L aimer ? Même pas en rêve !
209 pages
Français

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L'aimer ? Même pas en rêve ! , livre ebook

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Description

Important : Ce roman a déjà été publié sous le même titre, il s 'agit donc d'une seconde édition.


Synopsis : Claire Fressier a une existence des plus monotones qui ne tourne qu’autour de son travail et de sa petite vie bien rangée. Pour elle, tout doit être organisé et sans dérapage, au grand dam de sa meilleure amie Julie. Un soir où elle n’arrive pas encore à trouver le sommeil à cause de son voisin qui s’envoie une fois de plus en l’air, elle décide d’affronter Enrique Martins. Mais ce dernier se moque ouvertement d’elle. Piquée au vif, elle décide d’opérer une transformation physique et psychologique radicale afin de rabaisser la suffisance de l’arrogant mannequin qui habite au même palier qu’elle. Commence alors entre eux un jeu du chat et de la souris, mais lequel des deux fera succomber l’autre en premier ?

Sujets

Informations

Publié par
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EAN13 9782377440313
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L’AIMER ?
 
Même pas en rêve !
 
Tome 1
Angel.B
 
 
 
 
 
 
Cette œuvre dépeint des scènes d’intimité entre une femme et un homme ainsi qu’un langage adulte et vulgaire. Elle vise donc un public averti et ne convient pas aux mineurs.
© 2020 Angel Angie éditions.
Tous droits réservés/ISBN : 978-2-37744-031-3
 
 
 
E-mail :
Angelesse.Angieéditions@gmail.com
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
Existe en format broché
 
CHAPITRE 1
CLAIRE
 
 
C’est pas vrai ! les voilà qu’ils recommencent !
Je me bouche les oreilles des deux mains. Malgré cela, les gémissements de la nana en chaleur, provenant de l’appartement d’à côté, continuent de plus belle. Je regarde mon portable pour la cinquième fois : trois heures du matin ! Ma réunion est dans six heures. Je sais d’avance que je vais être dans un sale état.
Depuis quelques jours et cela grâce aux ébats de mon voisin, je me tape des cernes sous les yeux que je n’arrive même plus à estomper, quand bien même si je me suis acheté une crème de marque qui m’a coûté la peau des fesses. C’est un fait, le manque de sommeil n’arrange en rien mon humeur et encore moins la tronche que je me tape en ce moment. Me voilà encore bonne pour me faire appeler miss panda par les collègues du lycée où je travaille !
Mais bon, depuis que j’ai entendu le propriétaire d’à côté rentrer vers minuit dans un brouhaha de cris stridents, je me suis doutée de ce qui m’attendait !
Même si j’essaye de préserver une bonne entente avec mes voisins, certains d’entre eux ne le méritent pas. À commencer par celui de mon palier : mannequin de son état, il part, fort heureusement, pour ses shootings photo un peu partout dans le monde. Ce qui me permet de ne le croiser que rarement.
Notre concierge se fait une joie de montrer qu’elle est intime avec lui, me racontant la vie de son petit chou, comme elle aime l’appeler… d’où les renseignements que je détiens sur ses absences répétées.
Le superbe duplex, dont il est propriétaire, est en quelque sorte son pied-à-terre parisien. Madame Bertrand, la gardienne, la petite cinquantaine, semble jouer les cougars avec lui, mais en attendant, ce n’est pas elle qui doit se coltiner les ébats sexuels de son gâteau préféré.
Pour ma part, je n’ai jamais eu aucune intention de le côtoyer. Oh, ça non ! Très peu pour moi ! Les paroles que nous avons échangées en un an sont de simples formules de politesse, ni plus ni moins. Contrairement aux autres femmes du voisinage, je n’attends aucune attention de sa part !
Ce mec est le genre de type sûr de son charme, qui s’amuse à séduire d’un seul regard. Il est dans la trentaine, brun, yeux ensorceleurs, doté de beaux pectoraux qui lui donnent une allure folle. Mais bon… normal qu’il soit canon, sinon il n’aurait jamais fait carrière dans le mannequinat !
Son petit jeu aguicheur marche admirablement sur la plupart des femmes, mais… pas avec moi ! Pour ma part, Enrique Martins est un queutard, un coureur de jupons invétéré. J’ai vécu toute ma vie dans cet appartement qui a été légué, par mon grand-père, à mes parents. Ces derniers, artistes, y avaient aménagé leur petit nid d’amour, juste avant ma naissance. Puis, nous y avions vécu heureux pendant quelques années, jusqu’à ce que ma mère décide que Paris n’avait plus rien à lui apporter, question inspiration…
Ils sont donc partis dans un petit village sur la Côte d’Azur. À cette époque, je ne voulais nullement quitter mon emploi dans le lycée où je travaillais, alors ils m’ont offert la possibilité de reprendre le logement.
Une aubaine pour moi, car, aujourd’hui, mon contrat de surveillante arrive à son terme et avec mon salaire, je ne pourrais pas trouver mieux. D’autre part, il va falloir que j’envisage sérieusement mon avenir professionnel !
Je veux continuer à travailler avec les jeunes : ça, j’en suis certaine. Je pense de plus en plus à une formation qui débuterait en septembre, ainsi je pourrais devenir éducatrice spécialisée, comme je l’ai toujours espéré.
Mais, ce n’est pas en passant une nuit blanche que je vais pouvoir être disponible le lendemain.
Bordel ! D’habitude, il ne ramène pas ce genre de donzelle, du moins, pas de si bruyante. Et pourtant, le peu de fois où il est revenu à Paris, il a invité du beau monde.
Ok, je dois reconnaître qu’il semble être bon amant, car ils en sont quand même au troisième round depuis leur arrivée, et visiblement cette fois-ci est plus longue encore que la deuxième.
Mon mal de tête, dû au manque de sommeil, s’amplifie de minute en minute.
Le bois du lit se met à taper par à-coups dans le mur, signe que mon voisin passe à la vitesse supérieure. Au moins, il va bientôt finir ses assauts et sa maîtresse arrêtera enfin d’exprimer si fort son plaisir.
Puis, le calme revient. Je souffle de soulagement mais malheureusement juste pour quelques minutes seulement. Les geignements recommencent de plus belle, en allant crescendo : elle prend apparemment son pied d’une autre manière et je ne veux en aucune façon imaginer comment. J’écrase mon visage sur mon oreiller en grognant et sursaute lorsque j’entends des hurlements dignes d’une chatte en chaleur.
Stop ! C’en est trop ! Je me lève de mon lit en enfilant mes pantoufles, passe mon peignoir et pars en direction de la porte d’entrée. Monsieur Enrique Martins va voir de quel bois je me chauffe ! Ma colère est à son comble et ma démarche déterminée.
Je me retrouve devant la porte de « Mister bon coup » d’où proviennent les gémissements, sans nul doute possible, d’origine sexuelle.
Je lève mon poing en l’air, m’apprêtant à tambouriner sur le panneau, me demandant bien pourquoi je suis la seule à venir me plaindre.
Les locataires doivent bien entendre les hurlements, eux aussi !
Surtout que l’immeuble ne comporte que quatre étages : le rez-de-chaussée où se trouve l’appartement de madame Bertrand ainsi qu’une boulangerie. Le premier, habité par deux personnes âgées, monsieur Perrin veuf d’environ soixante-dix-sept ans et madame Barnier, tous deux étant tellement gentils qu’ils n’osent certainement pas se disputer avec leur entourage. Mes voisins du deuxième étant un couple un peu bizarre, je me doute bien qu’eux ne sont pas dérangés par les hurlements. Mais là où je ne comprends rien, c’est le couple du troisième… ils ont tout de même un ado de quinze ans !
Eh bien, je vais le faire pour eux !
Je cogne rageusement plusieurs fois, et rien qu’en imaginant mon voisin interrompu dans ses ébats, je suis heureuse !
Je donnerais n’importe quoi pour voir la frustration sur son visage, à cet instant !
Pourtant, quand la porte s’ouvre sur monsieur Martins tout sourire, cheveux ébouriffés et corps splendide enroulé dans un drap blanc, je sais que je parais plus stupéfaite que réellement énervée.
 
ENRIQUE
 
« Souris voisine » tiens donc ! m’étonné-je. Apparemment Sonia ou Lydia, je ne me souviens plus de son prénom, s’est un peu trop laissé aller dans ses ardeurs. J’ai bien essayé de la faire moins gémir, mais je n’y suis pas arrivé. Je ne vais quand même pas me sentir coupable parce qu’elle ne prend son pied qu’en hurlant.
Enfin… si c’est bien le motif de la présence de ma voisine qui se tient bouche bée devant ma porte d’entrée. Car pour le coup, elle paraît bien plus subjuguée par moi qu’en colère contre les gémissements enthousiastes de ma partenaire de ce soir.
J’en profite donc pour m’amuser un peu et arque les sourcils… se pourrait-il que… non impossible !
Pas « souris voisine ». Elle est trop snob pour être ce type de femme. Elle est plutôt mignonne dans le genre simple, tout chez elle est au naturel, malheureusement. Donc, aucun artifice qui puisse faire en sorte que je m’intéresse à elle. Le peu de fois où j’ai eu l’opportunité de la croiser, elle portait des vêtements amples, préférant les chaussures plates aux talons aiguilles qui donnent un charme certain aux femmes qui m’attirent.
Oui, j’aime beaucoup plus les nanas bien foutues, qui savent se mettre en valeur, sensuelles et féminines jusqu’au bout des ongles.
Le contraire de « souris voisine », bien que je doive admettre avoir été attiré par les effluves de son parfum fleuri plus d’une fois. Ce qui, soit dit en passant, n’est pas un critère me permettant de jeter mon dévolu sur elle !
Et là, faut bien avouer qu’elle va vite me faire débander vu son attirail merdique. Elle est habillée, une fois de plus, aux antipodes de ce qui me fait craquer avec une espèce de pyjama à l’effigie de Bob l’éponge d’un jaune canari dont la couleur a connu des jours meilleurs, c’est un tue l’amour. Je ne peux m’empêcher de froncer le nez devant son peignoir court en molleton tacheté léopard rose fuchsia assorti à des pantoufles à tête de mouton, un vrai carnage vestimentaire !
D’ailleurs, il faut vite que je me débarrasse d’elle avant que mon excitation fasse ses valises. Le canon qui m’attend dans ma chambre est, à tout point de vue, prêt à me faire prendre une fois de plus mon pied.
Une vraie nymphomane ! Beaucoup plus intéressante que l’épouvantail devant moi.
« Souris voisine » doit se rendre compte, à mon visage, ce que je pense d’elle et se renfrogne : son expression devient mauvaise.
Il n’y a qu’à regarder ses sourcils froncés, ses lèvres pincées et son regard noir qui me toise effrontément du haut de son mètre soixante. Au moins, elle est courageuse… ou carrément folle.
— Monsieur Martins, auriez-vous l’obligeance vous et votre amie, de baisser le volume pendant vos occupations nocturnes, s’il vous plaît ?
Voilà… Là... c’est « souris voisine » !
— Excusez-nous… mademoiselle Fressier. Nous étions tellement pris dans le feu de l’action que nous nous sommes quelque peu laissé aller. Et si votre vie ne relevait pas autant d’un couvent de bénédictines, vous comprendriez cette effusion, me moqué-je, crânement.
Ce qui marche plutôt bien au vu de la rougeur qui enflamme les joues de ma voisine.
— Vous… je… de quel droit ? balbutie-t-elle.
— Attendez… la coupé-je dans son bégaiement. Je n’ai absolument rien contre les personnes se dévouant aux religions, ce n’est pas une tare, bien au contraire je respecte votre choix, mais il faut savoir accepter le mode de vie des autres, surtout celui de vos voisins.
Elle s’étrangle, ce qui, je dois l’avouer, m’amuse énormément. Je retiens un rire et elle doit le voir.
— J’aurais dû me douter que vous prendriez vos airs suffisants ! J’essayais simplement d’être sympathique, mais comme l’entente respectueuse ne doit pas faire partie de votre dictionnaire, je me vois dans l’obligation de devenir beaucoup plus intransigeante ! Je vous demande donc de faire cesser immédiatement ces hurlements d’ordre sexuel, sinon je me verrai dans l’obligation d’alerter les forces de l’ordre ! Il y a des lois dans ce pays, monsieur Martins, et vous n’êtes pas sans les connaître il me semble !
— Il existe une loi contre tirer un coup en France ? demandé-je l’air de rien, ce qui l’énerve encore plus.
— Vous savez très bien que ce n’est pas le sujet auquel je fais allusion ! Un certain article de loi explique très bien le problème dont je vous accuse !
— Dont vous m’accusez ? Suis-je hors la loi en baisant ? l’interrogé-je crûment essayant de la ridiculiser.
— Tapage nocturne ! Je n’ai jamais parlé de vos prouesses sexuelles !
— Mes prouesses sexuelles ? Vous savez comment flatter un homme, mademoiselle Fressier. Seriez-vous un peu jalouse ? Peut-être aimeriez-vous être dans mon lit… pour mieux… profiter de la situation ? À moins, que contrairement à ce que je pense, vous soyez le genre de personne qui aime le sexe à plusieurs ?
— Espèce de… pervers déséquilibré ! Oui, voilà, vous êtes un monstre de la pire espèce ! Vous osez me rabaisser au niveau de vos conquêtes, sachez que je n’envie pas du tout votre style de vie, bien au contraire, je…
— Chéri, tu reviens ? Tu ne vas quand même pas essayer plus longtemps de faire preuve de compréhension avec cette prude coincée du cul, si ? Qu’elle appelle donc la police, si cela lui chante, on s’en tape ! déclare la voix de ma partenaire, derrière moi.
Je ne sais pas si c’est le fait que ma nympho apparaisse dans le plus simple appareil, ou si ce sont les insultes qu’elle émet à l’encontre de « souris voisine ». Toujours est-il que cette dernière pousse un cri rageur, prête à lui sauter dessus. Je me vois déjà en train de les séparer quand elles se mettront la pâtée. Fort heureusement, je sais que le calme va revenir lorsque retentit la voix de notre voisin du troisième :
— Mademoiselle Fressier, de grâce, retournez-vous coucher. Vous empêchez tout le monde de dormir !
Je crois voir « Souris voisine » se liquéfier : elle devient blanche comme un linge et imite parfaitement le poisson hors de l’eau. Je lui offre une moue fataliste, tandis que mon coup d’un soir me mordille agréablement le lobe de l’oreille, tout en me caressant sensuellement le torse.
Sans voix, l’air complètement hagard, ma voisine me lance un regard aux « yeux revolver » dont le sens est d’une éloquence incroyable. Je referme ma porte sur elle et retourne aux caresses que Laura me donne. Je reprends ses lèvres et la soulève afin de reprendre nos ébats où nous les avions laissés avant cette interruption intempestive.
Je ramène cette superbe meuf sur mon lit et la laisse empoigner mon membre qui recommence à durcir entre ses mains expertes. Ce n’est que lorsque je ferme les yeux sous les va-et-vient de son poing fermé, que je crois sentir un parfum fleuri et voir deux yeux ombrés de rage. J’entends à cet instant même la porte d’en face claquer, faisant vibrer les murs.
J’ai mis « Souris voisine » très en colère.
CHAPITRE 2
 
CLAIRE
 
Je n’ai pu me rendormir de la nuit, trop énervée d’avoir été remise à ma place par monsieur Bernard et lors que cet empafé de Martins s’est foutu ouvertement de moi avec sa maîtresse. D’autant plus, qu’il a continué à la faire grimper aux rideaux !
Non mais quel enfoiré !
Sans l’intervention de notre voisin du troisième, j’aurais été capable de la défigurer cette garce ! Et si, par la même occasion, j’avais pu trucider la tronche de Mister arrogance, cela m’aurait fait un bien fou.
Mais non, je suis rentrée chez moi encore plus en colère, vexée dans ma fierté et sans avoir pu me reposer. Résultat des courses, la réunion des surveillants de ce matin a été un calvaire, plutôt qu’une agréable entrevue entre collègues pour le bon fonctionnement de la vie scolaire du lycée.
Mon job n’est pas, à proprement parler, un travail merveilleux, mais je l’aime. Pour moi c’est très important de prendre plaisir à me lever chaque matin et exercer ce métier de pionne. C’est une chance ! Si bien que, dès que l’on peut mettre en place des améliorations pour l’enseignement des adolescents, eh bien, je suis présente aux premières heures.
Ce matin, pourtant, j’ai plus la tête dans le bip, pour rester polie, qu’aux sujets abordés, lors de cette réunion, et, tout cela à cause de mon débile de voisin, qui, de son côté, doit certainement dormir comme un bébé.
— Dis donc, tu as une mine de déterrée ce matin ! déclare Julie, ma collègue et meilleure amie… la seule, à vrai dire.
— Oui je sais, c’est à cause de mon voisin qui a foutu le bordel toute la nuit, lui réponds-je en me versant une tasse de café.
— Ah… Miam, la chance !
— Quoi ? Miam, la chance ?
— Bah ton voisin ! Miam quoi… Il est canon, j’ai vu sa dernière pub dans un magazine pour le parfum Victoire, et le moins qu’on puisse dire de lui, c’est qu’il fait mouiller toutes les petites culottes. Il est indiscutablement miam quoi ! Tu n’imagines même pas la chance que tu as. Si tes parents ne t’avaient pas laissé leur appartement parisien dans ce quartier chic, tu ne serais pas la voisine de ce beau gosse ! Moi à ta place, il y aurait longtemps qu’il serait passé dans mon pieu en tout cas !
Je fais une moue dubitative et lève les yeux au ciel, Julie est irrécupérable. C’est une séductrice, les hommes sont fous d’elle, bien qu’elle se fiche d’eux comme de sa première barboteuse.
Je reconnais cependant que les locations étant hors de prix à Paris, j’ai la chance d’habiter un appartement vraiment très classe par rapport à mes collègues, mais avec un voisin comme le mien, ma veine tourne quand même au désastre, de mon point de vue.
— Oui bien sûr, à tes yeux il ne peut qu’être miam-miam. Il n’empêche ! Ce n’est pas toi qui n’as pas fermé l’œil de la nuit à cause des orgasmes incessants de sa nana.
— Jalouse ! m’accuse-t-elle en me taquinant.
— Ah non ! Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ! Comment veux-tu que je sois jalouse d’une femme qui hurle comme une chatte en chaleur ?! Et en plus, c’est une garce… elle m’a traitée de…
— De quoi ? demande Julie qui s’est rapprochée de moi, visiblement très intéressée.
— Rien… laisse tomber… de toute façon, je m’en fous. Les lois sont les lois ! Et miam ou pas, il doit respecter la réglementation. Je ne regrette pas de l’avoir remis en place !
— Qui ? Ton voisin ou sa nana ?
— Les deux !
— Aïe ! Et ils ont pris peur face à tes menaces ?
— Non, ils se sont ouvertement moqués de moi.
— Et ils t’ont donc insultée…
— Tu trouves que je ressemble à une bonne sœur mal baisée ? l’interrogé-je, espérant un peu de réconfort.
Julie plonge le visage dans sa tasse, puis regarde par la fenêtre, elle évite de me répondre.
— Julie ? insisté-je.
— Mais non Claire, tu es très mignonne… simplement, il faut reconnaître que tu es coincée… dans ton genre.
— N’importe quoi ! Je ne suis pas si insociable que ça, les gosses m’adorent !
— Ce sont des adolescents, tu es une femme, répond-elle avec un sourire forcé, qui en dit long sur ce qu’elle pense.
— Tu me traites de gamine immature ?
— Non pas du tout, bien au contraire. Seulement, il faut reconnaître que côté séduction… tu es aussi plaisante qu’un épouvantail.
— Sympa ta comparaison ! et depuis quand être coincée à quelque chose à voir avec la beauté ?
— Bah, euh… physiquement on ne peut pas dire que tu sois un modèle de féminité. Regarde-toi, tu ne te maquilles jamais, tu ne portes que des jeans larges et je ne parle même pas de tes hauts, je suis certaine que tu prends au moins trois à quatre tailles au-dessus de la tienne, et puis tes cheveux… reconnais que le coiffeur n’est pas ton lieu de prédilection…
J’écarquille les yeux devant la franchise de celle que je prends pour mon amie.
— Merci… si je t’écoute, il vaut mieux que je me tire une balle, je ne suis pas si repoussante, j’ai eu quand même quelques petits amis, il me semble.
— Claire, tu travailles ici depuis six ans, je ne t’ai vue qu’avec trois mecs… Et encore…
— Et ça fait de moi une personne merdique ?
— Mais non, ce que je veux dire, c’est simplement qu’en faisant quelques efforts tu pourrais devenir hyper séduisante. Tu ne vis pas, tu devrais t’amuser, draguer, sortir, profiter de la vie quoi ! Tu ne veux pas te l’avouer, mais tu t’emmerdes. Pour moi, il faut que tu changes complètement de mode de vie et que tu prennes un peu plus soin de ton physique.
— C’est juste que mon métier passe avant ce genre d’amusement.
— Parlons-en de tes distractions… boulot… dodo, tu ne sors jamais ! Regarde-toi… Je suis certaine que ma grand-mère profitait plus de la vie que toi et ce n’est pas faute de t’inviter. À chaque fois, tu as une bonne excuse. Moi, j’ai laissé tomber. Je ne vais pas te forcer, si tu n’en as pas envie.
Je reconnais que Julie a raison. Je ne me rappelle même plus la dernière sortie que j’aie faite… Ah si… le resto avec mes parents lors de leur dernière visite... pour m’annoncer leur séparation…
— C’est vrai, j’avoue… Bordel ! Je n’ai pas envie d’être jugée comme une vieille fille acariâtre, me lamenté-je. Tu crois qu’il y a encore de l’espoir pour moi ?
— Évidemment idiote ! Tu n’es pas un cas désespéré, il faut seulement que tu te prennes en main.
Je lui lance un regard interloqué, elle s’en rend compte et se reprend directement :
— Je suis désolée si je t’ai fait de la peine… tu m’as demandé, je t’ai répondu.
Me prendre en main ? N’est-ce pas déjà ce que je fais ? Je n’ai aucune dette, je me donne à fond dans un boulot qui me plaît énormément et… et je vais avoir vingt-huit ans. Mais, suis-je heureuse ? Je reconnais qu’il me manque quelqu’un pour être totalement épanouie, ma vie perso se limite à rester enfermée chez moi, à donner à manger à des pigeons idiots et à mon chat Foudre.
Oui, ma façon de fonctionner est d’un banal à pleurer, je suis devenue exactement l’inverse de ce que j’avais imaginé et souhaité.
Vers dix ans, mes parents m’ont fait passer des tests à cause de troubles comportementaux, c’est ainsi que j’ai été diagnostiquée d’un trouble « Borderline ». En quelques mots, mon mal-être peut aller de l’anxiété à l’irritabilité et même une certaine instabilité affective. En fait, j’ai eu beaucoup de difficultés à gérer mes émotions. Si bien qu’entre les séances chez la psychiatre et la psychologue, je suis vite devenue une femme effacée mais au moins, pour les médecins, je vais beaucoup mieux. Cependant, je ne veux pas pour autant devenir quelqu’un sans avenir et que l’on se permet de traiter de bonne sœur !
J’en ai marre de ce calvaire que je vis depuis des années… encore faudrait-il que je sorte de ma coquille et que je me laisse bercer par le destin…
— Julie… Est-ce que tu voudrais m’aider ?
— T’aider ?
— À me reprendre en main… J’ai le moral dans les chaussettes depuis six mois, tu as raison, hormis mon travail… Je n’ai rien dans ma vie !
— J’ai bien entendu ? Tu veux bien changer ? s’étonne ma collègue, plus que surprise.
— Eh bien, ma foi oui…
— Génial ! Merci miam et sa copine !
— Je ne le fais pas à cause d’eux ! m’énervé-je. Je le fais d’abord pour moi.
— Oui, oui, bien sûr. De toute façon, on s’en fout ! Alors, nous sommes lundi, vendredi c’est jour de repos pour toutes les deux, tu ne prévois rien, car je t’emmène chez mon coiffeur et mon esthéticienne. Ensuite, boutiques pour changer ta garde-robe... Génial ! Depuis le temps que j’attends ça…
— N’abuse pas, on croirait que tu viens de gagner au loto !
— C’est tout comme, ma belle. Combien de fois j’ai espéré que tu te réveilles ? Tu es une fille adorable et tu mérites le meilleur.
— C’est quand même lamentable d’être obligée de changer sa personnalité pour avoir la chance de vivre une vie comme les autres ! Sommes-nous tous des clones ?
— On vit dans une société de merde, tu n’y peux rien, si tu n’es pas dans le moule eh bien tu es l’équivalent d’un alien, déclare Julie fataliste. Mais bon, notre personnalité nous différencie des autres, et on va faire en sorte de mettre la tienne en valeur.
— Tu crois ? l’interrogé-je sceptique.
— Mais oui, si tu y mets du tien tu pourras même plaire…
— Fort heureusement ! la coupé-je offusquée.
— Je rigoleuuuh, me répond Julie en imitant une ado prépubère, bon tu ne t’occupes de rien, je me charge de la journée de vendredi.
— Je ne fais rien du tout ?
— Oh si, ma jolie. Tu vas te préparer moralement et crois-moi c’est déjà énorme !
Oui, j’en conviens… mais l’essentiel, je le sais, est d’avoir enfin eu ce fichu déclic !

ENRIQUE
 
Joris et Mick arrivent samedi, je dois aller les chercher à l’aéroport et ensuite à nous les soirées, à nous la belle vie telle que nous l’aimons, du moins, dès que nos problèmes seront résolus.
Mes deux collègues viennent s’installer à Paris, nous nous sommes associés pour reprendre un night-club dont le patron a confondu chiffre d’affaires et bénéfices… Nous nous sommes clairement fait avoir !
Putain ! Nous sommes mannequins, pas des hommes d’affaires aussi.
Les années ont passé sans que nous les ayons réellement vécues. Pour ma part, ma carrière a commencé quand j’étais juste un adolescent.
J’ai littéralement tapé dans l’œil de la recruteuse du défilé de mode d’un grand couturier français. Ma prestation l’ayant convaincue, je me suis retrouvé à signer plusieurs contrats, qui m’ont permis de visiter les endroits les plus classes de la planète. La célébrité m’a propulsé au rang de mannequin vedette reconnu dans le monde entier et franchement, je ne regrette rien, bien au contraire.
Seulement voilà, à trente-deux ans, je ne suis plus aussi coté. Bien évidemment, je reste un élément sûr, mais la chair fraîche est bien plus demandée. Nous sommes tout juste trentenaires et pensons déjà à nos retraites… la poisse !
Le club devait donc être un bon investissement, car le mannequinat va être de moins en moins lucratif. Il est grand temps de tourner la page aux années de ma jeunesse, du moins, celles passées sous le feu des flashs des photographes. Cette nouvelle vie que j’envisage paraît la meilleure option pour continuer à me dépenser physiquement et vivre des plaisirs de l’amour. Évidemment il va falloir redonner une image et une réputation d’enfer à notre boîte de nuit et ce n’est pas gagné, je me suis occupé de tous les problèmes matériels, mais j’ai vraiment hâte que mes deux collègues me viennent en aide pour le reste.
Il n’est pas loin de dix-neuf heures lorsque je reviens de la salle de sport et arrive devant mon immeuble.
Dire qu’il y a quelque temps, j’avais voulu vendre mon appartement parisien pour m’installer à Los Angeles, quelle connerie !
J’aime ma capitale, et en fin de compte, je suis bien content de l’avoir gardé. Le quartier est recherché et niveau voisinage tout le monde est assez sympa, enfin… sans compter « Souris voisine ».
Je n’en reviens toujours pas de son audace de la nuit dernière. Si on m’avait dit qu’elle oserait me tenir tête, je ne l’aurais jamais cru. Je reconnais que j’ai poussé le bouchon un peu loin avec mademoiselle Fressier. Elle n’est pas méchante, juste coincée.
Chaque fois que je reviens ici, j’organise des soirées jusqu’à tard dans la nuit, et elle ne m’a jamais cherché le moindre ennui. Bah, au pire, je lui ferai envoyer des fleurs avec un message d’excuses.
Cette pauvre fille ne doit pas connaître grand-chose au sport en chambre, ou si peu… je n’ai jamais vu d’homme à ses côtés.
J’ai été un vrai con, je l’avoue, je vais faire en sorte de ne pas recommencer ! Mais bon, la nana de cette nuit, call-girl de son métier, devrait être un ticket gagnant pour faire venir la bonne clientèle au club, ce que je recherche, à la base… J’ai allié l’utile à l’agréable.
Je passe le badge sur l’interphone et la porte du hall s’ouvre sur madame Bertrand… la concierge ! Et merde ! Pourquoi l’ai-je draguée, celle-là ?
Je lui ai laissé croire que je m’intéressais à elle et, depuis mon retour, elle n’arrête plus de me coincer dans tous les coins. Ça fait deux semaines et c’est hyper chiant. M’efforçant quand même de lui sourire, je l’écoute d’une oreille distraite tandis qu’elle roucoule comme une gourde. Elle est plutôt pas mal, mais je ne veux pas aller plus loin avec elle, certain que si je le faisais, je ne pourrais plus m’en débarrasser, et quoi de plus chiant qu’une femme possessive !
« Souris voisine » arrive, alors que la concierge se colle contre moi, et le regard qu’elle me lance me fait comprendre qu’elle est encore très en colère. Elle prend son courrier et se dirige vers l’ascenseur. Je la suis en saluant poliment notre gardienne.
Je regarde le dos de mademoiselle Fressier. Elle fait mine de s’intéresser à son courrier, comme si ma présence derrière elle ne la dérangeait pas du tout.
Peut-être est-ce le cas d’ailleurs.
Mes yeux remontent sur son cou. Elle a relevé ses cheveux en une queue de cheval et je remarque le petit grain de beauté juste en dessous de son oreille. C’est complètement débile, mais pour l’instant je le trouve diablement sexy.
Hou là ! Ça va de mal en pis… trouver « Souris voisine » sexy ? Elle a raison, je ne suis qu’un sale pervers.
L’ascenseur n’est pas très grand et, malgré le fait que je tienne mon sac de sport du revers de la main sur mon épaule, nous sommes très proches l’un de l’autre. Elle me tourne toujours le dos et je peux sentir la note fleurie de son parfum. Il faut reconnaître que dès que j’ai l’occasion de sentir cette fragrance, et, peu importe où je me trouve, je pense à elle… c’est la sienne… celle de « Souris voisine ».
Elle ne prend même pas la peine de me saluer… ce n’est pas son genre… bien que nos seules conversations aient été très furtives jusqu’à présent.
J’espérais au moins un bonjour… là. Même pas !
— Bon, je reconnais que j’y suis allé un peu fort cette nuit. Je vous prie de m’excuser, mademoiselle Fressier, dis-je pour entamer la conversation.
Yes ! Elle se retourne… Pour mieux me fusiller du regard…
— Oh, c’est vous ? Désolée, je ne parle qu’à mes sympathiques voisins… Or, vous êtes tout sauf agréable. Vous êtes grossier ! Sans cervelle et je dirais même plus, sans éducation ! Vous savez quoi ? En vérité vous êtes pitoyable ! Je vous défends de m’adresser la parole ! Je ne vous autorise même pas de me regarder !
OK, j’ai mérité son venin. Je prends donc sa diatribe en plaisantant, espérant que notre relation de bon voisinage revienne à la normale.
— Ça me paraît difficile…
— Pardon ? demande-t-elle, visiblement surprise.
— De ne pas vous regarder… de ne pas vous parler passe encore, mais ne pas vous regarder sera assez difficile… vous êtes ma voisine de palier et comme je compte rester ici quelque temps, voire même longtemps, il me sera compliqué de ne pas poser les yeux sur vous.
— Vous ne repartez pas ? s’affole-t-elle.
Et c’est moi qui ne suis pas sympathique…
— Ma foi non, désolé de vous décevoir, mais je m’installe à Paris, je compte monter une affaire ici, lui déclaré-je, sans comprendre vraiment pour quelle raison je lui raconte mes projets professionnels.
— Vous voulez dire que vous ne déguerpirez pas dans quelques jours, comme vous le faites d’habitude ? continue-t-elle, toujours inquiète.
— Non.
Voilà, simple et direct, ce qui me correspond beaucoup plus.
— Mais pourquoi ? s’alarme-t-elle de plus belle.
Elle est tout bonnement épouvantée et cela a le don de m’irriter.
— Cela, petite curieuse, ne vous regarde pas le moins du monde !
Elle passe d’horrifiée à sans voix. Normal, je viens une fois de plus de la moucher !
— Je… eh bien, je pense que nous allons devoir cohabiter dans cet immeuble. Il ne vous sera pas difficile de faire comme si vous ne me connaissiez pas, puisqu’il me paraît impossible de nous entendre sans mener bataille. Je présume que c’est la meilleure solution à notre euh… problème.
— Nous menons une bataille ? m’amusé-je.
— Eh bien, vous avez compris ce que je voulais dire : nous ne nous supportons pas. Il serait donc préférable de nous parler le moins possible, dit-elle, retrouvant une certaine assurance.
— Et si je vous invitais à dîner, cela nous permettrait-il de faire une trêve à notre bataille ?
Je ne sais pas ce qui me passe par la tête, encore une fois, ma bouche a été plus vite que mon cerveau.
— Quoi ?
— Vous avez des problèmes d’audition ?
— Dîner avec vous ? Elle est bien bonne celle-là ! s’esclaffe-t-elle.
— Vous pouvez m’expliquer en quoi ma proposition est risible ?
— Vous plaisantez, c’est cela ? Vous et moi en rencard ? Vous êtes encore plus arrogant que je ne me l’imaginais… Je sais que je ne suis pas le genre de femme que vous fréquentez, alors ne jouez pas au jeu du prince charmant avec moi !
Je viens de recevoir mon premier râteau ?
Il me semble que oui, j’en suis offensé à un point inimaginable… moi ! Le séducteur… moi, le mec pour qui toutes les femmes se battent… ne serait-ce que pour échanger quelques paroles… Moi, le mannequin adulé par des filles hyper sexy, je viens de me faire rembarrer par « Souris voisine ». J’hallucine…
Elle continue sur sa lancée en sortant de l’ascenseur, certainement, pour mieux me fustiger.
— Mon Dieu, quelle tête vous faites, remettez-vous, mon vieux ! De toute façon, vous et moi ça n’aurait jamais marché. Je ne prends mon pied qu’avec les mecs qui assurent cinq coups minima or il me semble que vous avez déclaré forfait au troisième ! continue-t-elle, un sourire suffisant sur ses lèvres.
Putain, tu parles ! Tu ne vas pas te laisser dénigrer par cette mégère prétentieuse, merde !
— Je ne souhaitais que me faire pardonner. Vous vous êtes imaginé bien des choses… vous n’êtes pas du tout mon genre c’est évident, je ne sors qu’avec des femmes, des vraies ! Pas des clones d’onryō !
— Eh bien, dans ce cas tout est parfait. Donc je ne vous retiens pas ! Bonne soirée !
— Oui ! Bonne soirée.
Mais quel con ! Si j’avais pu me foutre des claques, je m’en serais bien mis au moins deux.
Nous déverrouillons nos portes respectives et les claquons en même temps. Je souffle un bon coup… elle m’a déstabilisé. Cette nana est vraiment une emmerdeuse et, comme l’a dit mon coup de cette nuit : une coincée du cul !
Je souris, néanmoins je suis certain qu’elle ne sait absolument pas ce qu’est une onryō.

CHAPITRE 3
 
CLAIRE
 
La semaine s’est bien passée. Même plutôt très bien, étant donné que je n’ai pas recroisé mon enfoiré de voisin.
Je ne suis pas rentrée trop tard ce soir. Ce qui m’a permis de me faire couler un bon bain chaud et moussant. Je me suis plongée dans un roman érotique et le héros me fait grave fantasmer. Il est sexy et se trouve être tout à fait le genre de mec que j’aimerais rencontrer : protecteur, doux, prévenant… Un homme que l’on ne retrouve que dans les livres quoi… Un fantasme !
...

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