Qui es-tu Jason Lane ?
276 pages
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Qui es-tu Jason Lane ? , livre ebook

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Description


Jason Lane, vingt cinq ans, est rédacteur en chef du magazine Fashion Look. Un soir, il va découvrir un terrible secret qui va bouleverser sa vie. Avec un passé lourd d'événements tragiques, il n'est pas de ceux qu'on pourrait considérer comme un sentimental. Il n'a jamais connu l'amour et est effrayé par ce simple mot. Mais le jour où son père engage une nouvelle assistante, celle-ci amène tout un tas de questions avec elle. Qui est cette jeune femme que Jason a connu durant son enfance ? Et pourquoi a-t-elle accepté de travailler pour lui ? Alice Carter, vingt-deux ans, vient tout juste d'obtenir son diplôme. Jeune femme au vécu difficile, elle garde un secret qui la brise un peu plus chaque jour. Alors lorsque son père lui trouve un poste d'assistante pour un de ses amis d'enfance, tout son passé ressurgit, et une seule question se pose : comment échapper à cette douleur ? L'amour peut-il guérir les blessures du passé ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 83
EAN13 9782902427482
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Qui es-tu Jason Lane ?
Partie 1
 
Didem Kartal
Qui es-tu Jason Lane ?
Partie 1
 


 
«Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur ou l’éditeur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.»
 
 
ISBN papier : 978-2-902427-49-9
ISBN numérique : 978-2-902427-48-2
 
©2020, Didem Kartal
 
Édition : Plumes de Mimi éditions, 122 rue de l’Argonne, 62117 Brebières.
 
Dépôt légal : 07/2020
 
Didem Kartal
 
Didem Kartal, est une grande lectrice. Elle est passionnée de littérature depuis toute petite. Amoureuse des mots, elle aime écrire des histoires et le partager avec les autres.
Elle est anciennement coiffeuse, elle a quitté son poste pour se consacrer pleinement à sa passion. Elle travaille actuellement dans une bibliothèque.
 
 
 
 
 
À ma petite sœur,
 
Table des matières
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Chapitre 34
Chapitre 35
Chapitre 36
 
 
Préface
Karen
 
Londres 1990, Hyde Park
 
Nous marchons dans l'herbe fraîchement tondue du grand parc, main dans la main. Une fontaine se trouve au loin, où l'eau coule abondamment. Une grande roue se dessine, laissant un beau paysage harmonieux. Le vent souffle légèrement cet après-midi, les branches des arbres qui bordent les lieux bougent frénétiquement. Le ciel est bleu et le soleil transperce les nuages qui profilent à l'horizon. Les quelques rayons tapent délicatement sur nos épaules.
Nous nous installons tous les deux sur la pelouse pour discuter. Cela fait maintenant deux mois que je suis enceinte de David, mon petit copain. Lorsque je lui ai annoncé la nouvelle il y a trois jours au téléphone, j'ai deviné au son de sa voix que quelque chose n’allait pas. Alors il m'a donné rendez-vous ici pour que nous puissions discuter ensemble de la décision que nous allons prendre concernant le bébé que j’attends.
 
— Je ne sais vraiment pas quoi dire, Karen. Je suis sûr que je ne pourrais pas être présent pour ce bébé.
 
Sa phrase résonne inlassablement dans ma tête sans arrêt. Ne voulant plus y penser, je ferme les paupières en revenant à la réalité. Je fuis son regard.
 
— Alors, ça veut dire que tu me laisses tomber ? je demande, la voix brisée.
 
Il se tourne vers moi d'un air impassible, aucune émotion ne traverse son visage à cet instant. Ça me blesse profondément, comme un poignard en pleine poitrine. Mais où est passé le garçon que j'ai rencontré au lycée ?
 
— Je suis sincèrement désolé, Karen.
 
Ses paroles me brisent le cœur. Je prends une grande inspiration pour me calmer et rassemble tout mon courage pour continuer la discussion. Je ne dois surtout pas abandonner, pas maintenant.
 
— Tu ne m'aimes plus comme avant ? Je t'en prie, donne-moi une explication avant de prendre une telle décision.
 
Il prend délicatement ma main, ce simple contact me rappelle notre premier baiser à la soirée organisée par l'un des étudiants de ma classe. Sa paume dégage une telle chaleur que j'ancre mon regard dans le sien.
 
— Je t'aime, mais nous n'avons que dix-huit ans. Si mes parents l'apprennent, je peux dire adieu à mes études supérieures.
 
Il m’abandonne ? Mon cœur se serre, j'ai du mal à respirer. Je chasse mes larmes d'un battement de paupières. Je n'ai pas envie de me montrer aussi impuissante devant lui. Mais une profonde douleur lancinante prend place dans ma poitrine, elle cogne tellement fort que je peux l'entendre. Il est hors de question que j'avorte. Le plus douloureux dans cette histoire, c'est que mes parents m'ont mise à la porte. Et lui, il ne pense qu'à une seule chose : ses études à l'université d'Harvard.
 
— Tu sais pourtant que mes parents m'ont mise à la porte. Il n'y a que ma tante qui vit à New York, qui accepte de m'héberger chez elle.
 — Tu vas quitter l'Angleterre ? demande-t-il inquiet.
 
Une pointe d'inquiétude se lit sur son visage. Sa réaction me surprend, c'est pourtant lui qui ne veut pas m’aider. Il ne veut faire aucun effort pour subvenir aux besoins de notre enfant ni être présent. J’avais toujours pensé au fond de moi qu'un jour, je fonderais une famille unie et heureuse. Malheureusement, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Comment avons-nous pu commettre une erreur pareille ?
 
— Je n'ai pas d'autre choix ! je réponds en me tournant vers lui.
 
Je m'allonge sur l'herbe, il pose sa main chaude sur mon ventre. En relevant lentement son regard, il plonge ses yeux verts dans les miens.
 
— Comment vas-tu l'appeler ?
— Je pense l'appeler Jason. Et je vais sûrement être dans l'obligation de le donner à une famille d'adoption.
 
Il me regarde avec étonnement, comme si c'était inconcevable pour lui que je prenne une telle décision. Mais ça n'a pas d'importance, puisqu'il me laisse seule.
 
— Pourquoi Karen ?
— Tu me demandes pourquoi ? Tu me laisses tomber. Je n'ai pas les moyens, et ma tante non plus, pour élever ce bébé. Même si je l'aime plus que tout. Je veux simplement qu'il vive dans de meilleures conditions. Mon journal intime l'aidera à mieux comprendre pourquoi j'ai dû faire ce choix si douloureux.
 
Je me redresse et pose ma main sur celle de David.
 
— Mais il n'y a pas d'autre solution ? me demande-t-il.
— Malheureusement, non...
 
Il prend mon visage entre ses mains.
 
— Je veux que tu saches que lorsque j'aurai fini mes études à Boston, je viendrai te chercher à New York. On fondera une famille, je t'en fais la promesse. N'oublie surtout pas que je t'aime plus que tout. Tu comptes énormément à mes yeux.
— Moi aussi, je t'aime, n'oublie pas de m'écrire ou de m'appeler pour que nous restions toujours en contact.
 
Lorsque nous nous levons, il se dresse devant moi et place délicatement une mèche de cheveux derrière mon oreille. Il m'embrasse tendrement, son baiser est si doux et si intense qu’il fait chavirer mon cœur. Comme lors de notre première rencontre sur le campus du lycée. Mes larmes se mêlent à notre étreinte. Tout disparaît durant ce moment, sauf sa présence. Il va me manquer.
Quand il se détache de moi, il essuie mes larmes avec son pouce. J’attrape la poignée de ma valise pour sortir du parc, le cœur lourd. Les gravillons crépitent sous mes pas. Soudain, je m’arrête et me tourne vers David. Il est de dos, les mains dans les poches de son pantalon.
 
— David !
 
Il s’arrête inopinément et se retourne lentement pour me faire face. Il ancre son regard rempli d’amertume dans le mien.
 
— Je t’aime !
 
Un sourire se dessine sur ses lèvres fines.
 
— Je t’aime aussi, n'oublie pas ma promesse ! dit-il avec un signe de la main.
 
Mes yeux se remplissent de larmes et glissent le long de mes joues. Pour moi, c’est une déchirure qu'il vient de se passer. Je me demande l’espace d’un instant, si je prends la bonne décision en partant pour New York. Mais je n’ai pas vraiment le choix. Après la gifle magistrale que j’ai reçue de la part de mon père, je me retrouve dans une impasse.
Et je ne dois surtout pas baisser les bras.
 
 
Chapitre 1
Jason
 
Manhattan, 2016.
 
Je sors de l'aéroport avec ma valise, que je pose à mes côtés. Des personnes me frôlent en se dirigeant vers le parking, où sont garés des bus et voitures ainsi que des taxis un peu partout. Debout sur le trottoir, j'attends mon chauffeur en regardant attentivement ma montre. Je remarque qu'il est en retard de dix minutes. Un soupir d'agacement s’échappe de mes lèvres, suivi d'un claquement de pied. La patience n'a jamais été mon fort. En relevant la tête, les nuages devenus gris profilent à l'horizon, cachant le soleil scintillant. Je sens quelques gouttes humides sur mon visage. Une fine pluie commence à tomber abondamment, j'aurais dû consulter les températures météorologiques. Août n'est pas censé être un mois ensoleillé ? Un vent frais souffle violemment, faisant virevolter quelques mèches de mes cheveux bruns. Je croise fermement les bras contre mon torse pour me réchauffer un maximum. Ma simple veste blazer ne me couvre pas assez. Soudain, au loin, j'aperçois les phares d'une voiture noire qui s'arrête devant moi sans se garer.
Andrew descend rapidement du véhicule et m'ouvre la portière en s'excusant de son retard. Je m'installe sur la banquette arrière, tandis qu'il met ma valise dans le coffre avant de reprendre sa place initiale. Il boucle sa ceinture de sécurité et démarre le moteur qui vrombit. Je sors mon téléphone de ma poche pour consulter mes mails, et remarque avec contrariété que ma nouvelle assistante a oublié de m'adresser mon planning de demain. Ce qui n'est pas étonnant, encore une employée incompétente. Énervé, je grince des dents. Plusieurs mannequins que j'ai rencontrés à Paris m'ont envoyé des messages et photos en sous-vêtements. Je les efface aussitôt. Je n'ai pas de temps à perdre avec ces filles qui sont en couple avec des hommes politiques.
 
— Votre voyage s'est-il bien passé, Monsieur Lane ? demande Andrew.
 
Je relève la tête de l'écran de mon téléphone et nos regards se croisent dans le rétroviseur. Ses traits tirés par la fatigue accentuent les petites rides aux coins de ses yeux bleus.
 
— Ça peut aller, si on ne compte pas les bruitages incessants des enfants durant tout le vol. Je n'ai pas pu voyager en première classe, il n'y avait plus de réservation à cette date.
 
Il acquiesce de la tête avant de reprendre :
 
— Je vous dépose où ?
— Au cimetière, je dois déposer des fleurs sur la tombe d'Amanda.
 
Son regard devient terne à cet instant. Mes yeux se perdent sur le bouquet qui se trouve sur mes genoux. Des roses blanches et rouges qui forment une belle harmonie de couleurs, les préférées d'Amanda. Je les ai achetées dans une petite boutique à l'aéroport. En voyant ce bouquet chez le fleuriste, j'ai immédiatement pensé à elle.
Je tourne ma tête vers la vitre, pensif. Lors de mon voyage d'affaires à Paris, je n'arrêtais pas d'écrire le prénom d'Amanda sur mon agenda. Son visage hantait mon esprit. J’avais perdu espoir de la revoir un jour, parce qu’elle ne reviendra plus jamais. Malgré ça, j'ai pu décrocher un contrat avec l'une des plus grandes entreprises parisiennes.
 
— Nous sommes arrivés, Monsieur Lane !
 
La voix d'Andrew me fait sortir de mes pensées douloureuses. Je regarde un moment au loin, les pierres tombales éparpillées un peu partout. Cela me provoque un effet nostalgique. Mes mains devenues moites tremblent lorsque je pose mes doigts sur la poignée. Je prends une grande inspiration pour essayer de contenir les battements convulsifs de mon cœur, puis j'ouvre la portière.
 
— Je reviens dans dix minutes.
 
Quand je sors de la voiture, quelques gouttes de pluie échouent sur mon visage. En franchissant le grand portail, mes yeux parcourent cet environnement vaste et sombre bordé d'arbres et de tombes. Ça fait maintenant deux ans que je viens ici pour déposer des fleurs. Je m'avance lentement d'un pas lourd et m'accroupis en déposant délicatement les roses sur sa pierre tombale où est gravé son prénom. Une douleur cinglante se répand dans ma poitrine, et je retiens mes larmes du mieux que je peux. Il y a un immense vide dans ma vie depuis qu'elle a rejoint le paradis.
 
— Je suis désolé, Amanda. J'aurais dû être à tes côtés ce jour-là. Si tu savais à quel point je m'en veux. J'ai envie de remonter le temps, mais malheureusement c'est impossible...
 
À proximité, une petite dame d'une cinquantaine d'années aux cheveux grisonnants m'adresse un petit sourire de compassion en me voyant dans cet état. Elle vient vers moi en remontant ses lunettes de vue.
 
— Je suis sincèrement désolée...
 
Je me lève sans un mot. Elle me regarde attentivement pendant un moment, d'un air triste.
 
— C'était votre petite amie ?
 
Je respire profondément à en remplir mes poumons qui manquent d'air pendant une fraction de seconde. Elle comptait énormément pour moi.
 
— Non, une amie proche. Et vous ?
— Mon mari, ça fait maintenant quelques années qu'il est décédé.
 
En prononçant ces mots, sa voix se brise un peu plus.
 
— Toutes mes condoléances, madame.
— Merci, dit-elle en m'adressant un demi-sourire.
 
Je sors du cimetière avec la boule au ventre. Cette sensation désagréable, je la ressens souvent quand il s'agit d'affronter mon passé douloureux. Une vague de chaleur se déferle dans ma poitrine, j'essuie mes larmes d'un geste rageur, je n'ai pas envie qu'Andrew me voie dans cet état. Me montrer aussi impuissant devant les autres est une erreur.
J'ouvre la portière et m'engouffre à l'intérieur, le cœur vide. En me voyant dans cet état, Andrew se tourne vers moi, puis prend la parole.
 
— Tout va bien, Monsieur Lane ? me demande-t-il inquiet.
 
Je ne réponds pas et me contente de regarder une dernière fois la tombe d'Amanda. La voiture m'éloigne de la deuxième chose qui me relie à elle.
Andrew se gare derrière le parking privé de la villa, puis coupe le moteur. Je défais ma ceinture de sécurité et sors de la voiture. Il ouvre le coffre et prend ma valise, mais je lui fais signe du regard que je m'en occupe. J'attrape la poignée et la fais rouler jusqu'à l'entrée, puis j'appuie deux fois sur la sonnette. Quelques minutes plus tard, c'est Marie, la femme de chambre, qui m'ouvre la porte. Un sourire naît sur ses lèvres, ce qui accentue ses pommettes parsemées de petits grains de beauté.
 
— Bonjour, Monsieur Lane. Vos parents vous attendent dans le salon.
— Merci, Marie.
 
Je pose ma valise à côté de l'entrée et emprunte le couloir. Rien n'a changé en mon absence, les murs et les tableaux sont identiques. Quand j'entre dans le salon, mes parents se lèvent du canapé en m'adressant un sourire. Ils me prennent à tour de rôle dans leur bras en me serrant affectueusement. 
 
— Veux-tu boire un café ? Marie vient tout juste d'en préparer, demande ma mère gentiment.
— Non, j'en ai assez bu à l'aéroport.
— Comment s'est passée ta rencontre avec les différents clients ? me demande mon père en remontant ses lunettes de vue.
— Très bien. Nous avons pu signer un contrat avec eux, je réponds avec enthousiasme.
 
Mon père m'adresse un sourire, puis pose sa cheville sur sa jambe gauche d'un air détendu.
 
— Je suis fier de toi, je n'ai jamais douté de tes compétences.
 
Je souris faiblement, c'est bien la première fois qu'il est fier de moi. En règle générale, il ne dit jamais ce qu'il ressent. Ma mère se tourne vers moi avec sa tasse fumante entre les mains.
 
— Pendant ton absence, Marie a nettoyé ta chambre, elle a déplacé les carnets de musiques que tu n'utilisais plus dans le vide-grenier, explique-t-elle en buvant une gorgée de son café chaud.
 
Je me tourne vers elle, mes doigts se serrent fermement sur mes genoux. Une vague de frustration monte en moi à l'entente de ses paroles.
 
— Avant de toucher à mes affaires, demande-moi la permission, tu sais très bien que je ne supporte pas ça !
 
Ma voix s'élève sans que je puisse la contrôler, c'est souvent le cas quand je suis énervé. Elle me regarde avec étonnement, puis pose sa tasse sur la table basse face à elle.
 
— Je suis désolée, je croyais bien faire. Tous ces carnets ne te sont d'aucune utilité. Pourquoi les garder ?
 
La colère s'empare de moi. Elle sait pourtant que c’est tout ce qui me relie à Amanda. Néanmoins, j'essaie de rester calme.
 
— Pour moi, ils le sont.
 
Mon père pousse un soupir et se tourne vers ma mère d'un air agacé.
 
— Elizabeth, soit un peu compréhensive. Il est encore difficile pour lui de se remettre de ce drame, dit-il calmement.
 
Ma gorge se noue et mon ventre se crispe. Cette conversation prend une tournure qui ne me plaît pas du tout. Que mes parents ressassent les vieux souvenirs du passé me fait terriblement mal, je me lève brusquement du canapé.
 
— Merci beaucoup, papa. Tu arranges vraiment la situation, j'assène.
 
Sans lui laisser le temps de répliquer quoi que ce soit, je monte à l'étage, énervé. Je me dirige rapidement vers la chambre d'ami où tous mes affreux souvenirs sont enfermés. Je tourne la clé qui est dans la serrure et entre dans la pièce plongée dans l'obscurité. Les volets sont fermés, ça fait un moment qu'aucune lumière n'a traversé cette chambre. J'appuie sur la petite lampe de chevet pour éclairer la salle. Je regarde sur l'étagère les différents DVD et cassettes qui sont rangés par ordre alphabétique. Un titre attire particulièrement mon attention, Mad World de Gary Jules. À côté se trouve une petite clé USB qui détient des vidéos tournées il y a deux ans, avant la mort d'Amanda. Je décide de les visionner, même si la douleur va être insupportable.
Je sors de la chambre et me dirige vers la mienne. L'odeur de la lavande flotte dans l'air, mon ordinateur portable est posé sur le bureau. Je m'installe devant et appuie sur le bouton pour le mettre en marche. Une fois que l'écran s'allume, j'insère la clé USB. Un fichier apparaît, je clique dessus pour que la vidéo démarre.
 
Octobre 2014
Tous les membres de ma famille sont assis autour de la table qui se trouve sur la terrasse. C'était une belle journée ensoleillée. Mon père s'occupe du barbecue et ma mère discute avec Amanda, j'approche la caméra vers elles.
 
— Non, Jason. Ne me filme pas, j'ai une tête épouvantable, dit-elle en gloussant.
 
Ma mère et moi rions quand Amanda cache son visage entre ses mains.
 
— Es-tu pressée d'être demain ? je demande avec enthousiasme.
 
Elle retire lentement ses mains de son visage, un sourire lumineux naît sur ses lèvres ourlées.
 
— Bien sûr ! Je vais aller à Brooklyn avec toi et Eric.
 
Eric tire la chaise vide à côté d'Amanda, puis s'installe en ouvrant une bière.
 
— J'espère que tu vas nous jouer un morceau de piano ? Jason n'arrête pas de nous dire combien tu es douée, dit-il en se tournant vers elle.
 
Cette dernière réfléchit un moment avant de trouver une réponse.
 
— Il exagère un peu, je ne suis pas aussi douée que ça. Mais je serais ravie de jouer un morceau de piano après le repas.
— Je n'exagère pas, je t'ai entendu jouer au conservatoire. Tu as beaucoup de talent, ne doutes pas de tes capacités !
— Merci, répond-elle avec un sourire.
 
Je me déplace pour filmer mon père qui retourne les merguez sur la grille avec une pince. De sa main libre, il me fait un signe suivi d'un sourire.
 
J'étais tellement heureux ce jour-là de partager ces petits moments avec Amanda et ma famille. Ce sont des souvenirs inoubliables. Ils resteront à jamais gravés dans mon esprit. Savoir qu'elle n'est plus là me torture tous les jours, c’est une épreuve insurmontable.
 
*
 
Le lendemain matin, je me réveille avec un mal de crâne épouvantable. Quand je regarde l'heure sur mon téléphone, celui-ci m'indique qu'il est sept heures. Je suis resté éveillé toute la nuit encore une fois, en repensant inlassablement à son visage qui hante mes pensées. Je pousse les draps avec mes pieds puis me déshabille. Je dépose mes vêtements dans le panier de linge en osier et j’entre sous la douche. En allumant le robinet, l'eau chaude coule sur mon corps en détendant mes muscles engourdis. Après vingt minutes de relaxation, je sors de la salle de bain avec une serviette autour de la taille. Quelques gouttes coulent de mes bras et atterrissent sur le sol froid.
Je m'assois quelques instants sur mon lit, quand soudain, mon regard se pose fixement sur le carnet de musique. Amanda était l'une des personnes qui faisaient partie de ma vie. Je me souviens encore de ses paroles avant de me quitter définitivement et de rejoindre l'autre monde. « Fais-moi la promesse de continuer de jouer du piano, et quand je partirai, cette mélodie me suivra ». En disant ses paroles inconcevables, elle avait lâché ma main moite à force de serrer la sienne de toutes mes forces.
J'ai laissé derrière moi mon appartement, il y a deux ans de cela, car il me rappelait beaucoup de mauvais souvenirs. J'ai donc décidé de vivre chez mes parents, le temps d'oublier tous ces moments qui m'ont marqué. Mais la douleur ne s'est pas estompée pour autant. À chaque fois que j'essaie de m'en échapper, mon passé me rattrape.
Je referme mon agenda et le repose sur la table, je dois vite me préparer. Étant donné que c'est moi le rédacteur en chef de ce grand magazine de mode. Je me dois d'être présent avant les salariés, c'est mon père qui m'a enseigné ces bonnes manières, que je me dois de respecter à la lettre. Même si je ne suis pas épanoui dans ce que je fais et que ce n'est pas la carrière de mes rêves, je suis obligé. Parce que je n'ai pas envie de décevoir mes parents. Même à vingt-cinq ans.
J'ouvre le dressing coulissant et attrape une chemise grise suivie d'un pantalon noir que j'enfile rapidement. Puis je remets quelques mèches encore humides en place. Soudain, j'entends frapper à la porte de ma chambre.
 
— Entrez !
 
J'aperçois mon père, debout dans l'embrasure de la porte. Les mains enfoncées dans les poches de son pantalon noir. Je fronce les sourcils en me demandant ce qu'il vient faire ici. Ce n'est pas dans ses habitudes, il s'avance vers moi, et à chacun de ses pas, le parquet grince bruyamment.
 
— C'est aujourd'hui que tu dois déposer des fleurs sur sa tombe ? me demande-t-il en remontant ses lunettes posées sur son nez.
— Non, je suis allé les déposer hier en rentrant.
 
Il baisse la tête en regardant le sol quelques secondes, avant de reporter son attention sur moi.
 
— Je sais qu'elle te manque...
 
J’essaie de mettre correctement ma cravate en place, mais quand mon père évoque mon passé, je perds tous mes moyens. Agacé par cette discussion, je lâche un soupir pour bien lui faire comprendre qu'il est inutile de me le rappeler. Je sais qu'Amanda ne reviendra plus jamais, et tout ça, c'est à cause de moi.
 
— Laisse-moi t'aider.
 
Il s'avance et se dresse devant moi, puis fait le nœud de ma cravate en remettant correctement en place le col de ma chemise.
 
— Je t'attends à l'entreprise vers treize heures, ne sois pas en retard. Aria sera présente pour prendre les rendez-vous.
 
J'acquiesce simplement de la tête. Quand il sort de ma chambre, j'enfile ma veste et mets la photo d'Amanda à l'intérieur de ma poche. Son sourire espiègle et sa joie de vivre me manquent terriblement. Comment a-t-elle pu partir aussi vite ?
En descendant les escaliers, je croise ma mère, discutant avec Marie qui travaille pour nous depuis des années. Elle lui demande de bien ranger les chambres du deuxième étage. Étant très maniaque, elle veut que tout soit parfait. En tournant la tête dans sa direction, un sourire se dessine sur ses lèvres teintées.
 
— Bonjour, Jason. Si tu as faim, Marie a préparé le petit-déjeuner sur la terrasse.
— Je n'ai pas très faim ce matin.
 
Avant que je lui tourne le dos, elle m'interpelle.
 
— Tu rentres à quelle heure ce soir ?
 
Je la regarde attentivement un moment. Généralement, elle ne me pose jamais ce genre de question.
 
— Je ne sais pas, ça dépend du travail que je dois terminer. À ce soir !
 
Quand je sors de la maison, une brise fraîche effleure ma peau. J’appuie sur ma clé automatique et je monte dans mon véhicule en démarrant le moteur. Il ne faut surtout pas que j'oublie de la faire nettoyer. J'appuie sur l'auto radio avec mon index, la chanson River Flows in you résonne dans l'habitacle, la version jouée au piano. Mes yeux deviennent soudainement humides, mais je les chasse d'un battement de paupières. En écoutant cette douce mélodie, mes souvenirs font ressurgir les moments de bonheur. Plus particulièrement quand je jouais du piano au conservatoire de musique avec Amanda.
Quelques minutes plus tard, je rejoins Brad sur la terrasse d'un café dans le centre-ville de Manhattan, pour me détendre et passer un bon moment avec mon ami avant de regagner l'entreprise. Le serveur apparaît avec un plateau entre les mains et dépose nos tasses fumantes sur la table, avant de disparaître à l'intérieur de la brasserie. Je tourne la petite cuillère, perdu dans mes pensées.
 
— Ça va ? Tu m'as l'air absent aujourd'hui.
 
Je cligne plusieurs fois des paupières. Brad me fixe du regard, un brin inquiet.
 
— Non, tout va bien, les affaires reprennent.
 
Le visage de Brad change immédiatement. L'inquiétude qui se lisait dans son regard disparaît.
 
— En voilà une bonne nouvelle, dit-il en portant sa tasse bouillante à ses lèvres charnues.
— J'ai pu signer un contrat avec une grande entreprise de mode à Paris. Mais ce métier ne me passionne plus comme avant.
 
Il repose sa tasse sur la table, les rayons du soleil tapant sur ses épaules carrées.
 
— Tu en as discuté avec ton père ?
— Il ne m'écoute même pas, je n'ai pas d'autre choix que de reprendre l'entreprise familiale. D'après lui, je me débrouille très bien en tant que rédacteur en chef, mais pour moi ce n'est pas le cas.
 
— Et sinon avec Mia, comment ça se passe ?
 
Un rire nerveux s’échappe de mes lèvres en repensant à notre relation qui rime avec échec. D'ailleurs, je pense rompre avec elle dans les jours à venir.
 
— Plutôt bien, il n'y a rien de sérieux entre nous.
— Je me disais bien aussi, ajoute-t-il en émettant un petit rire.
— Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
 
Il croise les bras sur la table en prenant un air sérieux.
 
— Elle n'est pas faite pour toi. Cette fille est tellement superficielle, je croyais que c'était plutôt les filles naturelles qui t'intéressaient.
— Il faut croire que j'ai changé mes critères, je mens.
 
Brad ne me croit pas, il n'a pas tout à fait tort. J’ai toujours aimé les filles naturelles et drôles. J'ai une préférence pour les brunes aux longs cheveux.
 
— Comment va Eric ?
— Bien, normalement. Il rentre ce soir de son voyage en Afrique avec des collègues de travail, je réponds en buvant le reste de mon café.
— Moi, je pars ce soir en Californie pour quatre mois.
 
Je lève la tête vers lui en fronçant les sourcils.
 
— Tu ne m'en as jamais parlé.
 
Son regard se voile, laissant place à une douleur qui se lit sur son visage.
 
— J'ai appris hier que mon père est malade. J'ai envie de rester auprès de lui. La famille c'est très important pour moi.
 
Il a raison, notamment dans les grandes familles comme la sienne. Je suis vraiment attristé d’apprendre cette mauvaise nouvelle. J'ai rencontré Brad à l'université et avec lui, je peux parler de tout.
 
— J'espère que ce n'est pas quelque chose de grave.
 
Par l'expression que me renvoient les traits de son visage, je comprends que ça l’est.
 
— Il a un cancer des poumons, m’annonce-t-il la voix brisée.
— Je suis vraiment désolé pour toi. J'espère qu'il va s'en sortir.
— Je l'espère aussi, je préfère garder espoir.
 
Quand les portes de l'ascenseur s'ouvrent, Aria se précipite vers moi avec son carnet coincé sous son bras. Elle manque de tomber avec ses talons hauts, puis remonte rapidement ses lunettes posées sur son nez. Je ne peux m'empêcher de lever les yeux au ciel. Cette fille est vraiment maladroite depuis son premier jour ici, c'est toujours un mystère qu'elle ait été embauchée par mon père. Elle se place à mes côtés en prenant la parole.
 
— Les clients pour la réunion de dix heures sont en retard, ils ont eu un petit problème.
— De combien de temps ?
— Environ une heure, répond-elle en bégayant.
 
Je m'arrête en lâchant un soupir d'agacement.
 
— Annulez la réunion, sinon tous mes rendez-vous vont être décalés. Puis apportez-moi la maquette, j'ai besoin de vérifier quelques détails avant de l'envoyer à l'imprimerie.
— Tout de suite !
 
En entrant dans mon bureau, je me place derrière la table en m'installant sur mon fauteuil en cuir noir. J'attrape le dossier qu'Aria devait traiter concernant l'un de mes clients potentiels. En vérifiant le contenu, je remarque qu'il manque beaucoup de renseignements. Je le referme d'un coup sec, énervé. Je lui fais signe de venir à travers la vitre. Elle rentre nerveusement et referme la porte en se plaçant devant la table.
 
— Il y a un problème ?
 
Je pointe du doigt le dossier.
 
— Il manque beaucoup de données dans le dossier que vous m'avez remis. C'est inacceptable, je réponds sur un ton sec.
— Euh... je n'ai pas eu beaucoup de temps pour...
 
Je la coupe brusquement sans lui laisser le temps de finir sa phrase.
 
— Vous êtes renvoyée. Le dossier n'est pas correctement traité et vous avez fait une erreur sur mon emploi du temps pour les prochaines réunions.
 
Ses grands yeux verts s'écarquillent, elle baisse la tête et la révèle aussitôt. Complètement surprise, ses mains s'entremêlent maladroitement.
 
— Je suis désolée si j'ai commis une erreur. S'il vous plaît, Monsieur Lane, j'ai besoin de ce travail pour financer les études de mon petit frère et payer mon loyer.
— Ce n'est pas mon problème, la discussion s'arrête ici.
 
Elle reste stupéfaite par la décision que je viens de prendre. Comme si elle ne s'attendait pas à être virée aussi rapidement.
 
— Mais...
— Je crois avoir été clair. Vous ne me laissez pas vraiment le choix. Ne vous inquiétez pas, vous recevrez un chèque pour avoir travaillé quelques jours au sein de notre société.
 
Ses grands yeux verts deviennent humides, elle me tourne le dos et retourne à son bureau d'un pas nonchalant. À travers la vitre, elle me lance un regard noir en rangeant toutes ses affaires dans sa boîte de rangement. Sans oublier son atroce peluche, une licorne rose. Tant mieux, j'en avais marre de la croiser tous les matins. Elle remet en place ses lunettes posées sur son nez avant de tourner les talons.
Je range des papiers dans mon tiroir ainsi qu'une enveloppe. Quelques minutes plus tard, j'entends la porte de mon bureau s'ouvrir brusquement. En relevant la tête, je croise le regard sombre de mon père, les traits de son visage se durcissent.
 
— C'est la troisième assistante que tu vires, Jason ! J'ai essayé de la retenir dans les couloirs, elle avait les larmes aux yeux. Crois-tu vraiment qu'avec ton comportement, tu vas réussir à devenir PDG de cette société ? Et dire que je te faisais confiance !
 
Pourquoi elle pleure pour un truc aussi peu important ? Il y a plein de sociétés qui recherchent des assistantes après tout.
 
— Toutes les assistantes que tu me trouves sont incompétentes et incapables de faire leur boulot correctement. Comment veux-tu que je travaille dans ces conditions ? Ce n'est pas compliqué de suivre les instructions d'un classeur et gérer mon emploi du temps.
— Aria était très compétente. Tu pouvais lui laisser une deuxième chance, tu ne leur laisses pas le temps de faire leurs preuves.
 
Je ne l'écoute même plus, ce qu'il me dit m'agace.
 
— Demain, tu auras une nouvelle assistante, et je tiens à ce que tu sois aimable avec elle. Parce que son père est une connaissance de longue date.
 
Une connaissance de longue date ?
 
— Je la connais ? je demande curieux.
— Évidemment, c'est Alice Carter, tu te souviens ? Tu adorais jouer avec elle à Central Park quand tu étais petit, répond-il en ajustant correctement sa cravate.
 
Ce prénom ne me dit absolument rien. Comment veut-il que je me souvienne d'une fille que je n'ai pas revue depuis des années ?
 
— Elle ne me dit rien du tout.
 
Il pousse un long soupir d'agacement.
 
— Tu exagères, tu connais cette fille, elle est blonde aux yeux noisette.
 
Blonde aux yeux noisette, il croit vraiment qu'avec ces petits détails, je vais me souvenir de cette fille ? À croire que c'est la seule à avoir ce genre d'apparence.
 
— Je ne vois pas du tout qui c'est.
— À quoi pouvais-je m'attendre de toute façon, j'ai vraiment l'impression que tu le fais exprès parfois. Je compte sur toi. Et n'oublie pas de lui faire le tour du bâtiment dès son arrivée.
 
Sur cette phrase, il quitte la pièce. Énervé par cette conversation, je desserre légèrement ma cravate, ma gorge se serre davantage. Cependant, j'espère qu'elle sera à mon goût, je pourrais me rincer l'œil durant la journée. J'ai le droit de renvoyer qui je veux, c'est moi le patron de cette entreprise après mon père.
Curieux, je décide de regarder sur Facebook à quoi ressemble cette Alice Carter. Je tape son nom sur la barre de recherche et quand je tombe sur son profil, je clique immédiatement sur une de ses photos. Elle n'est pas mal, de longs cheveux bruns encadrent son visage au teint de porcelaine, ses yeux noisette brillent et son sourire est rayonnant. Elle est assise sur une chaise dans un bar avec une rouquine à ses côtés. Situation : célibataire ? Une aussi jolie fille ?
Je clique sur une autre photo prise dans un parc, elle se tient debout. Une main posée à plat sur un arbre, vêtue d'une robe d'été blanche brodée de fleurs de toutes les couleurs. Ses cheveux bouclés virevoltent dans le vent. Intéressant, je sens que demain, ma journée va bien commencer. Cependant, je ne vais pas être indulgent juste parce qu'elle est jolie.
 
*
 
Vers vingt heures, je pénètre dans le bar du centre-ville de Manhattan. Je m'avance vers le comptoir et commande les boissons. Les tables du fond sont vides, étant donné que de nombreuses places sont occupées soit par des couples soit par des groupes d'amis qui sont à moitié bourrés. Une jolie brune aux yeux bleus, habillée d'une robe noire en dentelle, me regarde avec insistance. Elle pose son verre vide sur le comptoir et vient vers moi gracieusement, ses escarpins rouges claquent au sol.
 
— Bonsoir, dit-elle avec un sourire.
— Bonsoir, voulez-vous boire un verre ? je demande avec un sourire en coin.
— Volontiers, et tutoyez-moi, je n'ai que vingt-quatre ans.
 
Elle me sourit une nouvelle fois et se penche légèrement sur le côté en replaçant l'anse de son sac hors de prix. C'est sûrement pour donner une vue sur sa poitrine, je fais signe au barman qui pose ma commande sur le comptoir.
 
— Tu ne vas pas me...

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