivés sur la route, je laisse dans ma tête le visage de Plume remplacer celui de Tina. La réaction est immédiate. Les caresses que me délivre ma rencontre d’un soir sont divines, mais c’est à la femme que je veux retrouver que je dois mon plaisir. Dans son appartement, je m’empresse de la déshabiller, ferme les yeux pour que Plume ne disparaisse pas de mon imaginaire. Je fuis la réalité, le fait que celle qui m’embrasse passionnément est un leurre, un leurre qui me ramène sur la bonne route, par procuration. Je rêve que ces lèvres soient celles d’une autre, que ce corps que je touche, caresse, lèche, soit celui de ma brune aux yeux de chat. Tina n’est qu’un délicieux aparté. Expérimentée, elle m’embrase, s’invite sur mon corps comme si je lui appartenais. D’un tiroir, elle sort un préservatif, je l’enfile pendant qu’elle s’applique à découvrir ma peau de sa langue. Pour la première fois en dix ans, je trompe Lissia, aucun remords, aucune culpabilité. Je lui rends la monnaie de sa pièce, me prépare à un lendemain plus heureux. C’est salvateur, c’est bon, une parenthèse enchantée. Tina, qui dans mon esprit a les traits de Plume, glisse sur mon sexe dans un mouvement sensuel, elle va et vient, lascive. Je me laisse guider, savoure l’instant comme s’il participait à ma transformation. J’attends qu’elle s’évade dans un univers qui ne m’appartient pas, ne m’appartiendra jamais pour, à mon tour, me libérer d’un orgasme que je dois à ma projection mentale. Plume n’était pas là, mais c’est à elle que je viens de faire l’amour.
— C’est ainsi qu’elle s’appelle ?
— Pardon ? demandé-je essoufflé, en réalisant, déçu, que la blonde dans mes bras n’est pas celle qui obnubilait mes pensées.
— La fille que tu veux récupérer, son prénom, c’est Plume ?
— Oui, pardon, je l’ai dit à voix haute ?
— Crié plutôt, rit-elle. T’en fais pas, j’ai quelqu’un d’autre en tête moi aussi.
— Raconte.
— À peu de choses près la même histoire que toi, sauf que mon fantasme à moi est marié. Trop tard ! Si t’as une seule chance de la retrouver, tu devrais foncer. J’ai attendu trop longtemps.
— Je suis désolé.
— Pourquoi ? D’avoir hurlé le prénom d’une autre ou que mon cas soit désespéré ?
— Un peu les deux.
Tina se lève en riant. Nue, impudique, elle s’éloigne, nous ramène une bouteille de Whisky, deux verres. Elle les remplit, m’en tend un.
— Tu sais, Soan, j’ai eu la trouille, j’ai essayé plusieurs fois. Je me suis enfin décidée. J’ai lu tellement d’émotion dans ses yeux. J’ai cru que tout serait à nouveau possible.
— Que s’est-il passé ?
— Il m’a annoncé qu’il allait être papa. Papa, tu imagines ce que ça m’a fait ?
— J’imagine parfaitement, réponds-je un pincement au cœur, la vision du ventre arrondi de Plume réveillant en moi jalousie et peine.
— Depuis, je le croise tous les jours, je suis institutrice, sa fille est dans ma classe. Je vis un enfer. Chaque fois que je regarde sa gosse, je me dis qu’elle pourrait être de moi. Chaque fois que sa femme la récupère, je me retiens de lui dire qu’elle m’a tout pris, que je la hais. Elle ne m’a rien pris, Soan, la seule fautive, c’est moi. Il m’avait demandée en mariage, j’avais accepté. Le jour de la cérémonie, j’ai eu peur. Je l’ai laissé en plan devant nos familles, nos amis. Je ne me le pardonnerai jamais, je le paie cher aujourd’hui.
— Je ne sais pas quoi dire, murmuré-je. C’est vraiment triste.
— Il n’y a rien à dire. Toi, tu peux peut-être encore changer le cours des choses. Ne commets pas la même erreur que moi.
Nous avons bu ensemble, nous sommes confié nos vies jusqu’au petit matin. Je suis repassé chez moi pour me doucher, me changer. Lissia n’était pas là. J’ai avalé mon café tranquillement, repensé à Tina, ses encouragements, ses précieux conseils. Est-elle apparue dans ce bar par hasard ? Dois-je y voir un signe ? J’ai envie de croire qu’elle était là pour me guider.
Soan
CHAPITRE 3
 
 
PLUME
— Plume !
— Quoi ? réponds-je distraitement en parcourant la tonne de messages qui inondent ma page Facebook.
— T’as du courrier, insiste Mélissa.
— Hum… Pose-le sur le bureau, je regarderai plus tard.
— Pas sûr que plus tard et URGENT tamponné en rouge sur l’enveloppe fassent bon ménage, poursuit-elle en lançant le papier indésirable sur le clavier de mon ordi.
Je regarde, un rappel de facture. Je me connecte sur mon compte, procède au virement, c’est réglé.
— Tu vois, c’était pas si grave, râlé-je.
— Non, t’as raison, juste le deuxième qu’on reçoit. Je ne sais pas ce qui t’arrive en ce moment, ma belle, mais t’as un vrai problème de concentration.
— Je sais, j’ai besoin de prendre l’air, mon patron m’a envoyé dans une série d’hôtels décevants. Pour changer, j’aimerais sortir autre chose que des critiques négatives. Je déteste ça.
— C’est le jeu, on ne te demande pas de partir en vacances, mais de tester les lieux, tu ne vas pas toujours tomber sur des Palaces.
— Je m’en doute. Qu’est-ce que… Ce n’est pas possible !
— Plume ? Un problème ?
— Non, Mélissa, c’est dingue, regarde !
— Quoi ?
— Ma boîte ouvre une deuxième antenne en plein centre de Bordeaux. Ils cherchent un directeur d’agence pour gérer une nouvelle équipe. T’imagines l’aubaine ?
— Tu veux postuler ?
— Poste à responsabilité, augmentation de salaire, voiture de fonction, déplacements choisis, tu me poses vraiment la question ?
— Ton boss ne t’en a pas touché un mot ?
— Rien du tout, pourtant, ils cherchent en interne et ça date de… début avril. Je devrais me connecter plus souvent à l’interface de la maison mère ! Je rêve, il sait pourtant que j’en ai ras le bol de tourner en rond.
— Fallait pas lui dire non, rit mon amie.
Je lui balance un coussin, elle se cambre, l’évite, me fait une belle grimace. Mélissa est une jeune femme adorable. Petite, brune, pétillante, elle a le cœur sur la main. Elle m’a proposé de partager son appart. Trop souvent en déplacement, il ne serait pas judicieux d’investir dans l’immobilier ou même d’envisager une location à long terme. Mon salaire ne me le permettrait pas vraiment. Je ne sais pas où j’atterrirai demain, ma vie est un peu bohème. Jusqu’ici, ça me convenait. Jusqu’à ce que mon patron s’imagine prolonger notre collaboration en dehors des heures légales, que je refuse, qu’il ne m’envoie plus que sur des missions pourries. Fini les vols aux quatre coins du monde, les hôtels prestigieux ; depuis un an, je n’ai pas quitté l’hexagone. Je ne devrais pas me plaindre, j’ai un job, je ne suis pas mal payée, mais me retrouver coincée sur le territoire parce que je refuse la promotion canapé, ça me révolte. Je n’ai aucune preuve, pas moyen de faire pression sur lui ni de me plaindre à ma hiérarchie. La France regorge de villes touristiques, d’hôtels et de restaurants à tester, si Maël m’envoie là, je dois me rendre là, point barre.
Maël, quarante ans, brun, tempes grisonnantes, yeux noirs, costume-cravate gris greffé sur la peau — en a-t-il un autre ou a-t-il bénéficié d’un prix de gros ? Pas d’uniforme imposé dans notre boîte pourtant ! — divorcé, en chasse, à l’affût, un traqueur, un vrai ! En manque, affamé, il ne fait rien pour s’en cacher. Je ne suis pas une proie, surtout pas la sienne. J’ai refusé café, déjeuner, dîner… Pas besoin de préciser, je ne suis clairement pas intéressée. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée à écumer les routes de France, et seulement celles-là. Je n’ai pas tardé à faire la relation entre mes refus répétés et la punition infligée.
C’en est une !
Fini les paradis lointains, les flots turquoise, le sable blanc. Je m’arme de patience, affiche un sourire professionnel chaque fois que nous nous croisons ou qu’il faut lui rendre compte de ma dernière critique. Je n’en pense pas moins, j’aimerais le remettre à sa place, une fois pour toutes, mais le danger, c’est de perdre mon poste. Il est bien trop passionnant pour que je m’y risque.
Payée pour passer du temps dans les établissements touristiques les plus convoités, je dois tout analyser, site, environnement, accueil, services, comportement du personnel, restauration, état général de l’hôtel ou du club, activités proposées lorsqu’il y en a… bref, tout ce qui donne envie aux agences de voyages de signer des partenariats et d’y envoyer leurs clients. Il ne s’agit pas seulement de découvrir de nouveaux horizons, je dois aussi contrôler ceux avec lesquels nous travaillons déjà. Un boulot de rêve ! Anonyme, personne ne sait le juge que je suis lorsque je m’installe. Je dois prendre toutes les précautions pour ne pas me dévoiler, commettre un impair qui les inciterait à tricher, à faire plus particulièrement attention à moi. Un des principes fondamentaux : être traitée comme un client lambda.
Pas trop compliqué de me fondre dans la masse. Trente ans, brune, un mètre soixante-quinze, le temps n’a pas encore trop de prise sur mon visage, je me maquille peu, j’ai quelques kilos en trop, je choisis des vêtements discrets. Une jeune femme ordinaire, en vacances en solo.
Mélissa me tend une tisane, un breuvage brûlant aux queues de cerise.
— Génial, tu me gâtes ! T’as pas trouvé mieux ou tu veux en rajouter une couche ?
— Ça te fera du bien, c’est bon pour la ligne, m’assène-t-elle.
— Merci, trop sympa, vraiment, n’en jette plus, j’ai ma dose pour la journée.
— Tu ne comprends pas, tu vas te reprendre en mains. Je vois bien que la situation t’atteint plus que tu n’oses le dire. Tu as du caractère, Plume, tu te laisses faire depuis trop longtemps. Ce type, Maël, veut te casser, il y arrive parfaitement. Tu as l’impression de t’en sortir, de rester forte. Je ne suis pas de cet avis. Tu es de plus en plus triste, de plus en plus terne. Tu ne fais plus attention à ta ligne, à tes fringues. Ça ne peut plus durer. Tu veux ce job ? Reprends-toi en mains, fais un bon régime, du sport, dévalise les boutiques, vite ! Cette place, tu peux l’avoir, à condition d’y mettre du tien et de redevenir…
— Légère comme une plume ? m’esclaffé-je.
Mélissa secoue la tête, se moque.
— C’est cette nana-là que j’aime et qui peut réussir.
— Je comprends l’idée, Mél, je me suis un peu laissé aller. Tu as raison. Je dois retrouver la niaque. Maël veut m’avoir à l’usure, je vais lui montrer de quoi je suis capable.
Un bip sur mon portable : Messenger. Je secoue la tête, vérifie, cligne plusieurs fois des yeux. Mon cœur s’arrête, mes joues brûlent. Un nœud se forme dans mon estomac. Un léger vertige brouille ma vue. Une hallucination ? Je ne rêve pas, je relis une, deux, trois fois le message. Les cognements dans ma poitrine deviennent si puissants que c’en est douloureux. Je pose ma main sur mon cœur, dans l’espoir de l’apaiser, en vain. Je plisse les yeux, cherche à me convaincre qu’il ne s’agit pas d’un mirage.
 
