I Love You (always and forever) - Saison 1
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I Love You (always and forever) - Saison 1

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Description

Nick osera-t-il écouter son coeur ?
#MeilleursAmis
#NewYork
#AmoureuxEnSecret
#Rugbyman
#NewAdult
#LeCoeurASesRaisons
Lorsque Julia, la meilleure amie de Nick, débarque à New York où il vit depuis deux ans, Nick est loin de se douter que sa vie si bien ordonnée ne sera plus jamais comme avant.
Jusqu'à présent, tout allait pour le mieux pour lui. Jeune rugbyman professionnel français, il a réalisé son rêve en rejoignant l'équipe de New York ; cerise sur le gâteau, il sort avec Stella, la sublime fille de son entraîneur.
Oui, mais voilà. Julia est revenue dans sa vie. Entre eux, tout semble clair, il ne s'agit que d'amitié. Pourtant, les jours passant, Nick se surprend à rêver d'un futur avec elle – il est en train de tomber éperdument amoureux d'elle. Et bientôt, Nick sent qu'il doit faire un choix.
Parler – ou se taire.
Avouer ses sentiments et prendre le risque de détruire leur amitié si précieuse à ses yeux – ou préserver leur relation et taire son amour.
Nick osera-t-il écouter son coeur ?

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Informations

Publié par
Date de parution 25 janvier 2018
Nombre de lectures 82
EAN13 9782377030200
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Auteure : Anna Callie
Suivi éditorial : Marine Cossé, Louise Champigny, Camille Guerrier
ISBN : 978-2-37703-020-0
Collection : New Love
© Photographie de couverture : kiuikson
 
© Kaya éditions
3, rue Ravon
92340 — Bourg-la-Reine
N° Siret : 82805734900015
 
 
Pour nous contacter :
contact@kayaeditions.com


 
 
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#Chapitre 37

 
Prochainement

 
#Kaya



 
 
 
Je déteste venir à l’aéroport JFK de New York, c’est toujours bondé, d’autant plus un vendredi après-midi. Mais pour rien au monde je n’aurais laissé quelqu’un d’autre aller chercher Julia, « ma Juju ».
 
Deux ans que je ne l’ai pas revue.
 
Julia et moi étions à la fac ensemble, elle sortait avec mon meilleur pote de l’époque, David. Nous étions toute une bande de copains inséparables. Mais avec Julia, ça a toujours été différent, c’est d’ailleurs la seule personne avec qui j’ai gardé contact. Bien sûr, elle n’est plus avec David depuis longtemps, mais je dois avouer que je n’en sais pas plus sur sa vie amoureuse depuis que je suis parti de Paris.
 
Je fais les cent pas devant la porte des arrivées de l’aéroport, ça me fait tellement bizarre de savoir que je vais la revoir. Rien que d’y penser, je n’arrive plus à tenir en place.
 
Un groupe de filles me jette des regards. Eh oui les filles, vous ne rêvez pas, je suis bien Nick Derivot, le rugbyman. Depuis que je suis passé professionnel pour l’équipe de New York, je commence à avoir une certaine popularité ici. Mais je m’en passerais bien, je ne supporte pas les gens qui viennent me saluer et entamer la discussion alors que je suis en train de faire mes courses ou mon jogging. Bon je ne vais pas non plus cracher dans la soupe, j’adore ce que je fais ; j’aimerais juste pouvoir venir chercher une amie à l’aéroport sans que des fans me sautent dessus.
 
Heureusement, je reçois un texto de Julia, sauvé !
 
[Je suis en train de passer l’immigration, je suis là dans quelques minutes, j’ai trop hâte de te revoir, bisous.]
 
Julia a un diplôme de juriste international. Elle a décroché un stage de trois mois dans l’un des plus prestigieux cabinets d’avocats de New York et si elle est assez douée, ils lui proposeront un poste permanent. Dès qu’elle m’a dit qu’elle venait à New York, je lui ai proposé de venir habiter chez moi, au moins durant ses trois mois de stage. J’habite seul dans un grand appartement mis à ma disposition par l’équipe de rugby avec deux chambres, ça aurait été dommage de l’envoyer à l’hôtel.
 
— Bonjour Nick, on peut avoir un autographe ?
 
Je me retourne : c’est la bande de filles de toute à l’heure.
 
— Bien sûr, leur dis-je avec un grand sourire.
 
J’essaie toujours de me prêter au jeu au maximum, même si je n’aime pas ça. Je sais que c’est important pour ma carrière. En tous cas, c’est ce que me répète Fred, mon agent.
 
— On peut prendre un selfie avec toi ?
 
Encore une fois, je joue le jeu. Une photo qui va surement se retrouver sur des profils Facebook ou Twitter.
 
— Merci Nick tu es super, tu es le meilleur joueur de la saison !
 
— Merci c’est gentil.
 
Je suis sûr qu’elles ne suivent même pas le championnat de rugby américain. Allez, voilà qu’elles commencent à me raconter leurs vies, super ! Je fais semblant de les écouter jusqu’au moment où mon portable m’annonce un message de Julia.
 
[Tu es où ? Je suis sortie et je ne te vois pas.]
 
— Désolé les filles il faut que j’y aille, à bientôt.
 
Je leur fais un clin d’œil et je les quitte en les entendant glousser derrière moi.
 
Je n’y crois toujours pas, je vais revoir Julia... J’en ai rêvé tellement de fois que j’ai du mal à me dire que c’est sur le point d’arriver.
 
Je regarde partout autour de moi, mais je ne la vois pas. Il y a bien une fille, dont je ne vois que le profil, qui attend devant la porte avec son portable à la main, mais ça ne peut pas être Julia. Cette fille a les cheveux bruns, presque noirs, coupés en carré court et elle porte un pantalon et un tee-shirt qui mettent en valeur ses magnifiques courbes.
 
La jeune fille se retourne, relève la tête... et... merde... Mon cœur se met à battre la chamade. C’est elle, c’est Julia ! Dès qu’elle me voit, elle me fait un grand sourire. La première chose qui me vient à l’esprit, c’est qu’elle est superbe, encore plus qu’il y a deux ans.
 
— Nick, je suis trop heureuse de te revoir, dit-elle en me sautant au cou.
 
Je la serre fort dans mes bras. Elle n’imagine pas à quel point elle m’a manqué. D’ailleurs, je me demande soudain, si ça a été pareil pour elle.
 
— Moi aussi Julia, tu as beaucoup changé... tu es superbe.
 
— Ce n’est pas sympa de te foutre de moi, je viens de faire dix heures d’avion je te signale. Je te promets que je serai un peu mieux après une bonne douche.
 
Un peu mieux ? Il est possible qu’elle soit encore plus belle que maintenant ? J’en reste bouche bée en la regardant, j’ai l’impression de rêver.
 
Reprenant mes esprits, je saisis sa valise et nous nous dirigeons vers le parking de l’aéroport. Je dois paraître ridicule, car je n’arrête pas de la dévisager, mais je n’arrive pas à m’en empêcher.
 
— Ça me fait tellement plaisir que tu sois là Julia.
 
— Moi aussi, tu ne peux pas savoir. Et en plus à New York ! Finalement je suis contente de ne pas avoir coupé les ponts avec toi.
 
Ah oui, j’avais oublié Julia et son humour particulier. C’est un trait de caractère que j’ai toujours aimé chez elle... en plus du reste.
 
— Tu savais qu’un jour ça paierait, c’est ça ? réponds-je.
 
— Je me suis toujours dit que tu deviendrais riche et célèbre avec ta tête de beau gosse.
 
— Sauf que ça n’a rien à voir avec ma tête, c’est juste que je suis le meilleur joueur de rugby au monde !
 
— Au monde, rien que ça ! Ça va les chevilles ?
 
Je la regarde et lui souris, je suis heureux parce que… eh bien parce que c’est Julia et qu’elle est avec moi, ici à New York.
 
Nous arrivons à la voiture. Je n’aime pas trop conduire en ville, mais aujourd’hui ça n’a pas d’importance, car c’est un jour spécial, Julia revient dans ma vie ! J’ouvre le coffre et place sa valise à l’intérieur puis je me retourne vers mon amie. J’avais complètement oublié ses magnifiques yeux couleur noisette et cette fossette sur son menton, sa peau dorée… Je ne peux pas m’en empêcher, je l’embrasse sur la joue et la serre de nouveau dans mes bras.
 
— Bienvenue à New York ma Juju.
 
Elle me gratifie d’un de ses plus beaux sourires, elle est magnifique... L’émotion me submerge de plus belle, je revis !
 
***
 
Une fois arrivés à l’appartement, je le fais visiter à Julia, qui paraît complètement subjuguée. C’est vrai que c’est vraiment grand. J’ai une pièce de vie spacieuse et une cuisine attenante avec un grand bar. Il y a deux chambres avec chacune sa propre salle de bain. Et enfin, un très grand balcon avec une vue imprenable sur Central Park .
 
Je dépose les affaires de Julia dans sa chambre avant de la rejoindre dans le salon.
 
— C’est vraiment ton équipe qui paie pour cet appartement ? Parce qu’il doit coûter une fortune. Et en plus en plein cœur de Manhattan  !
 
— Oui, je pense qu’il doit valoir cher, enfin je ne sais pas trop. Tu as faim ? Ou tu veux te reposer ?
 
Je sais que ce n’est que la fin d’après-midi, mais en France il doit déjà être au moins minuit.
 
— Non, ça va, j’ai bien mangé et dormi dans l’avion. J’ai envie de passer du temps avec toi, je veux tout savoir sur ta vie ici.
 
Nous nous installons sur le grand canapé en cuir. J’ai quand même sorti quelques petites choses à grignoter au cas où elle aurait faim et je nous sers un verre de jus d’orange. Puis nous commençons à discuter. Elle est très curieuse au sujet de ma vie new-yorkaise. Pourtant, il n’y a pas grand-chose à en dire ; je m’entraîne presque tous les jours, et environ un samedi sur deux j’ai un match de championnat ici ou ailleurs dans le pays. Le reste du temps, je le passe chez moi ou avec mon meilleur pote, Lenny, qui fait aussi parti des NY Tigers .
 
Alors que Julia me donne des nouvelles de nos anciens copains, je reçois un texto. Aïe c’est Stella ! Je l’ai complètement oubliée.
 
[On se voit ce soir mon chéri ? Je peux passer ? Tu me manques, bisous.]
 
Merde ! Je n’ai toujours pas eu le temps (ou le courage ?) de lui dire que Julia venait habiter avec moi. Stella sait qu’elle doit venir, mais j’ai légèrement omis le détail de son lieu de résidence. Le problème c’est qu’elle est non seulement super jalouse, mais également complètement accro à moi. Nous nous connaissons depuis six mois et ses crises de jalousie mises à part, tout se passe bien. On ne se voit que de temps en temps et cela me convient parfaitement, je ne recherche pas de relation sérieuse.
 
Mais quand elle va savoir que Julia reste chez moi, je sais qu’elle va me faire vivre un enfer.
 
[Non, pas ce soir, Julia est chez moi.]
 
La réponse ne se fait pas attendre.
 
[Comment ça chez toi ? Elle ne préfère pas se reposer à son hôtel ?]
 
Aïe ! Si je lui dis elle va me tuer, mais ne pas lui dire serait lui mentir et je n’aime pas ça. De toute façon elle l’apprendra à un moment ou un autre, alors autant l’en informer maintenant.
 
Bon, tant pis, je vais jouer les lâches, je le lui annonce par texto.
 
[Finalement, elle va vivre chez moi pendant les trois mois de son stage. Juste en amis, ne te fais pas de films. On se voit demain. Bisous.]
 
Puis j’éteins mon portable. Ce soir, j’ai juste envie de profiter de Julia.
 
— Eh Beau gosse, tu es avec moi ou sur une autre planète ? Tu sais que ce n’est pas correct d’envoyer des messages quand on discute avec une amie qu’on n’a pas vue depuis deux ans ?
 
— Oui, désolé. C’était Stella... mais c’est réglé, je suis à toi.
 
— C’est qui Stella ?
 
— Ma... Je réfléchis quelques instants avant de continuer ma phrase.
 
Je ne peux pas dire que c’est la fille que je baise, ça ne le fait pas. D’autant que je sais que pour Stella notre histoire est sérieuse. Beaucoup plus que pour moi d’ailleurs : je ne vais pas l’appeler « ma copine ».
 
— Enfin... la fille avec laquelle je sors, tranché-je.
 
— Oh ! Je ne savais pas que tu avais quelqu’un.
 
— Non… enfin si, en quelque sorte, mais ce n’est pas vraiment sérieux.
 
— Et tu comptes me la présenter ?
 
— Elle sera là demain après le match, tu la verras.
 
Non, mais, pourquoi j’ai dit ça ? Stella va être folle de rage et en plus je n’ai vraiment pas envie de me retrouver entre elle et Julia.
 
— OK, j’ai très envie de rencontrer ta... enfin la fille avec qui tu sors.
 
Elle éclate de rire. Julia et moi nous connaissons mieux que personne. Elle a très bien compris que je ne tiens pas tant que ça à Stella, elle sait que je ne suis pas du genre à avoir une relation durable. Disons que Stella est un bon passe-temps, mais je n’ai pas de sentiments amoureux pour elle.
 
— Allez, va te préparer, je t’emmène dîner quelque part.
 
Julia se lève d’un bond. Elle paraît très excitée à l’idée de visiter la ville. C’est la première fois qu’elle vient ici et je lui ai fait la surprise de réserver un restaurant sur un toit d’immeuble en plein Time Square. Juste à ce moment, son portable émet un bip.
 
— Un message de l’un de tes prétendants ? Tu ne leur as pas dit que tu passais la soirée avec le plus bel homme du monde, et que tu ne voulais pas être dérangée ?
 
— Toi et ton ego surdimensionné m’avez beaucoup manqué, mais ce n’est pas un message, juste une notification. Tu sais je joue à ce jeu « Warrior » et...
 
— Ah oui je connais, l’interrompé-je, j’y joue tout le temps, je suis le meilleur d’ailleurs.
 
— Je n’en doute pas, comme pour tout le reste, me répond Julia en me faisant un clin d’œil.
 
— Tu sais quoi ? On peut jouer en équipe dans ce jeu, ça pourrait être sympa. Toi et moi contre d’autres joueurs.
 
— Oh oui, ça serait sympa... en attendant, je vais me préparer dit-elle, se dirigeant vers la chambre.
 
Je la regarde s’éloigner et ne peux m’empêcher d’admirer son magnifique cul.
 
Nick, tu es mal .
 
D’un coup, j’ai l’impression que mon cœur va exploser. Comme si, brusquement, tous mes sentiments refaisaient surface…


 
 
 
2 ans auparavant à Paris.
 
Je traverse rapidement le hall du campus. Julia finit dans cinq minutes et je veux absolument être là à la fin de son cours. Il faut que je lui dise que ma bourse a été acceptée. Je n’en reviens toujours pas d’avoir la chance de partir à New York University pour ma dernière année de fac. Tout ça grâce à mes compétences sportives !
 
Julia est la première personne à qui j’ai envie de l’annoncer, car c’est elle qui m’a aidé à monter mon dossier. Et surtout, elle m’a toujours soutenu et poussé à réaliser mes rêves. Quand elle sort de sa salle de cours, je me précipite sur elle et la prends dans mes bras.
 
— Julia, je suis pris à l’Université de New York !
 
— C’est génial, je suis trop heureuse pour toi Nick ! s’exclame-t-elle en passant les bras autour de ma taille.
 
— Tu pars quand ? demande-t-elle, la tête posée sur mon torse.
 
— Dans deux mois.
 
Elle plonge ses yeux dans les miens et j’y lis aussi bien de la joie que de la peine.
 
— Alors j’ai deux mois pour profiter de toi à fond.
 
Elle se blottit de nouveau contre mon torse. Ma Juju... je l’adore tellement. Elle représente beaucoup pour moi. On est tout une bande de copains, mais avec Julia on a une relation différente, une connexion particulière. Nous avons tous les deux perdu nos parents très tôt et depuis nous sommes seuls face au monde. Elle est ma force et je suis la sienne. Comment je vais réussir à vive sans elle à New York ?
 
— Tu vas me manquer mon Nikounet.
 
— Toi aussi ma Juju, mais dès que je pourrai, je rentrerai, ou toi tu viendras me voir.
 
— T’es mignon, mais le billet d’avion est beaucoup trop cher pour moi.
 
Elle me regarde de nouveau et nous nous taisons pendant quelques instants. Nous savons tous les deux que ce qu’elle vient de dire est vrai.
 
Elle secoue la tête, comme pour chasser sa tristesse.
 
— Bon, il faut fêter ça ! s’écrit-elle.
 
— Toi, moi et une bouteille de vodka ce soir ?
 
— Non, j’ai prévu de voir David ce soir... mais tu sais quoi ? Je vais annuler.
 
— Non, dis-lui de se joindre à nous.
 
J’aurais préféré que l’on soit juste tous les deux, mais j’adore aussi David. C’est juste que je sais que Julia me comprend mieux que personne alors que lui vient d’une famille très aisée : il ne se rend pas compte à quel point cette bourse est importante pour moi. Lui a déjà dû aller à New York au moins cinq ou six fois, mais pour quelqu’un comme moi c’est inespéré. Même si partir signifie quitter ma Julia. À cette pensée je sens mon cœur se serrer à nouveau.
 
— J’ai une idée, tu pars avec moi, je t’emmène dans mes bagages, dis-je, ne plaisantant qu’à moitié.
 
— Oui, oui et oui.
 
— Et David alors ?
 
— Nick, si j’avais le choix je partirais avec toi sans hésiter. Un petit ami, je peux en retrouver un là-bas, mais un Nikounet c’est plus compliqué, dit-elle d’un ton taquin.
 
J’ai envie de lui dire que ce n’est pas une blague, que je veux qu’elle m’accompagne parce que je sais très bien que je ne peux pas vivre sans elle. Mais je préfère le garder pour moi. Julia est la copine de mon pote, ça ne se fait pas de dire une telle chose.
 
 
Aujourd’hui.
 
Quand Julia revient dans le salon après avoir pris une douche et s’être changée, elle est encore plus belle que tout à l’heure. Je m’approche de ma nouvelle colocataire et passe les mains dans ses cheveux. Son carré décoiffé lui va à ravir.
 
— Cette coupe de cheveux te va super bien ma Juju... Tu es magnifique.
 
— Tu sais que tu es la seule personne qui m’appelle comme ça.
 
Je ne peux m’empêcher de l’embrasser sur la joue une nouvelle fois. Pour couronner le tout, elle sent divinement bon, un mélange sucré que je ne pourrais pas décrire.
 
Je sens que cette cohabitation va être beaucoup plus compliquée que je ne le pensais. Quand je lui ai proposé de vivre avec moi, je n’ai pas pensé une seule seconde que je serais aussi attiré par elle.
 
Certes, je dois avouer que j’ai toujours eu un petit coup de cœur pour elle, mais là, c’est différent, elle fait plus femme aujourd’hui. D’autant qu’à cet instant elle porte une petite robe noire qui met en valeur sa poitrine et ses fesses. Contrairement à Stella qui est plutôt du genre à compter le nombre de calories qu’elle mange par jour, Julia a des formes juste là où il faut.
 
— Je sais que je me répète, mais je suis super heureux que tu sois là, ne puis-je m’empêcher de lui dire.
 
— Moi aussi, et encore merci de m’accueillir chez toi.
 
— Il était hors de question que ma Juju aille dormir ailleurs qu’ici.
 
Bizarrement, alors que cela fait deux ans que je ne l’ai pas vue, j’ai l’impression que nous nous sommes quittés hier. Que rien n’a changé depuis la fac.
 
***
 
Nous sommes pratiquement arrivés au dessert et Julia est toujours sous le charme de la vue de Time Square . Nous avons passé le repas à évoquer de vieux souvenirs et surtout à rigoler. Je ne crois pas m’être autant amusé depuis que je suis arrivé à New York.
 
Alors que le serveur nous apporte nos desserts, je remarque que Julia me fixe avec insistance et surtout avec ce petit sourire qui m’a toujours fait craquer.
 
— Tu as beaucoup changé Nick.
 
— Ah bon, pourtant mes cheveux sont toujours blonds et courts et mes yeux sont restés bleus, la taquiné-je.
 
— Oui, mais tu te laisses pousser la barbe et je trouve que ça te va bien.
 
— C’est juste une barbe d’une semaine, je n’aime pas me raser.
 
— Et en plus, je n’en reviens pas à quel point tu as pris des muscles, c’est impressionnant ! Tes bras ont l’air énormes et je ne parle même pas de tes pectoraux... et de cette cicatrice sous ton œil.
 
Elle se lève légèrement et effleure ma pommette de son index. À son contact, je sursaute et je sens la chaleur monter en moi. Qu’est-ce qu’il m’arrive ? C’est juste Julia !
 
— Euh... oui, je me suis pris un mauvais coup il y quelque temps et j’en ai gardé la marque.
 
— Je trouve ça sexy.
 
Non, ne me dis pas des choses comme ça Julia, je vais craquer sinon...
 
Le problème avec elle, c’est que l’on ne sait jamais si elle plaisante ou pas.
 
— Tu sais ce qui est vraiment sexy ?
 
Je relève légèrement la manche de mon tee-shirt et lui montre une partie de mes tatouages. Elle reste stupéfaite et les regarde comme si c’était un code à déchiffrer.
 
— Ouah, tu me les avais montrés en photo, mais en vrai c’est encore plus impressionnant, tu en as d’autres ?
 
— Juste au bras droit et un autre sur le pectoral gauche.
 
Elle me regarde, un drôle de sourire aux lèvres.
 
— Je n’en reviens pas que mon Nickounet se soit fait tatouer.
 
— Chut ! Ne m’appelle pas comme ça, ça me gêne.
 
— C’est vrai, Nickounet ?
 
Elle éclate de rire et je dois dire que j’adore ça. J’adore aussi la façon dont elle prononce mon surnom, même si je ne lui dirai jamais. Cette soirée est parfaite. Par contre, il faut vraiment que j’arrête de la regarder comme ça, ou elle va me prendre pour un pervers.
 
— Au fait, tu commences lundi, c’est ça ? demandé-je en m’efforçant de ne pas la dévisager.
 
— Oui, j’ai hâte. Et toi, on est samedi demain, tu as un match ?
 
— Oui, et j’ai réservé une place pour toi en tribune VIP, tu as intérêt à venir.
 
— Tu plaisantes, je ne manquerais ça pour rien au monde.
 
Nous finissons notre dessert et par la même occasion notre bouteille de champagne. Normalement je ne bois pas avant un match, mais aujourd’hui je fais une exception. Ce n’est pas tous les jours que j’ai l’occasion de passer du temps avec ma Juju. Enfin, techniquement, je vais passer beaucoup de temps avec elle maintenant, et cette idée me réjouit plus que de raison.
 
— Merci de m’avoir fait découvrir ce restaurant, la vue est splendide.
 
Pas autant que toi, Julia .
 
Puis j’ai une idée. Je sors mon portable et fais signe à Julia de venir à côté de moi. Nous nous mettons dos à la baie vitrée et je colle ma joue à la sienne en prenant une photo.
 
— Voilà, soirée immortalisée !
 
Après le restaurant, je décide d’emmener Julia dans un pub pas très loin de chez moi.
 
— Je n’y crois pas, je vais être saoule pour mon premier soir à New York, c’est de ta faute Nikounet, dit-elle après avoir avalé deux gorgées de son cocktail typiquement américain, et bien alcoolisé.
 
Mon regard se fixe systématiquement sur sa bouche. Sa magnifique et pulpeuse bouche.
 
— Je ne te force pas à boire je te signale, dis-je, détournant péniblement les yeux. Et si tu pouvais éviter de vomir dans la boîte à gants de ma voiture, ça serait sympa.
 
Elle éclate de rire à l’énoncé de ce souvenir : un jour, quand nous étions à la fac, nous sommes revenus en voiture d’une soirée très arrosée avec toute notre bande de copains. Julia a absolument voulu monter devant et, arrivés à mi-chemin, elle m’a soudain demandé de m’arrêter, car elle se sentait mal. Sauf que nous étions sur une voie rapide, impossible de ralentir. Ne pouvant se contenir davantage, elle a vomi dans le premier récipient qu’elle a trouvé : ma boîte à gants.
 
— Non, tu es dégueulasse de dire ça, tu m’avais promis que tu n’en reparlerais plus jamais.
 
— Oui, il y a trois ans, quand c’est arrivé, mais les choses changent ma Juju.
 
Je m’approche d’elle et la prends dans mes bras. Elle fait une tête de moins que moi, du coup son visage est à hauteur de mon torse. Elle entoure ma taille de ses bras. Mon Dieu, pourquoi elle me fait cet effet-là ? Je l’embrasse sur la tempe. Je suis à deux doigts de perdre le contrôle de la situation.
 
— Allez, on rentre ? lui demandé-je, au prix d’un immense effort pour rester de marbre.
 
— Oui, je veux bien je commence vraiment à être fatiguée.
 

 
 
 
Julia vient d’entrer dans sa chambre après m’avoir souhaité une bonne nuit. Je n’ai qu’une hâte, c’est d’être dans mon lit. Un bon repos est nécessaire avant de jouer et je n’ai pas l’habitude de me coucher si tard les veilles de matchs.
 
— Nick ?
 
Mais lorsque j’entends Julia m’appeler, je ressors illico de ma chambre. Je crois que je vais avoir une crise cardiaque en la voyant dans son petit pyjama short en dentelle noire. J’essaie de passer outre et de la regarder dans les yeux.
 
Dans les yeux Nick ! Concentre-toi !
 
— Tu aurais pu me dire qu’il fallait que je ramène des draps dans mes bagages.
 
— Quoi ? Il n’y a pas de draps ?
 
Elle secoue la tête.
 
— Je suis désolé Julia, mais je n’en ai pas d’autres, enfin je ne pense pas. En fait, j’ai une femme de ménage qui vient et... bon, je vais m’en occuper demain matin. En attendant, tu n’as qu’à prendre mon lit.
 
— Non, ne t’inquiète pas, je vais me débrouiller comme je peux.
 
Je lui prends la main et l’emmène jusqu’à ma chambre. Il est hors de question qu’elle dorme à même le matelas et sans couverture par ma faute. Surtout après avoir passé des heures dans un avion.
 
— Tu vas dormir dans mon lit, point final !
 
— Mais toi ?
 
— C’est un lit king size, je pense qu’il y a de la place pour deux.
 
Mais, je suis fou ou quoi ? Je vais vraiment dormir avec elle ? Je crois que je suis en train de faire une connerie ; et le pire c’est que j’ai quand même envie de la faire.
 
— Tu veux qu’on dorme ensemble ? Dans le même lit ?
 
Elle me regarde en souriant et ne paraît pas choquée par ma proposition.
 
— On l’a bien fait à la fac, lui rappelé-je.
 
Elle hésite un instant, puis hausse les épaules.
 
— Bon, d’accord, mais j’espère que tu ne ronfles pas dit-elle en faisant le tour du lit pour s’installer de l’autre côté.
 
Subitement, ça me fait très bizarre de savoir que je vais dormir avec une autre femme que Stella. Quoique, je ne dors pas très souvent avec elle ; habituellement, je préfère être seul.
 
Je prends la télécommande et allume la télévision.
 
— Tu continues toujours à t’endormir avec la télé ? demande Julia, étonnée.
 
— Oui, je ne peux pas m’en empêcher. Ça ne te dérange pas j’espère ?
 
— Tu plaisantes, j’adore regarder la télé au lit, en plus j’aime bien cette série. Et puis, comme ça je vais travailler mon anglais.
 
J’enlève mon tee-shirt et m’allonge à côté de Julia. Je la vois fixer le tatouage sur mon torse puis faire courir ses doigts dessus. Heureusement que la couverture cache le bas de mon corps parce que je crois bien que ça me fait de l’effet.
 
— Il est magnifique, murmure-t-elle.
 
Et alors que nos regards se croisent, une furieuse envie de l’embrasser me saisit. Mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? Elle vient juste d’arriver, je ne vais pas lui sauter dessus quand même. Nous sommes amis depuis tellement d’années, je ne vais pas tout gâcher sur un coup de tête. En plus, il y a Stella : même si elle ne représente pas grand-chose pour moi, je ne suis pas du genre à faire ça.
 
— Allez, on regarde la télé, lui dis-je en l’attirant vers moi.
 
Elle pose sa tête sur mon torse.
 
Respire normalement Nick !
 
Je passe mon bras autour de ses épaules en faisant attention à ne pas la serrer trop fort. Je tends l’autre bras pour éteindre la lumière et tâche de me concentrer sur la série.
 
C’est bien évidemment peine perdue : le parfum émanant de ses cheveux est étourdissant. 
 
Ressaisis-toi Nick, merde !
 
Vais-je seulement réussir à m’endormir ?
 
La lumière du jour a déjà inondé ma chambre. Je réussis à soulever lentement les paupières, mais je prends soudain conscience d’un poids sur mon torse. Je baisse les yeux et vois Julia parfaitement endormie sur ma poitrine, la bouche légèrement entrouverte, les jambes mêlées aux miennes. L’effet que cette fille produit chez moi est incompréhensible. C’est vrai, je l’ai toujours beaucoup appréciée, mais jamais plus que comme une très bonne amie. D’ailleurs je crois que de son côté, elle ne m’a jamais vu autrement que comme son meilleur ami et il n’y a pas de raison que cela change. C’est pour cela qu’il faut vraiment que je calme mes hormones.
 
Je dégage doucement Julia de mon torse pour pouvoir me lever. Rester au lit avec elle dans mes bras est une idée particulièrement tentante, mais il est déjà 10 h et il faut que je me prépare pour partir. Même si le match n’est qu’à 16 h je dois être présent vers midi au stade.
 
J’enfile un tee-shirt et file dans la cuisine. Pour son premier petit déjeuner aux États-Unis, je vais essayer de préparer à Julia un repas typique. Je ne sais pas vraiment cuisiner, mais j’ai très envie de faire un effort pour lui faire plaisir. Ayant déjà vu plusieurs fois Stella faire des pancakes, je décide de m’y essayer.
 
Finalement au bout de trente minutes de bataille je ne suis pas déçu du résultat. Bon, certes, mes pancakes ne sont pas vraiment beaux, mais le principal, c’est le goût. Je les récupère un à un dans la poêle avec une spatule, c’est le moment que choisit Julia pour entrer dans la cuisine, toujours vêtue de ce pyjama short qui me fait craquer. Elle s’approche de moi et m’embrasse sur la joue.
 
— Salut Nick, ça sent bon.
 
— Salut ma Juju, je t’ai fait des pancakes... enfin j’ai essayé du moins.
 
Je l’embrasse à mon tour sur la joue. Même le matin au réveil, elle est belle et elle sent divinement bon. Comment est-ce possible ?
 
Julia s’installe au bar de la cuisine et je lui sers son assiette, qu’elle goûte aussitôt.
 
— Mmmh... Dis donc Nick, en plus d’être beau et gentil, tu sais cuisiner. C’est bon, j’accepte de t’épouser ! s’exclame-t-elle en riant.
 
C’est l’une des choses que j’aime le plus chez Julia, sa façon de rire de tout et de tout prendre à la légère.
 
— Tu ne te rends compte que maintenant que je suis l’homme parfait ? dis-je en prenant un air faussement suffisant.
 
— Désolé Nick, mais un homme qui a volé des bières dans une supérette ne peut pas être un homme parfait !
 
— Non, ne raconte surtout pas ça aux journaux ou je ne serai plus parfait aux yeux de mes milliers de fans ! dis-je, déclenchant un nouvel éclat de rire chez Julia.
 
Oui, bon, c’est vrai, quand on était à l’université, on a volé des bières dans la supérette à côté de la fac. Mais pour ma défense, c’était l’anniversaire de Julia et on voulait absolument fêter ça. Sauf que ni l’un ni l’autre n’avions de l’argent pour les payer... C’est uniquement pour elle que j’ai fait ça !
 
— Ça t’arrive souvent d’apparaître dans les journaux ? demande-t-elle, curieuse.
 
— Non, pas trop, dis-je entre deux bouchées de pancakes, mais sur les sites people, oui. Même si je fais toujours en sorte qu’il n’y ait rien à raconter sur moi.
 
— Tu sais que je te suis sur Twitter et Facebook ?
 
— C’est vrai ? Je ne savais pas. J’essaie de poster des photos de moi régulièrement, d’après mon agent, c’est bon pour mon image. Et c’est d’ailleurs pour ça que j’ai posté notre photo au restaurant.
 
Elle se fige, la fourchette en l’air.
 
— Quoi ? Pourquoi tu as fait ça ? Non, je ne suis pas belle, tout le monde va se moquer de moi.
 
— Si quelqu’un ose te critiquer, je lui casse la gueule, d’accord ? Tiens, tu vas voir que tu es parfaite dessus.
 
J’allume mon ordinateur portable et l’installe en face de nous pour qu’elle regarde la publication. En légende, j’ai mis « Mon amie Julia   » ; la plupart des commentaires sont assez gentils, du genre « Elle est mignonne » ou « C’est ta girlfriend ?  » Mais je m’aperçois vite que d’autres le sont beaucoup moins, comme « Elle est moche ! » ou « C’est moi la femme de ta vie, pas elle !   ». Heureusement, ces derniers sont beaucoup moins nombreux.
 
C’est le problème avec les réseaux sociaux, il n’y a pas forcément que des fans qui laissent des commentaires ; je ferme rapidement la page, pour éviter que Julia ne lise les mots désobligeants.
 
— Alors, j’ai pas raison Julia ?
 
Elle hoche la tête en me souriant timidement. À ce moment précis, je n’ai qu’une envie c’est de l’embrasser. Mais je sais bien que c’est une très mauvaise idée. Au lieu de ça je dépose un baiser dans son cou puis m’éloigne pour aller chercher mon téléphone portable.
 
Comme je m’en doutais, j’ai plein de messages de Stella. Je jette rapidement un œil sur Julia qui est toujours en train de manger et replonge le nez dans mon portable. En fait, je n’ai même pas envie de lire les SMS de Stella, car je sais déjà ce qu’elle veut. Je les efface tous et passe directement au message de Lenny :
 
[Qu’est-ce que tu fous mec ? Je n’arrive pas à te joindre, je suis au Privat, retrouve-moi là-bas.]
 
Le Privat est un club privé de New York où je vais de temps en temps avec Lenny. Il adore draguer les filles dans cette boîte qui est totalement à l’abri des journalistes et plutôt bien fréquentée. Je hausse les épaules, et un coup d’œil à l’heure me fait prendre conscience qu’il faut que je me dépêche si je ne veux pas être en retard au stade.
 
Après une douche rapide, je rejoins Julia alors qu’elle est en train de ranger les assiettes dans le lave-vaisselle.
 
— Julia, je dois y aller. Mon chauffeur viendra te chercher à 15 h pour aller au match. Il t’indiquera où aller et il aura le billet pour que tu puisses rentrer dans le stade.
 
— Un chauffeur ? Rien que ça. Je ne savais pas qu’en venant vivre chez le grand Nick Derivot, je mènerais la grande vie.
 
— Une vie de star ma belle, dis-je avec un clin d’œil. Bon, j’y vais. Quand le match est fini, reste dans les tribunes, je viendrai te chercher, d’accord ?
 
— Bien beau gosse... et bonne chance pour le match.
 
Je m’approche d’elle et l’embrasse sur le front en passant la main dans ses cheveux.
 
— À toute à l’heure, ma Juju.
 

 
 
 
Une fois arrivé au stade j’assiste pendant près d’une heure au briefing avec mon équipe. Nous revoyons la composition du groupe adverse et peaufinons notre stratégie. Nous allons jouer contre une équipe texane qui a déjà remporté le championnat, mais je suis assez confiant pour notre match d’aujourd’hui. Je ne sais pas si c’est le retour de Julia, mais je me sens dans une forme olympique.
 
À la fin de la réunion, je me dirige vers les vestiaires pour me changer lorsque j’aperçois Stella au bout du couloir. Merde ! Je n’ai absolument pas envie de la voir maintenant, elle va me prendre la tête, c’est sûr. Je n’ai répondu à aucun de ses messages depuis que Julia est arrivée. Normalement, les compagnes ou les femmes de joueurs n’ont pas le droit d’être là avant un match, mais Stella est la fille de l’entraîneur adjoint. Elle se permet donc des choses que les autres ne feraient pas.
 
J’hésite à faire demi-tour, mais il faut bien que j’accède aux vestiaires pour me changer. Aïe ! Stella m’a vu et se dirige droit sur moi.
 
— Je t’ai appelé toute la soirée et toute la matinée, tu avais éteint ton portable ? demande-t-elle d’un ton agressif.
 
— Bonjour à toi aussi Stella, oui j’ai éteint mon portable.
 
— Ah évidemment, tu avais mieux à faire avec ta copine de fac !
 
Je me retiens de soupirer : ça y est, c’est parti. Elle va me prendre la tête, et franchement, avant un match, ce n’est vraiment pas le bon moment. Je sais bien que j’aurais peut-être dû lui donner des nouvelles, mais j’avais vraiment envie de ne me consacrer qu’à Julia et à nos retrouvailles.
 
— Oui, j’ai passé la soirée avec Julia et alors ?
 
— J’ai vu une photo de vous sur les réseaux sociaux. Tu as couché avec elle, c’est ça ?
 
Je ne peux pas m’empêcher de lever les yeux au ciel, qu’est-ce qu’elle peut être énervante quand elle s’y met. J’essaie de garder mon calme, mais c’est très dur dans ces conditions, surtout que je ne supporte pas qu’elle parle mal de Julia.
 
— Non Stella, c’est juste une amie, dis-je doucement — mais fermement.
 
Elle plisse les yeux.
 
— Une amie qui vit chez toi.
 
— Arrête, s’il te plaît, ce n’est pas le moment, dis-je en soupirant, exaspéré.
 
Je jette un coup d’œil autour de moi, cherchant désespérément une issue à cette conversation.
 
— Ah oui... eh bien, moi je ne suis pas d’accord pour qu’elle habite avec toi, il va falloir que tu trouves une autre solution et dès aujourd’hui, dit-elle en croisant les bras sur sa poitrine.
 
Non, mais je rêve. De quel droit se permet-elle de me donner des ordres ? Elle m’agace de plus en plus. Stella est gentille, mais elle a toujours su que je ne désirais pas de relation sérieuse avec elle. Il faut qu’elle s’y fasse, Julia passera toujours avant elle. Du coup, je me décide à hausser le ton pour de bon pour qu’elle comprenne.
 
— Stella, premièrement, je fais ce que je veux ; deuxièmement, ne me demande pas de choisir entre elle et toi parce que tu serais vraiment déçue de ma réponse.
 
Elle me regarde avec son air triste maintenant. Je ne veux pas lui faire de la peine, mais je ne veux pas me laisser faire non plus. Elle a trop tendance à essayer de contrôler ma vie.
 
Du coup, je sais que ce n’est pas la meilleure solution, mais je décide de faire la seule chose qui la calmera - et moi aussi par la même occasion.
 
— Viens, suis-moi, dis-je en lui prenant la main.
 
Je l’emmène dans un petit vestiaire inoccupé, à l’abri des regards et referme la porte à clef derrière nous. Sans lui laisser le temps de me prendre la tête une nouvelle fois, je l’embrasse violemment. Elle se laisse faire et ses mains commencent à se balader sous mon tee-shirt. Je connais assez bien Stella pour savoir qu’elle adore quand je la prends par surprise comme ça.
 
Je n’ai pas trop de temps devant moi, et préfère passer aux choses sérieuses tout de suite. Je soulève sa jupe et lui retire sa culotte. Puis je recommence à l’embrasser tandis que mes doigts sont déjà en elle. Alors qu’elle commence à gémir au rythme de mes va-et-vient, je détache son chemisier de mon autre main. Ma bouche descend dans son cou quelques secondes puis explore ses seins. Elle continue de gémir sous mes coups de langue.
 
Je jette un œil à ma montre. Merde, je devrais déjà être avec l’équipe pour l’échauffement et je ne suis toujours pas changé. Je n’ai plus une seconde à perdre, j’attire Stella contre moi pour qu’elle passe ses jambes autour de ma taille, et entre en elle d’un coup brusque. Elle pousse un petit cri de plaisir et agrippe mes cheveux. Je sens l’orgasme arriver, nous jouissions au même moment.
 
— Nick, c’était génial.
 
Je ne lui réponds pas parce que je n’ai pas envie de lui dire que pour moi c’était juste une façon de me soulager. Je sais que c’est dégueulasse, mais j’ai toujours été clair avec elle.
 
— Je dois y aller, on se voit plus tard.
 
Une fois rhabillé, je me dirige vers la porte de sortie quand Stella m’arrête en m’attrapant le bras. Elle me regarde avec tant d’amour que ça me fait mal de ne pas ressentir la même chose.
 
— Nick... Je t’aime, je ne veux pas te perdre.
 
Je m’efforce de lui faire un sourire rassurant.
 
— Alors, fais-moi confiance, il n’y a rien entre Julia et moi.
 
Sur ces dernières paroles, je l’embrasse rapidement et sors du vestiaire. Parfois je me dis que j’agis comme un connard avec elle, mais en même temps, je ne lui ai jamais rien promis. Je me sens coupable de ne pas avoir fait écho à sa déclaration d’amour, mais il était hors de question de lui mentir. Je ne suis pas amoureux. En fait, je ne sais même pas si je l’ai déjà été. Le grand amour, je ne l’ai jamais vécu, et pour l’instant ça ne me manque pas vraiment.
 
L’échauffement s’est bien passé et nous sommes presque prêts à faire notre entrée dans le stade, qui est complet. Je prends rapidement mon portable pour savoir si Julia est bien là.
 
[Ma Juju, tu es dans le stade ?]
 
Elle me répond tout de suite :
 
[Oui et j’ai hâte de voir le meilleur joueur du monde en action. Au fait, le champagne est très bon :) ]
 
Je l’ai placée en tribune VIP, elle a donc droit à un traitement de faveur. Et en plus, je sais que je pourrai la voir du terrain. Je souris tout seul, bêtement, en lisant son message. Cette fille a vraiment un pouvoir sur moi.
 
***
 
Nous avons gagné 34 à 28. C’était un match très serré, mais nous avons encore une fois été les meilleurs. Je ne veux pas me vanter, mais cette année, nous avons une très bonne équipe et nous espérons bien gagner le championnat. J’ai d’ailleurs marqué un superbe essai et dès que je me suis relevé, j’ai regardé Julia en levant le pouce en l’air. Elle était debout à applaudir en sautillant dans tous les sens.
 
Dès que je reviens dans le vestiaire, je récupère mon portable et envoie un message à cette dernière pour la prévenir que je passe la chercher après ma douche. La réponse ne se fait pas attendre :
 
[Super match, je suis fière de toi, je t’attends.]
 
Mon cœur se gonfle d’émotion. Pourquoi le fait que Julia soit fière de moi compte plus que n’importe quoi d’autre ?
 
Après chaque match, il y a toujours un cocktail — que l’on perde ou que l’on gagne d’ailleurs ! — auquel Julia va adorer assister. Par contre je sais qu’il y aura également Stella, et que je vais devoir les présenter l’une à l’autre, perspective qui me met d’ores et déjà mal à l’aise. Enfin, au moins, ce sera fait !
 
Lorsque j’arrive à la tribune VIP, je vois Julia assise en train de jouer avec son portable. Je m’aperçois qu’elle porte une nouvelle robe qui lui va à ravir. Elle est superbe.
 
— Ne me dis pas que tu joues à Warrior sans moi ? m’écrié-je.
 
Elle lève la tête et range rapidement son portable dans son sac.
 
— Si, j’y jouais en t’attendant... J’ai adoré te regarder, c’était un super match, dit-elle en plongeant son regard noisette dans le mien, affichant un sourire qui me fait fondre.
 
— Viens, je vais te présenter à toute l’équipe.
 
Elle bat des mains et se lève d’un bond.
 
— Ouh, être dans la même pièce que tous ces mâles, j’ai hâte. Je compte sur toi pour me dire lesquels sont célibataires !
 
Je lui fais un sourire crispé. Évidemment, cette dernière réflexion ne me fait absolument pas rire, je dirais même qu’elle m’énerve. Je ne veux surtout pas qu’elle sorte avec l’un de mes coéquipiers. Ce sont tous des salauds avec les filles. Et puis, c’est ma Julia, je n’ai vraiment pas envie de la partager.
 
Alors que nous passons à côté du terrain pour rejoindre la salle de réception, Julia me prend la main.
 
— Nick, on peut faire une photo tous les deux avec le terrain derrière ? C’est pour faire enrager mes amis Facebook.
 
— Bien sûr ! Tiens, je vais en prendre une aussi pour mettre sur mon profil, comme ça « mon amie Julia » fera enrager aussi toutes mes fans.
 
— Deux photos en deux jours, tes fans vont commencer à se poser des questions sur moi.
 
Je souris. Elle ne croit pas si bien dire ! Une fois le selfie pris et posté, nous nous dirigeons ensemble vers la salle de réception.
 

 
 
 
2 ans auparavant à Paris.
 
J’ai tellement de choses à penser avant de partir pour NYU que je ne sais pas par où commencer. Bon, il me reste encore un mois et demi, mais en plus de tout préparer, je dois continuer à bosser au restaurant, où je fais la plonge tous les midis et tous les soirs. J’essaie de gagner le maximum d’argent avant de partir pour les États-Unis.
 
Mon service est enfin fini, mais je dois revenir ce soir. Je récupère ma veste et mon sac à dos dans mon casier avant de franchir la porte du restaurant.
 
— Salut, je t’attendais, me lance David.
 
— Salut, qu’est-ce que tu fais là ?
 
— Je voulais te parler.
 
J’aime bien David, c’est l’un de mes meilleurs potes. Et surtout, c’est le mec de Julia. Je me souviens du jour où il m’a dit qu’il avait rencontré une fille géniale et qu’il voulait me la présenter. Je m’attendais à voir encore une snob de bourgeoise comme il avait l’habitude de se faire. Ma surprise a été énorme quand j’ai rencontré Julia : belle, gentille, intelligente et pas du tout snob, je me suis tout de suite bien entendu avec elle. Quand j’ai appris son passé, j’ai aussi compris qu’elle n’avait rien de ces filles à papa que l’on peut croiser à la fac.
 
— C’est à propos de Julia.
 
À ces mots, l’inquiétude me gagne ; j’espère qu’il ne lui est rien arrivé. En même temps j’en doute, car elle vient de m’envoyer un texto pour savoir si on pouvait se voir ce soir.
 
— Écoute, tu es mon pote et j’ai confiance en toi. Si je t’en parle c’est que j’ai besoin de savoir, continue David.
 
— Je t’écoute.
 
Il prend une grande inspiration et se lance.
 
— Il se passe quelque chose entre toi et Julia ? lâche-t-il à brûle-pourpoint.
 
J’en suffoque de surprise.
 
— Quoi ? Non, pas du tout. T’es fou ou quoi ? C’est ta meuf, pas la mienne !
 
— OK, OK, dit-il les mains levées en signe d’apaisement. C’est juste... Vous êtes proches et...
 
— Oui, on est amis et c’est tout, l’interrompé-je, franchement agacé par sa suspicion.
 
— Je sais, mais elle est tellement bouleversée par ton départ que je ne la comprends plus.
 
— David, Julia et moi on a plein de choses en commun, on est amis, mais ça ne va pas plus loin, je te le promets.
 
David me fixe intensément, sans doute pour déterminer si je mens ou pas. Je soutiens son regard sans peur : je ne mens pas, il ne s’est jamais rien passé entre Julia et moi.
 
— Je te crois, finit-il par dire, détournant les yeux. Désolé, mais il fallait que je te le demande. Enfin bref, oublie ça... je te crois.
 
— Pas de problème mec, lui dis-je en souriant. Allez, viens, on va boire une bière.
 
Il sourit, manifestement soulagé.
 
— C’est parti !
 
 
Aujourd’hui.
 
À l’instant où nous pénétrons dans la salle de réception, tous les regards se tournent vers nous — enfin, surtout vers Julia. Elle est tellement belle dans sa robe qu’elle ne peut pas passer inaperçue. J’aperçois alors Stella qui se dirige droit sur moi. Elle me prend le bras d’autorité, manifestement désireuse de marquer son territoire. J’inspire un grand coup : la confrontation que je redoutais est arrivée.
 
— Bonjour, on ne se connaît pas, je suis Stella, la compagne de Nick, vous êtes ? dit-elle avec un sourire mielleux, tout en se blottissant contre moi.
 
Une brusque bouffée d’irritation monte en moi. Comme si elle ne savait pas qui m’accompagne ! Et le mot « compagne » me ferait presque rire, si je n’étais pas aussi énervé. Comment peut-elle se présenter de la sorte ? Je n’ai pas le temps de protester que Julia prend la parole.
 
— Bonjour Stella, dit-elle en tendant la main, je m’appelle Julia. Je suis vraiment ravie de faire ta connaissance, Nick m’a beaucoup parlé de toi.
 
Euh... non, je ne lui en ai pratiquement pas parlé, mais je suppose qu’elle dit ça par politesse.
 
— C’est vrai mon chéri, tu as parlé de moi ? couine Stella en me coulant un regard bovin. C’est adorable !
 
Je souris maladroitement, ne sachant quoi répondre. Il y a vraiment des moments où je me demande ce que je fabrique avec Stella. Comme à cet instant où elle continue de me tenir le bras comme si j’allais m’envoler. En revanche, Julia ne paraît pas du tout déstabilisée par la présence de Stella. Bien au contraire, elles se mettent à discuter ensemble du match que je viens de jouer. Du coup, j’ai l’impression que Stella commence à se détendre ; finalement la rencontre se passe plutôt bien !
 
Quand je les regarde toutes les deux, je ne peux m’empêcher de penser à quel point elles sont différentes. Déjà physiquement, alors que Stella est une grande blonde, Julia est de taille moyenne et brune. En plus Stella ne cesse de regarder tout le monde de haut, contrairement à Julia qui n’a d’ a priori sur personne.
 
— Bon, excuse-nous, Stella, mais j’ai promis à Julia de lui présenter l’équipe, dis-je, impatient.
 
— Oui, bien sûr, je vous laisse. À bientôt, Julia ! lance-t-elle d’un ton hypocrite. Mon chéri, on se voit ce soir comme prévu ? continue-t-elle.
 
Je hausse les sourcils. Ah bon, on avait prévu ça ? De toute manière pour se débarrasser rapidement de Stella, il faut aller dans son sens, alors je préfère acquiescer.
 
— Oui, à tout à l’heure, dis-je avec un entrain feint.
 
Tandis que Stella part de son côté retrouver ses amies, je m’arrête au bar quelques instants avec Julia pour prendre une coupe de champagne.
 
— Lèche-cul, je ne t’ai presque pas parlé d’elle ! soufflé-je à son oreille.
 
— Et alors ? Je veux juste que ta... comment elle a dit... ah oui... ta « compagne » m’apprécie, voyons ! riposte Julia le sourire aux lèvres.
 
— « Compagne », je n’aime pas ce mot, c’est trop officiel, alors qu’avec elle, il n’y a rien de sérieux.
 
— Je crois qu’elle est accro à toi, beau gosse ! J’espère qu’elle ne croit pas que je suis une rivale ou un truc comme ça.
 
Je n’ai pas le temps de lui répondre que toute l’équipe nous tombe dessus pour savoir qui est cette bombe à côté de moi. Je fais donc les présentations en insistant sur le fait que Julia est mon amie et que personne ne doit l’approcher de trop près. Cette dernière paraît tout à fait à son aise avec l’équipe ; je suis vraiment impressionné par sa faculté à sympathiser aussi rapidement.
 
À ce moment-là, Lenny, mon meilleur pote, me prend à part.
 
— Je comprends mieux pourquoi tu n’es pas venu hier soir, elle est canon cette gonzesse.
 
— Eh, oh ! Ce n’est pas une gonzesse, c’est Julia ! m’écrié-je vivement.
 
Il me lance un regard amusé.
 
— Comment ça ? Qu’est-ce qu’elle a de si spécial ?
 
— C’est juste que je tiens beaucoup à elle. Et je… je ne veux pas qu’un… qu’un connard s’en approche, bafouillé-je.
 
Il me tape dans le dos comme pour me faire comprendre qu’il a saisi ce que je n’arrive même pas à expliquer. C’est comme ça avec Lenny, on n’a pas besoin de se parler, on se connaît trop bien.
 
Nous discutons avec les uns et les autres pendant plus d’une heure. Julia a l’air de passer un très bon moment, même en présence de tous ces inconnus.
 
Même si je n’en ai aucune envie, j’ai promis à Stella de passer un peu de temps avec elle. Du coup, au moment de quitter la soirée, je propose à Julia de rentrer de son côté avec mon chauffeur ; une décision que je regrette immédiatement en voyant ma nouvelle colocataire s’en aller.
 
À peine arrivé chez Stella j’ai encore droit à une crise ; elle ne supporte vraiment pas l’idée que Julia vive avec moi. Je n’ai aucune envie de passer la soirée à me justifier, alors je lui pose un ultimatum.
 
— Écoute Stella, soit tu arrêtes tout de suite ta crise de jalousie, soit je pars.
 
— Nick, si c’est un problème financier, je peux lui payer l’hôtel pendant trois mois.
 
Mais qu’elle est conne ! Exaspéré, je fais mine de me lever pour quitter son appartement.
 
— Non Nick, ne pars pas, supplie-t-elle en me retenant par le bras. D’accord, j’arrête d’en parler, mais reste avec moi s’il te plaît.
 
Je réprime un sourire, mon stratagème a fonctionné, comme toujours. Avec elle, il suffit que je fasse semblant de partir pour obtenir ce que je veux. Je me réinstalle sur son canapé et elle vient se blottir contre moi. Je comprends que cette situation ne soit pas facile pour elle, mais c’est comme ça. Je ne vais pas laisser Julia aller à l’hôtel alors que je peux la loger. Et puis, j’ai vraiment envie de passer le plus de temps possible avec elle, de rattraper ces deux dernières années.
 
De la main, je caresse le bras de Stella qui s’est calmée. Du moins, c’est ce qu’il semble.
 
— C’est juste que je ne comprends pas que tu t’affiches en photo avec elle sur les réseaux sociaux et pas avec moi, reprend-elle en gémissant.
 
Cette fois, c’est bon, j’ai eu ma dose, je m’en vais. Je me lève d’un bond.
 
— Non, Nick !
 
Je me retourne pour lui faire face une dernière fois avant de partir et je hausse le ton pour qu’elle comprenne les choses une bonne fois pour toutes.
 
— Tu me saoules Stella, avec tes crises de jalousie, tu vas finir par me perdre pour de bon. Julia est juste une amie  ! Rappelle-moi quand tu seras calmée.
 
Je sors de chez elle en claquant la porte, sans lui laisser l’opportunité de m’arrêter. En fait, sa crise tombe à pic et me donne une bonne excuse pour rentrer chez moi plus tôt. Sur le chemin, j’envoie un texto à Julia :
 
[Je suis sur le chemin du retour, tu as mangé ?]
 
Sa réponse ne se fait pas attendre :
 
[Non pas encore, je ne savais pas si je devais t’attendre ou pas]
 
[Je ramène des pizzas, une trois fromages c’est ça ?]
 
Je sais que ça a toujours été sa pizza préférée.
 
[Mon estomac dit oui, mais mon cul dit non !]
 
Voilà l’humour de Julia comme j’aime.
 
[J’écoute ton estomac, car ton cul est parfait]
 
Elle n’imagine pas à quel point ce dernier me fait fantasmer...
 

 
 
 
— Je n’en peux plus, j’ai le ventre qui va exploser.
 
Julia s’allonge sur le canapé, les mains sur l’estomac. Nous venons d’ingurgiter une pizza chacun, accompagnée de bières, un vrai festin ! Julia pousse un soupir de contentement et ferme les yeux, elle s’est changée et porte simplement un bas de jogging et un débardeur. Même comme ça, elle me fait craquer. Si à cet instant, elle pouvait lire dans mon esprit, elle n’y verrait que des pensées salaces.
 
— Alors, tu me racontes ce qui s’est passé avec Stella, pourquoi tu es rentré si tôt ? me demande-t-elle.
 
Je n’ai vraiment pas envie de parler de Stella, ni même de penser à elle. Elle m’a tellement agacé ce soir qu’elle est très bien là où elle est.
 
— Elle m’a pris la tête c’est tout.
 
Je m’installe sur la méridienne du canapé alors que Julia se retourne sur le ventre. Nos têtes sont seulement à quelques centimètres l’une de l’autre.
 
— Ça ne me regarde peut-être pas, mais pourquoi tu restes avec elle si tu t’en fous ?
 
La fameuse question que je me pose souvent. Je ne peux pas dire à Julia que c’est parce que je n’ai pas envie d’être seul et que Stella est toujours disponible quand j’ai besoin ou envie d’elle. Ça fait trop salaud de dire ça. Et puis, réellement, jusqu’à maintenant, cette relation me convenait, plus ou moins.
 
Je soupire.
 
— Je ne sais pas... enfin, je l’aime bien, mais je ne suis pas amoureux.
 
— Le beau Nick Derivot n’est pas amoureux de sa compagne, c’est un scoop pour les journaux ça !

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