Inferno
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Description




Dans l’Inferno, la passion brûle plus que les flammes de l’enfer...


Après l’assassinat d’un jeune prostitué bien connu dans la nouvelle boîte de nuit gay Inferno, les policiers de Moonlight Cove, Zack Stewart et sa partenaire Claire Keaton, se retrouvent avec un nombre ahurissant de suspects, tous ayant des liens avec la victime.


Le suspect principal de Zack est l’arrogant propriétaire du club, Dante Jardine, un homme pas si facile à déchiffrer, et encore plus difficile à cerner. Bientôt, les policiers se retrouvent avec une multitude de corps et les priorités de Zack deviennent plus floues au fur et à mesure qu’il côtoie Dante.


Lorsque sa vie professionnelle et sa vie personnelle commencent à fusionner, Zack se retrouve à un croisement dangereux, entre être un bon policier ou céder à son désir grandissant...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 35
EAN13 9782376762461
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0041€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Lorsque sa vie professionnelle et sa vie personnelle commencent à fusionner, Zack se retrouve à un croisement dangereux, entre être un bon policier ou céder à son désir grandissant...

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Publié par
JUNO PUBLISHING
19 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 92100 Boulogne-Billancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Inferno
Copyright de l’édition française © 2018 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2016 Scarlet Blackwell
Titre original : Inferno
© 2016 Scarlet Blackwell
Traduit de l’anglais par Manon Maroufi
Relecture française par Valérie Dubar, Jade Baiser, Raphaël Rivière, Miss Relect Addict
 
Conception graphique : © Tanya pour More Than Words Graphic Design
Tout droit réservé. Aucune partie de cet ebook ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-246-1
Première édition française : mars 2018
Première édition : avril 2016
 
Édité en France métropolitaine
 
 
 
 
 
Table des matières
Avertissements
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
Cet ebook contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
INFERNO

 
SCARLET BLACKWELL
 

Prologue
 
 
 
 
L’homme le trouva dans la backroom 1 . Si l’épaisse obscurité camouflait les activités qui s’y déroulaient, elle ne pouvait pas étouffer les gémissements et les grognements qui résonnaient dans tous les coins. Corey Breton déambula dans la pièce quelques minutes, observant secrètement les couples entrelacés, titillé, excité et désireux de voir son tour arriver.
Une silhouette sortie de nulle part s’approcha de lui et le fit sursauter.
— Salut.
Corey fit claquer ses doigts sur son briquet.
— Encore toi, dit-il alors qu’il relevait les yeux vers le visage clair de son interlocuteur.
Il lécha nerveusement ses lèvres pendant que l’homme continuait de le regarder, un léger sourire faisant plisser les coins de sa bouche.
— Tu n’en as jamais assez, pas vrai ?
— Non, répondit l’homme.
Corey se rapprocha de lui jusqu’à sentir le renflement entre ses jambes.
Les lèvres de l’homme, tentatrices, effleurèrent celles de Corey et le laissèrent pantelant, impatient d’en avoir plus.
— Pourquoi n’irions-nous pas continuer dans un endroit plus intime ?
Corey haussa un sourcil et lui proposa un prix exorbitant, sachant très bien que l’homme paierait.
— Deux cents ?
L’individu le fixa un moment.
— Parfait. Allons-y.
Corey n’était pas difficile. Il était tout aussi heureux de se faire baiser ici que chez lui dans un lit, l’avantage étant qu’il n’aurait pas à changer les draps. L’homme le conduisit hors de la pièce, pas par là où Corey était rentré, mais par l’arrière, passant par la sortie de secours dont la lumière éclaira sa chevelure sombre un court instant.
Corey observa l’homme retirer sa veste pour recouvrir la caméra, au-dessus de la porte. Il se retourna et sourit, la lumière rendant ses dents blanches d’autant plus éclatantes.
— C’est bon. Nous sommes en sécurité.
Il quitta le cercle de lumière pour rejoindre l’obscurité de la ruelle et Corey le suivit, rejoignant impatiemment son futur amant. Ils échangèrent un baiser brûlant, un concert de langues et de souffles. Corey maintint la tête de l’homme, jouant avec ses cheveux impeccablement coiffés, alors que son amant parvenait maladroitement à ouvrir et à faire tomber son pantalon avec précipitation. Puis il fit tourner Corey avant de le plaquer contre le mur.
Ce dernier haleta d’excitation et tenta de s’accrocher aux briques alors que la main de l’ homme empoignait son érection à travers son sous-vêtement, le caressant presque mécaniquement avant de déchirer le tissu.
— Dis donc, Monsieur ! s’exclama Corey.
— Quoi ? murmura l’homme à son oreille.
— J’espère que tu comptes aussi payer pour que je puisse le remplacer. 
— Tu veux plus d’argent, c’est ça, salope ? 
L’homme gifla avec violence l’une de ses fesses. Corey lâcha un cri.
— Tais-toi. Tu veux que je te baise ou pas ? 
L’homme pressa les testicules de Corey entre ses doigts puis tira quelques coups durs et secs sur son sexe.
Malgré lui, ce traitement sévère excita Corey.
— Oui. Dépêche-toi.
L’homme rit doucement et sortit un petit paquet d’aluminium qu’il ouvrit à l’aide de ses dents. 
— Tu veux ma queue, c’est ça ?
— Tu le sais très bien.
Corey étendit ses mains contre le mur. Il pencha son bassin en arrière, écartant largement l’espace entre ses pieds. Une main agrippa brusquement l’arrière de son genou. Il se tint de façon instable sur un seul pied, totalement exposé alors qu’un doigt étalait hâtivement un gel froid contre son anus.
— Bordel ! Putain !
— Tais-toi, grogna l’homme.
— Désolé, pardon, gémit Corey. Putain, que c’est bon. 
L’individu maintint son genou en l’air à l’aide d’une main pendant que les doigts de l’autre s’ancraient dans sa hanche.
— Bon ? Tu aimes sentir ma queue dans ton petit cul souillé, n’est-ce pas, salope ?       
Corey lança un regard par-dessus son épaule. Il avait l’habitude qu’on lui parle de cette façon, mais cela ne l’excitait plus autant qu’avant. Il toucha son propre sexe et le caressa avec avidité.
— Oui. Donne-la-moi.
L’homme commença à le pilonner contre le mur. Des coups durs et lents qui heurtaient la prostate de Corey jusqu’à en faire trembler ses jambes de façon incontrôlable, son genou frottant douloureusement contre le mur, à lui en arracher la peau et faire couler le sang.
— Putain, putain…
— Mmm, sale, immonde petite pute, je n’arrive pas à croire à quel point ton cul est serré.
Corey arbora un large sourire de satisfaction, car il était fier de ce fait et c’était des compliments qui revenaient assez fréquemment.
— C’est vrai, dit-il. Baise mon petit cul, espèce d’enfoiré. 
Il connaissait le nom de l’homme, mais il ne lui ferait pas le plaisir de l’utiliser. Il adorait toujours quand Corey hurlait son prénom.
Les mouvements de son amant le soulevaient presque du sol, l’empalant un peu plus profondément à chaque coup de reins.
— Comme ça ?
— Mon Dieu, oui. Ne t’arrête pas. 
Corey trembla de tout son corps, agrippant durement son sexe, au bord de l’orgasme.
Son amant ne cessa pas. Ses va-et-vient devinrent plus saccadés, plus virulents. Quelque chose glissa autour du cou de Corey : un morceau de tissu imprégné de son propre parfum. Corey avait déjà expérimenté l’asphyxie dans le passé avec d’autres partenaires, et cela se terminait généralement avec un orgasme ravageur. Il siffla d’excitation alors que la pression du tissu autour de son cou s’accentuait et que sa délivrance implosait en lui en un giclement de chaleur blanche et brûlante.
— Sale petite pute, cracha vicieusement son partenaire au creux de son oreille. Je t’ai offert chance après chance et tu m’as laissé tomber. C’est terminé.
Le coton mordit son cou et Corey jouit dans un cri, éjaculant glorieusement contre le mur de briques. Il remonta sa main, essaya d’enfouir ses doigts sous le tissu alors qu’il revenait de son orgasme et que sa vision commençait à s’obscurcir dangereusement.
Non. Ç a va trop loin, trop loin.
Le lien improvisé s’incrusta si profondément dans sa peau que pendant un moment, Corey crut qu’il allait le décapiter. Il essaya de crier. Sa langue enflée ressortit alors qu’il frappait violemment le corps qui le retenait contre le mur. Il entendit un grognement derrière lui.
— C’est ça, c’est ça. Oh mon Dieu, oui. 
L’homme le relâcha doucement et Corey glissa le long du mur avant de s’étaler sur le sol .
 

 
Chapitre 1
 
 
 
 
L’inspecteur Zack Stewart claqua la portière de sa voiture sans s’embêter à la verrouiller. Il traversa la parcelle de parking en évitant les flaques de vomi et les quelques préservatifs usagés, puis présenta son badge à l’agent de sécurité le plus proche de la porte qui lui grogna quelque chose d’incompréhensible, à peine sorti du sommeil. Le policier lui fit un signe de la main et passa au-delà de la banderole en plastique jaune jusque dans le club sombre et moite.
Pendant un instant, il se figea, cligna des yeux, le regard rivé sur les profondeurs de l’ Inferno , le premier –, mais également le seul – club gay de Moonlight Cove.
Qu’une petite ville de la taille de Moonlight Cove – perdue quelque part entre Dana Point et San Clemente dans la petite portion de route au sud du littoral d’Orange County – ait un quartier gay était une source de grande fierté pour ses habitants LGBT. Bien entendu, cela ne s’étendait qu’à un petit peu plus de cinq bars, mais c’était leur endroit, là où s’affichait le drapeau de leur identité sexuelle.
Le premier night-club du quartier, l’ Inferno , fermait à cinq heures du matin la majeure partie du temps. Il disposait d’une politique d’acceptation stricte et la nuit, il ne fonctionnait le plus souvent que grâce aux hommes uniquement. De grandes célébrités y allaient, on y remettait des prix pour des concours de nuit. Le club était le sujet de conversation de la ville, mais Zack n’y avait jamais mis les pieds.
La nuit du samedi, cela paraissait toujours bondé et en mouvement. L’endroit était décoré comme une reproduction de l’Enfer – tout de noir et de rouge, des flammes léchant le bord des murs et le haut des escaliers en spirale, une fresque dépeignant les neuf cercles de l’Enfer accompagnée de certaines citations de l’Enfer de Dante. D’autres paysages montraient des hommes nus entrelacés dans diverses positions sensuelles et explicites qui échauffèrent le sang de Zack.
La porte avant avait dû être bouclée pour éviter que quiconque n’entre ou ne sorte, mais c’était toujours la même ambiance que d’habitude à l’intérieur – des pistes de danse bondées, des danseurs à moitié nus sur les podiums et des exhibitions sexuelles gratuites dans tous les coins. Zack déglutit et tenta de rester calme et détaché alors qu’il apercevait sa collègue avec soulagement. Il s’empressa de venir la saluer.
— Bon sang, Claire, il est quatre heures du matin !
— La nuit ne fait que commencer, répliqua la jolie inspectrice blonde avec ironie. Un homicide dans la ruelle arrière, un homme blanc. 
— Je te suis. 
Certainement une querelle d’amoureux, un peu trop d’alcool, une bagarre au bar par jalousie, ce genre de choses. C’est ce que pensa Zack tandis qu’il suivait Claire à côté de la piste de danse et le reste des pièces, puis le long du couloir jusqu’à la sortie de secours. Zack plissa les yeux face aux projecteurs installés un peu plus haut. Le périmètre de la scène de crime était bouclé et des hommes en combinaisons blanches déambulaient autour.
— Claire, Zack, appela le médecin légiste en se levant.
C’était un homme robuste d’une soixantaine d’années, brusque et pertinent, mais particulièrement bon dans son travail. Les morts suspectes n’étaient pas fréquentes à Moonlight Cove et lui faisait généralement frotter ses mains avec jubilation.
— Eric, dit Zack, les yeux rivés sur la fine silhouette blonde étendue sur le sol. Que pouvez-vous nous dire ?
— Tout d’abord qu’il s’agit d’un homme blanc de près d’un mètre quatre-vingts et de cinquante-cinq kilos. Il est mort aux environs de deux heures du matin. D’après son permis de conduire, il s’appelle Corey Breton et il a vingt-sept ans. Il y a de l’argent dans son portefeuille, sa montre est toujours autour de son poignet, et son portable est éteint.
Zack s’accroupit près de la tête de la victime, observant ses traits enflés et congestionnés.
— Il y a des traces de ligature autour de son cou, il a été étranglé par-derrière, expliqua Eric. Il semblerait que le sous-vêtement à côté de lui soit l’arme du meurtre.
— Son propre sous-vêtement ? demanda Claire en fixant le tissu blanc.
— Je crois bien. Les légères empreintes d’élastique autour de ses hanches indiquent qu’il en portait un.
— Il a été violé ? 
— Je n’en suis pas encore certain. Il y a pas mal de sang. Je ferai un examen approfondi au centre-ville, mais le tueur portait un préservatif et il y a des traces de lubrifiant autour de son anus. Ce n’est pas de cette façon que procèdent les violeurs en général. Et il n’y a pas que ça… il y a du sperme sur le mur.
Claire et Zack échangèrent un regard.
— Il a joui avant de mourir ? demanda la femme.
— Oui. La poussière de brique sous ses ongles prouve qu’il a été maintenu contre le mur pendant l’acte sexuel.
Zack fixa le corps d’un air pensif.
— Du sexe brutal qui aurait mal tourné ? Il a essayé de jouir avec un peu d’asphyxie et son partenaire l’a tué accidentellement ?
— Possible, répondit le médecin.
— Je vais inspecter les lieux. 
Claire se releva et s’éloigna, ouvrant le clapet de son téléphone
Zack jeta un œil à la scène de crime. Le sol était sec, aucune empreinte de pas. Il se rapprocha du mur en se demandant si les briques rugueuses auraient pu déchirer certaines fibres des vêtements du tueur. Chaque chose en son temps. Il fallait laisser les experts de la police scientifique faire leur travail et il ferait le sien. Mais il était quatre heures du matin et il pouvait à peine voir clair.
De retour à l’intérieur de la boîte après être passé par les toilettes, il aperçut une policière en uniforme en train de réconforter un jeune homme en larmes.
— Je suppose que c’est vous qui avez trouvé le corps ? l’interrogea Zack.
L’homme leva ses yeux bleus gonflés. Il avait environ vingt ans et il était plutôt attirant d’une certaine façon. Il se mit debout, observa ouvertement Zack et lui offrit un sourire triste.
— Oui. Il y avait la queue aux toilettes, alors je suis sorti pour pisser. J’ai presque trébuché sur lui.
Il renifla et essuya son nez du dos de sa main.
— C’est tellement horrible.
— Vous avez vu quelqu’un ?
— Non. 
— Très bien. Dites ce que vous savez aux agents et nous vous contacterons si nous avons de nouveau besoin de vous. 
L’homme acquiesça et Zack retourna dehors. Il plissa les yeux alors qu’il marchait sous un projecteur. Doucement, il releva la tête et son regard tomba sur une caméra au-dessus de la sortie de secours. Zack sourit.
 
 
Il s’était débrouillé pour poser la main sur une tasse de café et regardait le sac mortuaire se refermer sur le cadavre lorsque Claire le rejoignit.
— Il a un casier judiciaire, dit-elle. Deux arrestations pour possession de drogue – de la méthamphétamine – avec l’intention de la vendre. Trois arrestations pour corruption. Des condamnations avec sursis ou une amende chaque fois.
Zack but une petite gorgée de son café.
— Donc, le vol n’était pas le mobile, à moins qu’il ait eu une réserve sur lui que le tueur a emportée. Mais ils ont eu des relations sexuelles ensemble et peut-être que la victime était consentante. Les choses ont sans doute dégénéré ?
— Possible, dit Claire. Tu as repéré le système de vidéosurveillance ?
— Oui. Allons voir le gérant.
 
 
Quelques mots échangés avec le gérant du bar, Anthony, les conduisirent en haut des escaliers jusqu’à l’étage du dessus. Plusieurs paires d’yeux d’hommes envahissant les marches fixèrent Zack pendant qu’il grimpait. Il rougit en sentant les regards affamés qui examinaient chaque partie de son anatomie. Alors qu’il atteignait le balcon du deuxième étage, Claire lui dit en souriant :
— Tu as quelques admirateurs. 
Zack pratiquait la musculation trois fois par semaine et prenait soin de lui, ses cheveux sombres étaient coupés régulièrement, son visage était toujours rasé de près, mais tous ses efforts étaient vains : il était marié à son travail. S’il y avait bien une chose qu’il n’avait pas encore révélée à quiconque au boulot, c’était que, parmi ces hommes qui l’avaient fixé, il en avait trouvé certains attirants et qu’il avait dû se faire violence pour ne pas les regarder aussi. Il n’était pas prêt pour faire son coming-out. Quel était l’intérêt pour lui de s’attirer des problèmes quand il restait célibataire de toute façon ?
Anthony les guida le long du palier suivant et jusqu’en haut d’une deuxième volée de marches, là où on pouvait lire Privé. Membres du personnel uniquement. Il frappa à la porte et l’ouvrit après qu’une voix profonde leur ait répondu d’entrer. Claire le remercia. Anthony s’éloigna non sans avoir jeté un regard par-dessus son épaule et fait un clin d’œil à Zack.
— Je n’en reviens pas ! s’exclama Claire alors qu’il entrait dans le bureau incroyablement bien décoré. Tous les hommes de cet endroit seraient prêts à se battre pour toi !
— Tais-toi, lui intima Zack en rougissant avant d’arranger sa cravate et de reporter son attention sur l’homme se tenant derrière son bureau.
Le propriétaire de l’ Inferno était proche de la quarantaine, plus grand que Zack – environ un mètre quatre-vingt-quinze – large d’épaules avec un physique si musclé qu’il abîmait presque son costume sur mesure. Ses cheveux étaient d’un noir de jais et plaqués à l’arrière de son satané beau visage. Zack le fixa. Il ne pouvait pas imaginer meilleure personne pour posséder l’ Inferno . L’homme ressemblait à Lucifer lui-même.
L’ange déchu contourna son bureau – en boitillant légèrement, remarqua Zack – et l’immensité de son corps domina instantanément la pièce. L’homme regarda ses deux invités, son regard s’attardant plus longuement sur Zack.
— Inspecteurs, je suis Dante Jardine
— Je suis l’inspectrice Keaton et voici mon partenaire, l’inspecteur Stewart, les présenta Claire.
Dante leur serra les mains de sa poigne ferme et solide, admirant Zack de ses étonnants yeux violets.
Le policier s’assura de retirer sa main le plus vite possible sans pour autant paraître grossier. Il se sentait étrangement intimidé et il n’aimait pas cela.
— Vous êtes au courant pour le meurtre ?
— Je vous en prie, asseyez-vous. 
Dante fit un geste de la main vers les deux fauteuils disposés en face de son bureau et attendit qu’ils prennent place avant de retourner s’installer sur son propre fauteuil.
— Oui, je suis au courant. Une affaire épouvantable.
— Je m’attendais à vous trouver en bas, dans la ruelle, pas en train de vous cacher ici dans votre bureau, fit remarquer Claire.
— Oh non, je ne voulais pas piétiner toute votre scène de crime. Je suis bien plus en sécurité ici.
Dante parlait d’une voix douce et calme. Il souriait nonchalamment, loin d’être sadique et bien que ses lèvres sensuelles tendent son grain de beauté, son sourire n’était pas sincère.
Zack sentit les poils de son corps se hérisser. Avant qu’il puisse ouvrir la bouche, Claire se leva et remit son téléphone à Dante.
— C’est la victime. Vous le connaissez ?
Dante n’y toucha pas et regarda à peine la photo.
— Pas vraiment. C’était un habitué. Je l’ai déjà vu traîner autour du club.
— Vous savez quelque chose à son sujet ?
Dante haussa un sourcil, l’air moqueur.
— Vous voulez dire à propos de son style de vie ? C’était une sale petite pute qui vendait des stupéfiants.
Zack lui lança un regard noir.
— Vous ne devriez pas dire du mal des morts.
Dante parut se calmer.
— Pardonnez-moi. Il ne méritait pas de connaître une fin aussi horrible.
Claire prit de nouveau le relai. Il était clair qu’elle pouvait ressentir l’aversion et la frustration de Zack.
— Donc, vous l’autorisiez à vendre de la drogue et à racoler pour ses affaires dans votre propre club ?
— Bien sûr que non. Il était entièrement fouillé chaque fois qu’il venait ici. Il n’a pas été pris avec quoi que ce soit sur lui depuis un bon moment. 
— Pourquoi ne pas l’avoir simplement exclu ?
Dante haussa les épaules.
— Je n’en sais rien.
Comme si c’était vrai, pensa Zack avec colère. Il y avait mieux à faire que de rencontrer le patron. Il remarqua une petite télévision posée sur une table dans l’angle de la pièce, diffusant une retranscription en noir et blanc de la ruelle en bas des escaliers.
— C’est votre système de vidéosurveillance ? 
— Oui. 
— Qui le regarde ? Seulement vous ? 
— En général, oui.
— Vous voulez dire que votre équipe de sécurité n’y a pas accès durant la nuit ?
— Je ne pense pas que ce soit nécessaire.
D’après le ton qu’il employait, le propriétaire du club était blasé, presque ennuyé.
Zack serra les dents.
— J’ai une faible opinion des mesures de sécurité que vous avez ici. À dire vrai, elles sont insuffisantes. Peut-être que j’en toucherai deux mots à quelques personnes que je connais.
Dante pâlit, ses yeux se plissèrent.
— Êtes-vous en train de me menacer ? 
— Non. Où étiez-vous ce matin aux environs de deux heures ? 
— Ici, cracha Dante entre ses dents.
— Quelqu’un peut-il en témoigner ? 
— Des tas de personnes. J’ai reçu des appels, le gérant du bar est monté, le vigile aussi. On m’a appelé vers trois heures trente pour me dire qu’un corps avait été trouvé.
— Vous êtes resté ici toute la nuit ?
— Non, j’étais en bas, au bar jusqu’à minuit.
Les deux hommes se regardèrent en chien de faïence jusqu’à ce que Claire brise le silence.
— Nous avons besoin de voir les enregistrements des caméras de surveillances depuis l’ouverture du club.
Dante poussa son fauteuil vers l’arrière et se leva.
— Faites-vous plaisir.
Il se dirigea vers le bureau où la télévision était installée et rembobina la cassette.
— Ça commence à vingt-deux heures. 
Claire et Zack regardèrent l’image noire et blanche d’un cercle de lumière à l’extérieur de l’issue de secours. De temps en temps, on voyait passer des enquêteurs de la scène de crime, facilement repérables dans leurs équipements blancs.
— La caméra ne fait pas un panoramique sur la ruelle ?
— Non. Il n’y a que ça. 
— Votre caméra est installée au-dessus de la porte et elle ne filme que cet endroit ? 
— Oui. Ça fonctionne plutôt bien, non ? C’est censé enregistrer le visage de quiconque essaie d’entrer par effraction dans le club. Et en même temps, je suis persuadé que cela va nous montrer le visage de votre meurtrier. S’il n’y a rien d’autre, je vous laisse vous débrouiller.
— Oh non, dit Zack en traversant la pièce. Vous pouvez rester ici pendant que nous regardons. 
Dante le fixa du haut de sa grande taille. Ils étaient si proches que Zack put sentir le parfum épicé et enivrant de son eau de Cologne. En dépit de sa volonté, il sentit un élan d’excitation.
— Prenez un siège, Monsieur Jardine, lui commanda-t-il avant de lui tourner le dos.
Claire était déjà assise devant la télévision et avançait la cassette en accéléré. Zack se pencha sur le bureau de Dante et regarda aussi, tout en retenant un bâillement. La cassette avançait à bonne allure, mais cela restait un calvaire de regarder un petit cercle de lumière pendant quatre heures.
Claire se redressa lorsqu’une forme noire apparut furtivement près de la porte, causant du bruit aux alentours.
— Un chat cambrioleur ? plaisanta-t-elle en jetant un œil à Zack par-dessus son épaule.
Il lui répondit par un regard furieux sans rien dire, pas vraiment d’humeur.
Alors que l’image sur l’écran affichait presque deux heures du matin, quelque chose arriva. Claire fit pause et rembobina un peu avant de remettre en route. Mais la situation était tout aussi évidente en mode lecture. Soudain, une ombre tomba sur le cercle de lumière avant que la caméra soit plongée dans l’obscurité.
Zack fixa l’écran.
— Ce fils de pute a posé quelque chose sur l’objectif. Il savait qu’il y avait une caméra. 
Il se retourna pour regarder Dante.
— Et vous me regardez pour quoi exactement ? demanda ce dernier. Suis-je accusé de quelque chose ? 
— Y a-t-il une issue de secours qui donne sur la ruelle à cet étage ? 
— Oui. Au bout du couloir. 
— L’avez-vous déjà utilisée ?
L’expression de Dante se glaça.
— Non. Pourquoi l’aurais-je fait ? Je suis fatigué de cet interrogatoire, Inspecteur. Dois-je appeler mon avocat ?
Zack haussa les épaules.
— Si vous ressentez le besoin d’en avoir un. 
Les deux hommes se fixèrent.
Claire intervint calmement.
— Ce ne sera pas nécessaire, Monsieur Jardine, nous posons simplement des questions, c’est tout. 
Elle envoya un avertissement à Zack à l’aide de son regard.
— Et si nous regardions à quelle heure la caméra a été découverte ? 
Zack reporta son attention sur la télévision. Claire accéléra la cassette une nouvelle fois jusqu’à ce que l’objet masquant l’objectif soit enlevé, à deux heures quinze.
— D’accord, donc notre assassin est retourné à l’intérieur du club à deux heures quinze. Quelqu’un a dû le voir revenir.
— Pas forcément, répliqua Dante. Il y a une entrée dans le couloir jusqu’à la sortie de secours depuis la backroom. S’il est revenu en utilisant ce chemin, personne ne l’a remarqué. C’est comme qui dirait, euh, sombre là-dedans.
Zack se redressa et se tourna. Il regarda longuement Dante.
— La backroom ? Ai-je envie de savoir ce qui s’y passe ?
Dante eut un petit sourire narquois, une lueur séductrice manifeste dans ses yeux violets.
— Je ne sais pas. Vous en avez envie, Inspecteur. ?
Zack crispa la mâchoire.
— Avez-vous une caméra de surveillance dans cette pièce ?
— Ne soyez pas ridicule, répliqua Dante avec mépris.
— Dans le couloir, vers la sortie de secours ?
— Non.
— Très bien, ça suffit. 
Zack se dirigea vers la porte et l’ouvrit violemment.
— Vous pouvez nous balader autant que vous le voulez, Monsieur Jardine, je ne suis pas dupe, dit-il.
Claire lui courut après.
— Qu’est-ce que tu fais ?
— Je vais chercher des témoins. 
Zack descendit les escaliers, la mâchoire serrée. Il jeta un coup d’œil dans son dos, vers le troisième étage, là où Dante se tenait à la rampe d’escalier, blême et énervé.
— Inspecteur, si vous me faites perdre de l’argent, je jure que je vous intenterais un procès qui vous fera perdre jusqu’à votre dernier cent.
— Malheureusement, vous ne gagnerez pas grand-chose, rétorqua Zack.
Il poursuivit son chemin jusqu’au prochain palier avant de rejoindre le rez-de-chaussée, où il observa la piste de danse un moment.
— Là-bas, cria-t-il à l’intention de Claire, assez fort pour couvrir la musique assourdissante, en lui indiquant une porte noire.
Zack défonça la porte. Il fut d’abord assailli par l’obscurité de la pièce puis par la chaleur et l’odeur de sueur. Ensuite, ce fut le bruit. Sans prévenir, les poils de sa nuque se hérissèrent et son sexe s’éveilla. Il tira une petite lampe hors de sa poche, l’alluma pour arpenter l’obscurité et se mit à élever la voix.
— Je suis l’Inspecteur Stewart de la Police de Moonlight Cove. Il y a eu un meurtre dans la ruelle à côté du club, juste derrière cette pièce. Nous sommes à la recherche de témoins. 
Il s’arrêta, la bouche ouverte de stupéfaction devant certaines scènes éclairées par sa lampe.
— Bon sang, Zack, grommela Claire derrière lui.
Dans tous les coins de la pièce, contre chaque mur, des couples étaient entrelacés, à se sucer et à baiser. Zack eut l’impression d’être tombé dans une orgie romaine. Il n’avait jamais rien vu de semblable dans sa vie, mais après tout, il n’avait jamais mis les pieds dans un endroit comme l’ Inferno auparavant non plus.
— Inspecteur, dit une voix acerbe dans son dos. En avez-vous vu suffisamment ou voulez-vous que je fasse quelques photos que vous pourrez emporter chez vous ?
Zack pivota et chargea vers lui. Il agrippa la veste de Dante et le fit reculer jusqu’à le plaquer contre le mur, ignorant Claire qui le suppliait de le laisser partir.
— Vous et moi allons remonter dans votre bureau et avoir une petite discussion. Nous reprendrons tout depuis le début, siffla-t-il au visage de Dante entièrement éclairé par sa lampe. Et vous feriez mieux de me donner une bonne raison de ne pas vous faire mettre la clé sous la porte sur-le-champ.
Dante se tint tranquille sous sa poigne, cependant une lueur effrayante brilla dans ses yeux, ses pupilles dilatées réduites à deux petits points.
— Je ferais mieux d’appeler mon avocat finalement.
— Faites donc, cracha Zack avant de le relâcher et de quitter la backroom.
Claire l’intercepta à côté de la piste de danse.
— Bon sang, mais que fais-tu ? hurla-t-elle par-dessus la musique. Tu le crois vraiment responsable de tout ça ?
— Je n’en sais rien. 
Zack avait le souffle court, il passa une main furtive dans ses cheveux, un peu perturbé par le contrecoup de l’adrénaline. Bon sang, ces choses qu’il avait vues…
— Pas toi ?
— Pas vraiment. Il devrait avoir de sacrées bonnes motivations pour commencer à tuer sa clientèle.
— Et pourtant, quelqu’un a été tué et il n’en a rien à faire.
— Il est simplement insensible. Cela ne veut pas dire qu’il est coupable. Tu as mal agi dans la backroom, tu le sais. 
Zack la regarda un moment. Il ne s’embêta même pas à nier cette accusation.
— Tu devrais rentrer. Je vais boucler l’affaire ici pour ce soir.
— Non.
— Si. Ce type va être défendu de tous les côtés par ses avocats et qu’aurons-nous gagné ? Rien. Je vais limiter les dégâts et tu vas prendre un bon sommeil réparateur.
Zack soupira longuement.
— Je veux un rapport complet sur les antécédents de ce salopard. Je veux les vidéos de surveillance qui couvrent l’issue de secours qui mène à son bureau jusqu’à la ruelle, c’est compris ? Il dit qu’il n’est jamais descendu là-bas. Nous verrons si c’est le cas grâce aux empreintes et aux fibres. Et je veux que toutes les bennes à ordures soient fouillées pour retrouver le préservatif du tueur.
— Oui, compris. Maintenant, va-t’en.
Zack lança un regard vers les escaliers. Dante se tenait debout sur le palier du troisième étage et le regardait, une expression indéchiffrable sur le visage.
— Bonne nuit, dit Zack à Claire.
Elle lui tapota l’épaule.
— On se voit dans la matinée. 
 
 
— Votre collègue est un fou furieux, fulmina Dante lorsque Claire arriva en haut des escaliers en remettant son portable dans sa poche.
Elle haussa les épaules. 
— Il est fatigué, surmené. 
— C’est censé l’excuser ? 
— Pouvons-nous discuter ? 
— Oui, si vous n’avez pas l’intention de m’accuser d’un meurtre sans bonne raison. Il doit me rester du café. 
 
 
Le café de Dante était à son image – chaud, noir et intense. Si Claire n’avait pas tout de suite compris qu’il était homosexuel – avait-on déjà vu un hétéro diriger une boîte de nuit gay ? –, elle se serait bien laissée tenter, qu’il soit insensible ou pas.
— Donc… commença-t-elle en réchauffant ses mains contre la tasse.
Non pas qu’il fasse froid dans le bureau confortable de Dante, mais la fatigue la faisait toujours frissonner.
— Concernant le comportement de mon collègue… 
— C’est un connard, la coupa Dante.
Claire ne le contredit pas. Elle travaillait avec Zack depuis deux ans. Il était très secret sur sa vie personnelle, certes, mais c’était loin d’être un connard.
— Comme je le disais… Peut-être que vous devriez essayer de voir les choses de son point de vue. Vous agissez comme si vous n’en aviez rien à faire de ce jeune homme mort dans votre bâtiment. 
Pour la première fois, Dante parut honteux.
— J’étais sous pression. Le club vient juste d’ouvrir, cela a été un travail de longue haleine.
Claire se pencha en avant.
— Que faisiez-vous auparavant ? 
Un sourire en coin fissura le visage figé de Dante.
— J’étais policier à Long Beach. Dans la brigade des mœurs.
Claire en resta bouche bée.
— On m’a tiré dessus pendant une mission. Mon partenaire a été tué. J’ai décidé d’arrêter.
Sa façon de boiter.
— Cela explique beaucoup de choses, dit-elle.
— Vraiment ? 
— Oui. Votre… manque d’empathie.
Le sang monta légèrement aux joues pâles de Dante.
— Oui, eh bien, j’ai appris à me contenir. Certaines choses que j’ai vues… 
Il détourna le regard et ses lèvres se réduisirent à une ligne fine.
Pendant un moment, le silence devint pesant. Claire profita de ce temps pour se réprimander furieusement d’être encore plus attirée par cet homme qu’elle ne l’était lors de leur première rencontre. Elle se racla la gorge.
— Nous devons parler de ce que nous avons vu dans la backroom, Monsieur Jardine.
Dante reporta son attention sur elle.
— Inspecteur, les hommes de Moonlight Cove travaillent dur. Ils ont le droit de se laisser aller là où personne ne pourra les juger ou leur dire que ce qu’ils font est mal.
— Ce sont des intentions louables, mais ce qui se passe en bas, c’est de la pornographie.
Dante haussa les épaules.
— Ça, c’est la définition que vous en faites. Personne n’est blessé. Je m’assure qu’il s’agisse de relations consentantes et protégées. 
— Qu’est-ce que vous faites ? Vous descendez dans cette pièce et vous surveillez chaque queue ? 
La bouche cruelle de Dante se fendit en un rictus sournois.
— C’est drôle, je n’arrivais pas à comprendre pour quelle raison votre collègue semblait si remonté alors qu’il est clair que cela l’a excité.
Les joues de Claire s’empourprèrent. 
— Je vous demande pardon ?
Elle savait où il voulait en venir. Un sentiment semblable à de la colère l’envahit lorsqu’elle se rendit compte qu’un inconnu paraissait savoir une chose sur Zack qu’il ne lui avait jamais dite en deux ans de partenariat.
Dante s’adossa dans son fauteuil.
— Pardonnez mon indiscrétion.
— Trop grande indiscrétion, lâcha Claire. Revenons à notre affaire. J’exige la fermeture de la backroom.
Dante secoua la tête.
— Vous êtes là pour enquêter sur un meurtre, Inspecteur, et je vous offrirai toute l’aide dont vous avez besoin, mais s’il vous plaît, laissez-moi gérer mon club comme je l’entends. Je n’enfreins aucune loi.
— Attentat à la pudeur ? Vous avez travaillé à la brigade des mœurs et vous me soutenez que vous n’êtes pas à la tête du lieu de débauche qu’il y a en bas ?
Claire fut décontenancée par le large sourire de Dante. Ses dents étaient parfaites et d’un blanc nacré, mais elles semblaient naturelles. Son sourire rendait ses yeux d’autant plus brillants. Pendant un instant, il parut presque humain et mon Dieu… elle avait envie de lui.
— Vous m’avez l’air très vieux jeu, Inspecteur. Nous sommes au vingt et unième siècle et certains hommes aiment d’autres hommes, c’est comme ça.
— Ce n’est...

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