Le jeu charnel
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Description

Céleste vient d'emménager dans une petite ville du Vermont après avoir été renvoyée de son école privée. À peine vient-elle d'arriver qu'elle croise trois impitoyables séducteurs, insensibles à tout le mal qu'ils provoquent autour d'eux. Ils contrôlent tout le lycée, même les enseignants, et se fichent éperdument des autres élèves.


Lorsqu'ils se rendent compte qu'elle paraît indifférente à leur charme, ils cherchent à relever un nouveau défi, en décidant de l'introduire dans un jeu de séduction où il n'y aura qu'un vainqueur : celui qui parviendra à la séduire charnellement. Toutefois, Céleste est meilleure joueuse qu'ils ne s'y attendaient et les garçons apprendront à leurs dépens qu'il ne faut jamais crier victoire trop tôt.



Se laisseront-ils prendre à leur propre jeu ?

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9791034816002
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait


Lorsqu'ils se rendent compte qu'elle paraît indifférente à leur charme, ils cherchent à relever un nouveau défi, en décidant de l'introduire dans un jeu de séduction où il n'y aura qu'un vainqueur : celui qui parviendra à la séduire charnellement. Toutefois, Céleste est meilleure joueuse qu'ils ne s'y attendaient et les garçons apprendront à leurs dépens qu'il ne faut jamais crier victoire trop tôt.



Se laisseront-ils prendre à leur propre jeu ?

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Le Jeu charnel

 
 
 
 
Nadège Fillion
 
 
Le Jeu charnel
 
 
Couverture : Chloé S.
 
 
Publié dans la Collection Enaé
 
 

 
 
© Evidence Editions 2020

 
Mot de l’éditeur
 
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« Dans le jeu de la séduction, il n’y a qu’une seule règle :
Ne jamais tomber amoureux. »
Citation du film Sexe Intentions
 
 
 
 
Prologue

 
 
 
— Céleste ! Dépêche-toi, espèce de tortue bouffonne à longues jambes !
Mon charmant frère de vingt-deux ans, Justin, m’attendait impatiemment dans le salon. Il avait proposé de me déposer au lycée avant de se rendre à son cours de boxe. Pourtant, j’avais pris la peine de me lever assez tôt pour être à l’heure à mon premier jour de classe.
Malheureusement, comme d’habitude, je ne parvenais jamais à gérer mon temps convenablement et je terminais toujours par courir un peu partout.
Après ma douche, j’avais soigneusement séché mes cheveux châtains mi-longs. Ils ondulaient naturellement, mais, malheureusement, cela nécessitait une longue préparation afin que je ne ressemble pas à un épagneul. Afin d’économiser un peu de temps, je les avais relevés en chignon !
Puis, j’avais méticuleusement choisi ma tenue pour finalement terminer avec un jean à trous et un débardeur bleu qui mettait en valeur mes yeux de la même couleur.
Bref, je commençais tout juste à m’habiller lorsque mon frère avait hurlé de me dépêcher. Il était entraîneur de boxe depuis un an et était toujours à l’heure, lui.
— J’arrive ! criai-je en enfilant difficilement mon débardeur.
Ma tête resta coincée dans l’ouverture du col et je me débattis en trottinant. Résultat : je me cognai le pied contre mon bureau et m’affalai par terre en hurlant de douleur. Je pouvais être vraiment maladroite lorsque j’étais pressée.
— Hé, Bouffonne ! Ça va ?
— Qui a placé ce foutu lit là ? hurlai-je.
— C’est toi qui m’as demandé de le mettre à cet endroit et, si tu n’es pas contente, la prochaine fois, tu n’auras qu’à le faire toi-même.
Justin m’avait gentiment aidée à m’installer, la veille, lors de mon emménagement. Mon père vivait dans une petite ville du Vermont, un trou perdu, selon moi, puisqu’il n’y avait qu’un minuscule supermarché et aucun cinéma. Quant au centre commercial, pas la peine d’en parler. J’avais bien fait de refaire ma garde-robe avant de quitter New York.
La maison ressemblait à un grand cottage de style champêtre. Elle était située dans un petit quartier où les gamins jouaient au street hockey et où ils se promenaient en planche à roulettes au beau milieu de la rue, qui se terminait en cul-de-sac. Je me demandais pourquoi mon père avait opté pour cet emplacement où vivaient de jeunes familles, la nôtre ne pouvant plus vraiment être définie par ce terme. Je supposais que la maison lui avait plu lorsqu’il l’avait achetée quelques années auparavant. Son style coïncidait avec celui de mon père, lui rappelant probablement maints souvenirs puisqu’elle était à l’image de sa maison d’enfance, mais plus actuelle, bien sûr. La tourelle sur sa façade ainsi que la grande galerie extérieure – comportant, bien évidemment, une balancelle comme dans les films à l’eau de rose –, les colonnes victoriennes agrémentées de dentelle décorative et d’ornements de pignons la distinguaient de la majorité des habitations des voisins, qui arborait un style moderne.
La demeure était néanmoins très spacieuse, assez pour y loger mon père et mes trois frères, quatre hommes qui déplaçaient de l’air. Et désormais moi, qui vivais à New York avec ma mère jusque tout récemment.
J’avais fait une grosse bêtise et on m’avait renvoyée de mon école privée. Ma mère avait piqué une de ces crises et, pour me punir, avait décidé de m’envoyer vivre avec mon père et mes frères, tous plus vieux que moi. Jusqu’à l’an dernier, Peter, âgé de vingt ans, habitait avec nous, mais avait décidé de venir travailler avec notre père.
Taylor, dix-neuf ans, ainsi que Justin habitaient depuis maintenant dix ans avec lui. Il possédait une grosse compagnie de plomberie et n’était pas souvent présent. Je le voyais seulement une fois par an, à Noël, et ne le connaissais pas beaucoup. Je ne l’appelais jamais « papa », mais plutôt par son prénom, Jean .
Malgré tout, mes frères et moi avions passé notre enfance ensemble, et j’étais très heureuse de les retrouver. Jamais je n’avais osé l’avouer, mais je m’ennuyais seule avec ma mère. J’avais quelques amis, mais ils ne remplaçaient pas ma famille, nos chamailleries, nos dîners mouvementés ou nos soirées cinéma, ni ma relation fraternelle avec eux. Lorsque j’étais petite, mes frangins étaient très protecteurs à mon égard… jusqu’au divorce de mes parents. Cet événement avait changé nos vies à tous. Peter et moi étions restés avec notre mère, mais mon frère était devenu distant. Je l’ai toujours suspecté d’en avoir voulu à mes parents, car il n’avait pas décidé avec qui rester. Il aurait voulu partir avec nos frères et mon père et c’était tout à fait compréhensible. Il avait toutefois poursuivi ses études à New York jusqu’à l’obtention de son diplôme et avait aussitôt détalé en campagne.
En vitesse, j’appliquai du rouge à lèvres bordeaux sur mes lèvres et attrapai mon sac à dos. Pas besoin d’autre maquillage. J’avais de longs cils foncés et ma peau ne possédait aucun cerne.
— Fais gaffe de ne pas tomber, Bouffonne, me dit mon frère alors que je dévalais les escaliers en courant.
Je détestais ce surnom, mais il trouvait qu’il m’allait à merveille, surtout quand je faisais une gaffe, et m’avait surnommée ainsi quand nous étions gamins.
— Lorsque je me serai trouvé une voiture, je n’aurai plus besoin de tes loyaux services, bougonnai-je en chaussant des souliers.
Pas de talons hauts pour moi ! Je ne voulais pas tomber et me ridiculiser dès ma première journée de classe. J’optai plutôt pour des baskets confortables. De plus, il faudrait probablement que je coure si je voulais arriver à l’heure.
— Tu as l’argent pour te payer une bagnole ? me demanda Justin.
— J’ai quelques économies, répondis-je.
La voiture de Justin était garée dans la rue. Il travaillait à temps plein au club de boxe et s’était récemment acheté une voiture luxueuse.
— Une décapotable ? Tu as réussi à te payer ça avec ton job de coach ? m’étonnai-je.
— J’ai eu un peu d’aide, avoua-t-il avec un petit sourire gêné.
Notre père était plein aux as, mais jamais je n’aurais eu le courage de lui demander de me payer une voiture, une décapotable, qui plus est !
Justin démarra en trombe et je me retins à la portière.
— Désolé, fit-il avec un petit sourire détestable.
Il avait beau se moquer de moi, je ne pouvais nier à quel point il était séduisant. Ses cheveux châtains, un peu plus foncés que les miens, étaient courts, relevés avec du gel, et il avait un visage allongé et un menton carré. Sa barbe de trois jours et légèrement taillée lui donnait un petit côté rebelle qui devait séduire toutes ses élèves. Malheureusement pour elles, il était casé depuis maintenant trois ans à Jenny, une étudiante en médecine. Ils attendaient qu’elle ait terminé ses études avant de s’acheter une maison.
Justin me déposa devant l’école, où plusieurs étudiants nous regardèrent curieusement. Pour l’arrivée discrète, c’était raté ! Sa voiture rouge flamboyant accrochait le regard.
— Bonne journée ! me dit-il en me faisant un clin d’œil. Je passerai te reprendre à la fin des cours.
Il redémarra en faisant crisser les pneus. Quel con ! Il allait me le payer ! Je me détournai à regret en remarquant qu’on me fixait avec curiosité.
Je me dirigeai avec appréhension à l’intérieur du lycée. Courage, Céleste ! L’école, c’était seulement un passage avant l’âge adulte.
 
 
 
 
Chapitre 1

 
 
 
Je pénétrai dans le lycée au moment où la cloche sonnait.
— Super, maugréai-je. Je vais être en retard.
Les élèves chahutaient et filaient jusqu’à leur salle de classe. Les portes se refermaient sur eux, mettant fin aux cris et à la cohue, à l’instar de mon cœur qui s’agitait violemment dans ma poitrine.
Je devais me rendre au secrétariat afin qu’on me remette mes horaires de cours. Puisqu’il n’y avait aucune indication, j’errai dans les couloirs jusqu’à ce que je trouve enfin l’endroit.
Une dame d’une cinquantaine d’années était assise à son bureau et parlait au téléphone. Elle me fit signe de patienter sur une chaise voisine de celle d’un garçon. Il était concentré sur son téléphone portable et, si je me fiais au son, il devait jouer à Angry Bird .
Il ne leva même pas la tête lorsque je m’assis. Bonjour la courtoisie !
La secrétaire raccrocha finalement et m’interpella :
— Mademoiselle Richard ?
— Oui. Désolée pour le retard, m’excusai-je.
—  N e vous en faites pas. Je comprends que ce soit difficile de se repérer dans un nouveau lycée. Voici les horaires de vos cours .
La dame se détourna alors vers le garçon, qui était toujours concentré sur son écran.
— Eddy ! dit-elle sèchement. Le directeur est occupé en ce moment. Tu devras revenir après ton cours, et ne cherche pas d’excuse pour te défiler ! Maintenant, veux-tu bien te montrer gentil et emmener Céleste dans la classe de mathématiques de M. Sherwan ?
Ce fut à ce moment-là qu’il leva la tête et me dévisagea. Je fus aussi surprise que lui.
Jamais je n’avais été attirée par les mecs blonds, mais celui-ci aurait pu être acteur de cinéma ! Ses cheveux ébouriffés lui octroyaient un petit côté rebelle, ses yeux vert d’eau semblaient moqueurs et, pour couronner le tout, il portait une chemise blanche dont les deux premiers boutons étaient détachés.
Eddy était lui aussi en train de m’examiner et je vis son regard s’arrêter une seconde de trop sur ma poitrine. Je zippai mon blouson pour lui faire comprendre qu’il n’y avait rien à voir.
Le jeune homme me fit soudain un grand sourire éclatant, ce qui me prit au dépourvu.
— Bien sûr, répondit-il, j’ai justement le même cours qu’elle. Je vais l’y emmener. Bonne journée, madame White.
Celle-ci lui jeta un regard irrité, puis retourna à ses occupations.
Je suivis Eddy jusqu’au couloir, où il se détourna.
— Enchanté, me dit-il en me tendant sa main. Je me nomme Eddy, mais tout le monde me surnomme Ed.
— Je suis Céleste, répondis-je en serrant sa main.
Il me regarda droit dans les yeux, ce qui me gêna. Je me reculai, mal à l’aise.
— Je ne sais pas si on te l’a déjà dit, mais tes lèvres donnent envie de les baiser.
J’en échappai 1 presque mes cahiers de surprise. Avais-je mal entendu ? Probablement. Personne n’aurait le culot d’annoncer cela à une fille dès leur première rencontre.
— Pardon ? fis-je, sidérée.
— Tes lèvres donnent envie de les baiser. Et de faire autre chose… Je les imagine très bien à un autre endroit.
Quoi ? Je ne le connaissais même pas et il faisait déjà des allusions sexuelles ?
— Je ne sais pas pour qui tu me prends, mais je te suggère d’avaler ta langue et de t’étouffer avec, répliquai-je en me détournant.
Quel goujat ! Je n’en revenais toujours pas !
Je marchai rapidement dans le couloir jusqu’à la salle de classe. Finalement, je la trouvai seule. Je ne voulais plus jamais revoir cet obsédé sexuel. Il croyait pouvoir se taper toutes les filles qu’il draguait ou quoi ? Ce ne serait certainement pas mon cas.
Je cognai timidement à la porte et entrai dans la classe où une trentaine de paires d’yeux me fixèrent.
— Désolée d’être en retard, j’ai dû passer au secrétariat, m’excusai-je.
— Pas de problème, mademoiselle Richard, on m’en avait avisé, dit l’enseignant. Vous n’avez qu’à vous asseoir à un bureau libre.
Je m’installai à côté d’une fille aux cheveux bruns. Elle me dévisagea pendant que j’ouvrais mon manuel.
Le professeur avait recommencé à parler et la fille chuchota :
— Tu te crois où avec ton rouge à lèvres ? Pétasse !
Seuls deux ou trois élèves l’avaient entendue, et ils ricanèrent à la suite de son commentaire.
J’avais déjà vécu de l’intimidation à mon ancienne école et j’avais appris à avoir de la répartie.
— Probablement au même endroit que toi avec tes échasses de pute ! répliquai-je.
La fille portait des talons si hauts que je me demandais comment elle faisait pour faire un pas. C’était un réel danger de se fouler une cheville. Les talons aiguilles étaient si fins et si inclinés qu’elle devait souffrir le martyre là-dedans.
— Vous ferez connaissance après le cours, mesdemoiselles, nous avertit l’enseignant.
Oh que non ! Je venais justement de faire connaissance avec cette peste et je savais déjà qui elle était.
Eddy l’obsédé fit alors son entrée dans la classe et se rendit d’un pas nonchalant jusqu’à son bureau. Je remarquai qu’un autre garçon tout aussi canon se penchait pour lui chuchoter quelque chose à l’oreille. Les deux levèrent alors les yeux vers moi. Je détournai la tête et fis semblant d’être super concentrée sur ce que M. Sherwan expliquait.
Ma voisine antipathique me jetait des regards noirs et je sentais également celui des autres élèves sur moi.
À la fin du cours, je me hâtai de sortir de la classe avant de croiser ma voisine de bureau ou Eddy. Je vérifiai le numéro de mon casier sur la feuille que la secrétaire m’avait donnée. Les couloirs étaient interminables. Je devais faire attention aux autres élèves, qui agissaient comme si je n’existais pas. Ils rigolaient ensemble et je devais me décaler pour ne pas me trouver sur leur trajectoire.
Alors que je lisais les numéros des casiers, je fonçai dans quelqu’un.
— Hé ! Regarde où tu vas ! me reprocha une voix masculine.
— Désolée ! m’excusai-je en levant les yeux.
Alors, là ! Je n’en revins tout simplement pas en remarquant l’archétype idéal masculin. Il était brun, possédait de larges sourcils, des yeux bleu plus foncé que les miens, un nez parfait, une bouche aux lèvres charnues et un menton muni d’une petite fossette sexy.
Il portait un chandail noir avec capuchon et un jean troué aux genoux. Même ses converses s’agençaient avec sa tenue ! Il savait s’habiller, ça oui !
Je me donnai une gifle mentale et refermai la bouche que j’avais entrouverte.
— Comme ça, c’est toi la nouvelle ! dit le jeune homme en ne prenant pas la peine de s’excuser pour son impolitesse. Les gars avaient raison à ton sujet.
Je n’étais pas certaine que ce soit un compliment.
— Je m’appelle Sean, se présenta-t-il.
— Céleste, dis-je d’un ton refroidi.
Il valait mieux pour lui qu’il ne parle pas de mes lèvres ou bien il se prendrait mon pied où ça faisait mal. S’il pensait que j’allais baver devant lui – même si je n’étais pas passée loin –, il se mettait carrément le doigt dans l’œil.
— Je dois y aller, ajoutai-je.
— À la prochaine, ma belle, dit-il en me faisant un clin d’œil.
— Je ne suis pas TA belle, répliquai-je en me détournant.
Je me dépêchai de mettre le plus de distance entre lui et moi. J’en avais encore les mains moites. Je l’entendis toutefois ajouter un :
— Pas encore, mais ça viendra.
Sale prétentieux !
Je fonçai vers les toilettes qui étaient bien indiquées, et me passai un peu d’eau froide sur le visage. Je mis une touche de rouge à lèvres – je ne me laisserais certainement pas intimider par la fille aux échasses ! – et me remis à la recherche de mon casier, que je finis par trouver au bout d’une rangée. J’arrivai facilement à déverrouiller le cadenas, déposai mes livres sur les tablettes et pendis mon sac à dos au petit crochet.
Mon prochain cours était histoire. Je me faufilai entre les étudiants jusqu’à la salle de classe et entrai au moment où la cloche sonnait. Je pris place au fond du local. Cette fois, ni les garçons du cours de mathématiques ni la peste brune ne se trouvaient là. Je pus ainsi me concentrer sur le cours, que je trouvai très intéressant. J’adorais cette matière. J’avais d’ailleurs une bonne mémoire et retenir des dates ne me posait aucun problème. Je m’intéressais beaucoup à la période égyptienne et adorais regarder des documentaires sur cette époque. Ce jour-là, l’enseignant discutait de la Grèce antique et je l’écoutais religieusement.
 
L’heure du midi arriva rapidement et ma nervosité monta d’un cran. La problématique de trouver une place arriva rapidement. Après être allée chercher mon repas, je restai debout dans la cafétéria à essayer de trouver une chaise libre. Malheureusement, toutes les tables paraissaient occupées.
Une fille que je ne connaissais pas encore me fit un signe de main – miracle ! – et je m’approchai d’elle.
— Tu peux t’asseoir avec nous, me dit-elle.
— Merci, articulai-je en m’assoyant.
— Au fait, mon nom est Alexia, se présenta-t-elle. Et toi, tu dois être Céleste. J’ai entendu Ed parler de toi.
Je fis la grimace à l’évocation de son nom. Les autres filles éclatèrent de rire.
Elles étaient quatre au total et paraissaient toutes sympathiques.
— Il t’a déjà draguée, pas vrai ? s’esclaffa une belle blonde aux cheveux longs.
— Bien deviné, répondis-je.
— Ne t’inquiète pas, Ed est comme ça avec tout le monde, dit une autre fille, rousse cette fois.
Elle était très jolie avec ses cheveux frisés, son teint pâle et ses taches de rousseur. Sa chevelure flamboyante et ses yeux bleu clair devaient attirer l’attention à coup sûr.
— Je suis Océane. Et voici Laurie, ajouta-t-elle en me désignant la blonde.
Je leur répondis par un sourire courtois.
— Veux-tu que je te renseigne à propos des cliques de l’école ? proposa Alexia.
Je hochai la tête ; ça me permettrait de me faire une idée des autres élèves.
— À la table du fond se trouvent les trois gars les plus populaires du lycée : Sean, Ed et Phil.
— Qu’est-ce qu’ils ont de si spécial, ces mecs ? demandai-je. Hormis leur beauté.
— Ils sont dangereux, me répondit une grande brune à la peau basanée et aux yeux verts. Ils sont nés avec une cuillère d’argent dans la bouche, ils se comportent comme les princes de l’établissement. Bien entendu, leurs parents font partie du conseil d’administration. Sans parler de la mère de Phil, qui est l’adjointe du maire de la ville. Ils sont habitués à ce que tout le monde se dévoue pour satisfaire leurs moindres caprices. Tous les professeurs et élèves leur mangent dans la main.
— Y compris toi, Megan ! lui lança Laurie.
— Ce que je veux dire, c’est qu’ils ont du pouvoir et c’est ce qui les rend populaires. Tu veux réussir à entrer dans un comité ? Tu dois passer par eux. Tu veux faire partie d’une équipe de sport ? Ce sont eux qui donnent leur accord. Ils dirigent tout dans cette école, même s’ils le font très subtilement. Plusieurs élèves ne s’en rendent même pas compte. Ils manipulent les professeurs pour entrer dans leurs bonnes grâces. Le seul groupe qui leur montre ouvertement son aversion, ce sont les rats de bibliothèque, là-bas. Étrangement, les gars ne les ont pas écrasés. Peut-être pensent-ils qu’ils n’en valent pas la peine.
Je tournai la tête vers la table que Megan pointait. Une dizaine d’élèves avaient le nez plongé dans un bouquin tout en mangeant et personne ne pipait mot. Quelle ambiance !
— La table là-bas, ce sont les membres du journal étudiant, poursuivit Megan, celle d’à côté, c’est l’équipe de football et, juste derrière, les cheerleaders . Finalement, la dernière table rassemble les musiciens du lycée.
— Et ici, c’est quel groupe ? demandai-je.
Elles échangèrent un drôle de regard que je ne parvins pas à déchiffrer.
— La table des filles cool, répondit Océane.
Étrangement, je ne la crus pas. Elles paraissaient effectivement sympas, mais j’étais certaine qu’autre chose les unissait. Un centre d’intérêt, peut-être ?
— Phil vient vers ici, chuchota alors Laurie.
Tiens ! Le troisième mousquetaire arrivait !
 
 
 
 
Chapitre 2

 
 
 
Phil s’adressa à mes consœurs avec un grand sourire.
— Salut, les filles ! En forme ?
Elles le saluèrent à leur tour avec un peu trop d’entrain à mon goût.
Puis, il se tourna vers moi et je me sentis rougir.
— Salut. Je suis Phil, se présenta-t-il. On est dans la même classe de maths.
J’avais remarqué. Il est vrai qu’avec ses airs latinos, ses cheveux foncés, ses yeux marron et son petit sourire ravageur, il ne passait pas inaperçu.
— Je sais, répondis-je.
Quelle bourde ! Il allait penser que je l’avais remarqué.
Il me fit un clin d’œil, puis il se tourna vers Laurie et l’embrassa passionnément. Elle écarquilla les yeux, mais répondit à son baiser en passant une main dans les cheveux du garçon. J’eus l’impression que tout le monde autour s’était tu pour les observer. Puis, Phil se détacha de la blonde et repartit sans ajouter un mot.
Les voix reprirent alors.
— C’est ton petit copain ? lui demandai-je.
...

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