La tentation de Maïwenn
125 pages
Français

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La tentation de Maïwenn , livre ebook

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Description

Maïwenn est une jeune femme née de parents modestes. Petite, elle adorait confectionner de magnifiques robes de bal à ses poupées en rêvant de devenir une belle princesse.


Arrivée à l’âge adulte, Maïwenn a vite déchanté. Elle travaille comme couturière dans un théâtre parisien et nage dans la pauvreté et l’anonymat.


Mais un jour, le destin lui envoie un signe. Elle heurte accidentellement quelqu’un qui va changer sa vie : un prince. Derrière son apparence charmante, la jeune femme devine un côté sombre qui l’attire irrésistiblement et la repousse à la fois.


Succombera-t-elle à la tentation ?


Maïwenn le découvrira dans un palais digne des contes de fées en plein cœur des Alpes.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 31
EAN13 9782902427864
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LA TENTATION
de Maïwenn
 
 
Lili Wild
 
LA TENTATION
de Maïwenn

 
«Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur ou l’éditeur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.»
 
 
ISBN papier : 978-2-902427-87-1
ISBN numérique : 978-2-902427-86-4
©Lili Wild
 
Édition : Plumes de Mimi éditions, 122 rue de l’Argonne, 62117 Brebières.
Siret : 84469800100014
Dépôt légal : 05/2021
 
Lili Wild
J’écris depuis des années et je suis également une grande lectrice depuis mon plus jeune âge. Les romans me permettent de m’évader, tout comme les arts en général. Mon imagination déborde, je m’inspire de tout ce qui m’entoure et la seule chose qui me freine est le manque de temps. J’ai d’abord proposé mes écrits sur la plateforme de partage d’écriture Wattpad où j’ai eu de bons retours de mes lecteurs, ce qui m’a encouragée à envisager un avenir de papier pour mes romans.
 
Si la romance fait partie intégrante de toutes mes histoires, elle se décline sous plusieurs formes allant du feel good à la romance à suspense en passant par la dark romance. La Tentation de Maïwenn est mon premier roman publié mais d’autres vont suivre très rapidement !
 
N’hésitez pas à me suivre sur mes réseaux sociaux d’auteure pour être au courant de mes aventures livresques !
Profil Instagram : lili_wd_auteur
Profil Facebook : Lili Wild Auteure
 
 
 
 
 
À toutes les personnes qui prendront le temps de tourner ces pages,
TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1 : Dans l’ombre de la scène
Chapitre 2 : Danse et envole-toi
Chapitre 3 : Ravie de vous rencontrer
Chapitre 4 : Coups du sort
Chapitre 5 : Née sous une bonne étoile
Chapitre 6 : Dans la gueule du loup
Chapitre 7 : Proposition (in) décente
Chapitre 8 : Voyage vers l’inconnu
Chapitre 9 : Instant vérité
Chapitre 10 : Bienvenue à Ferya !
Chapitre 11 : Rêve étrange
Chapitre 12 : Le cœur à ses raisons
Chapitre 13 : Que la raison n’ignore pas !
Chapitre 14 : Une seconde d’éternité
Chapitre 15 : Invitation
Chapitre 16 : Une bonne fée pour marraine
Chapitre 17 : Une apparition
Chapitre 18 : Jalousie
Chapitre 19 : Tempêtes
Chapitre 20 : Embrasse-moi sous la neige
Chapitre 21 : Amour sensuel
Chapitre 22 : Quand arrivent le regret et l’amertume
Chapitre 23 : Les lendemains sont parfois difficiles
Chapitre 24 : Discussions houleuses
Chapitre 25 : Tendresse
Chapitre 26 : Rapide déconvenue
Chapitre 27 : Un temps pour une robe
Chapitre 28 : Faire bonne figure !
Chapitre 29 : En route vers le succès !
Chapitre 30 : Entrevue mouvementée
Chapitre 31 : Encore
Chapitre 32 : Possession
Chapitre 33 : Révélation
Chapitre 34 : La vie est belle ?
Chapitre 35 : Dire au revoir
Chapitre 36 : Une histoire à succès
Chapitre 37 : De l’amour à Paris
Chapitre 38 : Préparation
Chapitre 39 : Déclaration
Chapitre 40 : Fin heureuse
Chapitre 41 : Ou pas
Chapitre 42 : Un choix difficile à faire

 
PRÉFACE
— C’est à présent au tour de la princesse Leila de danser avec le prince Rémi ! clame d’une voix grave et sérieuse la petite Maïwenn, tandis qu’elle fait avancer avec cérémonie sa poupée sur un tapis rouge imaginaire.
 
