Inattendu
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Inattendu , livre ebook

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Description


J’ai eu la chance d’avoir une vie parfaite quand j’ai rencontré l’homme avec qui j’étais censé être. Mais il n’est plus là et une telle chance ne se présente pas deux fois dans une vie. N’est-ce pas ?


Ayant l’intention de quitter la vie publique après avoir terminé son mandat présidentiel, Everett Shaw aspirait à une vie tranquille avec l’homme de ses rêves à ses côtés. Mais un acte de violence brutal a fait disparaître cet avenir radieux, laissant Everett se battre pour survivre chaque jour.


Dix ans plus tard, Everett approche de la soixantaine et mène une vie minable, hanté par cette perte. Mais lorsque son fils est horriblement blessé, Everett laisse tout derrière lui dans l’espoir de réparer leur relation brisée et de l’aider à guérir à plus d’un titre.



Mon travail est de protéger et il y a des règles qui doivent être suivies. Même s’il n’y en avait pas, je ne risquerais pas de laisser quelqu’un se rapprocher... pas encore.


L’agent spécial Jonathan Nash a pour mission de protéger l’ancien président, pas d’être son ami. Même si quelque chose chez cet homme solitaire l’attire, il n’est pas prêt à risquer ce qu’il reste de sa carrière pour quoi que ce soit. Et ce n’est pas comme si un type comme Everett Shaw allait vraiment le remarquer de toute façon. Non, il est mieux de suivre le protocole et d’effectuer son travail. Laisser quelqu’un d’autre s’occuper de cet homme brisé. Ce n’est pas son problème... ça ne peut pas l’être.


J’ai appris il y a longtemps à vivre ma vie comme je l’entends et à obtenir ce que je veux. Mais vouloir deux hommes en même temps ? C’est nouveau, même pour moi.


À quarante-cinq ans, l’ancien Navy SEAL Gage Fortier a connu le succès et la perte, et bien que sa vie ait pris une direction qu’il n’avait jamais prévue, il ne voudrait pas qu’il en soit autrement. Lorsque Reese, le jeune homme avec qui il fait équipe, est blessé au travail, il y voit l’occasion de renforcer son amitié avec l’ancien soldat amer tout en lui offrant un endroit pour se rétablir. Mais lorsqu’il découvre que le jeune homme est en fait le fils d’un ancien président des États-Unis, Gage se rend compte qu’il a la possibilité d’offrir bien plus au père et au fils. Il n’y a qu’un seul problème avec son plan... comment ignorer son attirance croissante pour le séduisant Everett Shaw.


Et l’ombre perpétuelle d’Everett, l’agent Nash.


Ces trois hommes suivent des parcours très différents. Jusqu’à ce que quelque chose d’inattendu se produise et que trois deviennent un...


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782384400256
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Inattendu
Copyright de l’édition française © 2022 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2017 Sloane Kennedy
Titre original : Unexpected
© 2017 Sloane Kennedy
Traduit de l’anglais par Lorraine Cocquelin
Relecture et correction par Miss Rose, Valérie Cavaillès
 
Conception graphique : © Cate Ashwood
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-38440-025-6
Première édition française : janvier 2022
Première édition : novembre 2017
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Remerciements
Note de l’auteur
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Épilogue
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Remerciements
 
 
Merci à Claudia, Kylee, Lucy et Courtney pour les bêta lectures rapides et approfondies !
 
 
 
 
 
 
Note de l’auteur
 
 
Même si j’ai fait de mon mieux pour rechercher à la fois des problèmes médicaux et un protocole sur le fonctionnement des agents des services secrets, les informations disponibles sont très limitées, et pour le bien de l’histoire, j’ai utilisé une licence dramatique ici et là. Donc à tous ceux qui travaillent dans l’un ou l’autre secteur, je m’excuse d’avance pour tout ce que je n’ai pas bien compris.
 
 
Inattendu
Les protecteurs # 10
 

 
Sloane Kennedy
 

 
Prologue
 
EVERETT
 
 
Treize ans plus tôt
— C’est un honneur, monsieur le Président.
Cette voix soyeuse me chauffa les veines comme le plus délicat des whiskys, et je me retrouvai à fixer la grande main tendue dans ma direction. Pris de vertige, je tentai de respirer pour essayer de m’éclaircir les idées.
Qu’est-ce qui m’arrive, bon sang ?
J’avais vaguement conscience que nous n’étions pas seuls, et pourtant, c’était tout comme : prisonnier de son regard, j’avais l’impression que nous étions les deux derniers hommes sur Terre. J’étais beau être sans conteste le plus puissant du monde, je n’arrêtais pas de trembler et je n’allais pas tarder à m’évanouir par manque d’oxygène.
Seigneur, quel homme superbe !
C’était l’unique manière de le décrire.
Des cheveux noirs courts, des yeux bleu foncé, un corps bien bâti moulé dans son uniforme…
Son uniforme…
Exact. Parce que c’était un soldat.
De cette armée que je dirigeais.
Et pas n’importe lequel, d’ailleurs. Le commandant de mon fils, rien que ça.
Et bien sûr, c’était un homme. Qu’est-ce qui clochait chez moi, sérieux ?
— Tout le plaisir est pour moi, colonel St James, parvins-je finalement à répliquer en lui serrant la main.
Je le regrettai immédiatement.
Parce qu’un seul contact avec cette peau chaude et rugueuse répondit à toutes les questions que je me posais depuis toujours, ces questions que j’avais essayé de faire disparaître depuis mon enfance quand m’a mère m’avait traîné douloureusement par le bras lors de ma fête d’anniversaire pour m’éloigner de mon meilleur ami Joseph. Elle nous avait surpris nous tenant la main, après que j’avais soufflé mes bougies. Dans sa salle de couture, elle m’avait forcé à m’agenouiller à ses côtés, et nous avions fait la seule chose qui, d’après elle, me sauverait de la damnation éternelle.
Nous avions prié.
Et prié.
Et prié.
Mes genoux me faisaient si mal que je tenais à peine debout quand mon père était parti à notre recherche pour nous demander pourquoi une demi-douzaine d’enfants de douze ans couraient partout sans la surveillance d’un adulte. Je ne me souvenais pas des mots de ma mère, juste qu’elle ne lui avait heureusement pas parlé de Joseph.
Parce que la réponse de mon père aurait été infiniment plus douloureuse que mes contusions aux genoux.
Si Joseph avait disparu du paysage ensuite, il n’en allait pas de même pour les sentiments qu’il avait éveillés en moi. Aucune prière ou gifle de la part de mon père n’aurait pu me faire oublier la décharge électrique qui m’avait parcouru si fort que je m’étais enfin senti en vie pour la première fois de mon existence.
Cette décharge n’était rien en comparaison du brasier actuel qui pulsait sous la surface de ma peau alors que cet homme tenait ma main dans la sienne, qu’il aurait dû relâcher depuis longtemps.
À moins que ce ne soit moi qui la lui tienne encore.
Aucune idée.
— Pierce, répliqua-t-il.
Je ne pouvais pas l’appeler par son prénom. Impossible. Pourtant, je le fis.
— Pierce, soufflai-je.
Ses lèvres magnifiques s’étirèrent en un petit sourire satisfait, et tout mon corps fut envahi par une vague de désir.
Juste là, dans cette chambre d’hôpital où mon fils de vingt et un ans se remettait de blessures récoltées lors d’une embuscade tendue par des insurgés. Heureusement, Reese dormait et ma femme était partie je ne sais où pour se plaindre auprès du personnel que notre fils n’était pas du bon côté pour voir l’étang artificiel et le jardin décoré.
Nous n’étions pas seuls pour autant.
Relâchant rapidement la main de Pierce, je jetai un coup d’œil à mon ombre perpétuelle, Grady.
William Grady était l’un des agents du Secret Service qui m’avaient été affectés peu après mon accession au poste de vice-président. Il avait été le seul agent à rejoindre mon équipe de protection lorsque j’avais gagné la présidentielle huit années plus tôt.
