Rendez-vous à Piper s Point
390 pages
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Description

Cassidy Winters est de retour à la maison, bien que ses plans pour une cérémonie calme en bord de mer afin de dire un dernier adieu à sa grand-mère, Sadie Hart, tombent à l’eau alors que son passé revient sous la forme d’ex-amants, anciens et nouveaux. Des accusations sont lancées alors que les discussions et les libidos s’échauffent, et bien qu’il y soit manifestement disposé, Cassidy n’est pas certain d’être prêt ou capable de trouver l’amour et de vivre à... Piper’s Point.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 14
EAN13 9782376761006
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0041€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
http://juno-publishing.com/
 
 
Rendez-vous à Piper’s Point
Copyright de l’édition française © 2017 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2013 Ethan Day
Titre original : At Piper’s Point
© 2013 Ethan Day
Traduit de l’anglais par Trad Pitt
Relecture française par Valérie Dubar & Jade Baiser
 
Conception graphique : Ethan day
Tout droit réservé. Aucune partie de cet ebook ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-100-6
Première édition française : avril 2017
Première édition : juillet 2013
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Épilogue
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
Cet ebook contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
Rendez-vous à Piper’s Point

Ethan Day

 
Chapitre 1
 
 
 
 
En regardant à travers le pare-brise, Cassidy se rendit compte qu’il était garé devant la maison de Sadie. Il resta planté là comme s’il était tombé en transe après avoir fait cinq heures de route, incapable de se rappeler quand il avait quitté la route principale pour s’engager dans l’allée privée.
Il observa la maison, mélange d’architecture néoclassique et de colonial, son cœur se serra quand il aperçut la peinture vert olive.
La maison de Piper’s Point, qui avait été construite en 1901 par le père de Sadie, était un cube de deux étages et demi. Elle avait toujours été blanche, brillante comme un phare sous les rayons du soleil. Il ne pouvait même pas dire qu’il n’aimait pas la couleur. Mais la maison ne ressemblait plus à celle de ses souvenirs ; et ses souvenirs étaient ce à quoi il s’était rattaché pendant longtemps. Il ressentit une petite piqûre au ventre, et il se demanda pendant un moment si quelqu’un n’avait pas eu l’intention de lui montrer combien le temps était passé, combien la vie avait continué sans lui.
La plupart, si ce n’est tous les plus beaux souvenirs de Cassidy qui l’avaient accompagné, se déroulaient durant ces étés qu’il avait passés ici dans cette maison avec sa grand-mère. Depuis que le juge avait déclaré que le testament de Sadie était valide, sa maison l’avait attirée tel un aimant pendant tout le trajet depuis Chapel Hill. Il avait attendu la fin du semestre pour faire le voyage, car il avait manqué suffisamment le travail durant la dernière année à cause de problèmes judiciaires.
Cassidy examina l’extérieur, la grille et les colonnes carrées et effilées qui encadraient le porche et supportaient le balcon découvert du deuxième étage. Il ne manquait que les grandes fougères que Sadie suspendait toujours sous le porche. Il s’était attendu à trouver l’endroit en pire état. Il ouvrit la portière et écouta le crissement familier de l’allée de graviers sous ses pieds alors qu’il descendait de la voiture.
Alors que les encadrements en bois et les volets étaient fraîchement peints, les boiseries autour des fenêtres, les poteaux et les poutres étaient décapées depuis peu, attendant une couche fraîche de peinture. Une grande lucarne faisait saillie sur le toit en clochette qui recouvrait le grenier.
Quand il était petit, il croyait que les fenêtres étaient des yeux. Il lui semblait auparavant que cette maison était vivante, mais maintenant elle ressemblait à une tout autre maison, à une étrangère.
Il pensa à Sadie un moment, et se souvint qu’il devait se rendre dans le grenier pour voir, plutôt, s’il était capable de retourner dans la société historique de l’île. Il sourit en réalisant qu’il espérait vraiment pouvoir être capable d’obtenir à nouveau les bonnes grâces de certains des anciens de l’île de cette manière. C’était très pessimiste de sa part, une qualité à laquelle il s’était raccroché comme un jeune enfant serre fort sa tétine.
— Marianne avait dû prendre quelqu’un pour travailler l’extérieur, dit Cassidy en remarquant que les arbustes qui entouraient la base de chaque façade étaient taillés et que le trottoir avait été balayé.
Il secoua la tête, se demandant pourquoi il restait là à parler tout seul.
Il pouvait sentir l’herbe fraîchement coupée, et soudain il se rendit compte que, s’il était arrivé plus tôt, sa brillante idée de s’arrêter à Corolla pour acheter des fournitures et des courses de manière à pouvoir se cacher jusqu’à l’arrivée de ses amis à la fin de la semaine aurait été vaine. Il jeta un dernier regard à la maison et remonta dans sa voiture.
La seule personne à qui il avait parlé depuis la décision de justice était Marianne Abbott. Elle était presque le seul agent immobilier et gestionnaire de biens de l’île ; c’était donc à elle qu’il s’était adressé pour remettre la maison en état. Et, définitivement, il lui toucherait un mot au sujet de la couleur de la peinture. Il avait même presque envie de lui demander de repeindre cette horreur.
Il ferma la portière et roula jusqu’à l’arrière de la maison qui n’était visible que de la plage. Il gara la voiture dans le garage indépendant de la maison pour être sûr de ne pas se faire repérer par quiconque, et pour ne pas être vu durant les cinq prochains jours. Il déchargea ensuite les sacs et les provisions de la voiture et les mit sous le porche cloisonné à côté de la porte. Lorsqu’il eut terminé, il se tint là, debout, la clé dans la main, incapable de se résoudre à ouvrir. Comme s’il avait fait un retour dans le temps, Cassidy était à nouveau comme un adolescent dégoulinant sortant de l’océan avec les pieds pleins de sable et sur le point d’entrer pour savourer un grand verre de thé léger fraîchement infusé fait par Natalie.
Natalie avait toujours été une seconde mère pour lui, mais aussi la meilleure amie de Sadie et sa gouvernante. Il disait cela dans cet ordre-là, car, pour l’ordre d’importance de Sadie, elle était surtout son amie.
Cassidy respira profondément et fit de son mieux pour chasser la brûlure dans ses yeux. Il espérait désespérément pouvoir encore une fois passer la porte, entendre le rire de Sadie lorsque Natalie criait : « Eh, les garçons, enlever vos pattes pleines de sable de mon sol tout propre ! ».
Que ne donnerait-il pas pour trouver Sadie de l’autre côté de la porte, avec ses cheveux teintés roux foncé négligemment attachés, et dont quelques mèches descendaient sur son épaule nue alors qu’un des caftans qu’elle aimait porter aurait glissé pour la dénuder, tenant délicatement une cigarette entre ses doigts d’une main et un verre de vin de l’autre.
Cassidy s’appuya le dos à la porte pour garder son équilibre, il était en train de perdre la bataille, une larme coulant sur sa joue. Il sourit en repensant à son rire léger et doux, à la joie qu’il apportait à ceux qui l’entendaient, et cela lui donna l’élan nécessaire pour continuer.
Il essuya sa joue sur son épaule en mettant la clé dans la serrure. Il sentit les crans saisir légèrement la clé quand il l’enfonça. Il prit une profonde inspiration, déverrouilla la porte et l’ouvrit. Des mois durant, il avait espéré pouvoir laisser reposer le dernier de ses fantômes à son arrivée, mais il ne pouvait pas s’ôter de l’esprit qu’il risquait de réveiller ceux dont il pensait s’être débarrassé.
Son esprit fut inondé par les souvenirs quand il respira l’odeur légère et familière de jasmin du parfum préféré de Sadie, l’odeur de renfermé dégagée par les vieilles boiseries, l’odeur du produit de nettoyage aux senteurs de pin. Le tout, mélangé à l’air marin salé, lui disait qu’il était de retour. Pour le meilleur ou pour le pire.
Cassidy était de retour à Piper’s Point.
 
 
Lorsque Cassidy eut terminé de déballer les courses, ses vêtements et ses affaires de toilette, il parcourut la maison, ouvrant toutes les fenêtres qui ne donnaient pas sur la rue. Il avait remarqué qu’il y avait de l’eau répandue au fond du large évier en porcelaine et il se demanda si Natalie était venue à la maison. Il n’était pas certain que Marianne l’ait informée qu’il arriverait ce mois-ci, ou que Natalie eût gardé une clé et c’était occupé de la maison durant toutes ces années, ce qui était plus que probable si l’on considérait que Natalie ne permettrait à aucun vieux juge de la faire fuir.
Cassidy avait été dévasté lorsque le juge avait ordonné que la propriété reste inhabitée tant que les questions légales n’avaient pas été réglées. Cela avait été un nouveau coup dur pour lui, car Natalie avait vécu dans cette maison pendant plus d’années que lui. Il pensait que c’était mal de l’obliger à partir. Bien sûr, personne n’aurait pu prédire que régler le testament prendrait autant de temps, et cela n’aurait pas dû durer autant.
Cassidy reconnaissait que les avocats de son père avaient fait traîner les choses pendant de nombreuses années. Il les soupçonnait de l’avoir fait attendre, pensant qu’il serait à court d’argent ou qu’il se lasserait de combattre Lionel, et qu’il laisserait juste tomber. Lionel n’avait pas une haute opinion de Cassidy, c’était une évidence. Heureusement, c’était réciproque donc c’était la seule chose qui ne l’empêchait pas de dormir.
Sa mère ne partageait pas l’opinion de son mari quant à leur fils, mais elle n’avait jamais été une alliée non plus. Lillian Winters semblait constamment mécontente de son fils unique pour n’importe quelle raison que ce soit, comme si tout était de sa faute, car il ne jouait pas le jeu. Il était évident qu’elle ne l’avait jamais couvert, comme si ce qui était bien pour la famille devait être suffisamment bien pour Cassidy. Il devait juste avaler la merde que Lionel lui donnait à manger et sourire comme un petit homme obéissant.
La seule pièce qu’il avait évitée au fil de la journée était la chambre de Sadie. Mais quand il eut enfin terminé les tâches ménagères et quand il ne put plus temporiser plus longtemps, il monta les escaliers pour la centième fois de l’après-midi et il s’arrêta cette fois devant la porte close de sa chambre.
Il enroula ses doigts autour de la poignée ornée de cuivre ciré et ouvrit lentement la porte. Les rayons du soleil pénétraient dans la chambre au travers des deux grandes fenêtres et de l’unique porte-fenêtre qui donnait sur le balcon du deuxième étage et sur le devant de la propriété. Cela semblait trompeusement réjouissant à l’œil nu, mais Cassidy ressentait l’absence de Sadie avec intensité, comme si quelqu’un avait vidé la pièce de son oxygène.
Le papier peint jaune et fleuri, troublant de gaieté, avait légèrement foncé à cause de son exposition au flot de lumière naturelle depuis de nombreuses années.
Les meubles décorés, et particulièrement la coiffeuse, semblaient incroyablement seuls, posés là comme s’ils attendaient le retour de leur maîtresse.
Il laissa son regard errer à travers la pièce ; de la poussière flottait dans la lumière. Il imaginait que tout était resté à la même place depuis la dernière fois que Sadie avait flotté ici. Cassidy expira, réalisant qu’il avait retenu son souffle, et il se sentit soudain tel Howard Carter ouvrant le tombeau de Toutânkhamon pour la première fois.
Il se sentit gêné en se rappelant la coiffeuse et il réalisa que Sadie n’aurait pas apprécié la comparaison avec la momie. Désolé, beauté .
Sa robe de chambre vintage en velours noir reposait sur une chaise tapissée dans un coin à côté de la porte de la penderie. Les objets sur sa coiffeuse étaient sagement posés. Le peigne et la brosse en argent massif attendaient comme si elle pouvait entrer dans la pièce à tout moment, fredonnant une chanson dont elle ne se rappelait pas les paroles, mais dont la mélodie lui restait en tête.
L’odeur du jasmin était un peu plus forte dans cette pièce. Il ferma les yeux un instant en s’imaginant qu’il pouvait entendre son fou rire alors que les milliers de bracelets en or qu’elle adorait porter à ses poignets tintaient, un son qui alertait quiconque, qu’elle s’approchait.
Il sourit un peu en repensant à ces bracelets et au bruit qu’ils faisaient. Il avait aimé ce bruit dans son enfance puis, il l’avait méprisé au début de son adolescence, car cet excès le gênait, et il lui avait enfin été reconnaissant à ses dix-sept ans lorsqu’il donnait l’alerte quand lui et Nate étaient dans sa chambre en se roulant des pelles et de se masturbant l’un l’autre.
Cassidy n’avait pas eu le courage de demander à Marianne au sujet de Nate. Nate n’était pas seulement un rêve vivant et excitant, tel un jeune Robert Redford, mais comme c’était le fils de Natalie, il avait pratiquement été comme un grand-frère pour Cassidy quand ils étaient petits.
Avec ses cheveux blonds lâchés qui flottaient dans la brise, sa peau bronzée, son torse large et ses hanches étroites, Nate avait conduit Cassidy aux portes de la folie. Il avait passé des heures hypnotisé par la façon dont les coins de ses yeux bleu clair se plissaient quand il souriait.
Cassidy se dirigea vers le lit, s’assit dessus et laissa le bout de ses doigts courir sur les petits boutons de fil qui créaient un motif en trois dimensions sur son couvre-lit. Nate était probablement en enfer et il avait désormais quitté l’île de Hart.
Il s’allongea sur le lit et roula de côté enfonçant son visage dans le matelas et respirant le parfum.
— Putain que tu me manques Sadie.
Il remonta ses jambes et les enroula de ses bras en position fœtale. Personne ne l’aimerait jamais autant qu’elle l’avait fait, il se sentait vide et seul comme un orphelin.
Cassidy roula sur son dos et fixa le plafond, les yeux grands ouverts, assimilant qu’il était vraiment seul.
Il se remémora la joie qu’il ressentait à être ici avec Sadie et l’effroi qui le gagnait chaque année quand la fin de l’été arrivait signifiant qu’il devait retourner chez ses parents.
Il pouvait presque entendre la musique comme si elle s’étirait pour traverser les couloirs du temps, le ramenant vers le passé lorsqu’il était enfant.
 
 
— Tant que je serai là, tu ne seras jamais vraiment seul, mon petit, disait Sadie en passant ses doigts dans ses cheveux pour les ébouriffer.
Cassidy retomba sur le lit. Le tourne-disque fonctionnait et Doris Day chantait à pleins poumons Again accompagnée par un grand orchestre. Il se sentait malheureux, car l’été était bientôt fini.
— Pourquoi est-ce que je ne peux pas simplement rester avec toi Grand-mère ?
— Parce que ton père ne le permettrait jamais, Cass.
Sadie se retourna vers le miroir et s’examina attentivement.
— Et ne m’appelle pas Grand-mère.
— Désolé.
Cassidy avait le cafard alors qu’il la regardait ramasser de grandes poignées de cheveux avant de les coincer dans un peigne serti de bijoux qui faisait tenir le tout en place miraculeusement.
— Zut, ce n’est pas juste !
Sadie pivota pour lui faire face.
— Écoute mon enfant. Nous n’aurons plus ce genre de conversation.
Et elle se tourna à nouveau vers son reflet.
— Dieu tout-puissant, si tu rentres à la maison en disant ça, je ne verrais plus jamais ni ta peau ni tes cheveux. J’entends déjà ton père me faire la morale.
Sadie attrapa un tube de rouge à lèvres et commença à se peindre les lèvres en un rouge riche et profond. 
— Il n’a que onze ans et jure comme un païen. Je savais que c’était une erreur de le laisser passer du temps avec toi.
Cassidy fronça les sourcils, il savait très bien que son père dirait exactement ceci.
— C’est juste que…
Cassidy s’assit en regardant le sol, l’air embarrassé. 
— … je préférerais rester ici plutôt que de rentrer à la maison.
Il ne voulait pas lui dire que les autres enfants à Charlotte ne l’aimaient pas beaucoup. C’était déjà assez embarrassant pour lui d’admettre qu’il n’avait pas de vrais amis. Du moins, aucun comme Nate. Les gamins de son école étaient méchants avec lui et avec un autre élève. Comment pouvait-il lui avouer à elle mieux que quiconque, qu’il n’y avait qu’ici à Hart qu’il ne se sentait pas seul ? Tout le monde aimait Sadie, et tout le monde semblait l’aimer aussi puisqu’il était à elle. Il n’avait rien de tel à la maison.
Il voyait rarement ses parents qui voyageaient tout le temps ou assistaient à ces stupides soirées ou autres événements de charité. Il ne comprenait pas pourquoi sa propre mère s’occupait plus des enfants des autres que de lui. Il ne savait plus quoi faire pour qu’elle l’aime plus. Il essayait d’être bon, faisant tout ce qu’on lui disait, mais ce n’était jamais assez. Il détestait son père de tout le temps essayé de le tenir loin de Sadie.
— J’aime t’avoir ici aussi mon bébé.
Sadie le regardait avec intensité à travers le reflet du miroir. 
— Tu es le genre de garçon que j’avais toujours imaginé avoir.
Cassidy hocha la tête en pensant qu’elle était un peu triste aussi. Lorsque Nate passa sa tête par l’encadrement de la porte.
— Arrête de te plaindre crétin !
Nate avait un sourire moqueur.
— Allons faire quelque chose dehors !
— C’est un code pour « avoir tout un tas d’ennuis », dit Sadie avec un clin d’œil en essayant de prendre un air désapprobateur.
Cassidy ricana.
— Va te faire voir, Floppy !
Nate sourit toutes dents dehors et il commença à grincer des mâchoires comme s’il était prêt à mettre sa menace à exécution et à cannibaliser Cassidy.
Cassidy se leva du lit en un bond et partit après Nate qui poussa un cri avant de dévaler l’escalier.
Sadie se mit à rire et gloussa quand Natalie se mit à crier aux garçons d’arrêter de faire un tel remue-ménage. Cassidy s’arrêta juste avant de sortir de la chambre. Il jeta un coup d’œil à Sadie en souriant tendrement.
— Tu es vraiment très belle… Grand-mère.
Elle se saisit d’un peigne et le lança dans sa direction alors qu’il sortait de la chambre en se baissant, puis il descendit l’escalier alors qu’elle criait « Sale môme ! ».
 
 
Cassidy sortit de la douche ; l’eau brûlante l’avait aidé à relâcher la tension et à détendre ses muscles endoloris par le stress du long trajet. Il ouvrit la petite fenêtre pour évacuer la chaleur de la vapeur.
Il commença à se sécher avec une serviette en revenant devant la coiffeuse, passant ses mains à travers ses cheveux noirs et épais encore humides qui ondulaient légèrement en tombant en cascade telles des plumes le long de sa nuque.
Cassidy était grand et mince, et naturellement mat de peau, ce qui rendait ses traits droits et anguleux plus masculins, comme ceux d’un mannequin européen. Il mit ses lunettes à monture noire et épaisse, ce qui lui donna un aspect accessible qu’il n’avait pas forcément sans elles.
Cassidy avait été extrêmement conscient d’être plus qu’un simple enseignant pour ses élèves. Tout le monde savait sur le campus qu’il était la vedette de tous les fantasmes érotiques des étudiants, et qu’il faisait ériger plus de bois qu’ Habitat pour l’humanité en ce qui concernait la branche homo des étudiants. Il n’encourageait rien en ce sens ; c’était simplement dans l’ordre des choses et cela avait été à la fois un obstacle et un atout pour lui. Les autres professeurs et les étudiants de son département se foutaient constamment de lui à ce sujet, comme s’il ne pouvait jamais vraiment être pris au sérieux à cause des réactions qu’il avait tendance à susciter.
Il s’était rendu compte très tôt que les autres avaient tendance à le fixer quand il rentrait dans une pièce. Cela l’avait énervé quand il était enfant et il avait eu une puberté tardive en ce qui concernait son développement sexuel. Il lui manquait la sophistication pour comprendre les nuances entre la luxure et le désir jusqu’au milieu de l’adolescence. Dans le monde friqué de ses parents, en proie à la jalousie et à l’envie, il inspirait soit la haine chez les uns, soit une fausse adoration affectée chez les autres qui ne voulaient que ce qu’ils pensaient qu’il pouvait leur offrir.
Il avait appris que la confiance ne s’offrait pas avec abandon, ni aux amis, ni aux collègues et encore moins aux amants.
Il fit de son mieux pour ne pas ressasser ces années et il était reconnaissant d’avoir pu passer ses étés à Hart. Ils lui avaient apporté de solides exemples de ce que l’amitié était vraiment. Cela rendit les choses plus faciles pour repérer les hypocrites qui se détachaient comme des flamants roses en plastique le feraient sur les terres impeccables du domaine de son père.
Il était plutôt du genre fin, sa poitrine était large et carrée et son torse long. Ses bras et ses jambes étaient longs et possédaient la grâce de la fluidité qui ne laissait pas imaginer qu’il avait eu une phase prépubertaire ingrate. Ses mains étaient bien manucurées avec de longs doigts qu’on aurait pu qualifier de délicats si ce n’était la largeur des articulations.
Il attirait les gens de la même manière dont Sadie le faisait. Elle avait possédé une énergie ou une électricité qui attirait inconsciemment les autres vers elle. Les gens disaient souvent qu’ils étaient pleins d’énergie, si ce n’était aussi excités, par sa présence.
Il sortit de la salle de bain et entra nonchalamment dans la chambre, saisissant le slip noir qu’il avait lancé sur le lit en déballant ses affaires un peu plus tôt. Il fit une pause un moment, le regarda curieusement alors qu’il commençait à l’enfiler, puis il jeta un regard autour de la pièce. Il haussa les épaules et le lança à nouveau sur le lit, se demandant de qui, bon sang, il voulait se cacher avant de se retourner et de regagner la porte pour sortir.
