Journal d un gentleman - Saison 2 intégrale
151 pages
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Journal d'un gentleman - Saison 2 intégrale

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Description

Plongez enfin dans l'intégrale de la saison 2 de Journal d'un gentleman !
CE TITRE EST AUSSI DISPONIBLE EN VERSION SWEETNESS (SOFT) ;).


Alex, avocat brillant, a tout pour plaire. Entre sa carrière et son charme, rien ne lui résiste. Rien ? C'est du moins ce qu'il pensait avant de LA croiser. Elle, ce parfum, cette silhouette qu'il aperçoit et qui lui résiste. Entouré de Cédric et de Oriane, sa meilleure amie qu'il héberge, Alex parviendra-t-il à la rendre folle de lui, comme il sait d'ordinaire si bien le faire ?



À propos de l'auteur :
Éva vit en région parisienne à deux pas des Champs. Elle a quitté la fac avec une maîtrise de préhistoire en poche et est tombée par hasard dans l'édition. Coup de foudre assuré, elle n'en a pas décroché depuis lors. Éditeur junior, maquettiste puis correctrice et coach littéraire, elle travaille actuellement en free-lance. Dévoreuse de livres depuis sa petite enfance, elle compte à son actif un premier ouvrage publié en 2010... et des tas d'autres en perspective.



À propos de l'éditeur :
Nisha Editions est une maison d'édition spécialisée dans la romance française. Découvrez les autres titres de notre collection Diamant noir sur https://www.nishaeditions.com/diamant-noir/

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Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 03 août 2017
Nombre de lectures 14
EAN13 9782374135700
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0300€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Eva de Kerlan
 
Journal d’un gentleman
Saison 2
L’intégrale
 

 
Nisha Éditions
Copyright couverture : Viorel Sima
 
ISBN 978-2-37413- 570-0


Have fun!

@NishaÉditions


Nisha Éditions
 

Nisha Éditions & Eva de Kerlan

Nisha Éditions
 

www.nishaeditions.com

SOMMAIRE
 
 
 
Présentation


Tome 1 - L’oublier

 
1 – Préparatifs

 
2 – Entre deux feux

 
3 – Une pure folie

 
4 – Irrésistibles pulsions

 
5 – Une nuit agitée

 
6 – Résolutions

 
7 – Jeu, set et match

 
8 – Embarquement immédiat

 
Tome 2 - C’est toi que je veux

 
9 – Une heure

 
10 – Une heure trente

 
11 – Quatre heures

 
12 – Cinq heures trente

 
13 – Six heures trente

 
14 – Sept heures


Tome 3 – Juste toi

 
15 – Un journal, des journaux…

 
16 – Tentations

 
17 – Pris sur le vif

 
18 – Voir la réalité en face

 
19 – La loi des séries

 
20 – Entre gentlemen

 
21 – Une porte entre nous

 
 
Épilogue

 
Extraits
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Tome 1
L’oublier

Préparatifs
 
 
Jeudi 22 août.
 
– Oriane, ma fille, tu es plutôt pas mal, me complimenté-je moi-même en saisissant le petit pinceau.
 
Huit jours que je suis revenue de Vancouver. Huit jours à habiter sous le toit d’Alex, à partager ses soirées et sa salle de bains. Huit jours à occuper son lit – seule, malheureusement. Et première fois que je me prépare aussi sexy.
 
J’achève d’apposer le fard sur mes paupières lorsque j’entends la porte s’ouvrir. Le pas reconnaissable entre mille d’Alex résonne en bas.
 
– Hello, crié-je pour l’accueillir.
 
Je me penche, le temps de saisir mes boucles d’oreille et de les mettre.
 
– Salut, me répond-il.
 
Je prends mon collier et le passe à mon cou, m’admire un moment dans le miroir. Jolie.
 
– Tu m’autorises à monter prendre des habits ? me demande Alex en approchant.
 
Je le sais, car le bruit qu’il fait augmente. Un dernier regard à mon reflet… Je remets une mèche en place derrière mon oreille. C’est mieux.
 
– Oui, lui lancé-je en me détournant enfin. J’ai fini, de toute façon.
– Fini quoi ? me demande-t-il en atteignant l’escalier de la mezzanine.
 
J’étouffe un rire. Me pinçant brièvement les lèvres, je me retourne et m’avance jusqu’au bord des marches, déjà amusée par la réaction que je vais provoquer.
 
– Fini de me préparer.
 
Alex s’immobilise en me voyant. Ses yeux s’agrandissent un peu. Il semble médusé.
 
Gagné.
 
Sauf que je n’avais pas prévu le contrecoup : il est torse nu. Sa peau satinée capte brutalement toute mon attention. Mon regard glisse sur son corps jusqu’à la limite de son pantalon, légèrement descendu sur ses hanches. S’y entrevoit l’esquisse désirable de son bas-ventre, et je suis à distance la ligne de ses muscles qui se rejoignent plus bas, si bas, sous le tissu de son habit, là où… Je remonte brusquement mes yeux vers son torse…
 
Pourvu que je ne rougisse pas !
 
… et les rive à ses pectoraux et à ses biceps, qu’il entretient par une fréquentation assidue du carré de squash. Je souhaite de tout mon être courir m’y blottir. Je rêve que ces bras se referment sur moi et m’isolent de tout le reste. J’imagine que son menton, qu’une courte barbe mange, se pose sur ma tête et que ses lèvres, charnues, pleines, y déposent un baiser… Alex, « mon » Alex... Je cligne des yeux.
 
Son regard me parcourt de bas en haut, s’attarde sur mes bijoux, ma coiffure. J’aime cela.
 
– Quoi ? le questionné-je d’une voix faussement inquiète pour lui cacher le trouble qui m’a envahie.
 
Alex s’ébroue et cesse de me fixer.
 
Dommage.
 
– Heu… rien. Rien, marmonne-t-il en se détournant, la main sur la nuque.
 
Je dévore son dos puissant des yeux en descendant le rejoindre. Si j’osais, je me jetterais sur lui pour l’embrasser et achever de le dénuder. Seulement voilà, je n’ose pas.
 
– Tu es magnifique, continue-t-il sans me regarder. Une sortie prévue ?
 
Si tu savais… C’est avec toi que je voudrais sortir !
 
J’avance la main à le toucher. Est-ce bien raisonnable ? J’en doute. Mais là tout de suite, ça n’a pas d’importance. Il m’attire bien trop… Et toutes ces nuits, si près de lui, tout ce temps chez lui, avec lui… ont été bien trop insupportables.
 
Sa peau est chaude, douce, et je devine la puissance de ses muscles en dessous.
 
– Un rencard, lui réponds-je alors doucement, tout en savourant de le sentir frémir sous ma main.
 
Le mouvement qu’il esquisse pour me regarder brise cet agréable contact et je rencontre son visage surpris.
 
– Quoi ? J’ai pas le droit ?
 
Dis-le-moi, Alex… Dis-moi simplement que non, je ne peux pas, car tu veux me garder rien que pour toi…
 
– Si, si… me répond-il, embarrassé.
 
Et merde !
 
– Je ne savais pas que tu voyais quelqu’un, c’est tout.
 
Ce ne sera pas pour cette fois. Tant pis.
 
Je passe mon doigt sur son torse, refusant de céder à l’envie qui me traverse. Mathias va m’attendre si je ne me dépêche pas.
 
– Je file, lui annoncé-je en mettant fin à cette délicieuse torture.
 
Je saisis mes chaussures, les enfile et rejoins la porte.
 
– Ne m’attends pas !
 
Au moment où elle se referme, je l’entends me crier :
 
– J’ai rencard aussi !
 
Avec Adriana, sans aucun doute.
 
Pincement au cœur. Je dévale les marches, ravalant ma tristesse.
 
 
* * *
 
Je retrouve Mathias à la sortie du métro. Mathias, le charmant jeune homme qui occupait le siège qui m’était destiné dans l’avion qui m’a ramenée ici, il y a près de dix jours désormais.
 
– Ce doit être une erreur informatique, s’était désolée l’hôtesse de l’air.
 
Mathias, en riant, avait proposé de me prendre sur ses genoux. Le hasard avait voulu que le siège à côté reste vide, me permettant d’y prendre place et de lier connaissance.
 
Volubile et charmant, il m’avait questionnée, avait parlé de tout, de rien, de son job, de sa vie, de ses espoirs et écouté mes paroles, mes tristesses et ma lassitude. Il s’était passionné pour le récit de mes expéditions archéologiques et, bien malgré moi, je m’étais sentie attirée par lui. Nous avions patienté ensemble pour récupérer nos bagages et, lorsqu’il m’avait proposé de partager un taxi, je m’étais vraiment sentie désolée de lui annoncer qu’on m’attendait. J’avais désigné Alex du menton, qui me cherchait à l’autre porte de sortie.
 
– Oh. Votre fiancé, avait-il simplement lâché, la voix remplie de déception.
 
J’avais ri.
 
– C’est un peu mon grand frère, en réalité.
 
Mathias, donc, l’homme qui m’avait fait rire, qui a déniché le numéro de mon bureau au centre Michelet pour m’inviter à dîner, se trouve devant moi et m’étreint avec chaleur. Je lui souris en retour, ravie, éloignant Alex de mes préoccupations immédiates et me suspens à son bras.
 



Entre deux feux
 
 
Vendredi 23 août.
 
Je l’avoue : s’il n’y avait Alex dans un coin de mon cœur, je succomberais immédiatement à Mathias. On ne peut rêver soirée plus exquise : attentionné et un brin romantique, il m’emmène dîner sur le pont d’une péniche avant de m’inviter à un petit tour en bateau sur le canal St Martin. Le rêve. Un doux rêve éveillé, qui me laisse tremblante, les mains agrippées aux siennes, tandis que nos lèvres se séparent comme à regret, à l’issue d’un long, long et savoureux baiser. Je réintègre mon corps et la réalité en même temps que mes talons touchent le sol : je m’étais dressée sur la pointe des pieds pour l’embrasser.
 
Mathias me sourit, caresse ma joue, repousse une boucle de cheveux échappée de ma coiffure et m’enlace. Je me serre contre lui. J’aime la virilité qui se dégage de lui, cette sensation de force et de douceur mélangées.
 
Il m’invite à repartir d’un geste et nous remontons ma rue, l’un contre l’autre. « La » rue, plus exactement, celle de l’appartement d’Alex, où Mathias a tenu à me raccompagner. Je presse affectueusement son bras et me love contre son torse. Une soirée exquise, réellement. Il m’en ferait presque oublier Alex…
 
– Ce n’est plus très loin, lui murmuré-je à l’oreille.
 
Il se penche et je lui vole un rapide baiser, me dérobe alors qu’il veut continuer.
 
– Voudrais-tu… monter, pour un dernier verre ? soufflé-je encore.
 
Il rit et m’enlace, m’embrasse.
 
– Tu es divine, me murmure-t-il en chatouillant mon oreille avec son souffle.
 
Nous reprenons notre progression et sa main, caressant mon dos, effleurant ma nuque, dérivant délicieusement vers ma taille et mes hanches, me mène au comble du ravissement. Tout est parfait, absolument parfait, lorsque…
 
– Alex ?
 
* * *
 
Alex. Mon Alex. Découvert errant dans la rue, une bouteille à la main, zigzagant d’un pas mal assuré. Je n’avais pas hésité et m’étais approchée, délaissant brièvement l’homme qui m’accompagnait. Mon ami se parlait à lui-même, incohérent, et semblait ne pas réellement savoir où il était. Il m’avait reconnue cependant, mais paraissait incapable de se prendre en charge. J’avais décidé de m’occuper de lui et de l’aider.
 
Je le contemple, écroulé sur son canapé, complètement ivre, marmonnant d’inintelligibles paroles. Je comprends à demi-mot la rebuffade et la frustration. Mathias m’attend en bas. Il n’a émis aucune objection quand je lui ai imposé d’aider mon ami d’enfance. N’a pas bronché quand je lui ai demandé d’attendre, en bas, pendant que j’aidais Alex à grimper les marches jusque chez lui. C’est un garçon bien. Je ne sais pas si je le mérite et je ne sais pas s’il mérite qu’une fille comme moi s'entiche de lui. Une fille dont le cœur est coupé en deux…
 
– Je reviens, murmuré-je en caressant le front d’Alex.
 
Je le regarde encore un instant, puis je passe la porte. Je dévale les marches et me précipite dans les bras de l’homme qui patiente. Il me reçoit contre son torse. Avec un naturel qui me surprend, je me hausse sur mes orteils et mes lèvres trouvent le chemin de sa bouche.
 
Comme si elles en avaient déjà pris l’habitude.
 
Notre baiser est long et intense. Sa langue explore ma bouche, s’enroule autour de la mienne, tandis que ses mains me parcourent et que ses bras se referment autour de moi, tendrement, protecteurs. Je sens contre mon ventre son sexe durci qui palpite. Je romps ce délicieux baiser, me mords les lèvres, m’écarte à regret. Mathias me contemple, soupire et me relâche, un sourire forcé aux lèvres.
 
– Ça sera pour une autre fois, je suppose, ce verre, essaye-t-il de plaisanter.
 
Je lui adresse un regard et un sourire d’excuse.
 
– Je suis navrée. Mais je ne peux pas le laisser seul dans cet état.
 
Il hoche la tête, les mains dans les poches. On dirait un enfant pris en faute.
 
Adorable.
 
– Je comprends.
– Je suis navrée, répété-je encore.
 
Et dans un élan spontané, je me jette à nouveau contre lui. Je dévore sa bouche d’un fougueux baiser, le serre dans mes bras et finis par poser ma joue contre sa poitrine. Puis je m’échappe tout aussitôt vers la porte de l’immeuble.
 
– Je t’appelle.
– J’y compte bien.
 
Sur un dernier sourire, je le quitte et remonte l’escalier.
 
* * *
 
Et merde !
 
J’essaye en vain d’ouvrir la porte qui me résiste. Fouille ma robe, avant de réaliser qu’elle n’a pas de poches. Je vide ma petite sacoche au sol : il y a tout, sauf mes clés. Évidemment…
 
Magnifique !
 
Voilà que pour couronner le tout, je suis enfermée à l’extérieur.
 
J’ai dû les oublier à côté d’Alex ! Bravo !
 
Résignée, je soupire et ose un coup timide contre la porte. Puis un deuxième, plus fort. Et un autre. Rien ne fonctionne. Alex ne m’entend pas.
 
Ou plus vraisemblablement, il cuve.
 
C’est plus probable, effectivement. Je recommence.
 
Si ça continue, je vais réveiller tout l’immeuble !
 
Je cogne, je l’appelle, plusieurs fois, de plus en plus fort. Je tape sur le panneau, tambourine, joue de la poignée, crie. Sans succès.
 
C’est sûr, les voisins doivent apprécier…
 
Je finis par m’asseoir dos à cette porte, continuant de la frapper du plat de la main et à ânonner le prénom d’Alex, comme une litanie.
 
Je pourrais appeler Mathias…
 
J’attrape mon téléphone, appuie sur le bouton. Un voyant rouge clignote : plus de batterie. L’appareil s’éteint dans ma main.
 
Youpi ! La totale !
 
Je repose le morceau de plastique et recommence à marteler la porte du plat de la main, en scandant régulièrement le prénom de mon ami.
 
« Alex. » Bam. « Alex. » Bam. « Alex. »
 
Je reste comme ça un bon moment je crois, car mes pensées battent la campagne. Et au moment où je n’y crois plus, un choc m’ébranle – enfin, ébranle la porte contre laquelle je suis adossée. Je me relève à toute vitesse.
 
Le visage hagard d’Alex apparaît, marqué de stries. Il semble si désemparé, abandonné, si semblable à ce jeune garçon qui, il y a vingt ans de cela, se tenait dans l’embrasure de cette autre porte, perdu et livré à lui-même, que j’en ai le cœur brisé.
 
Je m’avance et tends le bras pour toucher sa joue.
 
– Alex… Tu as pleuré ?
 
Sa réponse, formulée d’une voix bafouillante, désespérée, mais pleine de rancœur, me brise un peu plus.
 
– Ana, marmonne-t-il. Me laisser comme ça, en plan ! Alors que… alors qu’on… ensemble !
 
Les larmes montent dans mes yeux et je les retiens vaillamment.
 
Me prend-il pour Ana ?
 
– C’était bon, continue-t-il en s’énervant et en reculant. C’était bien ! Alors pourquoi ?
 
Je ferme la porte derrière moi. Un temps de réflexion, d’hésitation. J’ai laissé un homme aimant, gentil et prévenant, qui me désire sans s’en cacher, pour venir en aide à mon ami, ce jeune homme dont la vie entière a été dictée par un code de conduite, dernier legs de ses parents décédés. Un code de politesse, de disponibilité et de gentillesse, qu’il applique en tout… sauf en amour ! Je l’ai déjà vu user de séduction, jouer de sa gentillesse et de son charme pour obtenir la belle, puis l’oublier tout aussi vite. Je sais comment il est dans ces cas-là.
 
Je me retourne pour le contempler, constatant la dévastation qui l’a envahi. Qui que soit cette Adriana, elle l’a blessé.
 
Et cela, je ne le supporte pas.
 
Je m’approche, place mes mains autour de son visage, l’attire à moi et l’embrasse sur la joue. Alex ne réagit pas, puis soudain, il cède à la frustration qui le possède.
 
Nos lèvres se frôlent, se touchent, s’écrasent l’une sur l’autre.
 
Je dois me détourner. Arrêter cela.
 
Oui, mais non. Je le laisse continuer.
 
J’en ai bien trop envie.
 



Une pure folie
 
 
Je tremble comme une feuille lorsqu’il m’enlace et m’embrasse, me caresse et s’enhardit.
 
Je ne devrais pas. Ce n’est pas bien.
 
Mais c’est si bon. J’ai soif de ses baisers, faim de son corps, de sa peau, de son amour et de ce désir depuis si longtemps que tout, cède en moi d’un coup.
 
J’oublie Mathias et ses avances, sa gentillesse et notre complicité naissante. J’oublie mon passé et mes souvenirs, ces moments d’enfants blessés, partagés ensemble. J’oublie tout sauf une chose : cette sensation brûlante et envahissante qui m’habite depuis cet été, il y a six ans de cela, quand ma famille d’accueil l’avait invité à mon insu pour mon anniversaire. Nous n’étions restés que quelques mois ensemble au foyer, avant que l’un, puis l’autre, soyons placés dans des familles d’accueil. Les aléas de nos parcours respectifs nous avaient permis de nous retrouver de temps en temps, trop rarement, et seule une correspondance régulière nous avait maintenus en contact. Ce jeune homme, si grand, si beau, à la voix mâle, au magnétisme viril, au corps athlétique, qui m’avait soulevée de terre et murmuré à l’oreille « joyeux anniversaire, petite sœur »… Ce jeune homme sur qui j’avais posé un regard surpris avant de le reconnaître avait alors conquis mon cœur et mon âme d’un seul regard.
 
Et le voici devant moi, rempli de désir.
 
Je succombe et cesse de réfléchir.
 
Mes mains s’agitent, frénétiques, pour le déshabiller, pour s’agripper à lui et s’y retenir. Ses baisers sont autant de décharges électriques qui attisent ce volcan qui vient de se réveiller dans mon ventre. Ses caresses sont brûlantes et m’enflamment à leur tour.
 
J’oublie de respirer lorsqu’il entreprend de me dévêtir et dans notre précipitation, la bretelle de ma robe est déchirée – peu m’importe, je m’en fiche ! Je ne veux que lui, et il s’offre à moi !
 
Je supporte un instant son regard fiévreux sur mon corps presque nu et me laisse surprendre par sa vivacité : en quelques gestes, il m’a emportée.
 
Nous tombons mélangés sur le canapé.
 
Alex me parcourt des doigts et des lèvres, chatouillant ma peau sensible, attisant mon envie et mon désir. Je me consume lorsqu’il saisit mon sein et que son sexe pèse, dur, contre le mien.
 
Je deviens folle. Il faut que cela cesse.
 
Oui, il faut que cela cesse… car je n’en peux plus d’attendre et d’espérer, je ne tiens plus de le savoir si près de moi, disposé à m’aimer, à me prendre, me posséder, à entrer en moi et me faire jouir de ce plaisir fantasmé !
 
Ce n’est pas un rêve.
 
Je ne résiste pas : le repoussant de la main, je me mets au supplice le temps de le caresser, avant de céder à la tentation. Ce pénis turgescent, animé de pulsations de désir, est bien trop alléchant !
 
Je l’effleure, me penche, l’embrasse et, le sentant frémir, le happe dans ma bouche.
 
Alex se crispe, se redresse soudain.
 
A-t-il réalisé ce qui est en train de se passer ?
 
J’angoisse brusquement. Mais mon bel étalon se love sur moi, continuant ses caresses. Lentement, très lentement, il descend le long de mon corps. Une première vague de plaisir déferle en moi à l’idée de ce qui va suivre. C’est plus que ce que j’ai jamais souhaité.
 
Je crois défaillir lorsqu’il retire ma culotte et que sa main parcourt mes cuisses.
 
Délicieux.
 
J’ouvre les jambes à son approche. Je n’en peux plus de l’attendre. Il me le faut, là, maintenant, tout de suite !
 
Je vais en mourir s’il continue à s’attarder !
 
Son baiser frôle l’insupportable. Je gémis, je supplie presque. J’étouffe un cri lorsqu’il entre une première fois en moi avec son doigt.
 
Sa caresse attise cette pulsation au creux de mon ventre, mon intimité s’emplit au rythme de mon cœur affolé : je suis trempée, ouverte d’une envie incontrôlable, frémissante d’un désir trop longtemps refoulé. Ses pénétrations sont autant de tisons ardents qui me fouaillent et je réprime un autre cri d’extase lorsque sa langue me découvre et me goûte. Je ris. C’est si bon.
 
Je n’en peux plus.
 
Dans un sursaut de folie, je l’agrippe, le ramène à moi et l’embrasse passionnément. Je l’enserre de mes jambes et, pesant sur ses reins, je l’attire sur moi. En moi. Son pénis tendu bute contre mes lèvres, se fraye un chemin entre les plis de mon sexe et y pénètre enfin.
 
J’étouffe un gémissement, me crispe contre lui, autour de lui, avide de sa présence à l’intérieur de moi, désireuse de le sentir s’enfoncer et m’envahir. Je plaque mes mains sur ses fesses, l’invite à aller plus vite, plus loin, plus… plus encore et tout à la fois, car rien n’égale le plaisir qui me submerge.
 
Je le veux tout entier pour moi et rien qu’à moi. Ses va-et-vient attisent mon bourgeon, m’enflamment et me mènent inexorablement, délicieusement, vers ces plaisirs dont les premières vagues se forment, là, au fond de mon corps.
 
Elles commencent, timides, à me parcourir, tandis qu’Alex monte, descend, saisit mes hanches, cambre mon bassin, pilonnant à un rythme effréné mon intimité.
 
Elles prennent de l’ampleur, débordent peu à peu lorsqu’il se retire pour me relever, et m’amène à m’empaler sur son membre durci.
 
Elles explosent, jaillissent, se déversent du fond de mon sexe par pulsations successives, amenant un cri de plaisir, tandis que je m’effondre sur son pieu, m’en relève pour m’abaisser plus encore, lui saisissant les hanches afin qu’il me pénètre dans le même temps, fortement, puissamment… inconsidérément.
 
Je l’entends gémir et s’exalter, puis perçois les prémices de sa propre jouissance.
 
Et je suis prête à jurer qu’alors, oui, alors, il a murmuré mon nom.
 



Irrésistibles pulsions
 
 
Samedi 24 août.
 
J’ouvre la porte maladroitement, chargée, entre dans le vestibule et laisse choir les deux cartons que je tiens. Je promène un regard désabusé sur les murs, ose quelques pas jusqu’aux deux portes. À ma gauche, le salon-cuisine. Devant moi, chambre et salle de bains attenante. Mon chez-moi. Mon appartement. Refait à neuf du sol au plafond.
 
Ça sent la peinture fraîche.
 
Tout est à peine achevé, et d’ici lundi, les ouvriers réinvestiront les lieux pour terminer les travaux : portes et fenêtres seront changées. Puis je retrouverai un semblant de tranquillité.
 
Un semblant, seulement.
 
Je glisse le long du mur, pose ma tête sur mes genoux. Une larme coule sur ma joue, puis une autre. Je ne les retiens pas.
 
– C’était si bien, murmuré-je à moi-même. Pourquoi a-t-il fallu que tu dises cela ? Pourquoi tu ne te rappelles pas ?
 
Au fond de moi, je le sais, pourtant…
 
J’ai adoré me réveiller tout contre lui. J’ai adoré le contempler encore endormi, nu et impudique. Qu’il était beau, ainsi abandonné ! Son torse puissant se soulevait avec régularité, ses bras fermes posés en travers. Son visage respirait le calme et la sérénité. Une mèche égarée barrait son front large, lui donnant un aspect brouillon qu’il n’avait pas d’ordinaire. Ses jambes étaient repliées l’une contre l’autre, formant un nid de muscles pour son sexe au repos. Le membre, au diamètre agréable même dans cet état, rose et plutôt long, avait attiré mon regard et je m’étais sentie envahie par l’envie de le réveiller en le caressant. C’était vraiment, vraiment tentant.
 
Seulement voilà… Il s’était levé tardivement en réalité. J’avais prévu qu’il cuverait longtemps et appelé son bureau en conséquence. Il m’avait contemplé, hagard, d’un regard dépourvu de cette passion que nous venions de partager. J’avais refusé de comprendre, sur le moment… Mais avec quelques mots, sans doute innocents, mais qui m’avaient poignardé le cœur, il m’avait obligée à voir la réalité en face… Car pour lui, ce n’était pas vraiment moi, à ses yeux, cette nuit-là…
 
– Ana !
 
J’étouffe un sanglot.
 
J’aurais peut-être dû lui dire la vérité, lui expliquer, lui parler. Au lieu de ça, j’ai filé me cacher au bureau, j’ai appelé mon proprio, le suppliant de me laisser réintégrer l’appart, travaux achevés ou pas. J’ai traîné au fast-food, ignorant les SMS de Mathias – je n’étais pas en état. Et quand enfin je suis rentrée là-bas, ça a été pour l’éviter, lui mentir, et me cacher d’Alex !
 
Mais qu’est-ce qui m’a pris ? Jamais je n’aurais dû m’abandonner de la sorte ! Et pour commencer, jamais je n’aurais dû accepter qu’il m’héberge ! C’était la tentation assurée !
 
Franchement…
 
Mais en même temps… Sa gentillesse à l’aéroport, sa douceur, ses attentions pour moi alors que j’étais si fatiguée…
 
Forcément. Je ne pouvais que lui céder.
 
C’était si bon de le retrouver chaque soir, de dîner ensemble, de se parler jusqu’à pas d’heure… Oui, c’était bon. Et maintenant je m’en mords les doigts !
 
Secouée de sanglots, je me roule en boule au sol. Un long moment, je reste ainsi, immobile, les yeux inondés, jusqu’à ce que de lui-même mon corps s’apaise. Mes larmes s’assèchent. Mon cœur s’enveloppe d’une lourde protection. Je me relève, déboussolée, rejoins l’entrée, y trouve mon sac et mon téléphone.
 
Je pianote sur le clavier, le temps d’accéder à la fiche de contact d’Alex. Une dernière hésitation. Je bascule ses appels sur mon répondeur.
 
Puis je sélectionne un contact en particulier. Et j’attends fébrilement.
 
« Il » n’est pas long à me répondre.
 
– Oriane ! s’exclame-t-il d’une voix enjouée.
– Bonjour, Mathias. Je m’excuse, je…
– Non, tout va bien.
 
Ah oui ? Parle pour toi !
 
– Ton ami va mieux ?
– Euh… oui. Oui, oui, il va bien, merci. C’est un grand garçon, il n’a pas besoin de moi finalement ! Écoute, Mathias... Je suis libre ce soir… et j’ai retrouvé mon appart. Alors…
– Je t’invite avec grand plaisir, me coupe-t-il.
 
Je ferme les yeux, submergée par une forte culpabilité et un immense soulagement.
 
– Je passe te prendre ? propose-t-il encore.
– … Oui, merci. Je t’envoie l’adresse par texto.
– À tout à l’heure.
– À tout à l’heure.
 
Je raccroche, pose l’appareil contre ma poitrine palpitante.
 
C’était la seule solution.
 
Je contemple mes cartons, indécise. Un sanglot m’échappe. Je le refoule et me secoue : il faut que je me débrouille pour ramener le minimum vital du box, sans quoi cette nuit je vais dormir à même le sol !
 
C’était la seule solution.
 
Mais je n'en suis pas certaine...
 
* * *
 
Je me pends au cou de Mathias. Je me presse contre lui, insinue mes mains sous ses habits, lui ouvre chemise et pantalon. Et toujours je le pousse jusqu’à ma porte, jusqu’à mon intérieur.
 
– Or… Oriane, parvient-il à balbutier. Tu sais, nous avons tout notre temps… On vient juste de se rencontrer.
 
Je l’embrasse presque férocement.
 
Nous avons passé la soirée dans un restaurant d'ambiance et je n’ai cessé de le séduire durant le repas. Non pas que ça me ressemble, mais sur le trajet qui nous y menait, j’avais décidé d’oublier Alex et de choisir Mathias. Je voulais concrétiser. Je voulais effacer Alex de mes pensées. Le seul moyen que j’avais trouvé était de pousser à bout celui qui m’accompagnait : caresses, mimiques, décolleté plongeant, jeu de jambes, et, lorsque l’orchestre se mit à jouer, danse provocante contre son corps. Le grand jeu. Nous étions partis et sur le chemin du retour, j’avais continué. Mathias, s’il semblait apprécier, restait néanmoins sceptique et trop passif à mon sens. Au pied de mon immeuble, j’avais pris les devants et m’étais jetée sur lui. Je l’avais entraîné jusqu’à mon palier, puis à l’intérieur.
 
– J’ai envie de toi, lui chuchoté-je seulement en passant mes lèvres brûlantes sur son torse.
 
Je descends sur ses abdominaux, écarte son jeans, plonge ma main dans son entrejambe et le saisis sans retenue. Sa réaction est immédiate : son sexe se dresse dans ma main, comme réveillé en sursaut, et se gonfle de désir.
 
– Oriane...
– Chut. Tais-toi.
 
J’éteins ses murmures avec ma bouche et le caresse. Contre toute attente, Mathias me prend les mains, les amène à ses lèvres. Il me regarde.
 
Et moi, je me sens soudain un peu idiote.
 
– Doucement, me murmure-t-il en entamant un délicieux périple le long de mes bras, avec ses doigts et sa langue. Nous avons tout notre temps.
 
Je ne résiste pas quand il me propose de m’asseoir sur le matelas que j’ai péniblement ramené du box. Délicatement, il s’installe derrière moi et retire ma tunique. Il pose ses mains de part et d’autre de mon cou et en masse les muscles tendus. Son contact est doux, rassurant, léger, mais efficace. Je me laisse aller au rythme qu’il impose, par ces pressions régulières plus ou moins prononcées et le roulement de mes muscles entre ses doigts.
 
C’est agréable.
 
Je m’apaise et me détends. À sa demande, je me penche. Ses mains pétrissent la peau de mon dos, dénouant les tensions accumulées.
 
Un frisson me parcourt lorsqu’il dépose un doux baiser au creux de ma nuque. J’aime ça.
 
Mathias me caresse et de moi-même j’ôte mon soutien-gorge. Il repousse mes cheveux fous pour embrasser mon cou. Je ris, tant la sensation est émoustillante.
 
Ses mains progressent jusqu’à mes seins, les empoignent. Je recule la tête et la pose contre lui, offrant mes lèvres. Je sens son sexe se lever contre le bas de mon dos et cela ravive brusquement mon envie de lui.
 
Ça, ainsi que sa main glissant à présent sur mon ventre.
 
Surtout, surtout, qu’il ne s’arrête pas !
 
Son contact provoque une myriade de fourmillements dans mon corps, qui tous se regroupent au fond de mon ventre et le tordent jusqu’à le compresser d’une promesse de plaisir partagé.
 
J’agrippe sa main et l’amène contre mon pubis. Mathias baise mon cou et commence, très, très lentement, à me caresser.
 
Divin.
 
Je m’exalte, je m’échauffe, gémis sous sa caresse, étouffe un cri lorsqu’il passe outre le tissu pour me toucher. Rapidement, entre deux embrassades fiévreuses, nous sommes nus l’un devant l’autre. Je frôle du bout des doigts sa peau chaude et ferme, suis le contour de ses muscles, m’approchant peu à peu de ce pénis dressé vers moi et gonflé de l’envie que je lui inspire.
 
J’aime tout ça. Ça n’est pas si mal. Loin de là.
 
Je me serre contre lui, me dressant sur mes genoux pour l’embrasser. Déséquilibré par mon mouvement, Mathias chute sur le matelas, me saisissant la taille et m’entraînant avec lui. Nos sexes se heurtent et une décharge de plaisir me traverse.
 
Mon compagnon lui aussi l’a ressentie, car son pieu fait un bond contre mon corps. Je me redresse, et ses mains à présent impatientes parcourent ma peau en une caresse affolante. Elles terminent leur exploration sur ma fente, qu’il attise savamment. Je ferme brièvement les yeux. Le temps d’un regret, peut-être… Je me soulève, prends sa hampe dans ma main et l’amène tout contre moi.
 
Je le veux.
 
Mathias sourit de nouveau, un peu prédateur, et place ses mains sur mes hanches. Centimètre par centimètre, il me tire à lui, et je m’ouvre tout entière pour le recevoir en moi.
 
Je me mords les lèvres face au plaisir que cela me procure, à la plénitude que son membre dans mon corps me procure. Il m’écarte de lui et lève les hanches pour me rejoindre. Je me courbe pour mieux le laisser s’introduire en moi, savourant avec délices d’être ainsi envahie. Mon sexe est trempé d’envie, de désir, le sien grossi de ces mêmes sensations ; nous haletons, nous crispons, nous prenons l’un l’autre un rythme de plus en plus vif et rapide à mesure qu’enflent en nous ces vagues irrésistibles et incontrôlables.
 
Mathias soudain se relève, m’assoit sur lui et s’enfonce en moi d’un puissant coup de reins. Je l’embrasse, me cambre pour déclencher d’autres plaisirs dans nos sexes mêlés.
 
S’arquant lui aussi, il avance le bassin à un rythme endiablé, me contemplant d’un regard hypnotisé. Une vague déferle depuis le tréfonds de mon ventre, me parcourt, traverse mes muscles et m’atteint. Je me crispe autour de son pieu et sens sa propre jouissance se répandre en moi. Je m’effondre, comblée.
 



Une nuit agitée
 
 
Dimanche 25 août.
 
Le jour n’est pas encore levé. Je ne sais pas trop quelle heure il peut être. À côté de moi, Mathias dort profondément. Je m’échappe délicatement de son emprise, enfile un slip et ma tunique. Je rejoins mes affaires entassées dans l’autre pièce, cherche mon portable et le rallume.
 
6 appels manqués. 1 nouveau message.

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