Hidden Desire - Saison 2
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Description

Découvrez la suite et fin de Hidden Desire, le nouveau titre d'Angel Arekin chez Nisha Editions.

Replongez dans l'univers et l'atmosphère sexy de Love Business et partez à la rencontre de Declan.
Dans ma famille, le sens du jeu est inné : nous maîtrisons l'art de tisser des toiles pour y attirer
nos proies à la perfection. Procéder à un chantage odieux pour obtenir ce que l'on désire est habituel pour nous - c'est même une tradition, perpétuée de père en fils.
Je veux ; j'obtiens.
Merryn, la délicieuse secrétaire de ma cousine, ne déroge pas à cette règle. Elle dissimulait de petits secrets qu'elle a eu le malheur de me dévoiler. Pour se protéger, elle a cru pouvoir me repousser.
Trop tard, Merryn. Je compte bien te dévorer.

À propos de l'auteure :
Née en 1981 dans la belle région corrézienne, Angel partage sa vie entre sa famille, son boulot, la littérature, le cinéma, les mangas, le web, les amis, et si cela ne suffit pas, avec ses pages d'ordinateur sur lesquelles se dessinent de nouveaux univers, peuplés de créatures étranges, si possible de nature masculine, sexy et détestable à souhait. Vrai ermite à ses heures, pas la peine de lui parler quand elle écrit, elle ne sera pas disponible, sauf si c'est pour débattre bouquins.

À propos de l'éditeur :
Nisha Editions est une maison d'édition spécialisée dans la romance française.
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Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 22 février 2018
Nombre de lectures 107
EAN13 9782374136615
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Angel Arekin
 
 
 
Hidden Desire
Saison 2
 
 
 

 
Nisha Editions
Copyright couverture : Andrey Kiselev
ISBN 978-2-37413-661-5

Have fun !
 

@NishaÉditions

Nisha Éditions

Nisha Éditions & Angel Arekin

Nisha Éditions

www.nishaeditions.com

SOMMAIRE
 
 
 
Présentation
 
 
1 – Si tu étais moins sage…je trouverais ça moins drôle
 
 
2 – Si tu étais plus facile à lire…tu ne serais pas un Mordret
 
 
3 – Si tu me fais trop confiance…tu souffriras
 
 
4 – Si tu fais vaciller ma vie…que restera-t-il de moi ?
 
 
5 – Si tu avais pris tes jambes à ton cou…je t’aurais rattrapée
 
 
6 – Si tu étais un animal…tu serais un caméléon
 
 
7 – Si tu étais un objet…un loup sur mes yeux
 
 
8 – Si j’étais Abigael…que ferais-tu ?
 
 
9 – Si tu étais un mot…troublante ?
 
 
10 – Si tu étais un spectacle…tu serais un acrobate
 
 
11 – Si tu étais une inconnue…ce serait plus facile
 
 
12 – Si tu étais une expression…un sourire Mordresque, de circonstance
 
 
13 – Si j’étais un mot…lâche…
 
 
14 – Si tu incarnais un verre…du whisky pur malt
 
 
15 – Si tu étais Abigael…m’aimerais-tu ?
 
 
16 – Si tu étais un menteur…pourrais-je le deviner ?
 
 
17 – Si tu étais un fantôme…me hanterais-tu ?
 
 
18 – Si tu étais si simple…je ne t’aimerais pas autant  !
 
 
19 – Si tu étais un petit chaperon rouge…non, tu n’es pas un petit chaperon rouge !
 
 
Épilogue
 
 
Extraits
 

Si tu étais moins sauvage…
…je trouverais ça moins drôle
 
 
 
Declan
 
 
Je ne sais pas ce que je fous là. J’ai retourné la question dans tous les sens et la seule conclusion que j’en ai tirée, c’est que mon cerveau est en bouillie. Ou ce n’est pas mon cerveau qui pense, mais une autre partie de mon anatomie qui crève de se diriger…
 
Je cogne contre sa porte comme si je défonçais un mur à coups de poing. Je suis irrité et mal à l’aise. C’est une mauvaise idée. Je l’ai repoussée. Pourquoi revenir ? Bon sang…
 
Parce que tu en as besoin .
 
La porte s’ouvre enfin sur une Merryn humide, en peignoir, les cheveux mouillés, la gorge dégagée. Une Merryn authentique, sans maquillage ou artifice. Très jolie.
 
Ses yeux s’ouvrent en corolle en me découvrant sur son perron. Elle a l’air de se sentir encore plus mal à l’aise que moi et je vois naître dans ses yeux le florilège de questions qui traverse son esprit à toute vitesse. Pourquoi je suis là ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi je tiens une bouteille de vin à la main ?
 
Bon sang, si seulement je pouvais y répondre, je me sentirais certainement mieux ou moins con. Si je pouvais croire que c’est uniquement pour la satisfaire au lit, la situation serait plus simple pour tout le monde. Mais la simplicité n’est pas un terme connu de ma famille.
 
J’entends du bruit dans son dos et lève les yeux par-dessus son épaule. Merryn se tend comme une corde d’arc tandis que je repère un mec, accoudé à sa desserte. Il me fixe avec une drôle d’expression, le genre d’expression qui semble signifier que je marche sur ses plates-bandes et que ma présence dérange.
 
Merde ! J’avais complètement occulté qu’elle était avec quelqu’un. Ma mâchoire se contracte en baissant les yeux sur le visage gêné de Merryn.
 
– Declan… qu’est-ce que tu fais là ?
 
Je lève la bouteille de vin sans répondre. Je suis énervé. La colère croît dans ma poitrine à une vitesse déroutante et dangereuse. J’essaie de la maintenir en moi, me force à lâcher un sourire tordu et réponds finalement :
 
– J’avais besoin de te parler. Je ne pensais pas que tu étais prise ce soir.
– Oh… euh…
 
Ses joues rosissent en tournant la tête par-dessus son épaule en direction du type dans son dos. Elle ouvre la porte en grand pour me permettre d’entrer au moins dans sa cuisine – trop aimable – et me désigne son copain.
 
– Je te présente Evans. Evans, voici Declan… euh… mon patron.
 
Son patron… c’est ça ! Ce soir, je suis son patron !
 
Le dénommé Evans paraît surpris. Il hausse un sourcil et s’approche de moi pour me tendre poliment la main. Je la saisis et la serre un poil trop fort en réponse à sa poigne sèche. S’il veut jouer à ce jeu-là : celui du dominant ! Pas de problème. C’est mon territoire. Merryn est mon territoire.
 
Merryn est à moi .
 
Je repousse très vite cette pensée nocive. Pour elle comme pour moi.
 
– Enchanté, lâché-je avec ma diplomatie habituelle, le ton que j’emploie lorsque je parle à des actionnaires ou des employés de bureau, autrement dit, quand je joue la comédie humaine du bon directeur.
– J’ignorais qu’un patron se rendait en personne auprès de ses salariés pour déguster une bouteille de vin, fait-il mine de plaisanter.
– Je suis un patron à l’écoute de ses employés, rétorqué-je en mimant un sourire.
 
Evans ne me lâche pas du regard. Il n’est pas dupe des raisons de ma présence ici et qui n’est certainement pas due au travail. D’un point de vue extérieur, je sais très bien de quoi on a l’air : un combat de coqs en train de se jauger mutuellement pour déterminer qui l’emportera.
 
Du coin de l’œil, Merryn semble ne plus savoir de quelle manière réagir : entre me foutre dehors ou éclater de rire. De fines ridules d’amusement se dessinent aux coins de ses yeux et la rendent charmante. Elle ne paraît pas s’inquiéter de ma réaction et des possibilités qu’Evans devine le pot aux roses sur nos relations. Peut-être s’imagine-t-il que je suis venu séduire sa copine, tenter ma chance ? Sait-il que je lui donne un orgasme quasiment tous les jours à mon bureau, que je lui ai mis une fessée et qu’elle a aimé ça ?
 
Cette pensée me tire un sourire. Non, c’est évident que non. Et de savoir que je possède une part de sa dulcinée qu’il n’aura jamais me comble d’un sentiment d’autosatisfaction intense et à peine mystérieux. J’ai parfaitement conscience de l’homme que je suis devenu et j’aime savoir que c’est moi qui donne du plaisir à Merryn. Moi et moi seul. Mon côté connard dominateur sûrement.
 
Je pose le vin sur l’îlot central, tandis qu’Evans saisit sa bouteille de bière et siffle une longue gorgée en me fixant par-dessus le goulot.
 
Il doit être énervé que je ne daigne pas m’en aller pour les laisser en tête à tête.
 
Je dirige mon regard sur Merryn, accoudée à la desserte, en train de me dévisager sans se dissimuler. Elle a l’air de se demander quel comportement elle est supposée adopter en ces circonstances particulières, entre son mec officiel et son amant, mais pour une raison mystérieuse, elle ne semble pas inquiète le moins du monde. Cette femme est vraiment curieuse. Il y a des côtés d’elle qui m’échappent totalement.
 
Je la fixe en retour, à peine gêné du regard de son mec sur nous.
 
Evans repose sa bouteille à mes côtés et se rapproche brusquement de moi. Sur le qui-vive, je m’arrache à la contemplation des yeux clairs de Merryn et surveille son attitude. Je le devine un peu bagarreur. Manifestement, il n’apprécie pas que je drague sa copine. Je ne peux pas tellement le lui reprocher. Je trouve même qu’il démontre une grande patience. À sa place, je me serais déjà jeté dehors et sans fioritures.
 
– J’ai très envie de vous foutre mon poing dans la gueule, m’annonce-t-il subitement.
 
Voilà qui est mieux !
 
Merryn pousse une plainte à peine audible en se redressant.
 
– Oh ! Vraiment ?
 
Finalement, il est peut-être plus intelligent et observateur que ne le laissait présager son attitude placide.
 
– Vous êtes un sale type. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure et Merryn est une chouette fille.
 
Je hausse un sourcil interrogateur et lorgne en direction de Merryn qui se mordille la lèvre inférieure.
 
– Evans, laisse tomber, s’il te plaît, lui demande-t-elle.
 
Evans tourne la tête et hausse les épaules.
 
– Tu prends tes décisions, Merryn, mais ce mec…
 
Il pousse un grondement sourd et contracte la mâchoire.
 
– Ce mec quoi ? questionné-je posément.
– Vous êtes l’archétype du patron qui se sert de son statut pour baiser ses employées.
 
Un éclair de colère traverse mon cerveau comme un coup de foudre, puis mes lèvres se fendent d’un sourire sadique :
 
– Il est clair que je n’ai pas besoin d’utiliser mon statut pour baiser Merryn. Ça serait bien une première. Merryn sait très bien ce qu’elle aime.
– Declan ! s’offusque-t-elle aussitôt en posant les deux mains sur le plan de travail.
 
J’ignore complètement son air rageur. Le type en face de moi tente de me dominer, bombant le torse tel un coq, comme si je pouvais laisser passer une telle chose.
 
Merryn est à moi .
 
– C’est pour ce mec que tu m’as quitté ? lâche-t-il brusquement d’un ton dépité et furieux, en se tournant face à la jeune femme. C’est qu’un sale con. Tu mérites mieux que ça, Merryn.
 
Quitter ?
 
Je recule, m’accoude à l’îlot central et incline la tête pour observer le visage rubicond de Merryn. Un sourire envahit mon visage malgré moi. Elle peste entre ses dents.
 
– C’est un sale con uniquement parce qu’il a besoin de marquer son territoire comme un clébard, rétorque-t-elle en m’adressant une œillade furibonde. Je suis désolée, Evans, tu veux bien nous laisser. J’ai besoin de parler au sale con.
 
Il hoche la tête en affichant une grimace méprisante, puis me contourne et s’éloigne en direction de la porte. Avant de la franchir, il lance :
 
– Quand tu voudras un mec qui t’accordera le respect que tu mérites, tu sauras où me trouver.
 
Il claque la porte, tandis que Merryn ne m’a pas lâché d’un iota. Sa mâchoire est contractée et ses yeux lancent des éclairs, accentuant la pâleur de ses iris.
 
– Tu es content de ta prestation ? me demande-t-elle d’une voix grognonne.
 
Je hausse les épaules.
 
– J’aurais pu le cogner s’il s’était approché un peu plus. Ne te plains pas. J’ai été plutôt coulant.
– Tu te rends compte de ce que tu as fait ?
– Qu’est-ce que ça peut foutre ? Tu ne sors plus avec lui. Pourquoi tu ne m’as pas prévenu ?
– Je ne vois pas en quoi ça te regarde. D’ailleurs, tu as toi-même souligné que tu t’en fichais cordialement. Et si je sortais toujours avec lui ? Tu as agi comme si je t’appartenais, Declan, au mépris de tout le monde et moi la première. Tu as intérêt d’avoir une sacrée bonne excuse pour que je ne te mette pas à la porte.
 
Je pianote sur la desserte, un tantinet agacé par son comportement, puis je pousse la bouteille de vin dans sa direction.
 
– Un vingt ans d’âge. Une merveille.
 
Elle lorgne la bouteille, les dents serrées, puis laisse échapper un grognement, avant de revenir sur moi. Ses iris fourragent au fond des miens comme si elle cherchait à me pousser dans mes retranchements, puis à bout de patience, elle grogne :
 
– Mais encore ?
 
Je pousse un soupir.
 
– Je ne vais pas m’excuser à cause de ce mec.
 
Ses yeux flamboient.
 
– Non, mais tu te fous de ma gueule, Declan ? hurle-t-elle. Tu ne peux pas te pointer dans ma vie pour y foutre un bordel monstre sous prétexte… quel prétexte d’ailleurs ?
 
Je ne parviens pas à effacer mon sourire en coin, ce qui a l’air de l’énerver davantage.
 
– Tu es un connard manipulateur, m’assène-t-elle.
– Nous en avons déjà convenu. Mais tu as envie de moi.
 
Je me redresse, contourne l’îlot et m’approche d’une démarche nonchalante. Elle tente de reculer, mais je comble la distance rapidement.
 
– Tu as besoin de moi. Pourquoi ne pas avoir dit ton mot secret ?
 
Elle cligne des paupières et tord sa figure en une grimace irritée.
 
– Parce que je ne veux pas que notre relation cesse, m’avoue-t-elle contre toute attente, mais sans décolérer le moins du monde.
 
Je la coince contre la desserte, les deux bras de chaque côté de son corps. Je la domine d’une bonne tête, mais elle ne baisse pas les yeux pour autant, concentrée sur mon visage.
 
– Moi non plus, admets-je.
 
Elle se pince les lèvres.
 
– Mais je veux… que tu me respectes, Declan. Si je te suis soumise dans un lit et que je suis prête à te céder beaucoup de choses si tu le demandes, ce ne sera jamais le cas dans ma vie. Je ne te laisserai pas me dominer. Et je dois pouvoir t’accorder ma confiance.
 
J’humecte mes lèvres. Je suis énervé tout à coup. Une alarme retentit bruyamment dans mon cerveau, même si j’ai envie de l’ignorer. Je veux continuer à la fréquenter et de lui faire l’amour, à ma façon. Je désire contempler son visage lorsqu’elle prend du plaisir sous mes caresses.
 
Je hoche la tête.
 
– OK, réponds-je.
– OK ? Tu peux être plus précis.
 
J’approche mon visage du sien, si bien que ses lèvres se situent à quelques centimètres des miennes.
 
– Je ne te considère pas comme l’une de mes relations habituelles.
 
Elle écarquille les yeux comme si je lui avouais que j’ai rencontré Dieu dans mon salon.
 
– Je suis navré d’avoir brisé la confiance qu’on avait bâtie tous les deux. J’exige de toi…
 
Je réfléchis à mes mots avant de les prononcer.
 
– Je sais que lorsqu’on s’amuse ensemble, tu me confies ton corps et j’ai déconné avec toi la dernière fois. Je ne recommencerai plus.
 
Si, si, tu recommenceras… Arrête…
 
Mes lèvres frôlent les siennes et tout son corps se raidit contre le mien.
 
– Est-ce à cause de moi que tu as quitté ce mec ? lui demandé-je soudain, comme si je m’en souciais.
 
Évidemment !
 
Ses mains se posent sur mes hanches, mais plus pour maintenir une certaine distance que pour se frotter à moi.
 
– En partie, répond-elle.
– Ce qui signifie ?
– Que je n’ai aucune envie d’être la fille infidèle. Être avec toi, dans une relation comme la nôtre, n’exige sans doute pas la fidélité, mais… je ne souhaitais pas lui mentir et pour l’instant, tu m’apportes ce dont j’ai besoin.
 
Je suis toujours surpris quand une personne est honnête dans sa manière d’exprimer ses sentiments. Merryn m’a toujours avoué ce qu’elle pensait, que ça soit tout au début lorsqu’elle m’insultait sous mot à peine couvert, lorsque je lui ai fait l’amour cette nuit-là, lorsque nous nous sommes quittés et de nouveau injuriés pour finalement nous ignorer. Même maintenant, quand je me comporte comme un sale type, elle admet ce qu’elle a sur le cœur, ce qu’elle désire, ce qu’elle recherche sans fard, faux semblant ou mystification.
 
– On peut ouvrir cette bouteille maintenant ? demandé-je.
 
Merryn m’offre enfin un sourire et hoche la tête. Je la libère et elle trottine jusqu’au tiroir pour en retirer un tire-bouchon qu’elle me tend ensuite. Tandis que je débouche la bouteille, elle s’empare de deux verres à pied que je prends soin de remplir à moitié pour permettre au vin de respirer.
 
Calée sur un coude, elle se saisit de l’un d’eux et hume le parfum fruité de l’alcool. Quand ses lèvres effleurent le verre pour en savourer l’arôme, je suis le mouvement qu’accomplit sa bouche. Aussitôt, je meurs d’envie de sentir sa chaleur sur moi. Merryn relève les yeux, perçant le sujet de mon attraction, et m’assène un sourire amusé.
 
– Tu me regardes d’une drôle de manière, Declan.
– Je me demandais comment tu trouvais le vin.
 
Elle n’est pas crédule et son sourire s’accroît.
 
– Succulent.
– Tant mieux, réponds-je en appréciant à mon tour sa saveur, explosive sur le palais.
 
Elle repose le verre sur la desserte et me dévisage par en dessous.
 
– Declan… est-ce que tu fréquentes quelqu’un ?
 
Étonné par sa question, je lève un sourcil et manque d’éclater de rire.
 
– Non, personne.
– Pourquoi ? D’habitude, tu enchaînes les blondes sans cervelle.
– Je n’en ai pas besoin pour l’instant.
– Je te suffis ? plaisante-t-elle, même si je devine son intérêt derrière cette question.
– Pour l’instant, comme je viens de l’admettre.
 
Elle se frotte un sourcil et affiche une grimace.
 
– Ce qui signifie que tu ne couches avec personne ? remarque-t-elle judicieusement.
– En effet.
– Ça ne te gêne pas ?
– Non.
 
Je siffle une autre gorgée de vin.
 
– Et tu m’as fait jouir plusieurs fois dans ta bouche.
 
Un sourire envahit son visage à ces souvenirs. Elle s’adosse au comptoir, pose les mains sur le rebord, les coudes levés, puis me dévisage avec attention, avant de déclarer :
 
– Je devais présenter Evans ce week-end à mes parents.
– Je suppose que je dois être désolé.
 
Elle secoue la tête :
 
– Bien sûr que non, mais je voudrais que tu m’accompagnes.
 
Je manque de recracher mon vin par les narines tant je suis surpris.
 
– Je te demande pardon ?
– Accompagne-moi. Et arrête de faire cette tête, bon sang. Je ne suis pas en train de te demander de jouer le rôle de mon petit ami !
– Tu me demandes quoi alors ?
– De m’accompagner déjeuner dimanche prochain, comme ami, Declan. C’est possible ? Tu veux regagner ma confiance. Ça en passe par là ! Je n’ai pas l’intention d’être la fille que tu convoques uniquement dans ton bureau quand ça te chante. Moi aussi, je veux pouvoir décider quand j’ai envie de te voir. Et je désire une relation plus approfondie.
– Tu veux trop de choses à mon goût.
 
Les battements de mon cœur sont trop lourds.
 
Arrête de t’immiscer .
 
– De l’amitié, Declan, c’est trop demander ?
 
Son regard me percute encore et encore. Je sais qu’elle souhaite arracher de moi quelque chose, mais je ne suis pas prêt à le lui donner.
 
– Je suppose que non.
– Tu me demandes de t’accorder une confiance aveugle quand nous sommes tous les deux, quand je te confie mon corps, alors je dois aussi apprendre à te connaître. C’est par là qu’une relation saine commence, Declan. Tu sais, connaître les gens…
 
Elle m’affiche un sourire moqueur.
 
– Je n’aime pas trop…
– Connaître les gens ? raille-t-elle.
– Oui, ce n’est pas mon truc.
– Je sais, mais nous n’avons pas une relation ordinaire, si ?
 
Je secoue la tête, pris au piège.
 
– Je ne suis pas le gendre idéal, noté-je.
– Tu plaisantes, j’espère ? Tu es l’un des directeurs de la société Bella, tu portes la cravate divinement bien, même si j’aime bien le jean, me lance-t-elle en désignant mon pantalon. Mes parents vont t’adorer. Et tu seras un AMI, Declan, juste un ami.
– Seulement un déjeuner ?
– Oui.
 
Merryn sourit de plus en plus largement, ce qui a tendance à m’exaspérer.
 
– Très bien, soupiré-je, vaincu. Tu auras ce que tu désires, mais tu as intérêt à être très obéissante ensuite.
 
Je m’approche d’elle à l’instar d’un prédateur et aussitôt, ses yeux s’embrasent de désir.
 
– Petite chatte arrogante, j’ai l’intention de te faire payer ton petit ton hautain.
 
Elle pousse un gémissement lorsque je plaque son corps contre la desserte. Mon souffle se répand sur son visage et sa bouche s’entrouvre comme si elle espérait que je l’embrasse, mais je recule en lui décochant un sourire diabolique. Je saisis mon verre de vin et bois une gorgée.
 
– Après le repas, lancé-je, mauvais.
 
Elle lâche un grognement en me pinçant le bras.
 
– Tu ne sais pas lâcher la maîtrise de la situation, hein ? remarque-t-elle en grimaçant.
– Non, Merryn, je ne sais pas et, d’ailleurs, tu ne veux certainement pas que je la lâche.
 



Si tu étais plus facile à lire…
…tu ne serais pas un Mordret
 
 
 
Merryn
 
 
Adossé à sa voiture, Declan m’attend sur le trottoir, les bras croisés sur la poitrine. Vêtu d’un jean et d’une chemise noire dont il a remonté les manches sur ses avant-bras, il est divinement sexy, sans compter qu’il n’a pas mis de gel dans ses cheveux. Ces derniers partent dans tous les sens, poussés par la brise. Il ne s’est pas non plus rasé, laissant une barbe naissante dévorer ses joues, ce qui lui confère un air joueur et sauvage.
 
Quand il m’aperçoit, il se redresse, avance vers moi et glisse une main sur mes reins, en homme galant qu’il demeure en toutes circonstances… ou presque. Il dépose un baiser furtif sur mes lèvres, qui réveille cependant un bouquet de désirs en quelques secondes, puis m’ouvre la portière de sa voiture en ignorant mes prunelles scintillantes.
 
– Tu es très jolie, m’assure-t-il en lorgnant ma jupe bleu clair et mon t-shirt blanc en dentelle.
– Merci.
 
Je lui renvoie un sourire victorieux en m’installant sur le siège. Declan m’accompagne chez mes parents ! J’ai presque envie de déboucher une bouteille de champagne.
 
En prenant place derrière le volant, il me jette un coup d’œil moqueur et lâche un ricanement :
 
– Tu pourrais faire l’effort d’être moins heureuse, s’il te plaît ?
– Sûrement pas, non.
 
Il pousse un soupir, puis tourne la clé. Le moteur de son monstre métallique vrombit aussitôt.
 
– C’est si important que je joue à ce jeu ridicule ?
– Ce n’est pas un jeu, Declan. Tu es supposé créer un véritable lien avec moi. Tu as oublié ?
– Quand j’ai mes doigts en toi, j’ai pourtant l’impression que le lien est bien réel.
 
Je lui donne une tape sur le bras qui lui arrache un gloussement.
 
– Si tu veux pouvoir les remettre en moi, c’est par là qu’il faut en passer.
 
Il arque un sourcil, puis enclenche la première pour insérer la voiture dans la rue.
 
– Quand j’en aurai fini avec toi, ce n’est pas uniquement mes doigts qui seront en toi.
 
Il s’amuse de mes joues qui rougissent comme des forges.
 
– Ah oui, et tu comptes mettre quoi au juste ?
 
Il m’adresse un regard si brillant de désir que mon bas-ventre se contracte sournoisement, puis il part d’un grand éclat de rire.
 
– Mais tu n’auras pas « ça », se moque-t-il.
– « Ça », c’est quoi au juste ? feins-je de ne pas comprendre.
 
Il s’arrête au feu rouge, incline le buste vers moi en posant sa main sur mon genou et chuchote contre mon oreille :
 
– Ma queue tout au fond de ton corps, Merryn, s’engouffrant dans ta chaleur pour t’offrir l’orgasme de ta vie.
 
J’ai envie de le tuer et de lui dévorer la bouche en même temps. Une lueur de meurtre et de fièvre doit engloutir mes prunelles. D’un air éminemment satisfait, il recule lorsque le feu passe au vert et ricane de plus belle en démarrant.
 
– Tu es mesquin, Declan.
– Un peu. C’est une petite revanche pour cette comédie que tu m’obliges à jouer aujourd’hui.
– Mes parents et ma sœur sont très sympas.
– Ça reste des parents et une sœur. Je déteste déjà ma famille, me coltiner celle des autres ne m’enchante pas.
 
Je le lorgne du coin de l’œil et constate :
 
– Et tu bosses avec ta famille, je te rappelle.
– Je ne risque pas de l’oublier, merci.
– Tu détestes Béni aussi ?
 
Il hausse les épaules.
 
– Non, en dehors de mon petit frère et de ma petite sœur, Béni est encore la seule membre Mordret qui ne me donne pas envie de fuir en Enfer.
 
N’a-t-il pas deux frères ? Je me garde de lui poser la question. Comme pour Béni, la famille est un sujet épineux. Les Mordret inspirent un sentiment déplaisant, comme si le monde extérieur était incapable de franchir les limites de leur clan. C’est une enceinte fermée, agrémentée de herses et de tours de guet. Impossible d’en franchir les murs sans risquer d’être embroché.
 
– Tu as déjà fait ça au moins ? demandé-je, soudain suspicieuse.
– Quoi ?
– Rencontrer une belle-famille ?
 
Il tourne la tête pour sonder mon regard, un sourcil relevé. Ses mains fines, aux veines saillantes, se resserrent autour du volant, puis il lâche à contrecœur :
 
– Non, je me suis toujours débrouillé pour avoir des relations qui ne nécessitaient pas d’enlever un préservatif ou de rencontrer des parents.
 
Je pouffe de rire.
 
– Declan et son romantisme…
 
Il me décoche un sourire cavalier.
 
– Je te rappelle que je couche rarement deux fois avec la même femme, ça facilite la tâche question protocoles familiaux et engagements pénibles.
– Tu me vois navrée de t’imposer une telle épreuve.
– C’est ça ! Tu as à l’air très navrée.
 
Son sourire devient si coquin qu’un brasier s’enflamme dans le creux situé entre mes jambes.
 
– Tu as envie que je te punisse, Merryn ? murmure-t-il de sa voix de feu, basse et sensuelle. C’est peut-être pour ça tout ce petit plan, parce que tu souhaites que je te punisse…
 
Ma mâchoire menace de se décrocher tant j’ai la bouche ouverte. Je me ressaisis et me force à la refermer. Mon cœur bat aussi vite que si j’étais en train de sprinter. Je ne suis pas vraiment excitée par ses mots… non… c’est impossible, n’est-ce pas ?
 
En apercevant l’expression que je lui offre, cette espèce de figure tirée par la stupeur et l’exaltation, il émet un ricanement, puis presse mon genou dans sa main.
 
– Merryn, reviens-moi. Je n’ai pas encore décidé. Je te laisse seulement anticiper ce qui risque très probablement de se produire à la fin de cette journée.
 
À ses mots, le brasier s’engouffre dans ma poitrine et ravage mon corps tout entier.
 
– Tu as raison, c’est bien mieux comme ça.
 
Son regard s’illumine de désir et le coin de ses lèvres se retrousse en rictus. Sa main caresse l’intérieur de ma cuisse, alimentant l’incendie qu’il vient d’allumer.
 
Tandis qu’il tourne à l’angle suivant, jetant un œil sur les indications de son GPS, je lui demande d’une voix ridiculement faible :
 
– Declan… ça t’excite ?
 
Il me guigne du coin de l’œil avant de revenir sur la route.
 
– De te punir ou d’anticiper l’idée de te punir ?
– Hum… les deux, je suppose.
– C’est surtout le plaisir que tu en retireras qui m’excite le plus, Merryn.
– Pourquoi tu préfères donner du plaisir plutôt que d’en prendre ?
 
Il hausse les épaules.
 
– Pourquoi tu aimes me sucer ? rétorque-t-il.
– Qui a prétendu que j’aimais ça ?
 
Il ricane ouvertement.
 
– Une petite langue joueuse et très persuasive me l’a soufflé.
 
Il se mordille la lèvre, puis passe la main dans ses cheveux, les ébouriffant au passage, avant de la reposer sur mon genou.
 
– C’est très certainement mon côté narcissique, me répond-il finalement avec sérieux. Ça gonfle mon ego de te voir prendre du plaisir sous mes caresses.
 
Pourquoi ai-je le sentiment que ce n’est pas la bonne réponse ?
 
La vision de mon rêve me revient soudain en mémoire : le dragon rouge de Declan sinuant sur ma peau, excitant la moindre parcelle de mon corps à chacun de ses mouvements, accentuant l’effet d’oppression et de plaisir.
 
– Ça me rassure aussi, m’avoue-t-il sans me regarder.
 
Un frisson longe aussitôt mon épine dorsale. Je n’ose pas ouvrir la bouche, mais il n’ajoute rien de plus.
 
– On est bientôt arrivés, non ? me demande-t-il, coupant court à toute tentative pour en apprendre un peu plus sur Declan Mordret.
– Oui, la prochaine rue à droite.
 
Sa voiture se lance dans le quartier de mon enfance, au milieu des pavillons. Je lui indique la maison aux volets bleus qui borde le trottoir et il se gare devant l’allée et la citadine de mon père. Il se penche vers mon épaule pour jeter un œil sur la maison qui m’a vue grandir.
 
– On est loin du manoir Mordret, plaisanté-je.
– Ce n’est pas plus mal.
 
Il s’extirpe de son siège, attrape une bouteille de vin qu’il a glissée dans un sac, ainsi qu’un bouquet de fleurs déposé sur la banquette arrière, puis claque la portière. Pour quelqu’un qui n’a jamais connu un dîner dominical hors des Mordret, je reconnais les bonnes manières de sa maison. Il m’adresse un sourire moqueur en apercevant mon regard amusé.
 
– Je suppose que j’aurais pu pourrir ta journée en brisant l’image de la petite fille modèle auprès de tes parents, mais je me suis convaincu que ce n’était pas le meilleur moyen de satisfaire mes lubies, ricane-t-il, tandis que je referme ma portière.
– Ah oui ? Et quelles sont-elles, Mordret ?
– Toi, évidemment. Nue, couchée dans mon lit et de préférence, en train de gémir très fort.
– Vite et fort, Declan, lancé-je en me dirigeant vers l’allée en dodelinant des fesses.
 
Il me rattrape et chuchote près de mon oreille :
 
– Plus tu joues avec moi, Merryn, et plus la punition sera longue et pénible ce soir.
– Alors j’ai bien l’intention d’en profiter toute la journée, puisque je ne vais pas y couper ce soir.
 
Je lui décoche un clin d’œil coquin, puis toque à la porte avant de la pousser.
 
– Je te préviens… ils ont hâte de te rencontrer.
 
Il grimace, tandis que je pénètre dans le vestibule.
 
– Maman, papa, on est là !
 
Aussitôt, une petite blonde toute en chair apparaît derrière le comptoir de la cuisine et fonce vers nous avec un grand sourire.
 
– Ah Merryn ! Il était temps ! s’exclame ma mère.
 
À mesure qu’elle s’approche, ses yeux s’arrondissent en couvant Declan d’un regard appréciateur. Elle le reluque sans retenue de la tête aux pieds, savourant le spécimen. Ma mère a bon goût. D’ailleurs, le bon goût en question ouvre la baie vitrée donnant sur la terrasse et se précipite à son tour vers nous, les sourcils froncés en considérant le jeune homme qui se tient à mes côtés. Il a l’air de le peser sur une espèce de balance divine pour déterminer s’il vaut le coup de le laisser fréquenter sa chère fille. Mais lui aussi semble apprécier ce qu’il a sous les yeux. Il tend la main vers Declan qui s’en saisit sans hésiter :
 
– Monsieur Wagner… Je vous remercie de m’accueillir parmi vous.
– Je vous en prie, jeune homme. C’est un plaisir, répond mon père en le passant au crible. Ma fille ne tarit pas d’éloges à votre égard.
– Ah oui ?
 
Le regard rieur de Declan bifurque sur moi tandis que ma mère me couvre de baisers comme si elle ne m’avait pas vue depuis mille ans.
 
– Mon père exagère !
 
Un sourire se pose sur ses lèvres. Ce sourire que je commence à bien connaître, celui qui susurre à mon oreille des cochonneries qui ont une tendance fâcheuse à m’exciter comme une jeune pucelle.
 
– Pas du tout, lance ma mère à son tour en se dressant sur la pointe des pieds pour lui flanquer un baiser sur chaque joue. On ne savait pas trop de quelle façon nous comporter quand elle nous a prévenus que vous étiez son patron.
– Je ne suis pas son patron aujourd’hui. Mais rassurez-vous, Merryn sait très bien comment se comporter lorsque je porte mon costume de directeur.
 
Sa phrase à double sens manque de m’arracher un grand éclat de rire, mais ma mère se contente de lui sourire et de hocher la tête.
 
– Avec son caractère, on imagine bien comment ça se passe, se moque mon père.
 
En ricanant d’un air de connivence toute masculine, Declan remet la bouteille à mon père qui s’extasie devant le nom du domaine viticole, et le bouquet à ma mère qui s’extasie devant la beauté des fleurs. Declan vient de marquer un milliard de points.
 
– J’espère qu’un barbecue dans le jardin vous suffira, déclare mon père d’un ton soudain inquiet.
– Bien sûr. J’ai rarement l’occasion de profiter d’un bon barbecue.
 
Je n’en doute pas un instant. J’imagine mal les membres de la famille Mordret autour d’une grillade dans leur parc faramineux. Ça aurait quelque chose de grotesque, avec des hommes en costards et des femmes vêtues de leurs plus belles robes de cocktail autour du grill et des odeurs de friture.
 
– Axelle n’est pas là ? je demande à mes parents, en jetant un œil vers sa chambre, au fond du corridor.
– Si, mais elle doit avoir son casque sur les oreilles, comme d’habitude, répond ma mère. Tu la connais.
 
Elle se précipite dans le couloir en criant :
 
– Axelle ! Nos invités sont là.
 
Souhaitant jauger l’état d’esprit de mon compagnon, j’adresse un regard à Declan. Les mains dans les poches de son jean, celui-ci m’observe avec son intensité coutumière, celle qui me trouble et me rend fébrile. Un sourire se dessine sur mes lèvres, mais j’ignore si je cherche seulement à masquer la vulnérabilité qu’il m’inspire ou si je suis seulement contente qu’il ne se sauve pas à toute vitesse.
 
Mon père nous entraîne sans plus attendre vers le bar pour nous servir l’apéritif. Il s’excuse un millier de fois auprès de Declan de ne pas lui proposer un whisky d’une grande marque, et Declan tente de le rassurer, même s’il semble aussi à l’aise qu’un hippopotame dans une crèche.
 
Soudain, dans mon dos, un grand cri explose. Je me retourne vivement, souris de toutes mes dents et fonce vers ma sœur qui m’ouvre ses bras en grand.
 
– Merryn ! Bon sang, tu m’as manqué.
 
Axelle me presse fort contre elle, puis son regard se fixe par-dessus mon épaule. Je sais exactement ce qu’elle contemple et exactement ce qu’elle doit en penser. Je m’écarte, retrouve mes bonnes manières et me tourne vers Declan qui nous regarde en conservant une distance respectueuse.
 
– Je te présente Axelle, ma sœur.
– Enchanté, répond Declan en la détaillant de la tête aux pieds.
 
Ma sœur est de deux ans ma cadette. Elle me ressemble assez : la même taille, les traits fins du visage semblables aux miens, les mêmes cheveux blonds, sauf qu’elle les porte au niveau des épaules et qu’elle a les yeux plus foncés que les miens, très élancée et musculeuse, le corps sculpté par la danse classique, puis contemporaine depuis toute petite.
 
– Oh mon Dieu ! lâche ma sœur. Mais tu ne m’avais jamais prévenue que ton patron était un canon en puissance, s’exclame-t-elle, la bouche en cœur.
– Oui, justement, pour éviter une réflexion de ce genre.
 
Declan se contente de sourire.
 
– Tu ne voulais surtout pas que je te le pique !
– Non, Declan a assez à faire d’une seule Wagner, rétorqué-je.
 
Declan pouffe de rire et hoche la tête.
 
Elle s’approche de lui d’une démarche féline et minaude en battant des cils.
 
– Mais deux Wagner, c’est pas mal aussi, non ?
 
Une toux retentit aussitôt dans le dos de Declan. Axelle lève les yeux et ébauche une grimace moqueuse en direction de notre père.
 
– Désolée, papa, je ne t’avais pas vu.
– C’est ça. Tu veux bien ne pas mettre mal à l’aise notre invité, je te prie, et ton géniteur, par la même occasion. Il y a des choses que je ne veux surtout pas entendre ! Jamais !
 
Ma sœur lui tire la langue.
 
– Bien, chef. Je vais enfiler ma ceinture de chasteté de ce pas. Désolée, beau Declan, ça ne sera pas pour cette fois, mais si ma sœur ne te met pas le grappin dessus, je serai enchantée de la remplacer.
– J’en prends bonne note, répond Declan en ancrant ses grands yeux noirs aux miens.
 
Je me demande ce qu’il est en train de penser de ce déferlement de mots, lui qui est d’ordinaire plutôt laconique et avare de paroles.
 
Ma sœur me jette un coup d’œil approbateur en nous voyant nous dévisager, puis lance :
 
– Maman, t’as besoin d’aide en cuisine ?
 
Elle s’éloigne après m’avoir donné une tape sur les fesses, qui arrache un sourire à Declan.
 
Le repas se déroule sur la terrasse chauffée par un soleil ardent. Mon père a installé la tonnelle pour nous mettre à l’abri de ses rayons et contenir la chaleur de plus en plus moite. Nous déjeunons en conversant de tout et de n’importe quoi. Declan a l’air de se mettre à l’aise au fur et à mesure du repas. Il parle de rugby avec mon père comme s’il s’y connaissait vraiment en matière de sport, puis de politique avec ma sœur, qui poursuit ses études en sciences politiques, puis de notre boulot avec ma mère qui s’intéresse à tous les pans de ma vie.
 
À la fin du déjeuner, Declan a posé son bras sur le dossier de ma chaise et rigole à une blague pourrie de mon père. Je me rends compte que je ne l’ai jamais vu rire autant. Mon cœur tressaute en remarquant la beauté de son visage lorsqu’il est détendu et paisible. Declan me surprend en train de l’observer et m’adresse un regard sémillant. Il chasse une mèche de mes cheveux et la coince derrière mon oreille. C’est le moment que choisit mon père pour poser LA question qui plombe l’ambiance en moins d’une demi-seconde :
 
– Alors, vous êtes amis ou amis-amis ?
 
Surpris, Declan dirige ses iris tranchants sur mon père et retire son bras de ma chaise.
 
– Nous sommes amis, papa, je te l’ai déjà expliqué.
– Tu crois que je sors de la maternelle ou quoi ? me lance-t-il.
– Adrien, laisse-les. Tu les mets mal à l’aise, intervient aussitôt ma mère, même si je devine dans ses prunelles la même curiosité.
– C’est vrai que vous avez l’air d’être plus que des amis, renchérit ma sœur en tapotant son index sur ses lèvres. Vous vous dévorez des yeux dès que vous pensez qu’on ne vous regarde plus. Vous êtes pas très discrets, d’ailleurs.
 
Je pousse un gros soupir.
 
– Nous sommes amis et plus si affinités, répond finalement Declan comme s’il énonçait quelque chose d’anodin. Mais nous avons ajouté une clause d’exclusivité en la matière.
 
Ah bon ?
 
Je tourne la tête vers lui et le considère, les sourcils arqués de stupéfaction. Ma sœur pouffe en tapant sur la table qui couine et ma mère réprimande mon père :
 
– Tu vois, je t’avais averti de ne pas poser la question, ça ne nous regarde pas.
– Tout ce qui concerne ma fille me regarde, grogne mon père, mais je ne l’écoute plus que d’une oreille distraite, toute dirigée vers l’Adonis ténébreux à mes côtés.
 
Declan visse ses yeux aux miens lorsque je tire sur sa manche.
 
– Depuis quand ? demandé-je à voix basse.
 
Il hausse les épaules, comme si ce n’était qu’un détail oublié sur une vieille notice.
 
– Tu changes les règles sans m’en informer ? insisté-je en saisissant son poignet.
 
Il pivote le buste, m’oblige à le lâcher et tire ma chaise jusqu’à la sienne sans se soucier qu’on ait les yeux rivés sur nous.
 
– Depuis que j’ai surpris ce mec chez toi et que ça m’a un poil agacé. Ça te va ?
 
J’en reste comme deux ronds de flan, la bouche entrouverte. Je mets quelques secondes à rebrancher mes neurones tant je suis sous le choc.
 
– L’exclusivité fonctionne dans les deux sens ? demandé-je très sérieusement.
– Oui.
 
C’est sa seule réponse. Et comme toute la famille est branchée sur notre conversation comme si elle assistait à un épisode de téléréalité, je n’insiste pas davantage sur cette question. Pour l’instant, du moins.
 
Après le digestif, en revenant des toilettes, je découvre Declan dans le salon, penché sur le manteau de la cheminée. En avisant ce qu’il examine avec autant d’attention, je bondis d’horreur, me précipite vers lui et pousse un gémissement en surprenant son sourire lorsqu’il tourne la tête dans ma direction. Il pointe du doigt la photo de moi lorsque j’étais adolescente, engoncée dans une robe bien trop courte pour ma taille.
 
– Tu étais carrément grosse, me lance-t-il de but en blanc d’un ton moqueur.
 
Horrifiée, j’écarquille les yeux, puis grommelle d’un ton vexé :
 
– Tu ne peux pas le formuler autrement, non ? C’est offensant.
 
Il m’offre une grimace méprisante.
 
– Tu tiens vraiment à ce que je sois politiquement correct ? D’accord, tu avais des formes très pulpeuses, Merryn.
– Oh ! C’est bon, grogné-je en abaissant brusquement la photo pour en masquer la vision.
 
Mon pouls palpite bien trop fort. Je me sens mal à l’aise et j’ai l’impression de redevenir la fille de la photo. Cette fille avec bien trop de courbes pour rentrer dans cette robe.
 
Declan se redresse et me toise de son air impérieux habituel.
 
– Pourquoi tu te vexes au juste ? me demande-t-il en repositionnant la photo sur le manteau de la cheminée.
 
Je m’éloigne de cette image comme si celle-ci avait le pouvoir de me brûler les yeux ou de me renvoyer dix ans plus tôt.
 
– Oh, je t’en prie, Declan. Ne fais pas comme si tu me trouvais jolie sur cette photo. Si je ressemblais encore à cette fille, tu ne m’aurais même pas remarquée.
 
Il dresse un sourcil, manifestement en colère.
 
– Qu’est-ce que tu en sais ?
– Parce que tu sors avec des bombasses tous les jours de ta vie, qu’elles pèsent certainement moins lourd qu’une feuille de papier et qu’elles doivent bouffer des graines toute la journée, bien sûr, je ne parle pas du silicone qui doit alourdir considérablement leur silhouette.
 
Il croise les bras sur la poitrine. Cette fois, c’est moi qui semble l’avoir vexé.
 
– Et tu te considères comme une bombasse, je suppose ? me lance-t-il d’un ton mauvais.
– Euh… non, pas vraiment.
– Alors, qu’est-ce que je fiche avec toi ?
– Merde, Declan, mais sois un peu honnête !
 
Il exécute un pas dans ma direction comme s’il s’apprêtait à me dévorer sur place, m’attrape sèchement par les hanches et me blottit contre les siennes.
 
– Tu veux que je sois honnête, très bien… Non, c’est vrai, je ne t’aurais probablement même pas accordé un coup d’œil, parce que j’admets que les femmes rondes n’ont pas ma préférence, mais putain, Merryn, comme t’es pas fichue de fermer ta grande bouche, j’aurais bien fini par lever les yeux.
 
Je peine à déglutir pour demander :
 
– Ce qui signifie ?
– Qu’il m’arrive de ne pas m’attarder uniquement sur le physique, que si je te considérais comme toutes mes autres « bombasses », je ne serais pas là, à déjeuner avec ta famille ni à orchestrer nos distractions. Je trouve que tu es une femme magnifique, mais ce n’est pas que ton physique qui m’attire. C’est ce que tu es.
 
Je crois que je viens de perdre un morceau de mon cœur sur le parquet de mes parents.
 
– Ce que je suis ?
– Évidemment !
 
Il s’éloigne brusquement de moi, comme s’il s’était trop confié.
 
– C’est la raison pour laquelle tu m’as choisie ? demandé-je en me rapprochant de lui.
 
Je pose la main entre ses omoplates et je sens aussitôt tous les muscles de son dos se tendre sous mes doigts.
 
– À ton avis ! grogne-t-il, sur la défensive. On devrait retourner sur la terrasse.
 
Il commence à s’éloigner, mais je l’attrape par la taille et me love contre son dos, mes doigts galopant sur son ventre.
 
– Merryn, qu’est-ce que tu fabriques ?
– Béni m’a révélé que les câlins faisaient fondre un Mordret. Je tente l’expérience.
 
Il s’esclaffe, puis pivote sur les talons pour se positionner face à moi. Comme je ne l’ai pas lâché, mon corps se retrouve moulé au sien. Parfaitement compatible. Un rictus un tantinet sarcastique tire le coin de ses lèvres.
 
– Tu crois vraiment que tu réchapperas à ce qui t’attend ce soir avec un câlin ?
 
Je repère sa tentative d’autodéfense à des kilomètres, mais j’accepte de jouer le jeu. Si je bouscule Declan pour qu’il s’ouvre à moi, j’obtiendrai l’effet inverse. Il se refermera comme une huître et je perdrai toute possibilité de regarder sous ses couches de protection.
 
– J’espère bien que non.
 
Je lui adresse mon plus beau sourire enjôleur. Il glisse ses doigts sous mon menton pour plonger dans mon regard. Ses yeux sombres sont animés de flammes électriques. Il passe sa langue sur ses lèvres, puis incline le buste et frôle les miennes qui s’écartent d’instinct pour le laisser pénétrer ma bouche. Son baiser est doux, lent, mais autoritaire. Il mène la danse.
 
– J’espère que tu es prête, murmure-t-il ensuite contre ma joue, en suspendant quelques secondes notre baiser, avant de foncer de nouveau sur ma bouche.
 
Mon corps frissonnant contre le sien est la seule réponse à lui apporter. Ses mains caressent la courbe de mes reins et remontent le long de ma colonne vertébrale, embrasant ma chair.
 
– Je vais te baiser si fort, Merryn, que demain matin, tu ne sauras plus où tu habites, susurre-t-il près de mon oreille. Je vais te faire aimer des choses dont tu n’avais même pas conscience. Je t’emmènerai si loin, petite chatte, que tu ne pourras plus te passer de moi.
 
Je grelotte entre ses bras alors qu’il fait quarante-cinq mille degrés dans le salon. La tension est si palpable entre nous qu’on pourrait apercevoir des étincelles éclater dans tous les sens.
 
Mais brusquement, Declan recule, le visage se fermant d’un coup. La main dans ses cheveux, soudain nerveux, il se détourne et fonce dans le couloir.
 
– Faut que j’aille pisser, m’annonce-t-il, et il disparaît sans ajouter un mot de plus.
 
Je ne comprends plus rien. Que vient-il de se passer au juste ?
 
Le reste de l’après-midi, comme le trajet en voiture, est lourd, blindé d’électricité, mais cette dernière est bien différente de celle qui nous a enflammés dans le salon de mes parents. Declan ne quitte pas la route des yeux, les mains crispées autour du volant.
 
– Declan… est-ce que j’ai dit quelque chose qui t’a blessé ? finis-je par demander, de plus en plus angoissée par sa réaction.
– Non.
 
OOOOKKKK… mais encore ?
 
– Tu as passé une mauvaise après-midi ? Tu t’es ennuyé ?
– Non, pas du tout. C’était très agréable. Tes parents et ta sœur sont des gens charmants.
– Alors que se passe-t-il ?
 
Ses doigts se resserrent sur le volant.
 
– Chez toi ou chez moi ? me demande-t-il brusquement.
– Oh, euh, chez moi. Je ne suis pas très fan de ta garçonnière. J’ai l’impression d’être une bimbo de plus.
 
Il laisse échapper un rire sarcastique, mais n’ajoute rien.
 
Il trouve une place de parking dans la rue, puis m’accompagne en silence jusqu’à mon appartement. Je jette ma veste sur le dossier du canapé sitôt entrée et exécute une volte-face vers lui. Planté devant l’îlot central de la cuisine, il me dévisage d’un air troublé, les deux mains dans les poches. Son expression ressemble à celle qu’il affichait lorsqu’il m’a remis son dessin. À la fois nerveux et bouleversé par quelque chose qu’il refuse de partager.
 
– Tu te souviens de ton mot secret, Merryn ? me demande-t-il subitement.
 
J’ouvre les yeux en corolle.
 
Mariage.
 
– Bien sûr, pourquoi ?
 
Il se mâchouille l’intérieur de la joue, puis ancre ses yeux noirs au fond des miens comme pour en retirer quelque chose que je ne comprends pas. Il réduit la distance entre nous, ôte les mains de ses poches et caresse de la pulpe de son pouce la courbe de mes lèvres.
 
– Promets-moi que tu l’utiliseras si tu estimes que d’une quelconque manière, j’ai dépassé les bornes.
 
Je le regarde fixement, de plus en plus angoissée. Je hoche la tête et attrape sa main pour déposer un baiser sur ses phalanges.
 
– Évidemment, mais j’ai confiance en toi pour savoir ce qui me plaît. Mon corps est tout à toi lorsqu’il est nu, tenté-je de plaisanter, pour laisser redescendre cette pression tangible que je sens courir dans ses muscles.
– Tu as confiance ?
– Oui, Declan.
 
Je me lève sur la pointe des pieds et l’embrasse sauvagement.
 
– Tu as passé l’épreuve de ma famille. Tu es officiellement reçu.
 
Il laisse enfin échapper un sourire, comme s’il était soulagé, puis il me saisit brusquement sous les fesses et me hisse à hauteur de ses hanches. Je noue aussitôt mes jambes autour de sa taille.
 
– Dans ce cas, petite chatte arrogante, j’ai été suffisamment patient. Il est plus que temps de payer pour ton insolence. Tu ouvres bien trop cette bouche délicieuse pour débiter des âneries.
– Oh ! Et tu comptes me museler peut-être ?
 
Son sourire revient comme un boomerang tandis qu’il me transporte jusqu’au fauteuil près de la fenêtre. Il me laisse tomber sur l’assise, tire le rideau pour nous dissimuler de l’immeuble d’en face et s’accroupit devant moi en retirant de la poche arrière de son jean l’une de ses cravates. La rouge pourpre. Son regard devient si sauvage qu’une flamme a l’air de brasiller dans ses pupilles.
 
– Te faire crier de plaisir, Merryn, me répond-il en nouant la soie autour de mon visage, me refusant la superbe vision de son corps.
 



Si tu me fais trop confiance…
…tu souffriras
 
 
 
Declan
 
 
– Tu me fais confiance, Merryn ?
 
Les yeux bandés, elle hoche la tête, bien qu’elle semble un brin nerveuse. Sans la quitter du regard, je saisis le bas de son t-shirt et le lui retire, puis je lui lève les fesses pour ôter sa jupe et sa culotte de dentelle, avant de me débarrasser de son soutien-gorge.
 
– Recule sur le fauteuil. Cale-toi au fond, lui murmuré-je à l’oreille une fois qu’elle est nue.
 
Elle m’obéit et glisse sur le tissu ornementé de fleurs pourpres.
 
– Pose tes mains sur les accoudoirs.
 
Ses doigts s’enroulent sur les volutes en bois du fauteuil.
 
– Laisse-les dans cette position, si tu les enlèves sans mon autorisation, j’arrête et je m’en vais. C’est clair ?
 
Elle hoche la tête. Sa lèvre inférieure tremble par anticipation. Mon cœur se met à cogner lourdement dans ma poitrine. J’en ai envie… j’ai une furieuse envie de l’entendre gémir et jouir, de la voir se tordre, se contorsionner et me supplier de lui accorder la délivrance. Mon pouls bat si fort que je le sens taper dans ma jugulaire.
 
– Tu as toujours le sac que je t’ai offert ?
– Oui.
 
Elle se tend délicieusement sur le fauteuil.
 
– Où est-il, Merryn ?
– Dans la salle de bains, deuxième tiroir.
– Ne bouge pas. Reste exactement dans cette position.
 
Je me relève aussitôt en admirant les lignes opalines de son corps, pour l’instant confortablement installé sur le vieux fauteuil, puis m’éloigne dans le couloir. Je trouve le sachet que j’avais emporté la première fois chez elle, puis retourne dans le salon en éprouvant l’adrénaline qui commence à parcourir mes veines.
 
Je la découvre dans la même position sur le fauteuil, avec un mince rai de lumière grisâtre qui filtre par l’interstice du rideau. Ses longs cheveux blonds déferlent sur ses épaules et camouflent une partie de sa poitrine, créant une peinture sublime. Ainsi offerte, je ne peux m’empêcher de la trouver magnifique.
 
Ne fais pas ça…
 
En me sentant approcher, elle redresse la nuque et cherche à saisir mes mouvements, l’oreille aux aguets.
 
Je dépose le sachet au pied du fauteuil et m’agenouille devant elle. Je frôle sa cheville du bout de mes doigts, puis les remonte doucement le long de ses mollets et l’intérieur de ses cuisses. Je saisis ensuite l’arrière de ses genoux et l’oblige à écarter les jambes en les positionnant sur les accoudoirs. Elle est si ouverte et si sensuelle, la nuque brusquement renversée sur le dossier du fauteuil que je bande en quelques instants. Durement. Douloureusement. Sa respiration s’est accélérée. Sa bouche frémit. Sa peau se hérisse de chair de poule dans l’attente de mes caresses.
 
Je frôle du bout de l’index les plis rosés de son sexe. Son dos se cambre aussitôt et elle laisse échapper un léger glapissement. Aveuglée, elle doit guetter le moindre des sons que je produis. Chaque mouvement doit la plonger dans un magma de sensations, les nerfs à fleur de peau. Tout est sensible, accru.
 
– Tu crois que je dois te toucher, petite chatte agaçante, murmuré-je tout contre son sexe.
 
Je surprends ses dents se planter dans sa lèvre inférieure.
 
– Réponds-moi.
– Oui…
– C’est ce que tu veux ?
– Oui… souffle-t-elle.
 
Je me redresse et me tiens debout devant elle. Je lance une petite pichenette sur son clitoris qui lui déclenche un tressaillement de plaisir.
 
– Tu crois que j’ai l’intention de te punir en te donnant satisfaction ? Réponds…
– Euh… je suppose que non.
 
Son hésitation m’arrache un sourire. Je me penche au-dessus d’elle, effleurant ses lèvres des miennes. Sa respiration est erratique, saccadée, presque haletante. Sa poitrine se soulève à toute vitesse.
 
Lorsque j’écrase ma bouche sur la sienne, m’emparant de sa langue, mon doigt s’enfonce aisément en elle, contractant ses abdos en écho. Sous sa sublime vision, mon sexe durcit tant que je suis obligé de déboutonner mon pantalon pour soulager la pression. Elle pousse un gémissement de béatitude à mon contact. Je ressors aussitôt mon doigt, pour mieux revenir et la propulser vers des hauteurs vertigineuses, pour arrêter de nouveau et l’abandonner nue et ouverte à mes yeux curieux.
 
Je recule et m’installe sur un genou à ses pieds, comme si elle était une déesse sur son trône. Une déesse divinement offerte à son amant.
 
Mes doigts épousent les déliés de son intimité. Je vais et viens sur elle, la laissant de plus en plus excitée. Ses hanches ondulent contre ma main, devenant lentement indépendantes, pétries par le désir.
 
– Declan… halète-t-elle.
 
Je ne réponds pas, mais souris. J’attrape ses hanches et les tire vers le bord du fauteuil, lui écartant davantage les cuisses. Puis j’ouvre mon sachet. J’en retire d’abord le petit œuf vibrant et le glisse dans son ventre enflammé. J’appuie sur le bouton de la télécommande pour l’allumer. Au moment où sa vibration s’intensifie, Merryn se contracte et pousse un gémissement. Je me redresse, penché au-dessus d’elle et laisse courir mes lèvres le long de sa mâchoire, de sa gorge, de ses seins que je prends entre mes dents pour les mordiller et les pincer.
 
– Tu me veux, Merryn ? lui demandé-je d’une voix autoritaire.
 
Dis-moi à quel point tu me veux…
 
Je donne un coup de langue sur son téton dressé.
 
– Oh oui…
 
Sa voix est aussi vibrante que le petit œuf qui s’agite en elle. Ma queue est tellement dure que je finis par la redresser contre mon ventre.
 
Mon doigt se pose sur son clitoris et exécute de légers cercles. J’appuie, tourmente, puis glisse un doigt en elle en poussant plus loin le jouet sexuel qui alimente son désir.
 
– Tu voudrais sentir mon sexe te pénétrer, Merryn ?
– Declan, oui…
– Ma queue t’excite, petite chatte libertine ?
 
Elle hoche la tête frénétiquement.
 
– Ton piercing, chuchote-t-elle.
 
Ma langue frôle soudain son clitoris. Elle se tend comme une corde d’arc, cambrant les reins pour venir appuyer son intimité contre ma bouche. Elle pousse un profond gémissement et crispe les doigts sur les accoudoirs. Je la lèche longuement, glissant sur ses chairs que j’écarte du bout de la langue, glissant en elle, glissant sur ses lèvres gonflées. Puis j’ouvre de nouveau mon sac à malices.
 
– Mon piercing ? demandé-je, mon doigt sinuant vers une autre extrémité.
 
Elle devient encore plus fébrile à mon contact lorsque j’enfonce délicatement mon index en elle.
 
– Il te plaît ?
– Tout de toi me plaît, Declan, murmure-t-elle avant de gémir en me sentant pousser plus fort.
 
Merryn, ne fais pas ça… Ne me laisse pas aller plus loin… Tu ne le vois pas ? Tu ne vois pas que je vais te dévorer…
 
Je saisis un autre petit jouet tout en métal rouge que je pose tout contre elle après avoir retiré mon doigt. Son corps frémit en sentant le froid s’immiscer en elle et ses doigts enveloppent plus étroitement les accoudoirs.
 
– Declan, je ne…
 
Je l’interromps en poussant le jouet au fond d’elle et je pose aussitôt ma langue sur son clitoris. Elle crie si fort qu’un frisson traverse mon corps. J’ai l’impression que le dragon serpente autour de mon torse, enfonçant ses griffes dans ma peau, mordant ma chair. Il me brûle, descend ma colonne vertébrale, m’excite sournoisement.
 
Essoufflé et bouillant, je retire rapidement ma chemise et la jette au sol. Je reviens sans attendre hanter ses lèvres humides de plaisir. Merryn ondule du bassin pour mieux me sentir et elle murmure mon prénom, encore et encore, comme si je pouvais répondre à sa supplique muette.
 
J’abandonne les deux jouets en elle et sors un troisième objet du sac. Je me redresse, parcours son salon du regard, m’absente quelques minutes durant lesquelles je la sens me chercher, écoutant le moindre de mes faits et gestes.
 
Cherche-moi, Merryn…
 
Lorsque je reviens auprès d’elle et enroule ma main sur son genou, elle vibre sous ma peau. Je m’incline au-dessus de son visage sillonné de tics de désir, l’embrasse langoureusement, mêlant ma langue à la sienne. Emporté par le feu de l’action, je laisse mon sexe à découvert se frotter contre elle, écrasant son clitoris, écartant ses chairs délicates, glissant un peu dans son abîme pour m’en éloigner aussitôt.
 
– Declan, murmure-t-elle à bout de souffle, oh mon Dieu, Declan… s’il te plaît… fais-moi l’amour… fais-moi l’amour… Je veux… j’ai besoin de te sentir… Declan…
 
Elle pousse un râle de désespoir lorsque je m’écarte et m’agenouille devant elle.
 
– Declan… caresse-moi, je t’en prie…
– Continue de me supplier, petite chatte. Mais tu as été très vilaine. C’est une punition ce soir… Alors, serre les dents…
 
La bougie s’embrase et lorsque la cire coule sur son ventre, sa nuque se renverse. Elle pousse un cri de surprise, mêlé de douleur et de plaisir. Ses ongles s’enfoncent dans le bois. Ses fesses se trémoussent sur le fauteuil.
 
– Ne bouge plus.
 
J’appuie la main sur son abdomen pour l’empêcher de se tortiller.
 
– Merryn, ne bouge plus.
 
Elle a du mal à m’obéir. Je renverse aussitôt un peu de cire sur la pointe érigée de son sein. Elle glapit et serre la mâchoire, avant de murmurer à nouveau mon prénom d’une voix rauque et enfiévrée. Son souffle est court. Sa poitrine se soulève à toute allure, attendant le prochain endroit où sa peau brûlera de désir. Je promène mon doigt sur son corps, puis le retire, la laissant frémissante, en attente, puis je repose mon doigt sur une autre parcelle de sa peau. Comme elle s’attend sans cesse à la brûlure de la cire, elle tressaille chaque fois, anticipant la douleur et la montée brutale d’adrénaline.
 
Lorsque je renverse de la cire rouge écarlate sur son clitoris, elle manque de relever les mains des accoudoirs et se retient in extremis. Sa bouche s’entrouvre sur un gémissement, mais le ravale. Son corps entier brûle sous mes caresses. Elle est au bord de la jouissance, si prête, si délicieusement ouverte à toutes mes propositions qu’une sangle métallique a l’air de comprimer ma poitrine. Je suis à deux doigts de jouir sur son ventre sans qu’elle ne m’ait touché.
 
J’incline le buste au-dessus d’elle et retire son bandeau. Ses paupières papillonnent, puis ses iris embrassent mon torse et le dragon qui s’inscrit dans ma chair, avant de revenir à mes yeux.

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