Le second cercle
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Description

Basé dans la Norvège déchirée par la guerre pendant l’occupation allemande, Klaus, un jeune nationaliste, découvre qu’il a attiré l’attention d’Axel, un officier nazi en pleine ascension du corps d’élite des parachutistes des Fallschirmjäger. Alors que la bataille pour le territoire est teintée par les effusions de sang, celle pour l’eau lourde – cruciale pour faire une bombe atomique – est tout aussi intense. Leur cible est une usine presque imprenable, nichée dans le flanc d’une montagne, sous un plateau. La machine Enigma a décodé des messages suggérant que les Norvégiens planifient un sabotage au plus profond de l’hiver. Alors que l’attraction mutuelle d’Axel et Klaus se transforme en obsession, de vieilles rivalités menacent d’exposer la passion impossible entre ces deux hommes, et l’affrontement inévitable dans la glace et la neige au cours d’une bataille féroce se métamorphose en une confrontation déchirante.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 138
EAN13 9782376764281
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Le second cercle
Copyright de l’édition française © 2018 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2013 Anthony Kobal
Titre original : The second ring
© 2013 Anthony Kobal
Traduit de l’anglais par Allie Vinsha
Relecture et correction par Valérie Dubar, Jade Baiser, Lorraine Cocquelin, Rafaël Rivière
 
Conception graphique : © Francessca Webster
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-428-1
Première édition française : décembre 2018
Première édition : octobre 2013
 
Édité en France métropolitaine
 
 
 
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Note de l’auteur
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
Dédicace
 
 
Pour Havan et Jade, Yin & Yang.
 
 
 
Note de l’auteur
 
 
Cette histoire se déroule dans les années 1940, avant que le VIH / SIDA rende les gens conscients de l’importance de l’utilisation de traitements préventifs pour prévenir la transmission du VIH et des autres MST. Alors que les préservatifs (en latex) étaient disponibles pour les personnages de ce récit, il serait inapproprié pour eux de les acquérir et de les utiliser comme nous le ferions aujourd’hui.
Soyez conscient que bien que ces personnages agissent comme ils l’auraient fait à l’époque, l’utilisation de toute protection est essentielle aujourd’hui afin de se prémunir contre les maladies sexuelles.
 
Le second cercle

Anthony Kobal
 

Prologue
 
 
 
 
3 février 1943, Rjukan, Norvège
Bien qu’il fasse froid cette nuit-là, tellement froid, en fait, que le métal de nos armes à feu nous semblait dangereux à toucher, dès que j’eus déboutonné sa chemise et glissé mon bras à l’intérieur pour le passer autour de son torse, nous nous sentîmes tous les deux réchauffés. Et lorsque je détachai sa ceinture de mon autre main et touchai son entrejambe par-dessus son pantalon, avant de le déboutonner et de le baisser, exposant ses fesses blanches, mon propre corps s’embrasa comme s’il était en feu. Penser à lui ici, dans mes bras, l’entrevoir dans le crépuscule, être uni à lui, peut-être pour la dernière fois, et songer à mon sexe lové dans les chauds replis de son antre… Je savais que ce n’était pas là le genre de pensées que je devrais entretenir dans un pareil moment. Mais comment aurais-je pu m’en empêcher ? Alors que ma main sur sa poitrine nue continuait à tracer des cercles comme un oiseau cherchant un endroit où se poser, sentant les muscles plats de ses pectoraux et manipulant chacun de ses mamelons à tour de rôle, je dus admettre ma hâte à vouloir essayer de le pénétrer sans plus de préliminaires. Je défis les attaches de mon pantalon et sortis gauchement mon membre raidi, ma bouche salivant d’excitation depuis plusieurs minutes déjà. Habituellement, Klaus savait ce que je voulais et comment je le voulais. Pourquoi ne m’accommoderait-il pas maintenant ? Il me laissa en effet maladroitement arranger sa position et ses jambes afin que je puisse le pénétrer, et presque à contrecœur, j’agrippai son épaule et appuyai dessus, poussant son corps en avant. Il essayait de garder son pantalon relevé, pour se protéger du froid, présumai-je. Pourtant, au cours des quelques secondes qu’il me fallut pour me pousser en lui, je sus – verdammt 1 , je sus .
 

 
Chapitre 1
 
 
 
 
Depuis le tout début, mes idées sur les valeurs morales étaient floues et confuses. Je pense que cela explique pourquoi, bien que je me considère comme un soldat allemand modèle, j’avais visiblement échoué à cette tâche. Mais je venais d’une famille de militaires, certains s’étant même distingués sous les ordres du Kaiser 2 , et je n’aurais jamais pu envisager une autre carrière que celle-ci. Enfant, j’ai vu l’Allemagne traverser cette époque horriblement humiliante qui suivit la défaite de la guerre de 1914, puis les années d’inflation encore plus humiliantes, deux situations inédites au niveau mondial. Le prix d’une chose tangible – une carotte ! – pouvait varier dix fois par jour. Très jeune, je me souviens avoir couru chez l’épicier afin de connaître le prix d’un demi-kilo de beurre, qui nous indiquait assez justement le coût de tout le reste pour les heures à venir.
Je me souviens également avoir envoyé par la poste un colis à mon père et y avoir apposé trois timbres d’une valeur de neuf milliards de marks. Néanmoins, personne n’était vraiment certain que ce soit suffisant pour envoyer le paquet où il était supposé aller, car un milliard de marks était un nombre aussi volatile que le mercure d’un baromètre par une journée de tempête. Les timbres postaux n’étaient plus préenduits et devaient être collés aux paquets avec de la colle appliquée au pinceau, comme cela se faisait cent ans plus tôt, d’après ce que j’avais entendu dire.
Les billets étaient enroulés dans du fil de fer, mais n’étaient jamais déroulés, car rien ne pouvait être acheté à moins d’un milliard de marks. J’avais un jour amené à ce même épicier une brouette remplie de billets et lui avait déposé dix ballots de billets afin de lui acheter une miche de pain. Plus tard, nous avons découvert que la majorité du pain avait été fait avec de la sciure de bois.
Ce fut un Américain qui aida l’Allemagne à se remettre sur pied – une autre humiliation à retenir contre l’Amérique ; je crois cependant que tout le monde oublia ce fait lorsque l’économie reprit enfin son souffle. Nous voulions que le reste du monde dépende de l’Allemagne, jamais l’inverse. Nous étions et sommes toujours une nation composée de gens fiers et brillants, avec des hommes ayant prouvé leurs qualités de leaders, de penseurs, au premier rang de l’opinion mondiale sur ce que l’humanité était capable de réaliser. J’avais lu avec beaucoup de fierté Goethe, Schiller, Nietzsche, Karl May, et écouté avec émotion la musique bouleversante de Beethoven, Wagner et Strauss ; aujourd’hui encore, je ne peux pas entendre Le Crépuscule des dieux ou La Chauve-Souris sans que ma gorge se serre .
On m’a dit plus d’une fois que ma vie semblait tirée tout droit d’une opérette – ne serait-ce que pour la seule et unique raison que je persiste à voir l’existence comme une succession d’événements ridicules que l’on aurait, à la dernière minute, empêchés de virer au drame. Je préfèrerais de loin me considérer comme le personnage d’un Grand Opéra, mais pas un personnage en carton-pâte, non, plutôt un personnage vraiment héroïque ; un personnage qui inculquerait le sens de l’honneur chez les autres .
En fait, je fréquentais le petit opéra beaucoup plus souvent. La plupart du temps, je le trouvais plus « grand » que le Grand Opéra. Les histoires m’apparaissaient plus humaines et le théâtre lui-même était plus ornementé, avec ses chérubins nus dorés dans chaque coin et ses joyeux attroupements de jeunes hommes qui hantaient les loges et les coulisses. L’un de mes amis y œuvrait comme machiniste ; lui et moi sirotions du Schnapps et écoutions la musique joyeuse avec beaucoup de plaisir. Je me souviens de m’être étendu sur un petit char à foin en regardant les mouches, les cordages de la scène se balançant loin au-dessus de moi dans le théâtre d’une représentation de L’ Étudiant pauvre , songeant alors combien c’était merveilleux. Que pourrait-il exister de mieux ? Et c’est alors que mon ami avait ri doucement et roulé sur moi, comme s’il répondait à ma question silencieuse. L’une de ses mains fraîches avait agrippé la mienne, tandis que l’autre fouillait dans mon pantalon et trouvait mon pénis au moment même où l’orchestre atteignait un apogée effervescent. La joie ressentie à ce moment s’est inscrite dans ma mémoire comme un summum de plaisir pur et d’accomplissement. Se retrouver étendu dans un théâtre – à l’abri des décombres hideux du quotidien, loin de notre labeur éternel consistant à éplucher des pommes de terre et tirer des charrues que l’on appelait « La vie ». C’était presque comme si toute ma fierté d’être un Allemand s’était unifiée à cet apogée musical.
Ce sentiment de fierté ne se dissipa jamais. Tout comme je ne pus m’empêcher d’être balayé par le violent nationalisme qui enflamma le pays en 1933 comme des torches allumées les unes après les autres dans une file infinie. Poussé par le défi de « ce qui est réellement possible », j’eus l’impression d’être parmi les audacieux, ceux qui étaient fiers et un peu désespérés dans nos désirs de repousser les limites de nos habiletés et de notre influence. Notre utilité pouvait paraître faible de l’extérieur, mais nous étions forts et disposés à montrer au monde notre valeur et notre puissance .
Je ne discuterai pas ici de notre illustre leader du moment. Sa démence ne fait aucun doute. Mais à l’époque, il fut l’étincelle qui enflamma tant d’initiatives héroïques, comme notre Autobahn 3 et la Volkswagen, pour n’en nommer que deux. Sans oublier le fait qu’il mit fin au chômage et instilla la notion de « vacances » dans l’esprit des travailleurs, pour en nommer deux autres. En outre, il nous disait sans cesse qu’il avait le pouvoir de sortir l’Allemagne de son ignominie. Que nous n’aurions plus jamais besoin de pousser inutilement des brouettes de billets ; que le monde entier se tournerait vers nous , qui serions devenus maîtres en matière de bon goût et de culture ; que nous serions un phare de civilisation dans un monde qui tournait à la folie .
Notre audace frôla tout d’abord l’imprudence, puis le fanatisme et finalement la démence ; mais dans les premiers temps, ce fut exaltant d’être le compagnon d’armes d’hommes suivant un but commun et pouvant, tels des chevaliers des temps anciens, chevaucher et conquérir d’autres pays pour la gloire, le territoire et l’influence rassurants d’un empire .
Mon ami du théâtre n’avait fait qu’aiguiser mon appétit ; en prenant de l’âge, je me mis à rechercher l’attention d’hommes cultivés et brillants, et en tant qu’homme brûlant pour d’autres hommes, mes actions n’étaient pas toujours guidées par les motifs les plus purs. Mais je ne pouvais que suivre mes passions et c’est ce qui me fit choir si lamentablement .
À l’école, je m’immergeais dans des livres qui flattaient mes sensibilités, notamment, un énorme volume de Dante posé dans la bibliothèque de ma famille, si gros et si lourd que j’avais de la peine à l’extraire de l’étagère et à le poser sur la table. Illustré par Doré, cet artiste ensorcelant de sensualité et de dépravation, j’étais fasciné par les énormes gravures qui décoraient l’ Inferno  ; les corps musclés et tordus d’hommes tourmentés et en larmes, si bien reproduits qu’il devenait inutile de lire le texte. L’homme décapité tenant sa propre tête par les cheveux, telle une lanterne ; l’autre, dont le ventre et la poitrine entaillés laissaient pendre ses entrailles ; un autre encore, transformé en arbre… Tant d’images terrifiantes pour un jeune garçon sensible comme je l’étais. Les premiers chants étaient si bien décrits qu’après un certain temps, les scènes des Luxurieux – ces âmes perdues à jamais dans le second cercle de l’Enfer – me semblaient être un véritable événement historique dans un lieu réel. Je pouvais imaginer les tourbillons d’amants complètement nus, entremêlés dans les vents, tournoyant pour l’éternité dans l’air sombre et cruel des cieux, punis pour avoir aimé. Pour avoir aimé de manière… illicite .
J’y repensais souvent, tout en méditant sur les formes musclées dans mes rêveries diurnes, ou nu dans mon lit, ou encore à l’école, où je me trouvais parfois submergé par le pouvoir que détenait sur moi mon propre sexe.
En particulier au Gymnasium 4 , les duels à l’escrime avec les autres garçons ne se résumaient souvent pas qu’à une victoire en termes de nombres et de points. Bruno Kallenz, un jeune mâle aux yeux sombres qui combattait avec moi, fut ravi de découvrir qu’une avancée sauvage de la pointe de son épée attrapa ma veste, juste sous le bras, et me cloua au mur comme un papillon de collectionneur. Incapable de bouger, je fouettai maladroitement l’air avec mon épée, dont le plat se prit sous son aisselle. Nous nous retrouvâmes dans une étrange étreinte dont aucun de nous ne savait comment s’en défaire. Il s’approcha alors de moi, forçant son épée à se plier et former un dangereux « U » inversé, et plongea son regard dans le mien – nous ne portions aucun masque à l’époque ; cela aurait été pleutre –, souriant presque méchamment alors qu’il se rapprochait davantage. Puis il me mordit la lèvre. Sous le choc, j’en laissai tomber mon épée. Il fit de même, puis essuya du plat de sa main le sang coulant de ma lèvre… pour ensuite se sucer les doigts .
Plus tard, dans les vestiaires, il insista pour se dévêtir devant mon banc et, alors qu’il ramassait sa serviette sur le sol en prévision de la douche, il se tourna dos à moi et se pencha, dévoilant délibérément son fondement rose, presque luminescent dans le buisson noir de son entrejambe. Bouleversé par ce salut dorsal, je le suivis de près jusque dans les vapeurs chaudes de la pièce carrelée, remarquant que la peau de son cou était couverte de boutons écarlates de puberté qui me dégoûtèrent. En observant son derrière charnu se trémousser vers la douche, je me pris à songer qu’il avait le corps puissant d’un garçon qui pourrait bien se développer en un homme grand et pugnace. Détesté, peut-être respecté par la peur qu’il instiguerait, mais vulnérable à cause de ses passions .
Les douches consistaient en une vaste pièce carrelée comprenant une vingtaine de pommeaux insérés dans les murs. J’essayai de trouver un espace éloigné de lui, mais il s’arrangeait pour toujours rester à proximité. Alors que nous nous douchions avec le reste de la classe, j’étais certain de pouvoir sentir monter son excitation. La vision de quinze garçons ou plus, nus tout autour de moi, m’obligeait toujours à faire face au mur, car je ne pouvais pas supporter de me faire surprendre à les regarder, mais Bruno continuait à faire son chemin vers moi, savonnant son corps jusqu’à ce qu’il soit recouvert de mousse parfumée .
Ne voulant pas le fixer du regard et comparer nos membres, centimètre par centimètre, minute par minute, je ne pus tout de même m’empêcher de remarquer que son sexe devenait de plus en plus… visible. Dans une pièce remplie de garçons nus, il était difficile de se concentrer sur quoi que ce soit d’autre, et je sentis soudain ma peau prendre feu, même dans toute cette vapeur et cette eau. Je me rinçai rapidement, puis je me précipitai hors de cette pièce, le rouge aux joues, pour aller m’essuyer et me vêtir sur mon banc. Mais moins d’une minute plus tard, j’entendis une agitation en provenance des douches, les voix des garçons s’exclamant en des tons variés de barytons et de ténors  :
— Schwul 5  ! Schwul ! 
Les murmures effacèrent le son de l’eau qui coulait et augmentèrent et atteignirent mes oreilles, lorsque la foule d’étudiants nus se rapprochait, poussant Bruno devant eux et, certains riants, d’autres purement indignés, commencèrent à le fouetter de leurs serviettes ; pendant une minute, ce fut comme si nous étions pris dans les ailes d’un moulin ou encore perdus dans la lessive étendue sur une corde et clappant au vent. Les serviettes blanches et les corps roses m’éblouissaient et je dois avouer que je sentis ma propre verge se lever et se raidir alors que j’enfilais mon pantalon. Bruno était étendu sur le sol en pierre, après qu’ils se furent tous retirés dans le sanctuaire des douches, entre rires et larmes. Ce mot maléfique «  Schwul  » planait toujours dans l’air. Bruno portait les marques de cette flagellation furieuse. Son dos et ses fesses étaient zébrés de rouge sombre, pourtant, il arborait toujours une érection inappropriée alors qu’il gisait là et éclatait du rire d’un petit tyran ayant la certitude qu’il rirait le dernier .
Pendant plusieurs jours, je fus hanté par cette scène, la vivant encore et encore alors que je soignais ma lèvre coupée. Il s’agissait d’une scène déconcertante, comparée à celle que j’avais vécue avec mon ami au théâtre. Là où ses douces caresses m’avaient apporté calme et libération, la fureur de l’agression de Bruno était brutale et me dégoûtait .
Le mois suivant, nous fûmes obligés de suivre des leçons de lutte gréco-romaine ; d’une manière ou d’une autre, Bruno et moi fûmes considérés comme « compatibles » – j’ignore pourquoi j’eus droit à cette généralisation – et je me retrouvai obligé de me rapprocher intimement de mon camarade de classe. Sa lutte, ses clés de jambes, ses renversements, cette haleine chaude et fétide sur mon cou, le son de son souffle laborieux – il était beaucoup plus corpulent que moi –, la sensation du paquet entre ses jambes frôlant constamment le mien, celle de sa poitrine contre mon dos… Tout cela distillait dans ma tête des signaux de danger imminent. Nous nous retrouvâmes face à face sur le tapis, son genou s’enfonçant délibérément dans ma cage thoracique, et nos regards se croisèrent, le mien étincelant de fureur .
— À quoi devons-nous cette grimace ? dit-il en immobilisant mes épaules au sol .
Il dégageait toujours une légère odeur d’excréments .
— Je pourrais te frapper dans les couilles, marmonnai-je.
— Tu serais disqualifié, répondit-il en souriant.
— Je m’en moque, répliquai-je, les dents serrées. Si ça peut faire dégager ton genou.
Je réussis à faire le pont vers l’arrière et à le faire retomber sur les fesses.
— Tu n’aimes pas trop les règles, n’est-ce pas, Axel ?
Je le regardai droit dans les yeux.
— Je suis du genre à faire ce qui doit être fait.
— C’est pour ça que je t’apprécie autant, sourit-il, enroulant son bras autour de mon torse et me retenant au sol comme l’aurait fait un berger avec un mouton particulièrement récalcitrant.
Nos joutes s’enchaînaient et se terminaient toujours de cette façon. Il était incapable de gagner du terrain avec ses pairs, mais il aimait lutter contre moi, comme si je symbolisais son habileté à renverser quelqu’un – peu importe qui. Dès que je sentais son bras autour de ma taille et apercevais les marques rouges de colère sur son cou, mon ventre se contractait toujours comme pour se défendre contre un coup de pied imminent. Chaque fois, je sentais son excitation exaspérante à travers son uniforme, et il commença à m’irriter puis me donner la nausée. Je suis en outre certain, après une joute où la friction fut particulièrement intense, qu’une tache humide souillait son entrejambe .
 

 
Chapitre 2
 
 
 
 
À cette époque, être ouvertement un amoureux des hommes – un Dummheiter – était presque impossible, bien que plusieurs hommes le fassent, que ce soit par prédisposition ou pour gagner les faveurs d’hommes brutaux en position de commandement. Lorsque l’on s’intéressait à ce sujet, il était surprenant de réaliser le nombre d’hommes dont les regards s’attardaient une demi-seconde de trop ou ceux dont le contact excédait d’une fraction de seconde ceux qu’un homme n’étant pas intéressé aurait eu pour un autre. Je dois l’admettre, j’étais beau, bien bâti et j’attirais ceux qui avaient cette disposition – ce qui était terriblement dangereux. Pourtant, je trouvais cela excitant et me montrais fataliste : je ne pouvais rien y faire. Et alors que je n’avais aucune idée de la manière dont je pouvais intégrer dans ma vie ces sentiments pour les hommes, j’étais déterminé à demeurer un éternel célibataire plutôt que de me soumettre à un faux mariage qui n’aurait eu pour seul but que de satisfaire ma famille, et je saisirais au vol les aventures qui passeraient en chemin.
Alors que j’étais encore à l’académie de Heidelberg, nous fûmes passés en revue par un gentilhomme ayant l’air de faire partie d’un opéra-comique, celui que l’on pourrait dénommer le Komische-Onkel de la famille. Il était toutefois d’un pédigrée impeccable et de noble naissance. Vêtu de sa tunique rouge aux attaches dorées et torsadées, le Baron von Halbsmann, aux allures de major-général dans une opérette, était Kommandant dans les Luftstreitkräfte – un genre de forces aériennes datant d’avant la Luftwaffe –, en plus d’être un noble depuis plusieurs générations. Il commandait des zeppelins pendant la guerre de 1914 et son apparence pouvait suggérer qu’il en avait avalé un. Ses ancêtres habitaient un château, un de ces lugubres Schlösser avec peu de fenêtres, des tourelles à pointes et disposant de plus de serviteurs qu’il n’y avait d’habitants dans un petit village. Il nous annonça qu’il était à la recherche de deux jeunes hommes qui pourraient lui donner un coup de main lors d’une grande soirée qu’il donnerait sous peu. Il fournirait les uniformes, nous formerait afin que nous paraissions sous notre meilleur jour, puis nous allouerait un salaire ou une sorte de bourse d’études à la fin de l’événement.
Toujours dans le thème de l’opéra-comique, le Schloss était une vision féérique, éclairée aux chandelles, avec des musiciens en perruques poudrées, des hommes en livrées garant les automobiles, des femmes aux décolletés ridiculement profonds – certains révélant même leurs mamelons confortablement posés sur le bord du corsage, comme s’ils avaient volontairement sauté de leur prison. Il régnait autour de cette soirée une atmosphère particulière, le sentiment de vivre quelque chose d’unique. Les postures que nous affectâmes me firent vibrer au plus profond de mon âme. Dans les cuisines, je supervisais six autres hommes vêtus de culottes de soie. Je passais leurs tâches en revue lorsque je me sentis brusquement bien sensible à leur présence. Avec leurs costumes taillés sur mesure et leurs visages juvéniles, tous prêts à exécuter les actes les plus serviles, ma virilité se manifesta malgré moi dans mon pantalon. Les vêtements confectionnés à cette époque, bien qu’ils puissent paraître absurdes avec le recul du XXème siècle, étaient conçus de manière à exhiber les meilleures parties de l’anatomie et camoufler celles qui étaient moins flatteuses. Les hauts-de-chausse captaient particulièrement l’attention puisqu’ils étaient savamment plissés à l’entrejambe avec une technique de couture qui confinait le sexe masculin dans une sorte de braguette surdimensionnée, et je m’étouffai presque devant tant de membres aux contours délimités dans les pantalons de mes camarades serviteurs. J’aperçus mon propre reflet dans un miroir du hall d’entrée et fus plutôt impressionné par ma propre silhouette. Habillé de cette veste de soirée des plus élégantes, j’avais le sentiment d’être moi-même ce noble de haute naissance. Avec ces somptueux vêtements, j’avais l’impression qu’exécuter les tâches d’un serviteur était un acte de dignité. Je marchais fièrement, cambrant le bas de mon dos et projetant ma poitrine vers l’avant. Alors que je faisais circuler un second service de Kalbsfleisch , le regard du Baron rencontra le mien. Il me fit un clin d’œil.
— Les culottes vous vont très bien, dit-il.
— Merci, baron, répondis-je en m’inclinant.
— J’aime les jambes bien dessinées, ajouta-t-il au moment où il perçait une cuisse d’agneau avec sa fourchette et, l’extirpant de sa sauce, la plaçait dans son assiette. Vous êtes tout rouge, murmura-t-il. Peut-être pourriez-vous vous rafraîchir un peu plus tard, à une petite fête que j’organise après le dîner.
— Ce serait un immense plaisir, Herr Baron  !
Il sourit, faisant se redresser ses énormes moustaches.
— Parlez avec le gentilhomme portant le baudrier rouge là-bas, conclut-il, avant de reposer sa fourchette sur le plateau de service.
Je pensais que ma chance venait de tourner. Je me vis comme son ordonnance, vivant une vie calme, sinon servile, au cours de la prochaine guerre. Peut-être inspecterions-nous le ciel en quête de zeppelins. Peut-être me donnerait-il un long titre militaire pompeux, tel que Flugabwehrraketengeschwader , l’un de ces noms que même un Allemand avait de la peine à prononcer.
Je fis face à l’homme au visage fringant et au baudrier rouge – il n’avait pas l’air d’un gentleman – et me présentai.
— Le baron m’a invité à son après-soirée et m’a prié de m’adresser à vous pour recevoir des instructions. 
Je claquai des talons.
Il avait un air suffisant, de clairs sourcils blonds, un visage rougeaud et des cheveux coupés en brosse. Il se mit à rire aussi fort qu’il pouvait se le permettre.
— Très bien, petit frère. À une heure du matin, vous devrez monter l’escalier situé derrière la cuisine. Il y a trois portes en haut. Vous devrez ouvrir celle située à côté de la fougère en pot et entrer dans la pièce.
J’acquiesçai.
— La porte près de la fougère.
Il m’adressa un sourire appréciateur et me détailla de haut en bas.
— Puis vous vous rendrez dans l’antichambre à gauche et vous enlèverez vos vêtements. Je ne veux pas dire que vous garderez vos sous-vêtements ou que vous enlèverez uniquement votre chemise pour être tout à fait séduisant dans vos jolis hauts-de-chausses et torse nu. 
Il colla son visage au mien.
— Non, je veux dire que vous retirerez tout jusqu’à la dernière couture, que vous devez être vraiment en tenue d’Adam de la tête aux pieds. Vous vous approcherez alors du pied du lit du Baron. Vous vous étendrez sur la peau de mouton posée sur le plancher et enroulerez votre corps comme cela.
Il ferma le poing et le plaça pratiquement sous mon menton.
— … avec vos pieds étirés, leurs plantes dirigées vers la porte et votre derrière faisant face au feu. Est-ce-clair ?
N’ayant aucune raison de refuser, je souris, sans doute un peu sottement.
— Avec le derrière faisant face au feu, dis-je. Facile.
Je tentai d’imiter son regard soutenu et glacial, tout en lui souriant.
Il me rendit mon sourire et me gifla doucement, sans douleur, sur la mâchoire.
— J’ai entendu dire que vous étiez un bon lutteur au Gymnasium , dit-il.
Le type en face de moi était plus costaud que moi et je n’avais aucun intérêt à lutter contre lui, alors je ne me vantai pas.
— Oui, j’ai fait de la lutte, admis-je. Mais je n’ai jamais brisé aucun os.
Cette remarque le fit hausser les sourcils.
— Je vois, dit-il.
Il regarda par-dessus mon épaule et m’annonça que notre entrevue était terminée.
 
 
Il s’avéra que le Baron était un véritable cauchemar. Refusant d’admettre ses propres désirs de Dummheit , il avait besoin d’un sujet disposé à être traité comme un chien. Il ne s’agissait pas que d’une métaphore pour lui. Mon humiliation constituait son plaisir extrême. Dès que je fus entré dans sa chambre et que je me fus dévêtu, puis couché au pied de son lit en position fœtale, le plus en boule possible, j’eus quelques instants pour réfléchir. Bien que je sois nu et qu’il fasse froid, je gisais sur une épaisse fourrure et le feu réchauffait la pièce. Lorsque les flammes commencèrent à diminuer, je devins anxieux, mon derrière semblant froid comme du cuivre. Bientôt, cependant, la porte s’ouvrit sans bruit, et le gentilhomme au baudrier rouge entra pour ajouter du bois dans le feu. Ce dernier s’enflamma beaucoup trop au goût de mon pauvre postérieur. L’homme éclata d’un rire bruyant en me voyant me tortiller sous l’effet de la chaleur et m’envoya un joyeux coup de pied aux fesses, du bout de sa botte froide.
Quelques minutes passèrent après son départ. J’avais enfoui ma tête dans la peau de mouton, ressentant sa chaleur et son odeur animale, lorsque j’entendis la porte s’ouvrir. Mon instinct me dicta de rester immobile. C’était « lui ». Le baron commença à s’affairer comme si je n’étais pas là. Il s’assit à son écritoire et écrivit une lettre, se versa un grand verre de cognac – chose que je déduisis au nombre de gargouillements qui s’écoulèrent dans le verre –, puis je l’entendis fouiller dans une boîte à bijoux, d’où il en sortit un collier muni de pierres précieuses et de clous. Il s’approcha de moi et me le mit autour du cou, puis attacha le fermoir.
— Bonsoir, mon petit schnauzer, dit-il d’une voix qui ronronnait de plaisir et en me flattant les flancs et me tapotant la hanche. Prêt pour une promenade ?
S’ensuivit la première d’une longue série de promenades nocturnes. Tout d’abord embarrassantes et inconfortables – les humains ne se déplaçant pas gracieusement à quatre pattes –, elles devinrent plus supportables grâce à la patience et à la compréhension du baron. Alors que je ne portais rien d’autre que le collier incrusté de diamants, il me conduisait au bas de l’escalier de marbre, dans son jardin emmuré, parmi les poiriers, les espaliers de figuiers et les chênes géants. Parfois, des dames y attendaient et ne pipaient mot sur le sujet. J’étais l’animal parfaitement obéissant – et parfaitement nu – du baron et je me comportais comme un bon petit chien de vaudeville. Je faisais de mon mieux pour imiter un fidèle canidé, acceptant leurs caresses sur ma tête et mon dos, les laissant me flatter les oreilles et même le derrière. Plus mon imitation était parfaite, plus il était satisfait. M’accroupissant et rampant, je l’accompagnais le long du sentier, le reniflant et me frottant contre lui, m’arrêtant seulement pour lever la patte contre un arbre, ce qui le rendait toujours très silencieux et attentif.
— Ah, mon petit Schatz 6 a besoin d’uriner, murmurait-il et il me regardait faire avec attention.
Je remercie le fait qu’aucun rat n’ait croisé notre chemin, car je suis certain que le baron s’attendait à ce que j’entame une poursuite et le mette à mort avec mes dents.
Plus tard, nous passions une heure au bord du feu et il profitait de ma compagnie, comme on le ferait de celle d’un chien. Parfois un peu plus qu’avec un chien, et plusieurs nuits se terminaient avec moi sur le dos ou sur les genoux du Baron, hors d’haleine, une flaque de sperme sur mon ventre et un baron souriant qui s’essuyait la main sur son mouchoir parfumé.
Pour mon plus grand plaisir, il chantait parfois des airs d’opérettes, comme L’Étudiant pauvre , Princesse Czardas ou Le Pays du sourire . Beaucoup de ces chansons se ressemblaient, il était facile de les confondre, et je l’entendis une fois passer d’un long solo de ténor issu du Baron tzigane à celui de La Comtesse Maritza . Je le corrigeai, stupidement, en chantant les véritables paroles. Il est aisé d’imaginer ce que l’on pourrait ressentir à se voir corrigé par son propre chien, au cours d’une promenade.
Abasourdi, il arrêta de me promener et me fouetta le flanc avec sa cravache, dans un claquement proportionnel à la brûlure qui s’ensuivit. Froidement, il souleva la cravache au-dessus de sa tête et me frappa, encore et encore, jusqu’à ce que je me retrouve recroquevillé à ses pieds, mon pauvre derrière zébré de coups de cravache.
— Tu ne comprends pas, Schatz , dit-il calmement. Nous n’écoutons pas les opérettes parce qu’elles nous procurent tant de plaisir ; leur raison d’être est de nous montrer l’absurdité de nos existences et comment nous devrions renier à tout prix la vie qu’elles dépeignent sur scène. Leurs dénouements heureux nous les rendent attirantes, mais ce sentiment n’est qu’un leurre. Un leurre empoisonné. Lorsque notre vie ne devient plus que l’intrigue grinçante d’une opérette, nous devons alors envisager de nous soustraire de la surface de la planète.
Peut-être était-ce la piqure de la séance de fouet qui grava ces paroles dans ma tête. Nullement perturbé, il s’assit au pied d’un arbre et me laissa ramper sur ses genoux alors que nous regardions son jardin. Il prit plaisir à me caresser en silence, parmi les rosiers. Alors qu’il caressait mes fesses, il rit doucement en constatant les dommages infligés par sa cravache.
Quoiqu’il arrive, je savais que cette situation ne pourrait pas durer éternellement ; des goûts aussi excentriques finissaient toujours par perdre de leur intérêt pour les êtres à la sexualité ardente. Et même si je développais les muscles de mes jambes comme je ne l’aurais jamais pu si je n’avais pas joué au chien, mes genoux et mes chevilles étaient constamment mis à l’épreuve. De plus, je savais que je pouvais être remplacé à tout moment, par le prochain jeune homme qui attirerait son regard.
Un soir, je me trouvais dans le vestiaire, afin de retirer mes vêtements, quand j’eus le curieux sentiment que quelqu’un se trouvait non loin de moi. J’ignorais cependant pourquoi cela me rendait si mal à l’aise. Après avoir retiré mes hauts-de-chausse – j’avais dû servir lors d’un autre événement ce soir-là –, j’ouvris la porte sombre qui menait à la chambre et fus surpris d’apercevoir une paire de fesses luisantes déjà étendues sur la peau de mouton.
En m’approchant de la forme inerte, j’aperçus une tête rasée et un cou crevassé de vilains furoncles. Le corps replet me confirma qu’il s’agissait de Bruno et qu’il avait bel et bien attiré l’attention du baron – Dieu seul savait où et quand – ou pourquoi !
Je plaçai mon pied nu sur son derrière charnu. Il pencha brusquement la tête en arrière, qui avait été jusque-là blottie contre sa poitrine. Je pus alors revoir ce petit sourire suffisant et désagréable.
— Axel ! J’ai toujours su que tu étais un bâtard ! 
Il se leva et nous nous fîmes face, dans la lumière du feu, la peau tannée et luisante, tous deux nus comme des vers. Il me sourit, les mains sur les hanches, de ce féroce sourire dominateur de celui qui pense avoir la science infuse, et continua de s’avancer vers moi jusqu’à ce que je puisse sentir son haleine sur mon visage.
— Le baron ne cessait de me le mentionner, mais je n’avais pas réalisé que le schnauzer, c’était… toi, Axel. Comme ce sera plaisant d’être tous les deux à son service !
Je tressaillis en sentant son sexe se dresser et effleurer le mien.
J’avais le sentiment que mon corps était devenu plus puissant que le sien. Je remarquai aussi qu’il avait pris du gras. Je ressentis l’envie soudaine de lui envoyer mon poing sur le côté du crâne. Mais avant qu’un duel puisse avoir lieu, la porte s’ouvrit brutalement et le baron entra, les bras chargés de plumes de paons.
— Ah ! s’exclama-t-il en déposant son bouquet dans un vase de cuivre, avant de porter son attention – toute son attention – sur nous.
Il rayonnait.
— Cela va être une merveilleuse soirée.
Et bien que je sois un chien enthousiaste, mon imitation du schnauzer n’était nullement comparable au doberman du nouveau venu. Le baron ne contenait plus sa joie alors qu’il nous menait, au bout de nos...

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