New Black Earth
128 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

New Black Earth , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
128 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Dark Romance - 228 pages


Affronter ses peurs dans un asile abandonné, prendre un shoot d’adrénaline, repousser ses propres limites... un défi que décident de relever Ambre, Alex, Logan et trois autres amis.


Mais la folie ne dort pas sur l’île de New Black Earth. Elle sommeille... comme le mal, d’ailleurs. Elle se joue de l’amour, éprouve les amitiés et détruit l’innocence.



Propulsée dans les tourments d’une aliénation sans nom où règnent la violence et la terreur, jusqu’où Ambre sera-t-elle prête à aller pour survivre ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 13
EAN13 9782379611636
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

New Black Earth

Quand l’amour défie la psychose…


Cindy VANEL
Quand l’amour défie la psychose…


Cindy VANEL

Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-163-6
Couverture : Didier de Vaujany
Pour mon fils et mes grands-parents.
« L’amour ne voit pas avec les yeux, mais avec l’âme. »

William Shakespeare
Le songe d’une nuit d’été.
Prologue


Ambre
« Dans les méandres de l’oubli, des âmes se perdent dans la noirceur des abysses. La quiétude, la paix et l’espoir de liberté ne sont que des chimères. Parce que la peur domine : elle est un dédale qui conduit à la folie. La douleur, semblable à une ligne sous haute tension, ravage le corps et l’esprit à coups d’électrochocs. La mort représente la délivrance. La seule libération. Mais à quoi bon mourir si l’âme est vouée à la déchéance, l’errance et la désolation ? Un ange pourrait être assez fou et assez fort pour libérer ces âmes torturées des tréfonds de l’enfer. Mais tout à fait entre nous : je doute fortement qu’il y parvienne… »
Le crépuscule est, paraît-il, le meilleur moment pour que des choses étranges fassent leur apparition. Vous pensez tout de suite à des vampires, des loups-garous et monstres en tout genre, mais non. Croyez-moi, la réalité dépasse la fiction. Et des phénomènes dignes d’un film d’épouvante peuvent troubler n’importe qui, de jour comme de nuit, même la personne la plus rationnelle qui soit. J’aurais préféré me retrouver dans une de ces romances à l’eau de rose et tomber amoureuse d’un vampire assoiffé de mon sang. L’assoiffé ici n’a rien à voir avec une quelconque créature démoniaque. Lui, il est bien réel et surtout bien humain. Sa cruauté est sans pareille. Il me détruit et tente de me conduire à la folie par des sévices que peu d’entre vous peuvent imaginer. La démence me guette… Aujourd’hui le détraqué, c’est lui, il rôde dans les couloirs abandonnés. Comment un être humain peut-il être dénué de tout sens moral, de tous sentiments et de toutes émotions ? Il brise chaque parcelle de mon esprit et de mon âme. Il s’en délecte et joue avec moi par tous les moyens. Quand ce ne sont pas mes hurlements qui déchirent ce silence pesant et mon corps qui se tord de douleur, ce sont ceux des autres personnes, tout aussi démunies que moi, qui subissent atrocement. Leurs cris d’agonie me transpercent de l’intérieur, brisant mon cœur. Je ne peux rien faire pour les aider. Je suis impuissante et, surtout, prise au piège d’un enfer sans fin. Il est le monstre qui dévore mes rêves. Un cauchemar éveillé qui s’éternise…
Je les entends. Ces éclats de voix désespérés, frappés par la terreur, qui emplissent les murs de cet endroit. Ces lamentations d’agonie, de peur et d’hystérie… Elles me poursuivent même dans mes songes, me hantent continuellement. Ce sont des sons que l’on n’oublie jamais et qui nous marquent à vie. Parfois, les bruits s’apaisent et quand tout commence à redevenir calme, je ferme les yeux en essayant de me dire : «  ce n’est qu’un mauvais rêve, je vais finir par émerger.  ». Seulement, lorsque le cri perçant d’un être déchiré par la douleur tranche le calme ambiant, c’est en sursaut que je les rouvre.
La peur me gagne. Non, que dis-je ? Elle est déjà là. En train de me détruire tout doucement. J’ai peur… Peur de ce qu’il me fait subir. Peur de cet être méprisable qui me fait du mal. Peur de devenir folle chaque seconde que je passe entre ces murs. Il est là, à murmurer mon nom au creux de mon oreille : «  Ma douce Ambre… » Cet écho me fait frissonner d’angoisse. Son souffle dans mon cou me glace le sang et me répugne. Les mots qu’il emploie me paralysent complètement sans que je puisse tenter quoi que ce soit. «  Tu es si belle… Tu es à moi…  ». Je peux sentir ses doigts, mais aussi ses lèvres se promener sur ma peau endolorie quand il me chuchote des choses à l’oreille. Je me retrouve alors prisonnière de mes émotions et d’une terreur sans nom qui me dévore du plus profond de mon être. Allongée et attachée dans une pièce miteuse et humide où stagne une affreuse odeur de moisi, je distingue comme un relent de pourri mélangé à une sorte de produit chimique. Une puanteur que je ne peux décrire s’imprègne dans mes narines avec insistance. C’est une pièce d’un autre âge où d’autres êtres ont sans doute subi d’atroces souffrances…
Je n’arrive même plus à savoir depuis combien de temps je suis enfermée là : un jour, deux, peut-être trois. Par moment, mon esprit divague à droite et à gauche, comme pris au piège dans une brume épaisse. Quand je reviens à moi, je suis vidée, j’ai froid, le cœur au bord des lèvres.
Lorsque des pas résonnent au loin, la tension monte, j’appréhende, ne sachant pas s’ils se dirigent vers moi ou s’ils ne font que passer. Je me débats en espérant que mes liens se brisent. Je tire si fort que je sens les sangles s’incruster dans ma peau. Ça me brûle, la douleur est insoutenable. Je persévère jusqu’à me faire mal, à en arriver jusqu’au sang, en vain. Rien ne cède.
Je déteste sentir cet être ignoble me toucher, me caresser, m’embrasser, ainsi que sa langue qui m’explore… Je hurle à la mort lorsqu’il me pénètre contre mon gré. Complètement à sa merci, soumise et détruite, je n’ai aucun moyen de me défendre.
J’ai laissé tomber les appels au secours, perdue dans les confins d’une île où personne ne met jamais les pieds, où il m’est quasi impossible d’être sauvée. À moins qu’un miracle veuille bien se pointer…
Comment une sortie entre amis a-t-elle pu virer au cauchemar en l’espace d’une seule journée ? Je me retrouve seule, cloîtrée dans cette prison au milieu de nulle part depuis je ne sais combien de jours alors que ce nulle part est abandonné par les hommes depuis des années. Je suis là. Sur cette putain d’île de New Black Earth , enfermée dans le plus grand asile que le monde ait connu.
Une funeste escapade

Chapitre 1


« Certaines rencontres vous marquent à vie. Il est parfois même difficile de les oublier. Alors, il faut s’y accrocher et ne pas laisser ces êtres vous échapper. »

L’Angleterre. Une nation magnifique qui a vu s’épanouir en tant que dramaturge, poète et écrivain, le grand William Shakespeare, où la monarchie est un symbole, avec des lieux tout aussi mythiques les uns que les autres. Cette année, mes amis et moi avons la chance d’y séjourner quelque temps. Cinq copains de longue date partis pour des vacances inoubliables ! Pendant deux ans nous avons économisé pour financer ce voyage. Parce que, en tant qu’étudiants, il faut dire que l’on ne roule pas sur l’or. Se payer un séjour de trois semaines n’est pas une mince affaire. Nous étudions en fac de Lettres en France.
Le hasard a bien fait les choses : la jolie Gabrielle s’est spécialisée dans les langues et cultures antiques. Thomas étudie l’histoire et les langues étrangères avec Alexandre, mon ami le plus proche et le plus ancien de tous. Quant à Elena et moi, nous avons choisi la voie de l’enseignement. Nous nous sommes retrouvés tous ensemble dans la même université sans vraiment le vouloir.
Depuis longtemps nous rêvons d’un périple tous les cinq : être réunis pour quelque chose d’unique, qui nous tient vraiment à cœur et ne se présentera sans doute qu’une seule fois dans notre vie. L’Angleterre a toujours été notre destination de prédilection. Grâce à nos petits boulots cumulés, notre bourse d’études et l’aide de nos familles respectives, nous allons nous y rendre pour les vacances d’été. Nous résiderons à l’hôtel Park Grand London Kensington dans le superbe quartier de South Kensington, à Londres. Sincèrement, nous ne pouvions pas rêver mieux. L’endroit est merveilleusement bien situé et nous sommes proches de Hyde Park , Kensington Gardens et de nombreux musées que nous pourrons visiter. Nous profiterons de chaque instant et de chaque endroit.
Bientôt, l’université sera terminée et nous partirons tous chacun de notre côté. Même si, bien sûr, nous ferons tout ce qu’il faut pour rester proches. Alors oui, ce voyage est très important. Le destin nous a mis sur le même chemin depuis notre tendre enfance, nous resterons toujours unis et soudés, quoi qu’il se passe.
Cela fait maintenant cinq jours que nous sommes arrivés. Les différentes excursions se sont enchaînées, il est clair que ce pays regorge d’endroits tout aussi magnifiques les uns que les autres.
Après avoir visité le Sea Life Londres , un Seaquarium très renommé, Gabrielle propose de s’asseoir dans un Pub pour prendre un verre.
— Je vais demander au barman ce qu’il y a d’intéressant à voir dans le coin, dit Thomas. Il reste pas mal de temps jusqu’à ce soir.
Une fois notre commande prise par le serveur, et quelques échanges sur nos visites, j’aperçois notre ami au loin en grande conversation. Parti depuis un petit moment, le voilà qui revient vers notre table accompagné d’un charmant jeune homme. Tout de suite, son regard croise le mien et je peine à m’en décrocher.
— Les gars, je vous présente Logan. Il est originaire de Londres et il poursuit des études en médecine, lance-t-il en lui donnant une tape amicale sur l’épaule. Du coup, on a sympathisé au bar. Ça ne vous ennuie pas s’il s’assoit avec nous ?
Comme si l’on avait le choix. Thomas est irrécupérable… Il a toujours eu l’aisance pour discuter avec n’importe qui. Ainsi, il arrive à se faire tout un tas d’amis. Je ne sais pas comment il fait…
Tout le monde salue le mystérieux Logan et, lorsqu’il s’approche pour me serrer la main, je me perds dans ses jolies prunelles couleur caraïbes.
— Ambre, enchantée.
— De même, répond-il d’une voix suave.
Il garde ma main dans la sienne, s’attarde sur mon visage. Je sens le feu me brûler les joues tout à coup. Ciel ! Quel mec ! Je détourne vivement le regard avant de reprendre ma place. Je ne vais tout de même pas succomber ? Une fois en France il me sera quasi impossible de le revoir . Non ! Oublie !
Assis autour d’un pot, on discute durant des heures, oubliant d’aller visiter d’autres lieux. Logan nous en dit un peu plus sur lui : c’est un étudiant en fac de médecine, ici même à Londres. Né à Bristol, il est un peu plus âgé que nous, mais on ne dirait pas lorsque je le vois délirer avec Thomas. De plus, il parle très bien le français et se révèle être d’excellente compagnie. Je me surprends à le contempler, il m’est difficile de détacher mes yeux des siens. De plus, il a quelque chose d’énigmatique et de mystérieux. Cet homme ne me laisse pas indifférente…

***

Trois jours après notre rencontre avec Logan, nous enchaînons les musées, les monuments et tout ce que nous avons toujours rêvé de voir. Logan nous accompagne, il s’est très vite intégré au groupe. Il a eu la gentillesse de nous faire visiter des endroits que jamais nous n’aurions eu la chance de connaître sans lui.
Logan et moi marchons en retrait du groupe. Il me jette par moment des regards en coin auxquels je réponds par des sourires gênés. Il est tellement mignon… Je craque !
— Dis, Logan, l’interpelle mon amie Gabrielle, nous serons sur Regent Street dans combien de temps ?
Regent Street est une rue commerçante qui abrite un tas de boutiques de mode. Et, bien entendu, pour nous les filles, il est indispensable de s’y rendre.
— D’ici dix minutes. Le temps de remonter tout ce boulevard, répond-il.
— On aurait dû prendre le bus ! râle Thomas en traînant les pieds. J’en peux plus… Et ça va être pire une fois arrivé aux boutiques.
— Arrête de te plaindre ! s’insurge Elena, sa petite amie. Nous sommes là pour nous promener. Et puis, n’oublie pas que tu vas m’aider à porter tous mes sacs !
— Oui, ma chérie, j’ai hâte d’y être, dit-il d’un air nonchalant. C’est justement pour cette raison que je voulais prendre le bus.
Je pouffe de rire et Logan secoue la tête en souriant.
— Ce sont de drôles de phénomènes, tes amis.
— Oui, mais ils sont tous adorables.
Il hoche la tête avant de continuer :
— Alexandre est le seul à être un peu distant avec moi. Je ne sais pas trop pourquoi.
Je cache mon étonnement. Je n’avais pas remarqué ce détail. Il est vrai que je les vois rarement discuter ensemble, mais Alex est loin d’être méchant ou désagréable.
— Tu sais, Alexandre est quelqu’un de très discret et un peu renfermé, surtout avec les inconnus. Je ne pense pas qu’il a quelque chose contre toi, il est juste… réservé. En tout cas, il est très gentil et c’est l’une des personnes qui m’est la plus proche et la plus chère à mon cœur.
— S’est-il déjà passé quelque chose entre vous ? s’empresse-t-il de me demander.
D’abord surprise par cette question, je me mets ensuite à rire. Logan me regarde d’un drôle d’air, il hausse un sourcil et finit par sourire.
— Non. Il ne s’est jamais rien passé entre nous. Nous sommes de très bons amis. Les meilleurs qui soient, c’est tout.
Je devine une sorte de soulagement sur le visage de Logan. Ses traits se détendent, il hoche légèrement la tête. J’ai comme la sensation que ma réponse le satisfait. Je me mords la lèvre et continue de marcher avec lui en silence. Sa question m’a désarçonnée tout de même. Je me surprends à regarder Alexandre qui avance devant moi. Il déconne avec Thomas comme ils ont l’habitude de le faire. Bien que depuis quelque temps nous nous soyons encore plus rapprochés, lui et moi, aucun des deux n’a jamais tenté quoi que ce soit. Je ne l’ai même jamais envisagé. Logan frôle mon épaule du bout des doigts, il me sort de mes réflexions. Je lui souris en détournant le regard de mon ami et m’accroche alors à son bras en déambulant dans la rue.

***

L’avenue est animée et le beau temps est au rendez-vous. Elena, Gabrielle et moi courons d’une boutique à l’autre. Les garçons, à notre suite, traînent des pieds et râlent. C’est une superbe journée. J’ai fait un tas d’achats et j’ai dépensé pas mal d’argent dans des bouquins. J’adore la littérature anglaise, surtout lire des romans dans la langue d’origine. J’ai même déniché un vieil exemplaire de «  Roméo et Juliette  » du grand Shakespeare, dans une librairie qui ne vend que de l’occasion. Un véritable bijou…
Sur le retour, en fin d’après-midi, la fatigue se fait sentir. J’ai mal aux jambes. Alex a la gentillesse de porter mes affaires. Logan est resté avec moi toute la journée, sans trop se préoccuper des autres.
Une fois encore, je me surprends à marcher à ses côtés. Il ne cesse de me jeter des regards en coin, comme à l’aller.
— Quoi ? lancé-je.
— Rien… Je… Je me demandais si tu aimerais que l’on dîne ensemble ce soir, juste toi et moi ? propose-t-il, gêné.
Je scrute les autres devant moi en réfléchissant . Pour une fois, ils peuvent se passer de moi. Ce sera l’occasion de faire un peu plus la connaissance de Logan. Il est tellement mystérieux, on ne sait pas grand-chose sur lui. Puis, il est diablement sexy. Je secoue la tête. Arrête de penser à ça !
— Oui, Logan. Avec plaisir, dis-je.
Un grand sourire illumine son beau visage, une étincelle brille dans l’azur de ses jolis yeux.
— Génial ! Je passe te prendre à huit heures, alors ?
— D’accord. Je t’attendrai dans le hall de l’hôtel.
Il m’embrasse furtivement sur la joue. Déroutée, je pique un fard. Puis, en interpellant les autres pour leur dire au revoir, il passe doucement sa main sur ma joue. Un frisson électrisant s’empare de ma peau.
Il faut que je me calme, sinon je vais finir par fondre !
— À ce soir, Ambre…
J’acquiesce, timidement.
Chapitre 2


« Quand le désir et l’envie se jouent de l’être humain, cela peut avoir certaines conséquences. Mais sur l’instant, c’est une sensation intense que n’importe qui souhaite vivre pleinement. »

Logan a sorti le grand jeu : pantalon noir et chemise blanche, col déboutonné. Ses cheveux de jais ont un effet mouillé et sa barbe de trois jours est taillée à la perfection. Heureusement que j’ai pensé à glisser dans ma valise, la plus belle robe de mon dressing : longue, à bustier noir, fendue sur le côté… Bien entendu, les filles se sont fait une joie de me pomponner pour me rendre la plus jolie possible. Elena s’est occupée de mes cheveux et Gabrielle du maquillage. Avec ces deux fanatiques de la beauté et de la mode, je ne risque rien. En aucun cas, je ne serai ridicule.
Au restaurant, je commence à me sentir à l’aise une fois que le vin me monte à la tête. Le dîner se déroule à merveille. Il se rapproche de moi un peu plus chaque fois, sa jambe frôle la mienne, nos doigts s’entrelacent. Je ne sais pas ce qu’il me prend, je me penche doucement en avant, mon regard planté dans le sien. Mes lèvres percutent les siennes.
D’abord surpris, il m’embrasse ensuite avec envie et une certaine fougue. Quand j’interromps notre baiser, je suis haletante, j’ai une folle envie de lui. Il prend mon visage dans ses mains pour picorer mes lèvres, comme s’il allait les dévorer.
— On y va ? demande-t-il.
Je réponds par un hochement de tête, soudain pressée. Logan règle l’addition, je me lève à sa suite. Le restaurant n’est pas loin de l’hôtel. Ma main dans la sienne, nous déambulons dans la rue d’un pas régulier. L’air me revigore, m’aide à retrouver mes esprits.
— J’ai passé une très bonne soirée, Logan, je te remercie.
Il sourit et porte ma main à ses lèvres pour l’embrasser tendrement.
— Moi aussi, j’apprécie énormément ta compagnie.
Sans un mot, je rentre dans le hall de l’hôtel. Je m’attarde sur son beau visage. Cette fois, c’est lui qui m’embrasse.
— Je n’ai pas envie de te laisser ce soir, Ambre.
J’hésite un instant et lance :
— Alors, reste !
Étonné, il me dévisage quelques secondes. Sans que je puisse faire quoi que ce soit, il m’entraîne à l’accueil pour demander une chambre double à l’hôtesse.

***

Il fait encore nuit quand je me réveille dans la chambre, blottie entre les bras de Logan. Ma tête repose sur sa poitrine nue. Je ne me lasse pas du son que produit son cœur. Ses doigts dessinent des cercles sur la peau de mon dos et son autre main serre la mienne, posée sur son torse. Il pousse un petit soupir de contentement, m’étreint davantage contre lui. Je souris, lève les yeux vers son visage :
— Je pensais que tu t’étais endormi.
Il vient poser doucement un baiser sur mon front et descend jusqu’à ma bouche entrouverte pour m’en donner un autre plus tendre encore. Mon bas-ventre se contracte délicieusement, accompagné de picotements entre mes cuisses. C’est comme si je m’embrasais à chacun de ses gestes. Il s’attarde longuement, ses lèvres caressent à peine les miennes pour me faire languir avant de me répondre :
— Non, je profite seulement de t’avoir rien que pour moi, Ambre.
Insistant sur mon prénom, il m’embrasse de nouveau, lâchant ma main pour caresser mon visage.
— Nous sommes rarement tous les deux. Alors, j’en profite.
Je l’attire vers moi. Je ne me lasse pas de ses lèvres, de sa langue.
— Aujourd’hui, on s’est pas mal rattrapés comparé aux autres jours.
— Je l’admets, rit-il, mais tes amis n’étaient tout de même pas loin. Là, je t’ai seulement pour moi.
— Serais-tu possessif, mon cher Logan ? le taquiné-je.
Il se met à rire doucement en me faisant basculer sous lui. Je sens son érection contre ma cuisse et des milliers de papillons s’envolent dans mon ventre. Sa bouche dévore mes lèvres, puis mon cou. Je penche la tête en arrière pour recevoir ses baisers. La peau me brûle à son contact. Il revient vers mon oreille avant de murmurer :
— Si tu savais… jolie Ambre…
Sur le moment, je ne réfléchis pas plus que ça à ce qu’il me dit, trop occupée par ce qu’il me fait. Je me laisse juste emporter par la fièvre intense qui s’empare de moi à cet instant. Il a un effet pas possible sur ma personne…
À mesure qu’il me dévore doucement, mon corps est tourmenté par des sensations agréablement opposées. Je me laisse aller complètement. Sa bouche s’attarde inlassablement sur mes seins, il les mordille, joue avec sa langue. Il a le don de me rendre dingue… J’agrippe sa chevelure, ferme les yeux pour m’offrir à lui. Il me parsème de baisers, de tendres caresses. Cela provoque des milliers de frissons sur tout mon épiderme. Mon souffle se fait court lorsqu’il descend sur mon ventre. Plus il s’approche de mon intimité, plus je me dis que je vais encore perdre pied sans rien pouvoir faire.
— Logan, murmuré-je.
— Hmmm, grogne-t-il. Tu es tellement désirable. J’ai encore envie de te posséder.
Au plus profond de moi, ce sont les montagnes russes. J’ai une irrésistible envie de lui, encore… Tout à l’heure, c’était incroyable. Un moment de pure extase. Il s’attarde sur mon nombril, s’amuse avec tandis que je m’embrase sous ses gestes précis. Je cherche son regard : malicieux, mais joueur à la fois. Je me mords la lèvre inférieure. À ce moment-là, ses yeux s’assombrissent. Tout en m’embrassant, il abandonne mon ventre pour se diriger plus bas encore. Ses doigts, accompagnés de sa bouche, me frôlent doucement la peau. Lorsqu’ils atteignent enfin l’intérieur de mes cuisses, je me sens irradier complètement. Logan l’a parfaitement compris, parce qu’il s’en amuse un long moment : il me mordille, puis me caresse à coup de langue et finit par me couvrir de baisers pour en apaiser le feu.
— J’ai envie de toi, Logan.
— Je sais, tu es toute humide.
Tout d’un coup, il s’attaque à mon intimité. J’arque le dos à son contact en gémissant de plaisir. Un grognement de satisfaction sort de sa bouche. Il continue de caresser mon bouton, l’aspirant et le torturant en même temps.
— Maintenant, dis-je à bout de souffle. S’il te plaît, j’ai envie de te sentir en moi.
Je ne tiens plus. Je n’en peux plus. Je le veux tout de suite ! Logan lève la tête en souriant. Il est irrésistible.
Je baisse les yeux vers son érection – immense, palpitante – attendant avec impatience de le recevoir. Il attrape un préservatif, arrache l’emballage avec ses dents sans abandonner mon regard. Je me perds dans la contemplation de ses beaux yeux bleus, le souffle court et saccadé.
Il se penche ensuite vers moi, m’embrasse doucement, tendrement. Le feu du désir me consume avec force, je l’attrape par la nuque pour prolonger notre étreinte avec fougue. Je peux sentir son gland jouer sur mon intimité humide, sans me pénétrer. Il le fait exprès, il me fait languir !
— Logan, supplié-je à bout de souffle.
Il rit doucement à mes suppliques contre ma bouche et, sans que je m’y attende, me pénètre presque brutalement. Un gémissement de plaisir m’échappe, il me mordille la lèvre en même temps. Il entame des va-et-vient puissants et rapides, ne me laissant aucun moment de répit. Les jambes enroulées autour de sa taille, je me laisse complètement aller. C’est la première fois, que je ressens un tel désir pour un homme pour qui je n’ai aucun sentiment amoureux. Un désir ardent et foudroyant à en perdre la tête.
Chaque coup de boutoir nous rapproche l’un et l’autre du moment propice. Enfouissant son visage dans mon cou, il s’enfonce plus profondément en moi. Au bord de l’orgasme, je m’agrippe à son dos, plante mes ongles dans sa peau. Me sentant prête à exploser, il lève la tête pour venir écraser ses lèvres sur les miennes. Une secousse intense me traverse le corps à cet instant. Son baiser m’empêche de hurler. Je le sens tressaillir en même temps. À bout de souffle, son regard se perd dans le mien. Je me mords la lèvre. Il sourit, m’embrasse au passage, pose sa tête sur ma poitrine sans pour autant se retirer.
Nous restons ainsi, sans dire un mot un long moment. Je me suis laissée emporter toute la nuit dans ses bras sans aucune retenue, jusqu’à n’en plus pouvoir tant le désir était à son comble.

