Revivre... enfin
214 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Revivre... enfin

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
214 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Romance contemporaine - 395 pages


Jennifer fascine les hommes. Ses yeux vairons des plus attrayants lui donnent un certain mystère et éveillent la convoitise. Pourtant, suite à un terrible traumatisme, sa froideur et son agressivité sont devenues ses armes de prédilection pour repousser la gent masculine, en particulier l’un de ses représentants qu’elle abhorre au plus haut point, et qui se révèle être son nouveau patron.


Adam est sexy, charmeur... rien ne lui résiste. Il adore profiter de la vie et de ses plaisirs. Et quand son regard se rive involontairement à celui de cette déesse, tout son univers chavire.


Il va désormais tout faire pour mettre cette séduisante et redoutable furie dans ses draps, n’imaginant pas que conquérir une femme qui haït autant les hommes relève de l’impossible.


De son côté, Jen va devoir lutter contre ses démons. Cependant, comment se reconstruire lorsque vos espoirs envers le sexe opposé sont réduits à néant ?



L’amour peut-il guérir des blessures aussi profondes ?


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 182
EAN13 9782379612183
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Revivre… enfin


Peggy L.S.
Peggy L.S.


Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-218-3
Notes aux lectrices

Même si cette histoire est fictive, je tenais à encourager toutes les femmes qui subissent ou ont subi des violences sexuelles. Ne perdez pas espoir, la guérison est longue, mais le bonheur peut être au bout du chemin.



NE SOYEZ PAS QU’UNE VICTIME
BATTEZ-VOUS
CONFIEZ-VOUS
DÉCIDEZ DE REVIVRE…
PROLOGUE

Une douleur atroce m’inonde de toute part, me sortant de ma léthargie. Mon corps est courbaturé, ma tête semble être compressée dans un étau, tous mes membres sont en souffrance. Des nausées me compriment la trachée, les battements de mon cœur s’accélèrent.
Pourquoi ce silence ?
Une odeur nauséabonde de détergent s’infiltre dans mes narines, ce qui me provoque des picotements jusque dans les yeux.
Où suis-je ?
J’essaie de soulever mes paupières, en vain. Je tente de bouger, mais rien à faire, c’est comme si un camion de trente-huit tonnes m’était passé dessus.
Sont-ils encore là ?
Un frisson d’épouvante se propage le long de ma chair si meurtrie. J’aimerais mieux mourir que subir à nouveau ce qu’ils m’ont infligé.
Des flashs en cascade, sans filtres, me reviennent en mémoire, tous plus violents les uns que les autres : des mains sur moi, des coups qui pleuvent sur mon visage, mon ventre, mon dos. J’entends encore leurs rires démoniaques, leurs commentaires immondes et dépravés. La puanteur de leurs effluves d’alcool me donne de nouveau des haut-le-cœur.
Qu’on me vienne en aide, par pitié !
Un cri de détresse s’échappe de ma bouche sans le moindre son, il m’embrase comme si j’avais hurlé pendant des heures. J’entends des pas qui se rapprochent, ainsi que des murmures. Je me recroqueville, tiraillée par la peur.
Non, non, non, pas eux !
— C’est ici, dit une voix de femme. Elle doit certainement encore dormir, nous lui avons administré des analgésiques. Je tiens à vous prévenir, Madame Santini, votre fille a subi de nombreux traumatismes physiques en plus de son agression sexuelle.
— Oh, mon Dieu ! Ce n’est pas possible, dites-moi que ce n’est pas elle, pas Jen, mon trésor.
Des sanglots se mélangent à cette plainte.
— Je suis navrée, Madame, mais comme elle est mineure, je dois vous informer de son état et des raisons de son admission dans notre établissement. Malheureusement, son identité a été confirmée par une de vos voisines, celle-là même qui l’a découverte.
Suis-je sortie de cet enfer ?
— Je sais que cette nouvelle n’est pas évidente à entendre, veuillez me pardonner d’être aussi brutale, mais vous risquez d’avoir un choc en la voyant. Il ne faut surtout pas vous affoler, vous devez rester forte pour votre fille. Elle aura besoin de vous.
— Je comprends, docteur, je veux juste être à ses côtés.
La porte grince, des talons claquent au sol de façon saccadée.
— Oh ! Mon bébé, maman est là, tout va bien aller, chuchote-t-elle d’un timbre enroué.
J’entrouvre les yeux difficilement. La luminosité de la pièce m’aveugle quelques secondes. Une silhouette floue est penchée sur moi, puis je discerne des iris si semblables aux miens, un œil vert et l’autre marron. La seule différence est que les siens sont doux, tristes et consolateurs alors que mon regard ne doit être que désolation, affolement et désespoir. On se dévisage durant de longues minutes sans rien dire, profitant de ce calme apaisant. Je la vois hésiter, serrer et desserrer ses paumes. De nervosité ? De peur ?
Au prix d’un effort surhumain, j’arrive à ouvrir la bouche pour m’exprimer malgré mon martyre.
— Oh, maman…
Une larme coule le long de ma joue, je sens la chaleur de ses doigts qui l’essuie d’un geste à la fois tendre et réconfortant. Elle prend une grande inspiration et me pose la question fatidique :
— Que s’est-il passé, ma chérie ?
Je me contente de lui prendre la main, mes sanglots restant au fond de ma gorge. Mon larynx est si obstrué que je vais faire un malaise. Je veux juste oublier, réussir à vaincre ce cauchemar et rentrer à la maison.
C’est à ce moment-là qu’un homme en blouse blanche entre dans la chambre. À sa vue, mon corps se crispe, mon cœur s’emballe. Remarquant mon état de panique, il hoche la tête, demande à son personnel de m’administrer un anxiolytique et signale qu’il repassera plus tard.
Je fixe de nouveau mon seul espoir d’apaisement. Son image reflète toute une myriade de sentiments, mais la tristesse prédomine dans ses pupilles. Je lui demande juste de m’aimer comme elle l’a toujours fait.
— Repose-toi, ma fille adorée. Papa va arriver et on ne te quittera plus, tu es en sécurité. Chut ! On va s’en sortir.
Le stress, la fatigue et les antalgiques ont raison de moi, je commence à somnoler. L’effleurement d’une caresse sur mon visage est la dernière chose que je perçois.
Quelques heures plus tard, je me réveille en sursaut, hantée par un mauvais songe. Je suis en proie à une crise de terreur, aussi sournoise qu’inattendue. Des crampes à l’estomac me broient l’abdomen, des palpitations cardiaques puissantes me serrent le thorax. J’étouffe, je suis prise de vomissements. Je cherche ma maman à côté de moi, mais la pièce est plongée dans le noir. Il fait nuit, mes parents ont dû rentrer. J’attends, roulée en boule sur mon lit, que cette mort imminente cesse. Au bout de plusieurs minutes interminables, cette sensation s’atténue, mais les images de mon cauchemar continuent de me hanter.
Ma poitrine vrille face à ce supplice.
Pourquoi moi ? Je ne veux plus me rappeler, plus jamais !
Je décide de me lever pour aller dans la salle de bains attenante à ma chambre afin de me rafraîchir, de forcer mon esprit à penser à autre chose. Ma démarche est hésitante, mes muscles crient à l’agonie. J’avance lentement, mais sûrement.
À peine arrivée, mon visage se reflète dans le miroir, ce que je vois m’horrifie. J’hyperventile de façon convulsive, mes dents s’entrechoquent tellement je tremble, je n’arrive pas à lâcher mon image.
Que m’ont-ils fait, ces porcs !
Je ne me reconnais pas. J’ai les yeux à demi fermés, violacés, une bande autour du crâne. Je relève doucement ma chemise de nuit. Au moindre mouvement, j’ai mal partout. Quand j’y arrive, je vois avec horreur que mes jambes, mes côtes sont pleines d’ecchymoses. J’ai de nombreux pansements sur certaines parties du corps, mes fesses et mon entrejambe me brûlent. Je lève difficilement les bras afin de retirer le bandage que j’ai à la tête et qui me démange.
— Oh, mon Dieu ! Mais pourquoi ? Que leur ai-je fait ?
Mes larmes coulent sans que je puisse les retenir. Mes longs cheveux bruns dont j’étais si fière et que je n’avais jamais coupés sont brûlés à un tiers. Je revois le feu dans ma chevelure, cette émanation de carbonisé.
STOP ! Pense à autre chose. Inspire, expire.
J’oscille entre l’envie de fuir et le désir de savoir ce qu’il y a sous ces compresses. Je les retire une à une, mon cou, ma poitrine et ma cuisse portent une vilaine plaie. J’ai l’air d’un monstre !
Je m’effondre sur le carrelage, écœurée.
Non, relève-toi ! Ne leur donne pas cette joie.
Un torrent de rage se déverse en moi, jaillit dans mes veines, fracasse l’organe qui bat frénétiquement dans ma cage thoracique.
Je les hais ! Tous les hommes sont des ordures, la dernière espèce après les crapauds ! Plus aucun d’entre eux ne me touchera, jamais, plus jamais !
CHAPITRE 1
JEN

Six ans plus tard.
Je regarde par la fenêtre, la neige tombe abondamment, comme si des plumes d’ange virevoltaient partout dans le ciel. Je n’en avais jamais beaucoup vu jusqu’à présent, il est vrai que sur mon île de beauté, il y en avait rarement. Maman aurait adoré.
Une tristesse m’envahit chaque fois que je repense à ma famille ou à mon pays. Aujourd’hui, du haut de mes vingt-trois ans, je tente de survivre aussi bien que je le peux, malgré la solitude, mes souffrances intérieures et mon androphobie. La tête appuyée sur le froid de la vitre, mon esprit s’évade une nouvelle fois sans que je puisse y faire grand-chose.
Après mon agression et un séjour à l’hôpital, j’ai été prise en charge dans une unité de repos spécialisée. Je n’étais plus qu’une loque dépourvue de tous sentiments, exceptée la rancœur que j’avais pour eux. Je repense aux œillades compatissantes du personnel lors de la réalisation de mes pansements face à la bête de foire, les nombreuses séances inutiles auprès du psychologue, murée dans mon silence malgré ses sollicitations quotidiennes, rabâchant encore et encore les mêmes interrogations. Il était hors de question de raconter, de revivre mon calvaire.
Chaque fois que je prenais place dans le fauteuil, je ne pouvais m’abstenir de la regarder s’extasier sur le bien-fondé de sa thérapie. Pour moi, tout n’était que foutaises. J’en étais venue à être spectatrice de son propre show durant ces moments. Elle me disait que cela m’aiderait à avancer, à pardonner.
À qui ? À eux ? Ces monstres sans cœur qui avaient ravi mon innocence, ma joie de vivre. Je n’étais qu’un concentré de haine bouillonnante tel en volcan en éruption. Je ne pouvais plus me regarder dans un miroir, sourire à ma famille, être touchée ou même parler au personnel mâle. La première fois qu’un infirmier avait voulu me faire des soins, j’avais tellement hurlé que mon nez s’était mis à saigner. Avec le temps, j’ai pu supporter la présence masculine, mais pas établir un contact, même mon pauvre papa ne pouvait plus me serrer dans ses bras.
Un soir, une infirmière est venue m’annoncer un nouveau drame : la mort de mes parents dans un accident de voiture. Ils étaient en route pour me voir quand un chauffard les a percutés de plein fouet. Ils sont décédés tous les deux sur le coup, ils ont disparu sans que je puisse leur montrer mon affection, mon amour inconditionnel pour eux. Je venais d’avoir dix-huit ans, je me retrouvais totalement seule.
Qu’allais-je devenir ?
Je n’ai même pas pu assister à leur enterrement, tant j’étais faible. Je suis restée dans le service environ douze mois, le temps pour moi d’essayer de me relever physiquement et émotionnellement.
Quand je suis sortie du centre, j’ai pris la décision de quitter ma belle région. Je n’en pouvais plus de ressasser. Il me fallait partir des lieux où j’avais vécu tant de drames. J’ai vendu la maison de mes parents et suis partie vivre à New York, ville natale de ma mère. Étant bilingue depuis mon plus jeune âge, la barrière de la langue n’était pas un obstacle.
Au fil du temps, j’ai réussi à remonter un peu la pente, cachant mes émotions au travers de mes paroles. J’ai appris à attaquer afin que l’on ne se rende pas compte de ma détresse. Une chose était sûre : je ne voulais plus jamais me laisser TOUCHER par un homme, ils me faisaient et me font encore trop peur.
Toutes les nuits, je revivais ce cauchemar encore et encore. Je me réveillais en transe, dégoulinante de transpiration. Lorsque je me levais et voyais mon reflet, je constatais que je n’étais plus que l’ombre de moi-même. Des cernes violacés tirant sur le noir mangeaient mon visage blafard, creusé. Mes cheveux étaient clairsemés à certains endroits, conséquence des brûlures. J’ai dû subir maintes interventions de chirurgie plastique pour remédier à cette alopécie.
Je secoue la tête afin de revenir à la réalité. Il ne me reste plus qu’une heure avant d’aller travailler. Je déteste ce travail de serveuse qui me met inévitablement en contact avec « l’espèce maudite », mais je n’ai rien trouvé d’autre. Il faut bien que je subvienne à mes besoins, que je paie le loyer du deux-pièces dans lequel je vis. Je me dirige vers la petite salle de bains afin de prendre une douche. Encore aujourd’hui, je me sens sale. Je me lave au moins quatre fois par jour afin de faire apparaître à mes yeux une image plus sûre de moi.
Je me déshabille, me fixe dans la glace. Je passe ma main dans ma chevelure, elle ne m’arrive plus en dessous des fesses, mais au milieu du dos. Je longe la vilaine cicatrice sur ma gorge du bout des doigts, descends vers mon sein et ma cuisse qui portent encore les traces de mon douloureux passé. Chaque fois que je les inspecte, je ne peux m’empêcher de trembler, de penser à l’horreur que j’ai vécue l’année de mes dix-sept ans.
Pourtant, il faut que je sois forte, en mémoire de mes parents.
Je rentre dans la douche, laisse couler l’eau brûlante qui m’apaise, puis je m’habille. La jupe étant obligatoire dans ce foutu restaurant, j’en mets toujours une qui m’arrive en dessous du genou. J’enfile un chemisier blanc et un foulard, accessoire qui ne me quitte jamais, ne voulant pas afficher l’horrible balafre qui occupe une partie de mon cou. J’attache mes cheveux en queue-de-cheval, enfile mes bottes, mon manteau, prends mon sac à main, en vérifiant que j’ai bien la bombe lacrymogène qui m’est indispensable pour être rassurée, et sors de mon appartement.
Il fait très froid dehors, les flocons de poudreuse continuent de dégringoler, mais le trajet ne me prend que dix minutes. J’arrive devant le restaurant, le Mily’s. Il est ouvert depuis quatre ans maintenant et marche très bien, la nourriture y étant excellente. Une fois à l’intérieur, je me dirige vers le vestiaire pour me délester de mes affaires personnelles et finir de me préparer.
Je dois être la première arrivée, car Juliet, ma collègue, n’est pas encore là. Nous nous sommes rencontrées ici, nous avons très vite créé des liens, c’est mon unique amie. Elle est à l’opposé de moi : grande, blonde, très extravertie, toujours en quête de relations avec l’espèce mâle, beurk ! J’ouvre mon casier, y prends mon tablier et mes ballerines, bien plus pratiques pour piétiner pendant des heures.
— Eh ! Hello, ma belle, tu es déjà là ! s’écrit Juliet, en me faisant une bise.
— Salut, c’est toi qui es un peu en retard, Ju.
— Tu ne devineras jamais ! J’ai repéré un très beau spécimen dans le bus, alors j’ai un peu amorcé une discussion, tu vois ? Il était très sympa, on doit se revoir mercredi.
— Mais tu ne le connais pas ! Tu ne sais rien de lui !
— Raison de plus pour faire connaissance, me lance-t-elle en me faisant un clin d’œil.
Comment peut-elle agir ainsi, il est peut-être dangereux ! Mais je garde cette pensée pour moi, ça ne servirait à rien de lui en faire part.
Nous commençons à préparer les tables, chacune dans notre espace respectif.
— Bonsoir, Mademoiselle Santini, me lance Mily, la patronne du restaurant.
— Bonsoir, Madame Goose.
— Nous attendons une réservation pour vingt heures dans votre zone à la table quatre. Ce sont des clients avec qui je suis en affaire. Je compte donc sur vous pour être parfaite.
Oh non ! Pas ça !
— Oui, Madame.
Je finis de faire ma mise en place, le cœur serré, pleine d’appréhension, ce travail n’est vraiment pas pour moi. Mais que pourrais-je faire d’autre ? J’ai arrêté l’école l’année de mes dix-sept ans, l’année où ma vie a été détruite. Je n’ai donc aucun diplôme pour pouvoir faire autre chose de plus convenable.
Une fois mon secteur prêt, je rejoins Juliet dans le sien.
— Tu veux que je t’aide à terminer, Ju ?
— Merci, Jen, mais ça y est, c’était la dernière. Nous avons le temps de prendre un café au bar avant d’accueillir les premiers clients.
À sa réflexion, je jette un œil à l’horloge. Dix-huit heures quarante-cinq, il reste quinze minutes avant l’ouverture.
— Oui, je veux bien, je crois que je vais en avoir besoin. D’après les réservations, ça va encore être blindé ce soir.
— J’espère qu’il y aura de beaux mâles ! lance Juliet.
— Tu es vraiment impossible ! Tu n’as pas déjà un rendez-vous avec le mec du bus ?
— Si, mais si ça ne marche pas, j’aurai un plan de secours.
Elle rit sous cape de sa bêtise, me faisant ébaucher un sourire, malgré moi.
— Dis-moi ma belle, une question me taraude depuis longtemps, mais c’est un peu… personnel, tu vois.
Au fond de moi, je blêmis, que veut-elle savoir ? Va-t-elle m’interroger sur mon passé ? J’essaie de prendre un air naturel en haussant les sourcils pour lui signifier que je suis tout ouïe.
— Eh bien ! Je me demandais… es-tu lesbienne, ou songes-tu à entrer au couvent ?
— Quoi ?
— Es-tu lesb…
— J’ai bien compris, inutile de répéter ! crié-je.
Tu devais t’attendre un jour à cette question, Sainte Jennifer, s’esclaffe ma conscience.
— Alors ?
— Ni l’une ni l’autre, j’aime être seule, c’est tout.
— Ça pour être seule, marmonne-t-elle.
Bien qu’elle soit mon amie, je ne lui ai jamais expliqué les raisons de ma solitude. Je ne l’envisage pas, d’ailleurs.
— Écoute, Ju, j’ai mes raisons, je suis très bien comme ça. Je…
— Il est presque dix-neuf heures, Mesdemoiselles, il serait temps de se mettre au travail au lieu de blablater. Il y a déjà du monde qui s’impatiente à la porte ! s’écrie Madame Goose.
Nous finissons notre breuvage à la hâte, je prends un stylo sur le comptoir, le glisse dans ma poche de tablier où il rejoint mon petit carnet et ma bombe lacrymogène. Eh oui ! Même au travail, elle ne me quitte pas, on ne sait jamais.
Juliet ouvre le battant, les clients entrent.
La première heure de travail se déroule bien. Je ne vois pas le temps passer, il y a tellement de monde. Les clients dont m’a parlé Mily ne sont pas encore arrivés. Ils ont peut-être eu un imprévu ou mieux, annulé, espéré-je secrètement. Malheureusement, peu après, je vois ma patronne arriver le sourire aux lèvres, accompagnée de quatre hommes. Ils doivent vraiment être importants, car elle n’accompagne jamais personne. Je me dirige donc vers eux d’un pas vacillant, leurs regards lubriques me tétanisent.
— Messieurs, voici Jennifer, elle sera à votre service pour le dîner.
— Bonsoir, Messieurs, murmuré-je.
— Bonsoir, ma jolie ! lance un de ces minables.
En entendant ces mots, mon cœur se retourne, une boule se forme dans ma gorge. Ma main glisse dans la poche de mon tablier, je serre à pleine main ma petite bombe. Des tas de souvenirs s’immiscent dans mon cerveau.
— Je vous en prie, messieurs, installez-vous, leur dit-elle, en me lançant un regard noir.
Je sais que c’était à moi de le leur dire, mais je suis pétrifiée.
Il faut que tu te reprennes, tu dois être forte !
Je me répète ces mots comme un mantra. Je déglutis.
Allez, Jen, tu vas y arriver ! Sois professionnelle !
— Puis-je vous servir un apéritif le temps que vous regardiez la carte ?
Même si à mon avis, ils ont déjà bien assez bu.
— Nous prendrons un whisky, ma jolie, dit le même énergumène que tout à l’heure en me dévisageant d’un air lascif.
Je crispe les poings, mais essaie de garder mon calme. Je ferme les yeux, inspire profondément avant de répondre.
— Bien, je vais vous chercher ça.
Je jette un œil vers Juliet en me dirigeant vers le bar, elle est en grande conversation avec un individu. Comment peut-elle être aussi insouciante ? Les boissons sur mon plateau, je les amène à ces zigotos qui sont en train de rire en me voyant arriver.
Reste calme, tu ne risques rien ici. Ces abrutis ne sont pas EUX.
Une fois près de la table, je commence à disposer les verres devant eux, quand je sens une main remonter le long de ma cuisse. Je me fige, tremble, sursaute et laisse tomber mon plat de service sur la table, renversant les verres, répandant le liquide ambré sur leurs beaux costumes. Je n’en ai cure. Des réminiscences se déversent sans discontinuité à mes synapses. Passé et présent se confondent. Je saisis alors ma bombe et vaporise l’ordure qui a osé me toucher.
Je ne me laisserai plus faire, plus jamais.
Le cri d’un porc que l’on égorge retentit dans tout le restaurant, l’homme se lève en essayant d’attraper une serviette, mais celle-ci est pleine de whisky. Malgré ma peur, j’esquisse un petit sourire de vengeance et pars me réfugier dans les vestiaires afin de reprendre mes esprits. J’entends derrière moi les remarques outrées des autres clients ainsi que le martèlement des talons de Mily qui accoure vers eux, avec, j’imagine, de l’eau et des linges propres.
Je m’adosse contre les portes des casiers, pose les mains sur mes genoux, essaie de reprendre ma respiration. J’ai l’impression que mes poumons sont bloqués, je n’ai plus d’air. J’entends la porte s’ouvrir avec fracas.
— Mais qu’est-ce que tu as foutu, Jen ! T’es folle ou quoi ? s’écrie, Juliet. Mily est furieuse, elle…
— Dehors, Mademoiselle Edwars ! Retournez travailler !
Juliet me lance un regard d’incompréhension et de compassion sachant ce qu’il m’attend, et sort.
— Pouvez-vous m’expliquer, Mademoiselle Santini ! Hurle Mily.
— Je… Je…
Je n’arrive même pas à m’exprimer devant sa colère, je suis encore tellement terrorisée que je me mure dans le silence.
— Prenez vos affaires et fichez le camp ! Bien entendu, ne comptez pas être payée ! Cet argent servira à réparer vos dégâts !
— Mais je…
— J’ai dit, dehors ! Vous avez cinq minutes pour quitter les lieux, jette-t-elle.
Elle sort en claquant la porte tellement fort que je sursaute.
Je porte ma main à ma gorge, souvenir de mes cauchemars, et cours vers les toilettes, soudainement prise de nausées. Une fois que j’ai vomi tout ce que j’ai dans le ventre, je me passe de l’eau sur le visage, prends mes affaires et sors du vestiaire. Les clients encore présents me lancent des regards mauvais. Je jette un œil vers la table où les « maudits » étaient installés, mais elle est vide. Avant de partir, je vois Juliet qui me fait un petit sourire en me mimant qu’elle m’appelle.
Le froid mordant me saisit de toute part, mais ce n’est rien à côté de la douleur que je ressens tout au fond de moi. Puis, la réalité revient à moi. Je n’ai plus d’emploi, que vais-je faire ?
Comment vais-je m’en sortir ?
CHAPITRE 2
ADAM
 
Debout dans ma chambre d’hôtel, je me délecte de cette vision jouissive. La pièce éclairée par le scintillement des premiers rayons du soleil de Los Angeles illumine le corps encore nu d’une brune à la peau couleur chocolat. Elle se redresse avec grâce du lit, les pointes de ses seins de nouveau tendus par le désir. Son regard langoureux me détaille avec gourmandise. Il est une invitation à lui tout seul, mais je préfère continuer à boutonner ma chemise sur mon torse aux muscles d’acier.
— Tu n’as pas été rassasiée cette nuit, ma belle ? Je vais penser que j’ai perdu la main si tu me réponds oui, lui déclaré-je malicieusement.
Elle éclate de rire et sa bouche pleine, couleur cerise, fait une moue des plus attendrissante.
Humm ! Divine, on a envie de la croquer.
— Reste encore un peu, Adam, me supplie-t-elle, rien ne presse. Tu as bien encore le temps pour un petit round.
Je me rapproche de ma jolie métisse à l’accent chantant du sud pour lui souffler à l’oreille :
— Désolé, ma charmante hôtesse, mais je t’avais prévenue que c’était juste pour une nuit. Je t’ai procuré de nombreux orgasmes hier soir, comme promis. Restons sur cet excellent moment et profite de cette journée pour t’en remettre. La chambre est payée jusqu’à demain, avec toutes les prestations, c’est cadeau. Sers-toi du jacuzzi en terrasse, fais venir une masseuse ou commande un repas pour calmer ta faim dévorante, si tu veux, mais moi je file.
— Tu es un vrai goujat ! Un jour tu vas rencontrer une femme qui résistera à ton charme et tu t’en mordras les doigts.
J’affiche un sourire goguenard suite à sa tirade mélodramatique et lui susurre en lui mordillant la lèvre inférieure :
— Cette femme n’existe pas ! Cependant, je tiens à te rassurer en te disant que si un jour je l’ai en face de moi, elle se comportera comme toutes les autres, elle capitulera devant mon sex-appeal.
Je termine mon laïus en l’embrassant sauvagement, je glisse ma langue dans sa bouche pour y rencontrer la sienne. Elles se mettent à danser langoureusement, ce qui lui extirpe un gémissement. Que j’adore ce doux son, il n’y a que ça de vrai dans la vie, prendre du plaisir. Je sème une pluie de baisers légers comme le vent le long de sa nuque et me redresse presque à regret pour partir.
— Tchao, beauté, ce fut un vrai régal de te rencontrer. C’est dommage que le temps file à cette vitesse, je ne peux me permettre de rater mon avion. Les affaires obligent.
Tout en refermant la porte, j’ai une pensée furtive pour mon ex-directeur du personnel un peu trop entreprenant qui m’a obligé à faire le déplacement jusqu’ici pour régler ses débordements.
Merci mon très cher Arthur ! Grâce à toi, j’ai pu jouir de ce corps de diablesse au déhanché d’enfer.
Même si, je suis moi-même un coureur de jupons, un queutard comme certaines le disent une fois qu’elles n’ont plus accès à mes faveurs, je suis respectueux de la gent féminine. Je ne pouvais donc pas fermer les yeux sur les plaintes reçues par cet établissement. Donc, exit Arthur ! L’inconvénient est que je vais devoir revenir dans quelques jours pour accueillir le nouveau et faire le point.
Lorsque je pénètre dans mon jet privé, une sublime rousse plantureuse attire mon attention. Je passe à côté d’elle et ne suis bien sûr pas surpris de ne pas la laisser indifférente, elle non plus. Je suis irrésistible, que voulez-vous !
J’ai à peine regagné mon siège qu’elle vient vers moi en papillonnant des yeux :
— Tout va bien, Monsieur Jones ? Vous êtes bien installé ? Surtout, si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à m’appeler, je suis Sylvia, à votre service, fait-elle d’une voix aguicheuse.
— Merci, Sylvia, je ne manquerai pas de vous le faire savoir si c’est le cas, réponds-je en glissant mon doigt sur son bras dénudé.
Sans aucune gêne, elle se penche vers moi et me susurre à l’oreille :
— Il paraît que je suis très douée pour certaines choses, je me ferai un plaisir de vous montrer.
Eh bien ! On peut dire qu’elle n’a pas froid aux yeux celle-ci, mais avec la tigresse qui m’a épuisé cette nuit, j’ai besoin de recharger un peu mes batteries. Mon vol durant environ cinq heures, j’aurai tout le temps d’assouvir ses désirs.
— Je suis curieux de voir ça, bella. En attendant, je voudrais me reposer un peu, ma nuit a été, disons, plutôt mouvementée.
Elle me fait un grand sourire avant de partir vers le fond de l’appareil. J’appuie ma tête contre le coussin moelleux mis à disposition et regarde la vue cotonneuse à travers le hublot. J’ai pourtant l’habitude de voyager, mais cette vision est toujours extraordinaire. Je quitte Los Angeles pour regagner New York, là où pour mon associé, Nick, et moi, tout a commencé.
Notre rencontre remonte aux bancs de la fac, nous suivions un cursus en marketing et sommes devenus rapidement amis. Une fois nos diplômes en poche, nous avons décidé de créer notre propre affaire. Elle s’est tellement développée que nous avons continué à en ouvrir d’autres à travers le pays. On peut dire que la vie nous a souri, à vingt-sept ans, nous sommes à la tête d’une belle fortune et de nombreux hôtels luxueux.
M’étant assoupi un petit moment, j’ouvre les yeux et constate que la belle rousse se trouve juste au niveau de mon siège en train de me bouffer des yeux. J’affiche un sourire équivoque et, d’un signe de tête, lui indique les toilettes. Je devrais vraiment écouter Nick et investir dans un plus gros avion, histoire d’avoir une chambre.
Non ! Je ne suis pas un pervers. Je ne fais que satisfaire une demande.
Lorsque nous sortons de la cabine, une jolie blonde nous regarde stupéfaite. Je lui adresse un clin d’œil en haussant les épaules. Arrivé à sa hauteur, je lui murmure :
— Une prochaine fois, peut-être.
Je l’entends glousser au moment où je regagne ma place.
L’atterrissage se fait en douceur. Avant de descendre, je remercie Sylvia pour sa gentillesse et sa disponibilité envers son passager. Pour toute réponse, elle me glisse un morceau de papier dans la main, sûrement son numéro de téléphone. Je le prends, ça peut toujours servir, bien que je n’aie pas l’habitude de coucher plusieurs fois avec la même fille.
Je sors d’un pas dynamique de l’aéroport, hèle un taxi pour retrouver mon ami afin de voir comment se déroulent nos affaires. Durant le trajet, j’enregistre le numéro de la rousse voluptueuse de l’avion, on ne sait jamais, en cas de disette. Je me marre de ma propre blague. Les poules auront des dents le jour où je ne trouverai aucune nana pour assouvir mes besoins.
En franchissant la porte d’entrée, je trouve Nick bien entouré, comme à son habitude. On dirait un coq dans sa basse-cour. Il faut dire que nous avons plutôt des physiques avantageux, ce qui nous permet d’avoir pratiquement toutes les filles que nous voulons, bien que nous soyons différents. Je mesure cinq centimètres de plus que lui, je suis brun aux yeux bleus, lui, blond aux yeux verts. Nous sommes assez bien charpentés tous les deux grâce aux différents sports que nous pratiquons ensemble depuis plus de cinq ans.
— Salut Nick, tu es en plein travail à ce que je vois, lancé-je à mon ami.
— Eh, Adam ! Salut, mec ! Tu es déjà là ? Le voyage s’est bien passé ?
— Eh bien, oui, comme tu vois ! Je suis encore vivant. Comment vas-tu ?
— J’étais en train de faire le point sur les dernières réservations que nous avons eues, me lance-t-il en me faisant un petit sourire.
— Merci, Mesdemoiselles, j’en ai terminé pour le moment, vous pouvez continuer votre travail.
Il vient vers moi et me fait une accolade.
— Alors, dis-moi comment ça s’est passé là-bas. Tu as résolu le problème de ces donzelles ?
— Oui, c’est réglé. Je l’ai fait remplacer, je dois donc y retourner. J’attends juste que le nouveau me confirme son arrivée.
— Tu déconnes ! C’était si grave que ça ?
— Ben, disons que quand une dizaine de femmes se plaignent qu’un responsable entre dans les vestiaires alors qu’elles sont à moitié à poil ou qui leur fait ouvertement des avances pendant leur service, nous ne pouvons pas fermer les yeux, lui lancé-je.
— Ça craint, tu as eu raison de le virer, mais…
— Quoi ?
— Je me demande juste, si ça avait été l’un de nous…
J’éclate de rire.
— Arrête de penser avec ton deuxième cerveau, s’il te plaît. Ce n’est pas la même chose. Ce con n’a fait preuve d’aucun respect envers elles, il n’avait pas le droit de faire ce qu’il a fait. Maintenant, le problème est réparé. Comment ça se passe ici ?
— Oh, super ! Nous avons reçu quinze nouvelles réservations, et, cerise sur le gâteau, nous accueillons le groupe de miss pour le concours de beauté.
— Hum !
— Ouais, tu imagines toutes ces bombes à portée de main ! On ne va plus savoir où donner de la tête. Il va y avoir de la moule mon pote ! J’en bande déjà ! me lance-t-il.
— J’avoue que c’est tentant, mais calme tes ardeurs. Nous sommes les patrons, il faut éviter d’attirer l’attention. Si l’une d’entre elles venait à se plaindre par la suite ou être offusquée de tes avances, c’est le procès assuré, ce qui serait catastrophique pour les affaires. Les réservations sont prévues pour quand ?
— Pour après-demain, il y a donc du pain sur la planche, d’autant plus que nous allons manquer de personnel. Il y a eu pas mal d’arrêts maladie avec ce temps glacial. Il va d’ailleurs falloir que tu t’occupes du ravitaillement de la réserve. Georges est absent et Zack, le chef de cuisine, n’a confiance en personne d’autre en ce qui concerne les produits alimentaires. Si c’est toi, il ne dira rien.
— Ben, voyons ! Et on peut savoir, ce que Monsieur compte faire pendant que je ferai le clown chez les fournisseurs ? lui demandé-je, narquois.
— J’ai encore le planning à préparer concernant les chambres, et surtout effectuer un recrutement express, répond mon ami.
— OK, donc je n’ai pas trop le choix. Dis-moi ce dont le chef a besoin. J’irai demain à la première heure pour qu’il n’y ait pas trop d’affluence.
Il part à la cuisine prendre la liste et me la tend, le tout en une minute chrono.
— Bon, je pense que je vais monter me reposer un peu, le décalage horaire et le trajet m’ont éreinté.
— Tu n’as pas dormi dans l’avion.
— Disons que j’ai été un peu occupé. J’étais assis à côté d’une ravissante petite rousse qui m’a fait les yeux doux pendant la moitié du vol. En parfait gentleman, j’ai, bien entendu, assouvi ses envies, lui dis-je en lui faisant un clin d’œil.
— Ah, je vois tout à fait ! Don Juan a encore frappé.
Nous explosons, hilares. Je lui dis au revoir, puis je me rends dans une des suites qui nous est réservée. Il est assez tard et je dois me lever tôt pour faire ces foutues courses.
Le lendemain, je me lève aux aurores. Après une bonne douche, je descends boire un café avant de partir pour être à l’ouverture des halles. Il fait très froid dehors, la neige s’est transformée en glace pendant la nuit. Heureusement que notre utilitaire est équipé pour ce type d’intempéries.
Lorsque j’arrive sur le parking, c’est encore fermé. Seules quelques voitures sont déjà là. Certaines personnes ont dû penser comme moi. À cette période, il va y avoir foule d’ici deux heures.
Les portes s’ouvrent, je descends de la camionnette, prends un chariot et entre à l’intérieur du marché couvert, pressé d’être un peu au chaud. Je trouve tout ce qu’il y a sur la liste de Zack et sors satisfait de mes achats. Je manque de m’étaler tellement le sol ressemble à une patinoire.
En arrivant au véhicule, j’ouvre le coffre afin d’y mettre toutes les denrées achetées, mais le caddie allégé se met à rouler sur la pente verglacée. J’essaie de le retenir, mais je dois faire attention à ne pas me vautrer sur le macadam. Il prend de la vitesse au moment où une automobile fait une marche arrière. Je vois les feux-stop de celle-ci s’allumer, mais trop tard. L’engin de malheur s’engage le long de la carrosserie, puis finit sa course sur l’aile arrière de l’auto.
La portière s’ouvre brusquement, une jeune femme en descend.
— Mais, c’est pas vrai ! Ma voiture ! crie-t-elle.
— Je m’excuse, Mademoiselle, je suis désolé. Ce n’est pas ma faute, le cha…
— Non, c’est la mienne, peut-être ! Regardez ma carrosserie, vous auriez pu faire attention. Il y a assez de place sur le parking pour manœuvrer un simple caddie.
Je m’approche pour mieux voir, enfin c’est surtout la fille que je regarde.
Que voulez-vous, toutes les femmes m’attirent comme un aimant.
De loin, elle m’a déjà paru magnifique, mais de près : c’est une bombe atomique ! Des longs cheveux bruns, des yeux vairons des plus hallucinants qui lui donnent un certain mystère, un regard unique et extraordinaire, un teint de porcelaine. Je devine une silhouette bien dessinée et des courbes avantageuses malgré son manteau. Dieu seul sait que j’en ai connu des femmes, mais elle, elle est sublime. Je ravale ma salive, lui lance mon sourire ravageur. Ça marche à tous les coups. Je la veux, je l’imagine déjà nue, les jambes écartées sur mon lit.
— Je suis vraiment confus, il m’a échappé et a glissé sur la glace. Au...

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents