Nos espoirs croisés
141 pages
Français

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Nos espoirs croisés , livre ebook

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Description

« Il veut en finir, elle adore la vie... saboter un plan n’a jamais été aussi vital. »
Lorsque Debbie débarque dans l’école de commerce de ses rêves, elle ne désire qu’une chose : gagner son indépendance et vivre de grandes aventures.
De son côté, Camille est un étudiant asocial qui souhaite en finir, et pas n’importe comment : de façon propre, digne, et sans risque d’échec.
Il touche d’ailleurs au but, quand Debbie fait irruption dans sa vie.
Dès lors, pour l’un comme pour l’autre, plus rien ne se passera comme prévu…
Découvrez une rencontre explosive racontée à deux voix qui vous mènera tantôt aux rires, tantôt aux larmes.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 juin 2021
Nombre de lectures 4
EAN13 9782411000824
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0012€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Nos espoirs croisés
Iman Eyitayo
Nos espoirs croisés
LEN
126, rue du Landy 93400 St Ouen
Texte inédit
sous la direction littéraire de Wilfried N’Sondé




© LEN, 2021
ISBN : 978-2-411-00082-4
P ARTIE 1 : Découvertes
Prologue
D EBBIE
Je fixe mon téléphone avec un mélange de déception et de rage. Il ne m’a même pas souhaité la bonne année ! Par chance, je sais qu’il désire en finir proprement : il n’agira donc pas chez les parents de Caleb , où il passe les fêtes. Je peux souffler, pour l’instant.
J’actualise ma boîte de réception. De nombreux textos enjoués apparaissent au fur et à mesure. Rien qui vienne de lui. Je lui ai exigé de se tenir loin de moi, mais j’aurais apprécié ne serait-ce qu’un message automatique pour la nouvelle année, une preuve qu’il respire encore. Ne plus lui adresser la parole n’empêche pas la peur de me ronger constamment les entrailles : impossible de m’en défaire, tout me le rappelle. Même cette soirée festive du Nouvel An ne m’apporte qu’inquiétude et stress : cette année sera-t-elle celle où il mettra fin à ses jours ?
Chapitre 1
Quatre mois plus tôt…
C AMILLE
Revue de l’article n o 4 du blog « Le corbeau s’envolera » :
« Quelle est la meilleure façon de mourir ?
J’adorerais, comme beaucoup, partir dans mon sommeil. Ce serait parfait, sauf que j’ai vingt et un ans et que je suis en bonne santé. Il y a bien sûr l’option des médicaments, mais j’ai statistiquement plus de chances de finir bavant et pleurant dans un hôpital plutôt que calme et serein dans une morgue… Or , je ne planifie pas de finir malade ou handicapé. Je souhaite mourir de façon sûre, efficace, propre, et sans déranger personne. J’ai donc décidé, pour faire les choses bien, d’étudier les… »
Un tambourinement à la porte m’oblige à lâcher mon clavier. Je soupire et enfile un T-shirt, tandis que mon visiteur impromptu s’impatiente.
– J’arrive ! je hurle, tout en m’aspergeant de l’eau sur le visage et la tête.
En m’essuyant, je constate que j’ai meilleure mine. Mes cheveux crépus sont présentables, mon visage paraît moins fatigué. Je quitte donc mon reflet et vais ouvrir. Je suis tout de suite accueilli par un sourire aussi chaleureux qu’exaspérant : Caleb, un voisin reconverti en connaissance, se tient face à moi, un pack de bières en main.
– Alors, mon vieux, ça te dit, un petit coup ?
Stupéfait de le trouver là, je l’étudie de haut en bas. Il porte encore son pyjama, ses cheveux blonds en bataille indiquant qu’il vient de tomber du lit. Seuls ses yeux vert clair, dépourvus de cernes et brillants de malice, laissent entendre qu’il est bien réveillé.
Caleb agite le pack sous mon nez avec impatience. Difficile pour moi de résister à une bonne pinte, mais il n’est que onze heures du matin, et ce n’est pas parce que je compte passer l’arme à gauche que je prévois de devenir alcoolique avant. D’ailleurs, je n’ai encore jamais envisagé le coma éthylique… Il faudra que je fasse des recherches sur le sujet.
– Il est un peu tôt, Caleb.
– Qui se soucie de ce genre de détails ? Ça te fera du bien, mon pote !
Il est marrant, ce type. Je l’ai rencontré il y a une semaine, alors que je renouvelais mon bail aux Estudines Boticelli , résidence universitaire située à dix minutes en tramway de mon école. Depuis, il me suit comme mon ombre. Je ne sais pas si je dois m’en sentir flatté ou agacé. Cela dit, avec son air de chien battu, je ne trouve pas la force de le repousser. Je cède donc à la tentation et saisis les bières, avant de lui claquer la porte au nez. Un peu d’alcool ne devrait pas me faire de mal.
J’ai à peine fait un pas qu’il frappe de nouveau. Intrigué, je retourne ouvrir :
– Oui ?
– Eh, mec ! Tu ne vas quand même pas me laisser à ta porte ! Faut qu’on trinque !
Dire que je pensais qu’il venait simplement m’offrir à boire. Les sous-entendus, je vous jure…
– OK , dis-je en l’invitant à l’intérieur.
Caleb entre en sautillant presque. Son mètre soixante, ses traits juvéniles, ses grands yeux, son teint laiteux et sa silhouette filiforme lui confèrent une allure enfantine que, selon toute vraisemblance, il déteste. Il a vingt-deux ans, mais tout le monde lui en donne facilement quatre de moins.
Il observe ma chambre d’un air blasé : il n’aime ni l’absence de décoration ni l’omniprésence du noir sur mes draps, mes rideaux, et quelques objets çà et là. Il n’y a que la moquette rouge orangé et les murs blancs, imposés par la résidence, qui semblent lui convenir.
– Alors, tu as prévu quoi, aujourd’hui ? m’interroge Caleb.
– J’écris.
– La veille de la rentrée ? s’étonne-t-il. Tu ne vas pas t’amuser, quelque chose dans le genre ? J’ai entendu parler d’un bar qui a…
– Te fatigue pas, « mon pote ». Ça ne m’intéresse pas. Et puis, nous sommes la veille de la rentrée des premières années, pas des troisièmes.
Il ouvre la bouche, mais je lui jette un regard qui en dit long sur mon niveau de patience actuel. Il abdique, juste avant de saisir une bouteille et de s’affaler sur mon matelas. Je me crispe. Je viens tout juste de changer les draps, et le fait que Caleb installe ses fesses dessus – sûrement pas lavées depuis l’avant-veille au moins – ne me plaît pas du tout. Je n’ai rien contre ce mec, mais, sérieux… j’aime la propreté. Et la semaine passée avec Caleb m’a appris que la douche et lui, eh bien, ça fait deux.
– Eh, tu ne t’en prends pas une ?
Caleb est déjà en train de boire au goulot, vautré sur mon lit. Je prends une bière à mon tour pour résister à l’envie de le trucider sur-le-champ. Peut -être que l’alcool me rendra sociable et tolérant, qui sait ?
Le temps de savourer ma première gorgée, monsieur je-pose-mes-fesses-partout a jeté ses baskets sur la moquette fraîchement aspirée du matin, étendu ses pieds puants sur mes draps et allumé la télé, évoluant ainsi au rang de je-touche-à-tout-sans-demander-la-permission. Ma patience m’étonne. Je ne suis pas agressif, mais, à une certaine époque, j’aurais déjà arrêté le massacre.
– Eh, ça te dit une partie de Street Fighter ? propose-t-il soudain.
– J’ai pas de console…
– J’en ai une, moi !
– Et ?
– Tu m’as bien compris. On va jouer chez moi ?
D’un regard, je lui indique que je n’en ai pas du tout envie. La chambre de Caleb pue le fromage faisandé.
– Allez ! S’il te plaît, mec ! Tu es la seule personne avec qui je peux passer la journée ! Je me fais chier chez moi à me tourner les pouces. Ce sera fun !
Il m’adresse un clin d’œil qui s’avère tout sauf rassurant. Je devrais dire non, mais je me sens étrangement l’âme conciliante aujourd’hui. J’ai dû être frappé par le Saint-Esprit, ou quelque chose dans le genre.
Remarquant mon hésitation, Caleb en profite pour donner le coup de grâce :
– Allez , mec ! Sans toi, je serais déprimé, genre vraiment quoi ! Pitié , tiens-moi compagnie. Promis , y aura de la bière et même de la pizza.
– Non ! je m’insurge. Surtout pas de pizza !
Je n’ai mis les pieds chez Caleb qu’une fois. La pizza qu’il avait commandée me reste encore en travers de la gorge tant elle était mauvaise. Le pain s’apparentait à une sorte de pâte visqueuse et mal pétrie qui n’aurait pas dû mériter le qualificatif de « nourriture ». Manger des semelles couvertes de liquide rouge et blanc non identifié ? Très peu pour moi.
– OK , OK , abdique Caleb, qui connaît mon aversion pour la malbouffe. On va se commander un repas chinois, ça te va ?
Je me retiens de hurler. Ce n’est pas mieux du tout.
– Je cuisine !
Un large sourire naît sur les lèvres de Caleb, tandis qu’un soupir s’échappe des miennes. Voilà , il a gagné. Je suis de corvée sociale, à présent. Je suis vraiment maudit.
D EBBIE
La rentrée, c’est demain.
Je n’arrête pas de me le répéter, mais, chaque fois, mon cœur bat la chamade. Je ne tiens plus du tout en place. Dire que je vais bientôt étudier à l’ ESC Grenoble ! En dépit de tous les obstacles, la petite Parisienne en quête d’aventures que je suis a réussi à s’y faire admettre, avec mention honorable en plus. J’en rêve depuis si longtemps ! D’intégrer l’école, mais aussi de vivre à Grenoble. Je n’ai même pas postulé à Paris, au grand dam de mes parents qui auraient voulu que je reste auprès d’eux. J’ai beau les adorer, j’ai besoin d’indépendance, ne serait-ce que pour leur prouver que j’ai grandi et que je peux me débrouiller sans eux. Et puis, ma tante favorite vit à Grenoble : pratique, si j’ai une urgence un jour.
Il fait très chaud pour un mois de septembre. J’ai donc enfilé une robe légère et opté pour un repas froid. Accompagnée de ma nouvelle amie et presque voisine, Kim

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