background image

La Liste de ses envies , livre ebook

66

pages

Français

Ebooks

2023

Écrit par

Publié par

icon epub

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Lire un extrait
Lire un extrait

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne En savoir plus

Découvre YouScribe et accède à tout notre catalogue !

Je m'inscris

Découvre YouScribe et accède à tout notre catalogue !

Je m'inscris

66

pages

Français

Ebooks

2023

icon jeton

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Lire un extrait
Lire un extrait

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne En savoir plus

Hugo, jeune trentenaire parisien, voue ses jours et ses nuits à son unique passion : la médecine. Jusqu'au jour où débarque, à l'improviste, au détour d'une salle d'attente, Anna. Une rencontre inattendue pour un destin inéluctable.De la capitale à la Bourgogne-Franche-Comté en passant par la cité rémoise, des rires aux larmes, de l'amitié à l'amour, de la vie à la mort, il n'y a qu'un pas. Une course contre le temps, contre l'amour. Une course contre la mort.Et si demain était votre dernier jour, que feriez-vous aujourd'hui ?
Voir icon arrow

Publié par

Date de parution

26 décembre 2023

EAN13

9791040543916

Langue

Français

Doriane Caillet
 
La Liste de ses envies

 
 
© Doriane Caillet, 2023
ISBN numérique : 979-10-405-4391-6

www.librinova.com
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
 
 
 
 
 
 
 
« Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir
et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns. »
Jacques Brel
 
 
 
 
 
 
 
À vous, qui m'avez fait comprendre qu'on a qu'une seule vie...
 
1
 
 
 
L’horizon défile sous ses yeux. De cette hauteur, elle aperçoit au loin les vastes champs verdoyants et la colline qui s’y repose. Le ciel, d’un bleu azur, présage un été on ne peut plus chaud. Tout est synonyme de calme, d’apaisement.
 
— Êtes-vous prête mademoiselle Miller ?
 
 
La voix d'un homme résonne dans l’habitacle, mettant fin à ses rêveries. J’y suis. Je vais le faire, je peux le faire , se rassure-t-elle. Ses dents se desserrent laissant place au sourire, avec une pointe de stress mais beaucoup d’excitation. Elle pense à sa famille et à ses amis restés sur la terre ferme, elle les imaginent lui sourire. Et elle s’élance.
 
***
 
Anna se réveille en sursaut. Des perles de sueur suintent sur son front. Ce n’est pas la première fois qu’elle fait ce rêve.
La sonnerie stridente du réveil retentit dans la pièce. Nerveusement, elle presse son doigt sur le bouton de l’appareil pour mettre fin à ce supplice matinal. 7 h 05. Il est grand temps d’aller me préparer , se dit-elle tout en étirant ses membres douloureux.
 
2
 
 
 
« Nous en sommes maintenant sûrs, l'équipe de France affrontera les incroyables et redoutables Croates. Qu'en pensez-vous Philippe, les Français ont-ils leur chance de remporter cette Coupe du monde ?
— Les Croates ont été très stratèges lors de cette demi-finale contre l'Angleterre. Rappelons que pendant toute la première partie, nous les pensions épuisés. Nous pensions même que le match était terminé ! Mais après la mi-temps, c'était... inimaginable ! Quant à l'équipe de France, elle a su montrer pendant toute cette compétition son dynamisme et sa réactivité. Les deux équipes sont selon moi très méritantes d'être arrivées jusque-là. Mais nous sommes Français, alors vive la France ! »
 
Hugo éteint le poste radio lorsqu'il arrive à l'entrée du parking de l'hôpital.
 
Bourguignon d'origine, le jeune trentenaire a rejoint la capitale dix ans auparavant pour suivre des études de médecine. Une fois diplômé et promu major de sa promotion, il a tout particulièrement sollicité l'hôpital Saint-Louis pour la spécialisation en chirurgie générale qu'elle pouvait lui offrir. Mais avant cela, Hugo devait faire ses preuves. Il est donc devenu interne, il y a maintenant quatre ans de ça.
 
Il se gare sur la place qui juxtapose l'entrée des Urgences et remonte l'allée jusqu'à la porte du hall principal. Le vent souffle violemment, faisant remuer les branches des marronniers. Le ciel couvert promet une journée maussade. Drôle de journée pour un début d'été , se dit-il tout en passant les portes battantes de son service à 7 h 30 tapantes.
 
3
 
 
 
Anna se gare sur une place en face de l'hôpital. Le parking pour visiteurs est désert. 8 h 20, plus que dix minutes à attendre , se dit-elle en tournant la clé dans la serrure de sa Fiat 500 rouge cerise. Tandis qu'elle scrute le ciel gris automnal, le vent se lève, faisant tourbillonner les feuilles à ses pieds. Un frisson parcourt son échine. Elle regrette sa veste laissée sur le tabouret de la cuisine. Elle presse le pas et atteint les portes du hall d'entrée quand les premières gouttes de pluie se mettent à tomber.
 
Assise dans la salle d'attente, Anna regarde les aiguilles de sa montre défiler, le tic-tac de la trotteuse l'hypnotisant peu à peu.
 
— Mademoiselle Miller, voulez-vous bien me suivre s'il vous plaît.
 
La voix rassurante et pleine d'entrain du Dr Morizot la sort de ses pensées. Les mains tremblantes, elle se lève de son siège et le suit d'un pas mal assuré.
 
***
 
Trente-trois minutes. C'est tout ce qu'il aura fallu pour que sa vie lui échappe. Anna serre la main du Dr Morizot et sort de son bureau avec la douloureuse impression que le monde vacille sous ses pieds, que sa vie semble prête à s'effondrer. Les jambes flageolantes, elle rejoint tant bien que mal la machine à café du hall d'entrée. Elle insère ses pièces dans la fente de l'appareil et, quelques secondes plus tard, encercle de ses mains encore moites le gobelet en carton brûlant. L'odeur du café inonde ses narines pour le plus grand réconfort de sa tête qui bourdonne.
 
4
 
 
 
Les heures défilent et les visites de contrôle s'enchaînent les unes après les autres. À 9 heures, Hugo quitte son service et traverse le hall d'entrée en quête de son breuvage matinal quotidien chez le marchand de cafés ambulant qui jouxte l'établissement.
 
C'est à ce moment précis qu'il la voit, assise sur une chaise, dos à l'immense baie vitrée. Face à elle, sur la table de bar en bois massif, repose un téléphone qu'elle scrute d'une allure pensive, hésitante, abattue, les yeux rougis d'avoir trop pleuré. Les larmes ont fait couler son mascara sur ses joues. En quatre ans, Hugo a vu des centaines de personnes désemparées et anéanties par une mauvaise nouvelle ou un proche parti trop tôt. Mais cette sensation est différente. Il prend alors conscience que la voir souffrir lui est insupportable.
 
Tout en s'approchant de la table, Hugo découvre un visage aux traits fins et réguliers. De longs cils fournis et courbés bruns subliment les yeux vert émeraude de la jeune femme. Ses cheveux ondulés descendent en cascade, venant parfaitement épouser le contour de son visage angélique.
 
— Le café de l'hôpital est infect. Le meilleur se trouve juste au coin de la rue, dit-il d'une voix douce et rassurante.
 
Les sourcils d'Anna se froncent. Elle redresse lentement la tête, la mine défaite. Hugo capte son regard éteint. Cette vision lui glace le sang. Elle refuse la proposition en bafouillant quelques excuses du bout des lèvres, mais il ne la laisse pas faire, la rassurant du mieux qu'il le peut. Vaincue, la jeune femme accepte et le suit vers la porte de sortie. À cet instant précis, sans même s'en rendre compte, Anna passa de l'ombre à la lumière.
 
***
 
Hugo prend place sur le banc en pierres qui longe le parc, face à l'hôpital. Il affectionne tout particulièrement cet endroit. À la fois de passage pour le personnel soignant, parents et enfants s'y retrouvent également, souvent après l'école, à l'heure du goûter. Les bambins vagabondent de jeu en jeu, laissant tout le loisir aux parents de converser entre eux. Un peu plus loin, les adolescents aiment se prendre en photo au milieu de l'esplanade boisée. Du banc en pierres, Hugo peut également apercevoir les jeunes mariés, sourire aux lèvres, qui passent le porche de la mairie sous le lancer de riz de leurs proches. À cet endroit précis, Hugo est au centre de la vie.
 
Anna s'installe à ses côtés, les yeux plongés dans son café viennois. Sans échanger un seul mot, il la fixe de ses yeux bleu azur. Un regard dense, profond et bienveillant. Les narines de la jeune femme se soulèvent au rythme de sa respiration saccadée, les larmes encore menaçantes. Autour d'eux, une foule de blouses blanches défile. Tandis qu'elle plonge son regard dans celui du soignant, l'esquisse d'un sourire timide se dessine sur son visage. Toute l'affluence lui paraît alors lointaine, comme s'ils se trouvaient dans une bulle dissociée du reste du monde.
 
— Je m'appelle Hugo, s’exclame-t-il, mettant fin au silence.
— Anna, balbutie-t-elle.
 
5
 
 
 
Des coutumes commençaient à s’installer entre les deux nouveaux amis. Comme par exemple la soirée Netflix du mardi soir chez Anna.
 
***
 
Fraîchement arrivée dans la capitale, tandis qu'elle se rendait à la librairie de sa grand-mère, Anna avait immédiatement eu le coup de cœur pour cette vieille bâtisse avec sa porte forgée bleue dont il manquait des gonds et son crépi blanc ivoire. Sa stupéfaction dépassa le seuil de l'entrée lorsqu'elle pénétra dans l'ancien entrepôt. Elle fut autant séduite par sa localisation (face à la librairie), sa hauteur sous plafond et ses briques aux murs que par les cent mille possibilités d'aménagement qui lui traversaient l'esprit. Pour une bouchée de pain, elle devint acquéreuse de ces quatre murs et de son premier chez-soi. Depuis, la jeune femme, artiste dans l'âme, avait repensé le local dans sa globalité pour en faire un loft industriel emprunté au style new-yorkais. Du parement des murs à celui des sols en passant par l'aménagement de l'immense espace commun de près de cent-vingt mètres carré et de la mezzanine qui surplombe la pièce à vivre, Anna n'avait rien laissé au hasard : une baie vitrée, une bibliothèque en bois massif reposant sur un pan entier de mur, une jungle à ciel ouvert où s'entremêlent ficus, cactées, aspidistra, calathea crocata, ceropegia woodii, sanseveria ou encore tradescantia, et le tout dans des tons chaleureux de blanc, marron et gris métallisé.
Tandis qu'il y mettait les pieds pour la première fois, Hugo fut immédiatement fasciné par cet écrin de verdure aux allures américaines logé en plein cœur de la capitale française.
 
***
 
La jeune femme saisit le paquet de chips et en déverse le contenu dans un saladier, quand le bruit strident de l’interphone résonne dans l’appartement. 20 heures, il est toujours à l’heure , pense-t-elle tout en jetant un œil à l'horloge du salon.
 
— J’arrive !
 
Et comme tous les mardis soir, Hugo apparaît à l’embrasu

Voir icon more
Alternate Text