La poupée en plastique a de longs cheveux blonds bouclés et un sourire figé. Les bras tendus en avant, elle déambule sous le regard pétillant de l’enfant. La princesse Leila est vêtue une robe en tulle, parsemée de petites paillettes argentées, celles-ci ont été collées à la main, le résultat est empli d’imperfections. Malgré cette absence de finitions et d’élégance, pour le prince Rémi, elle demeure la plus belle de l’histoire. Une histoire parmi tant d’autres que s’est inventées Maïwenn.
Une dizaine de poupées semblables à Leila patientent en position assise, le long du mur. La seule chose qui permet de les différencier : leurs robes. On remarque au premier coup d’œil qu’il s’agit de l’œuvre maladroite d’une enfant. Les tissus ont été coupés à l’aide d’un ciseau d’école et des fils pendent de toutes parts. Cependant, l’ensemble demeure assez harmonieux et Maïwenn s’en contente, elle est satisfaite de ses œuvres. Elle les a conçues avec la machine à coudre que sa grand-mère, Diana, lui a offerte pour ses huit ans. Diana travaille dans un atelier de couture depuis une quarantaine d’années. Son employeur a pour client l’opéra Garnier de Paris et la couturière ne manque pas une occasion de rapporter des soies magnifiques à sa petite-fille. En effet, et pour son plus grand bonheur, Maïwenn a hérité de sa passion pour les vêtements. Elle dessine depuis qu’elle sait tenir un crayon de papier.
 
— Tu vas bien, ma chérie ? demande Fanny, la mère de Maïwenn, en passant la tête par l’embrasure de la porte de la chambre de sa fille.
 
Maïwenn porte un diadème en plastique et, lorsqu’elle lève la tête pour répondre à sa mère, il tombe sur ses yeux noisette.
 
— Oui, mais ne rentre pas ! Tu vas interrompre le bal et le prince ne pourra pas demander la princesse en mariage ! prévient l’enfant, en fusillant du regard sa maman.
 
L’adulte la dérange pendant qu’elle évolue dans une bulle, son monde d’innocence en quelque sorte, qui la protège de bien des tracas du quotidien.
 
— Très bien, alors je sors du château, mademoiselle ! Mais ta grand-mère est arrivée, alors viens lui dire bonjour dès que tu seras moins occupée !
 
Maïwenn pousse un cri de joie à cette nouvelle. Elle se redresse d’un bond et envoie valser ses jouets, tout à coup bien futiles. Elle passe devant sa mère qui rit en la voyant courir, son diadème mis de travers.
 
— Mamie !
 
La petite fille se jette dans les bras de la vieille dame qui la serre avec tendresse, en caressant ses doux cheveux bruns. Ces instants de bonheur ne sont pas rares dans le quotidien de la fillette qui vit entourée d’amour de la part de sa grand-mère.
 
— Ma princesse, comme tu es jolie ! Je t’ai rapporté quelque chose.
 
Les yeux de Maïwenn s’écarquillent et sa bouche s’étire en un O admiratif. Une pièce de soie blanche au liseré doré glisse entre ses doigts.
 
— Il s’agit de chutes d’une tenue pour une grande ballerine. Elle va danser la princesse Odette du Lac des cygnes, lui annonce Diana, en s’asseyant avec difficulté dans un fauteuil.
 
Maïwenn analyse le tissu dans tous les sens, c’est un cadeau précieux et, malgré son manque d’expérience en haute couture, elle s’en rend tout à fait compte. Son visage se ferme tout d’un coup, elle pose le tissu sur la table basse et se réfugie sur les genoux de sa grand-mère.
 
— Tu crois qu’un jour, moi, je serai une princesse, mamie ? demande-t-elle en toute innocence.
 
Elle lève ensuite ses grands yeux rêveurs pour regarder la lune qui brille, au loin, par-delà la fenêtre.
 
— Tu es déjà une princesse, Maïwenn. Tu as la beauté et l’élégance des grandes dames de ce monde.
 
Mais Maïwenn sait bien que ce n’est pas vrai, elle n’est pas une princesse. Sa famille est pauvre. La petite fille a de la peine pour ses parents, car malgré son jeune âge, elle comprend qu’ils sont malheureux. Ils travaillent tous les deux beaucoup pour essayer de lui offrir une enfance heureuse. Malheureusement, dans le monde réel et injuste, il y a les favorisés et les autres.
Fanny esquisse un sourire triste en acquiesçant à ce que dit sa mère. Cependant, Maïwenn n’est pas dupe. Quand tous ses copains d’école ont de beaux vêtements, elle porte les mêmes habits plusieurs fois par semaine. Elle a des poupées, mais ne va ni aux musées ni aux spectacles, comme le font les autres enfants de son âge. Être confrontée aux injustices de ce monde, en étant aussi jeune, a fait naître en elle un instinct de rébellion et un caractère bien trempé. Un peu timide et renfermée de premier abord, elle ne se gêne pas pour riposter aux agressions qu’on lui inflige dans la cour de récréation.
Diana reste avec eux pour dîner, comme bien souvent. Une fois sa grand-mère repartie chez elle, Maïwenn retourne dans sa chambre et reprend simplement son jeu, là où elle s’est arrêtée.
 
— La grande couturière royale, Maïwenn, vous annonce que la robe de mariée de la princesse Leila va commencer à être dessinée !
 
La petite fille pose délicatement le tissu offert par sa grand-mère sur son bureau. Elle prend ensuite ses feuilles et crayons. Il est tard quand elle a terminé son dessin. Heureuse, elle se met dès le lendemain à réaliser des patrons, en rêvant qu’un jour, elle aussi pourrait porter une robe de princesse.
 
 
CHAPITRE 1
Dans l ’ ombre de la scène
— Fais attention, Maïwenn ! Tu viens de me piquer la cuisse ! grogne la voix aiguë de Priscilla, l’actrice principale de la pièce de théâtre Les Caprices D’Une Lady . 
 
Elle s’écarte d’un geste violent, entraînant avec elle les aiguilles que la jeune couturière vient juste de disposer, réduisant à néant, sous ses yeux dépités, l’intégralité de son travail.
Maïwenn soupire si faiblement qu’elle-même ne s’entend pas le pousser. Elle se baisse, en évitant soigneusement de croiser le regard de l’actrice en furie.
 
— Pardon, bredouille la couturière.
 
Elle essaie péniblement de ramasser ce qui est tombé, le plus vite possible. Les aiguilles se plantent dans la pulpe tendre, mais elle ne sent presque pas la douleur, habituée à se piquer la peau avec ces outils pointus ce qui a créé une sorte de corne au bout de ses doigts.
Priscilla se tient debout, les poings plantés dans ses hanches, soupirant bruyamment et tapant du pied, pour marquer son profond agacement devant l’apparente maladresse de Maïwenn.
« Ce rôle de peste te va comme un gant, pétasse ! » se dit justement celle-ci qui tente avec habilité de rattraper une déchirure, dans un repli de la robe en velours rouge.
Le premier rôle masculin, qui donne la réplique à Priscilla, a accroché un bout de tissu. Comme il s’agit d’une matière fragile, cela s’est rompu. Les foudres de la diva se sont déclenchées en coulisses. Celle-ci s’est alors ruée sur la pauvre Maïwenn qui préparait alors les cafés pour la troupe. L’actrice lui a hurlé de réparer les dégâts sans aucune délicatesse ou au moins politesse.
C’est heureusement l’entracte. Même si Maïwenn a le poste d’assistante du directeur, en vérité, elle joue les boniches pour des acteurs imbus d’eux-mêmes et méprisants. Elle a peu de temps pour réparer l’accroc si elle ne veut pas que Priscilla lui plante les aiguilles dans le bras comme elle l’a déjà fait. Heureusement, les mains de Maïwenn ne tremblent pas, elle a pris l’habitude de travailler dans l’urgence avec le monde du théâtre. Et en effet, en quelques dizaines de secondes, toute trace de l’accident a été effacée. Maïwenn est très douée de ses mains, mais elle n’obtient même pas un remerciement pour sa prestation. Un sourire aurait suffi, mais elle sait se contenter de travailler dans l’indifférence voire dans le mépris le plus total.
Maïwenn regarde l’actrice partir dans une robe qu’elle-même a créée et réalisée. Priscilla est d’une insensibilité monstrueuse, comme tant d’autres, au fait que Maïwenn passe des nuits derrière sa vieille machine à coudre à reprendre les pièces rapiécées et à leur redonner de la splendeur. La couturière s’accoude à un tréteau, cachée sur le côté de la scène. En silence, elle admire les planches de parquet brillantes sur lesquelles la diva rencontre son prétendant en secret. Sous une arche fleurie de roses rouges, assorties à la robe de Priscilla, les deux amoureux tombent dans les bras l’un de l’autre, sous les applaudissements.
Maïwenn s’imagine à la place de Priscilla, embrassant avec passion un jeune homme aux traits flous qui lui murmure passionnément :
 
— Je t’aime.
 
Des frissons parcourent le corps de la jeune femme tandis qu’elle se laisse aller à rêver. Des mains fortes et douces à la fois caressent tendrement ses épaules tremblantes. Une bouche volontaire et déterminée se promène sur son cou, remonte le long de son visage avant de se poser sur la sienne avec délice. Malheureusement, la réalité la rattrape rapidement. Elle sursaute, en entendant la voix criarde de son patron qui hurle depuis le plateau.
 
— Maïwenn ! Les cafés et que ça saute !
 
Rideau.

 
CHAPITRE 2
Danse et envole-toi
Maïwenn claque la porte de son petit appartement avec rage. Elle jette violemment son sac sur le canapé, faisant tomber la pile de croquis entassés dessus. Lâchant un juron, elle se met au sol pour ramasser les papiers. Son regard est soudain happé par le dessin d’une robe blanche de mariée, celle qu’elle a créée étant enfant. Son cœur se serre et toute colère la quitte d’un coup. Elle s’assoit en tailleur. Les larmes jaillissent de ses yeux, coulent le long de ses joues roses. Elle se met à repenser à sa grand-mère, décédée d’un infarctus quelques années auparavant. La jeune femme soupire à ce souvenir. La mélancolie la prend aux tripes et l’air commence à lui manquer. Elle se remémore comment elle en est arrivée là, passant d’enfant rêveuse à adulte blasée.
Après un baccalauréat littéraire qui ne l’a pas passionnée, mais a eu pour mérite de faire plaisir à ses parents, Maïwenn est partie habiter chez Diana à Paris. Elle voulait se rapprocher de son rêve et devenir une grande couturière réputée dans le monde de la mode. C’est sa chère grand-mère qui lui a trouvé du travail dans un petit théâtre parisien. Au début, la jeune femme a vécu un véritable rêve éveillé.
 
— Ton père et moi n’avons pas les moyens financiers de t’aider. Nous nous efforcerons d’être là pour toi, si tu as besoin d’aide ou à t’encourager de loin, car nous t’aimons, lui a dit sa mère en l’enlaçant sur le quai de la gare avant qu’elle ne quitte sa petite ville natale pour la grande capitale française.
 
Ouvriers dans une usine de traitements de produits chimiques, ses parents ont de faibles revenus. Même s’ils ne le lui ont jamais dit, Maïwenn sait qu’elle n’a pas été désirée et a été un poids pour eux. Elle vit donc seule à présent que Diana est morte, ce qui lui pèse parfois.
Son téléphone portable sonne, interrompant brutalement ses pensées. Elle se rappelle bien vite qu’elle n’est pas totalement seule.
 
— Salut, Maïwenn, c’est Elena. Tu pourrais m’amener la tunique que je t’ai filée ? On se retrouve au bar  Ice Shoes  à vingt heures ? hurle une voix amicale et excitée dans le combiné.
— Elena, je ne sais pas si je vais avoir le temps, je suis fatiguée et demain je commence…
— Oh, assez d’excuses, ça fait au moins un mois qu’on ne t’a pas vue ! Si tu ne viens pas de toi-même, je passe te chercher ! grogne Elena, de sa voix aiguë et stridente. 
 
Maïwenn regarde discrètement son horloge qui indique 18 h 20. Elena a raison, sortir avec ses amis lui fera du bien. 
 
— Très bien, pas la peine de venir, je sais me déplacer ! 
— Si tu n’es pas là à l’heure prévue, j’envoie un ami qui est vigile et costaud pour qu’il te ramène par la peau des fesses ! 
 
Après avoir raccroché, tout en ayant un peu peur, car elle connaît le caractère excentrique de son amie, Maïwenn court voir ce qu’elle a à se mettre dans son placard et choisit une robe bleu nuit. Celle-ci lui arrive aux genoux et souligne ses formes bien dessinées. Maïwenn ne se considère ni grosse ni maigre, elle est normale et attire peu l’attention, contrairement à son amie mannequin.
Ses cheveux couleur noisette assortis à ses yeux sont longs et ondulés, elle les laisse libres, n’ayant pas envie de se faire une coiffure compliquée. Une touche de mascara doré pour souligner ses prunelles claires et du rouge à lèvres rose léger seront son seul maquillage, le tout d’une marque qui ne teste pas ses produits sur les animaux, car le bien-être animal lui tient à cœur.
C’est discret, mais suffisant, pour elle du moins. Elle chausse des escarpins aux talons bas, pratiques pour danser, et part en ville. 
 

— Ma chérie, tu es sublime, comme toujours ! l’accueille Elena, en l’embrassant sur les deux joues. 
 
Elle laisse, au passage, une traînée de parfum épicé. Elena a de longs cheveux d’un blond presque blanc lisses, magnifiques et est mannequin. Maïwenn l’a rencontrée à un défilé et Elena est vite tombée sous le charme du talent de la jeune couturière. Elle l’a présentée à tout un tas de personnes et des amitiés qu’elle pense sincères sont nées. Elena connaît l’histoire de Maïwenn et l’encourage beaucoup, comme le ferait une grande sœur. 
 
— Merci, tiens, je t’ai ramené ta tunique, crie Maïwenn en essayant de couvrir la musique qui résonne dans la petite salle du bar.
— Bordel, Maïwenn, c’est incroyable comme tu es formidable ! dit Elena en dépliant le tissu rouge que son amie a découpé.
 
Il soulignera ainsi sa silhouette fine et est tissé de motifs brillants sur les manches. 
 
— Deux coups de ciseaux et c’était vite fait, murmure la jeune femme, se sentant rougir. 
 
Elle n’est pas habituée aux compliments et est extrêmement gênée quand elle en reçoit.
 
— Allez, viens, je te paie un verre pour te remercier. 
 
Elena l’entraîne à une table où une dizaine de personnes rit et discute dans un vacarme assourdissant. Maïwenn en salue certaines, mais, comme son amie a tendance à rapporter des tas de nouvelles têtes à chaque sortie, elle sourit juste poliment aux autres, car elle n’aime pas trop les effusions conventionnelles d’affection qu’elle juge hypocrites.
La soirée permet à Maïwenn de décompresser. Elle parle de tout et de rien avec Elena ce qui la détend jusqu’à l’instant fatidique…
 
— Et niveau cul, tu en es où ? lui demande tout à coup son amie. 
 
Maïwenn recrache la gorgée de mojito qu’elle était en train d’avaler ce qui lui vaut des regards amusés de la part de certaines personnes. 
 
— Quoi ? demande-t-elle en toussant. 
 
Elena soupire. Maïwenn a 22 ans et à ce qu’elle en sait, elle n’a eu que très peu de petits amis et aucune expérience sexuelle. Elle est pourtant jolie et son air de poupée fragile fait fondre beaucoup de monde. Sa nature si timide et fermée aux contacts avec les autres personnes a pour conséquence qu’elle demeure seule et célibataire.
L’amie du mannequin n’a pas beaucoup de chance. Elle est douée et pourrait réellement devenir une styliste célèbre, mais elle n’a pas l’argent nécessaire pour intégrer une école. Que ce soit en amour ou au travail, Maïwenn est transparente. Elena préfère donc changer de sujet de peur de la vexer. Un sourire se dessine sur ses lèvres fines.
 
— Rien, tu es au courant que le prince héritier de Ferya se trouve à Paris pour affaires ?
— Non, je ne savais même pas qu’il y avait un pays appelé Ferya, concède Maïwenn en baissant les yeux sur son verre. 
— C’est une petite principauté très riche nichée dans Les Alpes, qui compte un village fortifié et un château digne des contes de fées. C’est magnifique et ils y organisent régulièrement des bals. 
— Des bals ? demande Maïwenn, intéressée, car elle s’imagine déjà les robes et costumes que portent les gens lors de ces événements. 
— Oui, des hommes et femmes célèbres du monde entier y vont. Ce sont des événements très prisés et j’espère y être invitée un jour. 
— Tu le seras, tu es de plus en plus connue dans le monde de la mode.
 
Son amie ne l’écoute même pas.
 
— Le prince Stephen est d’une telle beauté ! Si tu le voyais, même toi tu serais sous le charme. 
 
Elena a une idée en tête, enfin un homme, et dans ces cas-là, il est bien difficile de lui faire penser à autre chose.
 
— Sûrement, murmure distraitement Maïwenn qui, elle, essaie d’imaginer la vie dans un endroit comme Ferya. 
— D’ailleurs, une soirée est organisée en son honneur demain soir et ce serait bien que tu m’accompagnes ! J’ai entendu qu’ils sont à la recherche de stylistes pour préparer les fiançailles du prince avec une actrice ou un truc dans le genre, quelle garce celle-là. 
— Ils ne s’intéresseront pas à moi, Elena. 
— Qui sait ? 
 
Elle glisse un clin d’œil à Maïwenn et l’entraîne sur la piste de danse. La jeune femme ferme les yeux et laisse son corps se déhancher, enivrée par des sensations apaisantes liées à la musique.
Qu’importent les princes et les actrices, elle ne voudrait de leurs places pour rien au monde ! Tout ce qui lui tient à cœur est d’éviter les vagues et de pouvoir s’adonner à ses passions sans remous émotionnels. L’amour, ce n’est pas pour elle, elle ne veut pas se prendre la tête.

 
CHAPITRE 3
Ravie de vous rencontrer
Maïwenn est bouche bée. De luxueux luminaires brillent, accrochés à un plafond voûté en verre. Ils scintillent de mille feux comme des diamants. Partout autour d’elle, des gens de la haute société s’affairent avec allégresse et dans l’opulence.
Si Elena ne lui tenait pas le bras avec force en cet instant, elle serait déjà partie en courant de la pièce. Elle ne s’est encore jamais rendue à une soirée mondaine et en est quelque peu intimidée. Elena, elle, déambule à son aise et salue avec élégance presque tous les convives même ceux qu’elle ne connaît pas.
Maïwenn a l’impression d’être un caniche qu’on balade en laisse contre son gré. 
 
— Champagne ? leur propose un charmant serveur en souriant tout particulièrement à l’attention de Maïwenn.
— Merci, elle veut bien un verre la demoiselle, voire plus ! murmure Elena en fourrant de force une coupe dans la main de son amie. 
 
Elle glisse ensuite un clin d’œil complice au serveur.
Maïwenn le fusille du regard quand celui-ci la reluque sans gêne de haut en bas. Elle gronde son amie dès qu'il s’est enfin éloigné.
 
— Elena, franchement, calme-toi, tu m’as fait honte !
— Ne t’offusque pas, darling, mais à mon avis, tu lui as fait beaucoup d’effet ! Je pense que c’est grâce à ma robe que tu portes et pour une fois le tissu ne masque pas tes jolies petites oranges ! glousse Elena en plaisantant dans l’espoir de détendre son amie qui paraît crispée.
 
Maïwenn pouffe et doit en effet admettre que la robe violette aux motifs noirs, décolletée sans que cela soit indécent, la rend moins quelconque que d’ordinaire. Ses cheveux sont ramenés en une queue de cheval haute et beaucoup d’hommes l’ont regardée avec curiosité au cours du début de soirée.
 
— Mesdames et messieurs, un instant s’il vous plaît ! clame d’une voix forte un vieil homme en costume gris et à l’allure impeccable.
 
Les gens se taisent, bien disciplinés, et s’avancent vers une sorte d’estrade sur laquelle il est perché. Elena et Maïwenn se mettent en retrait, car elles ne veulent pas se faire remarquer, du moins pour le moment, préférant épier le gratin qui se rassemble devant elles.
 
— Le roi Ethan et la reine Mildred n’ont pas pu se déplacer à cause de problèmes politiques dans leur beau royaume de Ferya. Nous avons néanmoins l’honneur et le privilège de recevoir aujourd’hui, leur fils unique et prétendant au trône…
 
Maïwenn ne s’intéresse guère aux people et commence à avoir envie d’aller aux toilettes. Elle regarde en arrière et voit une porte sur la droite. La salle est plongée dans le noir, car un diaporama défile, pendant que l’homme parle. Elle murmure à Elena qu’elle revient, mais celle-ci est si occupée à chercher le prince des yeux qu’elle ne l’écoute pas.
Maïwenn s’éclipse alors à reculons et rentre dans quelqu’un. Elle manque de tomber et pousse un petit cri de frayeur, mais la personne la retient d’un geste ferme. Quand Maïwenn se retourne pour remercier son bienfaiteur, elle remarque que c’est un jeune homme à la stature assez imposante. Il est plutôt grand avec des cheveux sombres encadrant son visage. Elle ne distingue pas bien ses yeux, mais discerne son rictus en coin qui frôle la perfection.
 
— Merci, je suis désolée, murmure-t-elle honteuse à l’inconnu, en lui souriant en retour.
— Ce n’est pas grave, j’adore être bousculé par de jolies jeunes femmes ! 
 
Il fait de l’humour et a une voix grave vibrante. Maïwenn se sent troublée et essaye de déterminer la couleur de ses pupilles.
 
— Je voulais juste aller me rafraîchir, ces discours barbants sur des pseudos-personnalités ayant pour seul atout d’être nées avec une cuillère en argent dans la bouche m’ennuient… avoue Maïwenn, en se tenant droite face à l’homme. 
 
Elle ne sait même pas pourquoi elle a sorti cette phrase, mais à voir l’expression amusée du jeune homme, elle se dit qu’elle l’a au moins fait rire.
 
— Comme je vous comprends, murmure l’inconnu à son tour en se penchant à son oreille ce qui a pour effet d’allumer le feu dans son corps. 
 
Elle recule, effrayée par les sensations qu’il vient d’éveiller en elle, puis s’éloigne et l’entend dire :
 
— Heureux de vous avoir rencontrée, Maïwenn.
— Hein ? Mais comment connaissez-vous mon prénom ?
 
Son cœur manque un battement et elle se tourne vers lui. Il lui fait un clin d’œil et disparaît dans la foule.

 
CHAPITRE 4
Coups du sort
Maïwenn s’asperge de l’eau sur le visage avant de se rappeler qu’elle est maquillée et ne peut que constater les dégâts causés par son oubli. Son mascara a coulé et lui donne l’air d’un clown malheureux. 
 
— Eh mince, grogne-t-elle en frottant ses yeux pour...

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