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Jeu d'illusion , livre ebook

280

pages

Français

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2024

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Angleterre, 1817. Depuis le décès de son frère, Elizabeth Thurstand est déterminée à retrouver ses meurtriers pour les faire traduire en justice. Se faisant passer pour Miss Thomas, une riche héritière, elle se rend à Londres, où réside Raleigh Prescott, son principal suspect. Elle entreprend de tisser une toile séductrice et justicière autour de lui. Ancien corsaire et capitaine de marine marchande, Adrian Prescott, comte de Southampton, est désormais un armateur respecté et assume avec sérieux les responsabilités inhérentes à son rang. Habitué à couvrir les frasques de son frère, le comte se tient sur ses gardes lorsque Raleigh entend lui présenter sa dernière conquête. Il se demande quelle jeune fille respectable accepterait de s’afficher au bras de son sulfureux cadet. Lors de leur rencontre, Elizabeth et Adrian ignorent leurs identités respectives. Entre eux, l’attirance est immédiate.
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Date de parution

16 novembre 2024

EAN13

9782384720712

Langue

Français

STÉPHANIE BELOT
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
« Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur ou l’éditeur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayant droit ou ayant cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. »
 
©StéphanieBelot
 
ISBN numérique : 978-2-38472-071-2
ISBN papier : 978-2-38472-072-9
Édition : Plumes de Mimi éditions, 122 rue de l’Argonne, 62117 Brebières.
Siret : 84469800100014
Dépôt légal : 11/2024
 
Table des matières
 
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Remerciements

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
À mes parents, qui m’ont donné des racines.
À mon mari, à mes enfants, à mes amis, qui m’ont offert des ailes.
À la petite fille que j’étais et qui n’a jamais cessé de rêver...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Chapitre 1
 
 
Angleterre, comté du Wiltshire, paroisse de Landford.
4 avril 1817 .
 
Elizabeth Thurstand guidait habilement son cheval à travers la forêt jouxtant Fairland, la modeste propriété familiale. Il fut un temps, elle appréciait tout particulièrement de se promener dans ces sous-bois. À présent, elle devait littéralement se faire violence pour y revenir. Chaque jour, depuis le drame, elle retraçait néanmoins invariablement le même parcours que ce matin maudit... Mais, malgré tous ses efforts pour exorciser ses démons, elle ne pouvait encore se résoudre à pousser ce pèlerinage jusqu’à la clairière s’étendant au-delà de ces frondaisons.
Son chagrin, toujours à vif, l’empêchait de trouver la paix.
Avec sa faune et sa flore luxuriantes, les lieux s’y prêtaient pourtant. Dressé au beau milieu de la lande, cet endroit était sans doute fidèle à l’idée que certains se font du Paradis. En été, le vent faisait chanter les feuilles des arbres majestueux et le bois devenait un havre de fraîcheur pour ses visiteurs. En automne, la végétation se parait de mille et une couleurs… Une palette à faire pâlir d’envie le plus talentueux des peintres ! Quand à son tour, l’hiver pointait le bout de son nez, le sol ne tardait pas à se tapisser d’un épais manteau blanc et la forêt, silencieuse, prenait des airs de sanctuaire.
Indéniablement, cependant, le spectacle préféré d’Elizabeth avait toujours été celui qu’offrait le printemps… lorsqu’après un long sommeil, la nature s’éveillait enfin. La neige fondait lentement et contribuait à alimenter la rivière parcourant les comtés voisins de Wiltshire et de Hampshire. Les feuilles d’un vert éclatant s’unissaient pour former des arches d’émeraudes jusqu’à la cime des arbres. Heureux de ces conditions plus clémentes, les oiseaux chantaient de nouveau à tue-tête, les biches s’apprêtaient à donner naissance à leurs petits…
Fermant les yeux, Elizabeth tenta de se concentrer sur ces bruits familiers, de s’imprégner de cette vie qui reprenait… En vain. La vie , songea-t-elle alors avec douleur en rouvrant les paupières, le printemps n’en était pas toujours porteur… 
Ses doigts se crispèrent sur ses rênes.
Ne pouvant lutter davantage contre la nécessité de rebrousser chemin, la jeune femme ne tarda pas à s’extraire de ces ramages devenus trop oppressants et intima ensuite à son cheval une allure soutenue.
À la voir ainsi filer dans la campagne anglaise, juchée à califourchon et toutes jupes relevées, on aurait pu croire qu’elle se souciait bien peu de sa propre vie et provoquait ouvertement le destin. Mais il n’en était rien. Miss Thurstand était en réalité une excellente cavalière. Une initiation et un goût qu’elle tenait de son frère aîné. Sur le dos de son fidèle étalon, la jeune femme goûtait le rassurant pouvoir d’être en mesure de maîtriser sa monture, à défaut de maîtriser le cours de son existence...
Comme elle parvenait au bord de la rivière, Elizabeth tira doucement sur les rênes et mit son cheval au pas.
 
— Là, Twig… c’est bien mon joli, susurra-t-elle à l’oreille de l’animal en flattant d’une main son encolure humide de sueur.
 
Lorsque John, son cher frère, lui avait offert cet étalon pour son vingtième anniversaire, elle avait trouvé cela amusant de lui choisir un nom aux antipodes de son physique. Assurément tout en muscles et en puissance, le majestueux cheval — d’un noir aussi profond que la nuit — n’avait strictement rien d’une frêle brindille !
Un sourire mélancolique accroché à ses lèvres, Elizabeth se laissa glisser à terre. Quand elle avait découvert cet incroyable présent, elle avait sauté au cou de son frère. Comme ceux d’un petit garçon, les yeux onyx de John s’étaient alors mis à pétiller de joie. Il était si heureux de lui faire ce plaisir… se souvint-elle, la gorge nouée par l’émotion.
Elle-même était si fière de cette marque de confiance qu’elle avait insisté pour demeurer jour et nuit auprès de Twig. En charge de son éducation depuis le décès de leurs parents, John — qui savait depuis longtemps son entêtement — avait cédé à son caprice. Finalement, elle s’était vite aperçue que rien ne valait le repos qu’offrait un bon lit pour avoir l’énergie nécessaire pour s’occuper de son étalon. Et Dieu sait qu’il lui en avait fallu de la ténacité pour venir à bout de ce fougueux animal ! songea-t-elle, cette fois avec amusement.
Mais à force de patience et de douceur, ses efforts avaient largement été récompensés. Maltraité par ses anciens propriétaires qui ne parvenaient pas à le canaliser, l’étalon s’était lentement métamorphosé en un fidèle compagnon. Sir John Thurstand avait tout de suite pressenti cette entente. Dès qu’il avait vu cet animal, le jeune baronnet avait fait fi des avertissements du vendeur et n’avait pas hésité une seule seconde à l’acquérir pour Elizabeth.
Une main sur les rênes de Twig, la jeune femme le guida jusqu’à la rive et le laissa se désaltérer. Puis sans égard pour sa jupe de coton noire, elle s’agenouilla à ses côtés avant de plonger les doigts dans la bienfaisante fraîcheur de l’eau.
La chaleur était incroyablement écrasante pour un début d’avril. Décidément, le temps semblait soumis à d’étranges caprices… Voici des mois que le froid rigoureux de l’hiver répercutait ses frimas sur les belles saisons — des années même qu’on n’avait pas connu de véritable été ! — et, subitement, le soleil brûlait de ses rayons la terre et les Hommes. À croire que les éléments climatiques revendiquaient leur part aux désordres politiques et économiques qui secouaient en ce moment l’Angleterre !   grimaça Elizabeth.  
Après un coup d’œil alentour pour s’assurer qu’elle était bien seule, la jeune femme défit les premiers boutons de son corsage. Elle avait commis l’erreur de conserver une tenue féminine et ses multiples dessous lui faisaient amèrement regretter d’avoir cédé à son envie de monter sans avoir pris le temps d’enfiler des vêtements masculins plus légers et plus confortables.
Plaçant ses mains en coupe, elle humidifia son visage brûlant et laissa l’eau ruisseler dans son décolleté avec un soupir d’aise. Twig émit dans le même temps un long hennissement qui fit sourire sa maîtresse.
 
— Eh bien, quoi ? Tu ne vas tout de même pas me reprocher ce petit plaisir… Crois-moi, une telle occasion ne se présentera pas de sitôt à Londres !
 
Comme s’il avait compris, l’étalon secoua son immense tête avant de la frotter contre l’épaule d’Elizabeth.
 
— Oui… toi aussi, tu vas me manquer, murmura-t-elle en lui grattant affectueusement le chanfrein. Mais je ne peux pas t’emmener avec moi, tu ne serais pas heureux là-bas. Tu sais, je n’y vais pas non plus de gaieté de cœur…
 
Comme toujours lorsqu’elle était contrariée, ses yeux d’un joli bleu fumé prirent soudain la nuance grise d’un ciel d’orage. Toutefois, ce n’était plus la tristesse qui l’animait, mais bien une sourde colère.
Sensible aux émotions de sa maîtresse, l’animal dut percevoir cet infime changement, car il frappa nerveusement le sol de ses antérieurs.
Elizabeth se redressa aussitôt.
 
— Il fait décidément trop chaud ici, rentrons nous mettre au frais, décréta-t-elle avant de se hisser avec agilité sur le dos de Twig.
 
 
Sur le chemin du retour, la jeune femme ne put s’empêcher de songer à nouveau mélancoliquement aux jours heureux… à ses vingt ans… Il lui semblait que c’était hier, et en même temps, une éternité. Comme si les deux saisons qui avaient suivi étaient passées en un souffle. Si seulement elle avait su qu’il s’agissait des dernières années de bonheur en compagnie de son frère, elle aurait sans doute pris le temps de mieux en profiter.
Tout avait basculé si vite…
Elle aurait pourtant dû se rappeler que la vie n’est jamais toute tracée. Elle aurait dû savoir que le destin pouvait se montrer aussi imprévisible qu’impitoyable ! Ce dernier ne l’avait effectivement jamais épargnée… Si bien qu’à un âge où les jeunes filles se souciaient principalement de se trouver un mari, Elizabeth avait pour sa part la sensation d’avoir déjà connu cent vies, et paradoxalement, de n’avoir pas vécu.
Le point de départ de son histoire

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