Lili Langelier
346 pages
Français

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Description

À quarante-cinq ans, Lili Langelier jouit de la vie dont elle a toujours rêvé : elle a une famille à laquelle elle est irrémédiablement loyale, un métier qui la passionne, une jolie maison sur la Rive-Sud de Montréal… et un mari, Philippe, qu’elle vénère depuis toujours en dépit de sa nature orageuse et de son ambition insatiable.
Lili évite de se plaindre : la petite orpheline démunie et reconnaissante qui sommeille toujours en elle prend ce qu’on lui donne sans demander son reste.
Pourtant, le souvenir de la première épouse de Philippe, cette ravissante Californienne dont il a divorcé, guette dans l’ombre. Lili choisira un jour d’en affronter la menace.
Confrontée à l’égoïsme de son mari dont elle est restée trop longtemps sous la férule, Lili partira à la conquête de sa propre identité.
Au fil de sa croisade, elle trouvera le réconfort dans sa vocation de libraire, dans l’écriture et dans les nouvelles amitiés qu’elle forgera… tout en prêtant une oreille attentive à ses proches dans les moments difficiles.
Malgré ses désillusions, parviendra-t-elle à panser les blessures infligées par Philippe et à retrouver le goût du bonheur ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 avril 2019
Nombre de lectures 2
EAN13 9782897752170
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Lili Langelier
 
 
 
 
 
Lyne Doyon
 
 
Conception de la page couverture : © Les Éditions de l’Apothéose
 
 
 
 
Sauf à des fins de citation, toute reproduction, par quelque procédé que ce soit, est interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur ou de l’éditeur .
 
 
 
Distributeur : Distribulivre www.distribulivre.com Tél. : 1-450-887-2182 Télécopieur : 1-450-887-0130  
 
© Les Éditions de l’Apothéose Lanoraie (Québec) J0K 1E0 Canada apotheose@bell.net www.leseditionsdelapotheose.com
 
Dépôt légal — Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2017 Dépôt légal — Bibliothèque et Archives Canada, 2017
 
ISBN  : 978-2-89775-062-6
ISBN EPUB : 978-2-89775-217-0
 
 
Imprimé au Canada
 
 
 
 
 
 
 
Merci
À Josée, ma première lectrice
À Yvon, Rita et Richard, ma précieuse famille
À Stéphane, mon bel ange
 
TABLE DES MATIÈRES

CHAPITRE 1
CHAPITRE 2
CHAPITRE 3
CHAPITRE 4
CHAPITRE 5
CHAPITRE 6
CHAPITRE 7
CHAPITRE 8
CHAPITRE 9
CHAPITRE 10
CHAPITRE 11
CHAPITRE 12
CHAPITRE 13
CHAPITRE 14
CHAPITRE 15
CHAPITRE 16
CHAPITRE 17
CHAPITRE 18
CHAPITRE 19
CHAPITRE 20
CHAPITRE 21
CHAPITRE 22
CHAPITRE 23
CHAPITRE 24
CHAPITRE 25
CHAPITRE 26
CHAPITRE 27
CHAPITRE 28
CHAPITRE 29
CHAPITRE 30
CHAPITRE 31
CHAPITRE 32
CHAPITRE 33
CHAPITRE 34
CHAPITRE 35
CHAPITRE 36
CHAPITRE 37
CHAPITRE 38
CHAPITRE 39
CHAPITRE 40
CHAPITRE 41
CHAPITRE 42
CHAPITRE 43
CHAPITRE 44
CHAPITRE 45
CHAPITRE 46
CHAPITRE 47
CHAPITRE 48
CHAPITRE 49
CHAPITRE 50
CHAPITRE 51
CHAPITRE 52
CHAPITRE 53
CHAPITRE 54
CHAPITRE 55
CHAPITRE 56
CHAPITRE 57
CHAPITRE 58
CHAPITRE 59
CHAPITRE 60
CHAPITRE 61
CHAPITRE 62
CHAPITRE 63
CHAPITRE 64
CHAPITRE 65
CHAPITRE 66
CHAPITRE 67
CHAPITRE 68
CHAPITRE 69
CHAPITRE 70
 
 
 
 
 
CHAPITRE 1
 
 
J e vis le jour le 1 er mars 1965 à Trois-Rivières. Mes parents, Guillaume et Laurence Savoie, étaient alors de jeunes mariés profondément épris l’un de l’autre. J’étais leur premier enfant. Issus de familles aisées, mais peu nombreuses, ils rêvaient d’une tablée fourmillante et d’une grande maison dans laquelle résonneraient les rires de leurs petits anges, de l’aube jusqu’à la tombée de la nuit.
 
En attendant de dénicher la demeure de leurs rêves, ils avaient emménagé dans un logement sur le boulevard des Forges et s’étaient liés d’amitié avec leurs voisins de palier, Pauline et Marc Langelier. Ils partageaient projets, repas et fous rires. Pauline acceptait toujours avec plaisir de prendre soin de moi lorsque ma mère et mon père devaient s’absenter. Elle se savait stérile et elle en souffrait, car elle aimait les enfants.
 
J’étais avec elle lorsque je devins orpheline à deux ans après que mes parents eurent trouvé la mort sur une route glacée de janvier. Le décès de ses amis ébranla durement Pauline. Marc et elle n’hésitèrent pas : ils m’ouvrirent grand leur cœur et me recueillirent spontanément chez eux. Les tout-petits ont en soi des trésors de résilience et je retrouvai le goût du bonheur pendant une année… jusqu’au moment où Pauline m’annonça que nous devions déménager à Montréal parce que le travail de son mari nous y obligeait.
 
— Il va travailler sur un chantier de construction très important, m’avait-elle révélé, nettement emballée.
Hélas ! Je ne partageais pas son enthousiasme. J’étais inconsolable à l’idée de quitter la seule patrie que je connaissais.
 
Marc me prit alors sur ses genoux et me parla de cette belle et grande maison que nous habiterions, avec une balançoire bleue dans la cour…
 
— … Et tu auras une grande chambre juste pour toi ! avait-il également précisé.
 
— Une chambre rose juste pour moi ? lui avais-je demandé en séchant mes larmes.
 
Le rose était ma couleur préférée.
 
— Oui, Lili. Elle sera rose.
 
… Tant d’arguments irrésistibles aux yeux d’une enfant ! Cette terre inconnue et si lointaine, que Marc me décrivait, devenait de moins en moins hostile. Je consentis à partir. Pauline et lui me faisaient l’offrande de leur foyer, de leur amour et de leur nom, je décidai qu’ils méritaient que je les suive jusqu’au bout du monde.
 
Je me rappelais quand même avoir versé toutes les larmes de mon petit corps dans la voiture qui nous conduisait vers Montréal. La douceur compatissante de Pauline avait agi comme un baume sur mon désarroi et, arrivée à destination, je m’étais apaisée.
 
La seule parente qui me restait, ma tante Justine, la sœur aînée de mon père, avait aisément consenti à mon adoption par les Langelier. Elle avait déjà six bouches à nourrir en tenant compte de la canaille qui lui servait d’époux et dont le penchant pour les alcools forts et pour les jeux de hasard l’empêchait de conserver un emploi plus de trois mois. Comme elle était relativement loin (elle était installée à Baie-Comeau), nos communications se réduisaient à deux coups de fil par an, soit à nos anniversaires de naissance respectifs.
Marc fit l’acquisition d’une petite maison neuve dans la partie est de Boucherville sur la Rive-Sud de Montréal. Notre nouvelle adresse combla mes attentes. J’eus ma balançoire bleue et ma chambre rose. Pauline dénicha un emploi de secrétaire à Verchères dans un bureau de notaire. Un jour, elle retrouva, par pur hasard, son amie de jeunesse, Gabrielle St-Arnaud, qui vivait à quelques kilomètres de notre demeure avec son mari Hervé et leurs enfants. À mes yeux, leur somptueuse résidence faisait figure de château royal.
 
L’amitié entre Pauline et Gabrielle se raviva et, par ricochet, les deux familles se soudèrent.
 
J’étais fascinée par Gabrielle. C’était une belle dame à la chevelure rousse et à la voix douce. Et j’eus un véritable coup de foudre pour le reste du clan St-Arnaud. Je me réjouissais d’être entourée d’une grande famille qui était composée d’autres enfants avec lesquels je pouvais jouer et m’amuser. Dès notre premier contact, Jean, le fils aîné d’Hervé et de Gabrielle, se comporta instinctivement en grand frère protecteur à mon égard. Philippe, le second fils, m’accueillit avec une gentillesse révérencieuse. De son côté, David, le dernier-né, était trop jeune pour se soucier de la nouvelle venue dans le cocon familial. La petite orpheline déracinée s’épanouissait : elle se faisait une place au sein de la couvée des St-Arnaud. Comme Gabrielle et Pauline s’étaient rapprochées l’une de l’autre, je passais presque autant de temps avec l’une qu’avec l’autre. Elles étaient aussi unies que deux sœurs pouvaient l’être.
 
Les années s’écoulèrent paisibles et joyeuses. Je m’accrochais fidèlement aux pas des jeunes St-Arnaud, surtout ceux de Philippe que j’adorais sans m’en cacher. J’eus beaucoup de chagrin lorsqu’il s’en alla travailler en Californie après avoir brillamment réussi ses études universitaires. Lui et moi n’eûmes aucun réel contact durant la période où il resta aux États-Unis. Au fond de moi, je lui en voulais d’être parti et de m’avoir quittée sans regret. Il vécut pendant huit ans à San Francisco, le temps d’épouser la fille d’un magnat de la presse puis de divorcer après qu’il lui eut annoncé qu’il souhaitait revenir au Canada et qu’elle eut refusé catégoriquement de le suivre.
Je n’avais jamais rencontré l’épouse américaine de Philippe ni même vu un cliché d’elle. Elle demeurait une femme sans visage et, en toute franchise, je préférais que les choses soient ainsi. Je n’avais qu’un nom : Angélique Wentworth. Un nom aux consonances nobles et romanesques qui évoquait une héroïne tout droit surgie des pages d’une histoire à l’eau de rose de Barbara Cartland 1 .
 
Après que j’eus achevé sans éclats le programme de baccalauréat en administration à l’Université du Québec à Montréal, la sœur cadette d’Hervé St-Arnaud, Madeleine, me proposa de travailler pour elle en attendant que je décroche un emploi plus substantiel : elle venait tout juste d’acquérir une librairie au cœur du vieux quartier de Boucherville.
 
— Pourquoi ne pas nous associer ? lui avais-je offert. J’aime être entourée de livres. Et je crois que nous formerions une bonne équipe.
 
D’autant plus que mes parents m’avaient légué un coquet héritage dont je ne savais que faire.
 
Elle m’avait observée un moment avec un air indécis.
 
— Es-tu certaine ? Tu ne veux pas te laisser du temps pour y réfléchir ? C’est vraiment ce que tu désires ?
 
— Absolument !
 
Elle consentit donc avec joie à ma proposition. Je m’empressai de louer un modeste appartement à proximité de mon lieu de travail. Pendant que j’apprivoisais les rouages du commerce de détail, mes aventures galantes ne me causèrent que désolation et désenchantement. Comme toutes les petites filles, j’avais rêvé de princes charmants, de robes blanches et de serments d’amour éternel. Mais voilà ! Quelques histoires décevantes me convainquirent rapidement que ces jolis songes ne se concrétiseraient sans doute jamais.
Et c’est dans cet état d’esprit que Philippe me retrouva. Notre vieille complicité renaquit de ses cendres. Ravie de renouer avec mon ancien compagnon de jeu, métamorphosé en gaillard de six pieds, je pris plaisir à faire revivre, en sa compagnie, nos souvenirs d’enfants sans aucune arrière-pensée. Enfin, c’est ainsi que j’entrevoyais notre relation au début. Le cours de mes pensées prit une direction autrement platonique, alors que je me surpris à dévorer du regard la crinière cuivrée, la mâchoire carrée, le nez fort, les lèvres pleines. Son assurance olympienne et les intonations graves que sa voix prenait lorsqu’il s’adressait à moi achevèrent de me conquérir. Je réalisais à quel point j’avais souffert de son absence. Il multipliait les arrêts à la librairie, trouvant toutes sortes d’excuses. Il m’invitait avec une nonchalance parfaitement maîtrisée à sortir dans les bars, à al

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