Sombre & Somptueux
378 pages
Français

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Description


Z n’a pas besoin d’un héros...



Azariah “Z” Hayes est un diamant. À la fois force et éclat, il est plus que capable de tenir sur ses propres talons aiguilles. Alors si servir des clients et faire du strip-tease au Vibe est ce qu’il lui faut pour garder un toit au-dessus de sa tête, eh bien, il y a de pires façons de gagner sa vie.



Connelly est un preux chevalier blanc portant un badge...



Pour Connelly Reid, inspecteur de la police de New York, servir et protéger fait partie du quotidien au bureau, même si cela signifie se protéger de ses propres désirs. Depuis des mois, il éprouve une certaine curiosité à l’égard de Z, son serveur, mais ce n’est que lorsqu’il le voit maquillé et chaussé de talons hauts que sa curiosité se transforme en une attirance féroce. Z, malgré ses airs de star, pourrait bien être l’homme que Connelly a attendu toute sa vie.



Mais lorsque Connelly enquête sur des affaires de pornographie clandestine et de drogue liées à The Vibe, une chose devient très claire : il sait que ses agissements vont faire du mal à Z, financièrement et émotionnellement. Et bien que Connelly n’aimerait rien de plus que de résoudre tous les problèmes de Z, aucune quantité de sexe époustouflant ne peut faire en sorte que Z accepte de devenir dépendant de son amant. Pourtant, s’il y a une chose que Connelly sait de ses années dans la police, c’est que lorsque les choses vont mal, vous avez besoin d’un partenaire de confiance pour vous soutenir.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782382281970
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Sombre & Somptueux
Copyright de l’édition française © 2021 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2016 Elizabeth Varlet
Titre original : Dark & Dazzling
© 2016 Elizabeth Varlet
Traduit de l’anglais par ÉmelineFD
Relecture et correction par Valérie Cavallès, Agathe P., Miss Relect Addict
 
Conception graphique : © Mary Ruth pour Passion Creation
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-38228-197-0
Première édition française : octobre 2021
Première édition : novembre 2016
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Chapitre 34
Chapitre 35
Chapitre 36
Chapitre 37
Chapitre 38
Chapitre 39
Chapitre 40
Chapitre 41
Chapitre 42
Chapitre 43
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dédicace
 
 
Ce livre est dédié à ces héros de tous les jours, à ces optimistes inébranlables et à ceux qui croient que le véritable amour brille plus que les étoiles.
 
Sombre & somptueux
Sassy Boyz #2
 
 

 
 
Elizabeth Varlet
 

 
Chapitre 1
 
 
 
