The Lion
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Description

Romance contemporaine aventures - 180 pages (nouvelle couverture - nouvelle édition)


Alana est une jeune femme courageuse et pleine d'ambition. Elle a quitté sa famille et son pays pour sa passion : protéger la vie des animaux sauvages... Ses études l’ont conduite en Afrique, au cœur d’une réserve naturelle où le lion tente de rester roi. Traverser la brousse pour soigner les blessures d’une girafe ou d’un léopard, quoi de mieux pour exciter la vie d’une aventurière ?


Pourtant, tous ne partagent pas cette vision du monde. Des braconniers, avides de vengeance, sont déterminés à éliminer cet obstacle qu’elle représente pour eux.


Et pour couronner le tout, la voilà entraînée dans un jeu tout aussi dangereux avec Aaron, dont elle ignore tout, sauf son aversion pour les animaux et la chaleur qui règne ici...


Mais un orage sur ces terres n’est-il pas toujours providentiel ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 56
EAN13 9791096384228
Langue Français
Poids de l'ouvrage 12 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0026€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

The lion

Jess DogStar
Jess DogStar



Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 979-10-96384-22-8
Photographies de couverture : Photocech - Artush
CHAPITRE 1

Alana

Le soleil se lève sur la savane.
Comme tous les matins, je me réveille avec lui et admire son ascension sur les vastes étendues africaines.
Je ne me lasserai jamais de ce panorama.
Je soupire et me rappelle qu’il faut que je m’active ; aujourd’hui, mon mécène vient nous rendre visite, celui sans quoi rien n’aurait été possible.
M. Christian Johnson est un riche entrepreneur américain, et un adorateur de la faune et de la flore africaines. Grâce à lui, et son investissement tant physique que financier, j’ai pu reprendre la gérance de cette réserve naturelle.
Un rêve depuis des années, devenu réalité grâce à ma persévérance à toute épreuve. Je ne supporte pas l’échec.
Depuis mes trois ans, je fais une fixation sur les lions et autres félins. Pas de chambre de princesse pour moi, mes murs recouverts de posters les représentant, mon lit était le refuge d’une nuée de peluches. Je me prenais pour Noé sur son arche, à sauver ces animaux, à refaire le monde, à viser avec la mitraillette de la panoplie de Rambo de mon grand frère, les chasseurs et autres braconniers.
J’ai grandi avec cette vision pour ma vie future, étudiant d’arrache-pied pour obtenir les meilleures notes et pouvoir me diriger sur la branche « Soins aux animaux sauvages ».
J’avais peu de temps libre, me renseignant sans cesse sur les nouveautés du monde animal. Mes parents ont essayé de me diriger vers une voie professionnelle plus « conventionnelle », telle que vétérinaire dans le bled d’à côté ou, au pire, soigneuse dans le zoo du département voisin. Mais les voir en cage ou dans un milieu restreint me mine le moral. Ce sont des animaux sauvages, leur place est dans la nature.
Combien de personnes m’ont expliqué le bienfait des zoos : leur sécurité est primordiale pour leur survie…
J’ai voulu leur parler de mon projet, mais rares sont ceux qui ont cru en ma réussite ! J’étais une gamine avec des idées plein la tête, rien de plus, comme si je voulais être chanteuse ou comédienne. Beaucoup en rêvent, peu y arrivent.
Après l’obtention de mon master, et assez d’argent cumulé, j’ai cherché de l’aide. Je ne compte pas le nombre de courriers et de mails que j’ai envoyés à travers le monde pour exposer ce projet qui me tient à cœur. J’avais déjà trouvé l’endroit et m’étais renseignée plus que de raison.
La réserve d’ Hluhluwe-Umfolozi recherchait un nouveau gérant, Pedro Sanchez voulait retourner chez lui en Espagne, retrouver sa vie laissée il y avait quinze ans, pour réaliser son rêve africain.
Grâce à lui, de nouvelles technologies ont vu le jour en cette contrée. Il a multiplié les dispositifs pour améliorer la vie de tous à la réserve.
Cela fait deux ans qu’il m’a laissé sa place, après trois mois de formation intense.
Je me souviens de mon arrivée comme si c’était hier…

Deux années plus tôt
Après les adieux déchirants, surtout pour ma mère et ma meilleure amie, je prends mon envol pour l’Afrique du Sud. Une boule au ventre mêlée à de l’excitation pour enfin concrétiser ma vie.
Une fois que je foule le sol africain, l’appréhension me quitte et je suis submergée par le bonheur !
Je ressens toutes ces émotions après avoir passé plus de onze heures dans l’avion ; qu’est-ce que ça va être quand je serais en contact avec les animaux ?
Le 4x4 avec le logo de la réserve m’attend, et nous roulons en direction du lieu qui sera ma nouvelle maison à partir d’aujourd’hui.
J’observe avec un réel plaisir le paysage qui défile devant mes yeux.
Nous sommes au mois de septembre, l’hiver s’achève laissant place à l’été. Enfin, l’hiver... il fait quand même très bon à cette époque ! Le soleil inonde les vallées en cette fin d’après-midi, les acacias et les baobabs découpent le ciel bleu de leur grandeur et de leur majestuosité.
Je me sens apaisée, entourée de cette savane.

