Les nuits d après - Saison 1 L ombre de ton ombre
97 pages
Français

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Les nuits d'après - Saison 1 L'ombre de ton ombre , livre ebook

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Description

Veronica croit avoir trouvé le bonheur en Italie, avec Mario, un jeune homme rencontré sur place et devenu son époux. Mais il est engagé dans la lutte contre la mafia, si bien qu'un jour, sa disparition est annoncée à Veronica. Il ne reste plus à la jeune femme qu'à rentrer en France et reconstruire sa vie brisée. La cicatrisation s'annonce difficile, d'autant plus que Veronica garde dans les profondeurs de son esprit une ancienne blessure : sa trop brève relation avec Damien. Comme leurs routes se recroisent, elle se trouve confrontée à un très gênant fantôme du passé.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 décembre 2018
Nombre de lectures 41
EAN13 9782374137193
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0100€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

EMMANUELLE AUBLANC
LES NUITS D’APRÈS
Direction éditoriale:Stéphane ChaPenat Éditrice:Charlotte SperPer Conception graphique et mise en pages:inkart Ltd Conception de la couverture :Olo. éditions
Les éditionsde l’Opportun 16 rue Dupetit-Thouars 75003 aris www.editionsopportun.com
À mes parents pour m’avoir fait découvrir ce morceauAprès toichanté par Vicky Leandros qui m’a bouleversée, faisant naître toute cette histoire de mon imagination. Je n’imagine même pas pouvoir vivre après vous…
Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3
Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6
Chapitre 7 Chapitre 8 Chapitre 9 Chapitre 10 Chapitre 11 Chapitre 12
TABLE DES MATIÈRES
CHAPITRE1
La piste d’atterrissage était proche. L’avion effec tuait un tour de piste et perdait en vitesse. La compagnie aérienne venait juste d’annon cer l’arrivée de l’Airbus en partance de Rome à destination de Lyon-Saint-Exupér y. Veronica était toujours plongée dans ses pensées, le regard perdu dans le v ide, l’esprit encore empreint de souvenirs romains et napolitains, d’odeurs et de mu siques. Elle n’arrivait pas à se défaire de Rome, cette ville dans laquelle elle ava it enseigné le français durant trois ans, cette ville qui lui avait tant apporté et qui avait fini par tout lui reprendre. Veronica avait tout laissé derrière elle. De ces trois année s, il ne lui restait plus que les rares objets qu’elle avait pu emporter dans sa fuite. De Mario, elle n’avait plus que des souvenirs, ceux de sa voix, de ses traits rieurs, d u goût de ses baisers, la douceur de ses caresses et la beauté de son visage.
Les yeux de Veronica s’emplirent d’humidité. Elle t enta de chasser son image de ses pensées car des larmes étaient prêtes à se déployer dans ses yeux. Elle aurait voulu pouvoir tout oublier. Elle aurait souhaité pouvoir revenir en arrière, rembobiner un pan de sa vie pour effacer ces derniers jours, empêcher la mort de Mario. Leur histoire avait emprunté le chemin d’une fin brutale et Veron ica n’était pas près de s’en remettre. Tout était allé très vite entre eux. Un v éritable coup de foudre, une histoire sincère, une harmonie entre deux êtres fougueux et s’inspirant l’un de l’autre. Ils étaient faits l’un pour l’autre. Elle était convain cue d’avoir trouvé son âme sœur. Elle était persuadée que rien ne pouvait leur arriver, q ue leur amour était plus fort que tout, qu’à eux deux ils étaient capables de déplacer des montagnes. Et puis, tout avait basculé du jour au lendemain sans qu’elle ne s’y at tende, sans qu’elle ne voie rien venir. Il lui avait été arraché brutalement des bra s et la douleur qu’elle ressentait était comme des milliers de coups de poignard portés en p lein cœur. Elle avait l’impression de se consumer de l’intérieur, de mourir à petit fe u. L’impression farouche que son cœur s’était brisé et que jamais plus elle ne pourrait recoller les morceaux.
Veronica était une femme brisée. Elle ne savait mêm e pas pourquoi elle avait pris cet avion, pourquoi elle avait accepté de quitter Rome. Elle avait l’impression d’être complètement léthargique. La douleur fut si vive lo rsqu’elle apprit la mort de son compagnon de vie, de son amant qu’elle ne put même pas le pleurer. Pas une seule larme ne s’écoula. Elle se souvenait encore des mot s du policier venu lui annoncer la terrible nouvelle, de son air désolé et de ses vain es paroles réconfortantes. Elle aurait voulu lui arracher les yeux pour tuer cette douleur qui avait empoigné son cœur. Elle s’était écroulée devant lui, puis perdit la parole. La tête lui tournait et ne parvenant plus à réfléchir, elle s’était évanouie. Elle se souvint s’être réveillée à l’hôpital. Elle se rappela les nombreux coups de téléphone de sa mère qui la suppliait de rentrer à la maison, lui promettant que sa présence auprès de sa famille l’aiderait à surmonter ce terrible drame. Ils ne pouvaient pas comprendre ce qu’elle ressentait. Aucun d’eux n’avait jamais connu Mario comme elle le connaissai t. Ils n’avaient jamais été témoins de la connivence de leurs sentiments, de la pureté des regards qu’ils échangeaient et des espoirs que Veronica portait en lui. C’était un e femme dévastée qui était assise, là, sur ce siège. Une larme roula sur sa joue qu’el le balaya d’un revers de main, la rage au ventre, l’aigreur au cœur. Elle n’avait auc une envie de descendre de l’avion. Elle se perdit un peu plus dans ses pensées.
Veronica n’était jamais allée en Italie mais elle a vait pourtant l’impression, à travers les récits de ses grands-parents paternels, d’y avo ir toujours vécu. Ils étaient venus habiter à Nice dans les années soixante après avoir résidé à Naples durant toute leur enfance. Elle venait tout juste de terminer son mas ter de français à l’Université Lyon 2, et lorsque l’occasion se présenta d’obtenir un post e en tant qu’enseignante dans un lycée napolitain, Veronica n’avait pas hésité une s econde avant d’accepter cette proposition en or. À vrai dire, cela faisait presqu e un mois qu’elle cherchait à fuir le nid familial, partir à la rencontre d’autres aventures. Lorsqu’elle avait postulé à une annonce pour un poste de professeur de français en Italie, elle n’avait eu que peu d’espoir que sa candidature aboutisse.
Veronica était tout excitée à l’idée de découvrir u ne partie de ses origines. Arrivée la dernière semaine du mois d’août, ce fut en touriste qu’elle fit la découverte de son nouveau lieu de vie, arpentant les petites rues et remontant la via Toledo. Ce fut dans cette rue longue de plus d’un kilomètre que Veronic a croisa le chemin de Mario Falcone pour la première fois. Elle était distraite par la devanture d’une petite épicerie lorsqu’elle le percuta de plein fouet. Elle fut imm édiatement troublée par l’homme. Il lui sourit et souleva ses lunettes de soleil. Mario éta it brun, les yeux sombres et pétillants de vie. Des boucles soyeuses parsemaient son visage . Il irradiait la virilité par tous les pores. Il s’excusa alors même qu’il n’était pas en faute, brisant ainsi le silence. Il lui tendit une poignée de main amicale afin de se prése nter. Veronica fut sous le charme et lorsqu’il la supplia d’accepter de dîner avec lu i le soir venu, elle n’eut pas la force de résister. Il avait cet accent italien qui ferait fo ndre n’importe quelle Européenne. Il était sur le moment toute la distraction dont elle pensai t avoir besoin. Quelque chose d’animal et de primitif se dégageait de lui, et ell e ne pouvait qu’en être séduite. Elle le désirait. Ce fut le premier sentiment que Mario lui inspira. Elle avait passé une soirée inoubliable en sa compagnie dans une petite pizzeri a à l’ambiance familiale. Il s’était montré charmant en la raccompagnant jusque chez ell e. Parvenus devant l’entrée de son immeuble, il se délesta très vite de son masque de prince charmant. Le regard pétillant de désir, il lui saisit le menton et appr ocha doucement son visage du sien, la dévorant des yeux. Veronica avait senti son pouls s ’accélérer, son estomac se nouer et son cœur faire des bonds dans sa poitrine. Elle ne désirait plus qu’une chose, qu’il s’empare ardemment de ses lèvres, qu’il les possède , les dévore et la consume tout entière. Il exauça très rapidement son vœu. Sa poit rine plaquée tout contre son torse musclé, elle goûta à ses lèvres charnues et laissa leurs langues danser ensemble, ses mains brûlantes s’emparer de ses reins. Ils étaient à bout de souffle lorsqu’il parvint à abandonner ses lèvres, posant son front contre le s ien, inspirant bruyamment comme s’il avait couru le marathon de New York. Elle avai t fermé les yeux pour savourer l’instant avec délectation, souhaitant plus que tou t sentir ses mains glisser sur sa peau, jusqu’à son bas-ventre et prendre possession de tout son corps. Percevant un soupçon d’hésitation dans le souffle saccadé de Mar io, elle avait alors saisi sa main pour ne pas lui laisser le temps de changer d’avis et ensemble ils avaient gravi les escaliers de son immeuble comme deux adolescents se courant l’un après l’autre, avides de plaisirs charnels et de sensations fortes . Les deux pieds dans son appartement, il l’avait alors soulevée et lancée sa uvagement sur le lit. Il lui arracha sa robe bleue et envoya valser tous les bouts de tissu s qui recouvraient leurs corps à l’autre bout de la pièce. Elle se souvint encore de son souffle chaud sur sa poitrine, de la dextérité avec laquelle il avait joué avec le bo ut de ses seins, et comment il lui avait fait l’amour ce soir-là, de la manière la plus inte nse qui soit. Dans ses bras, elle avait tout oublié, ses déboires passés, le visage de Dami en, tout. Il n’y avait plus que ses yeux, sa bouche et ses mains qui trouvaient grâce à ses yeux. Cette nuit fut une folie
mais une douce folie. De celle qu’on ne craint pas de reproduire encore et encore jusqu’à en perdre haleine. De celle dans laquelle o n se jette à corps perdu, se moquant bien des conséquences car seul le moment présent importe. Il était sa folie.
Cette nuit ne fut pas la seule et les suivantes fur ent toutes aussi magiques. Veronica avait encore en tête ce mois d’août 2009 et malgré la puanteur des poubelles et des immondices qui jonchaient les rues à cause de la Ca morra, la mafia napolitaine qui contrôlait la filière des déchets, il n’y avait qu’ une odeur qui lui collait à la peau, celle de l’amour. Elle croyait ne jamais retrouver ce sen timent et pourtant, après Damien, elle avait réussi à aimer comme jamais elle ne pens ait pouvoir aimer à nouveau. La semaine passa à toute vitesse et lorsque les deux tourtereaux prirent conscience qu’ils allaient devoir s’occuper à d’autres choses que d’e ux-mêmes, Veronica ne s’attendait pas à ce que Mario fasse ses valises pour Rome. Il était resté très discret sur ses activités et toutes les questions de Veronica n’ava ient pu trouver réponses. Elle ne doutait pas une seconde qu’il ne soit pas Napolitai n et lorsqu’il lui avoua qu’il était seulement à Naples pour les vacances, et pour retro uver sa famille, son cœur se serra. Il lui promit de revenir très bientôt et ce fut le cœur lourd qu’elle débuta ses premiers jours d’enseignement. Elle venait de se re ndre compte qu’elle ne savait pas grand-chose de lui hormis qu’elle l’aimait. Était-c e suffisant pour entretenir une relation sérieuse ? Elle en doutait car lorsqu’au bout de qu inze jours elle n’eut aucune nouvelle de Mario, elle s’imagina le pire, pensant qu’il s’é tait joué d’elle, qu’elle n’était qu’une amourette de vacances, une passade, un divertisseme nt supplémentaire dans une vie d’homme décousue. Elle n’aurait pourtant pas parié un centime qu’il ferait partie de la catégorie des coureurs de jupons ou comme on les no mmait ici lessciupafemmine. Enfin bref, après deux semaines de silence, Veronic a n’avait plus aucun espoir de le revoir et cette pensée la contrariait plus que de r aison. Elle dut admettre qu’elle avait eu tort lorsque Mario posa un pied dans sa salle de cours, un vendredi soir, un bouquet de roses rouges dans la main droite lui cla mant son amour et ô combien elle lui avait affreusement manqué. Il prétexta qu’elle était la femme de sa vie, la supplia de lui pardonner son silence arguant qu’il ne savai t plus où il en était, qu’elle le déstabilisait au plus au point et que cela lui fais ait peur. Il souligna que jamais encore il ne s’était agenouillé devant une femme, et d’abo rd bien décidée à lui en faire voir de toutes les couleurs et à lui rendre la monnaie de s a pièce, elle finit par éclater de rire lorsqu’il posa un genou à terre et lui tendit le bo uquet de fleurs. Elle le saisit et lui sauta dans les bras. Elle l’embrassa fougueusement. C’était reparti pour un tour et quel merveilleux tour ! Un de ceux qui donnent le t ournis à nous en faire perdre la tête ! Une aventure qui éblouit. Mais cette fois, i ls ne se quittèrent plus, se jurèrent de s’appeler tous les jours et ce fut tout naturelleme nt que Mario vint la rejoindre le plus 1 souvent possible à Naples. Il la surnommait affectu eusementmio dolce amoreet rien qu’au son grave et suave de sa voix, le cœur de Ver onica fondit comme neige au soleil. Leur relation longue distance dura six mois . Ils se voyaient entre deux coups de vents - puis un samedi soir alors qu’ils marchaient sur une plage de Torre del Greco, ville située dans la province de Naples à une trent aine de minutes, Mario se mit à genoux devant elle. L’unique plage napolitaine étai t trop sale et polluée pour s’y prélasser. La couleur du sable étonna Veronica. Il était noir. Mario lui expliqua que c’était une particularité des plages de la région d ue à la proximité du Vésuve. La pénombre les guettait déjà. Ne comprenant pas ce qu i se passait, Veronica s’agenouilla à son tour, craignant que son amant so uffre d’un malaise. Mais lorsqu’elle vit un diamant briller au creux de sa main et la bl ancheur de ses dents, elle comprit de quoi il en retournait. Avant même qu’il prononce un mot, les yeux de Veronica s’embuèrent de larmes. Mario se racla la gorge, por ta la main jusqu’à son visage, essuya ses larmes de son pouce et poursuivit :
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