 
Son téléphone sonna. Connelly ne prit pas la peine de regarder l’écran pour vérifier qui appelait. Ce ne pouvait être qu’une seule personne.
— Salut, Janie, dit-il. Quel est le problème maintenant ?
— Je ne sais pas. Je pense qu’il y a quelque chose qui ne va pas avec le chauffe-eau. Nous n’avons pas d’eau chaude dans la douche.
Même si le ton de sa sœur était apologétique, il était également teinté de frustration. Elle s’effondrerait bientôt s’il ne l’aidait pas. Janie ne savait pas gérer le stress. Ou les responsabilités d’adultes au-delà des soins quotidiens de ses deux garçons.
Il s’arrêta à mi-chemin, se pinça l’arête du nez et ferma les yeux. La dernière chose dont il avait besoin était de passer le reste de son après-midi à régler ses problèmes – au pluriel – parce qu’il savait qu’il y en aurait d’autres une fois qu’il serait là-bas.
Cela avait déjà été une journée difficile. Raoul et lui avaient finalement clos le dossier de vol sur lequel ils travaillaient depuis des semaines, mais cela avait un coût. Le voyou qu’ils poursuivaient avait poignardé un touriste dans l’estomac. Le gars était à l’unité de soins intensifs en train de se préparer pour l’opération. De plus, ils avaient été affectés à une affaire de cambriolage en cours parce que Martin et Hopkins n’allaient nulle part, ce qui avait mis une sacrée tension entre eux. Bien sûr, ils ne pensaient pas avoir besoin d’aide et étaient mécontents des ordres du capitaine.
Il ne voulait pas penser à toutes les autres affaires qui s’empilaient sur son bureau pendant qu’il essayait de contourner leur ego meurtri sur la pointe des pieds. Ça avait été une journée merdique, purement et simplement.
Connelly voulait juste déjeuner. Était-ce trop demander ? Les bruits incessants de la ville tourbillonnaient autour de lui comme la symphonie chaotique que c’était. Les klaxons des voitures retentissaient, les gens criaient et les sirènes sonnaient au loin. S’il écoutait assez fort, il pourrait probablement discerner le faible grondement du métro. C’était peut-être son estomac. Il s’était dirigé vers son restaurant préféré, mais il semblait que c’était hors de question maintenant.
Il tourna les talons, prêt à retourner à sa voiture.
— Je vais…
Il garda à peine une prise sur son téléphone alors qu’il entrait en collision avec quelque chose de solide.
— Merde.
Sans réfléchir, Connelly tendit son bras et l’enroula autour de la femme mince qui était à deux doigts de tomber. Un souffle plus tard, ce corps ne semblait pas si mince, il était souple, ferme et solide contre le sien. Il plongea son regard dans des yeux surpris encadrés par les cils les plus épais qu’il ait jamais vus. Bon sang, il n’avait jamais aimé les femmes, mais celle-ci était magnifique.
Ses lèvres s’entrouvrirent sur un souffle.
— Désolé, dit-il. Je ne vous avais pas vue.
Quelque chose s’immisça dans l’esprit de Connelly alors que la bouche pulpeuse de l’inconnue s’amincissait en un froncement de sourcils irrité.
— Tu peux me laisser partir maintenant, dit-elle.
Cette voix. Il y avait quelque chose dans cette voix. Elle fit frissonner Connelly d’une manière telle que son emprise sur sa taille se resserra au lieu de la relâcher.
— Ne m’oblige pas à te mettre un coup de genou dans les couilles, Hot Fudge 1 .
Il n’était pas rare de rencontrer une femme qui jurait comme un marin, pas à New York, mais pourquoi ce surnom ?
Quelque chose clochait.
Tous ses signaux d’alerte d’inspecteur sonnèrent alors qu’il laissait partir l’inconnue. Distraitement, il appuya sur la touche « Fin » sur l’écran de son téléphone et le glissa dans sa poche.
Il étudia la femme en s’éloignant. Elle mesurait environ 1,80 m, portait des bottes violettes jusqu’aux genoux, un jean moulant et un tee-shirt noir ample avec des lèvres rouge rubis scintillantes sur le devant. Il était suffisamment lâche qu’il pendait sur une épaule et révélait une peau lisse et pâle. Mais, aussi provocante que soit la tenue, ce fut les longs cheveux noirs soyeux, les cils épais et le rouge à lèvres rouge foncé qui troublèrent Connelly.
Parce qu’il aurait pu jurer qu’il connaissait cette voix.
— Est-ce que ça va ? demanda Connelly.
Elle fouilla le sol alors que la foule se séparait autour d’eux, et ne prit pas la peine de lever les yeux pour répondre.
— Non, grâce à toi.
— Je vous connais ?
Elle leva les yeux au ciel avec une mine renfrognée.
— Peut-être.
Ces lèvres peintes se transformèrent en un sourire condescendant. Une seconde plus tard, la recherche continua et ces yeux sombres se reconcentrèrent.
— Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ?
L’inconnue ramassa un téléphone portable sur le trottoir caillouteux.
— Merci putain.
Le soupir de soulagement chatouilla plus que les nerfs hypersensibles de Connelly et pendant un instant, il ne put cligner des yeux.
— Azariah ?
Non. Ça ne peut pas être… si ?
Le serveur. Son serveur.
Il n’avait pas du tout l’air familier. Au contraire, il avait l’air… nuisible. Tentant.
Bordel.
Quelque chose dut trahir ses pensées secrètes parce que ces lèvres pulpeuses se relevèrent en un sourire ironique qui illumina Connelly comme une torche imbibée d’essence.
— Qu’est-ce qui ne va pas, Hot Fudge, tu t’étouffes avec ta propre langue ?
Son rire moqueur était plein d’amusement et d’un peu de courage, mais surtout de mépris.
C’était une rock star, plein d’effets, agressif et beau. Il n’y avait rien de moyen chez lui maintenant. Pour un gars qui prétendait être excellent dans son travail, Connelly avait du mal à fusionner les deux versions. Elles ne collaient pas et cela perturbait son besoin que tout ait un sens.
Il resta là, le regard fixe, tandis que son esprit vacillait.
— Ne t’inquiète pas, c’est pas dans l’air. Tu ne vas pas devenir queer.
Avec un roulement des yeux, Azariah s’éloigna avec une démarche enivrante, si pleine de confiance et de force qu’elle fit perdre la tête à Connelly. Ses paumes étaient moites et sa poitrine lui faisait mal à force de retenir son souffle si longtemps. Il observait le serveur qu’il connaissait sous le nom d’Azariah depuis qu’il avait été transféré à la 23e il y a trois mois et avait commencé à déjeuner chez Sal’s. Quelque chose chez ce gars avait capté l’intérêt de Connelly. Un puzzle qu’il n’avait pas réussi à résoudre. Maintenant, il savait ce qu’il avait manqué.
Des lèvres rouge vif et une paire de talons aiguilles. Bordel.
Tu parles d’un puzzle. Le mystère Azariah venait de devenir intéressant.
Le problème était que Connelly ne pouvait pas le résoudre. Il ne pouvait pas poursuivre Azariah, peu importe à quel point il trouvait sa personnalité audacieuse très attirante. S’il le faisait, tout ce pour quoi il avait travaillé depuis le décès de son père serait ruiné. Pourtant, au lieu de retourner à sa voiture comme il l’avait prévu, il suivit Azariah dans le restaurant.
Bon sang, il avait besoin de manger, n’est-ce pas ? Ça ne voulait rien dire.
 
 
Z entra dans le restaurant avec ses bottes à talons aiguilles violettes. Il allait tuer Landon. Cet enfoiré était parti sans un mot en lui laissant le loyer sur les bras. Connard. Sérieusement, son colocataire allait avoir une grosse surprise en revenant de l’endroit où il avait disparu – une botte à bout pointu dans le fion.
Si Sal ne lui donnait pas des heures supplémentaires, il ne savait pas ce qu’il ferait. Il n’aimait pas demander de l’aide, surtout à quelqu’un qui avait déjà tant fait pour lui, mais ce n’était pas comme s’il demandait de l’argent ou quoi que ce soit. Il ne faisait pas l’aumône. Il n’était pas un profiteur.
Tout ce qu’il avait maintenant, c’était parce qu’il avait travaillé comme un fou.
Ça n’allait pas changer de sitôt.
Il trouva son patron dans le placard qu’il appelait bureau. Sal était penché sur le clavier de l’ordinateur, le tripotant avec deux doigts. Z frappa à l’encadrement de la porte, mais n’attendit pas qu’on lui dise d’entrer. Il entra et s’assit sur la seule chaise disponible, une chaise pliante en métal avec un coussin attaché dessus.
— Putain d’ordinateurs, dit Sal. Je déteste ces foutus trucs.
— Engage un comptable.
Sal grogna et se tourna enfin pour le regarder.
— Que veux-tu ?
— Plus d’heures ?
Sal soupira et prit le calendrier qu’il utilisait pour planifier les heures de travail du personnel.
— Tu as de la chance. Jimmy vient de demander deux semaines de congé, le petit merdeux.
Z ne cacha pas son amusement, car aussi bourru que Sal puisse paraître, il était en fait un grand tendre, surtout avec Jimmy. Le gamin était son neveu et le seul garçon de sa génération, alors bien sûr, Sal le gâtait.
— Il était censé venir ce matin, mais puisque tu es là, tu peux prendre ses heures.
— Quoi ? Maintenant ?
Sal leva les yeux de son travail et plissa les yeux vers Z.
— Oui, maintenant. C’est un problème ?
Le soulèvement d’un sourcil épais et mal entretenu dit à Z que s’il voulait aussi prendre le reste des heures de travail de Jimmy, il ferait mieux de ne pas se plaindre.
Avait-il le choix ? Après la conversation avec sa logeuse ce matin-là, il ne le pensait pas. C’était une vieille femme gentille, mais elle n’aurait pas d’autre alternative que de le mettre à la porte s’il ne trouvait pas l’argent. En fait, il avait jusqu’à lundi pour lui régler le loyer que ce crétin de Landon était censé avoir payé.
Lundi.
Nous étions déjà mercredi et il n’avait aucune idée comment il allait trouver l’argent pour garder un toit au-dessus de sa tête.
Trouver un appartement décent avec son budget était déjà assez difficile, mais ajoutez à ça le fait qu’il était une salope lunatique qui se trouvait également être fantastiquement gay rendait la tâche presque impossible.
Il avait passé des annonces pour trouver un nouveau colocataire, mais cela n’allait pas résoudre son problème actuel. De plus, Landon n’avait techniquement pas déménagé, il était juste parti pour l’une de ses aventures vagabondes. Et à cause de son irresponsabilité, Z était sur le point de se faire jeter dehors.
— Parfait.
Il sourit aussi sincèrement que possible.
Les garçons comprendraient, il espérait, ce n’était pas comme s’ils n’avaient jamais manqué une répétition avant. Pourtant, il pouvait entendre le sermon de Tam au fond de son esprit et essaya de ne pas grimacer. Après le drame d’Ansel, il y a quelques mois, tout le monde était encore sur les nerfs. Il ne voulait pas perturber le calme précaire s’il n’était pas obligé de le faire.
Il ne voulait pas non plus d’un oreiller en béton et d’un matelas en gravier.
Priorités.
— Alors qu’est-ce que tu fais encore ici ?
Le demi-sourire de Sal contredit ses paroles et fit grimacer Z pour de bon en se levant du siège.
— Je ne me lasse tout simplement pas de ton joli visage, patron.
Avec un rire profond et un mouvement de tête, Sal dit :
— Sors d’ici, petit malin. Nous avons des clients.
Alors qu’il se dirigeait vers les toilettes unisexes réservées au personnel, Z sortit son téléphone et envoya un SMS rapide à Ansel, lui faisant savoir qu’il ne viendrait pas aujourd’hui.
La réponse fut une série d’émoticônes en colère et tristes accompagnés d’une demi-douzaine de points d’interrogation. Z ne voulait pas expliquer à quel point il avait besoin d’argent. Le coût de la vie, même dans son deux-pièces infesté de rats, était plus cher qu’un prostitué sur Molly. Danser un spectacle par soir avec les Sassy Boyz suffisait à peine à payer son maquillage et sa dépendance aux chaussures. Et les pourboires avaient été maigres ces derniers temps. Deux de ses habitués s’étaient mariés, ces enfoirés.
Satané mariage pour tous, ça fout en l’air mes revenus.
Mais il n’y avait aucune raison de partager toute cela avec les garçons, alors il ignora Ansel et mit son téléphone dans son sac.
Ceci fait, il attrapa sa trousse de maquillage et se mit au travail pour atténuer son éclat.
La lumière au-dessus du miroir lui donnait toujours un teint jaune écœurant. Il regarda son ombre à paupières d’un œil critique. Est-ce que c’était le maquillage qui avait tellement choqué Hot Fudge qu’il n’avait pas pu parler ? Ou était-ce les bottes qu’il avait enfilées ce matin-là pour se remonter le moral ?
C’était peut-être le tout. Ce n’était pas comme si Hot Fudge l’avait déjà vu dans autre chose que son uniforme standard de serveur auparavant.
Pourquoi s’en souciait-il ? Oui, le gars était l’un de ses habitués préférés. Il donnait de bons pourboires. En plus, il était facile. Il avait une routine hebdomadaire. Le lundi, il commandait toujours un sandwich au poulet grillé avec supplément de mayonnaise. Le mardi, c’était le sandwich aux boulettes de viande, et ainsi de suite pendant toute la semaine.
Et chaque jour, il mangeait un sundae en dessert.
Il savait exactement ce qu’il aimait et ne voyait aucune raison de changer. Z respectait ça.
Dommage que cela se termine maintenant. Hot Fudge était devenu aussi jaune que le reflet de Z quand il l’avait regardé. Un exemple de plus de la raison pour laquelle Z enlevait son glorieux maquillage et faisait ce qu’il pouvait pour se relooker à chaque service, même si son estomac se serrait en signe de révolte.
Il décolla soigneusement ses cils et les rangea pour plus tard, puis il prit ses lingettes et se nettoya les yeux et les lèvres. Quelques coups de son nettoyant pour le visage de voyage préféré et quelques rinçages plus tard et son visage était aussi nu que jamais.
Quand il avait commencé à travailler chez Sal’s, il avait mis ses talons et ses cils comme d’habitude. C’était simplement qui il était, et au début, il était suffisamment têtu pour ne pas se soucier de ce que les autres pensaient. Sal n’avait jamais dit qu’il ne pouvait pas se faire beau au travail, et la plupart de ses collègues suivaient l’exemple du patron. Mais Z avait appris à ses dépens que la plupart des gens préféraient que leurs serveurs soient invisibles. Les serveurs normaux avaient de plus gros pourboires.
C’était la seule partie de son travail ici qu’il détestait, mais il avait besoin de ce travail et il ne voulait pas laisser tomber Sal. Il avait donc apprivoisé sa diva intérieure même si cela allait à l’encontre de tout ce qu’il défendait.
Chaque fois, il entendait la voix de sa mère qui lui disait de briller et de ne jamais laisser quelqu’un le contrôler.
Et chaque fois, il se persuadait que tout allait bien, du moment qu’il prenait la décision lui-même.
Tirant ses longs cheveux en un chignon serré à l’arrière de sa tête, Z soupira. Peut-être que ce n’était pas bien, mais dormir dans le froid était-il mieux ? Sa mère avait été une rêveuse. Elle était morte en pensant que le monde protégerait son fils comme elle l’avait fait.
Elle avait eu tort.
Z n’était pas du tout comme elle. C’était un réaliste.
Il retira ses talons et enfila son uniforme standard composé d’un pantalon noir et d’une chemise blanche. Pour rester au chaud et se nourrir, il ferait bien plus que prétendre qu’il était normal. C’est ce que faisaient les survivants.
Tout ce qui était nécessaire.
Il épinglait son badge sur son tablier quand Becca entra.
— Z, qu’est-ce que tu fais ici si tôt ?
— Je prends les heures de Jimmy. Il est en repos. Encore.
Il mit l’accent sur le dernier mot parce que les escapades de Jimmy étaient toujours un sujet de conversation chez Sal’s.
Elle rit.
— Bien sûr qu’il l’est. Qu’est-ce qu’il fait cette fois ? Il nage avec des requins ?
— J’ai pas demandé, mais le connaissant, ça doit être quelque chose comme ça.
— J’aimerais être en colère contre lui, mais j’envie son courage.
— Ça doit être sympa d’avoir une famille qui paye pour toutes les conneries que tu veux faire.
— Ça aussi.
Elle était beaucoup plus rapide à se préparer que lui et ils partirent ensemble pour vérifier l’attribution des tables.
— Bien sûr, Jimmy aurait les tables près de la porte, se plaignit Becca. Même quand il n’est pas là, il a toujours le meilleur choix.
— Je vais changer si tu veux.
Les tables les plus proches de la porte avaient tendance à être pleines et plus de monde voulait dire plus de pourboires.
Z avait vraiment besoin de ces pourboires.
Mais Becca avait aussi besoin d’argent et il se sentirait coupable toute la journée s’il ne proposait pas.
— Non, mais je parlerai à Sal plus tard.
— Bonne chance.
Z récupéra ses feuilles de commande et quelques menus.
— Battle Tips ?
C’était un jeu qu’ils avaient inventé, basé sur la bataille navale. Ils avaient un plateau de jeu avec toutes leurs tables marquées, et le gagnant devait acheter des boissons pour tous les autres membres de l’équipe.
— C’est à toi.
 

 
Chapitre 2
 
 
 
 
Connelly se glissa sur une banquette près du fond face au reste de la salle. Une habitude qu’il avait prise de son père, il y a de nombreuses années. Ne jamais tourner le dos à la porte. On ne sait jamais qui peut passer par là.
Il retira son blouson de cuir en haussant les épaules. Il faisait chaud dans cet endroit, trop chaud pour la saison, même s’il avait plu il y a quelques heures. Il n’était pas nécessaire d’allumer les radiateurs. C’était encore le mois d’août pour l’amour de Dieu. Il n’avait jamais compris pourquoi les gens étaient pressés d’arriver à l’automne. Dans quelques semaines, New York serait envahi par des hipsters portant des écharpes buvant ceci et mangeant cela à la citrouille jusqu’à ce que cela leur donne envie de vomir.
Et puis il y avait les vacances.
Vacances en famille.
Non, il était trop tôt pour se noyer dans cette fosse aux serpents.
Il ne prit pas la peine de regarder le menu puisqu’il savait ce qu’il voulait. Mais il avait besoin d’une distraction pour empêcher les différents scénarios avec un certain serveur mystérieux de capturer son imagination. Il sortit donc son téléphone et lança son application de notes, faisant défiler ses observations de sa dernière entrevue avec un témoin et cataloguant les réponses qu’il pensait être des mensonges et celles qui devaient être suivies. Il n’avait pas cru une seconde la petite amie quand elle avait insisté sur le fait qu’elle ne savait pas où était le suspect, d’autant plus qu’il avait repéré un préservatif usagé dans la poubelle de la salle de bain. Soit la fille mentait, soit elle avait eu un visiteur la nuit dernière. Aucune des deux options ne la mettait dans une bonne position. Il avait fait placer une surveillance devant son appartement pour voir ce qui se passait.
— Vous avez choisi ?
Connelly leva les yeux pour voir une jeune femme aux cheveux bruns courts et aux yeux doux qui attendait avec son stylo au-dessus de son bloc-notes, et la déception lui tordit le ventre. C’était peut-être une mauvaise idée de venir ici après la collision à l’extérieur. Il aurait peut-être dû faire demi-tour et remonter dans sa voiture. Parce que bon sang, il ne pouvait pas laisser cette étrange attirance l’envahir. Il ne pouvait pas suivre cette piste.
Et il ne pouvait certainement pas sortir avec quelqu’un qui rayonnait si fort que ça lui faisait mal aux yeux.
Pas quand il avait été entraîné à rester dans l’ombre.
Il s’éclaircit la gorge et fit de son mieux pour garder ses yeux fixés là où ils étaient censés être, ne cherchant pas dans la salle à manger des signes de longs cheveux noirs.
— Je m’appelle Becca, je serai votre serveuse aujourd’hui, dit la femme avec un sourire patient, avant de répéter, plus lentement cette fois : Êtes-vous prêt à commander ?
— Euh, Oui.
Il pouvait se dire qu’il voulait Azariah comme serveur parce que le gars avait mémorisé sa routine hebdomadaire, mais ce ne serait pas toute la vérité.
— Je vais prendre un sandwich à la dinde avec des cornichons et des chips. Un café, noir. Et un sundae hot fudge en dessert.
La vérité était qu’il était stupide.
Becca hocha la tête en griffonnant la commande.
— Vous désirez autre chose ?
— Non merci.
Il retourna à ses notes.
Quelques minutes plus tard, Becca revint avec son café. Il lui sourit et après son départ, il repéra immédiatement Azariah. Il avait l’air exactement comme d’habitude, normal. Sauf que maintenant, Connelly avait l’impression d’avoir jeté un coup d’œil derrière un rideau magique et savait qu’il ne voyait pas toute l’histoire. Il serra les dents et força son regard à revenir vers son téléphone et à s’éloigner de son obsession aux cheveux noirs et aux yeux noirs. Mais les mots se brouillaient devant ses yeux. Il était tellement déconcentré qu’il sursauta lorsqu’il sonna dans ses mains et répondit sans réfléchir.
— Du con.
Oh , merde.
— Janie. Je suis vraiment désolé.
— Tu m’as raccroché au nez.
Il l’entendit renifler et jura intérieurement. Super .
— Nous avons été coupés et j’ai été distrait. Je m’excuse. Écoute, j’arrive dès que j’ai fini de m’occuper d’un truc au travail, d’accord ? Ça ne devrait pas prendre longtemps, je te promets que je vais tout arranger. Tu n’as pas à t’inquiéter.
S’il partait tôt, Raoul le remplacerait, il avait l’habitude que Connelly s’absente de temps en temps pour des problèmes familiaux.
— Vraiment ?
— Est-ce que je t’ai déjà laissé tomber ?
Janie soupira.
— Jamais. Tu es trop gentil avec nous.
Son repas arriva et Connelly remercia d’un signe de tête.
— Tu es ma sœur.
Et maintenant, il se sentait mal de se plaindre, même dans sa propre tête. Bien sûr, Janie n’était peut-être pas douée pour gérer le stress, mais après ce que son ex lui avait fait subir, était-ce étonnant ? Elle était sa sœur cadette, mais n’avait jamais vraiment développé son indépendance comme lui et Matthew l’avaient fait. Peu importe qu’elle soit assez âgée pour être mère de deux jeunes enfants.
Il raccrocha en promettant qu’il allait rentrer et passa les dix minutes suivantes à engloutir son sandwich. Il sirotait son café froid quand son sundae apparut sur la table. Il leva la tête pour remercier Becca de s’être dépêchée, mais les mots moururent sur sa langue.
Azariah le fixa du regard.
— Tu avais l’air d’être pressé et Becca est en pause.
Connelly mit trop de temps à respirer. Trop longtemps pour penser à autre chose qu’à la douceur des lèvres d’Azariah.
...

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