Grady ne nous observait pas, Pierce et moi, mais je savais que cela ne voulait rien dire. Il était formé à repérer les choses, même sans regarder. Je devrais flipper, pourtant, il n’en fut rien. Peut-être parce que j’étais certain qu’il emporterait tous mes secrets – et il en connaissait un paquet – dans la tombe.
Ou peut-être parce que sa présence me permettait de ne pas faire ce que je faisais depuis ma naissance ou presque…
Faire semblant.
Je retournai son regard à Pierce, avant d’observer ses mains, qu’il serrait l’une contre l’autre.
— Monsieur le Président…
— Everett, répliquai-je sans réfléchir, bercé par sa voix me cajolant comme la plus douce des caresses.
Qu’est-ce qui me prenait ? Je ne pouvais pas le laisser m’appeler par mon prénom. C’était totalement inapproprié. J’étais son supérieur. Il y avait des règles à respecter…
Je fus à la fois soulagé et déçu que Pierce ne prononce pas mon prénom. Je tentai vraiment de l’écouter quand il m’exposa les grandes lignes de l’embuscade, mais ce fut en entendant le nom de Reese que je reportai mon attention sur mon fils, le ventre noué. Par chance, il ne souffrait que d’une blessure par balle à la jambe et d’une commotion cérébrale. Même si j’avais sous les yeux un soldat endurci, je ne voyais dans ce lit que le petit garçon qui avait rendu ma vie supportable. Si, aux yeux du reste du monde, j’étais l’incarnation même du succès, Reese était en réalité la seule réussite de ma vie.
Même si, finalement, je m’accordais bien plus de crédit que je n’en méritais. Je l’avais engendré, oui, mais je n’avais pas été le père que j’aurais voulu.
Non, j’avais eu tant de choses à accomplir au préalable. Tant de choses à prouver à des gens sans importance en fin de compte.
Le regret me brûlait les veines et me donnait envie de me rouler en boule afin de disparaître aux yeux du monde. Peut-être me sentirais-je moins comme un imposteur, alors.
— Il va s’en remettre, murmura Pierce derrière moi.
La chaleur frôlant mon dos était immanquable. Elle provenait de son corps.
De son corps magnifique, imposant, qui n’était qu’à quelques centimètres du mien. Ce corps que j’aurais voulu encore plus près du mien pour tout réparer.
Moi.
Reese.
Cette farce qu’était ma vie.
Fermant les yeux, je m’imaginai sentir les bras puissants de Pierce m’enlaçant par-derrière. Je m’imaginai me laisser aller dans son étreinte sans m’inquiéter que quelqu’un me dise que c’était mal. Je ressentais un tel besoin de ses lèvres sur mon cou alors qu’il me murmurerait de me laisser aller, de le laisser prendre soin de moi, que j’en tremblais presque.
Je pourrais alors m’échapper des yeux du monde rivés sur moi en permanence.
Je pourrais prétendre ne pas être un mari… et un père… raté.
Et je pourrais alors imaginer en quoi ma vie serait différente si j’avais eu un peu plus de courage enfant et si ma vie n’avait pas été tracée ainsi.
Cette vie qui semblait si parfaite sur le papier.
Alors qu’elle n’était rien de plus qu’une imposture.
Comment une seule poignée de main pouvait-elle faire voler en éclat ce vase fragile qu’était mon monde ? Et pourquoi n’arrêtais-je pas de me dire qu’une seule poignée de main, ce n’était pas suffisant ?
Cela ne le serait jamais.
Je ne pouvais pas faire ça. Je devais tenir le coup. J’avais choisi ce chemin, et il n’y avait pas de retour en arrière possible. Les folles sensations que cet homme avait éveillées en moi n’étaient que le fruit du hasard, le résultat du stress que j’éprouvais à l’idée d’avoir failli perdre mon fils. Rien de tout ceci n’était réel.
Avant que je puisse me traiter de menteur, Pierce le fit pour moi.
Sans un mot.
Non.
Rien de tout ça.
Il fit précisément ce que je voulais, en s’avançant vers moi. Pas assez pour me toucher, mais suffisamment pour que mon corps s’affole. Le désir criait si fort son besoin de s’exprimer qu’il était impossible à ignorer. Cependant, ce fut quand Pierce rapprocha sa bouche de mon oreille afin que je sois le seul à l’entendre que je compris que ma vie était sur le point de changer à jamais.
En quelques mots prononcés d’une voix douce, Pierce St James me déroba les derniers mensonges de ma carapace.
— Tout ira bien… Everett . Faites-moi confiance.
 



Chapitre 1
 
NASH
 
 
Aujourd’hui
Je n’aimais pas quand il faisait ça.
Bon, d’accord, je ne l’aimais pas lui tout court, mais je n’aimais vraiment pas quand il faisait ça.
Il était calme… trop calme. Pas le genre de silence indiquant qu’il mijotait quelque chose, comme la fois où il m’avait filé entre les doigts.
Non, c’était le genre qui lui prenait de temps en temps quand, alors qu’il faisait quelque chose, son esprit partait à la dérive.
Ce n’était pas le bon mot, parce que celui-ci donnait l’impression que ce type n’était que préoccupé. Alors que quand il était dans cet état-là, c’était tellement… plus.
Pourquoi t’intéresses-tu à ça, Nash ? Ce n’est pas un vrai boulot, de toute façon.
La petite voix dans ma tête avait raison. Après tout, babysitter un ancien président vivant à Pétaouchnok au milieu de nulle part n’était pas franchement le point culminant de ma carrière.
Je fus envahi d’une amertume familière qui ne fit que m’énerver davantage. Dans les premières maisons d’accueil où j’avais été placé, j’avais tant cherché à être un enfant parfait que je m’étais perdu dans le processus. Le temps que mon âge double et que le nombre de maisons d’accueil atteigne les doigts des deux mains, j’avais accepté le fait que la vie ne me ferait jamais aucun cadeau, et j’avais agi en ce sens.
Alors, j’avais l’habitude d’enchaîner les coups durs ou du fait que le destin adorait se foutre de moi à chaque occasion qui m’était offerte.
M’obligeant à repousser mon pessimisme, je me concentrai sur ma mission. Ce qui ne fit que m’énerver davantage en repensant à la veille. Babysitter Everett Shaw, ancien leader du monde libre, était une façon de me remettre à ma place, et bon sang, ça avait fonctionné. Cet homme était un emmerdeur, comme l’avait prouvé sa petite fuite de la veille après qu’il m’avait envoyé récupérer un magazine qu’il avait soi-disant oublié dans le belvédère dans lequel il passait bien trop de temps.
Quand j’étais revenu avec le magazine – qui n’était donc rien d’autre qu’un accessoire dans cet acte de rébellion soigneusement planifié –, j’avais découvert que ce type s’était barré dans sa Cadillac Series 61. Il avait même engagé sa gouvernante et son jardinier comme complices de sa fuite. Heureusement que mon prédécesseur m’avait prévenu de cette manie d’échapper aux agents du Secret Service. Même si, d’après moi, Shaw et Grady étaient devenus amis au fil des années, Grady avait tout de même fait son travail en me confiant cette information.
Ce qui indiquait que cet agent n’avait jamais oublié qu’il était avant toute chose tenu par l’honneur de protéger l’ancien président.
J’en étais reconnaissant à Grady, car, sans son avertissement, je n’aurais jamais eu l’idée de placer un traceur sur la voiture de mon protégé, je ne l’aurais jamais trouvé et je l’aurais payé cher auprès de mes supérieurs. Ces connards cherchaient n’importe quelle excuse pour me virer, et perdre la trace de mon protégé en serait une bonne.
Alors, quand j’avais repéré Shaw chez son ami Vincent, j’étais en rage. Grady m’avait prévenu pour Vincent St James et ses règles concernant les agents armés sur sa propriété ; cependant, j’avais décrété que malgré la loyauté de Grady envers Shaw, il avait fait preuve de trop d’indulgence envers St James. Avec la ferme intention de faire comprendre à Shaw et son ami que c’était désormais moi qui menais la danse, j’avais laissé mon agacement guider mes actes et pris ma décision en me basant sur l’affect et non la raison.
Bien que j’aie effectué des recherches sur Vincent, je pensais vraiment que Grady exagérait l’attitude de cet homme mystérieux et qu’il me suffirait de hausser un peu le ton pour montrer à l’ancien soldat qui commandait.
Je l’avais sous-estimé.
Dans les grandes largeurs.
Même quand cet enfoiré était sorti de son garage, son automatique à la main, j’avais mis un peu de temps à réagir. Sans doute parce que je n’en revenais pas du culot qu’il lui fallait pour approcher un agent fédéral en étant si ouvertement armé. Tandis que j’attrapais mon arme – maladroitement, puisque j’étais toujours assis dans ma voiture coincée entre deux portails –, je me disais qu’il n’agissait ainsi que pour la galerie.
Sauf que j’avais à peine pu lancer un avertissement à Vincent avant qu’il abaisse son flingue pour tirer dans mon pneu.
Shaw avait réussi à calmer le jeu avec son ami, cependant, il s’en était pris à moi parce que je n’avais pas respecté les règles ridicules de Vincent.
Pour un homme qui se targuait de sa capacité à rester zen en toutes circonstances, me faire remonter les bretelles par Everett Shaw comme si je n’étais rien de plus qu’un gamin désobéissant m’avait grandement énervé. À ce moment-là, j’avais opté pour une réponse honnête, même si elle devait me faire perdre mon boulot. J’avais pratiquement balancé à Shaw, l’homme qui avait un jour commandé l’armée la plus puissante du monde, qu’il se comportait comme un enfant gâté. Puis j’avais reporté ma fureur sur Vincent St James, qui venait de prouver qu’il n’était pas l’homme le plus raisonnable de cette planète. Heureusement, à ma grande surprise, il avait entendu raison et m’avait permis d’inspecter sa propriété tandis qu’il me faisait un compte-rendu des mesures de sécurité de cette forteresse qui lui servait de maison. Il ne m’avait pas laissé pénétrer à l’intérieur, et je ne le lui avais pas demandé, puisque je savais grâce à Grady que quel soit ce mystérieux Vincent, il tenait sincèrement à Shaw et ferait tout pour le protéger.
Shaw et moi ne nous étions reparlés que plusieurs heures plus tard, quand il avait voulu rentrer chez lui.
Enfin, j’avais parlé et il avait fait semblant d’écouter.
Comme Vincent m’avait aidé à installer ma roue de secours, j’avais été prêt à partir quand Shaw était sorti de la maison. Je m’attendais à ce qu’il me passe à nouveau sur le gril, mais il m’avait à peine regardé dans les yeux.
Ce qui n’aurait pas dû me déranger.
Sauf que si.
Tout comme cela me dérangeait de le voir en cet instant fixer le vide, ses cisailles à la main. En ce début de matinée, bien que le soleil commence tout juste à se lever, Shaw s’activait dans son jardin depuis plus d’une heure. Il ne faisait pas particulièrement froid, et pourtant, je me retenais d’insister pour qu’il retourne à l’intérieur. À cinquante-huit ans, Everett Shaw était en bonne forme physique, cependant, quand il arborait cette expression, il semblait si… frêle.
Oui, je n’aimais pas ça.
Je préférerais qu’il se comporte avec moi comme le leader confiant que j’avais vu tant de fois à la télévision alors que je rêvais du jour où je pourrais protéger son successeur. Et si je n’arrivais pas à oublier ce moment où il s’était tenu si près de moi pour me reprocher d’avoir enfreint les règles instaurées par Vincent, ce n’était pas pour une autre raison.
Le silence de cette matinée à peine entamée fut brisé par la sonnerie étouffée d’un téléphone. Shaw mit quelques secondes à se rendre compte que c’était le sien. Avec des gestes lents, il le sortit de sa poche et le porta à son oreille. Je n’entendais pas ce qu’il disait, mais cela n’avait pas d’importance, puisqu’en une seconde il se mettait debout. Quand il se tourna, il fut surpris de me voir, ce qui m’étonna à mon tour, puisque je lui collais aux basques toute la journée. La seule fois où nous nous séparions, c’était la nuit et lors de mes jours de congé, au moment où un autre agent prenait le relais – même si cet agent était un veinard qui n’avait pas à passer du temps avec Shaw, puisque l’ancien président se couchait à vingt-trois heures en général.
Shaw me dévisagea un moment, la mine indéchiffrable. Puis il s’approcha de moi, les mains dans les poches. Il habitait une propriété modeste à l’est de la forêt nationale de Jefferson, en Virginie. La ville la plus proche était à vingt bonnes minutes de route et ne disposait que d’une demi-douzaine de boutiques et d’une seule station-service. En outre, les campagnes alentour étaient peu peuplées, si bien que les menaces à l’encontre de Shaw étaient limitées. Oui, il y avait toujours des fous dans la nature, mais contrairement à la plupart de ses prédécesseurs, Everett Shaw faisait profil bas depuis qu’il avait quitté ses fonctions officielles, ce qui lui offrait une certaine intimité.
Un peu trop, peut-être.
Car à part Vincent et le couple qui gérait et habitait sur la propriété, dans un cottage, Shaw semblait n’avoir personne dans la vie. Pas de chien pour l’accueillir quand il rentrait à la maison ou de chat contre lequel se blottir la nuit. Il n’y avait que lui, ses roses et ses émissions de télévision pour l’occuper tous les soirs.
— Il faut que j’aille chez Vincent, murmura-t-il quand il m’eut rejoint.
— Bien sûr, monsieur le Président, répondis-je alors qu’il s’éloignait déjà.
Il se figea un instant à ce titre, et il me sembla même le voir tressaillir, mais ensuite, il se remit en route. En quelques minutes, il s’était nettoyé et changé, et lorsque nous arrivâmes dehors, il ne chercha même pas à prendre le volant. Il se contenta de se diriger vers la banquette arrière de la berline fournie par mon agence.
Une routine si parfaite.
Et qui m’irrita au possible.
Qu’est-ce qui clochait chez moi, bon sang ? Ce type se comportait exactement comme il le devrait, surtout après les conneries qu’il m’avait fait traverser la veille.
Sans un mot, nous effectuâmes les quarante-cinq minutes de trajet nous séparant de la maison de Vincent, en plein milieu de cette forêt près de laquelle vivait Shaw, mais du côté occidental de la Virginie. Vincent nous attendait dans l’allée. Contrairement à la veille, les deux portails étaient déjà ouverts, si bien que je m’avançai jusqu’à la maison. Vincent semblait agité. J’observai les alentours, à la recherche du deuxième homme que j’avais vu ici la veille, mais je ne le vis pas. J’avais entendu Vincent l’appeler Nathan. Même s’il m’avait paru familier, nous n’avions pas été présentés, donc je n’avais pas pu effectuer de recherches sur lui.
Je restai près du véhicule tandis que Shaw s’avançait vers son ami pour lui parler. Et pour la première fois de la matinée, il s’anima un peu en se disputant avec l’autre homme.
— Ne fais pas ça, Vincent, lui dit Shaw.
Vincent l’ignora et rejoignit le coffre de sa voiture. Il y déposa un grand sac en toile avant de le claquer. Shaw, d’une voix étouffée, semblait le supplier. Vincent ne paraissait pas l’écouter, et lorsqu’il s’approcha de moi à grands pas, je me raidis. Comme j’avais toujours mes armes avec moi, je m’attendais à ce qu’il s’en prenne à moi à ce sujet. Cependant, il n’accorda qu’un bref regard à mon flingue, dans mon étui sous ma veste.
— Vous devez les protéger tous les deux en mon absence, déclara-t-il.
Ce n’était pas une requête. Il serrait les mâchoires.
— Tous les deux ?
— J’ai demandé à Everett de rester un peu. Nathan dort encore.
Je réalisai soudain quelque chose quand Vincent prononça le prénom de Nathan. Il y eut un tic sur sa joue, mais ce furent ses yeux qui le trahirent.
Ils s’adoucirent légèrement.
La vache, est-ce que Nathan et lui… ?
— Si je ne suis pas de retour ce soir, rentrez chez Everett avec Nathan. Ne le laissez pas seul. Sous aucun prétexte.
J’aurais dû me hérisser de son ton autoritaire, mais j’étais ébranlé par l’inquiétude qui perçait dans sa voix.
Oui, clairement, il avait des sentiments pour Nathan.
Il avait peur pour lui.
Je ressentis une pointe de pitié pour Vincent et acquiesçai sans réfléchir davantage.
Il pivota, prêt à partir, mais il s’immobilisa et reprit :
— Vous pouvez entrer. Avec votre arme.
Sans attendre ma réponse, il retourna à sa voiture et grimpa dedans, accordant à peine un regard à Shaw. Le moteur vrombit et le véhicule fila dans l’allée. Inquiet, Shaw me jeta un coup d’œil, mais ne prononça pas un mot. Même si j’aurais aimé lui demander ce qui se passait, j’eus le bon sens de me retenir.
L’agent en moi ne voulait pas savoir.
À l’intérieur, Shaw s’activa à la préparation du petit déjeuner dès qu’il eut trouvé un tablier noir dans un tiroir, près de la cuisinière. Je me plaçai dans le couloir entre l’entrée et la cuisine. Moins de trente minutes plus tard, j’entendis des pas dans l’escalier. Nathan apparut, l’air chiffonné.
Non, pas chiffonné.
Débraillé après une nuit de plaisirs.
Mes soupçons quant au fait qu’il se passait quelque chose entre Vincent et lui furent confirmés quand son visage s’assombrit à la vue de Shaw. Il se reprit vite, échangeant des plaisanteries avec mon protégé, mais sa bonne humeur factice disparut à la vue des deux seules assiettes sur la table.
— Où est-il ? le questionna Nathan.
Shaw soutint son regard.
— Il avait des choses à faire ce matin, alors il m’a demandé de vous tenir compagnie.
Comme ses yeux se posèrent sur moi, ceux de Nathan firent de même.
Enfin, pas sur moi personnellement, en l’occurrence.
Sur mon arme, visible sous ma veste.
— Où est-il ? répéta Nathan, d’une voix un peu plus inquiète.
— Je ne sais pas, répondit Shaw en soupirant avec lassitude.
Il éteignit la cuisinière et attrapa le pot de café.
Comme je ne quittais pas Nathan du regard, je n’entendis qu’à moitié Shaw lui expliquer qu’il viendrait avec nous si Vincent n’était pas de retour à la nuit tombée. Je ne pouvais pas voir son visage, cependant, c’était inutile, puisque la tension de son corps le trahissait.
Il était terrifié.
Pour Vincent.
Je ne voulais pas ressentir de la compassion pour lui, parce que j’aurais pu lui dire qu’il ne ressortait jamais rien de bon de s’attacher à quelqu’un comme le mystérieux Vincent, pourtant, je ne pouvais pas nier que j’avais de la peine pour lui.
Ou que je l’enviais un peu, aussi.
Je repoussai cette émotion malvenue et observai les deux petits écrans sur le mur qui me permettaient de voir ce qui se passait à l’extérieur. Cependant, quand j’entendis quelque chose se briser, je me tournai vers la cuisine et découvris, incrédule, que Nathan avait détruit la montre qu’il avait autour du poignet.
Vincent m’avait expliqué l’importance de celle-ci, qui était la même que celle que portait Shaw. Ce n’était pas un bijou quelconque. Non, elle possédait son propre système de guidage, alors, la réduire en miettes n’était pas qu’une façon d’exprimer sa rage, pour Nathan.
Comme il fallait s’y attendre, le téléphone de Shaw se mit à sonner deux minutes plus tard. Cependant, plutôt que de décrocher, Shaw refusa l’appel et coupa le son. Stupéfait, je les vis tous les deux reprendre tranquillement leur conversation alors qu’ils s’installaient à table, leur assiette pleine à la main.
— Nash ?
Je me tournai vers Nathan.
— Quoi ?
J’entendis vibrer le téléphone de Shaw, qui ne répondit toujours pas.
— Voulez-vous vous joindre à nous ? me questionna Nathan en indiquant la table.
— Non, merci, répliquai-je en avisant l’expression de Shaw lorsque Nathan me fit cette proposition.
Je savais que Grady avait souvent mangé avec lui, mais jamais il ne me l’avait demandé depuis que j’étais à son service.
Et il ne semblait pas ravi de le faire à cet instant non plus.
S’il avait l’air plus présent  – mentalement – qu’il l’avait été ce matin-là, je doutais que ça dure, surtout avec son portable qui se remettait à vibrer toutes les deux minutes.
Puis le mien sonna.
— Ignorez-le, ordonna Shaw avant même que je puisse attraper mon téléphone.
Je tendis quand même la main vers l’appareil.
— Nash, lança Shaw sur le ton de l’avertissement.
Puisque je ne comptais pas envoyer le protocole aux orties, et encore moins énerver un type qui pouvait m’arranger mes organes internes en un seul coup de poing, j’ignorai Shaw.
— Nash, répéta-t-il, d’une voix différente cette fois-ci.
Il n’avait plus son ton impérieux. Quand je l’observai, je fus touché par son regard.
Il m’en avait adressé plusieurs différents au cours de la semaine écoulée depuis mon arrivée à son service, mais jamais il ne m’avait contemplé de la sorte.
— S’il vous plaît, murmura-t-il sur un ton suppliant qui semblait beaucoup lui coûter.
Un frisson me parcourut alors que je soutenais son regard. Ses yeux bleus lumineux brillaient d’une émotion que je ne parvenais pas à reconnaître. Je serrais si fort mon portable que j’allais le casser.
Suis ce foutu protocole, Nash. Cet homme n’est pas ton ami !
— Il faut au moins que je vérifie qui c’est, dis-je enfin.
Shaw opina. Je tournai l’appareil et vis qu’il s’agissait d’un identifiant inconnu. J’étais très tenté de répondre, mais l’envie de voir le regard de Shaw animé un peu plus longtemps fut la plus forte.
Bon sang, Nash, reprends-toi.
Je remis mon portable dans ma poche et fis de mon mieux pour ne pas savourer la vague de chaleur qui m’envahit face au petit sourire que Shaw m’adressa.
Mon téléphone sonna plusieurs fois au cours des minutes suivantes, et je ne décrochai pas, conformément à ce que Shaw m’avait demandé. J’écoutais leur conversation d’une oreille, mais quand Nathan avoua tout de go à Shaw qu’il était gay, je dus me concentrer très fort sur les écrans que j’avais sous les yeux pour rester immobile.
— Je parie que ça fait du bien, murmura Shaw.
Nathan rit.
— Vous n’imaginez pas à quel point.
— Si, Nathan, je l’imagine, répliqua Shaw tout bas.
Cette fois, je ne pus m’empêcher de le fixer alors que je réalisais ce qu’il venait de dire.
Impossible.
IMPOSSIBLE, putain.
J’eus soudain très chaud tandis que Nathan exprimait la même incrédulité que moi. Lorsque Nathan lui fit remarquer qu’il avait été marié, j’entendis vaguement Shaw expliquer que son fils ne lui parlait plus, mais je n’arrivais pas à aligner deux pensées.
Everett Shaw, ancien président des États-Unis, est gay.
Everett Shaw est gay.
Shaw est gay.
Bordel de merde.
— Quand j’ai épousé Eleanor, je savais que quelque chose n’allait pas, mais j’ignorais quoi. Je suis resté dans le déni très longtemps…
Je ne supportai pas d’en entendre davantage. Non seulement parce que ses mots faisaient mouche, un peu trop, même, mais aussi parce que j’avais l’impression de violer son intimité par ma seule présence. Oui, il savait que je l’avais entendu, mais quand même, cela ne me semblait pas correct.
En silence, je m’approchai de la porte et la refermai derrière moi. Puis je pris de grandes inspirations.
Everett Shaw est gay.
Bien que je tente de me convaincre que c’était le choc qui me faisait trembler, je savais que ce n’était pas vrai, même si je me refusais à nommer la véritable raison. Je préférai m’occuper à déambuler le long de la clôture. Vingt minutes plus tard, j’entendis un bruit qui me fit comprendre que l’enfer s’apprêtait à se déchaîner.
Quand la voiture de sport de Vincent apparut dans l’allée juste après, puis que les freins crissèrent lorsqu’il écrasa la pédale pour éviter d’enfoncer la porte de garage, je me sentis nerveux.
— Ils vont bien ! lui assurai-je dès qu’il descendit du véhicule.
J’avais dû crier, puisque j’étais à bonne distance de la maison.
Son arme à la main, il me lança un regard assassin – littéralement – puis entra à grands pas chez lui. Inquiet pour Shaw, je me mis à courir vers la maison. J’étais presque arrivé à la porte quand elle s’ouvrit et je faillis percuter Shaw qui sortait. Il leva la main et la plaqua sur mon torse pour empêcher la collision.
— Doucement, fiston, dit-il.
Le fait qu’il m’appelle ainsi m’énerva sans que je sache pourquoi. Et je n’avais pas le temps d’y penser, parce que depuis l’endroit où était posée sa main naissaient une vague de chaleur et des décharges électriques.
Toutes ces sensations… putain ! filaient droit vers mes bourses. Mon sexe durcit lorsque Shaw leva les yeux vers moi. Je ne pus y lire grand-chose, puisqu’il ferma très vite les paupières, avant de laisser tomber sa main. Me contournant, il déclara :
— On y va.
J’entendis des sons étouffés à l’intérieur de la maison, puis de la vaisselle qui se cassait. Mon instinct me soufflait de m’assurer que Nathan allait bien, et en même temps, il m’encourageait à fuir ce bordel.
Everett Shaw était gay et mon corps choisit ce moment précis pour me le rappeler.
— Allons-y, fiston, insista-t-il. Tout ira bien pour les garçons.
Il avait ajouté cette dernière partie avec un sourire narquois.
Je le retins juste avant qu’il arrive à la voiture. Pour une raison qui m’échappait, je l’attrapai par le bras et le fis pivoter, si bien qu’il se retrouva pratiquement plaqué au véhicule.
— Je ne suis pas votre fiston, murmurai-je.
Je voulais dire ces mots avec colère, mais ils ne sortirent clairement pas comme ça.
Non, ils exprimèrent parfaitement ce que je ressentais.
Je n’étais pas énervé par ce surnom parce qu’il me rabaisserait d’une quelconque façon ; j’avais désespérément envie de m’assurer que Shaw ne me considère pas comme son enfant.
J’étais pratiquement plaqué contre lui, mais je n’arrivais pas à reculer.
— Je ne suis pas votre fiston, répétai-je.
Shaw, pour sa part, sembla d’abord confus, puis quelque chose changea. Si je n’avais pas été aussi près, j’aurais manqué sa réaction.
Son souffle qui s’accéléra.
Ce léger tremblement qui l’agita.
Ses doigts qui se resserrèrent sur mon bras, alors que je ne l’avais pas senti m’agripper.
Ses lèvres qui s’entrouvrirent.
Bon sang, ces lèvres…
Shaw opina.
— Ce que vous avez entendu dans cette maison… commença-t-il en jetant un bref coup d’œil vers l’endroit en question.
— … je vais faire comme si vous n’aviez rien dit, conclus-je, certain que c’était le fond de sa pensée.
Son soulagement fut perceptible. J’ajoutai « monsieur le Président » ensuite, dans une tentative désespérée de reprendre nos rôles.
Il se raidit à ce titre et lâcha mon bras. Sa mâchoire se crispa et il tourna la tête pour ne plus être forcé de me regarder.
— J’aimerais que vous m’accompagniez quelque part, Agent Nash.
Agent.
C’était nouveau.
— Oui, monsieur.
Toute la chaleur que j’avais ressentie s’était évaporée. Je m’écartai pour pouvoir lui ouvrir la portière arrière.
— Où souhaitez-vous aller, monsieur le Président ?
Shaw remit de l’ordre dans sa tenue, puis il me contourna pour aller s’asseoir.
— Au cimetière d’Arlington, répondit-il ensuite d’une voix si basse que je l’entendis à peine.
 



Chapitre 2
 
EVERETT
 
 
Tout ira bien, Everett, faites-moi confiance.
Il avait raison. ...

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