[De passage sur Bordeaux quelques jours, ça me ferait plaisir qu’on se voie. J’ai constaté sur ton profil Facebook que tu y vis encore. Ça fait longtemps, c’est peut-être l’occasion…]
 
[J’espère avoir de tes nouvelles, à bientôt, Soan. ]
 
— Soan ? prononcé-je à voix haute.
— Je te demande pardon ? m’interroge Mélissa.
— Soan, Soan vient de me recontacter, murmuré-je sidérée.
— Tu plaisantes, s’agace-t-elle. Il ne manquait plus que ça. C’est pas le moment qu’il vienne te polluer l’existence. Dix ans ! Il veut quoi ?
— Me voir, il veut me voir, Mélissa.
— Ben voyons, tu vas refuser, n’est-ce pas ? Plume !
— …
Interdite, je fixe toujours l’écran. Dix longues années depuis notre séparation. Nous étions jeunes, il voulait profiter de la vie, j’étais trop fleur bleue, trop amoureuse. Difficile à gérer pour lui. Nous n’avions pas les mêmes objectifs ni les mêmes sentiments. Je l’ai compris, ça ne m’a pas empêché de pleurer. Pas le choix, je suis passée à autre chose, c’était un premier amour, rien de moins, rien de plus. La vie m’a offert d’autres opportunités, d’autres bras, moins doux, moins chauds. Plus jamais je ne me suis attardée. Ce que Soan a détruit en moi, c’est cette capacité à croire en l’autre, à accorder une totale confiance. Dès que je sens que je risque de m’attacher, je fuis, c’est plus facile, moins risqué. Pas très courageux, mais je me protège comme je peux. Je n’affiche pas une liste indécente d’ex-petits-amis, juste assez pour me rassurer et me réchauffer de temps en temps. Bloquée sur les mots du premier, du seul homme qui a brisé mon cœur, je suis transportée dans les souvenirs, j’oublie Mélissa, l’appart, le boulot, l’offre d’emploi… Je suis propulsée dix ans en arrière, bousculée par la violence du couloir espace-temps qui m’absorbe d’un seul coup.
 

 
Depuis quelques jours, Soan est distant, quelque chose le tracasse, j’aimerais l’aider, peut-être encore des problèmes entre ses parents. J’espère que non, ça venait juste de s’arranger. J’ai voulu lui changer les idées, organiser une petite soirée entre amis. Mélissa est évidemment ma complice. On s’est donné du mal. On a réussi à se cotiser pour louer une salle, je me suis chargée des trucs à grignoter, Marc des boissons, Jules de la musique, Alban s’est occupé des invits. Tous les amis de Soan sont réunis ce soir pour fêter dignement son succès. Il vient d’avoir sa maîtrise de Droit des affaires. Le chemin est long, il veut être avocat, encore quelques années à bosser pour porter la robe noire. Peu importe, tout est bon pour faire la fête. Il n’y a pas que le diplôme à célébrer. J’ai quelque chose d’important à lui dire, ça attendra que nous soyons seuls. Je ne sais pas comment il le prendra, je suis tellement stressée.
La fête bat enfin son plein, Soan ne s’attendait pas à un tel accueil. J’espérais qu’il soit fou de joie, ça ne semble pas être le cas. Impossible de le dérider. Tout le monde se prête au jeu, danse, se régale. Au lieu de profiter, de s’amuser comme il l’a toujours fait, lui reste appuyé contre la colonne au fond de la pièce, un verre à la main. Il me fixe pendant que je bouge sur Single Lady de Beyonce. Je souris, l’invite à me rejoindre, il secoue la tête, refuse. Qu’est-ce qui lui prend ? Je m’attendais à quelques remerciements, un ou deux baisers, un peu d’intérêt. Que dalle ! Jusqu’à aujourd’hui, je pouvais mettre ça sur le compte du stress des examens. Il n’a plus cette excuse. Je dois lui parler, savoir ce qui se passe. J’approche, déterminée. Il prend une grande inspiration, serre les dents.
— So, viens danser, s’il te plaît.
— Je suis fatigué, Plume.
— On a organisé cette soirée pour toi, tu ne peux pas rester dans ton coin, tout le monde a participé. C’est…
— Je ne t’avais rien demandé, m’assène-t-il sèchement. Tu en as pris l’initiative toute seule. Désolé, c’était vraiment pas le moment.
— Pourquoi ? Tu me caches un truc ? Tu as des soucis ? So, je veux bien essayer de comprendre, mais si tu t’obstines à te murer dans le silence, tu ne m’aides pas.
Au moment où il s’apprête à répondre, notre chanson résonne dans les amplis : Firestone Kygo Feat Conrad Sewell.

Il baisse la tête, ferme les yeux. Il les rive à nouveau aux miens ; triste, il pose son verre, m’attire au milieu de nos amis au centre de la piste. Je suis toujours dans l’incompréhension la plus totale. Je me laisse guider, c’est notre chanson, celle sur laquelle tout a commencé, celle de notre premier baiser, de nos premiers émois. Je serre sa main un peu plus fort, il ne peut rien nous arriver, nous nous aimons. Deux pierres de feu qui s’embrasent dès ...

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