Sombres Tentations
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Description

Romance fantastique - 177 pages


Depuis la mort de ses parents, deux ans plus tôt, Anthéa enchaîne les ruptures sentimentales. Son seul réconfort se résume à son meilleur ami Eder, toujours présent pour elle. Pourtant, depuis quelques semaines, l’apparition d’un homme, beau et ténébreux, dans son miroir, hante ses rêves. Ainsi la comble-t-il de plaisir au point qu’elle songe sans cesse à leurs étranges et sensuelles étreintes.


Quand Anthéa rencontre l’objet de tous ses désirs, elle ne décèle pas le mal qui se cache en lui : Azraël, l’ange de la mort. Quelles sont les raisons de son intrusion dans sa vie ? Quels secrets dissimule-t-il ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 46
EAN13 9791096384051
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Sombres Tentations
Tome 1 - Résistance Leona Brown
Tome 1 - Résistance Leona Brown
M entions légales Éditions Élixyria http://www.editionselixyria.com https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/ ISBN : 979-10-96384-05-1 Corrections : Nord Correction Photographies de couverture : Mayor George & Selenit Shutterstock.com
Remerciements
Je remercie les éditions Élixyria et leur équipe pour leur confiance. L.S.Ange, l’éditrice, et Didier de Vaujany sont des perles qui mettent un e ardente volonté à faire un travail impeccable et à encourager leurs auteurs. Je suis v raiment ravie que ce roman fasse partie de cette jeune maison à l’avenir prometteur. À vous, lectrices et lecteurs, j’espère que vous ferez un bon accueil à ce roman qui devait rester terré au fond de mon ordinateur. Merci de le rendre vivant, merci d’embellir cette aventure et de croire en ma plume. Leona Brown
Chapitre1
Assise sur son canapé, Anthéa remontait le plaid beige sur ses épaules. Les larmes se tarissaient, mais le moral la fuyait toujours. Son cœur s’émiettait, une fois de plus. Elle enchaînait les ruptures. Pourquoi cela lui arrivait-il sans cesse ? Qu’est-ce qui clochait chez elle ? Elle fixait les murs gris de son salon, aussi sombres que son humeur. Elle aurait aimé avoir la force de chasser les souvenirs qui faisaient mal, mais elle en était incapable. Elle se complaisait dans cette peine qui l’entraînait vers le monde obscur. Depuis la mort de ses parents, deux ans auparavant, sa vie s’écroulait. Elle avait perdu son emploi de mannequin, dû vendre la maison familiale pour survivre et faire des petits boulots qu’elle ne parvenait pas à garder. La dépression faisait partie de son quotidien. Anthéa s’était fait soigner, mais en vérité, elle lui collait à la peau. Plusieurs fois, elle avait songé à en finir avec cette triste réalité, mais le courage lui manquait. C’était comme si le destin la maudissait. D’une main tremblante, elle attrapa un mouchoir et essuya une larme qui subsistait. La tristesse restait sa meilleure amie depuis quelques années maintenant. Presque six mois avec ce jeune homme, et voilà qu’il l’abandonnait pour une autre sans raison valable. Mais pourquoi ? Elle s’était pourtant bien contrôlée ; néanmoins, cela s’avérait insuffisant. Elle se leva et traîna les p ieds jusqu’à la salle de bains, le plaid toujours sur son dos. Minuit sonnait à l’horloge ; la fatigue se faisait sentir, mais elle refusait de dormir. Elle savait que les cauchemars l’assailliraient. Elle se dirigea sur la droite vers la vasque, ouvrit le robinet, joignit ses paumes, laissa couler l’eau, puis la jeta sur sa figure marquée par la tristesse. Elle se releva et se fixa dans le miroir. Ses mains agrippaient le lavabo avec for ce. Elle était pourtant jolie : une belle femme de vingt-trois ans à la chevelure couleur de feu et aux yeux bleus. Son visage fin et délicat lui permettait de gagner un peu sa vie quelques années auparavant. Mais comme tout ce qui lui arrivait depuis deux ans, cela ne d urait pas. Elle vivait une véritable descente aux enfers qui devenait trop lourde à supp orter. Elle enleva son jean, son T-shirt fuchsia, et contempla son corps à travers le miroir. Sa peau blanche contrastait avec la noirceur du carrelage que la glace lui renvoyait. Son regard azur était terne, comme éteint. La plupart d es gens qu’elle côtoyait la trouvaient parfaite. Elle avait une poitrine généreuse, de belles formes harmonieuses. Pourquoi les hommes la fuyaient-ils ? Les yeux rivés au miroir, Anthéa fixait son reflet qui se transforma en celui d’un individu masculin. Elle se frotta le visage, croyant rêver, mais non. Il y avait bien un inconnu qui la fixait, et séduisant qui plus est. Encore un tour que lui jouait son esprit, cela devenait fréquent ces d ernières semaines. C’était le même individu à chaque fois, et si Anthéa pensait être folle, elle aimait contempler ce beau brun. C’était devenu un ami, un réconfort, une des rares choses qui parvenaient à lui arracher un petit sourire. Elle cligna des paupières à plusieurs reprises ; il restait là devant elle. Il l’observait avec un regard noir envoûtant. L’air sévère sur son visage fin attirait la jeune femme plus qu’il ne l’effrayait. Elle aimait ce côté mauvais garçon, et il était tellement beau qu’elle en oubliait tous ses soucis. Son torse nu musclé, parf aitement bien dessiné, la faisait frémir. Anthéa luttait contre elle-même, mais elle sentit le désir la submerger. Quelle poisse ! Pourquoi diable, dès qu’elle admirait un homme attrayant, l’envie l’envahissait-elle ? Elle se fit violence et rentra dans la douche sans plus jeter un œil sur son miroir. Au lieu de mettre de l’eau chaude, elle laissa l’eau froide lui fouetter le corps. Au moins, avec ça, elle en oubliait ses pulsions… enfin, juste pour un temps. La tête baissée vers le sol, elle posa les doigts sur le carrelage et se mordit le bas de la
lèvre. Le liquide glacé qui ruisselait sur sa peau la brûlait, mais elle s’en moquait. Prise d’une soudaine crise de colère, elle frappa le mur du plat de sa main. Elle n’en pouvait plus. Son physique n’était en rien responsable du f ait que la gent masculine la fuyait, c’était à cause de son appétit sexuel démesuré. Ell e en avait conscience, mais elle n’arrivait pas à l’accepter. Quelle malédiction ! Si pendant l’acte elle ressentait une intense satisfaction, une fois seule, elle se détestait pou r avoir une nouvelle fois succombé et couché avec le premier venu. Pourquoi n’était-elle pas comme toutes les autres ? Elle souffla et songea à cet inconnu qu’elle voyait régulièrement dans son miroir. Elle y était attachée, et aurait tant aimé l’avoir auprès d’elle. Pourquoi ? Comment était-ce possible ? Elle ignorait s’il était réel ou juste le fruit de son imagination. Elle se redressa, se frotta le visage ; l’eau qui f ouettait sa peau la faisait trembler. Elle sortit, attrapa une serviette posée négligemment su r un meuble en bois à sa gauche et courut dans sa chambre. Elle se glissa sous la couv erture et tenta d’effacer de son esprit cette envie qui la hantait. Pour cela, elle alluma la télévision, mais il n’y avait rien d’intéressant, comme d’habitude. Elle prit alors un livre et s’y plongea. De cette manière, elle arrivait à oublier ses soucis. Les pages défilaient et les mots s’imprégnaient dans sa chair, accentuant davantage les picotements qui dém angeaient le bas de son ventre. Pourquoi avait-il fallu qu’elle lise cette romance érotique ? La lumière éteinte, Anthéa se tourna et se retourna dans son lit. Elle dormait enfin quand son sommeil se troubla à cause d’un cauchemar, d’un rêve, elle ignorait comment le qualifier. Il faisait sombre, l’odeur boisée parvenait aux narines de la jeune femme. Elle supposa être dans une forêt. L’atmosphère froide l’angoissait. Des sons inquiétants frôlaient ses oreilles et lui donnaient la chair de poule. Anthéa portait une nuisette de dentelle rouge qui recouvrait à peine ses formes généreuses. Des b ruits de pas résonnaient ; Anthéa se retourna, mais ne vit rien. Des mains venaient lui palper la poitrine. Elle aurait dû avoir peur, repousser cette chose qui la touchait, mais c ’était si bon. Des lèvres douces lui embrassaient le cou, Anthéa ne put s’empêcher de gémir. Le désir était plus fort que tout, et ce plaisir lui manquait, si bien qu’elle se laissa faire. L’homme dont elle devinait les courbes divines sous ses doigts se plaça face à elle. Son visage devenait enfin visible, et Anthéa retrouva ce même brun qui apparaissait dans son miroir. Drôle de coïncidence ! En même temps, ce n’était qu’un rêve. Elle se mordit le bas de la lèvre et arbora un large sourire ; il était si beau qu’elle ne pouvait lui résister. Elle passa l’une de ses jambes autour de sa hanche pour l’encourager, puis la deuxième. L’homme agrippa les fesses d’Anthéa pour la mainten ir et, sans attendre, lui fit l’amour passionnément. Elle criait de plaisir, c’était si bon, si torride, si passionné, du sexe comme elle l’adorait. Dommage que cela soit irréel. Si elle avait un amant comme celui-ci, elle serait comblée.
CChhaappiittrree2 La sonnerie criarde du réveil retentit, Anthéa quitta les bras de son beau brun à regret. Elle refusait de sortir du lit, ferma les paupières pour retrouver ce merveilleux amant, en vain. Elle expira bruyamment, c’était la meilleure nuit qu’elle avait passée depuis des semaines et l’envie dévorante de sexe semblait l’av oir désertée. Nonobstant, c’était seulement un rêve et, en cet instant, elle devait composer avec ses ours en peluche qui la regardaient d’un air implorant. Comment cela était-il possible ? Elle se leva sans aucun entrain et traîna des pieds vers la cuisine. L’horloge affichait six heures, Anthéa n’aurait pas dû se coucher si tard. Elle se servit un café bien fort, puis un second avant de faire sa toilette et de s’habiller. Ce jour-là, elle commençait un nouveau travail. Encore ! Elle devait être en forme. Les affres de la fatigue marquaient son visage. Elle le s camoufla avec du maquillage, sans doute un peu trop, mais elle ne voulait pas que ses futurs collègues la harcèlent de questions. Elle monta dans sa voiture et démarra. En deux minu tes, elle se retrouva au milieu des embouteillages. Décidément, la poisse lui collait à la peau ces derniers temps. Elle allait être en retard le premier jour. Elle se présenta une heure et demie plus tard. — Je suis vraiment désolée, j’étais bloquée sur le périphérique. — Ce n’est pas sérieux, dit son patron. Ce genre de chose s’anticipe. À votre avis, comment font les autres ? — Cela n’arrivera plus. — Effectivement, vous pouvez rentrer chez vous. Je me passerai de vos services, l’agence d’intérim m’a envoyé un remplaçant. — Non, s’il vous plaît, j’ai besoin de ce travail. Elle implora cet homme, mais il demeura sourd à ses supplications et la renvoya chez elle. Il ouvrit la porte sans un regard pour la jeu ne femme et la claqua derrière elle. Anthéa partit, désemparée. Les larmes envahissaient ses beaux yeux bleus et roulaient sur sa peau froide, laissant une trace amère sur ses jo ues. Comment pouvait-elle être virée avant même de commencer ? Une première pour elle qu i, d’ordinaire, tenait au moins une semaine. D’un pas chancelant, elle regagna sa voiture. Elle fouilla dans son sac et fit tomber son contenu par terre. À genoux, elle ramassa ses affaires. Ce manque de chance l’excédait. Mais que lui arrivait-il ? Elle touchait le fond ; elle en avait assez. De colère, elle frappa le sol de son poing gauche et se blessa sur un caillou pointu. Une écorchure entama sa chair, laissant un liquide écarlate tacher sa peau blanche. De sombres pensées envahissaient son esprit. Et pendant un instant, elle s’imagina passer de l’autre côté, mettre fin à sa triste vie. Elle ne supportait plus la douleur obscène qui la h antait et qui s’accroissait au fil des jours. De toute façon, elle ne manquerait à personn e. Elle n’avait plus de parents puisqu’ils étaient morts dans un accident de voiture. Et son seul ami, Eder, aurait vite fait de l’oublier. Elle sursauta en entendant une voix masculine s’adresser à elle. Elle jeta un œil derrière elle et se retourna rapidement. — Est-ce que ça va ? Anthéa passa le dos de sa main sur ses joues pour gommer son chagrin, elle essuya son nez avec un mouchoir et se releva. Elle resta bouch e bée devant cet individu. Elle ignorait son identité, mais il dégageait une étrange sérénité qui effaçait partiellement la souffrance
qui l’affectait. Une beauté irrésistible, avec des traits fins et masculins, une gueule d’ange. Il devait avoir une quarantaine d’années, un peu vieux pour Anthéa. Ses cheveux blonds étaient bien coiffés en arrière et ses yeux verts brillaien t comme des diamants. Il tendit la main à Anthéa qui la prit sans hésitation. À son contact, une douce chaleur se diffusa dans son corps et l’apaisa. — Merci, souffla-t-elle d’une voix paisible, sans v raiment comprendre ce qui se passait. Anthéa se mordit la lèvre. Non, elle se sentait mal , mais elle refusait d’en parler, surtout à un inconnu. Elle évitait son regard et ch erchait le moyen de se défiler. Mais il ne semblait pas avoir l’intention de la laisser. Pourquoi voulait-il l’aider ? — Merci. Mais ne vous inquiétez pas pour moi. J’ai juste fait tomber mon sac et son contenu s’est répandu partout. Excusez-moi, mais je suis pressée. Anthéa saisit ses clés et ouvrit la voiture pour fu ir, mais ce dernier lui attrapa la main. Il lui sourit, il était encore plus beau. Bizarreme nt, la jeune femme ne ressentit rien. D’ordinaire, ses pulsions auraient pris le dessus, mais là, elles avaient disparu. — Est-ce que vous trouveriez ça étrange si je vous donnais mon numéro de téléphone ? — Oui, un peu. On ne se connaît pas. — Je m’appelle Raphaël. — Anthéa. — Si je peux me permettre, je préfère lorsque vous souriez. La vie est parsemée d’embûches, il faut juste apprendre à les surmonter. — Qu’en savez-vous ? — J’ai entendu le patron de cette entreprise vous m ettre à la porte. Je reconnais cet air déprimé et les idées noires qui les accompagnent. Je ne voudrais pas que vous fassiez une bêtise. — Je vous remercie, mais je n’ai pas besoin d’un ange gardien. Il lui tendit un morceau de papier avec son numéro. Anthéa hésita, puis accepta face à l’insistance de Raphaël. — Je serais vraiment ravi si vous m’appeliez. Peut-être pourrions-nous boire un verre ensemble ? — C’est gentil, j’y réfléchirai, mais c’est une mau vaise idée. Je ne suis pas quelqu’un de fréquentable. Anthéa monta dans sa voiture, démarra et s’éloigna de cet individu. Une seule envie l’habitait : se réfugier dans sa salle de bains et voir l’image réconfortante de ce brun qui l’envoûtait tant.
CChhaappiittrree3 Allongée sur son divan, le bras gauche sur les yeux, Anthéa essayait d’oublier cette journée désastreuse. Elle était restée plus d’une h eure face à son miroir pour rien. Elle aspirait pourtant tellement à retrouver cet homme. Des picotements agréables commençaient à lui démanger le ventre et glissaient plus bas en songeant à ce dernier. Son corps le réclamait. Impossible d’oublier ce rêve et ce moment passé dans ses bras. Voilà qu’elle désirait une image maintenant !  Elle devait assouvir ses besoins, mais elle n’avait personne à ses côtés pour le faire. Sauf peut-être… Elle courut dans l’entrée, attrapa son sac et en sortit un bout de papier. Le numéro de Raphaël dans la main, elle hésitait à lui téléphoner. Elle n’avait rien éprouvé en le voyant, mais il fallait absolument qu ’elle calme ses ardeurs, sinon celles-ci deviendraient si insupportables que c’en serait douloureux pour la jeune femme. Elle sursauta en entendant la sonnerie de son smartphone. Elle l’attrapa et fixa la photo qui s’affichait. — Eder ! s’écria-t-elle. Il l'appelait sûrement pour la questionner sur sa première journée de travail. Elle fit la grimace, elle n’avait pas envie de répondre, mais si elle rejetait cet appel, il serait capable de débarquer chez elle. Elle décida donc de lui parler. — Allô ? — Oh ! C’est quoi cette petite voix ? lui demanda-t-il avec une pointe d’inquiétude. — Je me suis fait virer. — Quoi ? Déjà ! — Merci de me soutenir. — Je suis désolé, ma chérie. Qu’est-il arrivé cette fois ? Anthéa lui expliqua son manque de chance. Eder resta muet ; il expira, ennuyé pour son amie. Décidément, la vie semblait s’acharner contre elle. — Tu trouveras autre chose. Garde courage. — Facile à dire ! C’est la quatorzième entreprise q ui me balance en deux ans. Je commence à croire que la poisse me colle à la peau. — C’est un mauvais passage. Allez, pour te remonter le moral, je t’emmène en boîte ce soir. Tu ramèneras certainement un beau mâle à te mettre sous la dent. — Tu trouves ça drôle. — J’essaie juste de te changer les idées. — En me rappelant que j’ai besoin de sexe ! — Effectivement. — Comment refuser une telle proposition, d’autant que j’ai une faim de loup ? — Super, dans ce cas, je passe te prendre à l’heure habituelle. Anthéa posa le téléphone et se jeta au fond de son divan, attendant la nuit avec impatience. Au moins, durant cette sortie, elle pou rrait toujours trouver quelqu’un pour faire taire les picotements qui lui vrillaient le b as du ventre. Elle en avait assez de cette fichue maladie. Pourquoi ne pouvait-elle pas être normale ? Après plusieurs heures à sommeiller sur son canapé, elle se leva, prépara deux sandwichs au thon et les dévora comme si elle n’avait rien mangé depuis des jours. Elle se dirigea ensuite vers la salle de bains, d’un air plus enjoué. Elle prit une douche, enfila une
petite robe rouge à paillettes pour sa soirée, puis se maquilla légèrement pour garder son charme naturel. Son visage s’illumina en apercevant cet homme dans son miroir. Il était enfin devant elle et, pour une fois, il lui souriait. Anthéa en avait le souffle coupé. Son sang affluait rapidement dans son cerveau, sa respiration se saccadait. Elle avait tellement envie de lui ! Elle secoua la tête ; c’était seulement le fruit de son imagination, comment pouvait-elle ressentir une si grande attirance pour une folie de son esprit ? On sonna ; Anthéa ne bougea pas d’un cil. L’image d e son bel inconnu se brouilla, puis disparut, au désespoir de la demoiselle qui re trouva son air morose. C’était sans doute Eder qui passait la chercher. Des bruits de pas martelaient le sol et se rapprochaient. La porte de la salle de bains s’ouvrit et la jeune femme découvrit son ami. — Waouh ! Comme d’habitude, tu es splendide, Anthéa. Une magnifique nymphe, une déesse. — Si tu le dis. — Ah non ! Je refuse d’entendre ça. Que te faut-il pour comprendre l’évidence ? — Et après… Eder se rapprocha de son amie. Il passa les bras au tour de sa taille et colla son torse musclé contre sa poitrine pour l’enlacer. La jeune femme l’observa un instant. Il avait tout pour plaire. Bien qu’il ne fût pas très grand, il a vait un physique de rugbyman, ses cheveux bruns retombaient sur ses grands yeux verts aux cils longs et épais. Anthéa s’éloigna, sentant le désir l’envahir encore une fois. — Tu as de la chance d’être homosexuel, sinon...  Le regard vers le sol, elle fuyait celui d’Eder. Ce dernier lui attrapa les mains et les serra avec force avant de lui embrasser le bout des doigts. — Tu devrais croire en toi. Ouvrir ton esprit à la fantaisie, à l’imaginaire. — Qu’est-ce que cela m’apportera ? — Plus de légèreté, de bonheur. Tu prends tout trop à cœur, trop au sérieux. — Non, c’est juste la triste réalité. — Tu finiras par trouver l’homme qu’il te faut. En attendant, profite de ta jeunesse, ma chérie. Anthéa garda le silence. Elle ne voulait pas répond re. Pour quoi faire ? Il ne la comprendrait jamais. Pour lui, sa maladie était une sorte de bénédiction, mais pas pour elle. Celle-ci lui sapait le moral, l’enfonçait chaque jour un peu plus vers une dépression qu’elle essayait de repousser. La jeune femme attrapa sa pochette posée sur le rebord du lavabo et sourit tant bien que mal. — Eh bien, voilà ! C’est ainsi que j’aime te voir. Les bras tendus en direction de la porte, Eder semb lait satisfait. Anthéa passa à côté de lui et frôla son torse musclé. Elle ferma les yeux et perçut son cœur battre à cent à l’heure. Elle serra les mains sur son sac et retint cette pu lsion qui tentait de l’envahir. Elle n’avait pas la moindre envie de la compagnie d’un homme ; p ourtant, elle serait obligée d’en ramener un chez elle afin de faire taire ce feu qui l’animait. Elle soupira discrètement, dégoûtée par sa propre personne. Elle aurait tant a imé être comme tout le monde. Pourquoi avait-il fallu qu’elle souffre de nymphomanie ? Même sa dernière rupture, ô combien douloureuse, ne suffisait pas à calmer ses ardeurs. Elle avait besoin de sexe, et peu importe le diable qui serait à ses côtés.
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