Get High - tome 5
95 pages
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Description

Deux hommes, une femme. Une âme perdue. Des relations dangereuses. Un choix impossible.
CE TITRE EST AUSSI DISPONIBLE EN VERSION SWEETNESS (version soft ;) )

Raphaëlle, surfeuse bretonne exilée à Paris, contrôle sa vie avec rigueur. Mais lorsqu'elle rencontre Edern et Jean, deux amis sombres et mystérieux, notre héroïne perd tous ses moyens et se laisse embarquer dans une relation sulfureuse.
Raphaëlle arrivera-t-elle à survivre à ce triangle amoureux sans oublier qui elle est ?

Tome 5/5
Et OUI cette série est géniale. Et OUI l'auteure vou concocte une suite ! :D

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Avril Sinner signe chez Nisha Editions son premier roman. Avril est née et a grandi en région parisienne. Psychologue clinicienne, elle a exercé pendant plusieurs années en criminologie et en victimologie et pratique aujourd'hui en cabinet libéral. Étant originaire de Bretagne, l'océan a toujours eu une place particulièrement importante dans sa vie. Elle puise également son inspiration dans sa passion pour la musique, la littérature japonaise et à travers ses voyages. Dès l'âge de 18 ans, elle est partie à la découverte du monde : la Grèce, l'Inde, le Vietnam, l'Afrique, l'Amérique du Nord, du Sud...


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 décembre 2016
Nombre de lectures 30
EAN13 9782374133683
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0150€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Avril Sinner
 
Get High
Tome 5
 

 
Nisha Editions
Copyright couverture : Artem Furman
ISBN 978-2-37413-3 68 - 3


Have fun !
 

@NishaEditions

Nisha Editions

Nisha Éditions & Avril Sinner

Nisha Editions

www.nishaeditions.com
&
www.nishassecret.com

SOMMAIRE
 
 
Présentation

1. La plage

2. White Rabbit

3. Dérapage

4. Le réveil

5. La haine

6. I know

7. Zombie

8. Lutte

9. I love you

10. C’est fini

Bonus : Confidences sur le divan par Avril Sinner

Remerciements


La plage
 
 
RAPHAËLLE
 
Une main caresse mes cheveux, me sort délicatement du sommeil. L’alarme de mon téléphone s’infiltre méchamment dans mon cerveau. J’enfonce encore plus mon visage dans le torse de Jean qui me sert d’oreiller.
 
– Raphaëlle, tu dois te lever.
 
J’ouvre les yeux, le nez enfoui dans sa peau et bafouille :
 
– Il est quelle heure ?
– Presque 8 heures.
 
Je me redresse d’un bond.
 
– Merde ! Je vais être à la bourre ! Sly va me tuer !
 
Jean a plutôt l’air en forme par rapport au cadavre d’Edern allongé sur le ventre, la moitié de son corps nu pendant en dehors du lit. Un baiser à mon beau brun et je file dans la salle de bains.
 
– Jean, occupe-toi de le réveiller ! On part dans quinze minutes.
 
Après une douche rapide, je les retrouve devant leur café avec ma mère. Edern complètement ébouriffé accoudé à la table, son visage écrasé dans sa main, lève ses yeux encore endormis sur moi.
 
– Raph, tu vas vraiment aller te baigner là ? Ce n’est pas normal ! Marie, à force de fumer vous avez engendré un monstre.
 
Je rigole en ajustant ma parka et le bonnet sur ma tête.
 
– Me baigner ? Oh, mais je vais faire mieux que ça ! Bon, allez, on y va, aidez-moi à charger le matériel dans le 4 x 4.
 
Ils ne disent plus un mot, impressionnés par l’ampleur du chargement : planches de kite, de surf, voiles et combinaisons diverses et variées. Je suis surexcitée. Le temps est superbe. Sous un ciel bleu magnifique et un vent parfait, je m’engage sur la dune en direction de la maison de la plage.
 
– Tu n’as pas oublié le string ?
 
Je me retourne vers Jean, lui fais un clin d’œil. Edern, avachi sur une voile à l’arrière, rétorque.
 
– C’est bien la seule chose qui m’a fait me lever !
 
Nous arrivons devant la maison où mon groupe d’amis est déjà en action, tous vêtus de bonnets, polaires, leurs combis enfilées à moitié, le haut pendant sur leurs hanches. Ludo, un grand brun à la stature impressionnante s’avance vers nous, suivi de Ced dont les particularités sont ses yeux translucides et ses cheveux décolorés en un blond presque blanc, qui lui tombent sur les épaules. Ils nous accueillent chaleureusement en me serrant dans leurs bras ainsi que la main de mes deux accompagnateurs.
 
– Salut les gars ! Vous êtes plutôt surf ou kite ?
 
Edern ne comprend rien à ce qu’ils disent. Jean les regarde surpris, voire effrayé à l’idée qu’on le colle sur une planche.
 
– Ils ne font que m’accompagner.
– Eh bien, vous allez pouvoir tenir compagnie à Maya, elle ne peut plus surfer.
 
Ludo montre sa compagne et fait un geste signifiant qu’elle est enceinte. Au vu de la taille de son ventre, on pouvait difficilement passer à côté. Maya est une petite brune très discrète. Cela fait trois ans qu’elle est en couple avec mon ami. Mais, étant très timide, nous apprenons encore à nous connaître. Elle rejoint notre petit groupe pour nous saluer. Une voix brutale, autoritaire s’élève.
 
– Putain, c’est quoi cette réunion Tupperware ! Hey, les gars, on arrête de se branler les noix. Le temps risque de changer avec la marée, alors on se bouge le cul !
 
Sly, mon ami poète, à l’air d’humeur sympathique aujourd’hui. Il sort de la maison, son pète entre les lèvres, sa combinaison à moitié enfilée, exhibant son torse musclé recouvert entièrement de tatouages. Jean hausse les sourcils, Edern se tourne vers moi.
 
– Bordel, c’est quoi ce warrior ! Il a fait combien d’années de tôle pour avoir tout ça sur le corps ?
 
Sly se dirige vers nous, le même grand blond que j’avais entraperçu chez lui la dernière fois, sur les talons. Il me plante son baiser sur la bouche. Un regard gris se réveille brutalement et nous abat sur place. J’essaie de ne pas y prêter attention et mon ami soudainement poli fait l’effort de parler anglais.
 
– Allez Raph, à poil ! Je te présente ton partenaire, Camille !
– Vous tournez un film de cul ou quoi ?
 
Tout le monde éclate de rire. Sly regarde Edern, amusé par sa remarque.
 
– Non, pour ça, j’aurais plutôt fait appel à toi ! C’est toi l’acteur, non ?
 
Bon, je crois qu’il est temps d’abréger cet échange.
 
– Raph, Camille est le nouveau prodige du kite. Il a dix-neuf ans, vient d’Australie et est en pleine ascension. Tous les magazines se l’arrachent avec sa belle gueule !
 
En effet, l’homme en question est plutôt beau gosse. La parfaite caricature du surfeur avec un corps bronzé, des boucles blondes qui tombent sur ses yeux noisette et encadrent son joli visage encore jeune.
 
Il doit affoler les jeunes filles, celui-là !
 
Après ces brèves présentations nous nous dirigeons tous vers la plage. Le vent froid souffle, j’inspire profondément, m’imprégnant de l’odeur, de l’air vivifiant de l’océan. Edern et Jean à côté de moi, fixent les vagues qui déferlent devant nous formant un bouillonnement assourdissant. Je les regarde tour à tour, en souriant.
 
– Bienvenue dans mon monde !
 
Jean se tourne vers moi.
 
– Raph… Tu vas aller là-dedans ?
 
Edern, dont les yeux ont la même couleur que la mer, reprend :
 
– Ravi de t’avoir connue !
– ALORS ! Raph, bordel ! Tu planes ce matin !
 
Sly au bord de l’eau hurle en faisant de grands gestes.
 
– Il te parle toujours comme ça ou il est particulièrement de mauvaise humeur ?
 
Edern est clairement agacé par mon ami.
 
– Sly a une façon bien à lui de communiquer. Edern, s’il y a un mec sur cette Terre en qui j’ai une totale confiance, c’est lui. Il m’adore et moi aussi.
 
Je les invite à s’installer avec Maya dans notre campement de fortune.
 
– Vous avez des couvertures si vous avez froid, des thermos de café et Maya va pouvoir vous commenter tout ce qu’on fait, c’est une excellente surfeuse !
 
Tout le monde se prépare, enfile sa combi. Je retire ma parka, mes pulls.
 
– Sly ! Il caille vraiment ! Je ne vais pas tenir longtemps sans combi intégrale !
– Ouais, je sais !
 
Il me répond sans lever la tête, concentré à enfermer son appareil dans son caisson étanche. Finalement, peut-être qu’Edern a raison, il est vraiment insupportable ce matin.
 
– Putain Sly ! Sois un peu moins con ! Sinon je vais te faire bouffer ma planche ! Tu vas peut-être sourire quand tu te la seras prise dans les dents ! Et lui aussi tu le fous en maillot, torse nu ?
 
Je lui montre le blondinet. Ludo et Ced partent vers la mer en riant. Camille attend sagement auprès de Sly comme un bon chien obéissant.
 
– Qu’est-ce que tu veux que je te dise, Raph ? Pas de combi, un point c’est tout !
 
Je me plante devant lui, les deux mains sur les hanches.
 
– Non ! Tu n’as qu’à me payer un billet pour Hawaï si tu veux des clichés de surfeuses à poil !
– Putain Raph, ne fais pas chier ! Je sais très bien que tu vas finir par céder alors abrège mes souffrances !
 
Argh ! Il m’énerve !
 
J’inspire profondément pour me calmer. Jean est en pleine conversation avec Maya et je me demande ce qu’ils peuvent se raconter ces deux-là… Edern, par contre, suit attentivement notre querelle en fumant sa clope ; il ne doit pas saisir un mot de notre échange, mais en comprend certainement la teneur au vu de mon état d’énervement. Sly se relève et, de toute sa hauteur, me toise d’un air méchant. Je pars dans une crise de rire devant sa tentative d’intimidation. Il m’attrape sans ménagement, me bascule sur son épaule et se dirige à grands pas vers la mer.
 
– Je vais te foutre toute habillée dans la flotte comme ça le problème sera réglé, tu vas être obligée de te désaper !
 
Je hurle en le frappant de toutes mes forces dans le dos. Il finit par me lâcher en riant.
 
– OK, tu as raison, commence avec l’intégrale mais après je veux quelques clichés juste avec le haut !
 
Nous revenons vers les autres bras dessus, bras dessous. Et, enfin prête, je salue mes spectateurs, pars retrouver mes amis qui ont installé les ailes de kite. Sly, dans sa combi de plongeur, s’enfonce dans les vagues. Ced et Camille sont les premiers à s’élancer à toute vitesse vers le large.
 
Je vérifie les lignes gauches et droites, mon système de largage et de contrôle, verrouille le bout de harnais dans le crochet qui me lie à mon aile. Mes pieds bien fixés à la planche par les straps, les mains agrippées à ma barre de contrôle, je décolle par la force du vent et me laisse glisser sur l’eau de plus en plus vite. Je percute les premières vagues qui me propulsent dans les airs. Je m’éclate, saute de plus en plus haut en laissant échapper des cris de joie. Rapidement, je retrouve mes compagnons, notamment Camille, avec lequel je suis censée former mon duo. Nous ajustons notre vitesse et partons en direction de Sly, dont nous ne percevons que la tête qui disparaît par intermittence dans les eaux tumultueuses. L’un après l’autre, nous passons à ras de lui pour effectuer le virage qui nous permet d’exécuter notre saut au-dessus de la vague. Malgré le vacarme, je l’entends râler à chacun de nos passages. Ma planche s’approche alors tout près de lui le manquant de justesse et, avant de partir dans les airs, je le regarde en lui affichant mon majeur.
 
Tu veux de la surfeuse sexy ! Eh bien, regarde !
 
Je m’amuse comme une petite folle, laisse tomber Sly qui doit avoir assez de clichés et retrouve au loin mes deux amis, Ludo et Ced, qui se sont lancé un défi de vitesse.
 
Quelque temps plus tard, je reviens sur la plage frigorifiée mais euphorique. L’adrénaline m’a fait un bien inimaginable. Sly est là, emmitouflé dans une couverture. Je me débarrasse de ma combi et, totalement nue, m’enroule dans un plaid.
 
Je vais mourir de froid ! Il est temps que mes deux beaux gosses qui me regardent la bouche ouverte servent à quelque chose.
 
Un deuxième plaid sur le dos et je pars me blottir entre Jean et Edern les invitant à se resserrer. Je claque des dents, tout mon corps tremble. Jean m’entoure de ses bras, Edern engouffre ses mains chaudes dans la couverture pour me frotter les jambes.
 
L’idéal serait qu’ils se mettent à poil pour que je profite de leur chaleur !
 
Sly se retourne, un nouveau joint entre les lèvres.
 
– Je peux venir ? Moi aussi je me les gèle !
 
Jean sourit, Edern se contracte, mais ne refuse pas le pétard qu’il lui tend.
 
Ils se sont au moins trouvé un point commun.
 
Je me détends, remonte progressivement en température entre les mains de mes deux experts.
 
– Alors, ça vous a plu ? Vous voulez essayer ?
 
Edern m’observe fixement sans répondre. Sly rigole tout seul dans son coin, Jean rétorque :
 
– Raph… C’est incroyable, impressionnant, mais pas pour moi.
– Mouais, tu as tout de même failli m’écrabouiller la gueule ! Bon, prête à faire les derniers clichés en mode surfeuse ?
– Sly, j’ai froid !
– Allez, rapide ! Où est Camille ?
 
Notre grand blond, emmitouflé lui aussi, attend les ordres de son mentor et à peine a-t-il entendu son prénom qu’il se met au garde-à-vous. Je pense qu’il voue une grande admiration à mon ami, certainement due à sa réputation de surfeur de l’extrême. Le déchaînement de la mer aujourd’hui ne représente qu’une vaguelette, comparé à ce à quoi il s’est déjà mesuré.
 
Je me redresse en sautant sur place pour me donner du courage, enfile mon string noir sous mes couvertures et un top en néoprène à manches longues. Sly remet une combinaison sèche, Camille son short de bain.
 
– OK, on y va !
 
***
 
EDERN
 
Lorsqu’elle fait tomber les couvertures et que son cul dans son string noir apparaît à quelques centimètres de ma gueule, j’ai le cerveau qui entre en ébullition, proche de l’anévrisme. La vision de son postérieur avec les vagues en arrière-plan me donne envie d’aller surfer sur-le-champ. Je l’observe s’éloigner, sa planche sous le bras. Ses cheveux longs se balançant dans son dos, sa peau mate, ses longues jambes et ce putain de fessier qui se contracte à chacun de ses pas, me font penser que je suis en train de vriller obsédé. Je le connais pourtant son cul, mais là, en la voyant déambuler sur cette plage, j’en mesure toute la beauté et je crains de ne pas être le seul… Ses potes ne se gênent pas pour la mater, la siffler avec des remarques salaces auxquelles elle ne semble prêter aucune attention. Ce qui me rassure c’est que Jean paraît dans le même état, au point de prendre le joint que Sly m’a laissé pour tirer dessus. Je me marre. Mais mon sourire se fige, tout mon corps se tend malgré moi, lorsque j’aperçois une main entièrement tatouée glisser sur son dos et recouvrir ses fesses.
 
– Il n’est pas bien lui de tripoter ma nana ! Je vais lui faire bouffer son piercing !
 
Jean se retourne vers moi, surpris. Mais qu’est-ce qui m’a pris de balancer cette connerie ?
 
– Bah quoi ? La nana avec qui je baise, si tu préfères, ou plutôt avec qui on baise ! Pas la peine de me regarder comme ça !
 
Bordel, mais qu’est-ce qui ne va pas chez moi. Je reprends mon pétard. Il vaut mieux que je la ferme car, là, je m’enfonce. Ça doit être l’effet du string !
 
Elle dégage gentiment la main de son surfeur en riant. Non Raph, fous-lui ton poing dans la tronche sinon, ce gars-là, il ne va jamais comprendre !
 
Après qu’elle se soit fait tirer le portrait ou disons plutôt le fessier avec l’autre blond à côté d’elle, elle entre difficilement dans l’eau et l’Australien a encore plus de mal. J’ai mal pour eux en les regardant partir sur leur planche et encore plus lorsque je la vois s’enfoncer dans une vague et ressortir. Jean discute avec la petite brune, je ne comprends pas ce qu’ils se disent alors j’observe Raphaëlle, assise tranquillement sur son surf. Je peux presque la voir trembler de là où je suis mais, imperturbable, elle discute et rigole avec « Ken ». Ce sont des malades… Je me demande bien quel plaisir ils peuvent trouver à faire ça.
 
D’un seul coup, elle se met en mouvement face à nous, une vague se forme au-dessus d’elle. À présent debout, elle glisse sur l’océan, un voile d’eau se referme sur sa silhouette. Mon rythme cardiaque s’emballe, je me retiens de me lever sous l’effet du stress. Merde, elle a disparu, elle s’est fait avaler… Mes yeux sondent l’océan et soudain elle ressort, hilare. Je respire de nouveau. Elle recommence plusieurs fois et je me retrouve vite subjugué, le cul dans le sable, quand je la vois décoller avec sa planche, pour exécuter un saut par-dessus ce mur d’eau et plonger la tête la première. Ne la quittant pas des yeux, je me surprends à envier le plaisir qu’elle éprouve dans ce qu’elle est en train de faire. Elle est si libre, puissante, complètement aérienne au milieu de cette masse d’eau bouillonnante. Avec tous mes problèmes, ma vie que je me traîne comme un boulet, je pèse une tonne par rapport à elle.
 
Ils reviennent en courant tous les trois, sa peau et ses lèvres tremblantes ont viré au violet. Sly, inquiet, lui retire son haut, elle son string, se retrouvant complètement nue au milieu de cette bande de gars en recherche de sensations fortes. Le grand aux cheveux blancs l’enroule rapidement dans une couverture, la frotte énergiquement. J’avoue que tous ses rapprochements physiques, leur complicité, l’exposition de sa féminité sans aucune retenue à tous ses amis qui n’ont pas des gueules d’anges, me rendent nerveux. Je crains de partir en pleine crise de possessivité, l’esprit torpillé par l’envie de leur montrer que je suis là. Je déteste mon état. Edern, ressaisis-toi, qu’est-ce que tu en as à foutre, c’est juste de la rivalité masculine, rien de plus ! Tu ressentirais ça avec n’importe quelle nana que tu te tapes. Ce qui ne me rassure pas, c’est que ça fait marrer mon pote emmitouflé à côté de moi. Bon, en même temps, c’est inné chez lui le partage, il a raté sa vocation de beatnik.
 
Elle arrive en sautillant vers nous, seul le bout de son nez sort du tas de couvertures qui la recouvre entièrement.
 