Cassidy descendit les escaliers, complètement nu, passa dans le salon et dans la salle à manger officielle en écoutant le parquet en bois craquer sous ses pieds. C’était presque étrange de se balader à poil le long des pièces et il appréciait la transgression comme s’il faisait quelque chose d’illégal.
Il secoua la tête, irrité par le regroupement de différents styles de meubles et des périodes d’antiquités. Les pièces à vivre ressemblaient plus à un magasin d’antiquaire qu’à un ensemble de pièces cohérent sorti de n’importe quel plan. Sadie donnait un tout autre sens au terme éclectique. Elle était un insecte désordonné malgré la présence de nombreuses pièces de valeur entre ces murs. Cassidy n’avait jamais pensé que, parce qu’un bibelot était une antiquité, il devait être à tout prix fourré quelque part pour être exposé.
Il traversa le couloir central en se dirigeant vers la cuisine. La maison semblait déjà moins étouffante grâce aux fenêtres qu’il avait ouvertes et qui laissaient entrer la brise légère et revigorante venant de l’Atlantique.
Sa peau nue frissonna un peu au contact de l’air frais alors que la température extérieure de cette mi-mai était encore sous les vingt degrés.
Il entra dans la cuisine qui était bizarrement la pièce la plus grande de toute la maison. Et il trouvait cela plein d’humour si l’on considérait que Sadie était à peine capable de faire bouillir de l’eau. Il se mit à rire se remémorant lorsqu’elle lui disait de ne pas faire le malin quand il lui rappelait ce fait.
— Je n’ai pas construit la maison. C’est mon père qui l’a faite et ma mère la voulait ainsi , disait-elle toujours.
Un paquet était posé sur l’immense îlot que Sadie avait fait installer au milieu des années 90 quand elle avait fait rénover la cuisine. Cassidy restait planté là en inspectant les placards blancs et en se disant qu’ils étaient déjà un peu démodés. Puis son regard revint vers le paquet et il poussa un long soupir en passant devant pour rejoindre l’extrémité opposée de l’îlot.
Il passa devant la petite table et les chaises qui étaient blotties à côté du banc tapissé, caché dans le coin du petit-déjeuner dans l’angle. Lui et Nate avaient pris la plupart de leurs repas à cet endroit alors que Sadie et Natalie jacassaient plus loin autour de l’îlot.
Il sortit la bouteille de Stoli qu’il avait mise au congélateur un peu plus tôt et en vida une bonne rasade dans un verre en écoutant les glaçons craquer à son contact. Puis, il remit la bouteille dans les profondeurs glacées qui semblaient bien vides comparés aux jours où Natalie faisait la loi. Il claqua la porte du congélateur et prit son verre. Il but une gorgée de son verre et ferma les yeux un instant, profitant de la brûlure qui descendait dans sa poitrine. Il regarda à nouveau le paquet puis il se retourna pour observer la plage vide en contrebas à travers la porte de derrière. Il prit une autre gorgée et se concentra sur l’onde bleue qui semblait s’étendre indéfiniment vers l’horizon, emportant avec elle un sentiment de sa propre insignifiance dans ce monde. Et de manière assez étrange, il trouvait du réconfort à cette idée.
Il reposa son verre, sortit un couteau du billot, s’empara de la boîte et en trancha la bande adhésive avant de faire une pause en prenant une autre gorgée de vodka. Il poussa un grognement approbateur et commença à défaire le haut du paquet. Il en sortit plusieurs poignées de papier d’emballage avant d’atteindre le centre du paquet et d’en retirer une urne en argent plaqué.
Il demeura ainsi quelques instants, tenant l’urne en silence, puis il la mit sous son bras en poussant un petit cri quand le métal froid entra en contact avec sa peau sensible. Il poussa un juron sous le choc, attrapa son verre et se dirigea vers la porte de derrière. En sortant sous le porche, Cassidy s’arrêta un instant avant d’ouvrir le cabinet à côté de la porte et d’en ressortir une serviette de plage, Dieu merci, elles n’avaient pas été enlevées. Il la renifla et trouva qu’elle ne sentait pas du tout le renfermé tout en poussant du pied la porte grillagée. Il traversa la cour pavée et descendit la petite colline pieds nus par les marches en pierre jusqu’à ce qu’il atteigne le sable.
La plage s’étirait vers l’ouest et les dunes rondes couvertes d’avoine maritime et d’herbes typiques des plages américaines formaient une barrière entre l’océan et la bordure des arbres. Les bois et la courbe naturelle du littoral créaient l’oasis privée qu’était Piper’s Point. Une fois qu’il eût trouvé l’endroit adéquat, Cassidy se pencha, posa l’urne sur le sable et étala sa serviette en s’accroupissant et en prenant soin de ne pas renverser une goutte de son verre. Il secoua la tête en entendant craquer ses genoux et il se dit qu’il devenait vieux.
Le soleil paraissait incroyablement chaud sur sa peau nue. Il commençait même à regretter de ne pas avoir prévu des lunettes de soleil. Il scruta l’horizon, aperçut quelques bateaux au loin, puis il leva son verre et but le reste de vodka. Les glaçons vinrent heurter ses lèvres comme s’ils cherchaient à s’échapper.
Il mit une main sur l’urne, la caressa alors qu’il s’allongeait sur le dos et s’étirait sur la serviette.
Cassidy sourit à l’urne, puis plissa les yeux en regardant le ciel et les ferma.
Bienvenue à la maison Sadie .
 

 
Chapitre 2
 
 
 
 
Cassidy marmonna quand il sentit quelque chose de froid et mouillé couler sur son estomac. Il ouvrit brusquement les yeux quand il entendit la voix d’un homme.
— J’ai dit bonjour, répéta l’homme alors que Cassidy plissait les yeux et mettait une main en visière pour vérifier qui lui parlait.
Il se força à sourire, pas indifférent à ce type bien foutu qui se tenait au-dessus de lui moulé dans une combinaison mouillée qui était enroulée jusqu’à la taille. Il tenait un masque de plongée et un tuba dans une main et une paire de palmes dans l’autre. Ses cheveux châtain foncé étaient mouillés et l’eau dégoulinait sur son cou et son torse. Il ressemblait un peu à Josh Hartnett pour son côté fin, mais ses bras et ses épaules étaient musclés. Cassidy remarqua que l’étranger le reluquait d’une façon familière.
— Qu’avez-vous dans cette boîte ? demanda-t-il avec un large sourire et une expression avenante manifeste.
— Ma grand-mère, dit Cassidy d’un ton légèrement sarcastique et il se redressa sur ses coudes.
Il rit en imaginant entendre Sadie lui crier d’arrêter de l’appeler Grand-mère.
— C’est une plage privée, vous savez ?
— Je le savais en effet.
Son sourire s’élargit encore et il semblait encourager l’attention de Cassidy à se focaliser vers ses pieds. 
— Bien que vous ne sembliez pas vraiment mécontent de me voir.
Cassidy resta confus un instant, sentant ses yeux s’agrandir en regardant vers le bas pour apercevoir son sexe tout raide qui pointait vers lui telle une longue lance sur son ventre.
— Mon Dieu, dit-il en lançant du sable en l’air et en essayant de se cacher avec ses mains.
L’intrus sexy se mit à rire lorsque Cassidy s’assit et qu’il attrapa l’urne pour la mettre entre ses jambes.
— Pas vraiment l’endroit idéal pour mettre Grand-mère, dit-il.
Cassidy bondit sur ses pieds et lui jeta un regard noir. Il saisit sa serviette et l’enroula autour de sa taille tout en jonglant avec l’urne.
— Qui êtes-vous bon sang ? demanda-t-il, mettant à nouveau l’urne à contribution pour camoufler son membre qui débandait rapidement.
— Neil Mason.
Il lui tendit la main, mais la retira en riant au regard de Cassidy qui lui disait qu’il n’allait pas se faire avoir.
— OK, désolé.
Ils s’observèrent quelques minutes, et Cassidy n’était pas sûr de savoir quoi dire maintenant si l’on considérait que Neil n’avait pas fait ce qu’il convenait de faire, à savoir retourner à ses occupations.
— Serait-ce trop demander… reprit Neil en tendant son matériel de plongée. J’ai été distrait et je me suis un peu éloigné de ma trajectoire. Je déteste déranger, mais j’ai vraiment besoin de boire.
L’irritation de Cassidy se dissipa quand il remarqua que le type était un peu essoufflé et fatigué, tassé sur lui-même comme s’il avait nagé comme un malade.
— Bien sûr, aucun problème.
Cassidy tourna la tête en direction de la maison en lui faisant signe que c’était par là.
— Où logez-vous ?
— C’est si évident que ça que je suis un touriste ? dit Neil dans un large sourire alors que Cassidy hochait les épaules en guise d’excuse. Je suis sur la moitié ouest de l’île, côté plage. Je crois que ça s’appelle Bishop’s Place . 
Cassidy hocha la tête, tout en traversant la cour qui menait au porche, il savait très bien où cela se trouvait.
— Vous avez dérivé en effet.
— Désolé d’avoir interrompu votre sieste.
Cassidy sourit et le regarda.
— De toute façon, il commençait à se faire tard.
Il tira la porte-moustiquaire et il entendit les gonds grincer quand il la maintint ouverte pour Neil.
— C’est un bel endroit, dit Neil en suivant Cassidy dans la cuisine. Je me demandais qui avait la chance d’habiter ici.
Cassidy posa Sadie sur l’îlot et ouvrit le frigo. Il en sortit deux bouteilles d’eau.
— Vous ne devriez pas faire de la plongée tout seul.
Il dévissa un bouchon et tendit l’eau à Neil qui descendit immédiatement la moitié de la bouteille.
— Les courants autour de l’île peuvent être dangereux.
Neil essuya sa bouche d’un revers de main puis sourit.
— Comme je vous l’ai dit, ce n’était pas vraiment mon intention. Je suis désolé pour le dérangement, mais je vous remercie pour l’hospitalité.
Cassidy sourit alors que Neil reprenait une bonne gorgée d’eau. Il leva sa bouteille pour trinquer et but à son tour.
— Désolé d’avoir été un enculé tout à l’heure.
Neil se mit à rire et son regard parcourut à nouveau le corps de Cassidy.
— Aucun jeu de mots volontaire, hein ?
Cassidy rit aussi et sentit son visage rougir un peu.
— Et pas d’extra pour le peep-show !
— Tant mieux.
Neil finit sa bouteille.
— Parce que j’ai oublié mon portefeuille à la maison.
— Une autre ? demanda Cassidy en agitant sa bouteille en l’air.
Et au hochement de tête de Neil, il en sortit une autre du frigo.
— Es-tu nouveau sur l’île ou juste en vacances ?
— Des vacances laborieuses en quelque sorte. Je devais rester ici tout l’été, mais j’ai décidé de plier bagage et de rentrer à la maison à la fin de la semaine.
— Trop beau ici, pour y rester tous les jours, hein ? dit Cassidy, se reprochant immédiatement son ton charmeur.
Neil rit à nouveau.
— Non, c’est juste que je ne connais personne ici. Je devais louer une maison avec un couple d’amis. Mais ils ont décidé de rompre la semaine dernière au lieu de partir en vacances avec moi.
Neil regarda le sol et recula un peu.
— Je ne voulais pas perdre les arrhes. Désolé j’ai mis du sable partout.
Cassidy observa le sol de la cuisine et se sentit comme s’il allait avoir des ennuis. Il se mit à rire, souhaitant que Natalie soit ici pour lui crier dessus, puis il raccompagna Neil jusqu’au porche baigné de soleil. Ce coup de poignard de la solitude gronda dans son ventre, et il fut reconnaissant pour la compagnie de Neil.
— Laisse-moi t’aider avec cette combinaison toute mouillée, dit Cassidy en posant sa bouteille sur une table. Il y a une douche extérieure dans la cour, tu peux t’en servir pour te rincer.
— Merci, dit Neil en souriant et en commençant à baisser un peu plus sa combinaison.
Cassidy posa une main sur son épaule pour l’empêcher de perdre l’équilibre et de tomber. Il en fut plus que largement récompensé à la vue du maillot de bain moulant bleu turquoise de Neil qui embrassait ses fesses et ses hanches étroites comme une seconde peau et qui contrastait joliment avec sa peau bronzée. Il se força à regarder ailleurs quand la combinaison entraîna le maillot de bain de Neil juste assez pour laisser voir le début de la peau plus claire en dessous. Cassidy déglutit bruyamment en faisant de son mieux pour garder le contrôle et éviter d’avoir à nouveau une érection.
Après avoir accroché sa combinaison mouillée à un crochet, Neil suivit Cassidy qui ouvrait la marche vers la douche extérieure, douche constituée d’un robinet et d’un tuyau qui descendait le long du mur extérieur du garage individuel.
— L’eau est probablement assez froide, mais ça enlèvera le sable et le...

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