French touch
211 pages
Français

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Description

Romance contemporaine - 450 pages


Appartement, travail : c’est un nouveau départ pour Daphné. Après une histoire compliquée avec un homme marié, elle souhaite tourner la page et, pourquoi pas, rencontrer enfin le grand amour. New York semble la ville idéale pour ça ! Pourtant, le chemin vers le bonheur va s’avérer plus tortueux qu’elle ne l’avait imaginé. Et s’il passait finalement par ce voisin trop canon pour être honnête, au passé trouble ?


À 32 ans, Grégory est à un tournant de sa vie. Il souhaite enfin se poser, changer de boulot et se calmer avec les filles. L’arrivée de la charmante Daphné dans son immeuble pourrait bien lui donner une motivation supplémentaire, d’autant qu’ils ont plein de points communs, à commencer par la France et la gastronomie.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 50
EAN13 9782379613364
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

French touch

Delphine CLEVER
Delphine CLEVER

Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-336-4
Photos de couverture : YacobchukOlena & AboutImages
Symboles intérieurs : Olina Tatyana
Chapitre 1

Daphné
Chargée d’une lampe et d’un sac, j’ouvre la porte de mon appartement pour la vingtième fois au moins aujourd’hui. La matinée a été longue et épuisante : le trajet en camion avec mes parents, la difficulté à trouver une place la plus proche possible de l’entrée, les meubles et les cartons à décharger... Heureusement, mon frère et ma sœur sont arrivés en renfort vers midi, ce qui nous a permis d’avancer considérablement plus vite.
Je dépose mes affaires sur un empilement de cartons et jette un regard circulaire sur la pièce principale de mon nouveau « chez-moi » : elle fait environ vingt-cinq mètres carrés, offrant un bel espace. Une grande baie vitrée permet de profiter d’une superbe luminosité. Je m’en approche pour contempler mon voisinage, avec lequel je ne suis pas encore familiarisée. Au dixième étage (l’avant-dernier), je n’ai pourtant vue que sur une succession de buildings et autres bâtiments grignotant les nuages, panorama si particulier de la Big Apple. Tout cela me change des paysages de campagne auxquels je suis habituée. À part pendant mes années d’études, que j’ai terminées il y a plus de six ans, j’ai toujours vécu en périphérie de cette ville immense, là où l’urbanisme est plus aéré.
En tout cas, une chose est sûre, je suis prête pour ce nouveau départ ! En même temps, je ne peux plus faire machine arrière. Et ça tombe bien, parce que je n’en ai aucune envie. New York, me voilà !
— C’est le dernier ! lance mon grand frère en entrant, comme en écho à mes pensées.
Je me retourne pour voir Loris déposer un énorme carton, qu’il porte à bout de bras, dans le coin salon.
— Nous avons été vachement efficaces, à nous cinq, constate-t-il.
Ma sœur arrive à ce moment-là, suivie de mes parents. Elle pose également son fardeau et mouline du bras en criant :
— Wou Hou ! C’est vrai ! Les Perrin sont les plus forts !
J’éclate de rire devant son énergie inépuisable.
— Viens plutôt m’aider à sortir le repas, Camille, au lieu de « chasser des moulins à vent » ! plaisante notre mère, déjà vers le coin cuisine.
Elle a prononcé cette dernière expression en français, traduisant littéralement « chasing windmills ».
— On dit « brasser de l’air », maman ! la reprend ma sœur.
Je lève les yeux au ciel et rajoute :
— Tu sais bien que tu ne peux pas tout traduire mot à mot !
— Je trouvais que ça allait bien avec son mouvement du poignet, rétorque notre mère en haussant les épaules.
Comme souvent, nous mélangeons allègrement anglais et français lors de nos échanges. Il faut dire qu’avec une mère américaine et un père français, nous avons été très tôt plongés dans cette gymnastique mentale.
Mes parents se sont rencontrés à Montpellier, sur la place de la Comédie, à l’été 1987, alors que ma mère était venue étudier une année en France et que mon père bossait comme serveur pour payer ses cours à la fac. Il paraît que ça a été « love at first sight », entre eux. Un vrai coup de foudre. Ma mère n’est jamais repartie. Ils se sont mariés deux ans plus tard et ont eu mon frère dans la foulée. Diplôme en poche, mon père a rapidement trouvé un emploi et gravi les échelons, tandis que notre mère s’occupait de nous, tout en donnant des cours d’anglais.
Lorsque j’ai eu dix ans, nous nous sommes installés aux États-Unis, ma mère ayant le mal du pays. Mon frère avait treize ans et ma sœur sept. La région de New York s’était imposée par le boulot de notre père, qui n’avait que l’embarras du choix auprès des nombreuses entreprises ici dont l’activité touche aux secteurs industriels de pointe. Mon frère, ma sœur et moi étions déjà bilingues, de toute façon. Et mon père se débrouillait très bien, avec ma mère comme professeur !
Loris frappe dans ses mains :
— Super ! Bon, c’est pas tout ça, but I’m starving, moi ! On n’a pas avalé grand-chose depuis notre arrivée.
En effet, une pause repas nous fera le plus grand bien. Un emménagement, ça creuse ! Surtout qu’il est déjà quinze heures ! Nous nous installons sur les chaises hautes devant le comptoir pour dévorer les sandwichs que ma mère et moi avons préparés hier soir.
J’observe mes parents sourire à Camille, qui raconte les mésaventures de sa colocataire au campus. Bien qu’ils soient détendus, je les trouve fatigués, ces derniers temps. Ils ont également emménagé récemment dans leur nouvelle maison à Livingston. Eux n’ont pas un voisin à moins de cinq cents mètres. Rien à voir avec ici ! Quand je pense à tous les sacrifices qu’ils ont été obligés de faire à cause de moi… Depuis plusieurs mois, les habitants de la petite ville du New Jersey où nous vivions depuis seize ans leur ont fait vivre un véritable enfer par ma faute. Ils subissaient des injures et des menaces quotidiennement. Si j’avais su qu’en succombant à mon attirance pour le chef du restaurant où j’étais second de cuisine, j’allais provoquer le scandale du siècle à South Amboy, j’aurais résisté à ses avances. Surtout quand on voit quel gâchis il en a résulté : Carl a divorcé, ma famille a été montrée du doigt et malmenée, et finalement, nous ne sommes même plus ensemble. Il s’est avéré que monsieur « crise de la quarantaine » n’a pas quitté sa femme pour moi, comme tout le monde le pensait, moi la première, mais pour vivre une vie de célibat épanouie.
Mon cœur se serre en pensant à lui. Au-delà du fait que j’ai le sentiment d’avoir été prise pour une idiote, je croyais vraiment être amoureuse, pour la première fois de ma vie. Je l’admirais tant ! J’étais éblouie par son charisme, ses connaissances et son génie culinaire. Lorsque Carl m’a avoué qu’il était marié, c’était trop tard. J’étais déjà sur une espèce de petit nuage de fascination qui me faisait oublier tout ce qu’il y avait autour de nous. Je ne pouvais pas envisager qu’il se serve de moi. J’ai cru à ses promesses et en fin de compte, tout ce qu’il m’a offert n’était que mensonge et manipulation. Avec du recul, ce que j’ai imaginé vivre avec lui n’a jamais réellement existé.
Lorsqu’il m’a quittée à mon tour, j’étais dans l’incapacité de le voir tous les jours et de travailler avec lui comme si de rien n’était. J’ai dû démissionner et envisager de m’installer le plus loin possible.
Je secoue la tête pour chasser ces souvenirs désagréables. Mes erreurs et mon chagrin d’amour sont derrière moi. Je vais démarrer une nouvelle vie, ici. Je dois tirer un trait sur mon passé et aller de l’avant. Quelle meilleure façon de commencer qu’en profitant de ma famille enfin réunie ? Ce n’est pas si fréquent, étant donné que ma sœur étudie les sciences à Princeton et que mon frère est installé à Trenton.
Notre pique-nique improvisé se déroule dans la joie et la bonne humeur. Ma famille est très expansive, et je me rends compte que ça m’a manqué de ne plus prendre part à leurs échanges. Je suis heureuse pour la première fois depuis longtemps. Ça me fait un bien fou !
Après un café avec ma nouvelle machine, dont George Clooney vante les mérites comme personne, ils m’aident tous à réassembler et déplacer mes meubles. J’adore déjà cet appart. Il est un peu au-dessus de mes moyens, notamment avec la buanderie et l’ascenseur dont dispose l’immeuble, mais j’ai quelques économies et mes parents m’ont proposé de m’aider ; ils ont bien voulu se porter garants pour moi. Et puis, le Queens est tellement proche de Manhattan. Comment résister à cet argument ?
Après mes études de cuisine, j’ai travaillé dans plusieurs restaurants proches de chez mes parents, toujours plus cotés les uns que les autres. D’abord commis, mon dernier poste en qualité de sous-chef était une véritable reconnaissance de mes qualités professionnelles. À vingt-six ans, je peux dire que je maîtrise parfaitement mon métier, et c’est ainsi que j’ai postulé pour donner des cours à la prestigieuse école de cuisine de New York, l’endroit même où j’ai eu mon diplôme. Obtenir cette place était quasiment inespéré. J’ai eu la chance de chercher un nouveau boulot au moment où ils avaient besoin de quelqu’un. Plus motivée que jamais par cette fabuleuse opportunité, je me suis surpassée lors des épreuves de recrutement et j’ai été la meilleure. Mon poste va consister à apprendre aux élèves la maîtrise des techniques de base comme couper, émincer, lier une sauce, etc. Je donnerai également quelques cours ponctuels lors d’ateliers, selon les demandes. J’ai tellement hâte de commencer ! Vivement lundi !
En attendant, je dois mettre en ordre mon nouvel appart. Mes parents, Loris et Camille sont formidables : après les meubles, ils m’aident à vider des cartons. Ma mère et ma sœur s’occupent de la cuisine, mon père et mon frère sont dans le coin salon/salle à manger et je m’occupe de ma chambre. Je suis en train de ranger mes vêtements dans mon placard lorsqu’un déchaînement de guitare me parvient tout à coup. J’adore la musique, et je n’ai rien contre le rock. The Salt Wolves {1} est d’ailleurs un super choix ! Il me semble cependant que le respect des autres exige certaines limites de décibels. La musique vient vraisemblablement de l’appartement d’à côté et je l’entends comme si c’était moi qui l’avais mise.
Sur Sans toi , je secoue la tête en rythme, puis je chantonne sur  Seconde chance . À la troisième chanson, je me dis que mes voisins semblent décidés à écouter l’album en entier à ce volume. Je rejoins ma famille dans la pièce principale et constate que le son est plus fort ici.
— Eh ben, ça promet ! Ça va, ça ne vous gêne pas ?
— C’est sûr que ça met de l’animation, plaisante ma mère. Mais c’est surtout à toi de voir, ma chérie.
— Au moins, ils ont bon goût, commente Camille.
— Je peux aller leur dire deux mots, si tu veux ? propose Loris.
— Non, c’est bon, merci. Je m’en occuperai plus tard. Je ne vais p

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