– Les gars il faut me réchauffer sinon je vais mourir ! Je me sens geler de l’intérieur !
 
Les surfeurs se tordent de rire. Sly ne rate pas cette belle occasion pour s’exprimer et en anglais.
 
– Ma chérie, c’est très élégant comme façon de dire baisez-moi là, maintenant ! Parce que je ne vois pas d’autres manières de te réchauffer les entrailles !
 
Ce type m’énerve, mais je reconnais que j’ai du mal à ne pas apprécier son humour. Le lien qu’ils ont est incroyablement fort et je doute que ce ne soit que de l’amitié. Je n’y crois pas à ces conneries. Elle couche de temps en temps avec lui. Elle nous l’a dit. Mais finalement, pourquoi ne sont-ils pas ensemble ? Ils partagent tout et s’entendent à merveille. Le goût du défi s’immisce en moi.
 
Alors qu’elle s’apprête à s’installer entre nous, sans qu’elle s’y attende et moi non plus, je la tire par ses couvertures et l’assieds entre mes jambes que je referme sur elle. Elle me dévisage, surprise par ce geste d’appropriation venant de moi. OK, je me lâche un peu, alors tais-toi et profite, Raphaëlle, car je peux vite reprendre mes distances. Rapidement, elle se blottit en boule contre mon torse et je l’emprisonne dans mes bras.



White Rabbit
 
 
RAPHAËLLE
 
Nous sommes tous installés dans le salon, chez mes parents. Ils ont tenu à ce que tout le monde vienne dîner et mes amis, les bras chargés de bières et d’alcool en tout genre, s’apprêtent à squatter mon environnement. Je sais très bien que certains ne repartiront pas, incapables de se relever du canapé.
 
Nous enchaînons les verres. Jean est en pleine discussion sur le surf avec Ludo, Ced et Camille. Ma mère parle méditation et accouchement sans douleur avec Maya. Je souris, persuadée que dans cinq minutes, elle lui proposera d’accoucher dans une piscine, au milieu du salon.
 
Mais où sont passés Edern, Sly et mon père ?
 
Je les retrouve, hilares, dans la cuisine.
 
– Qu’est-ce que vous faites tous les trois ?
– La cuisine !
 
C’est ça, fous-toi de moi, Sly ! Avec Edern et mon père, c’est sûr, on va tous crever.
 
Edern me tend une part de cake salé. Je reconnais immédiatement la recette secrète de mon paternel.
 
– Tiens, goûte.
– Edern, tu crois que je ne connais pas ce truc ! Je te signale que j’ai été élevée ici.
– Tu as grandi en mangeant cette chose ?
 
Je lève les yeux au ciel, m’empare du space cake et mords dedans. Je ne sais pas combien de parts ils ont ingurgitées, mais en jugeant rapidement du dosage dans la recette, je me dis que la soirée peut vite partir en vrille. Je ne finis pas, préférant reprendre mon verre de rhum. Mon père s’éclipse en ricanant.
 
– Alors ? Tu m’expliques ?
 
Sly, un sourire en coin, me fixe en mordillant son piercing. Edern s’assoit sur la table de la cuisine, s’allume un clope.
 
– Qu’est-ce que tu veux que je t’explique ?
– Ton ménage à trois ! Et avec Edern Petterson ! Putain Raph, tu assures…
– Si vous pouvez discuter en anglais ça m’arrange, surtout quand on parle de moi !
 
Sly se retourne vers Edern en souriant et reprend :
 
– Je lui demandais de me raconter comment c’était entre vous trois.
 
Le regard gris, intimidant, de mon acteur nous observe tour à tour. Je crains le dérapage, mais finalement il rigole.
 
– Tu lui racontes tout ? C’est quoi, au juste, votre relation à tous les deux ?
 
Sly et moi nous nous regardons, puis mon ami reporte son attention sur Edern.
 
Bordel, qu’est-ce qu’il va lui balancer !
 
– Eh bien… Comment te dire… Raph est un tout pour moi !
 
Je me tends, prête à le faire taire en voyant le gris changer de couleur, mais l’idée qu’il soit jaloux ne me déplaît pas. Sly continue :
 
– Elle est à la fois ma pote, ma famille, ma nana… Ce qu’elle veut ! C’est elle qui décide.
 
Finalement, je ne la sens pas cette conversation !
 
– Bon… On devrait rejoindre les autres dans le salon !
 
Leurs deux têtes se tournent vers moi. Edern rétorque :
 
– Cool, Raph ! Détends-toi. Tout va bien, on discute.
 
Je trouve soudainement leur entente improbable assez louche. Ça doit être le space cake de mon père. D’ailleurs, je reprends ma part et décide de la terminer. J’ai besoin d’un bon calmant pour faire face à l’association Sly/Edern. Où est Jean ?
 
– Qu’est-ce que tu veux savoir sur nous trois ?
 
Edern affiche maintenant un sourire complice à Sly, en soufflant sa fumée, et ajoute :
 
– Tu ne l’as jamais fait ?
 
Oh merde ! Qu’est-ce qu’il me fait là ! Les voilà en plein partage d’expérience.
 
– Eh bien non ! Avec deux nanas oui, mais jamais avec deux mecs c’est…
– Je te rassure, Jean et moi, on ne se touche pas !
 
Sly recrache son verre, plié de rire. Je reste figée, mon cake dans la bouche. Camille choisit ce moment pour entrer. Complètement ivre et un peu trop familier, il passe son bras sur mon épaule.
 
– De quoi vous parlez ?
 
L’acteur et le surfeur se transforment brusquement en deux pitbulls prêts à défendre leur os. Sly s’avance vers le jeune homme, le saisit par la nuque en le raccompagnant gentiment vers la sortie.
 
– Écoute gamin, d’une, tu ne touches pas à cette fille et de deux, tu es trop jeune. Tu devrais aller te coucher !
 
Il revient en ricanant.
 
– Bon alors, on en était où ?
– Edern, je crois que Sly en sait assez, on va s’arrêter là !
 
Alors que je m’apprête à sortir, j’entends mon Anglais dans mon dos.
 
– On peut peut-être t’aider à mieux comprendre. Ça t’évitera de poser des questions !
– Putain mec, tu commences à m’intéresser !
 
Je perds mon calme face à leur complicité lubrique.
 
– Non, mais ça ne va pas tous les deux ! Vous êtes malades ! Edern, tu me prends pour qui ?
 
Énervée, je sors précipitamment sous les rires de mes deux connards.
 
– Raph ! Reviens !
 
Je passe le reste de la soirée avec Jean et Ced. Ludo, Maya et Camille sont partis. L’effet du cake se dilue pleinement dans mes veines. Totalement détendue, planante, je m’approche de la sono de mes parents et monte le son, me laissant emporter par la musique de Jefferson Airplane, White Rabbit .
 
– Oh ma chérie, ça ne te rappelle pas des souvenirs ?
 
Ma mère déclenche en moi des images de Mélanie sur la plage de Matala. Toutes les deux, nous aimions regarder tous ces adultes se balancer lentement devant ce groupe venu leur faire revivre l’époque – déjà lointaine – de Woodstock.
 
Mes parents partent se coucher. Les yeux fermés, je continue de courir après le lapin blanc dans ma tête. C’est vraiment une musique de drogué ! Je me retourne et m’arrête brusquement de danser. Un, deux, trois lapins ! Le quatrième, Ced, est tombé dans les vapes. Il dort tête renversée et bouche ouverte sur un fauteuil. Mes deux mâles ont fait un petit dans mon dos ! En effet, Sly, installé avec mon duo, me regarde comme s’il venait de signer sa carte d’adhésion au club échangiste.
 
– Les gars, je suis peut-être un peu planante, mais lucide !
– Approche !

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