***

Lorsque je m’éveille aux côtés de Logan, il dort à poings fermés. Je décide de me lever et d’aller prendre une douche pour retrouver mes esprits. Une douleur lancinante et intense occupe mon crâne. Je ne pensais pas avoir autant bu de vin, pourtant ! Une fois sous le jet, je laisse l’eau couler sur ma tête. Je prends le temps de me savonner avec les produits mis à disposition par l’établissement, et de me rincer ensuite. Je reste un moment à réfléchir sous l’eau brûlante. Je ne sais pas pourquoi, mais un affreux doute s’empare de moi.
Qu’est-ce que j’ai fait ? À avoir trop bu hier au dîner, je me suis laissée surprendre par mes envies. Ça ne m’arrive jamais… Je me sens bête et horriblement gênée. Comment vais-je lui dire que lui et moi ça ne pourra pas être possible ?
Je sors de la douche à contrecœur et me sèche dans un peignoir de bain. Je démêle mes cheveux, puis me regarde un moment dans le miroir. Je finis par secouer la tête :
— Tu fais pitié, ma pauvre !
Quand je sors de la salle de bains et que je ramasse ma robe de la veille pour l’enfiler, Logan se réveille.
— Tu comptes partir comme une voleuse ?
Une fois ma tenue ajustée et mes chaussures à la main, je pivote vers lui.
— Non, bien sûr que non… mais…
— Mais ? répète-t-il, impatient.
Je soupire et prends place à côté de lui pour le regarder bien en face.
— Mais, toi et moi ça n’ira pas plus loin. Quand on y réfléchit, ça ne pourra pas marcher. Nous vivons à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. Et les relations à distance, ce n’est pas pour moi, c’est beaucoup trop compliqué à gérer.
Le regard éteint, il ne dit rien. Je me pince les lèvres, honteuse d’avoir couché avec lui. Sur le coup, je n’ai pas réfléchi.
— Je suis vraiment désolée, Logan, vraiment !
— Ne t’en fais pas. Je comprends tout à fait. On a passé un bon moment, c’est le principal.
Du bout des doigts, il me caresse le visage. Bien qu’il n’ait pas l’air vexé, je le sens triste. C’est un peu comme si je m’étais servie de lui. Alors que, non, ce n’est vraiment pas le cas. Enfin… peut-être que si. Du coup, c’est le bazar dans ma tête. J’ai été poussée par mes envies et le désir, rien de plus ! Je lui souris, il me le rend. Il dépose un baiser sur mon front. J’espère que notre relation ne sera pas chamboulée après cette nuit.

***

Quand je rejoins les autres, je me fais harceler d’un tas de questions. Les filles sont en pâmoison en me demandant des détails croustillants. Thomas, lui, me gratifie d’un clin d’œil entendu et Alex… Alex ne dit rien et son expression reste de marbre. Je ne sais pas comment l’interpréter parce qu’il n’est pas très expressif en temps normal, mais le connaissant, je sens comme une gêne, et ça ne me plaît pas. J’espère qu’il n’a pas une mauvaise opinion de moi et que rien ne changera entre nous. J’en serais anéantie.
Chapitre 3
 
 
« Elle est si belle, si douce et délicate… Une pierre précieuse que l’on ne peut que choyer et préserver au creux de ses mains. »
 
Quelques jours plus tard
Deux semaines que nous sommes à Londres ! La chance est avec nous, il ne pleut pas. Une envie de nous rendre à Hyde Park nous a pris dans l’après-midi, afin de profiter du soleil et de discuter de notre prochaine visite. Ce sera l’occasion d’y retrouver Logan qui doit nous y rejoindre un peu plus tard. Il y a encore tellement de choses à voir et le temps passe si vite. D’ici quelques jours, les vacances seront terminées et chacun d’entre nous aura repris les cours.
Assis tous ensemble dans l’herbe, nos discussions tournent en particulier autour du séjour et du peu de temps qu’il reste. Au bout d’un moment, Gabrielle déplie un plan de Londres qu’elle étale au milieu de nous cinq.
— Alors ! s’exclame-t-elle. Il nous reste pas mal de choses à visiter, notamment Big-Ben et le Palais de Buckingham.
— Ouais, ça serait pas mal depuis le temps que nous sommes là. En plus ce sont deux sites qui doivent être vus dès l’arrivée à Londres, tant ils sont connus. Nous, on a encore tout fait à l’envers, comme d’habitude, répond nonchalamment Alexandre.
Il s’étire dans l’herbe d’un geste souple. Je le scrute discrètement du coin de l’œil. Ce jeune homme de vingt-trois ans m’a toujours intriguée, avec son regard profond et ses airs sérieux. Lorsqu’il pose sa tête sur mes genoux, j’esquisse un geste pour frôler les mèches courtes et rebelles de ses cheveux. La pulpe de mes doigts caresse son cuir chevelu avec douceur. Il ferme les yeux, ses traits se détendent. Je souris, satisfaite de le voir ainsi. 
— J’aurais bien aimé grimper en haut du London Eye , lance Elena. Il paraît que c’est la plus grande roue d’Europe et que la vue est magnifique.
Je me tourne instinctivement vers Thomas qui affiche une moue coquine en direction de sa petite amie :
— Tu sais, je peux te faire grimper encore plus haut que cette foutue roue !
Le visage de la principale concernée se décompose et vire au rouge, mais elle a de la répartie, surtout avec son petit copain :
— J’ai hâte de voir ça ! Toi qui passes ton temps à te vanter, tu as intérêt à mettre les bouchées doubles.
Je pouffe de rire. Ces deux-là sont un numéro à eux seuls. Il y a quelques mois, Elena et Thomas sont tombés amoureux. C’est venu comme ça, sans que l’on s’en rende compte. Ils sont toujours en train de se chamailler et de se chercher. Ce sont des personnes opposées, très différentes l’une de l’autre, et pourtant, c’est arrivé. Elena à l’apparence d’un vrai mannequin : blonde, les yeux bleus, la peau claire et de longs cheveux. Elle est aussi très intelligente, simple et raffinée, discrète, mais avec son petit caractère. Lorsque ça clash avec son amoureux, il n’en mène pas large, le don Juan. Quant à Thomas, il est du genre exubérant, très souvent dans l’extrême, un peu geek. Non, très geek, en fait ! Il est le rigolo de la bande si l’on peut dire. Brun aux yeux verts, très bien bâti grâce au sport qu’il pratique, c’est un garçon très simple, type premier de la classe qui ne se soucie guère de son apparence. Autrement dit, rien à voir avec Elena, mais aujourd’hui, ils sont amoureux, très heureux ainsi, et nous le sommes aussi pour eux. C’est tellement drôle de les voir se taquiner.
— Pour toi, je ferais n’importe quoi, lance-t-il d’un ton théâtral, la main sur le cœur.
Elena glousse. Gabrielle lève les yeux au ciel et donne une tape sur le bras de Thomas. La patience et elle, ça fait deux.
— Bon, au lieu de dire des bêtises, tu devrais réfléchir à notre prochaine destination. On ne va pas camper là toute la journée !
— Rabat-joie, souffle Thomas dans sa barbe.
Ce qui lui vaut, cette fois, un second coup plus rude.
Gabrielle fronce ses beaux sourcils bien dessinés, ce qui fait sourire Thomas. Lorsqu’elle est en colère, une ride barre son front et ses yeux verts lancent des éclairs. Elle a le don de clouer le bec à tout le monde. C’est une jeune fille impulsive et rebelle depuis toujours. Elle reste néanmoins adorable. Thomas sait qu’au fond ça l’amuse de l’engueuler à tout bout de champ, et pour cette raison, il ne lui en tient jamais rigueur. Gabrielle est une magnifique jeune femme : élancée avec des cheveux noirs et bouclés, une jolie métisse. Elle fait tourner la tête à pas mal de mecs, je dois dire. Elle sait être douce, même avec ce fort caractère.
Un silence s’installe entre nous, laissant place aux bruits de la nature. Je ferme les yeux, penche la tête en arrière. Je m’imprègne de ce calme olympien qui me détend. Un vent léger...

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents