Seulement toi
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Description

Alors qu’il doit récupérer Lexie, la soeur de son meilleur ami, à l’hôtel W, Carlos se retrouve dans un coin privé avec une femme qu’il croit être une prostituée. Lorsqu’il découvre qu’il s’agit de celle qu’il devait retrouver, et raccompagner, il craint le pire. Contre toute attente, au lieu de le dénoncer, Lexie décide de profiter de la situation… Un jeu malsain s’installe entre eux, mais Carlos sera-t-il prêt à jouer selon les règles de Lexie? Et saura-t-il combler toutes les facettes de sa personnalité?
Seulement toi est une histoire d’amour parsemée de scènes BDSM, sauf que pour une fois, ce n’est pas juste l’homme qui tient la cravache…

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 09 février 2017
Nombre de lectures 3 477
EAN13 9782897676551
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0020€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Copyright © 2017 Sara Agnès L.
Copyright © 2017 Éditions AdA Inc.
Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.
Éditeur : François Doucet
Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Émilie Leroux
Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand
Photo de la couverture : © Adobe Stock
Mise en pages : Sébastien Michaud
ISBN papier 978-2-89767-653-7
ISBN PDF numérique 978-2-89767-654-4
ISBN ePub 978-2-89767-655-1
Première impression : 2017
Dépôt légal : 2017
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque et Archives Canada
Éditions AdA Inc.
1385, boul. Lionel-Boulet
Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada
Téléphone : 450 929-0296
Télécopieur : 450 929-0220
www.ada-inc.com
info@ada-inc.com
Diffusion
Canada : Éditions AdA Inc.
France : D.G. Diffusion
Z.I. des Bogues
31750 Escalquens — France
Téléphone : 05.61.00.09.99
Suisse : Transat — 23.42.77.40
Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99
Imprimé au Canada


Participation de la SODEC.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition.
Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
L., Sara Agnès, 1975-
Seulement toi
ISBN 978-2-89767-653-7
I. Titre.
PS8635.O911S48 2017 C843’.6 C2016-942265-8
PS9635.O911S48 2017
Conversion au format ePub par: www.laburbain.com
1
En avance
* * *
Carlos était de mauvaise humeur en rentrant au W, ce grand hôtel de la rue Lexington, New York. Son humeur était due à une foule de petites choses. Déjà, il était en avance sur l’horaire prévu. Le voilà coincé pour attendre, sans parler que conduire sur l’île de Manhattan était loin d’être son passe-temps favori. Mais que ne ferait-il pas pour Frank, son meilleur ami ? Et ce qui l’agaçait davantage encore, c’était le fait qu’il soit là pour récupérer Lexie, la sœur de Frank. Allait-il la reconnaître ? Il ne l’avait pas vue depuis… ouf ! Cinq ou six ans ? Les seuls souvenirs qu’il gardait d’elle, c’était son rire énervant et la façon dont elle le bouffait des yeux. Pas qu’elle était laide, non, mais baiser avec Lexie était hors de question. Pas seulement parce qu’elle était mineure, à l’époque, mais surtout parce que sa règle était claire : on ne touche ni aux sœurs des copains ni à leurs ex-petites amies. Voilà le meilleur moyen d’éviter les emmerdes avec eux.
Dans le hall d’entrée, il jeta un coup d’œil sur sa montre et soupira. Trente minutes d’avance. Lui qui croyait être en retard, c’était bien sa veine ! Le voilà confiné à attendre une f emme dans ce hall bondé de monde. D’un pas décidé, il marcha jusqu’au bar et se commanda une bière, rien de trop fort parce qu’il conduisait, bien qu’un scotch ait été tout indiqué pour évacuer son stress. À sa gauche, une jolie fille en robe d’été attira son attention. Mignonne et, il fut heureux de le remarquer, elle lui souriait. Un sourire qui laissait vaguement présager une invitation. Étrange. Il la scruta un moment, se demanda s’il ne s’agissait pas d’une prostituée. Après tout, dans un hôtel aussi onéreux, c’était possible. Il revéri fia l’heure à sa montre et prit le temps de réfléchir. Il n’avait jamais osé payer pour du sexe, mais il y avait une première fois à tout… Et puis, Lexie n’aurait qu’à l’attendre bien sagement pendant qu’il s’envoyait en l’air. Quel excellent moyen d’évacuer son stress en quelques coups de reins !
Décidé, Carlos délaissa son verre, puis quitta sa place pour venir se placer tout près de la jeune femme. Elle se tourna vers lui, mais il l’empêcha de dire le moindre mot en effleurant ses lèvres du bout des doigts.
— Chut, je n’ai pas beaucoup de temps. Suivez-moi.
Ses yeux bleus s’agrandirent de surprise, mais elle obéit et le suivit. Cela le rassura dans l’opinion qu’il s’était fait d’elle. Sans réfléchir, et surtout parce qu’il n’avait pas assez de temps pour se payer une chambre dans cet hôtel, il l’entraîna dans une salle de réception complètement vide et referma la porte derrière eux. Vu le temps qu’il comptait y passer, c’était amplement suffisant.
— Mais… ? commença-t-elle.
— J’ai dit « chut ».
Avant qu’elle n’ouvre de nouveau la bouche, il la plaqua contre le mur et la dévora du regard.
— Tu es bien jolie, toi. En général, je ne fais pas ce genre de choses, mais aujourd’hui, je suis pressé, alors…
Il glissa un pied entre les jambes de la jeune femme et l’obligea à les écarter d’un petit coup discret. Elle sursauta e t s e retrouva coincée entre le mur et lui. Sans hésiter, il glissa une main lourde sur sa taille et descendit caresser sa cuisse.
— Quel dommage que je n’ai pas un peu plus de temps… enfin… on fera avec.
Ses doigts s’aventurèrent entre les cuisses de la jeune femme qui hoqueta avant de poser une main sur son tor se po ur tenter de le retenir. Il s’immobilisa à l’orée de sa petite culotte et lui jeta un regard intrigué avant de demander :
— Je m’arrête ?
— Je…
Elle parut hésiter, puis secoua discrètement la tête. Retrouvant un sourire, il laissa ses doigts caresser l’intimité de cette jolie fille par-dessus sa culotte. Quand elle ferma les yeux, il sut que c’était gagné. Pourquoi en éprouvait-il un sentiment de fierté ? N’était-ce pas normal qu’elle le laisse faire ? Attiré par cette chaleur et cette humidité qui se faisait sentir à travers le tissu, il contourna le vêtement pour la pénétrer de deux doigts. Le corps de la jeune femme s’ouvrit comme une fleur. Pas seulement ses cuisses, mais son sexe également. Elle se laissa davantage choir contre le mur pour savourer les caresses qu’il lui offrait.
— C’est bien. J’aime les filles dociles. Et si tu t’occupais de moi, aussi ?
Concentrée sur les sensations qu’il faisait naître dans son corps, elle ouvrit les yeux avec difficulté, puis d’une main, chercha à défaire sa ceinture et à déboutonner son pa ntalon. Il soupira agréablement lorsque ses doigts fins s’enroulèrent autour de sa verge. Dans des gestes lents, elle l’astiqua de bas en haut, ce qui le fit ralentir la danse qu’il effectuait sur le clitoris.
— Comme ça ? demanda-t-elle avec un air faussement innocent.
— Oui. Ne t’arrête pas.
Pour effacer ce sourire satisfait qu’elle arborait sans scrupules, Carlos poussa de nouveau ses doigts en elle et la pénétra langoureusement jusqu’à ce qu’elle lâche un doux gémissement. Eh merde ! Il avait envie de la faire jouir. Il n’y était certainement pas obligé, mais voilà que cette magnifique bouche qui s’ouvrait et émettait de jolis sons l’inspirait énormément. Il voulait la voir grande ouverte et se tordre dans tous les sens sous les affres du plaisir. Oubliant la main qui le masturbait, il se concentra sur la jeune femme, les yeux rivés sur ses lèvres. Il savait très exactement ce qu’il avait envie de faire avec elle…
Par des gestes précis, il fit monter la tension dans ce petit corps à sa merci et la sentit aussitôt faiblir contre lui. Rapide, en plus. Voilà une qualité qu’il appréciait chez une femme. De sa main libre, elle s’accrocha à sa nuque, mais l’autre continuait de le caresser mécaniquement à faible rythme. Plus vite qu’il ne l’aurait cru, un cri étouffé résonna, puis d’autres, par petites saccades, alors que la tête de la jeune inconnue se cogna contre le mur. Dans la jouissance, elle se mit à le branler de plus en plus vite, plus rudement aussi. Il grogna pour garder la tête froide. Dans cette folie, il allait éjaculer en moins de dix secondes et ce n’était pas du tout ainsi qu’il avait l’intention de le faire. Il retint les gestes de la femme et souffla, plus comme une prière que comme un ordre :
— Ta bouche. Tout de suite.
Encore alanguie par l’orgasme qu’il venait de lui offrir, la jeune femme sourit et elle se laissa tomber à ses genoux pour le sucer avec douceur. Il huma ses doigts sur lequel il retrouva un délicieux parfum, puis les lécha lentement en se laissant porter par les douces caresses que lui procurait cette bouche aux courbes magnifiques. Le plaisir grimpa en lui. Voilà qu’il se sentait étonnamment excité d’être ainsi, entre des lèvres aussi agréables que douées. Pour une fois, il ne chercha même pas à se retenir. Il fallait faire vite et il avait bien envie de s’abandonner à l’instant. Par principe, il émit un râle annonciateur quelques secondes avant que son sperme n’envahisse cette bouche accueillante. Il jouit en serrant les dents, une main collée au mur pour garder son équilibre, puis tout s’effaça de son esprit.
La jeune femme continua de le sucer même si son sexe commençait à perdre de sa vigueur. Il resta un moment à savourer cette petite douceur, le temps de retrouver le contrôle de son corps, puis recula d’un pas.
— C’était… exquis, dut-il admettre.
Elle se mit à rire et il crut la voir rougir pendant qu’elle se relevait et replaçait sa robe. Il jeta de nouveau un œil sur l’heure, retint un juron en constatant que le temps avait filé plus vite que prévu et referma son pantalon. Sans attendre, il sortit son portefeuille de la poche intérieure de son veston.
— La vérité, c’est que… je n’ai aucune idée du prix p our ce ge nre de choses, mais qu’importe, je paierai ce qu’il faut.
Il sortit une liasse de billets et la dévisagea en attendant qu’elle énonce un chiffre, mais tout ce qu’il vit fut de la consternation dans un regard de glace. Merde. Ce n’était peut-être pas une pute, en fin de compte. Confus, il ramena les billets vers lui et se racla la gorge en espérant éviter la confrontation.
— C’est que… je suis un peu pressé, tenta-t-il d’expliquer. Je voulais juste… vous offrir une sorte de dédommagement. Pour un taxi ou…
— Ta gueule, Carlos !
Qu’elle l’appelle par son prénom le troubla, puis le soulagea. Ils se connaissaient ? Tant mieux ! Avec de la chance, il s’agissait d’une vieille connaissance et ils riraient de ce quiproquo. Il plissa les yeux sur elle, mais ne replaça pas son visage. Une aussi belle fille… il se serait forcément souvenu de cette bouche ! Peut-être n’avaient-ils jamais couché ensemble ? Avait-elle compris qu’il ne la reconnaissait toujours pas ? Quoi qu’il en soit, elle fronça les sourcils et s’écria, insultée par son comportement :
— Non seulement tu ne sais pas qui je suis, mais tu oses me prendre pour une pute ?
— Mais non, c’est juste que…
Comme si un voile venait de lui être retiré des yeux, il se tut avant de reconnaître la jeune fille, ou plutôt sa voix, ou peut-être même l’étincelle au fond de ce regard bleu…
— Lexie…
— Ah, quand même !
Un gardien se glissa dans la pièce, probablement alerté par les éclats de voix de la jeune femme, et demanda :
— Il y a un problème ?
— Non, certifia-t-elle avec un ton froid. Est-il possible d’avoir un taxi et quelqu’un pour m’aider avec mes bagages ?
— Mais… certainement, mademoiselle !
Dans un geste brusque, elle arracha la liasse de billets des mains de Carlos, une somme considérable. Bien trop pour ce qu’il en avait reçu en échange. Il tenta de tout reprendre, mais elle lui jeta un regard noir.
— C’est gentil d’être venu me chercher, mais je crois que je vais rentrer seule. Et merci pour le taxi.
Alors qu’il restait là comme un imbécile, Lexie marcha hors de sa vue pour suivre l’homme qui venait de les interrompre sans qu’il n’ait eu le temps de s’excuser. Il suivit les hanches magnifiquement découpées dans cette robe et songea qu’il n’avait pas eu la chance de voir ses fesses. Ni ses seins. Ni rien du tout, en fait…
Merde ! Comment avait-il pu ne pas reconnaître ce nez et cette bouche ! Son cœur se mit à battre la chamade lorsqu’il comprit dans quels draps il se trouvait : il venait d’éjaculer dans la bouche de la sœur de Frank. Il n’était pas mieux que mort ! Il se frappa le front et se maudit d’avoir cédé à cette impulsion ridicule ! Il avait intérêt à trouver une histoire pour s’expliquer avec son ami, autrement…
Décidément, c’était vraiment une mauvaise journée.
2
L’invitation

Carlos rentra au bureau en se traitant de tous les noms. Il se maudit d’avoir fait tout ce chemin pour rien, sans parler de l’argent qu’il avait perdu, suffisamment pour qu’un taxi emmène Lexie au moins deux fois à l’appartement de son frère, situé dans le New Jersey. Quant à Frank, il craignait de le voir surgir dans son bureau. Pourquoi l’avait-il envoyé là-bas, aussi ?
Alors que la journée était sur le point de se terminer et que Carlos s’apprêtait à rentrer chez lui, Frank arriva, dans tous ses états.
— Bon sang, Carlos ! Je ne te demandais pas la lune, il me semble !
Très vite, il se redressa et leva une main pour ramener le calme dans la pièce.
— Non, attends, laisse-moi t’expliquer.
— M’expliquer quoi ? T’as même pas été foutu de la récupérer ! Lexie a dû faire le trajet en taxi jusqu’à chez moi ! T’as intérêt à lui payer le trajet ! Je te rappelle qu’elle n’a pas les moyens de se payer un truc pareil ! Les prix sont doubles quand un taxi sort de l’île !
Carlos serra les dents en se remémorant la liasse de billets qu’elle lui avait prise, puis comprit enfin les propos de so n ami : Lexie ne lui avait donc rien dit ?
— Alors, qu’as-tu à dire pour ta défense ? insista Frank.
— Rien. Je… j’y suis allé, mais elle n’était déjà plus là.
Un mensonge. Le voilà qui mentait à son ami. N’aurait-il pas dû tout lui dire, tout simplement ?
— Tu veux savoir ? reprit Frank. Je crois que t’avais la frousse de revoir ma sœur parce qu’elle avait le béguin pour toi, il y a cinq ans. Mais je t’arrête tout de suite ! Elle a des tas de mecs à ses pieds maintenant. Elle n’a plus dix-sept ans, mon vieux, mais vingt-deux. Et des gars, ce n’est pas ce qui lui manque.
Vu la façon dont elle l’avait sucé, Carlos n’avait aucun mal à y croire. Avant qu’il ne trouve de quoi rassurer Frank, celui-ci se planta près de lui et tapota son épaule.
— Écoute, vieux, si tu veux faire une bonne action, excuse-toi de ne pas être venu la chercher. C’est ma sœur, tu comprends ? J’aimerais qu’elle reste un peu plus que deux semaines, qu’elle se trouve un stage à New York… Paris, c’est mignon, mais tu sais bien que les opportunités, c’est ici qu’elles se trouvent !
Carlos ne répondit pas. Il connaissait les motivations de Frank depuis assez longtemps pour savoir qu’il ferait l’impossible pour garder sa sœur ici. Que devait-il faire ? Une partie de lui avait très envie de se cacher sous terre, mais l’autre… de revoir Lexie. Et puis, son ami n’avait pas tort : il avait tout intérêt à s’excuser…
— Je vais y penser, dit-il simplement.
— Demain soir, je fais une soirée pour souligner son arrivée. Viens faire ton tour. Discrètement, tu lui dis que tu t’excuses et que tu vas faire jouer tes contacts pour lui trouver un stage dans le coin…
— Hé !
— Quoi ? Bon sang, Carlos, t’as baisé assez de filles d ans cett e ville pour tuyauter ma sœur dans une revue quelconque !
Pas faux, mais pourquoi ferait-il ça pour Lexie ? Enfin… sauf pour ce qui s’était produit un peu plus tôt. Et sauf aussi parce que c’était la sœur de Frank, mais…
— Ta sœur a sûrement envie de faire ses preuves toute seule, finit-il par dire.
— Tu déconnes ? On est à New York, vieux ! Pas dans un bled pourri ! Et elle ne veut pas devenir serveuse dans u n b ar, mais journaliste dans une revue ! Tu peux bien faire ça pour elle, après tout !
Carlos soupira et s’essuya le visage en espérant retrouver un semblant de calme. Déjà, elle n’avait rien dit à son frère. Est-ce que ça ne méritait pas un peu de bonne volonté de sa part ? Quoique… elle avait peut-être l’intention de le faire chanter, qui sait ?
— Je vais y réfléchir, fut tout ce qu’il trouva à dire.
Son ami retrouva un sourire étincelant.
— C’est déjà ça. Bien, il faut que je rentre. On se voit demain soir ? Et tâche de ne pas avoir l’air con ! Je te promets qu’il y aura plein de minettes. Je t’ai déjà parlé de Judith, la fille avec beaucoup d’avenir ?
Avec les mains, il lui fit comprendre que ladite personne avait une grosse poitrine. Généralement, Carlos lui aurait posé quelques questions pour savoir s’il avait déjà couché avec cette fameuse Judith ou s’il prévoyait de le faire, mais il afficha un simple sourire. En réalité, il ne songeait qu’à une chose : comment allait-il aborder Lexie après ce qui s’était produit à l’hôtel ?
3
Nerveux

Pour l’une des rares fois de sa vie, Carlos était nerveux en allant chez Frank. Et pas parce qu’il allait revoir une minette qu’il avait baisée, non. Ça, il en avait l’habitude, vu le nombre de filles qui passaient dans son lit. Ce qui l’angoissait, c’était que cette minette-là était la sœur de Frank et, accessoirement, qu’il l’avait prise pour une prostituée. Que pouvait dire un gars pour se faire pardonner d’un truc pareil ? Rien, probablement.
Frank n’avait pas menti. Il y avait beaucoup de personnes dans son appartement ; plus de filles que de garçons, comme à son habitude. Après avoir brièvement salué son associé, il récupéra une bière et fit le tour de la pièce principale. C’est là qu’il remarqua Lexie. Ce soir, elle ne portait pas une mignonne petite robe d’été, mais une robe noire qui moulait son corps à la perfection. Ses cheveux bruns avaient été remontés de chaque côté par des pinces et quelques boucles dansaient librement sur sa nuque. De toute évidence, la gamine était devenue une femme. Et quelle femme ! De là où il se trouvait, il pouvait voir sa jolie bouche teinte en rouge qui souriait à un jeune homme qui devait lui raconter tout et n’importe quoi pour l’impressionner. Il avait suffisamment dragué pour savoir le genre de bêtises qu’on déblatérait quand on voulait baiser une fille…
Il s’attarda un moment sur les lèvres de Lexie et une légère pression s’exerça dans son caleçon quand il se remémora comment elle avait sucé sa verge. Merde ! Il fallait qu’il se ressaisisse. Et vite ! Il n’était là que pour s’excuser. Point barre. On ne devait pas toucher à la frangine des copains, c’était une règle, bon sang !
Décidé à en terminer le plus rapidement possible avec cette histoire, il but une bonne rasade de bière et se décida à marcher en direction de Lexie. Une femme aux courbes alléchantes lui barra le chemin, puis se mit à boire sa bière à grandes gorgées, terminant le tout en léchant le goulot de façon suggestive. Amusé, Carlos l’observa et fit mine d’être intéressé par son spectacle. Elle afficha un sourire satisfait et hocha la tête.
— Je suis Judith.
Instantanément, il lorgna la poitrine généreuse qu’elle arborait devant lui, ce qui sembla lui plaire.
— Carlos, dit-il enfin.
— Je sais. T’es l’associé de Frank. Un putain d’avocat, qu’il dit. Et un chaud lapin, à ce qu’il paraît…
Il étouffa un rire, mais il connaissait déjà sa réputation, surtout celle que se plaisait à lui créer son ami Frank. Pas tout à fait fausse, d’ailleurs. Et à en voir la façon dont Judith attendait une invitation de sa part, certaines l’appréciaient autant que lui.
— Disons que je me débrouille, finit-il par dire.
Un coup d’œil derrière Judith lui permit de retrouver le corps délicat de Lexie. Pour la seconde fois, son sexe s’éveilla. Juste assez pour que cela l’énerve. Merde ! Pourquoi avait-il fallu qu’elle le suce aussi bien, hier après-midi ? Elle n’aurait pas pu le faire plus vite ? L’écorcher un peu avec les dents ? Allez, il fallait qu’il règle cette histoire une bonne fois pour toutes et qu’il se la sorte de la tête ! Détachant son regard de la jeune femme, il vint le reposer sur Judith.
— Écoute, euh, j’ai un petit truc à régler, mais… on pourrait peut-être se recroiser plus tard ?
— Avec joie, beau brun.
Il n’aimait pas trop qu’on lui donne des surnoms av ant u ne séance de baise, mais il passa outre. Autant se garder une fille sous la main au cas où la tension devienne intenable. Alors qu’il prenait congé de Judith, il remarqua que Lexie avait perçu sa présence et tournait un regard sombre vers lui. Était-ce à cause de ce qui s’était produit hier après-midi ou parce qu’il parlait avec une jolie fille à grosse poitrine ? N’avait-elle pas le béguin pour lui, à l’époque ? Cela pouvait-il jouer en sa faveur ?
Sous le regard appuyé de Frank, il commença à marcher vers elle. Mais comment pourrait-il parler avec Lexie en sentant le regard de son ami braqué sur lui ? Lorsqu’il arriva à côté de la jeune femme, elle avait repris sa discussion avec son cavalier. Tant pis pour lui. Il s’interposa entre eux un peu abruptement.
— Lexie… je voudrais… il faut qu’on parle.
Déjà, il bafouillait comme un idiot. Il se traita d’imbécile en silence et ajouta, en fortifiant son regard sur elle :
— En privé.
— Je suis occupée, là.
— J’en ai pour cinq minutes.
Malgré lui, il songea que vingt minutes seraient préférables, surtout s’ils recréaient la scène de la veille. Idée qu’il chassa au quart de tour en essayant de rester détaché, mais c’était difficile, avec cette bouche qui se tortillait dans tous les sens.
— Bon… on va par là, annonça-t-elle en pointant l’arrière de la pièce du menton.
Elle s’excusa auprès du jeune homme et il la laissa passer avant de la suivre. Il ne put s’empêcher d’admirer la taille fine et les hanches généreuses qu’elle avait mises en évidence avec cette robe moulante. Il s’imaginait déjà poser les mains de chaque côté de cette croupe et la prendre d’une délicieuse façon… Eh merde ! Voilà qu’il se remettait à rêvasser. Il releva les yeux pour laisser son esprit être accaparé par autre chose que par ce joli petit cul, mais dès que Lexie l’entraîna dans une pièce isolée, des tas de scénarios lui passèrent par la tête. Pourquoi fallait-il qu’ils se retrouvent seuls ? Il s’était imaginé qu’elle l’emmènerait dans un coin à l’écart, mais jamais dans une pièce où ils pouvaient… euh… parler.
4
Chaud lapin

Lexie referma la porte sur eux, estompant du même coup la musique et les plongeant dans une intimité agréable. Trop agréable.
— Voilà. Je t’écoute, dit-elle en s’adossant contre la porte.
Même s’il songeait à cette rencontre depuis hier soir, voilà qu’il ne savait plus quoi dire. Dans cette robe, Lexie était belle. Une véritable glace qu’il avait très envie de lécher de bas en haut. Il détourna la tête quelques secondes pour retenir son trouble. Voilà qu’il se mettait à bander comme un idiot ! Pour éviter qu’elle ne le remarque, il replongea son regard dans le sien et entreprit d’établir la conversation :
— Je voulais… pour hier…
— T’excuser, oui, je m’en doute.
Agacé par son ton condescendant, il songea à se braquer et à lui rappeler qu’il n’était pas le seul en faute dans cette histoire. Après tout, n’avait-elle pas cédé à ses avances ? Et plutôt rapidement, si sa mémoire était bonne ! Durant ce bref instant de silence, les yeux de Lexie louchèrent plus bas. Beaucoup plus bas. Et un petit sourire apparut sur sa bouche. Merde ! Elle voyait son érection ! Nerveux, il reprit, espérant qu’elle plonge à nouveau son regard dans le sien :
— Je te suis reconnaissant de…
— De t’avoir sucé ? l’interrompit-elle avec une voix moqueuse. Ou es-tu seulement heureux parce que je t’ai laissé éjaculer dans ma bouche ?
Les yeux rivés sur ces lèvres rouges, il laissa des images de la veille lui revenir en tête et la tension monta d’un cran dans son caleçon. Le sourire de Lexie se confirma. Sans attendre, comme s’il ne pouvait pas y résister, il franchit les trois pas qui le séparaient d’elle et la plaqua contre la porte. Elle hoqueta de surprise, mais ne tenta pas de le repousser. Pas même lorsqu’il écarta l’une de ses jambes pour la positionner sur lui afin de placer son sexe encore prisonnier contre le sien.
— Ça t’excite, ma jolie ?
Elle hocha simplement la tête, fit mine de le regarder de haut avant d’ordonner :
— Ta bouche. Tout de suite.
Carlos étouffa un rire devant cet ordre. Le même qu’il lui avait donné, la veille. Et il ne se fit pas prier pour se laisser tomber à genoux. Rudement, il remonta la robe sur la taille de Lexie, lui arracha la culotte sans ménagement et sans prendre le temps de la lui retirer. La jeune femme râla lorsque le tissu céda :
— Aïe !
— Tu t’en achèteras une autre avec mon argent, railla-t-il. Il doit bien t’en rester un peu, non ?
Elle gloussa en retrouvant un petit sourire satisfait, le laissa remonter une jambe sur son épaule et gémit lorsque la bouche de Carlos s’insinua entre ses cuisses. Le sexe de la jeu ne femme était doux et déjà bien humide. Était-ce à cause de l’autre imbécile dans la pièce d’à côté ? Tant pis pour lui, songea Carlos, car il y aurait goûté le premier ! Et quel délice !
Les doigts de Lexie s’accrochèrent à sa tête, puis à ses cheveux qu’elle tira sans ménagement. Parfois en geignant, parfois pour le ramener vers elle. Carlos la dégustait, puis se mit à la dévorer, enfouissant son visage en elle, retenant son souffle et faisant vibrer ses lèvres autour de son clitoris. Elle jouissait divinement bien, même ainsi, en tentant de retenir ses cris. Des gloussements résonnaient et elle soufflait des « Oh oui, c’est bon, ne t’arrête pas ». S’arrêter ? C’était hors de question ! Il allait la faire jouir et la baiser pour son plus grand plaisir. Son érection lui rappelait l’état d’urgence dans lequel il était et il remercia le ciel d’avoir remis des préservatifs dans son portefeuille.
Quand les prémisses de la jouissance se firent entendre, Carlos resserra sa poigne sur la cuisse de Lexie et augmenta la pression de sa bouche. Elle fut prompte à perdre la tête, à croire qu’elle n’essayait même pas de lui résister. Un jet de cyprine coula sur sa langue et il le lapa doucement pendant qu’elle se laissait choir contre la porte dans un râle las.
— Putain… t’es vraiment un chaud lapin, toi, dit-elle dans un rire.
Décidément, sa réputation avait fait le tour des connaissances de Frank. Il avait peut-être intérêt à lui en toucher deux mots !
Lentement, il se redressa et aida la jeune femme à reprendre pied avant de s’essuyer la bouche du revers de la ma nche de sa chemise. Incapable de parler, il s’empressa de sortir son portefeuille pour en récupérer un préservatif lorsqu’elle gronda :
— Hé ! Tu ne vas pas…
Il lui montra le sachet entre deux doigts en relevant le s ye ux vers elle. Lexie referma la bouche, mais parut consternée.
— C’est que… les gens sont juste à côté…
— Quelque chose me dit que ça t’excite de baiser en public, ma jolie.
Il se redressa et défit prestement sa ceinture, sortit sa verge gonflée à bloc et lui jeta un regard avant de déchirer le sachet entre ses dents. Elle l’observait, les yeux rivés sur son sexe, dans un immobilisme inquiétant. À contrecœur, il marmonna :
— Si tu veux refuser, je te suggère de…
— Ta gueule et baise-moi.
Son ton dénotait une certaine urgence. La même que lui, probablement. Pour sa part, son gland pulsait à vouloir autant être en elle. Dans des mouvements rapides, il déroula le préservatif sur sa verge et releva de nouveau la jambe de Lexie qui se retrouva coincée contre la porte. D’un coup de re in, il la prit et ferma les yeux en savourant l’instant de cette première pénétration. Les bras de la jeune femme s’accrochèrent à ses épaules alors qu’il la pilonnait avec bruit contre la porte. De gémissement en gémissement, des ongles s’enfoncèrent dans ses vêtements, puis dans la chair de sa nuque. Il grogna comme un ours, excité de cette fureur qu’il sentait monter en elle et de ces petites marques de rudesse qu’elle laissait sur son corps. Sans se soucier des cris et des gens de l’autre côté de cette porte, il la baisa de plus en plus fort, incapable de retenir ses coups de bassin.
— Oh, qu’est-ce que je vais jouir, annonça-t-il.
— Non ! Pas encore ! Plus fort !
Plus fort ? Bon sang ! S’il continuait ainsi, ils allaient défoncer cette porte ! Tant pis ! Il retint son éjaculation, la souleva un peu plus haut car la sueur faisait glisser sa chair entre ses mains. Ainsi, il parvint à la prendre par grands coups secs, lui arrachant un cri chaque fois qu’il s’enfonçait en elle.
Pour éviter de perdre la tête, Carlos garda les yeux rivés sur la bouche ouverte de Lexie. Il se délectait du spectacle d e ce tte femme en proie au plaisir. Il emprisonna la lèvre inférieure de la jeune femme entre ses dents et y mordit comme un fruit mûr. Un râle sauvage résonna et vibra sur sa bouche, puis des griffes dans sa chair le firent sursauter. Elle jouissait, comme ça, sans prévenir ! Grisé par cette intensité féroce, il perdit la tête à son tour en basculant la tête vers l’arrière.
Le bruit de leurs souffles entremêlés résonna un moment, puis Carlos se laissa tomber à genoux, épuisé d’avoir soulevé la jeune femme aussi longtemps. Sa bouche avait un goût de sang et il ouvrit les yeux pour vérifier qu’il n’avait pas mordu la lèvre de la jeune femme trop fort. Elle lui sourit, la bouche gonflée et les cheveux légèrement défaits, puis s’essuya la lèvre d’un coup de langue magnifique.
— J’aime quand c’est un peu rude, admit-elle.
Soulagé par ses propos, il sourit à son tour, puis se détacha d’elle pour remettre de l’ordre dans ses vêtements. Sa nuque lui parut douloureuse, signe que Lexie ne serait probablement pas la seule à garder des traces de leurs ébats. Étrangement, il en fut ravi. Pendant qu’elle replaçait sa ro be et se s cheveux, il reprit, sachant que le temps leur manquait :
— Pour hier…
— Je sais, t’es un sale con, l’arrêta-t-elle sans relever les yeux vers lui. Ne t’inquiète pas, je ne le dirai à personne.
Malgré l’insulte, il sourit davantage.
— Merci de ne pas en avoir parlé à Frank.
Enfin, Lexie remonta son regard sur lui, aussi belle qu’au début de cette soirée, comme s’il ne s’était jamais rien passé dans cette pièce.
— Qui je baise ne regarde que moi, compris ?
— Compris.
— Et ne va pas te faire des idées. Je voulais juste vérifier que tu étais à la hauteur de ta réputation.
Intrigué, il la retint d’ouvrir la porte et posa un regard curieux sur elle.
— Alors ? Suis-je à la hauteur de ma réputation ?
Elle pinça les lèvres et haussa les épaules.
— C’était pas mal, mais j’ai connu mieux.
D’une main sur son torse, elle le repoussa pour libérer la porte et quitta la pièce en le laissant en plan. La garce ! Venait-elle vraiment de lui dire qu’elle avait connu mieux ? Mais il avait eu quoi ? Dix minutes, top chrono ? Décontenancé par ses propos, il récupéra le bout de culotte déchiré sur le sol, le fourra dans sa poche et sortit à son tour.
Il l’avait peut-être baisée, mais il n’allait certainement pas en rester là ! Il avait une réputation à tenir, après tout !
5
La promesse

De retour parmi la foule, Carlos retint son souffle lorsque Frank se planta devant lui.
— Alors ? Elle t’a pardonné ?
Il haussa les épaules. Lexie lui avait-elle pardonné ? Comment savoir ? Elle n’avait pas exactement utilisé ces termes lorsqu’elle lui avait ordonné de la baiser.
— Je crois, lâcha-t-il.
— Bien . Tu vas essayer de lui trouver un stage ?
Carlos soupira.
— Ta sœur veut sûrement faire ses preuves elle-même. Et puis… qui te dit qu’elle a envie de rester ici ?
— Arrête, vieux ! C’est New York ! Tout le monde veut rester ici ! Donne-lui une semaine et elle voudra ce fichu stage, OK ? Tout ce que je dis, c’est… parles-en à quelques-uns de tes contacts. Tiens, la folle qui hurlait au lit. Elle n’était pas dans cette revue pour nanas ? Comment elle s’appelait, déjà ?
— Claudia.
— Non ! Pas la fille, la revue.
Il haussa les épaules.
— Je ne me rappelle plus trop.
— Retrouve l’info, tu veux ? Tu ne vas quand même pas laisser ma petite sœur se démerder dans une ville comme New York !
Agacé par la façon dont il insistait, Carlos lâcha un soupir lourd, mais lorsque son regard croisa celui de Lexie, coquin à souhait, il ne put s’empêcher de songer à cette idée. Pourquoi n’aiderait-il pas la jeune femme à se trouver un stage ? En contrepartie, il saurait lui montrer de quel bois il se chauffe…
Tentant de garder un ton détaché, il lâcha :
— File-moi déjà son CV. Je verrai ce que je peux faire.
— Ah ! Là, tu parles ! Mais ne va pas la fourguer à un vieux dégueulasse ! N’oublie pas que c’est ma sœur !
Comment pouvait-il l’oublier ? Enfin… à part pendant les moments où il la baisait… Même si Frank était son meilleur ami, il ne ressentait aucune culpabilité. Était-ce parce qu’il s’était régalé en baisant Lexie ? Possible. En tous les cas, il ne dirait pas non si elle voulait le sucer une nouvelle fois…
Au loin, la jeune femme avait retrouvé l’homme qui la draguait avec un sourire niais. L’avait-il suffisamment baisée pour qu’elle refuse ses avances ? Peut-être pas. Pourquoi cela le dérangeait-il ? À sa gauche, Judith apparut comme par enchantement et posa une main sur son torse.
— Alors, mon beau brun. T’as réglé tes trucs ? T’as envie qu’on aille faire un tour, maintenant ?
Il reporta son attention sur la pulpeuse brunette à grosse poitrine et haussa les épaules. En réalité, il n’avait pas envie de cette bouche-là. Repoussant la main qui tentait de s’approprier sa personne, il secoua la tête.
— Désolé. Une autre fois, peut-être ?
Sans lui accorder d’attention supplémentaire, il tourna les talons. Au passage, son regard s’accrocha à celui de Lexie qui parut amusée de le voir refuser les avances d’une autre. D’un air entendu et sans la quitter des yeux, il glissa ses doigts enduits de son odeur sous son nez en laissant apparaître un petit sourire. En guise de réponse, elle se lécha la lèvre inférieure. Déjà, il sentit que son membre reprenait du service et grogna discrètement avant de détourner son attention autre part.
Malgré la petite insulte qu’elle lui avait balancée au visage, il avait la sensation que Lexie voulait jouer avec lui. Or, voilà qu’il se sentait l’esprit d’un grand joueur. D’un air entendu, il la salua d’un bref signe de tête et quitta l’appartement.
Bientôt, elle ne pourrait plus dire qu’elle avait connu mieux. Il s’en faisait la promesse.
6
Bref souvenir

Lexie écoutait d’une oreille distraite les paroles de Dean. Il tentait de se rendre intéressant, mais il parlait tellement vite qu’elle avait du mal à comprendre la moitié de ses mots. Pour le principe, elle hochait la tête et faisait de petits « hum, hum », mais la plupart du temps, elle se léchait l’intérieur de la lèvre, là où la douleur d’une morsure était encore vive et ramenait le souvenir de Carlos dans sa mémoire.
Quel salaud, celui-là ! Dire qu’il l’avait prise pour une pute et voilà qu’il s’était remis à bander juste en la revoyant. Dans son for intérieur, Lexie ne s’était jamais attendu à plus qu’une baise improvisée avec Carlos, et probablement quand il serait saoul. À l’hôtel, c’était loin d’être la baise du siècle, mais depuis le temps qu’elle attendait son tour, elle ne pouvait pas rechigner à cause d’un aussi petit détail ! Et ce soir… wow ! Même s’il n’était plus là, Lexie sentait encore sa chatte vibrer sous cette bouche gourmande.
— Tu m’écoutes ?
— Hein ?
Elle reporta son attention sur Dean et s’excusa en pré­textant avoir reconnu quelqu’un parmi la foule d’invités. En réalité, elle avait seulement envie d’être seule et de se repasser la scène qu’elle venait de vivre avec Carlos. Dire qu’il avait refusé les avances de la bimbo aux gros seins. Bimbo avec qui son frère était désormais en grande discussion de drague, les yeux plantés dans son décolleté. Déci­dément, elle ne comprendrait jamais les hommes. Ils avaient pour règle de ne jamais baiser les ex ou les sœurs des copains, mais ils pouvaient se passer une bimbo ! Allez comprendre la logique !
Alors qu’elle s’éclipsait dans un coin pour se resservir un verre, elle laissa un sourire fier transparaître sur son visage. En couchant avec elle, Carlos avait transgressé sa stupide règle. Et elle ne doutait pas qu’il n’en dirait pas un mot à son frère… Voilà qui était intéressant ! Avec un peu d’audace, elle pourrait même le faire chanter. Du sexe contre son silence… pourquoi pas ? Après tout, il l’avait bien insultée, à l’hôtel !
— Ah, Lexie, tu es là !
Frank apparut à sa gauche et lui présenta Judith qui venait de se trouver un autre mâle pour la soirée. De toute évidence, elle ne tenait pas à le perdre, celui-là, car elle lui collait aux fesses comme une seconde peau.
— Alors, c’est réglé entre vous ? questionna Frank.
— Hum ? fit sa sœur sans comprendre la question.
— Avec Carlos ! Il s’est bien excusé de t’avoir posé un lapin à l’hôtel, pas vrai ? Il m’a dit qu’il allait te payer le taxi et essayer de te trouver un stage dans une revue pour que tu restes un peu plus longtemps à New York.
Elle écarquilla les yeux de surprise. Carlos allait faire en sorte qu’elle reste un peu plus longtemps ? En voilà une information de taille ! Pourquoi ? Avait-il envie de jouer un peu plus longtemps avec elle ? Voilà qui promettait d’être fort intéressant…
— Il a déjà payé le taxi, dit-elle en retenant un sourire malicieux d’apparaître sur son visage.
— Et maintenant, mets ton CV à jour pour qu’il puisse y jeter un coup d’œil. Il a sûrement des contacts dans le domaine.
Elle leva les yeux au ciel en sifflant :
— Encore une pétasse qu’il a baisée.
Son frère se mit à rire de façon désagréable, ce qui lui confirmait qu’elle avait vu juste, mais ses dires allèrent dans un tout autre sens.
— C’est peut-être un coureur de jupons, mais c’est aussi un très bon avocat. Il a des amis dans bien des milieux. Et pas juste des pétasses.
— Mouais… ça reste à voir.
— Allez, Lexie, tu ne risques rien à lui envoyer ton CV.
Il insistait pendant que la bimbo affichait un air agacé, du genre : « Tu viens, on rentre ? », sauf que c’était chez Frank, ici.
— Mais oui, je lui enverrai, lâcha-t-elle en forçant son visage à paraître détaché de la situation.
— Parfait. Là, je te reconnais ! Je suis sûr qu’il va te dégoter un truc génial !
— Mouais, répéta-t-elle en portant son verre à ses lèvres.
La bimbo se mit à lui tirer le bras et le couple repartit en direction de la foule. Plantée à côté du comptoir, Lexie sou pira. Elle était lasse et n’avait plus envie de voir les aut res. Tant pi s. Elle jouerait la carte du décalage horaire pour pouvoir s’éclipser dans sa chambre… et rêvasser de Carlos…
7
Le rendez-vous

Carlos relisait un dossier concernant une garde d’enfant plutôt litigieuse lorsque Frank entra en coup de vent dans son bureau et déposa quelques feuilles devant lui.
— Tiens !
Le nom d’Alexandra Cassivi apparut sous son regard et il comprit qu’il venait de recevoir le CV de la petite Lexie.
— C’est tout ? demanda-t-il en feignant d’être déçu.
— Quoi « c’est tout » ? C’est ce que t’as demandé, non ?
— Mais je ne connais rien aux formations françaises.
Contrarié, Frank croisa les bras et se mit à taper du pied.
— T’essaierais pas de te défiler ? Je te signale que j’ai fait des pieds et des mains pour lui trouver un téléphone, ce matin, pour qu’elle puisse recevoir des appels.
Carlos retint un sourire. Ainsi, elle était joignable. Il laissa son regard retrouver l’information sur le document et en ressentit une petite pointe de satisfaction. Voilà qui était intéressant. Et ce CV était une excellente raison de contacter Mlle Cassivi…
— Tout ce que je dis, c’est que je vais probablement devoir lui poser quelques questions pour comprendre ce qu’elle cherche comme stage. Je ne veux pas faire jouer mes contacts pour la fourguer n’importe où.
Soulagé, Frank hocha la tête.
— Bien sûr. T’as qu’à l’appeler.
— Et je vais lui demander des références, tu t’en doutes. Et j’aimerais bien lire des bouts de textes qu’elle a déjà écrits…
— Évidemment ! Je ne sais pas pourquoi elle n’en a pas mis avec son CV.
Carlos sourit un peu plus. Peut-être que Lexie avait envie de le revoir, elle aussi ? Voilà une belle occasion de vérifier jusqu’où la jeune femme était prête à aller pour obtenir un stage de qualité… Déjà, il bandait comme un fou sous son bureau.
— Je lui demanderai peut-être de passer ici pour qu’on en parle, reprit-il. Ça t’embête ?
— Pas du tout ! C’est même une excellente idée ! soutint Frank. Quand veux-tu qu’elle passe ? Demain après-midi ?
De toute évidence, Frank prévoyait être présent lorsque sa sœur viendrait, alors Carlos fit mine de jeter un œil à son emploi du temps tout en repassant celui de son ami.
— Ce serait mieux le matin, avant mes premiers rendez-vous.
— Oh… c’est que… j’ai ce truc avec la veuve Rescott, demain matin…
— Elle n’a qu’à venir seule ! Ce n’est plus une enfant, tu sais ?
C’était même une très jolie jeune femme, eut-il envie de préciser. Et une sacrée garce, au passage, mais il préférait que cela reste son petit secret. Devant l’air inquiet de Frank, il insista :
— Allons ! Tu habites à trois rues de l’arrêt de bus et elle va descendre à deux pas d’ici. Que veux-tu qu’il lui arrive ? Et quand elle sera en stage, tu ne pourras pas toujours être là !
Avant que son ami ne donne son aval, il gribouilla le nom de Lexie dans son agenda en statuant :
— On va dire huit heures et demie. Ça nous donnera un petit trente minutes pour mettre les choses au point.
— Euh… OK, bien… je le lui dirai.
Frank semblait mis devant le fait accompli et Carlos n’en était que plus soulagé. Il serait absent lorsque sa sœur viendrait à lui. Il aurait préféré lui donner un rendez-vous de vive voix, mais peut-être que le silence était mieux. Cela ferait planer le doute dans l’esprit de la jeune femme en ce qui avait trait à la nature de cette rencontre. Pendant un peu plus de trente minutes, Lexie serait toute à lui, dans son bureau, sur son territoire. Et il pourrait en user comme b on l ui semble.
Déjà, les idées affluaient dans sa tête…
8
La rencontre

Lexie prit soin de se vêtir de façon professionnelle, mais légèrement sexy. Autrement dit : rien qui ne puisse mettre le soupçon à l’oreille de son frère sur ce qu’elle comptait faire dans le bureau de Carlos. Cette liaison secrète lui plaisait bien, tout compte fait. Elle n’avait pas la moindre envie que son frère s’immisce dans ses histoires. Et Carlos avait exigé une rencontre, preuve subtile qu’il désirait la revoir, autrement il lui aurait simplement téléphoné, n’est-ce pas ?
C’est donc relativement confiante qu’elle entra dans le cabinet d’avocat de son frère, un dossier sous le bras, et annonça à la réceptionniste qu’elle avait rendez-vous avec Carlos Garcia. Rien n’aurait pu présumer qu’elle venait chercher bien plus qu’un stage. Après tout, il l’avait bien baisée dans un hôtel, dans une pièce adjacente à l’entrée bondée de monde, pourquoi ne se risquerait-il pas à le faire dans son propre bureau ?
Moins de trois minutes plus tard, Carlos apparut à l’accueil, la salua d’une poignée de main ferme et lui fit signe de le suivre. Pas un regard déplacé sur sa tenue, comme s’il ten ait à la rigueur professionnelle devant ses employés. Elle joua le jeu, ne laissa rien transparaître de l’envie qui la te naillait dep uis son réveil et s’installa dans le fauteuil situé devant son bureau pendant qu’il refermait la porte.
— J’ai parcouru ton CV, annonça-t-il sur un ton détaché, mais comme je ne connais rien aux écoles françaises, il va falloir que tu m’éclaires un peu sur ta formation. Et aussi sur le genre de stage que tu aimerais dénicher à New York.
Elle hocha la tête. Son frère lui avait déjà raconté cette histoire, mais était-elle seulement vraie ? Au bout de plusieurs secondes, Carlos reporta son attention sur elle.
— As-tu apporté quelques exemples d’articles que tu as déjà produits ?
— Bien sûr.
Déposant le dossier sur le bureau, elle le poussa vers lui, mais il l’arrêta d’un geste de la main.
— En réalité, je me disais que tu pourrais m’en lire un à voix haute, histoire que je puisse jauger de ton talent d’écriture. Et de ton accent, tant qu’à y être.
Elle afficha de la surprise, puis un sourire éclaira son visage. Ainsi, il voulait encore jouer ? Quelque chose la rassurait dans ce constat, car devant tant de froideur, elle s’était demandé s’il n’avait pas prévu de garder ses distances.
— J’espère que ça ne te dérange pas, insista-t-il d’une voix chaude.
— Pas le moins du monde.
— Bien. Je t’écoute.
Il s’installa confortablement dans son fauteuil et joignit le bout des doigts dans un triangle quasi parfait. Un peu nerveuse, Lexie ouvrit son dossier, récupéra son meilleur article parmi la série apportée et se mit à lire sur un ton ferme. Moins de deux phrases plus tard, il secoua la tête.
— Si tu étais debout, je crois que ça le ferait mieux. Niveau voix, expliqua-t-il pendant qu’elle le questionnait du regard.
Sans argumenter, elle se leva et comprit qu’il instaurait véritablement un jeu. Debout, il aurait tout le loisir d’admirer sa petite jupe noire, un peu étroite, mais pas suffisamment courte pour lui montrer ses cuisses. Se tenant droite, elle reprit la lecture. Au bout du premier paragraphe, alors qu’elle marquait une pause, Carlos se leva et elle posa mé caniquement le s yeux sur lui pour voir ce qu’il faisait, mais d’un geste de la main, il lui fit signe de poursuivre. Elle reprit donc sa lecture pendant qu’il entreprit de marcher dans le bureau, en faisant mine de se concentrer sur le texte. Enfin, il se positionna à ses côtés et pointa le meuble de l’index.
— Pose le texte ici.
Devant son visage rempli d’incompréhension, il lui retira le papier des mains et le posa à plat sur le bureau, puis ordonna, sur une voix plus ferme :
— Penche-toi vers l’avant et continue ta lecture.
Elle retint un rire, mais une petite vague d’excitation lui traversa le ventre. Enfin ! Pendant un moment, elle avait cru s’être trompée sur les motivations de Carlos ! Espérant accélérer le jeu, elle posa ses mains de chaque côté de la feuille et se pencha de façon peu conventionnelle au-dessus du meuble, laissant sa jupe remonter légèrement jusqu’à la moitié de ses cuisses.
— Comme ça ? demanda-t-elle avec un air coquin.
Il hocha la tête d’un air satisfait et lui répéta de se remettre à la lecture. Dans sa position, elle ne pouvait voir s’il bandait déjà, mais ce n’était plus qu’une question de minutes avant de le savoir. Qu’allait-il lui demander ? Allait-il la prendre ainsi, sur ce bureau ? Alors qu’elle cherchait l’endroit où sa lecture s’était arrêtée, elle sentit que sa voix était moins ferme, déjà essoufflée. Pas nécessairement à cause de cette posture, mais bien à cause de l’excitation qui faisait rage dans sa petite culotte.
Moins de deux phrases plus tard, il l’interrompit de nouveau.
— Voyons si tu es apte à te concentrer à la tâche.
Elle ferma les yeux quelques secondes pendant qu’il posait ses mains de chaque côté de sa taille et les laissa glisser sur sa croupe. Lorsqu’il émit un grognement de protestation, elle se remit à lire, de moins en moins concentrée sur le texte et heureuse de sentir sa jupe se faire remonter vers le haut.
— Mignonne comme tu es, tu devrais être journaliste à la télévision, chuchota-t-il sans se soucier qu’elle parlait.
— J’aime l’écriture.
— Chut. Sois une bonne petite fille. Lis.
Alors qu’il ordonnait d’une bien douce façon, des doigts outrepassaient sa lingerie et s’enfonçaient dans son intimité. Elle serra les dents et ferma les yeux, les mains crispées sur le meuble. La lecture n’était pas dans ses priorités pour l’instant.
— Lis, autrement je m’arrête, menaça-t-il.
Très vite, elle recommença le dernier paragraphe. Elle était prête à relire tout le texte si cela le forçait à continuer, mais sa voix faiblit lorsque les caresses s’intensifièrent et elle eut du mal à ne pas se mettre à gémir entre deux mots. Quelques passages plus tard, il chuchota :
— C’est de me voir qui t’excite autant ?
C’était le cas, mais elle poursuivit sa lecture sans relâche, déterminée à ne pas répondre à cette question.
— Aimerais-tu te faire baiser juste là ? Sur mon bureau ?
Comme si ces mots venaient de lui octroyer le droit de stopper sa lecture, elle oublia le texte et hocha la tête.
— Oui.
Décidément, ce jeu l’excitait beaucoup. Elle n’avait même pas eu à le menacer de tout dire à son frère qu’il entreprenait déjà de lui faire sa fête. Le bruit d’une ceinture résonna, pu is un sa chet vide de préservatif tomba à sa gauche. Elle repoussa prestement sa culotte avant qu’il ne l’arrache, puis fit danser sa croupe devant lui pendant qu’il posait une main sur sa fesse droite pour l’immobiliser de nouveau.
— Je sens que je vais me régaler, murmura-t-il en s’invitant en elle.
D’un coup de rein rustre, Lexie se retrouva plaquée au meuble, la poitrine glissant vers l’avant, repoussant des dossiers qui tombèrent de l’autre côté. Carlos ne le remarqua pas ou ne s’en souciait guère, car il lui donna un autre coup de reins en expirant bruyamment.
— C’est ça que tu voulais, ma jolie ?
— Oui, dit-elle en relevant la tête.
En quelques pénétrations, Lexie oublia tout : le lieu, sa position étrange où n’importe qui aurait pu les surprendre et se concentra sur le plaisir que faisait naître la verge bien tendue en elle. C’était décidément un chaud lapin. Un vrai. Il allait la faire jouir en moins de trois minutes et elle n’avait pas la moindre envie de résister à l’appel de l’orgasme qu’elle sentait poindre dans son bas-ventre.
— Oh, j’adore ! dit-il en s’enfonçant en elle d’un autre coup brusque.
Elle aussi, mais elle n’arrivait à rien dire d’intelligible, sauf des « oui » de plus en plus aigus, annonçant qu’elle arrivait bientôt à destination. Intérieurement, elle le suppliait de ne pas s’arrêter, de ne pas éjaculer, de ne pas modifier le rythm e pour éviter de perdre ce plaisir qui s’intensifiait de façon vertigineuse.
— Oui, comme ça ! Serre, ma belle ! rugit-il.
Son corps se tendit comme un arc, d’abord vers lui, puis dans un cri étouffé, elle retomba sur le meuble, un peu m ollement. Car los tapota sa fesse puis se retira doucement.
— Eh bien ! Déjà ? Je m’attendais à plus coriace ! se moqua-t-il.
— Ta gueule.
Elle marmonna ses paroles, la bouche écrasée sur le bureau et dans un état de béatitude.
— Je te signale que je n’ai pas terminé, annonça-t-il. Allez, viens par ici. J’ai envie de ta bouche.
Amusée par son impatience, elle émit un petit rire et tourna la tête vers lui. Il retirait le préservatif et lui fit signe de s’approcher.
— Moi, j’ai terminé, lança-t-elle sur un ton moqueur. T’avais qu’à finir entre mes cuisses.
— Je veux ta bouche. Et si tu veux un stage intéressant, t’as intérêt à m’obéir.
Elle se releva sans se presser et lui fit face.
— Si tu ne veux pas que je dise à mon frère que tu m’as baisée sur ton bureau, ce serait plutôt à toi de m’obéir.
Il plissa les yeux.
— Ton frère va me pardonner parce que t’as un petit cul trop mignon pour y résister, mais un stage au Inquirer , alors là, tu n’auras plus jamais une occasion pareille. À toi de voir comment tu veux la jouer.
Elle sourit. Comment voulait-elle la jouer ? En réalité, elle crevait d’envie de se jeter à ses genoux et de le sucer jusqu’à ce qu’il devienne fou et lui gicle entre les lèvres. Elle le voulait encore. Elle ne se lassait pas de ces petits intermèdes et de ces rapports de force qu’il y avait entre eux. Et de toute évidence, vu l’érection qui ne diminuait en rien, elle n’était pas la seule à l’apprécier…
— Au Inquirer ? répéta-t-elle avec un air sceptique.
— Rien de moins. Allez… montre ce que tu sais faire, s’impatienta-t-il.
— Tu sais déjà ce que je sais faire.
— Oh, mais j’espère bien que tu peux faire mieux !
Avec une pointe de défi, il la toisa. Ni une ni deux, elle se laissa tomber devant lui et engloutit son sexe dressé tout au fond de sa bouche. Elle le sentit fondre sous sa langue et des gémissements agréables se firent entendre. Il voulait mieux ? Voilà ce qu’elle lui réservait ! De douces caresses plus tard, elle se mit à le dévorer goulûment, plus rapidement, et posa ses mains sur ses fesses pour contraindre son balancement au rythme qu’elle désirait. Carlos écrasa ses doigts dans ses cheveux, comme s’il était sur le point de perdre l’équilibre. Il lui résistait. Elle le sentait juste à la façon dont il serrait les fesses, alors elle le griffa doucement. Dans la seconde, elle le sentit faiblir. Alors il aimait les ongles ? Elle recommença, plus fort cette fois. Un râle s’échappa et elle sentit qu’il s’accrochait de façon presque désespérée à ses cheveux.
— Oh, Lexie… oui…
Déterminée à le rendre fou, elle enfonça de nouveau ses ongles dans sa chair ferme et accéléra la cadence. Moins de deux coups de langue plus tard, il rugit en tentant d’en contraindre le bruit et jouit entre ses lèvres dans une longue rasade de sperme. À bout de souffle, il tomba à genoux devant elle, les yeux fermés et la tête encore vers l’arrière, dans un état agréable.
Lexie sourit en avalant son dû. C’était mission accomplie.
9
Les règles

Carlos reprit lentement ses esprits et croisa le regard satisfait de Lexie. Merde ! Il avait perdu la tête plus vite que prévu, mais qu’est-ce qu’elle était douée ! Comment avait-il pu refuser ses avances, il y a cinq ans ?
— C’était mieux ? le nargua-t-elle.
Il chassa la torpeur qui l’habitait, puis se releva avant de replacer ses vêtements. Elle l’imita sans le quitter du regard, en attente de sa réponse.
— C’était très bien, finit-il par lâcher.
D’un doigt menaçant, elle haussa le ton :
— C’était mieux que très bien et tu le sais parfaitement. Ne joue pas à ça avec moi, Carlos Garcia. J’aurais pu te faire jouir en trois minutes si je l’avais voulu.
— Pour info, c’est moi qui t’ai fait jouir en trois minutes, lui rappela-t-il.
Replaçant sa chemise, il jeta un œil sur l’heure, puis la contourna et revint s’installer à son bureau, comme si rien ne s’était produit.
— Bon, voilà ce qu’on va faire. Je vais lire ces articles et les envoyer à deux ou trois personnes de ma connaissance. Après, ce sera à toi de faire tes preuves.
— Ça me va, dit-elle simplement.
Quand il la regarda, il ne put s’empêcher de fixer cette jolie bouche dans laquelle il venait de connaître un vif plaisir, puis il remonta difficilement son regard vers celui de Lexie.
— En contrepartie, tu devras ouvrir les cuisses… et les lèvres, quand j’en ferai la demande.
— Parce que tu crois pouvoir dicter les règles ? s’agaça-t-elle.
— Oui, mademoiselle Cassivi, je dicte les règles.
Il crut qu’elle allait partir en claquant la porte, mais elle se pencha vers lui en prenant une position similaire à c elle qu’il lui avait fait prendre pour la baiser.
— De un, je veux ce stage. Quand je l’aurai, on reparlera de ce que tu pourras faire avec ta bite. Quant à tes règles, elles me vont, mais à une condition : j’ai intérêt à jouir chaque fois, et pas seulement avec un petit orgasme à la va-vite. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?
Carlos étouffa un rire, mais hocha néanmoins la tête. De toute façon, la faire jouir était dans ses priorités. Tout comme lui faire admettre qu’elle n’avait jamais connu mieux que lui. Et quel défi délicieux cela représentait…
— Tout est parfaitement clair, mademoiselle Cassivi.
Il insista sur son nom de famille en laissant un sourire amusé s’inscrire sur son visage. Retrouvant un air plus ferme, elle pointa son bureau en bordel depuis que des documents étaient tombés sur le sol et jeta :
— Bien. Je te laisse mes documents. Si tu as des questions, il y a mon numéro de téléphone quelque part. À moins que tu veuilles passer par mon frère…
Son ironie lui plut. Quel caractère ! C’était à la fois surprenant et divertissant. Assez pour qu’il jette un coup d’œil rapide à l’heure. Avait-il le temps de la prendre une seconde fois ? Malheureusement non. Eh merde !
Un sourire plus tard, il se leva et lui tendit une main professionnelle.
— J’espère qu’on se reverra bientôt, annonça-t-il sur un ton froid.
— Ouais. Si je ne me suis pas dégoté un vrai mec avant.
Une menace qu’il ne releva pas, mais qu’il ne prit pas à la légère. Une aussi jolie fille ne devait pas manquer de prétendants et il ne pouvait exiger d’être le seul homme, puisqu’il était foncièrement contre cette règle. Sans attendre, elle reprit possession de sa main et quitta son bureau en dandinant son postérieur sous son nez.
Accaparé par cette vision sublime, il sourit comme un imbécile, puis s’empressa de ramasser les documents sur le sol et de jeter le sachet du préservatif, laissé bien en vue sur son bureau. Il détestait les matins, mais celui-ci commençait très bien. Très, très bien…
10
Le plan

Alors qu’elle marchait dans les rues bondées de New York, Lexie exaltait de sa rencontre avec Carlos. La réputation qu’il s’était construite au fil des ans était largement méritée et elle avait tout intérêt à garder le niveau de leur relation élevé si elle voulait continuer d’attirer l’attention de ce chaud lapin sur sa petite personne. Monsieur Chaud Lapin, songea-t-elle avec un sourire lumineux. Surtout après la façon dont il l’avait baisée sur son bureau. Elle en avait encore le feu entre les cuisses.
Faisant mine de détailler la vitrine d’un grand magasin, elle ne put s’empêcher de réfléchir à un moyen stratégique de prolonger cette liaison. Après tout, pourquoi chercher un autre amant quand celui-ci avait du culot, de l’imagination et savait la faire jouir assez vite pour qu’elle ne soit jamais en reste ? Autant en profiter tant que cela allait durer. Des jours ou des semaines, qui pouvait prévoir ? Et quant à y être, autant bonifier le jeu à son goût, au passage. Il n’y avait pas que Carlos qui avait des idées plein la tête…
Carlos était un homme comme elle les aimait : sûr de lui, un brin malicieux, toujours à rire de tout et à ne se prendre la tête pour rien. Et un baiseur de premier ordre, selon son frère, et il ne s’était pas gêné pour lui raconter toutes les folies que certaines filles avaient faites pour récupérer Carlos, lui qui ne voulait aucune attache et qui se plaisait de passer de l’une à l’autre. Cela ne le rendait-il pas plus irrésistible ?
C’est pourquoi elle avait été insultée lorsqu’il l’avait repoussée sous prétexte qu’il ne touchait jamais aux sœurs de ses copains. Quoi ? Il pouvait baiser toutes les femmes, mais pas elle ? Sur le coup, elle avait cru que c’était un prétexte et s’était promis de ne plus jamais s’intéresser à un p rétentieux p areil, mais il lui avait fallu trente secondes au bar de l’hôtel pour changer d’avis. Et désormais, elle savait qu’il lui avait dit la vérité, ce soir-là, il y a cinq ans. Son refus n’avait rien à voir avec elle, mais bel et bien à cause de cette fichue règle.
Mais voilà qu’il l’avait transgressée. Pour la troisième fois, d’ailleurs. Carlos était donc prêt à franchir ses propres limites pour coucher avec elle ? Voilà une preuve irréfutable qu’elle lui plaisait. Du moins suffisamment pour passer outre ses propres convictions. C’était peut-être une bonne chose qu’il ne l’ait pas reconnue à l’hôtel, tout compte fait !
Lexie s’arrêta dans un café pour prendre un en-cas et resta un moment à déguster sa pâtisserie, les yeux rivés sur la foule qui se pressait d’aller au travail. Cette petite séance lui avait donné faim et elle n’avait pas la moindre envie de rentrer chez son frère. Elle voulait juste rester là, à se prélasser et à laisser le rythme de cette ville l’étourdir en rêvas sant à Carlos. Elle songeait à des scénarios coquins ; à l’homme qu’il était lorsqu’il avait accompagné son frère à P aris durant les vacances d’été. Elle comparait l’homme qu’elle avait connu jadis à celui qu’il était aujourd’hui. Hormis sa réputation, elle ne savait pratiquement rien de l ui. Enf in… presque. De toute évidence, il aimait baiser dans des lieux incongrus, près d’un public et sur le point d’être surpris dans le feu de l’action. Et il semblait affectionner les marques légèrement agressives. N’avait-il pas gémi comme un fou lorsqu’elle lui avait griffé les fesses ? Voilà qui était fort inspirant pour la suite…
Mais quand cette suite aurait-elle lieu ?
Il y avait trop d’incertitude dans cette attente. Carlos avait son CV, son numéro de téléphone et c’était donc lui qui dirigeait les opérations. Elle détestait cela et c’est pourquoi elle ne put s’empêcher de téléphoner à son frère.
— Alors ? Ça s’est bien passé ? lui demanda-t-il sans attendre.
— Plutôt oui. Dis, tu pourrais me refiler le numéro de Carlos ? J’ai oublié de lui dire un truc…
Il énuméra les chiffres qu’elle nota sur un bout de papier et ajouta :
— Ne va surtout pas te faire des idées, Lexie. Carlos est un indépendant. Il déteste qu’une fille s’accroche à ses basques.
— Loin de moi l’idée de m’accrocher aux basques de ce petit prétentieux, le rassura-t-elle.
— Je me souviens qu’il te plaisait plutôt bien, il y a c inq ans .
— Oui et il m’a repoussée. Si tu crois que je ne l’ai pas entendu s’en vanter.
Frank ne dit rien, la preuve que cette histoire était vraie. Lexie se remémorait exactement les paroles que Carlos avait dit à l’époque : « Ta sœur m’a fait des avances, mais tu me connais : je ne touche pas à la famille » . D’après son frère, ce simple geste les avait unis pour le reste de leur vie. À son grand désespoir, d’ailleurs ! Non seulement, son frère avait su qu’elle s’était jetée au cou de son ami comme une idiote, mais il avait utilisé son refus pour démontrer sa loyauté auprès de Frank. Elle aurait préféré qu’il ferme sa gueule et que personne n’en sache rien.
— Crois-moi, ça vaut mieux, reprit-il au bout du fil. Avec Carlos, l’une n’attend pas l’autre.
Lexie retint un soupir de contrariété, mais conserva un ton détaché.
— Ne t’inquiète pas pour moi. Il y a suffisamment d’hommes à New York pour me satisfaire, tu ne crois pas ?
— Oh, mais je ne m’en fais pas pour toi ! dit-il très vite. Enfin… peut-être un peu. Tu me connais ! De toute façon, tu connais les grands principes de Carlos.
Elle sourit et frotta mécaniquement le coin de la table d’un doigt avant de rétorquer d’un ton ferme :
— Crois-moi, je ne risque pas de les oublier…
— Bien !
Lorsqu’elle raccrocha, Lexie resta un autre moment à réfléchir. Son frère n’avait pas tort sur tout. Autant se faire une raison, Carlos finirait par ne plus donner de nouvelles ou par se trouver un nouveau jouet. Et non seulement elle devait garder ses distances avec lui, mais elle attendrait bien sagement qu’il fasse les premiers pas. Et lorsqu’ils baiseraient, elle ferait en sorte de le rendre tellement fou qu’il y reviendrait encore et encore…
Voilà le seul plan qui convenait dans une telle situation…
11
Monsieur Chaud lapin

Toute la journée, Carlos se remémora sa petite séance du matin avec Lexie. Bordel, quelle femme ! Et quelle bouche ! Il avait du mal à ne pas y songer sans retrouver une jolie érection dans son caleçon. Comment pouvait-il se concentrer sur la dame qui lui parlait de l’adultère de son mari, de sa douleur et de la perte de sa réputation – bref, de toutes les raisons possibles pour que son divorce lui rapporte un maximum d’argent – après ce qui s’était produit ce matin ? Et juste là, en plus ! Quelle idée d’avoir baisé la jeune femme dans son bureau ! La sœur de son collègue, qui plus est !
Lorsque sa journée s’acheva, il soupira en se demandant combien de temps il tiendrait avant de recontacter Lexie. Il avait fait les premières démarches pour son stage. Connaissant Chloé, l’éditrice du Inquirer , il avait bon espoir qu’elle lui donnerait sa chance, ne serait-ce que comme assistante, pour voir comment elle se débrouillait sous la pression. Cela suffisait-il à passer un coup de fil et prétexter n’importe quoi pour la revoir ? Peut-être pas. S’il téléphonait trop vite, Lexie prendrait l’avantage de la relation. Il valait mieux attendre un jour ou deux, histoire de la faire patienter.
Pour repousser le souvenir de la jeune femme, Carlos fila à la salle de gym et se défoula dans une séance de musculation. Rien ne l’aida à se détendre. Chaque fois qu’il fermait les yeux, il revoyait la jeune femme à ses genoux et les sensations divines de sa bouche sur son sexe. Agacé par le pouvoir qu’elle avait sur lui, il téléphona à Caroline, sa copine avec qui il baisait de temps à autres, et l’invita à dîner. Puisqu’il ne pouvait avoir l’une, autant se rabattre sur une autre.
Ils dînèrent en ville et, pendant près d’une heure, il oublia Lexie et sa délicieuse petite bouche. Pourtant, lorsque Caroline lui proposa de venir chez elle, le souvenir de la jeune femme lui revint en mémoire. Eh merde ! Il adorait Caroline, mais ce soir, c’était d’une autre dont il avait envie. Prétextant tout et n’importe quoi pour ne pas monter chez sa maîtresse, il rentra chez lui, dépité, avec un drôle de goût en bouche. Tant pis pour sa résolution, il voulait cette femme et il l’aurait ! En moins de deux secondes, il récupéra son téléphone et composa le numéro du téléphone portable de Lexie. Trois coups plus tard, il s’impatienta et vérifia l’heure. Était-elle déjà au lit ? Avant qu’il ne coupe court à la communication, un clic se fit entendre, puis de la musique et, enfin, la voix rieuse de la jeune femme :
— Tiens… si ce n’est pas Monsieur Chaud Lapin !
Il fronça les sourcils devant ce drôle de surnom, mais juste à la façon dont ses paroles provoquèrent d’autres rires au bout du fil, il comprit qu’elle n’était pas seule.
— Où es-tu ? ne put-il s’empêcher de demander.
— Dans un bar. Je ne sais pas où exactement.
Elle se remit à rire et il grogna aussitôt :
— Tu es saoule !
— Pompette, rectifia-t-elle avec une drôle de voix. Et alors ? L’alcool me rend chaude. Justement, je songeais à me taper ce type, là-bas, avec des grosses lèvres. Peut-être qu’il sait y faire avec une bouche pareille ?
Carlos serra mécaniquement le téléphone entre ses mains et se força pour ne pas paraître agacé par ces paroles, mais elle ajouta aussitôt :
— Après tout, on n’est pas exclusifs, toi et moi.
Sa façon de le décontenancer aussi aisément le surprit. Pourtant, elle ne disait que la vérité. N’avait-il pas dîné avec Caroline ? Et même si son geste n’était en rien relié à de la fidélité, il avait refusé de monter chez elle parce que c’était de Lexie dont il avait envie.
Sur un ton détaché, il lança, espérant que son plan pour la ramener vers lui fonctionne :
— Si tu crois avoir trouvé un meilleur plan pour la soirée, je n’ai qu’à m’incliner.
Elle se remit à rire.
— Et qu’est-ce que tu peux me proposer de mieux, mon lapin ? Une baise dans les toilettes de ce bar ? Désolée. On jouera demain, si tu veux. Ce soir, j’ai envie de me défoncer plus longtemps que dix minutes.
La garce ! C’est qu’elle faisait exprès de le rendre fou ! Les doigts crispés sur son téléphone, il gronda :
— J’avais l’intention de t’inviter chez moi, mais puisque ton mâle à grande bouche semble t’inspirer davantage, tant pis pour toi.
Alors qu’il s’apprêtait à lui raccrocher au nez, les paroles de Lexie le figèrent sur place :
— Alors grouille : file ton adresse, parce que je suis chauffée à bloc.
Pendant plusieurs secondes, il songea à la laisser se démerder avec ce parfait inconnu, puis il imagina une Lexie vorace se jeter sur lui et il débita ses coordonnées rapidement, avant qu’elle ne change d’avis. Un rire lui répondit, puis elle jeta :
— Je saute dans le premier taxi, mon lapin, mais tu peux être sûr que c’est sur toi que je sauterai après ça.
Elle raccrocha, le laissant tout sourire et bien bandé en imaginant la scène. Il s’empressa de filer sous la douche. Autant être prêt à accueillir cette furie comme il se devait.
12
La tornade

Lexie était ravie. Voilà une proposition à laquelle elle ne s’attendait pas ! Elle avait cru que Carlos ne lui donnerait aucune nouvelle avant des jours afin de prouver sa supériorité, mais en voyant ce surnom stupide qu’elle avait inscrit dans son téléphone portable, la jeune femme avait ressenti une immense fierté qu’il ait cédé aussi vite à ses envies. En réalité, elle n’avait pas la moindre envie de se taper cet idiot à grande bouche, mais sur le moment, c’est tout ce qu’elle avait trouvé pour obliger son amant à lui faire une proposition indécente. Et de toute évidence, son plan avait fonctionné à merveille.
Le taxi la déposa au bas de l’immeuble où habitait Carlos, sur l’île de Manhattan, dans le quartier SoHo. Elle arrangea sa tenue avant de monter les deux étages et frappa trois coups rapides à la porte. Dès que Carlos apparut, le visage confiant, les cheveux mouillés et probablement nu sous son peignoir, elle sourit. Elle prit quelques secondes pour le dévorer des yeux, puis entra sans attendre qu’il l’invite en se mettant à parler à bon rythme pour essayer de se calmer.
— Salut, mon lapin. T’es déjà tout propre ? Génial ! Mais il faudrait que je prenne une douche, moi aussi. Qu’est-ce qu’il fait chaud dans ces bars…
Carlos referma la porte pendant qu’elle faisait le tour du propriétaire en quatrième vitesse. Son appartement était grand, chic et un peu sombre à cause des lumières tamisées, des meubles en bois brut et le canapé en cuir noir.
— C’est joli, dit-elle enfin. Plus grand que ce à quoi je m’attendais. Enfin… pour un truc sur l’île, quoi.
Aussi rapidement qu’elle s’était aventurée dans son appartement, Lexie revint devant lui et s’attaqua à la ceinture qui retenait le peignoir de Carlos.
— Je te fais une petite gâterie et tu me laisses utiliser ta douche, tu veux bien ?
— Dis donc, quelle tornade ! dit-il avec un air pincé, étourdi de la voir bouger autant depuis son arrivée.
Elle étouffa un rire et inspira un bon coup pour tenter de chasser sa nervosité. Pourquoi était-elle anxieuse, d’ailleurs ? Ce n’était pas la première fois qu’elle allait baiser avec Carlos ! Peut-être parce qu’elle se trouvait chez lui et que, pour une fois, leur baise allait durer plus de dix minutes ? Craignait-elle de ne pas être à la hauteur ? Elle empoigna la verge de Carlos qui se raidit à son contact et lui jeta un sourire aguicheur.
— Désolée. C’est à cause du bar, de l’alcool… New York et tout le reste. L’adrénaline, quoi.
Elle le caressa doucement et il perdit son expression rigide en s’abandonnant à ses doigts.
— Je suppose que si j’avais la bouche pleine, ça rendrait cet appartement plus calme ? se moqua-t-elle.
Il hocha la tête et ne la quitta plus des yeux pendant qu’elle s’agenouillait devant lui. Elle le sentit bien docile lorsqu’elle glissa le membre bien dur entre ses lèvres. Dans un soupir, il souffla :
— J’ai pensé à cette bouche toute la journée…
Lexie sourit autour du gland gonflé, puis recula et releva les yeux vers lui.
— Vraiment ?
Une main se posa sur sa tête et tenta de la ramener vers la verge délaissée.
— Non, ne t’arrête pas.
Elle gloussa en reprenant le membre entre ses lèvres et laissa ses doigts se faufiler entre les cuisses musclées de Carlos pour lui palper les testicules. D’abord avec des doigts fermes, puis délicatement avec ses ongles. Le corps de Carlos se raidit de plaisir. La main qu’il maintenait sur sa tête chercha un appui autre part, du côté du mur. Des gémissements se firent entendre, discrets et agréables. Pressant le rythme, elle effectua de petites pressions, tant sur le gland du sexe qu’elle suçait que sur les testicules qu’elle caressait.
— Oui ! gémit-il en donnant un léger coup de bassin vers l’avant.
Lexie le griffa de plus en plus fort, ce qui le mena à l’orgasme bien plus rapidement qu’elle ne l’aurait cru, comme s’il avait réellement attendu ce moment toute la journée. Alors qu’il s’épanchait en elle, le corps tremblant et les doigts dans ses cheveux, elle retint un rire et entreprit de déposer un tas de petits baisers sur le sexe qui perdait de sa rigidité. Pendant que Carlos reprenait son souffle, elle s’amusa à caresser les testicules avec sa langue, puis avec ses lèvres et le mordilla doucement avant de s’en éloigner.
— Il faudrait que tu débroussailles un peu, par là.
Après une longue inspiration, il baissa les yeux vers elle, comme s’il venait de se remémorer sa présence, puis haussa les épaules.
— Si tu veux.
Sa main le retenait toujours au mur et de le voir ainsi, aussi serein, lui plut. Elle cessa pourtant de l’admirer et bondit sur ses jambes. Ni une ni deux, elle fit valser sa robe par-dessus sa tête pendant qu’elle marchait en direction de la salle de bain.
— Prends le temps de souffler, mon lapin, je vais prendre une douche. Après quoi, tu verras ce que c’est qu’une tornade.
13
La mise en garde

Carlos resta immobile, à reprendre ses esprits, jusqu’à ce que le bruit de la douche se fasse entendre au loin. Lexie s’était dénudée devant lui et c’est à peine s’il l’avait remarqué. Décidément, sa bouche le plongeait dans état proche du coma, mais il mentirait s’il disait que cela ne lui plaisait pas.
Cette petite furie avait surgi comme un coup de vent et l’avait pompé en quatrième vitesse. Et voilà que ce mignon petit corps était tout près, nu dans sa douche. Quand il réalisa qu’il n’avait jamais eu la chance de le voir en entier, il retrouva un petit sourire malicieux et laissa tomber son peignoir sur le sol avant de se faufiler sous la douche où Lexie lui tournait le dos. Il admira son joli petit cul et l’empoigna à pleines mains quand elle sursauta, la tête sous le jet d’eau chaude.
— Tu es vraiment très belle, admit-il en se collant contre elle.
Elle rigola et se tourna vers lui pour s’accrocher à ses épaules. Il songea à l’embrasser, juste parce qu’il adorait cette bouche et qu’il avait envie d’en sentir la chaleur sur lui, mais il se défendit de le faire. Trop intime. Trop de risques que la jeune femme s’imagine qu’il était sous son charme. Cela n’en était pas moins vrai, mais il appréciait de pouvoir conserver une certaine distance avec les femmes avec qui il couchait. Il posa ses lèvres dans le cou de Lexie et lécha l’eau sur sa pe au jusq u’à recueillir la pointe d’un sein. Il taquina le bout de chair avant de le mordiller délicatement. Lexie haleta en se retenant à sa nuque, comme si elle voulait le garder là, contre elle. Il releva la tête avec un air amusé et l’observa attendre la suite pendant qu’il glissa une main entre ses cuisses.
— L’alcool te rend chaude, hein ?
— Oui.
Elle répondit sans même ouvrir les yeux, mais son intimité était brûlante et humide. Il la caressa doucement, replongea la bouche sur sa poitrine et recommença à mordiller le mamelon jusqu’à ce qu’elle se tortille contre lui. Était-ce ses doigts en elle ou la douleur qu’il provoquait sur sa chair qui la rendait aussi excitée ?
— J’aime te voir jouir, avoua-t-il encore.
— Alors fais-moi jouir, souffla-t-elle en se cambrant vers l’arrière, pressée de perdre la tête.
Il sourit et continua de la toucher sans empressement. Quelle fougue il y avait en elle ! Il s’imaginait déjà ce corps sur lui, dans un déhanchement frénétique. À cette idée, il percevait déjà un regain de vie dans son entrejambes. Bon sang ! Cette femme l’excitait comme un fou, surtout lorsqu’elle posa une main sur la sienne pour contraindre ses gestes à se faire plus lourds. Il songea à lutter contre cet ordre discret, mais un gémissement suave se fit entendre d e s a bouche délicieusement ouverte. Son érection bondit de plus belle et il ne chercha plus à retenir en otage l’orgasme qui s’amenait dans ce corps de feu. Il riva ses yeux sur ce visage à l’abandon et sur ces lèvres qui venaient de le mener au paradis, puis accéléra ses caresses sur un clitoris bien tendu. Un autre râle fusa dans la pièce, puis un cri, ou plutôt une sorte de chant qui ne faisait que s’amplifier pendant que le reste de ce corps se raidissait contre lui. Oui, elle jouissait divinement bien, sans retenue et tellement vite ! Jamais il n’avait vu une femme s’abandonner aussi rapidement à ses caresses…
Charmé par un tel spectacle et dans une sorte de transe, Carlos frotta sa verge le long du ventre chaud de Lexie, heureux de la sentir reprendre de la vigueur. Il espérait déjà se nicher tout au fond de ce sexe détrempé de plaisir. Sans réfléchir et pendant qu’elle se laissait mollement choir entre ses bras, il chercha à soulever l’une de ses jambes et à la prendre sans délai, mais elle eut un geste de recul et gronda :
— Hé ! Pas si vite, le lapin !
Surpris par le ton employé par la jeune femme, il recula à son tour et lui jeta un drôle de regard.
— Pas de capote, pas d’entrée, annonça-t-elle d’un ton grave.
Il avait dû avoir un moment d’absence et fronça les sourcils devant ce qu’il s’était apprêté à faire. Lui, baiser sans préservatif ? Avait-il perdu la tête ?
— Je suis…
Avant qu’il ne puisse trouver une excuse plausible, elle pointa sa verge encore en érection.
— Avec ta réputation, comment peux-tu croire que je vais baiser avec toi sans protection ?
Il tenta aussi de la rassurer.
— Hé, du calme ! Je te jure que je ne fais jamais ce genre de truc, en général. J’ai juste… perdu la tête.
— Bien sûr ! Et tu dis ça à toutes les filles que tu baises sans capote, je présume ?
C’est qu’elle était remontée contre lui, tout d’un coup. Agacé par son ton empreint de reproche, il gronda :
— Pour ta gouverne, je suis clean . Les circonstances ne jouent pas en ma faveur, mais contrairement à ce que tu crois, j’utilise toujours des préservatifs. C’est juste que… pendant trois secondes…
— Je ne veux pas le savoir, le coupa-t-elle brusquement. Au cas où ça t’intéresse, je ne prends pas la pilule. T’es avocat en droit de la famille, tu dois avoir une idée de ce que ça coûte, un gamin sous pension alimentaire ?
Même si le jet d’eau était toujours chaud, ses paroles jetèrent un froid dans l’espace restreint qu’ils se partageaient. Carlos assimila les informations sans paraître troublé, mais ses épaules chutaient de plus en plus.
— Écoute, ça n’arrivera plus, lâcha-t-il en espérant que cela suffise.
— Bien.
Au lieu de se jeter sur lui, elle lui tourna le dos et se rinça prestement sous l’eau avant de quitter la douche sans prononcer le moindre mot. Définitivement, son geste venait de créer un gouffre entre eux. Il arrêta le jet d’eau chaude et bondit hors du petit espace pour tenter de la retenir contre lui.
— Hé, j’ai dit que je ne le ferai plus. Qu’est-ce que tu veux de plus ?
— Rien. Ce n’est pas grave. Il vaut mieux que je m’en aille.
Il sursauta, étonné par le ton grave avec lequel elle annonçait son départ.
— Quoi ? Déjà ? Mais… je croyais que tu voulais une baise qui dure plus que dix minutes ?
Enfin, elle se retourna vers lui, puis haussa les épaules avec un air dépité.
— Je ne sais pas. Avec tout ça… je ne suis plus dans l’ambiance. Il vaut mieux qu’on remette ça.
Elle esquiva sa main qui tentait de la retenir et quitta la salle de bain. Anxieux à l’idée qu’elle le laisse en plan, lui qui venait de retrouver une érection qui semblait le narguer, il marcha à la suite de la jeune femme.
— Lexie… attends !
Elle se pencha devant lui pour récupérer sa robe et il eut une violente envie de la baiser là, par terre, mais il dut se retenir. Où étaient ses préservatifs quand il en avait besoin, aussi ?
Alors qu’elle retenait le vêtement contre elle, il le lui retira des mains et le jeta au loin, quelque part sur son canapé, puis la plaqua contre lui.
— Donne-moi trois minutes, tu veux ? Tu verras que pour me faire pardonner, je suis plutôt doué.
Un petit sourire s’inscrivit sur le visage de la jeune femme, puis, après une légère hésitation, elle posa ses mains sur ses épaules avant de hocher la tête.
— Trois minutes et pas une de plus.
La soulevant de terre, il l’entraîna vers sa chambre, déterminé à lui faire perdre la tête plus rapidement que l’éclair. Au moins, là-bas, il savait que des préservatifs se trouvaient à portée de main si une envie urgente le prenait.
Cette nuit, il n’avait plus droit à l’erreur.
14
Se faire pardonner

Lexie s’en voulut d’avoir cédé à la panique, mais hors de question qu’elle se retrouve atteinte d’une maladie de cet ordre ou, pire !, enceinte à vingt-deux ans. Encore moins d’un coureur de jupons comme Carlos Garcia ! Non, mais, à quoi avait-il songé en pensant l’enfiler sans protection ? Au moins maintenant, il connaissait les risques ! Et elle espérait qu’il y songerait à deux fois avant de lui refaire un coup pareil !
À peine l’emmena-t-il dans sa chambre qu’il la jeta sur le lit et qu’il glissa la tête entre ses jambes. Un coup de langue ferme l’obligea à fermer les yeux. Aïe ! Pour se faire pardonner, il n’avait pas menti : il savait vraiment comment s’y prendre ! Avec un gloussement d’approbation, elle laissa ses doigts jouer avec ses épais cheveux sombres, le ramenant vers elle chaque fois qu’un spasme la traversait de bas en haut.
Pour la première fois depuis qu’elle avait cédé à Carlos, elle tenta de retenir l’orgasme qui grimpait de façon vertigineuse. Elle ne voulait pas lui pardonner trop vite, mais il plongeait son visage entre ses cuisses avec une telle force et avec une telle voracité qu’elle hoquetait de plaisir.
— Bordel, que t’es doué, admit-elle entre deux tremblements violents.
La bouche sur son sexe sembla s’acharner davantage et ses doigts s’accrochèrent fermement aux cheveux de Carlos. Ravalant un cri, un son ridiculement grave parvint à quitter sa bouche, puis dans un soubresaut langoureux, elle se laissa glisser vers le plaisir, incapable d’y résister plus longtemps. Son corps se cambra vers l’arrière, entre deux oreillers trop gros pour sa tête. Elle lâcha un grognement, puis un cri qu’elle tenta de nouveau d’étouffer sous une main. Son sexe palpitait et son cœur se débattait dans sa poitrine… Elle avait tenu quoi ? Cinq minutes ? Ou peut-être sept, mais guère plus…
Relevant la tête, Carlos afficha une expression fière et détrempée. La main encore dans ses cheveux, Lexie l’attira vers elle et l’embrassa à pleine bouche, glissant sa langue contre la sienne, forçant son corps à s’étendre sur le sien. Très vite, il recula et secoua la tête.
— T’es vraiment une drôle de fille toi !
— Moi ? Pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? demanda-t-elle en tentant de reprendre ses esprits.
Il étira un bras vers le côté du lit, ramena un préservatif et le fit danser sous son nez.
— T’as vu comme tu te frottais sur moi ? Et après tu m’engueules que je perds la tête ?
Elle sourit devant son ton faussement grave, puis récupéra le petit sachet qu’elle s’empressa de déchirer. D’une main, elle lui fit signe de s’étendre, mais il gronda en secouant la tête :
— Je dirige.
Prestement, elle se redressa pour lui faire face et ramenant le préservatif vers elle, elle fit mine de le retenir en otage.
— Pas question. Je veux être au-dessus.
Il leva les yeux au ciel, agacé par sa requête, mais céda sans trop tarder. Surtout parce qu’il en avait marre d’attendre. Depuis l’épisode de la douche, son érection n’avait pas faibli et il avait bien hâte qu’elle l’utilise à sa guise.
Avec un sentiment de triomphe et un léger empressement, elle le poussa dos contre le matelas et lécha le sexe dressé de bas en haut avant d’y dérouler le préservatif. Le corps brûlant de désir, elle grimpa sur lui et s’empala doucement, les yeux fermés, laissant le pieu de chair l’envahir. Une fois bien installée sur Carlos, elle gémit en reportant son attention sur lui et afficha un sourire pervers.
— Je t’ai dit que j’étais chaude quand je buvais ?
Un bras replié derrière la tête, l’autre sur la taille de la jeune femme, il confirma en silence, les yeux braqués sur elle. D’un coup de bassin brusque, il lui fit comprendre son impatience. Lexie se raidit sur lui et, à la manière d’un rodéo, elle se cambra vers l’arrière et entreprit une chevauchée rapide.
Depuis qu’elle connaissait Carlos, elle avait toujours rêvé de le baiser dans cette position : au-dessus, dans un rythme endiablé. Il ouvrit la bouche pour inspirer un bon coup, surpris par sa vitesse d’exécution. La main qu’il avait posée derrière sa tête se retrouva rapidement sur sa taille, la retenant de chuter vers l’arrière tellement elle se plaisait à faire glisser le sexe vers l’extérieur pour l’emprisonner en elle d’un seul trait.
— Oh, que j’aime cette position, rugit-elle, les doigts sur le ventre dur de Carlos.
Sur le point de perdre la tête, Lexie chercha un meilleur appui pour ne pas perdre l’équilibre, s’accrocha aux mains de Carlos sur ses hanches, puis les serra à s’en faire mal aux jointures. Son corps imposa un rythme mécanique, mais il bonif ia fréquemment ses descentes d’un coup de reins brusque, lui arrachant un cri partagé entre la surprise et le plaisir.
— C’est vrai qu’elle est bien, cette position, confirma-t-il avec un petit rire suffisant. Je t’en montre une autre que j’aime bien ?
Sans attendre la réponse, il se redressa et la coinça contre lui, une main dans son dos, l’autre sur sa fesse. Lexie se débattit mollement pour protester, mais son corps était tellement avide de poursuivre sa montée vertigineuse que dès qu’il la souleva et la laissa tomber sur son sexe, elle se cambra dans un râle délicieux. Il recommença, rude dans ses gestes, et les doigts qui lui serraient la fesse la firent rugir de douleur, puis de plaisir.
— Oh, putain !
Alors qu’elle tentait de ralentir la cadence, les mains sur les épaules de Carlos pour essayer de tempérer ses coups de bassins, il secoua la tête et accéléra ses mouvements. Il la dévorait des yeux avec ce sourire suffisant qu’elle détestait, d’autant plus qu’elle était sur le point de perdre la tête. Dire qu’elle avait voulu se positionner au-dessus pour garder le contrôle de la situation, voilà qu’il dirigeait tout. Comment y arrivait-il aussi facilement ?
Pour tenter de lutter contre l’orgasme qui grimpait en elle, Lexie posa sa bouche sur celle de Carlos et mordit sa lèvre inférieure. Loin de lui offrir un sursis, cela eut le mérite d’étouffer le cri qui remonta dans sa gorge. Son sexe se serra si fort qu’il dut trahir qu’elle venait de rafler un orgasme. D’un coup sec, Carlos arracha sa lèvre prisonnière de ses dents et lui jeta un regard amusé.
— Déjà ?
— C’est toi qui… et puis… je t’ai dit que l’alcool me rendait chaude !
Pourquoi devait-elle se justifier ? Ce n’était quand même pas un crime d’avoir un orgasme quand on baisait, après tout ! Et surtout de façon aussi torride ! Un air faussement repentant, il demanda, le regard rivé sur elle :
— Suis-je pardonné, maintenant ?
Se collant à lui pour lui ficher un coup d’épaule, elle gloussa.
— Idiot !
Il pouffa.
— Je vais prendre ça pour un oui.
Sans attendre, il retira sa verge pour la pénétrer de nouveau, les mains fermement rivées à sa croupe, obligeant son corps à se mouler au sien. Il plongeait en elle avec rythme, grognant à chaque fois, prêt à perdre la tête à son tour.
Lexie griffa doucement sa nuque et descendit le long de son dos pendant qu’il s’activait entre ses cuisses. L’esprit légèrement embourbé par le plaisir, elle profita du spectacle et remarqua les frissons qu’elle déclenchait sur la chair de Carlos quand elle forçait la note. De toute évidence, elle n’était pas la seule à aimer pimenter ses ébats. Un sourire en coin, elle questionna :
— Plus fort ?
— Oui !
Enfonçant ses ongles dans le haut de son dos, elle traça un long trait bien senti le long de sa peau, jusqu’à l’aube d e se s fesses. Carlos se raidit, puis se déhancha sous elle, le souffle court. Peut-être remarqua-t-il que la situation l’amusait, car il lui remonta la jambe sur son épaule, bloquant de ce fait ses gestes et provoquant à nouveau de délicieuses sensations dans son corps.
— Tu semblais t’ennuyer, se moqua-t-il.
Dans un râle, elle accrocha ses griffes là où elle le put, quelque part sur un bras et sur un flanc, puis s’arqua pour jouir de cet assaut. Aucun doute. Carlos était bien un chaud lapin et elle aurait pu le rejoindre dans un autre orgasme, mais elle se concentra sur les marques qu’elle allait laisser sur ce magnifique corps en refusant de chuter avec lui. Un gémissement se fit entendre, puis Carlos bascula la tête vers l’arrière, resta un moment tout en elle pendant qu’il éjaculait. Il paraissait à la fois épuisé et soulagé. Dans un geste lo urd, il s e laissa tomber à ses côtés et un moment de silence s’installa entre eux avant qu’elle ne reprenne la parole, légèrement moqueuse :
— Maintenant, tu es pardonné.
Ils échangèrent un sourire et Lexie se permit de fermer les yeux quelques secondes pour savourer ce moment d’une étrange perfection.
15
Le taxi

Carlos savoura sa victoire. Malgré la lutte, Lexie avait perdu la tête plus vite qu’elle ne l’avait espéré. Encore un point pour lui. Avant qu’il ne reprenne complètement ses esprits, la jeune femme se leva et quitta la chambre. Il crut qu’elle allait à la salle de bain quand, en moins de cinq minutes, elle revint habillée, et se planta au bout du lit.
— C’était super, mais il faut que je rentre.
Surpris par cette brusque coupure, il se redressa sur le matelas et lui jeta un regard perdu.
— Quoi ? Déjà ?
— Tu ne t’attendais pas à ce que je dorme ici, quand même ! Et puis, trois orgasmes, ça me va. Le gars aux grosses lèvres n’y serait probablement pas parvenu aussi bien que toi.
À la fois charmé et consterné, il sourit, incertain du compliment qu’elle venait de lui faire. Dans un rire, elle ajouta :
— Et pour une fois, ça a duré plus que dix minutes.
Cette fois, il lui claqua la cuisse d’une petite tape bien sentie pour la ramener à l’ordre, puis l’attira vers lui pour la retenir quelques secondes supplémentaires.
— On se revoit quand ?
— Va savoir. Quand j’aurai un stage, tiens. Si ça fonctionne au Inquirer , je viendrai te sucer la queue pour te remercier.
— Hum… je vais relancer mon contact, alors.
— Génial.
Elle se défit de son étreinte et fit un drôle de geste de la main.
— Bon, va falloir que tu me files cinquante billets, maintenant.
Surpris, Carlos la fixa sans comprendre jusqu’à ce qu’elle insiste à nouveau en répétant son geste, ce qui lui prouva tout le sérieux de sa requête.
— Frank habite de l’autre côté du pont et je n’ai pas envie de prendre le bus à cette heure, expliqua-t-elle. Tu sais que ça coûte bonbon les taxis quand on sort de l’île ?
Il resta un moment estomaqué par sa question, puis croisa les bras.
— Tu parles que je le sais ! Combien tu m’as pris, l’autre fois, déjà ?
— Assez pour que tu y songes à deux fois avant de me traiter comme une pute.
Touché. Sentant revenir un soupçon de culpabilité devant ce souvenir, il se leva du lit et fila chercher son portefeuille dans la poche intérieure de son veston. Une fois les doigts sur les billets, il se retourna vers elle.
— Je pourrais te raccompagner, aussi…
Elle éclata d’un rire fort et secoua la tête.
— T’es fou ? Ce sont les gentlemans qui raccompagnent les filles, Carlos, pas les chauds lapins.
Légèrement choqué par ses propos, il ne put s’empêcher de froncer les sourcils. Le prenait-elle pour le parfait sal aud d e service ? Venant se planter droit devant lui, elle lui jeta un regard entendu.
— Allons ! T’as pas envie que mon frère te voie, quand même ? Tu imagines la scène, un peu ?
Encore une fois, elle marquait un point. Mais n’aurait-il pas pu la laisser quelque part, tout près de l’immeuble de Frank, au lieu de lui payer un taxi ? Et pourquoi ne lui avait-elle simplement pas demandé de la reconduire ? N’était-ce pas étrange qu’une femme lui quémande de l’argent après une séance de baise, même aussi torride ? À peine sortit-il les billets de son portefeuille qu’elle les lui arracha des mains et plaqua un baiser rapide sur sa joue.
— Voilà qui est gentil. Merci, Carlos.
Elle esquiva la main qu’il voulut poser sur sa hanche, alors il grogna :
— Hé !
Sur le point de quitter son appartement, Lexie se retourna vers lui et attendit. Conscient qu’elle était déterminée à filer, il s’empressa de demander :
— Tu m’appelles ?
— Ouais, bien sûr !
Elle le salua d’un signe vague de la main et quitta son appartement, en claquant la porte ! Il soupira. Une véritable tornade, cette Lexie. Avec un corps vibrant d’intensité comme il les aimait. Les yeux rivés sur la porte comme s’il s’attendait à ce qu’elle revienne se jeter sur lui com me un e furie, il sourit. Il ressentait encore les traces de griffes le long de son dos et il fixa le vide pendant un moment avant de retourner en direction de sa chambre.
Il était lessivé par sa journée. Et par Lexie, aussi.
16
Attendre

C’était bien la première fois que Carlos attendait le coup de fil d’une fille. Habituellement, surtout s’il l’avait bien baisée, il s’en fichait complètement. Deux jours après que Lexie était venue chez lui pour une partie de jambes en l’air, il n’avait eu aucune nouvelle. Rien du tout. Il se repassait la soirée en boucle. Avait-il commis un impair ? Était-ce à cause de cet oubli sous la douche ? Ne lui avait-elle pas pardonné avant de partir ? Il jeta un œil sur son téléphone. Elle aurait pu envoyer un texto ! En même temps, il le lui rendit bien : silence radio sur toute la ligne. Et pas seulement par orgueil. La dernière fois, c’est lui qui avait fait les premiers pas. C’était donc à elle de se manifester maintenant.
— Entente à l’amiable ! Je t’avais dit que c’était dans la poche pour le dossier Cartland ! s’écria Frank en entrant dans son bureau sans crier gare.
De mauvaise humeur, le téléphone posé à plat sur son bureau, Carlos grogna :
— On frappe avant d’entrer !
— Oh ! Du calme ! Qu’est-ce que t’as depuis hier ? T’es en manque de chatte ou quoi ?
Il serra les dents devant sa question. Il n’était en manque que d’une seule et il n’avait même pas le droit d’en parler à son meilleur ami.
— On peut dire ça, dit-il simplement.
— Qu’est-ce que t’attends pour appeler Caroline ? Elle va te le régler, ton problème !
Frank avait raison. Il ne pouvait pas rester là, à attendre un coup de fil qui ne viendrait peut-être jamais. Lexie le rendait fou. Pas seulement parce qu’elle était mignonne comme tout, mais parce qu’elle avait un sale caractère et que ses petits coups de griffes lui plaisaient bien. En six mois de baise avec Caroline, et même s’il l’avait malmenée à quelques reprises, jamais sa maîtresse ne lui avait rendu la pareille. Une petite tigresse au lit était loin d’être désagréable. Parce qu’il n’arrivait pas à se l’enlever de la tête, il demanda, en feignant de chercher un papier sur son bureau :
— Et ta sœur ? Elle a eu des nouvelles du Inquirer ?
— Ah ! Ouais ! Une fille l’a appelée. Elle ne t’a rien dit ?
Relevant des yeux troubles vers son ami, Carlos serra les lèvres quelques secondes pour empêcher sa voix d’être sèche, mais son agacement transparut quand même :
— Non.
— Bien… elle passe une entrevue cet après-midi. Elle devait probablement attendre de l’avoir fait avant de te donner des nouvelles.
Il jeta un regard sur sa montre avant de hocher la tête.
— Elle devrait même déjà y être, en ce moment. Tu vois que tu as de bons contacts ! Imagine si ça fonctionne ! Ma sœur pourrait rester à New York pendant quelques mois.

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