Le prince charmant n existe qu au cinéma - Partie 2
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Le prince charmant n'existe qu'au cinéma - Partie 2 , livre ebook

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Description

Cela fait un mois que Daria s’est enfuie de son rendez-vous avec Matthew, consumée par ses angoisses et sa peur de lâcher prise.


Si Mélanie est bien décidée à lui faire oublier Monsieur Parfait en la précipitant dans d’autres rencontres, Daria ne peut se laisser aller tant que son esprit reste focalisé sur celui qui fait battre son cœur plus fort.


C’est pourquoi lorsque l’acteur reprend contact, Daria croit que la vie a enfin décidé de lui accorder le conte de fées dont elle a toujours rêvé.


Mais le destin n’est pas si clément... et son passé pourrait bien venir ébranler la plénitude qu’elle s’est forgée en s’exilant sur un autre continent.



Daria trouvera-t-elle son happy end ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782819105961
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Delphine Audret
 
 
Le prince charmant n’existe qu’au cinéma
 
 
Partie 2
 
 
 
« Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). « Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. »
 
 
© 2020 Les Editions Sharon Kena
www.leseditionssharonkena.com
 
Table des matières
Table des matières
1 - J’ai pas le bon mojo
2 - Le fruit défendu
3 - Vous avez un « match »
4 - Tu ne veux pas un paquet cadeau ?
5 - J’aime bien les causes perdues
6 -New-York, police judicaire
7 - Un lion en cage
8 - Une sublime villa blanche du côté de Malibu
9 - Trop beau pour rester anonyme
10 - Une mignonne petite créature naïve dans la jungle urbaine
11 - Une boule à facette de luxe
12 - La magie du cinéma
13 - Mon royaume pour un baiser sur ton épaule
14 - La vie a un sens de l’humour assez tordu
15 - Il n’y a pas de mal à se faire du bien
16 - Blanche-Neige et la Belle au Bois dormant
17 - Si je pouvais arrêter le temps, je le ferais maintenant
Épilogue
Remerciements
 
Première partie :
Je veux y croire
Daria, Matt & Mélanie
 
     
 
1 - J’ai pas le bon mojo
Daria
 
En ce milieu du mois de février, je me dirigeais vers le lieu de mon rendez-vous.
Samuel, l’homme avec qui j’avais tchatté via le site de rencontres, m’avait appelée quelques jours auparavant pour me proposer d’aller boire un verre. J’angoissais toujours de retrouver en chair et en os un type rencontré en ligne, mais il avait tellement insisté que j’avais craqué. C’est pourquoi je le rejoignis dans le bar du centre-ville qu’il avait choisi et, comme d’habitude, j’étais à la bourre.
Cette fois-ci, je m’étais préparée toute seule, comme une grande, sans y mettre beaucoup d’enthousiasme. Avant de partir de chez moi, j’avais juste pris une douche, enfilé un slim noir, un top anthracite à pois blancs en coton fin et refait rapidement mon maquillage. Pas de décolleté, pas de jambes nues, pas d’œil de biche. Au lieu de ça, c’était doudoune, bonnet et grosses bottes de neige. Ce serait à prendre ou à laisser. De toute façon, mon dernier rendez-vous, avec l’homme qui incarnait mon idéal masculin, avait été un tel désastre que je ne voyais pas par quel miracle ce rencard avec un inconnu pourrait donner de meilleurs résultats…
Arrivée devant le bâtiment, je commençai par ricaner.
Cet auvent vert, cette façade beige illuminée de centaines de petites fenêtres…
Je connaissais ce décor…
Je vérifiai l’adresse dans le SMS que Samuel m’avait envoyé.
C’était pourtant bien ça.
Dans le doute, je tapai le nom du bar dans le navigateur internet de mon téléphone et trouvai la même adresse.
Il devait y avoir une erreur…
Ou alors c’était une méchante blague. Mais en jetant un coup d’œil autour de moi, je ne vis personne me montrer du doigt en se moquant de mon visage déconfit.
Je dus me rendre à l’évidence : Samuel m’avait donné rendez-vous au bar du Ritz…
L’ironie du sort…
La dernière fois, nerveuse comme j’étais, je n’avais regardé ni l’adresse ni le nom de l’établissement…
Quelle cruche !
J’entrai dans le hall de l’hôtel et me dirigeai d’un pas assuré vers le bar. Je chassai tous les souvenirs qui remontaient des profondeurs abyssales où je les avais soigneusement enfouis. Je passai devant le fauteuil sur lequel j’avais attendu le taxi après la Grande Évasion, puis j’aperçus l’ascenseur que j’avais pris avec lui , quand je croyais qu’il ne voulait plus de moi…
Mais tout ça n’avait plus d’importance, non ?
Sur le seuil du bar, je pris une grande inspiration avant d’entrer et inspectai la salle à la recherche de Samuel. Encore une réminiscence du passé… Cette soirée me poursuivrait-elle toute ma vie ? C’était mon fantôme personnel, mon flirt mort et enterré, qui reviendrait me hanter ad vitam aeternam … 
Je finis par repérer Samuel, assis à une petite table, en plein milieu de la pièce. Je m’avançai vers lui et aperçus le même serveur que l’autre fois. Je priai pour qu’il ne me reconnaisse pas. Bon, je n’avais rien à voir avec la créature pomponnée de mon dernier rendez-vous, mais je retins mon souffle jusqu’à ce qu’il passe devant moi en m’adressant un « Bonsoir Madame » parfaitement conventionnel. Ouf, il ne se souvenait pas de moi.
Cet obstacle contourné, je me dirigeai droit vers Samuel, luttant contre le sentiment d’angoisse qui serrait ma gorge.
Tu as rendez-vous avec Samuel, pas avec Matthew, alors relax !
Plus je me rapprochais de Samuel, plus je me disais que les photos qu’il m’avait envoyées étaient bien choisies. Ou elles dataient de quelques années en arrière… Ses cheveux bruns commençaient à se dégarnir sur le devant et ses yeux n’étaient pas aussi bleus.
De son côté, il sembla ravi de me voir. Il se leva avec un grand sourire et me tendit la main. Ça me semblait un peu formel pour un rencard, mais je n’avais aucune expérience dans ce genre de situation. Je me contentais donc de serrer sa main douce, à la poigne toutefois un peu molle. Quand je m’assis, le serveur m’apporta la carte, mais je ne pris même pas la peine de la consulter : je commandai exactement la même boisson que la dernière fois. Pourquoi ? Je n’en savais rien.
— Tu connais cet endroit ? demanda Samuel, l’air surpris.
Il avait une voix un peu nasillarde qui n’était pas complètement désagréable, mais qui ne me faisait pas chavirer non plus .
Arrête maintenant !
— Oui, je suis déjà venue une fois…, répondis-je, sur un ton courtois.
Il parut déçu. Je crois qu’il cherchait à m’impressionner.
Raté !
— Oh… Et tu en penses quoi ?
— Que du bien…
Enfin, malgré tous les efforts qu’il pouvait déployer, il ne parviendrait pas à me faire oublier mon précédent tête-à-tête dans cet endroit… Il faut dire que Matthew avait placé la barre au niveau du record mondial du saut à la perche.
Je me reconcentrai sur notre conversation. Samuel était en train de m’expliquer que son bureau était à deux pas d’ici et qu’il venait souvent avec ses collègues.
Super ! Avec un peu de chance, quelques-uns d’entre eux vont même se joindre à nous ! pensai-je, très ironique.
C’est à ce moment que je me rendis compte que j’étais injuste avec lui. Je partais sur un a priori négatif, sans lui laisser vraiment sa chance, alors qu’il n’y était pour rien si ce lieu me rappelait des souvenirs à la fois merveilleux et terriblement blessants pour mon amour-propre.
Je décidai d’accorder mon entière attention à l’homme qui était en face de moi, sans préjugés. Et sans le comparer à un fantasme sur pattes.
Nous avions beaucoup échangé sur nos goûts en ligne, mais finalement, je ne savais pas vraiment ce qu’il recherchait comme relation.
Je choisis d’aller droit au but :
— Dis-moi, Samuel, qu’est-ce qui t’a amené à t’inscrire sur un site de rencontres ?
Il sembla gêné par la question. Aborder un sujet aussi personnel dans les cinq premières minutes ne devait pas faire partie de « Réussir son premier rendez-vous après une rencontre en ligne pour les nuls ». Pourtant, je n’avais pas envie de perdre du temps inutilement.
— En fait, comme je te l’ai déjà dit, je suis père de deux garçons, dont je m’occupe, expliqua Samuel, avec réticence. Je n’ai donc pas beaucoup de possibilités pour sortir et faire des rencontres. Le site m’a permis de discuter avec des personnes que je n’aurais jamais croisées autrement. Toi, par exemple.
J’avais entendu quelque chose dans sa tirade qui attira mon attention et qu’il n’avait jamais évoqué lors de nos quatre ou cinq discussions par tchat ou par téléphone :
— C’est toi qui as la garde de tes fils ?
— Oui, mon ex-femme est à l’étranger. Au Népal.
— Pour son travail ?
Samuel parut encore plus embarrassé.
— Euh… Si on veut…, balbutia-t-il. Elle est partie méditer dans un ashram.
— Elle enseigne le yoga ? continuai-je, de plus en plus intriguée alors que Samuel se ratatinait dans son fauteuil.
— Maintenant, oui… En fait, elle m’a quitté pour son prof de yoga…, souffla Samuel, en évitant mon regard.
Oups...
Comment mettre les pieds dans le plat en moins d’un quart d’heure…
Je devrais donner des cours : si vous voulez vraiment faire foirer vos rencards, c’est facile, faites comme moi !
Samuel paraissait encore bouleversé par cette tromperie. Je lui laissai le temps de reprendre contenance en sirotant le verre de vin que le serveur m’avait apporté quelques minutes auparavant.
Puis il releva la tête et demanda, un peu plus à l’aise :
— Et toi ? Pourquoi tu t’es inscrite sur ce site ?
Le moment semblait mal choisi pour lui avouer que c’était Mélanie qui avait rempli mon adhésion, le soir du réveillon, et qu’à ce moment-là, notre taux d’alcool dans le sang devait battre des records.
À la place, j’optai pour la version politiquement correcte :
— En fait, je suis comme toi, je ne sors pas beaucoup... Et puis, je me suis assez rapidement rendu compte que la population qui fréquente les night-clubs ne cherche pas forcément une relation durable. Les sites permettent au moins de trier selon certains critères. Ça fait gagner du temps…
J’avais l’impression d’être au bureau et d’expliquer à un groupe de travail comment récupérer des points de rendement... Ceci dit, c’était aussi de cela qu’il s’agissait… Optimiser ses chances de rencontrer la meilleure personne pour soi, selon des références arbitraires.
Pour une romantique comme moi, ça résonna comme une grosse désillusion…
À ce moment-là, les premières notes de Radioactive retentirent en provenance de mon sac à main. J’écarquillai les yeux, rouge de honte, et ouvris ma besace pour arrêter la sonnerie de mon téléphone.
Mais, en sortant l’appareil, je remarquai que l’appel venait de Lucie et me rappelai notre petit arrangement : elle devait me joindre à une heure précise et je décidais si je répondais ou non. Si tout se passait bien, je la renverrais vers la messagerie. Sinon, je décrochais et prétextais une urgence à la maison pour filer.
J’aurais dû savoir dès le début que si je prévoyais une porte de sortie, c’était parce que j’étais convaincue d’en avoir besoin...
Le téléphone toujours à la main, je réfléchis rapidement : avais-je envie de poursuivre le rendez-vous ? Samuel ne me plaisait pas plus que cela. Je réalisai en mon for intérieur que ça n’irait pas plus loin avec lui. Il n’y avait pas d’étincelle, pas de désir dans l’air.
Ma décision prise, je décrochai :
— Allô ? Lucie ? Qu’est-ce qui se passe ?
À l’autre bout, Lucie rigola.
— Ah, tu as décroché ! Ça ne se déroule pas comme tu veux alors !
Continuant à jouer le jeu comme convenu, je pris un air affolé – du moins, j’essayai – et m’écriai :
— Tu lui as déjà donné du paracétamol ?
Lucie gloussait toujours, me laissant faire mon cinéma.
— Très bien, j’arrive ! enchaînai-je, sur un ton paniqué.
Je raccrochai et levai la tête vers Samuel :
— Ma fille a de la fièvre, la baby-sitter ne parvient pas à faire baisser sa température, il faut absolument que je rentre !
Alors que je cherchais dans mon sac un billet pour payer ma consommation, Samuel posa sa main sur la mienne.
— Laisse, Daria, je t’invite, lâcha-t-il, d’un air las. Rentre vite t’occuper de ton enfant. On reste en contact ?
— Merci pour le verre, répondis-je aimablement, en éludant volontairement sa question. Au revoir.
Je sortis du bar à toute allure et retrouvai ma voiture, garée à un bloc de là. Je me sentais tellement minable d’avoir eu recours à un stratagème comme celui-là. Au lieu de lui avouer qu’il ne me plaisait pas, mais que ça n’enlevait rien à ses qualités et qu’il rencontrerait quelqu’un de bien quand il serait prêt. Car il n’avait manifestement pas fait le deuil de son mariage et je n’étais pas capable d’essuyer les plâtres, pas quand je n’étais pas encore parvenue au bout de ma propre reconstruction. Je ne pouvais pas servir de béquille à quelqu’un d’autre. Nous finirions par nous écrouler tous les deux.
J’avais besoin de quelqu’un de solide, apte à me soutenir et me faire grandir.
Au moins, j’avais réalisé ça, ce qui n’était déjà pas si mal.
Je soupirai et ajoutai mentalement une nouvelle ligne à ma liste virtuelle de choses à faire :
– se comporter en adulte avec les hommes  
Ces temps-ci, ça n’était vraiment pas mon fort…
 
***
 
Matt
 
Je roulais vers le centre-ville de L.A. où j’avais rendez-vous avec Mandy. Il fallait qu’on discute, elle et moi. J’avais longtemps hésité entre sortir l’Alpina X6 ou la Continental GT ; les vingt degrés extérieurs jouaient plutôt en faveur de la décapotable, surtout que je rentrais tout juste de Roumanie et que j’en avais ma claque du froid. Mais je savais que je ne pourrais pas m’empêcher de conduire les cheveux au vent et je n’avais pas vraiment envie de me faire remarquer. J’avais donc choisi le SUV, un petit bolide de trois cents chevaux, aux vitres teintées. Malgré tout, je conduisais fenêtre ouverte et tapotais mon volant au rythme de la musique que j’avais poussée à fond.
Quand le morceau suivant démarra, je fronçai les sourcils. Plus de basses, mais une symphonie de violons. Je louchai vers l’écran de bord.
Paradise de Coldplay.
C’était quoi, ce bordel ?
Qu’est-ce que ça foutait dans ma playlist ?
Je me rappelai tout à coup que j’avais ajouté quelques albums après mon premier dîner avec Daria, après avoir fouillé dans son ordinateur. Des artistes qu’elle aimait. Pour la connaître un peu plus…
Je ne les avais jamais écoutés depuis.
J’étais tellement dans les choux après la soirée au Ritz. Je m’étais injurié pendant plusieurs jours et puis la colère avait fini par retomber, laissant la place à une sensation de vide immense. Finalement, le gouffre dont on avait parlé, elle et moi, n’était pas entre nous. Il était en moi. Un trou noir qui absorbait toutes mes autres émotions et me laissait complètement démuni, surtout parce que je n’avais vraiment pas compris comment ça avait pu arriver.
Jusqu’à ce qu’un soir, après ma journée de tournage, je trouve son pic à cheveux entre deux t-shirts dans mon placard. J’avais complètement oublié l’avoir jeté dans ma valise et il avait dû se glisser entre les vêtements. J’avais saisi l’objet en main, caressant la surface lisse et douce, comme la peau de sa propriétaire, et je m’étais allongé en travers de mon lit pour réfléchir.
Je n’en revenais toujours pas de la tournure qu’avait prise la soirée. Quelque chose ne collait pas... Son rougissement, les réactions de son corps lorsque je l’avais touchée, ses halètements, ses frissons quand je l’embrassais…
Je ne comprenais pas où je m’étais planté.
C’est grâce à Richard Patton, avec qui je tournais ce putain de film de vampires qui me sortait par les trous de nez, que j’y vis un peu plus clair.
Tout avait commencé par les regards appuyés de la serveuse dans un pub de Bucarest.
— Eh, Matt, je crois que tu as encore fait une touche ! me dit Richard, l’air amusé.
Je me retournai vers la fille :
— Avec la barmaid ?
— Oui, vas-y, fonce ! Tu attends quoi ?
— C’est vrai qu’elle est mignonne.
Richard semblait ultra étonné. Il avait écarquillé ses yeux d’un bleu intense, comme s’il avait mal entendu :
— Mignonne ? Tu as de la merde sous les paupières ou quoi ?
De grandes prunelles claires, des cheveux blonds qui tombaient jusqu’à son cul bombé, un visage de poupée, bien roulée, il avait raison : mignonne n’était sans doute pas le bon adjectif.
— Non, non, elle est super sexy ! rectifiai-je.
— Ne t’inquiète pas pour moi, m’encouragea Richard en rigolant, je saurai retrouver mon chemin vers l’hôtel. Va lui parler.
— Je bois une bière avec toi, là…
— Et alors ? Je comprendrais parfaitement que tu préfères finir la soirée en charmante compagnie plutôt qu’avec moi !
Je secouai la tête, pas convaincu.
— Non, c’est bon, j’ai pas le bon mojo en ce moment… murmurai-je, en baissant les yeux vers ma pinte.
— De quoi tu parles ? Matt, si toi tu n’as pas le bon mojo, c’est foutu pour nous autres ! N’importe quelle fille se damnerait pour se retrouver dans ton lit !
Il exagérait. Il avait la quarantaine bien entamée, mais il était toujours très bien classé dans les listes à la con du genre « Le plus bel homme du monde ». Je crois même qu’il avait gagné des places avec ses premiers cheveux blancs. Pas que je m’y intéresse spécialement. Mais mon agent adorait me répéter ce style de connerie, parce que soi-disant, c’était une bonne évaluation de ma popularité. Comme si j’en avais quelque chose à cirer…
Et moi, j’avais eu la preuve en son et lumière que toutes les femmes n’étaient pas prêtes à passer dans mon pieu.
Je fis la grimace.
— Non, pas toutes ! corrigeai-je, l’amertume encore bien présente dans ma voix.
Richard se mit à rire. Comme si c’était drôle…
— Tu t’es fait plaquer ? s’écria-t-il, l’air sidéré. Ce n’est pas vrai ! Raconte !
— J’ai été laissé en plan par une gonzesse, il y a à peine une semaine…, soufflai-je, n’en revenant toujours pas moi-même.
— Il faut croire que ta belle gueule et ton nom ne suffisent plus pour draguer les nanas !
Je bus une gorgée de bière avant de répondre.
— Je ne suis plus sûr de rien, avouai-je, dépité. Je pensais que celle-là n’était pas du tout attirée par mon nom. Que ça l’aurait plutôt fait fuir… D’ailleurs, c’est exactement ce qu’elle a fait, putain ! Je ne comprends même pas comment c’est arrivé, la soirée se passait nickel, nous étions dans ma suite à moitié nus après le dîner et elle s’est barrée d’un coup.
Richard se retenait encore de rire. S’il n’était pas mon ami, je lui aurais bien balancé mon poing dans la gueule pour lui faire ravaler ses gloussements de dinde.
— Tu es si mauvais au lit que ça, mon pauvre ! Voilà un beau scoop à vendre à la presse à scandale !
On en revenait toujours à cette éventualité…
Je déglutis douloureusement et baissai les yeux vers ma bière, incapable de sortir un seul mot tant ma gorge était contractée.
— Mais non, je te fais marcher, Matt ! Celle-là a laissé filer sa chance, il y en aura d’autres…, me rassura Richard. Comme la serveuse, par exemple !
— Je vais passer…
Je n’avais pas du tout la tête à ça. Elle était sexy, me faisait de grands sourires quand je croisais son regard, mais je n’avais pas envie de la sauter. Pour me prouver quoi ? Que je pouvais encore emballer une gonzesse ? L’expérience de l’avion m’avait largement suffi ! Je m’étais senti suffisamment mal comme ça. La seule leçon que j’en avais tirée était que je pouvais bien baiser toutes les nanas de la Terre, celle que je voulais vraiment m’avait envoyé balader…
— Elle avait quoi de spécial, cette fille ? demanda Richard.
Je repensais à Daria. Ses yeux de biche, sa bouche sensuelle, ses courbes voluptueuses, mais aussi sa façon de me taquiner, sa théorie débile sur les contes de fées, sa manière de goûter le chocolat comme si c’était orgasmique. Un sourire involontaire se forma sur mes lèvres.
Puis je la revis quitter ma chambre comme une furie et ma mâchoire se contracta à nouveau.
— C’est dur à dire, répondis-je, les yeux dans le vague. Elle est sexy, bien sûr… Elle me fait rire. Mais il y a plus que ça. Elle… (Je soupirai et fis tourner la bière dans mon verre, à la recherche de mes mots.) Elle me fait penser à cette sucrerie à l’air inoffensif, une espèce de poudre douce et brillante, mais qui te surprend en pétillant comme un putain de feu d’artifice quand tu la mets dans la bouche, tu vois ?
Richard hocha la tête et je ne savais pas s’il le faisait parce qu’il saisissait de quelle friandise je parlais ou s’il comprenait ce que je voulais vraiment dire.
Qu’elle m’avait retourné l’esprit comme un foutu tremblement de terre.
— Elle a joué dans quoi ?
— Elle n’est pas actrice.
Même si je m’étais posé la question, jusqu’à preuve du contraire, elle faisait je-ne-sais-quoi dans une grosse boîte. Le jour où elle m’avait expliqué, j’avais été un peu déconcentré par son épaule nue.
Richard resta silencieux un moment.
J’en profitai pour torcher ma pinte et je fis signe à une autre serveuse que la tentatrice de m’apporter la même chose.
— Elle t’a dit quoi avant de quitter ta chambre ? reprit Richard.
— Qu’elle n’était pas faite pour les aventures d’un soir ou une connerie comme ça…
— Ne cherche plus, tu as ta réponse alors ! s’exclama Richard, tout content de lui.
— Ah oui ?
Je m’étais déjà repassé la scène dans ma tête une bonne dizaine de fois et je n’avais toujours pas compris. Richard n’allait pas me faire gober qu’avec une pauvre phrase sortie du contexte, il avait capté le fin mot de cette histoire alors que je butais dessus depuis des jours ? Et pourtant, il hochait la tête d’un air entendu, avec un grand sourire, comme s’il avait résolu les mystères de l’univers. À mon avis, il se payait juste ma tronche.
— Tu ne serais pas en train de te foutre de moi ? m’enquis-je avec un regard de travers.
— Pas du tout ! Je pense qu’elle a eu peur.
— Peur de quoi ?
— Je n’en sais rien ! De toi, de ta grosse bite… Ou peut-être que t’en as une toute petite et que c’est ça qui l’a fait flipper.
— Très drôle !
— Ou la trouille de tomber amoureuse… ajouta Richard, plus sérieusement.
— Tu crois ? croassai-je d’une voix blanche.
— Je l’ignore, Matt. Mais si c’est important pour toi, c’est à elle que tu devrais poser la question…
J’étais sidéré, incapable d’assimiler la théorie de Richard. Mon esprit refusait de comprendre les implications de ce qu’il venait de me dire. Qu’elle éprouverait des sentiments pour moi…
Parce que, si c’était vrai, je ne pouvais m’empêcher de penser que sa peur était bidon, que sa fuite était débile, que tout ça, tout ce remue-méninge qu’elle avait provoqué n’était qu’un énorme gâchis.
Je restai un moment, les yeux fixés sur la mousse de ma bière, complètement perdu.
La voix de Richard me força à sortir de mon mutisme :
— À mon avis, elle s’est dit que, toi, tu la considérais comme un coup d’un soir.
— Et tu ne crois pas qu’elle aurait pu me le demander avant de se barrer en me gueulant dessus comme une hystérique ?
Elle n’avait pas vraiment fait ça. Elle s’était contentée de me détailler comme si j’étais le dernier des salauds, sans prendre le temps de se rhabiller. C’était encore pire…
Richard se limita à juste hausser les épaules.
Si elle m’avait posé la question au lieu de se faire des films et de s’enfuir comme si elle avait le feu au cul…
Et puis je me rappelai qu’elle l’avait plus ou moins fait...
«  Si je couche avec toi ce soir, est-ce que ça signifiera quelque chose pour toi ?  »
Et moi, j’avais répondu quoi ?
«  Je sais pas.  »
Qu’est-ce que j’aurais pu dire d’autre, putain ?
La situation était compliquée ! Elle vivait au Canada, j’avais à peine le temps de poser mes valises. Mais peut-être que j’aurais essayé, elle me plaisait vraiment, c’était possible.
La vérité, c’est que je n’en savais foutrement rien.
Comme si j’avais réfléchi à tout ça…
D’un coup, l’explication tirée par les cheveux de Richard ne me parut plus aussi tordue.
Je n’avais pas réussi à la rassurer au moment où elle en avait besoin.
Elle avait cru que j’allais me servir d’elle et la jeter comme un foutu mouchoir usagé. Comme la fille de l’avion dont je n’avais toujours pas retrouvé le nom.
J’étais capable de baiser une nana sans connaître son prénom et je m’étonnais que Daria m’ait envoyé balader ?
Quel con !
Richard m’observait par-dessus son verre et je lus dans ses yeux qu’il avait suivi mes pensées comme si elles étaient écrites dans une bulle au-dessus de ma tête.
Enfin, sans la baise à trente mille pieds, je n’en avais parlé à personne.
— Et d’où te vient ta connaissance aussi pointue des femmes ? demandai-je, pour me laisser un peu de temps de réflexion.
Richard passa une main dans ses courts cheveux blonds et s’exclama en rigolant :
— De mes trois mariages !
J’éclatai de rire, ce qui ne m’était plus arrivé depuis des jours.
— Ça ne me rassure pas, ça ! T’as tout de même divorcé deux fois !
— Justement, écoute mes conseils, je sais de quoi je parle ! Je suis la preuve vivante qu’on peut cumuler les erreurs avec les femmes et finir quand même par trouver la bonne.
— Pourquoi ça n’a pas marché avec tes deux premières ? demandai-je pour satisfaire ma curiosité, mais aussi pour détourner la conversation de mes problèmes de cul.
Richard soupira.
— Avec Laura, ma première femme, ça n’a pas fonctionné parce que j’ai réussi à faire décoller ma carrière et pas elle. Je suis devenu célèbre et elle est restée la conjointe de Richard Patton. Elle me blâmait de ne plus m’occuper d’elle.
— Je comprends, j’ai vécu ça avec Liz Orson.
Et c’était l’enfer ! J’avais droit aux reproches (« Tu n’es jamais là ! »), les remarques acides (« Partir aussi loin pour un film aussi nul… »), les revendications (« Pourquoi tu n’exiges pas que je sois engagée pour jouer avec toi ? C’est toi, la star ! »)…
Étrangement, je passais pour un play-boy alors que je n’avais jamais été aussi peinard que depuis que j’étais seul.
— Ma deuxième femme, reprit Richard, c’était Victoria Phillip. Ça, tout le monde le sait ! Je pensais qu’elle comprendrait ce qu’est ma vie. Sauf qu’on ne se croisait que quelques semaines par an, lorsque nous ne travaillions ni l’un ni l’autre et que j’avais oublié qu’elle était encore mariée quand nous avons commencé à nous voir, après avoir tourné ensemble, et qu’il n’y avait pas de raison qu’elle ne me fasse pas le même coup ! (Je rigolai, mais Richard poursuivait déjà :) Et l’actuelle, que j’espère bien être la dernière madame Patton, est une amie d’enfance. Elle est écrivaine, elle peut donc me suivre sur mes tournages si elle en a envie. Comme elle n’est pas du milieu, il n’existe aucune jalousie entre nous. Et nous parlons beaucoup. Elle a du talent pour manier les mots, elle sait mettre des noms sur les sentiments. C’est grâce à elle que je connais mieux la psychologie féminine ! Alors, Beau Gosse, tu vois, j’ai de l’expérience !
— Ta première femme est encore actrice ? demandai-je, pour éviter que la conversation ne revienne sur mes galères.
— Non, j’ignore ce qu’elle est devenue. On ne s’est plus parlé depuis le divorce. Je l’avais rencontrée pendant mes études de théâtre à Carnegie Mellon, mais elle a beaucoup trimé et je ne pense pas qu’elle ait continué…
— Carnegie Mellon ? répétai-je en souriant. Tu sais que je viens de Pittsburgh ?
On avait fini la soirée à boire des bières, en rigolant, sans rediscuter des femmes et des soucis qu’elles apportaient avec leurs jolis petits culs.
 
 
J’étais arrivé à destination sans m’en rendre compte, perdu dans mes pensées.
Toute cette histoire datait d’un mois auparavant, mais je n’avais toujours pas trouvé la réponse à l’énigme.
En tout cas, un problème à la fois. J’étais là pour m’occuper du cas de Mandy.
On verrait plus tard pour Daria.
2 - Le fruit défendu
Daria
 
J’étais seule à mon bureau, plongée depuis le retour de la pause déjeuner sur un projet assez complexe d’amélioration de la productivité. C’était un gros dossier et si j’arrivais à le mener à terme correctement, je pouvais, selon toute vraisemblance, espérer une augmentation significative. En tout cas, c’était ce qu’Étienne m’avait laissé entendre et il n’était pas question que je passe à côté de cette opportunité. L’open-space était pour une fois plutôt calme, comme si mes collègues avaient compris que j’avais besoin de me concentrer, le silence n’étant rompu que par le cliquètement de mes ongles sur le clavier et le froissement de la tonne de papiers et de Post-it que j’avais étalés sur mon bureau après la séance de brainstorming du matin avec mon groupe de travail.
En cherchant à réorganiser les Post-it, j’en attrapai un dans chaque main et j’eus l’impression de dévoiler un mince fil invisible qui reliait ces deux notions a priori à l’opposé l’une de l’autre. Ce fut exactement le moment que choisit mon téléphone pour vibrer furieusement sous la pile de papiers. Le temps que je mette la main sur un stylo pour noter le détail qui avait fait tilt, j’avais déjà oublié cette idée ténue.
Je réprimai un rugissement de rage en fouillant mon bureau à la recherche de mon smartphone. J’étais sûre qu’il s’agissait d’une fichue notification d’une de mes applications et que je venais de perdre à jamais mon idée révolutionnaire à cause d’une pub stupide.
Il me fallut plusieurs secondes pour l’exhumer et quand j’allumai l’écran pour le déverrouiller, je remarquai qu’un SMS était arrivé.
À la lecture du nom de l’expéditeur, mon cœur manqua un battement puis, comme si j’avais reçu une décharge électrique, il repartit brutalement, à un rythme tel que je me demandais un instant si je n’allais pas faire un infarctus.
Et je n’avais même pas encore parcouru l’intégralité du message !
Je pris une grande inspiration pour essayer de calmer ma fréquence cardiaque et déverrouillai l’écran d’un doigt tremblant. J’ouvris enfin l’application des SMS et lus le message, complètement ahurie.
Mes yeux passaient et repassaient sur ces lettres, qui assemblées formaient des mots, mais dont la signification ne s’imprimait pas dans mon esprit aussi vide qu’un trou noir.
— Bon ben, finalement, ma réunion s’est finie plus tôt !
Je fis un bond sur ma chaise et mon cœur se remit à battre à cent à l’heure. Je n’allais pas survivre à cette journée…
Erin s’était matérialisée à côté de mon bureau et m’examinait avec une drôle d’expression.
Je ne savais pas combien de temps j’étais restée fixée sur mon téléphone, mais à présent l’écran était à nouveau noir et verrouillé.
— Tu disais ? demandai-je d’une voix sourde.
— Je t’informais que la réunion a été écourtée. Personne n’a eu le temps d’avancer, il y a eu une crise en production, ils ont tous été pris ailleurs. Tant pis pour eux, maintenant, ils ont la pression pour tout faire avant la semaine pro…
J’observai la bouche d’Erin recouverte d’un ravissant rouge à lèvres corail s’ouvrir et se fermer au gré des mots qu’elle prononçait, mais aucun ne laissait de trace dans mon cerveau embrumé.
Finalement, elle posa sa main sur mon bras et ce contact me permit de reprendre pied avec la réalité :
—   Ça va, Daria ?
Je me contentai de secouer la tête. Non, ça n’allait pas du tout. Mais ma gorge était beaucoup trop serrée pour que je puisse l’exprimer à voix haute. J’approchai une main tremblante de mon téléphone et affichai le message pour Erin :
 
Salut. Comment ça va ?
 
Je détectai précisément le moment où Erin prit connaissance du SMS : ses yeux faillirent lui sortir de la tête et sa mâchoire en tomba d’étonnement, puis elle mit sa paume devant sa bouche, incapable d’émettre un son pendant plusieurs secondes.
Bien que personne ne puisse nous entendre, elle murmura :
— « Matt W », c’est Matthew… Wilburg ?
J’acquiesçai silencieusement.
Erin articula un « Oh » décontenancé et je suis sûre que je devais avoir l’air aussi interloquée qu’elle.
— Tu lui as déjà répondu ?
— Non… Je ne sais pas quoi dire…
Comment j’allais ? Eh bien, jusqu’à présent, j’alternais entre les phases de remords, de colère et de culpabilité à l’idée d’avoir quitté sa chambre d’hôtel, mais à ce moment-là, j’hésitais entre soulagement et panique.
Son message, le fait qu’il reprenne contact avec moi après la Grande Évasion, était une lueur d’espoir dans ma nuit éternelle. Il avait peut-être compris ce qui m’avait fait flipper. Et pardonnée ?
Mais d’un autre côté, je ne pouvais pas me permettre de gâcher cette fragile deuxième chance avec des divagations.
La question n’était pas compliquée, mais la réponse était difficile.
— Qu’est-ce que tu répondrais, toi ? demandai-je à Erin qui m’observait avec l’air de ne pas vouloir être à ma place.
— Oh god  ! Franchement ? Je ne sais pas…
Il nous fallut un bon quart d’heure, en combinant nos cerveaux et nos deux masters en sciences, soit un équivalent BAC+ 10, pour parvenir au message suivant :
 
Bien, et toi ? Tu as survécu aux vampires roumains ?
 
***
 
Le lendemain, je me réveillai en me demandant si le SMS de Matthew n’était pas qu’un rêve, un très beau rêve. Un coup d’œil à mon téléphone me confirma que tout était vrai et un sourire se plaqua instantanément sur mes lèvres, même si Matt ne m’avait pas encore répondu. En plus, j’avais cinq minutes d’avance sur mon réveil. J’en profitai pour parcourir rapidement les actualités de mes contacts sur Instagram. Les posts et stories de mes amis restés en France me permettaient de me tenir au courant de leur quotidien et de ne pas être complètement larguée. Certains déménageaient, d’autres changeaient de boulot, la vie continuait et je les observais de loin.
Comme avec ma nièce.
J’eus un pincement au cœur en contemplant les photos que ma sœur avait publiées récemment. Flora, alors âgée de neuf mois, grandissait sans connaître sa tante ni sa cousine. C’était une jolie petite fille, aux joues rebondies, que je ne voyais évoluer que grâce à la technologie.
Mais j’étais tellement bien dans mon nouvel environnement. Je m’éclatais dans mon job où mon chef n’hésitait pas à me confier des gros projets même si j’étais la petite nouvelle, et j’avais envie de partir bosser en me levant le matin.
Même si j’avais souvent des sueurs froides en faisant mes comptes et que ce n’était pas la pension que me versait Gabriel qui allait m’aider à sortir du rouge – déjà qu’il rechignait quand je lui demandais une rallonge pour acheter une paire de baskets à sa fille.
Je savais aussi que sans Lucie pour me soutenir au quotidien, je serais dans une galère monstrueuse.
Mais malgré tout ça, j’étais bien dans ce pays. Je me sentais à ma place. Ça valait bien toute la culpabilité du monde.
Et puis, j’avais commencé la journée de bonne humeur, je n’allais pas sombrer dans la nostalgie cinq minutes après avoir ouvert les yeux !
J’étais sur le point de sortir de l’application quand je remarquai que j’avais un nouvel abonné, un certain RobWilbrecht, qui m’avait de plus approuvée pour accéder à son compte privé. Je ne connaissais qu’une seule personne de ce nom, la coïncidence aurait été bien trop grande pour que ça ne soit pas Matthew. La photo de profil présentait juste un gars aux cheveux noirs qui surfait, de côté, prise de loin, sans doute de la plage.
Le sourire qui s’était effacé en regardant les clichés de ma nièce réapparut sur mon visage quand je découvris le reste des posts.
Matthew/Rob en ajoutait régulièrement. L’image la plus récente le montrait sur son dernier tournage : maquillé en vampire, le teint blême, les...

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