Qui trouve, garde
270 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Qui trouve, garde , livre ebook

-
traduit par

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
270 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description


Ayant besoin de changer d’air, Griffin Burke quitte Brisbane pour Coolum Beach afin de commencer un nouveau travail. Le sable blanc, l’océan turquoise, le ciel bleu et les brises d’été sont tout ce dont il rêve. Ce qu’il trouve cependant, c’est un chien couvert de boue, perdu et affamé, portant une médaille et un numéro de téléphone.


Dane Hughes est coincé à Surfers Paradise pour une conférence d’une semaine lorsqu’il reçoit un appel de sa mère désemparée. Son chien, son bébé à fourrure, Wicket, s’est enfui. Incapable de quitter la conférence et se sentant impuissant et misérable, il reçoit un texto d’un type. « Je crois que j’ai trouvé ton chien... »


Griffin et Dane commencent alors à discuter, et Griffin accepte de s’occuper de Wicket jusqu’à ce que Dane puisse le récupérer. Ayant quelques jours devant lui avant que son nouveau travail commence, Griffin emmène Wicket dans ses aventures sur la côte et envoie à Dane des photos de leur escapade. C’est ainsi que commence quelque chose de nouveau et d’assez merveilleux.


Griffin a peut-être déménagé à Coolum pour commencer une nouvelle vie, mais ce qu’il trouve est bien plus que cela. Et ce qu’il souhaite garder pourrait bien nécessiter l’aide d’une bête à quatre pattes.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 31
EAN13 9782382282434
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0034€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Qui trouve, garde !
Copyright de l’édition française © 2021 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2018 N.R. Walker
Titre original : Finders keepers
© 2018 N.R. Walker
Traduit de l’anglais par Lee Hanna
Relecture et correction par Valérie Cavailles, Tangerine, Miss Relect Addict
 
Conception graphique : © LJ Design
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-38228-243-4
Première édition française : novembre 2021
Première édition : février 2018
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
Qui trouve, garde !
 
 

 
 
N.R. Walker
 

 
Chapitre 1
 
GRIFFIN BURKE
 
 
Déménager de Brisbane à Coolum Beach n’était pas vraiment difficile. Coolum était sur la Sunshine Coast, ce qui voulait dire des plages tropicales, des brises chaudes et des surfeurs sexy à reluquer. Et tout cela pendant que je travaillais.
J’espérais que mes jours de congé seraient pareils.
J’avais rompu avec mon petit-ami Nick six mois auparavant. Ce fut une séparation à l’amiable ; nous avions toujours été meilleurs amis avant de plonger dans le monde des petits amis, et à un moment donné durant nos deux années ensemble, notre flamme s’était essoufflée pour ne devenir rien de plus qu’une chaleureuse lueur amicale. Et il était toujours mon ami, mais à présent, il y avait un vide là où notre relation avait été.
C’était une démangeaison que je ne pouvais pas faire disparaître.
Mais ce n’était pas seulement Nick. C’était tout. À vingt-quatre ans, notre cercle d’amis était concentré sur les carrières, et nos vies sociales se résumaient à une ou deux rencontres par mois. Nous étions tous surchargés de travail et sous-payés, trop fauchés ou fatigués pour sortir boire un verre tout en essayant d’économiser chaque centime avec peu, voire pas d’espoir de percer dans le marché immobilier.
Il y avait des blagues sur la génération Y et les toasts à l’avocat, mais je vous le dis. Cette merde est réelle.
Mon travail à la réception du Stamford Plaza à Brisbane payait bien, ne vous méprenez pas. Mais en ville, ce n’était pas assez pour avancer. J’aimais mon travail, et sous l’aile et l’œil vigilant de Ludo, ce fut un cours intensif sur l’excellence et les normes les plus élevées. C’était un Belge d’âge moyen avec une moustache à la Dalí et des yeux d’aigle qui, pour des raisons que je ne pouvais pas expliquer, s’était pris d’affection pour moi. Peut-être était-ce parce que j’étais le plus professionnel, peut-être avait-il vu quelque chose en moi. Peut-être que c’était parce que nous étions les deux seuls hommes gays à la réception. Quelle que fût la raison, j’étais reconnaissant.
Il m’avait bien enseigné. Si bien, en fait, que j’étais passé par-dessus mes collègues pour atterrir à la direction. Ludo avait dit que mon comportement et mon étiquette lui rappelaient ces films de l’ère victorienne, et que, tel un courtisan, je traitais tous les clients de l’hôtel comme s’ils étaient de la royauté. Pas d’une manière arrogante comme d’autres le faisaient, mais d’une manière authentique. Et c’était cette intégrité honnête, avait-il dit, qui me mènerait loin.
Et il avait raison. Cela me prit deux heures en direction du nord, vers le Coolum Beach Emporium, un hôtel cinq étoiles sur la Sunshine Coast. Mon nouveau travail était la prochaine étape pour moi, et c’était la recommandation professionnelle de Ludo qui avait scellé ma candidature. En vérité, s’il ne se débarrassait pas de moi, j’étais, selon toute vraisemblance, le prochain sur la liste pour son poste. Ainsi, lorsque j’avais postulé pour une promotion ailleurs, il avait fait ce que toute personne intéressée et soucieuse de préserver son emploi aurait fait. Il m’avait recommandé pour le poste, pas pour moi, mais pour lui. Je ne lui en voulais pas du tout.
Parce que j’avais vite compris d’où venait cette démangeaison.
J’avais les pieds qui me démangeaient.
Et je ne parle pas d’une vulgaire infection fongique des pieds. C’était une démangeaison métaphorique que seul un changement de mer pouvait soulager.
Je voulais plus. Je voulais une nouvelle vie. J’avais besoin d’un changement. J’avais besoin de passer à autre chose, de recommencer quelque part où le soleil n’était pas bloqué par les gratte-ciels et les embouteillages. Mes jours de clubbing et d’aventures d’un soir étaient bien derrière moi. Cela ne m’intéressait plus. Je voulais du café dans des cafés lents et conviviaux, des randonnées en montagne, des couchers de soleil sur la plage.
Alors quand le poste de réceptionniste de deuxième niveau à Coolum s’était présenté, j’avais sauté dessus.
J’avais emballé mon petit appartement dans un camion de déménagement, chargé ma voiture et j’étais parti vers le nord. J’avais trouvé un appartement d’une chambre à Coolum, au-dessus de la maison d’une vieille dame. Apparemment, c’était autrefois une grande maison, construite avec un appartement indépendant au deuxième étage pour les parents de la propriétaire. Il y avait un espace de vie ouvert, une petite cuisine et une salle de bain, et ma propre buanderie. Il y avait même un balcon qui donnait sur l’arrière-pays. À un moment donné, il avait été fermé au reste de la maison, probablement lorsque les nouveaux propriétaires avaient réalisé que l’étage pouvait être loué pour aider à payer leur prêt immobilier. Mais il y avait une cour, un garage fermé, les arbres les plus verts que j’aie jamais vus et qui cachaient tous les voisins, et c’était vraiment mieux que de vivre dans un complexe d’appartements.
Le loyer était assez bon marché, étant donné les termes de mon contrat de location : pour un loyer hebdomadaire réduit, tout ce que j’avais à faire était d’aider la vieille dame d’en bas en tondant sa pelouse une fois par semaine. En quoi cela pouvait-il être difficile ? Je tondais bien la pelouse de mes parents chaque semaine depuis que j’étais enfant. La tondeuse à gazon était fournie. J’avais vu le jardin sur mon inspection de location quand j’avais signé le bail. Cela me prendrait 30 minutes, maximum.
Facile comme bonjour.
J’emménageai donc dans mon nouvel appartement et je déballai tout le premier jour. Je rencontrai ma propriétaire du rez-de-chaussée pour la première fois alors que les deux déménageurs massifs transportaient mon lit dans l’escalier. J’étais en bas des marches et je les regardais, sans vraiment les reluquer, quand une petite femme d’un mètre cinquante se mit à côté de moi.
Elle ne dit rien pendant un moment, se contentant de regarder les hommes qui s’efforçaient de monter la tête de lit en bois. Toujours sans me regarder, elle marmonna :
— Joli cul.
Je faillis m’étouffer avec ma gorgée d’eau.
— Euh…
— Ne me dis pas que tu ne regardais pas. Je suis peut-être un peu dure d’oreille, mais je ne suis pas aveugle.
D’accord.
Je tendis la main.
— Je m’appelle Griffin Burke.
Elle me serra la main, et sa prise ferme me surprit. Elle avait l’air frêle de premier abord, mais ensuite je remarquai ses tatouages. Tout son bras droit était maintenant une masse tachetée et ridée d’encre bleue et colorée sur une peau tannée par le soleil. Comme elle avait l’air d’avoir soixante-dix ans, elle avait dû se faire faire une manche complète il y a quarante ou cinquante ans.
Seigneur.
— Bernice Warren.
Elle portait un débardeur sans manches et une jupe fluide. À y regarder de plus près, elle ressemblait à une hippie que la paix, l’amour et le temps avaient oubliée. Son visage avait vu trop de soleil, il était ridé et tanné, mais j’imaginais qu’elle avait été d’une beauté éblouissante. Ses yeux bleus avaient encore une étincelle, ses longs cheveux, autrefois blonds, étaient maintenant gris cendré.
— Viens avec moi, dit-elle en tournant les talons et en se dirigeant vers la porte roulante.
Quand elle se retourna, je remarquai son bras gauche. De vieux tatouages bleus tachetés allaient jusqu’à son coude, ainsi que deux cicatrices qui ressemblaient à des éclairs. Elles avaient l’air chirurgicales et je pensai d’abord à une reconstruction de l’épaule, mais je remarquai ensuite qu’une cicatrice passait sous sa chemise et remontait dans son cou. Elle tourna le loquet de la porte roulante et, à l’aide de son seul bras droit, souleva la porte pour examiner un espace de stockage. À l’intérieur, il y avait une tondeuse à gazon, une brouette, et quelques outils de jardinage.
Ah, c’était vrai. J’étais le résident tondeur de gazon.
— Je le ferais bien moi-même, dit-elle. Mais mon vieux bras ne fonctionne plus comme avant.
Elle leva son bras gauche de manière rigide. Il ne pendait pas inutilement, mais le mouvement était clairement limité.
— C’est bon, dis-je. Ça ne me dérange pas du tout de tondre les pelouses. Mais mes week-ends seront le lundi et le mardi, pas le samedi et le dimanche. Si c’est d’accord ?
— C’est d’accord. Je me fiche pas mal de savoir quel jour tu le fais.
Elle hocha la tête pour elle-même.
— La dernière locataire était une gentille fille. Elle avait de bonnes intentions au départ, et elle allait faire toutes sortes de choses pour m’aider, mais ça n’a pas duré longtemps.
Bernice leva les yeux vers moi et me fixa pendant une bonne et longue minute.
— Tu n’es pas du genre à aller à l’église, n’est-ce pas ?
— Euh…
— Ça ne me dérange pas, je n’ai simplement pas envie de t’offrir un de mes brownies spéciaux et que tu te défoules complètement sur moi, que tu commences à me marmonner des conneries bibliques chaque fois que tu me vois.
Je luttai contre un sourire, mais je perdis, et j’essayai de ne pas rire, mais je ne pus m’en empêcher non plus.
— Pas biblique. Pas dans ce sens, en tout cas. À moins que vous considériez que le fait que j’ai fixé le cul de ce type tout à l’heure soit une religion. Quant aux brownies spéciaux, ça fait un moment que je n’en ai pas mangé. Pas depuis l’université, en tout cas.
Bernice sourit et hocha lentement la tête.
— Donc tu sais ce que je veux dire quand je dis brownie spécial. Pas comme la dernière pauvre fille qui pensait que c’était la recette spéciale de ma grand-mère ou une connerie du genre.
Elle secoua lentement la tête.
— Je ne sais pas à quoi elle pensait. Est-ce que je ressemble à Betty Crocker ?
Je m’esclaffai et j’étais maintenant presque certain de savoir pourquoi la réceptionniste de l’agence immobilière m’avait fait un clin d’œil d’excuse quand elle m’avait tendu les clés et offert un faible « Bonne chance ».
— Non. Mais je pense que vous et moi, on va bien s’entendre.
— Bien, bien.
Bernice ferma la porte roulante et me donna les détails sur les jours de collecte des ordures, quel voisin était gentil, et lequel était un connard. Elle n’avait aucun problème avec la musique, tant que ça ne me dérangeait pas non plus. Elle se moquait des animaux de compagnie, tant que je nettoyais après eux, et tant que je ne cuisinais pas de méthamphétamine ou avec trop d’ail, on s’entendrait bien.
Elle me plut immédiatement.
Je lui racontai que j’avais déménagé de Brisbane et que j’avais une semaine avant de commencer mon nouveau travail. J’expliquai que je voulais d’abord apprendre à connaître la région et trouver les meilleurs endroits le long de la plage pour nager et faire de la randonnée, et elle me fit un topo.
— Je suis ici depuis quarante ans.
Elle me dit où les gens du coin nageaient, où ils évitaient. Elle me dit quel supermarché était le meilleur, quel café avait le meilleur café et les baristas les plus mignons, et quels bars il fallait éviter pendant la haute saison touristique.
Il ne me faudrait pas une semaine pour le découvrir par moi-même. Je venais d’avoir le vrai scoop local en cinq minutes.
Je passai quand même les jours suivants à vérifier cela. Je voulais me familiariser avec tout. Pas seulement pour moi, mais aussi pour tous les clients de l’hôtel qui posaient des questions de touristes. Je me retrouvai à l’office du tourisme, posant une douzaine de questions et prenant deux douzaines de brochures. Je parcourus toute la Sunshine Coast en voiture, visitant chaque ville, marchant dans les rues et me faisant une idée de la vie côtière.
Le code vestimentaire standard de Coolum semblait être les shorts de surf, les débardeurs et les tongs. C’était une ville côtière en mode vacances non-stop. Les enfants se déplaçaient à vélo ou en skateboard en tenant des planches de surf, leur peau était bronzée et leurs cheveux décolorés par le temps passé dehors. Même les professionnels, comme les agents immobiliers et les chefs d’entreprise, semblaient faire les choses au rythme des vacances. Les étés étaient plus humides qu’à Brisbane, mais la brise côtière les rendait supportables. Des palmiers et des fougères poussaient dans chaque espace disponible et, pour la première fois depuis longtemps, j’avais l’impression de pouvoir respirer.
C’était exactement ce dont j’avais besoin.
Trois jours avant de commencer mon nouveau travail, je conduisis jusqu’au Coolum National Park et me garai sur une place. Je pris ma casquette et mon sac à dos, je vérifiai que j’avais deux bouteilles d’eau et m’aspergeai de répulsif contre les insectes, je fermai ma voiture à clé puis je partis sur le sentier de randonnée.
Il n’y avait rien de tel que de marcher dans une forêt tropicale. Rien que les sons étaient incroyables : les cigales et les oiseaux rivalisaient dans une sorte de symphonie. Et l’odeur du sel et de la terre humide était vivifiante.
D’après les brochures et Internet, la randonnée commençait assez facilement, mais au fur et à mesure que la marche commençait à gravir le mont Coolum, elle devenait assez intense. Et ils n’avaient pas tort. La piste était inégale et raide, l’effort brûlant dans mes jambes et mes poumons. Je croisai des gens qui redescendaient au fur et à mesure que je montais, tout souriant ou avec un « salut » ou un « bonjour », et après un kilomètre environ, j’atteignis le sommet.
La vue était spectaculaire.
J’avais une vue à 360° sur la côte et l’arrière-pays à des kilomètres à la ronde. Je pris un tas de photos et de selfies, puis je les envoyai à mes parents et à mes amis à Brissy, et j’en envoyai même un à ma sœur. Et avant que ma chemise trempée de sueur puisse sécher sous un soleil de plomb, je redescendis. J’arrivai au parking, haletant et souriant, et je m’assis sur la table de pique-nique en bois à l’ombre, non loin de ma voiture, pour reprendre mon souffle et laisser mes jambes récupérer.
Un petit chien marron vint vers moi et s’assit en face de moi. Il était mignon et avait une expression heureuse. Sa langue rose sortait de sa gueule et il resta assis là à me fixer. Je fis le tour du parking du regard, mais personne ne semblait y prêter attention.
— Salut toi, lui dis-je.
J’étais certain qu’il souriait.
— Où sont tes parents ? demandai-je, puis je réalisai que je parlais à un chien comme si c’était un enfant perdu.
Il resta assis là, souriant, la langue pendante.
Je bus une longue gorgée de ma dernière bouteille d’eau, et le chien s’approcha un peu plus et se lécha les babines.
— Tu as soif ? demandai-je.
Je regardai à nouveau le parking et me dis que personne ne serait fâché si je donnais de l’eau à son chien. Je plaçai donc une main devant son museau, j’y versai ce qui restait de mon eau, et le chien la lapa avidement jusqu’à ce que la bouteille soit vide.
Le pauvre petit gars avait soif.
Je regardai à nouveau autour de moi, cette fois-ci inquiet. Il faisait chaud. C’était l’été. Il n’aurait pas dû être laissé sans eau. Peut-être que quelqu’un ne m’en voudrait pas de donner de l’eau à son chien, mais je pourrais en vouloir à son propriétaire d’avoir négligé de faire de même.
Mais il n’y avait personne.
— Où sont ta maman ou ton papa ? lui demandai-je à nouveau, en tapotant le haut de sa tête.
Il se contenta de me sourire.
— Tu es une jolie petite chose, n’est-ce pas ?
Son sourire s’élargit.
J’avais envie d’aller à la plage pour laisser mes muscles s’imprégner un peu d’eau salée, alors je pris mon sac et je me dirigeai vers ma voiture. Le chien me suivit. Encore une fois, je regardai autour de moi pour voir si quelqu’un regardait. Je ne vis personne, mais il y avait des voitures et peut-être que ses propriétaires étaient en randonnée. Peut-être qu’ils allaient revenir d’une minute à l’autre.
Convaincu que c’était le cas, je dis au revoir à mon nouvel ami à quatre pattes et montai dans ma voiture. Je mis la climatisation à fond et fis marche arrière, et quand je relevai les yeux, je vis qu’il s’était assis, me regardant avec une expression triste alors que je partais.
Je fronçai les sourcils pendant tout le trajet jusqu’à la plage. Mais dès que ces vagues couleur turquoise apparurent, j’oubliai le chien et avançai dans l’océan. Je nageai un peu et l’eau fraîche apaisa mon corps et vida mon esprit. L’eau salée avait vraiment quelque chose de médicinal.
Je me séchai et rentrai chez moi, affamé, et je ne pensai plus au chien jusqu’au lendemain où j’espérais refaire la randonnée. Il avait plu pendant la nuit et le chemin vers le sommet du mont Coolum était fermé. Le panneau indiquait qu’il était impraticable par temps de pluie , et je me souvins avoir lu sur Internet qu’après une pluie, le sentier était fermé. J’étais assis dans ma voiture, me demandant si je devais trouver un autre sentier de randonnée ou aller directement à la plage, quand je le vis.
Le petit chien marron était maintenant beaucoup plus brun, hirsute et mouillé. Il était assis près de la table de pique-nique où je lui avais donné de l’eau la veille, et me regardait.
J’ouvris la portière et je sortis. Je ne savais pas vraiment ce que j’allais faire de lui, mais je n’allais certainement pas le laisser ici. Il avait clairement passé la nuit sous la pluie, seul, sans nourriture, et probablement effrayé. Je crus qu’il allait s’enfuir, alors je m’accroupis près de la portière ouverte de ma voiture et je tapotai mon genou.
— Ici, mon garçon, dis-je, en essayant de ne pas avoir l’air menaçant.
Il se mit bien à courir, mais pas pour s’éloigner. Il courut droit vers moi, contourna mes jambes et sauta dans ma voiture.
— Hé, dis-je, en me levant.
Il ne s’assit pas sur le siège du conducteur. Il s’était perché sur le siège passager, assis comme s’il attendait que je le dépose.
— Tu es bien là ?
Sa langue rose dépassait de son museau sale. De toute évidence, il n’était pas dangereux, et il n’avait pas l’air de vouloir bouger. Je m’assis sur mon siège, fermai la porte et regardai mon nouveau passager.
— Tu ressembles à un Ewok.
J’étais certain qu’il souriait
Et puis je remarquai que son collier avait une plaque avec son nom. Je tendis lentement la main afin d’évaluer sa réaction, mais il lécha mon doigt, alors je supposai que tout allait bien. Je soulevai la plaque et je dus enlever la boue pour pouvoir la lire.
Wicket.
Son nom était Wicket.
Cela me prit une seconde, mais je compris. Wicket était en effet un Ewok de Star Wars . La première petite chose mignonne qui rencontrait la Princesse Leia.
— Eh bien, Wicket, je parie que tu manques à quelqu’un.
Il me sourit davantage.
Je retournai la plaque et découvris un numéro de téléphone portable. Merci Seigneur . Je sortis mon téléphone et appelai.
 

 
Chapitre 2
 
DANE HUGUES
 
 
Normalement, j’aurais été ravi de passer une semaine à Surfers Paradise, surtout s’il s’agissait d’un stage de travail tous frais payés. Bien sûr, les journées étaient plutôt ennuyeuses avec des heures de réunions, de groupes de réflexion, de jeux de rôle et de tout autre cours basé sur l’initiative que la plus grande société de télécommunications d’Australie pensait que son personnel devait endurer. Mais les soirées se résumaient généralement à des dîners et des boissons, et il était bon de passer du temps avec d’autres directeurs de magasin de tout le Queensland. Je ne voyais ces gens que quelques fois par an et j’aimais rattraper le temps perdu avec eux.
Ce voyage avait bien commencé, mais après un appel téléphonique de ma mère en détresse, tout ce que je voulais, c’était rentrer chez moi.
J’avais laissé mon chien chez mes parents pendant mon absence, et deux jours auparavant, j’avais reçu un appel de ma mère en larmes.
Wicket avait disparu.
— J’ai seulement laissé la porte déverrouillée une seconde pendant que j’allais à la boîte aux lettres, avait-elle pleuré.
Je lui avais dit des milliers de fois – elle le savait parce qu’elle était chez moi – que Wicket pouvait se lever d’un bond, toucher la poignée de n’importe quelle porte-moustiquaire, attendre qu’elle s’ouvre, puis partir comme le vent.
Et il était parti.
Maman et papa vivaient à Caloundra, à vingt kilomètres de là où je vivais à Maroochydore. J’avais déposé Wicket chez eux en allant sur la Gold Coast, avec sa nourriture, son lit, sa laisse et ses jouets préférés. Papa venait de se faire opérer du genou et ne pouvait donc pas conduire, et maman n’avait pas de permis. Mais maman avait appelé tous les vétérinaires de la ville et la fourrière municipale toutes les quelques heures. Elle avait parcouru toute la banlieue en appelant son nom. Caloundra n’était pas exactement une énorme ville, mais elle était assez grande, et Wicket n’était pas du tout familier avec elle. Et pour un petit chien, cela aurait aussi bien pu être un labyrinthe sans fin d’une odeur distrayante après l’autre.
Je ne pouvais pas quitter le stage. C’était une formation obligatoire, et rien de moins qu’une urgence familiale n’était une raison plausible pour partir. Croyez-moi, j’avais demandé.
Prendre des appels téléphoniques au milieu du cours n’était pas acceptable non plus. Les orateurs invités ne se sentaient pas vraiment appréciés lorsque les téléphones portables sonnaient, interrompant leurs discours bien répétés. Il était respectueux de mettre les téléphones en mode silencieux. Je pouvais comprendre cela.
Mais j’avais besoin qu’on me tienne au courant. Et quand mon téléphone vibra dans ma poche, je mourais d’envie de vérifier. Il n’y avait aucun moyen de le faire. Puis, au cours de l’heure suivante, il vibra encore et encore. Lorsque nous avons été excusés pour le déjeuner, j’avais déjà sorti mon téléphone et je me dirigeai vers la porte avant même que quelqu’un se soit levé. J’avais deux appels manqués, deux messages vocaux, et quatre textos, tous d’un numéro inconnu. Et un message de ma mère. Je lus le sien en premier.
Toujours pas de chance
Je fronçai les sourcils, et avec un lourd soupir, je lus les autres SMS. L’un était de Li, mon bras droit au travail. Je l’avais laissée en charge et je n’avais aucun doute sur sa capacité à gérer une boutique sans problème. Son message était juste pour me faire savoir que tout allait bien, mais que je pouvais l’appeler rapidement quand je le pourrais. Le message suivant était de mon frère.
Maman m’a dit pour Wicket. Papa est furieux de ne pas pouvoir parcourir les rues à sa recherche aussi. Fais-moi savoir ce que tu veux que je fasse.
Un sentiment de désespoir me serra le cœur. J’étais touché que mon jeune frère veuille aider, mais il était à l’université de Brisbane. Que pouvait-il faire de là-bas ? Et j’aimais que toute ma famille soit si concernée, mais j’avais le cœur brisé d’être à des centaines de kilomètres de là à ne rien faire alors que Wicket était perdu.
J’essayai de ne pas penser à ce qu’il traversait. S’il était blessé, affamé, effrayé. Avait-il été renversé par une voiture ? J’avais entendu des histoires horribles de chiens volés pour des combats de chiens. Oh, mon Dieu, Wicket n’aurait aucune chance…
S’il vous plaît, mon Dieu, non.
Je vérifiais le dernier message.
Salut. J’ai laissé quelques messages vocaux… Je pense que j’ai trouvé votre chien.
Je clignai des yeux et relus le texto.
Ils avaient laissé un message. Je farfouillai pour trouver le message vocal et je fis les cent pas jusqu’à ce que le message enregistré commence. Puis je m’arrêtai sur place.
— Hum, salut. Bonjour. Mon nom est Griffin. Hum, pourriez-vous me rappeler ? Merci.
Le message se termina brusquement, ce qui était étrange. C’était la voix d’un homme et il n’avait jamais mentionné un chien. Pourtant son message le faisait…
Puis un autre.
— Oh, hum, encore moi. Euh, Griffin. J’ai oublié, si vous pouviez me rappeler à ce numéro. C’est à propos d’un chien.
J’appuyai sur recomposer, et celui qui répondit le fit en riant.
— Allô ?
C’était la même voix que sur le répondeur.
— Oui, Griffin, c’est ça ? Je vous rappelle à propos du chien.
Il ne riait plus maintenant.
— Oui, j’ai trouvé un chien. Pouvez-vous me parler de lui ?
Qu’est-ce que… ?
— Quoi ? Si vous l’avez trouvé, alors vous savez à quoi il ressemble.
— Oui, mais vous, vous le savez ?
OK, c’était officiellement bizarre, et après avoir été si inquiet, ce type me donnait des réponses cryptées ? Presque comme s’il était…
— Oh mon Dieu. Vous voulez une rançon ?
— Quoi ? Non ! J’ai simplement besoin de m’assurer que vous êtes son… je veux dire, le véritable propriétaire de ce chien avant que je vous laisse le prendre et l’utiliser comme appât pour des combats de chiens.
Je plissai les yeux...

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents