Les chroniques de Moxie
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Les chroniques de Moxie , livre ebook

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Description

L’instit’ Moxie Summers a vingt-six ans, des courbes, et un passé relationnel pour le moins chaotique. C’est complètement bourrée dans un bar qu’elle rencontre Miles, qui n’a pas non plus sa langue dans sa poche, jusqu’à ce qu’elle lui vomisse dessus. Alors qu’elle estime être au bout de ses surprises, les choses empirent encore lorsque l’homme de ses rêves se révèle être le père célibataire de son tout nouvel élève.


Tandis qu’elle lutte contre son attirance pour Miles, la belle-mère fourbe de Moxie tente de la convaincre qu’elle devrait perdre du poids si elle veut un jour attirer l’homme parfait dans ses filets. Pour couronner le tout, une girl scout a juré sa mort, une surprise party embarasse tout le monde, sans oublier la marijuana qui circule...


Moxie pourra-t-elle affronter cookies maléfiques, empoisonnement alimentaire et épreuve de force chez Costco pour espérer finir avec Miles ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 8
EAN13 9782375740460
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Z.B. Heller
Les chroniques de Moxie





Traduction Anne L.
Infinity
Le piratage prive l'auteur ainsi que les personnes ayant travaillé sur ce livre de leur droit.
Cet ouvrage a été publié sous le titre original :
THE CHRONICLES OF MOXIE
MxM Bookmark © 2016, Tous droits réservés
Couverture vf © Miesis
Traduction © Anne L.
Relecture © Marie Laure T.
Correction © Emmanuelle LEFRAY.
« moxie », nom familier : détermination, force de caractère, ou culot
Prologue

Je m’appelle Moxie Summers et vous devez certainement vous demander ce qui peut conduire des parents à nommer leur enfant de la sorte. Pour faire simple, pendant toute la durée de sa grossesse, ma mère s’était réveillée avec des nausées monstrueuses, sans compter le diabète et les brûlures d’estomac. Pour ne rien arranger, je lui avais donné de nombreux coups de pied et avais tellement poussé sur sa vessie qu’elle avait continuellement envie d’aller aux toilettes. Mon tempérament effronté, déjà bien développé avant même que je ne vienne au monde, m’avait donc valu le doux nom de « Moxie ».
Je mesure un mètre soixante-dix, j’ai de longs cheveux roux et des yeux bleu-gris. On dit que les yeux sont le reflet de l’âme. Si c’est le cas, alors je plains tous ceux qui ont un jour eu le malheur de croiser mon regard.
Je suis belle, sexy et je fais une taille XXL. Mes formes ne m’ont jamais gênée. Après tout, comme on dit, une femme sans formes, c’est un peu comme un jean sans poches ; on ne sait pas où mettre les mains.
Ceci étant dit, je m’appelle Moxie et au moment où commence cette histoire, je recevais une bonne leçon.

Joël, l’homme qui s’affairait au-dessus de moi, avait dû conclure de mes yeux résolument fermés que l’orgasme était imminent, alors qu’en réalité, je m’inquiétais de la possibilité d’une hémorragie interne, tant ma tête était bringuebalée partout. Le lit sur lequel j ’étais allongée avait au moins quarante ans, les ressorts grinçaient tellement qu’on aurait cru entendre des chiens aboyant de douleur, les draps donnaient l’impression de ne pas avoir été lavés depuis deux mois et j’étais pratiquement sûre d’avoir vu une araignée se faufiler le long de l’oreiller.
— Oh, oui bébé ! Tu es prête à jouir ?
— Hum…
Si j’avais été honnête, je lui aurais répondu qu’il aurait fallu pour cela que la terre gèle, que son engin gagne au moins huit centimètres en longueur et trois en largeur. S’il y avait bien un exemple de micro-pénis, c’était celui que j’avais entre les jambes. Joël s’acharnait sans relâche sur mon corps, les poils de son torse et de ses jambes, couverts de sueur, réduisant à néant mon magnifique soutien-gorge taille F couleur lilas de chez Wahcoal . J’étais bonne pour lancer une machine à sec en rentrant chez moi, avec une dose supplémentaire de détachant juste au cas où.
L’heure était venue de faire un choix. Malheureusement, ce choix impliquait la simulation d’un orgasme. De mon avis, simuler est une perte d’énergie et je préfère amplement utiliser cette énergie au cours de cabrioles dignes de ce nom, le genre d’ébats qui vous coupe le souffle et vous rend incapable de bouger. Afin de bien simuler, il est important de bien répéter ses « aaah » et ses « oooh », afin d’atteindre l’intonation parfaite. Heureusement pour moi, j’avais pris des cours de théâtre et la simulation n’avait plus de secrets pour moi.
— Oh oui ! Encore ! Plus fort, dis-je en utilisant mon meilleur gémissement. Non mais, vraiment, vas-y plus fort , pensai-je. Oh, je crois que ça vient, criai-je dans une parfaite imitation de film porno des années soixante-dix. Est-ce que j’ai pensé à lancer une machine, déjà ? Oui, oui, ouiiiii ! continuai-je tandis qu’il continuait ses va-et-vient. Oh, j’avais oublié que j’avais des restes de mon dîner avec Renée, hier soir, dans le frigo. Super !
Ma performance aurait mérité un Oscar. J’espérais seulement que Joël ne s’était pas rendu compte de la supercherie. Mais j’en doutais fortement. D’une part, parce qu’il n’avait probablement jamais vu une femme avoir un orgasme, un vrai, d’autre part, parce que sa queue n’était pas assez large pour ressentir un tremblement de terre. Soudain, j’entendis un bruit étrange, semblable à une vache en train d’agoniser. J’étais sur le point de partir à sa recherche dans le but de lui prodiguer les gestes de premiers secours, lorsque je me rendis compte qu’il s’agissait en fait… de Joël. Si j’avais dû noter sa performance, je lui aurais mis un bon gros zéro sur vingt. J’étais aussi déçue qu’un enfant qu’on traîne à la fête foraine alors qu’on lui avait promis une journée à Disneyland.
C’était ma belle-mère qui me l’avait présenté. Martha s’était autoproclamée meilleure marieuse juive de Chicago. Chez nous, on appelait ces femmes des yentas , autrement dit, des femmes cinglées avec beaucoup trop de temps à perdre.
Lors de mon rendez-vous avec lui, celui-ci m’avait invitée à dîner au restaurant Chili’s . Comment voulez-vous prendre quelqu’un au sérieux lorsqu’il vous invite chez Chili’s , franchement ? Si j’avais été encore au lycée, j’aurais peut-être cru qu’il s’agissait du Ritz , mais à vingt-six ans, je ne pouvais qu’être déçue et pour ne rien arranger, Joël avait proposé que nous partagions l’addition. Quant à notre échange, il avait été banal au possible.
—Alors, comme ça, tu travailles dans la finance ? avais-je demandé pour lancer la conversation. Ça doit être passionnant.
—Mouais, avait-il répondu d’un ton morne. Je ne savais pas trop quoi étudier à la fac, alors j’ai choisi quelque chose au hasard.
—Ah, et tu as des passions, des hobbies ?
—Quand j’étais à la fac, j’aimais fumer des joints avec mes potes.
—Hum. Tu aurais peut-être mieux fait de t’orienter vers la biologie, alors… Ou l’horticulture.
Le printemps prenait doucement le pas sur l’hiver et le temps commençait à se réchauffer, aussi nous avions décidé de marcher jusqu’à son appartement, situé dans le quartier de Bucktown . Arrivée devant son immeuble, j’avais la ferme intention de lui dire au revoir et de rebrousser chemin, mais Joël m’avait demandé si je souhaitais voir les photos de sa Bar-mitsvah. Bien sûr, j’avais compris le sous-entendu sans trop de peine. Même si je n’avais pas la moindre envie de voir les photos d’un gamin de treize ans couvert d’acné, je n’avais couché avec personne depuis un bon moment déjà et, s’il fallait en passer par là pour nourrir la bête, j’étais prête à quelques sacrifices.
L’appartement était dans un état lamentable : des habits éparpillés un peu partout sur le sol, un hamburger à demi entamé gisant près d’un ordinateur portable sur le bureau, un canapé de seconde main, ayant probablement appartenu à sa grand-mère, à moins qu’il ne l’ait volé à l’un de ses voisins après l’avoir égorgé, ainsi que des marques de brûlures sur la moquette. Comme Joël ne sentait pas la cigarette, j’en avais déduit qu’il devait s’agir de traces laissées par d’anciens locataires. Je n’étais pas dupe : je me doutais que j’étais loin d’avoir touché le gros lot avec lui. Vraiment loin. Seulement voilà, j’étais trop désespérée pour faire la fine bouche, j’avais donc fait ce que n’importe quelle jeune femme aurait fait à ma place : j’avais pris une profonde inspiration, envoyé une petite prière au Dieu des Galipettes et m’étais jetée sur Joël. Ce dernier avait trébuché sous mon poids et nous nous étions retrouvés sur son canapé couvert de mites, ce qui nous ramène au moment présent.


Après l’amour, j’avais pour habitude de faire un petit bilan dans ma tête, tel un commentaire sportif avec ma vulve dans le poste de gardien de but :
— Le match de ce soir restera dans les annales comme l’un des pires de l’histoire.
— C’est peu de le dire, John. Pas un seul but de tout le match, pas d’attaque, rien. Le calme plat.
— Heureusement que l’arbitre a sonné la fin du match, je commençais à m’endormir…
Joël s’étira à côté de moi, mettant fin à mon échange intérieur. L’odeur qui se dégageait de ses dessous de bras me rappelait un peu l’odeur du McFish de chez McDonalds et je me demandai avec un air dégoûté s’il lui arrivait de mettre du déodorant.
— Oh bébé, soupira-t-il tandis qu’il se couchait sur le dos et passait une main sur son crâne dégarni. C’était trop bon.
Non mais, sur quelle planète pouvait-il bien vivre pour penser une chose pareille ? Je fixai le plafond, tentant de calmer ma colère en imaginant des scénarios pour mon rendez-vous imminent avec Charles. Comme j’avais besoin de pouvoir crier un nom lorsque j’utilisais mon vibromasseur, j’avais décidé de le prénommer ainsi, jugeant le prénom plutôt sophistiqué. Il me vint soudain une idée.
— On pourrait peut-être utiliser des sextoys, murmurai-je pour moi-même. Comme un bon gros gode…
Malheureusement, Joël m’avait entendue.
— Beurk ! s’exclama-t-il. Ne parle pas de ça, c’est dégueu !
Une telle réaction n’aurait pas dû me surprendre, étant donné qu’il détestait les phrases cochonnes, en particulier pendant le sexe. J’avais bien tenté de pimenter nos ébats, à coups de « Baise-moi », ou « Prends-moi comme une chienne », mais à chaque fois, il m’avait fait taire d’un petit « Chut ».
— Pourquoi tu aurais besoin d’un gode, continua-t-il, quand je suis là pour te satisfaire ? (Je levai les yeux au ciel d’un air consterné.) Franchement, je ne comprends pas qu’on puisse aimer ces trucs-là, ajouta-t-il d’un ton bourru. Quel intérêt d’utiliser un jouet en plastique alors que je peux te procurer exactement la même sensation ? C’est pour les nazes, ça.
Surtout, ne dis rien, pensai-je. Ne rentre pas dans le débat, ou tu vas finir par lui arracher la tête .
— Je suis un peu fatiguée, dis-je simplement. Tu sais, la journée a été longue, avec le boulot, la soirée, tout ça quoi…
J’irais tout droit en enfer, à force de mentir autant. Je priais seulement pour que la queue de Satan soit plus grosse que celle de cet abruti.
— OK, j’enfile un pyjama et j’arrive.
Sérieusement, tu vas mettre un pyjama là ?
— Tu sais, j’ai une grosse journée demain, mentis-je, et je n’ai pas trop la force pour un deuxième round, ce qui est condamné à arriver si je reste dormir ici. Ça ne t’ennuie pas si je rentre directement ?
— Non, t’inquiète, répondit Joël. Je t’appelle demain et on pourra planifier le deuxième round.
À moins que ta queue ait retrouvé une taille décente d’ici là, je ne crois pas, non .
— Ça risque d’être compliqué cette semaine. Je dois rendre visite à ma grand-mère à l’hôpital.
— Mince, je l’ignorais. Je peux faire quelque chose ?
Rien, sauf si tu veux aller la chercher au cimetière et m’aider à la mettre dans un lit d’hôpital .
— C’est très gentil, mais ça va aller, répondis-je en prenant un air triste. Elle n’en a plus pour longtemps, la pauvre.
— Je suis désolé. Rappelle-moi quand tu seras dispo et on reprendra où l’on s’est arrêtés, continua Joël avec un petit sourire en coin.
Mayday, mayday, venez m’aider !
— Bien sûr, dis-je avant de me lever afin de récupérer mes affaires qui traînaient par terre.
Je me rhabillai en vitesse et quittai l’appartement sans un regard en arrière.
Chapitre 1

Un café dans une main et un donut dans l’autre, ma sacoche croulant sous le poids des cours sur lesquels je n’avais pas pu avancer, pendant mon temps perdu avec Joël et son micro-pénis. Je me rendis à l’école élémentaire Montgomery , une vieille bâtisse qui accueillait les élèves de la maternelle jusqu’au CM2. L’école avait un certain charme, si l’on omettait l’amiante qui émanait des murs. J’avais été embauchée peu de temps après la fin de mes études universitaires, à une époque où il m’aurait été difficile de faire la fine bouche. Entre trouver un emploi rapidement et finir esclave de ma belle-mère, le choix avait été vite fait. J’aurais préféré ramasser du crottin de cheval toute la journée plutôt que de travailler dans sa boutique.
Renée, ma collègue et meilleure amie, m’aperçut alors que je me rendais dans ma salle de classe et me rejoignit. Avec ses cheveux auburn, sa taille de guêpe et ses longues jambes, elle avait tout de la reine de promo, tandis que j’avais autant de classe que la fille qui avait fait tomber un saut rempli de sang de cochon sur la pauvre Carrie.
Je l’avais rencontrée lors de mon premier jour à Montgomery , il y a cinq ans de cela.
— Bonjour, s’était-elle exclamée en passant le nez par la porte. Je m’appelle Renée et je suis la prof de CM2. Je peux t’emprunter ton scotch ?
— Bien sûr, avais-je répondu. Je m’appelle Moxie et comme tu dois t’en douter, je suis la nouvelle prof de maternelle.
— Est-ce que c’est bien un muffin aux pépites de chocolat que je vois sur ton bureau, à côté du magazine People ?
— En effet. J’ai lu qu’Heidi Klum avait perdu ses rondeurs de grossesse en deux semaines en ne se nourrissant que de chou frisé, alors j’ai décidé de prendre le poids qu’elle avait perdu en me nourrissant exclusivement de muffins aux pépites de chocolat.
— Belle façon de faire un pied de nez aux conventions sociales.
— N’est-ce pas. J’avoue aussi avoir prévu de l’assassiner dans son sommeil.
— Tu veux de l’aide pour cacher le corps ?
Nous étions devenues inséparables depuis. Renée s’appuyait à présent contre la porte, consciente de la signification du donut que j’avais à la main.
— Oh toi, il s’est passé quelque chose. Tu as exactement trente secondes pour me dire de quoi il s’agit, avant que la cloche ne sonne.
— Si jamais, tu mentionnes le donut devant ma belle-mère, je serai forcée de te déshériter, elle me bassine déjà assez avec mon alimentation et mon poids comme ça.
Ma relation avec Martha était pour le moins compliquée, principalement à cause de mon poids. Elle avait toujours été mince et le fait que je ne le sois pas sapait, selon elle, mes chances de trouver quelqu’un et de lui donner une ribambelle de petits-enfants à torturer comme elle l’avait fait avec moi.
Certes, mes hanches étaient bien fournies, mais au lieu de m’en rendre malade, j’avais décidé d’en être fière, telle une jeune femme forte et indépendante n’ayant pas peur de manger le dernier donut au chocolat. Si cela déplaisait à certaines, je me ferais alors un plaisir de les étouffer avec ma poitrine taille F ; du moins, c’est ce que je me répétais.
— Je ne lui dirai rien, répondit Renée. Elle ne ferait que me harceler pour que je vienne dîner à la maison pour me remplumer, de toute façon, elle me dirait que c’est le devoir d’une mère juive de s’assurer que personne ne meure de faim, pas même une shiska 1 .
— Tu as raison, même si en ce qui me concerne, elle a plutôt menacé de me coudre les lèvres.
— Ce n’est pas de la maltraitance ?
— Pas si mon physique m’empêche de trouver M. Parfait et de lui donner plein de petits-enfants, dis-je en haussant les épaules.
— Alors, que s’est-il passé hier soir ?
Je ne pus m’empêcher de me tortiller à cette question. Je me souvins soudain de la mauvaise haleine de Joël tandis qu’il me soupirait des mots doux à l’oreille, comme le fait que le soleil se reflétait dans mes cheveux, ou une autre ineptie du même genre.
— Il n’y a pas grand-chose à dire. Martha a essayé de me caser avec le fils d’une de ses partenaires de Mah Jong.
— Pourquoi tu t’acharnes à aller à ces rendez-vous ? dit Renée en levant les yeux au ciel. On en a déjà discuté cent fois et l’on était d’accord sur le fait qu’une épilation intégrale à la pince à épiler serait plus agréable.
Renée avait raison, bien sûr, et j’aurais de loin préféré l’épilation intégrale.
— Je sais. Mais j’ai quand même couché avec lui. Ça faisait trop longtemps et la machine commençait à rouiller.
Ce n’était pas un mensonge. Les temps avaient été difficiles et je commençais à m’inquiéter de l’état de mes parties intimes. J’avais toujours ma collection de vibromasseurs, mais il était bon de temps à autre d’atteindre l’orgasme grâce à un autre être humain, plutôt qu’à l’aide de piles, lesquelles d’ailleurs, devenaient de plus en plus chères.
La sonnerie retentit et les élèves affluèrent dans la salle. Renée se fraya un chemin vers la sortie, non sans me pointer du doigt d’un air entendu.
— Cette conversation est loin d’être terminée, lança-t-elle.
Je travaillais avec les maternelles depuis mon arrivée. D’aucuns disent qu’il faut un don pour travailler avec des enfants de cet âge, mais personnellement, je pense qu’il faut surtout être sacrément cinglé. Cependant, je devais bien admettre que mon cœur se remplissait de joie à l’idée que mes élèves atteignaient peu à peu l’adolescence sans que mes méthodes d’enseignement ne les aient trop détraqués.
— Bonjour tout le monde, dis-je en remuant les bras tel un agent de piste. Rangez vos affaires dans vos bacs et installez-vous par terre. Nous allons commencer la conversation.
Une vingtaine de petits corps se précipitèrent vers les bacs au fond de la classe, telle une meute de chiens qui auraient perdu leur jouet. J’appelais cette zone « l’arène de combat de coqs », car tous les matins, les enfants essayaient d’atteindre leur crochet préféré pour accrocher leurs manteaux, se donnant des coups de bec jusqu’à ce qu’un des coqs gagne. Il s’agissait généralement de Drake Finley, le genre d’enfant qu’il valait mieux ne pas croiser dans une rue déserte. J’avais toujours pensé qu’il s’agissait d’un élève de cinquième déguisé en enfant de six ans.
Lorsque les enfants furent bien installés, je pus commencer l’enseignement de leçons essentielles, parmi lesquelles se trouvaient : être gentil, assumer la responsabilité de ses actes et aller chercher le Snickers de Mlle Summers sur son bureau.
— J’espère que tout le monde a passé un excellent week-end, fis-je d’une voix animée. Si vous me racontiez un peu ce que vous avez fait de beau ! Andrew, tu veux bien commencer, s’il te plaît ?
Andrew avait des cheveux roux et tellement de taches de rousseur qu’il semblait revenir d’un séjour au Mexique.
— On est allés au zoo avec ma maman et mon frère, mais il a fait pipi dans son pantalon alors on a dû partir, dit-il avec un léger zézaiement.
— Eh bien, j’espère que tu as pu voir des choses intéressantes au zoo, répondis-je en me souvenant que le frère d’Andrew avait dix ans.
Une petite fille du nom de Riley leva la main et se balança comme si elle était prise d’une crise d’épilepsie.
— Et toi, Riley ? dis-je en pointant la petite du doigt.
— On est allées en Vagin avec ma maman, dit-elle dans un petit couinement. Elle aime beaucoup cette région.
— Tu veux dire, en Virginie ? demandai-je en essayant de ne pas avoir l’air trop choquée.
— Non, en Vagin. C’est un des cinquante états. Franchement, Mlle Summers, vous devriez le savoir, vous êtes prof !
— Tu as raison, soufflai-je en levant les yeux au ciel.
— Mlle Summers ? demanda mon ennemie jurée de la classe de maternelle, une petite tête blonde du nom de Katie.
— Oui, Katie ?
— Vous savez que vos bottes sont en cuir et que le cuir vient des vaches ? Alors, vous portez des vaches mortes…
La classe fut aussitôt remplie d’exclamations de dégoût.
— J’ai bien peur, ma chère Katie, que ce ne soit l’histoire de la vie.
— Comme dans le Roi Lion ? demanda Katie avec excitation.
— Exactement. Te souviens-tu de ce qui est arrivé à Simba quand il a commencé à poser trop de questions à son oncle Scar ?
— Scar a fait tuer son papa par une meute de gnous, répondit-elle.
— Et tu sais quel est mon animal préféré ?
— Le lionceau ?
— Non, le gnou… répondis-je.
Katie ouvrit de grands yeux et resta, enfin, silencieuse jusqu’à la sonnerie.
— Très bien, repris-je. Merci d’avoir partagé vos histoires. À présent, qui peut me rappeler pourquoi mettre ses doigts dans le nez peut dégoûter vos petits camarades ?
Le reste de la journée passa relativement vite, ce qui n’était pas très étonnant lorsqu’on s’occupait d’une vingtaine d’enfants souffrant de troubles de l’attention. Ma leçon sur la lettre « M » se déroula sans encombre, du moins, jusqu’à ce que je demande aux élèves de trouver un mot commençant par cette lettre et que Riley propose le mot « minou ». Après cela, je baissai les bras et laissai aux élèves le choix de leur activité pour finir la journée. J’étais plus qu’impatiente de retrouver Renée autour d’un verre et de partager mes déboires de la veille. J’étais occupée à débarrasser la salle de classe et à ranger mes affaires dans ma sacoche, lorsque arriva la directrice Mme James.
— Oh, bonjour, Mme James. Quoi qu’il se soit passé, je plaide le cinquième amendement, dis-je en levant les mains devant moi.
J’avais beaucoup de chance de travailler avec une excellente directrice telle que Mme James. Âgée de cinquante-deux ans, elle était la mère de trois adolescents ; aussi, des mots tels que « seins », « nibards » et « cul » faisaient partie de son quotidien. C’était également une femme d’une grande intelligence qui considérait l’école comme son quatrième enfant et qui avait toujours les meilleurs potins.
— Hélas, Moxie, même si j’aimerais avoir des potins sur le prof de musique, je suis au regret de te décevoir. (J’imaginai alors M. Carmichael en train de coincer son pénis entre les cordes d’une guitare et fus prise d’un frisson de dégoût.) Un nouvel élève nous rejoint lundi et il sera dans ta classe, reprit Mme James.
Génial, il ne manquait plus qu’un autre rase-moquette plein de morve avec la main dans son pantalon dans le but de « caresser son serpent ».
— Très bien, répondis-je. Est-ce qu’il a des besoins particuliers, comme une allergie au beurre de cacahuètes, au latex, aux copeaux de crayon, ou bien aux mites ?
— Ne fais pas ton intéressante. Le pauvre en a vu des vertes et des pas mûres, sa mère est décédée l’an dernier et ils viennent de quitter leur maison du Maine avec son père pour emménager ici, expliqua Mme James d’un air sombre.
— Il y a vraiment des gens qui habitent dans le Maine ? Je croyais que c’était un mythe.
— Il y a vraiment des mites dans la salle ? rétorqua Mme James avec un regard noir.
— Touché.
— Le garçon s’appelle Dillion, il arrive lundi, conclut Mme James avant de quitter la pièce.
Je rassemblai mes affaires et rejoignis Renée dans sa salle de classe. La pauvre avait toujours une anecdote à raconter avec ses élèves de CM2. Dernièrement, elle avait surpris des filles dans les toilettes en train de se tripoter la poitrine afin de voir si elles avaient poussé. Je ne pouvais m’imaginer dans une telle situation, étant donné que ma poitrine s’était entièrement développée dès l’âge de cinq ans.
— Tu es prête ? demandai-je en entrant dans la pièce. Je rêve d’un verre chez Dickie’s .
Renée était assise à son bureau, les épaules baissées et le teint verdâtre.
— Que se passe-t-il ? ajoutai-je.
— Ça a recommencé, soupira-t-elle, le regard fixé sur le mur en face d’elle.
— Oh non !
— Si. Paul était devant la classe pour un exposé et il était en pleine érection, expliqua Renée en se tournant vers moi en attente d’un peu de soutien.
— Eh merde ! soupirai-je. Il doit bien se rendre compte que cette attitude n’est pas correcte, quand même ! On n’est pas dans un club de strip-tease.
— Je n’ai plus le choix, je vais devoir prévenir ses parents. Les autres élèves n’arrêtent pas de glousser et ont commencé à l’appeler Paul le Pénis, lança-t-elle d’un air malicieux.
Je fis de mon mieux pour ne pas rire, mais je ne pus m’en empêcher. Renée rit de concert, même si je me doutais qu’elle redoutait de parler aux parents du garçon.
— Ma pauvre. Qu’est-ce qu’on dit dans ces cas-là ? Excusez-moi, mais pourriez-vous coincer le pénis de votre fils avec du scotch avant de l’envoyer à l’école ? remarquai-je d’un air sarcastique.
Renée rit de nouveau.
— Peut-être que je pourrais leur demander de le ranger entre ses jambes comme le font les travestis.
— Au moins, tu n’as pas eu à demander à un élève d’enlever le doigt de son nez trente fois d’affilée, dis-je avec un sourire.
— Qu’en sais-tu ? rétorqua Renée.
— Allez, prends tes affaires, répondis-je d’un air dégoûté. Un verre nous fera le plus grand bien.


Dickie’s , un petit bar de Chicago à l’ambiance détendue, était le genre d’endroit qu’on ne fréquentait pas vraiment à moins d’être déjà à moitié bourré pendant une tournée des bars. Un comptoir en forme de U entouré de tabourets en bois occupait le centre de la pièce et contre les murs se trouvaient des boxes. S’il y avait bien une chose que j’appréciais chez Dickie’s , c’était leur serveur, Simon : il prêtait toujours une oreille attentive à vos histoires, sans pour autant vous presser de questions.
C’était l’endroit parfait pour décompresser et leurs martinis étaient absolument incroyables. C’était exactement le genre de remontant dont j’avais besoin pour oublier la soirée traumatisante de la veille. Nous nous installâmes à notre box préféré et Simon, fidèle au poste, se dirigea immédiatement vers nous afin de prendre nos commandes.
— Bon, tu veux bien m’expliquer ce qu’il s’est passé avec Jim ? me demanda Renée avec un petit sourire en coin.
— Pour commencer, il s’appelle Joël, mais je crois que Micro-Pénis serait plus approprié dans son cas.
— Aïe. C’était si terrible que ça ?
— Disons que j’aurais sans doute plus pris mon pied avec un poulet.
— Attends, les poulets ont des pénis ? s’étonna Renée en haussant les sourcils.
— Tu plaisantes ? lançai-je. Tu es prof de CM2 et tu me poses la question ?
— Bah, je pensais que les poules concevaient un œuf et attendaient qu’il soit prêt avant de pondre, rétorqua Renée.
— Et moi qui croyais avoir une mauvaise influence sur les enfants… dis-je en secouant la tête de déception.
— Sérieusement Moxie, reprit Renée, je ne pense pas que tu puisses faire pire en matière de mecs. Tu te souviens de Rob ? Le type qui voulait que tu lui fasses une pipe, alors qu’il avait une grosse croûte sur le pénis et qui jurait dur comme fer qu’il s’était juste gratté trop violemment, que ce n’était pas dû à une MST…?
— Je croyais qu’on avait juré de ne jamais en reparler, grognai-je, lui lançant un regard noir.
Je ne me souvenais que trop bien de Rob. J’étais à l’université et je m’étais retrouvée à fricoter avec ce garçon super bien fichu, me retenant violemment de vomir à l’odeur de l’encens, censé cacher l’odeur de marijuana, qui embaumait la pièce. J’avais entendu de nombreuses rumeurs et avais hâte de voir ce qui se cachait derrière le pantalon de cet étalon. Bien sûr, j’aurais dû me douter qu’il y avait anguille sous roche et que le pauvre Rob avait couru trop de jupons. Un simple coup d’œil m’avait suffi pour savoir que quelque chose clochait. Malgré sa taille assurément impressionnante, on ne pouvait pas se méprendre sur l’origine de la grosse croûte qui suintait de son engin. Rob avait alors tenté de presser mon visage contre son sexe afin que je le prenne en bouche. Mais, entre l’encens et sa blessure de guerre, j’avais fini par lui vomir dessus. Comme vous devez vous en douter, il n’y eut pas de deuxième rendez-vous.
— On peut aussi parler de Bob, qui a éjaculé sur ta main, alors que tu l’avais à peine touché ?
— Tu sais, l’éjaculation précoce est un sérieux problème, de nos jours, plaisantai-je tandis que Simon déposait nos verres sur la table.
— Je ne sais pas de quoi vous parlez toutes les deux, dit-il, mais vous me faites peur.
Je trinquai avec Renée et avalai mon verre d’une traite. Quelques heures, et beaucoup trop de verres, plus tard j’étais légèrement pompette. Bon d’accord : j’étais complètement bourrée. Renée s’était proposée comme capitaine de soirée et avait, par conséquent, moins bu que moi. Elle devait se douter que j’avais besoin de noyer le souvenir de mes parties de jambes en l’air malheureuses dans l’alcool. Seulement, j’avais tendance à parler un peu trop fort et à me comporter de façon un peu trop stupide lorsque j’avais bu.
— Non mais vraiment, comment a-t-il pu penser que s’épiler les couilles à la cire serait une bonne idée ? braillai-je. Tu crois qu’il est maso ? Ou bien est-ce qu’il croit que des couilles lisses rendent la pipe plus agréable ?
— Tu devrais faire un sondage, dit Renée en riant.
— Très bonne idée ! répondis-je en frappant du poing sur la table. On ne parle pas assez de ces sujets. Au diable la politique extérieure ; si un mec a des poils sur les couilles, alors il n’est pas fait pour diriger notre bon pays !
À ce moment précis, un spécimen de la plus haute qualité fit son entrée dans le bar. C’était un homme, un vrai, depuis le bout de ses cheveux jusqu’à la pointe de ses chaussures taille quarante-huit. Il devait faire dans les un mètre quatre-vingt-douze et avait des cheveux bruns, coupés court sur les côtés et ébouriffés sur le dessus. Sa coupe de cheveux semblait crier : « je me suis réveillé avec cette tête et je sais que je suis sexy ». Il portait une chemise à col boutonné bleue, dont il avait remonté les manches jusqu’aux coudes, révélant des bras musclés ainsi qu’un jean qui lui moulait les fesses à la perfection, et une barbe naissante recouvrait son visage. Je salivai aussitôt.
— Eh, vous là ! criai-je en le pointant du doigt. Oui, vous, dans le jean moulant. Vous vous épilez les couilles ?
— Je vous demande pardon ? demanda l’apollon tandis que je me dirigeais vers lui d’un pas titubant.
Il me fixait d’un regard perçant et ses yeux d’un bleu profond me coupèrent le souffle, malgré mon état d’ébriété.
— Alors, vous les épilez ou pas ? continuai-je en mâchant mes mots. Dites-moi tout…
— Peut-être que je me trompe, mais la question me paraît légèrement indiscrète, répondit-il avec un sourire taquin.
Bonté divine. Lorsque cet homme souriait, c’était comme si les portes du paradis s’ouvraient en grand derrière lui et le baignaient de leur lumière étincelante, des petits anges chantant à l’unisson et des cupidons virevoltant gaiement en lançant des flèches de ci de là. Ou bien était-ce peut-être une mouche que j’entendais ? Je n’aurais pas su le dire avec certitude.
—Les testicules sont une partie intégrante de l’anatomie masculine, continuai-je. Grâce à eux, on peut faire des enfants et les enfants, c’est trop mignon.
— Je pense connaître leur fonctionnement, étant donné que je suis un homme.
— Je le sais bien ! m’emportai-je. Mais les hommes sont tous des abrutis finis qui ne supportent même pas d’entendre le mot « vibromasseur ».
L’apollon s’approcha si près de moi qu’il ne pouvait certainement pas occulter l’odeur de martini qui émanait de ma personne. Lui, par contre, sentait divinement bon, un mélange de musc et d’eau de Cologne. Il répondit d’une voix douce, afin que je sois la seule à l’entendre :
— Peut-être que ces hommes ignorent le genre de plaisir que l’on peut procurer avec un vibromasseur, pendant que la femme vous supplie de la prendre.
Eh merde ! Je restai sans voix, le regardant d’un air hébété, le corps soudain pris de chaleur et les joues brûlantes. J’ignorais comment répondre à cela et dis la première chose qui me vint à l’esprit.
— J’aime les chauds.
— Pardon ? demanda l’homme avec un petit sourire en coin, une main dans sa poche et l’autre sur le comptoir.
— Les chiots ! Je voulais dire, j’aime les chiots. Ils sont mignons, et vous êtes mignon. Vous me faites penser à un bon gros molosse, à la bouche toute baveuse. Peut-être même un bulldog, avec le collier à clous et tout…
Consciente que j’avais atteint le point de non-retour, je décidai de continuer sur ma lancée, la tête haute et la poitrine relevée.
— Eh bien, merci d’avoir pris le temps de participer à ce sondage ! Simon, je crois que ce monsieur a bien mérité un verre.
Je regagnai précipitamment mon siège. Renée m’y attendait, tentant, sans trop de succès, de contenir son rire.
— Alors, estimation des dégâts ? lançai-je.
— Disons que sur une échelle de un à dix, un correspondant à une légère gêne et dix à une catastrophe monumentale, je te mettrais un bon quinze.
— Pourquoi tu ne m’as pas arrêtée, alors ?!
— Et passer à côté de ce sondage capital ? Tu plaisantes ?
J’osai un regard en direction du jeune homme. Il était assis au bar et discutait tranquillement avec Simon. Aussi ivre que je le fusse, la vue de cet homme me faisait frétiller et je mourais d’envie de le sentir au-dessus de moi.
— Du coup, tu penses laisser une autre chance à Joël ? demanda Renée, me sortant de ma torpeur.
— Une chance de quoi ? ricanai-je. De prendre des stéroïdes pour son pénis ?
— Je croyais que les stéroïdes avaient des effets négatifs, justement.
— Dans ce cas, peut-être qu’il a besoin de cette pierre dans Superman .
— Tu parles de la kryptonite ? Ce n’est pas censé pouvoir le tuer ?
— Exactement ! marmonnai-je.
— Ma chérie, ça te dit que je te ramène à la maison et qu’on regarde une comédie à l’eau de rose en finissant les chocolats à la menthe que tu as achetés ? proposa Renée avec un sourire.
Katie faisait partie d’un groupe de scouts féminins et vendait des chocolats à la menthe à l’école. Je lui avais dit que je ne pouvais pas en acheter parce que je faisais attention à ce que je mangeais, ce à quoi la petite chipie avait répondu qu’elle aussi faisait attention à ce que je mangeais, notamment les Snickers que je prenais au déjeuner. Depuis quand les élèves avaient-ils le droit de soudoyer leurs profs de cette façon ? En attendant, Katie avait eu gain de cause et je me retrouvais avec des quantités de chocolats à la menthe sur les bras.
— J’ai une meilleure idée, répondis-je. Si on allait chez moi, qu’on regardait un porno et qu’on se moquait des filles avec leurs faux seins et des mecs moches comme des pieds ? Oh, et qu’on termine les chocolats à la menthe que j’ai achetés.
— J’adore ton idée ! répondit Renée en riant.
Alors que nous nous dirigions vers la sortie, je sentis l’apollon me suivre d’un regard perçant et je fus prise d’un léger vertige. Sa beauté devait certainement être à l’origine du mouvement de la Terre.
— Merci encore d’avoir participé à mon sondage, dis-je en lui donnant une petite tape sur l’épaule.
— Et qu’est-ce que j’y gagne ? répondit l’homme en sirotant sa bière.
Ah, il voulait la jouer comme ça. Très bien, mais il avait intérêt à tenir la cadence. Le jeune homme sourit à travers son verre ; ses lèvres étaient lisses et j’aurais aimé être son baume à lèvres. Dans ma tête, j’imaginais ces mêmes lèvres goûter la moiteur entre mes jambes.
— Vous gagnez le droit de mieux dormir ce soir en vous disant que vous avez contribué au débat mondial sur l’épilation des testicules, bafouillai-je.
L’homme se leva de son tabouret et se posa devant moi. Il était large d’épaules, mais cela ne me faisait pas peur, bien au contraire, je n’avais que plus envie de lui sauter dessus.
— Comment vous appelez-vous ? demanda-t-il en dégageant une mèche de cheveux de mon visage.
La pièce se mit soudainement à tourner, au moment précis où sa main effleura ma joue et en guise de réponse, je régurgitai tous les verres que j’avais avalés dans l’espoir de noyer le cauchemar que représentait ma vie amoureuse, droit sur les chaussures de mon bel apollon.
Chapitre 2
 
Lundi n’arriva que trop vite, après un week-end à me cacher du monde, je n’en revenais toujours pas de ce qui s’était passé chez Dickie’s ...

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