Pedro me relate l’historique de la réserve, m’explique avec fierté que son prédécesseur, celui qui lui a tout appris, est à l’origine de l’appellation de « réserve naturelle » en 1985.
Je souris devant son enthousiasme et l’écoute, malgré le fait que je connaisse déjà tout ça.
Nous parlons ensuite de la vie à la réserve, sa routine quotidienne, les employés, les administrations, et surtout les animaux. Il m’apprend alors qu’ils attendent sous peu la naissance de lionceaux. Les soigneurs ont décelé la gestation de Kiara, une des belles lionnes de notre parc.
Quand il se tourne vers moi, un sourire se dessine sur son visage en me voyant excitée comme une puce ! Une naissance de lion dès mon arrivée ! Quelle belle entrée en matière !
Il m’annonce fièrement que le lendemain, nous parcourrons les trois cents kilomètres de piste pour me présenter les animaux. Je trépigne d’impatience !

Nous passons enfin le portail de la réserve, nous voici chez moi. Je vais finir par attraper un torticolis à regarder dans tous les sens, je ne veux rien louper.
Garé devant ma « case », Pedro m’aide à décharger mes affaires. Je m’arrête quelques secondes, et j’écoute... La nuit, les bruits sont amplifiés et je ressens le moindre son. Le vent fait frémir les broussailles, on entend au loin un barrissement d’éléphant.
Mon collègue me sort de ma bulle et me rappelle qu’il faut que je contacte ma famille pour les rassurer.
Après le tour du propriétaire, Pedro me souhaite de bien dormir, car demain va être fantastique.
J’y suis !
J’ai trimé dur pour y arriver, mais j’ai réussi !
Je sais que ma vie ne sera pas un long fleuve tranquille avec les tribulations d’une existence comme celle-là, dans le milieu sauvage. Mais si j’avais voulu me la couler douce, j’aurais postulé pour être secrétaire dans ma ville !
Après un appel à ma mère et une douche salvatrice, je me plonge dans mon lit...



Je saute du matelas avant que le réveil sonne, un exploit pour moi qui ne suis pas du matin. J’enfile ce qui sera à partir de maintenant ma garde-robe : short et débardeur avec le logo de la réserve. Un trait d’eye-liner sur mes paupières, un chignon, et je me rends à mon futur bureau où m’attend déjà Pedro.
— Ça y est ! Tu es prête ? me dit-il d’un air taquin.
Il est vraiment le stéréotype du tonton qu’on adore, il a toujours le mot pour rire. Il a le physique typiquement espagnol : cheveux noirs et un accent que j’adore. Il n’est pas très grand et son visage laisse apparaître les traces de sa vie sous le soleil de plomb.
— Plus que jamais !
Ma réponse le fait sourire.
Il a appuyé ma candidature auprès du KZN Wildlife , l’organisation gouvernementale responsable pour maintenir la vie sauvage dans les réserves naturelles du Kwazalu Natal, la province où nous nous trouvons.
Nous avons passé beaucoup de temps à échanger des mails, et je l’ai conquis en lui rappelant sa sœur, aussi têtue que moi.
Nous commençons la visite par les bureaux. Je rencontre à tour de rôle mes futurs coéquipiers. Nous visitons ensuite les différents locaux, les salles vétérinaires, les hangars de stockage et les lieux de réparation pour nos engins, et nous prenons la route pour aller au nord de ce sanctuaire, endroit réputé pour sa grande variété d’oiseaux.
La Jeep s’arrête et Pedro me tend les jumelles pour me familiariser avec l’environnement.
— Hé chica, regarde les tantales d’Amérique qui s’envolent !
C’est magique ! Je suis leurs courbes dans le ciel et admire ces grands oiseaux, une espèce de cigogne, tournoyer. Je m’attarde sur un spécimen, contemple ses lents battements d’ailes, quand soudain, il fait un piqué avant de se poser délicatement sur le sol à une centaine de mètres de nous.
Je ne quitte pas les jumelles, j’absorbe toutes les images. Dès qu’on croise un animal, je dois donner son nom. Je fais rire Pedro à même énoncer leurs noms scientifiques. Il m’explique à chaque nouvel animal sa petite histoire – ce mec est mieux que Wikipédia. C’est ainsi qu’un fou rire éclate entre nous lorsqu’il me raconte qu’il est l’auteur d’une photo mondialement connue : le suricate et le phacochère marchant au bord de la route... les célèbres Timon et Pumbaa du Roi Lion existent vraiment ! Il s’étonne quand je lui dis que cette photo est punaisée au mur de ma chambre, chez mes parents. Je réalise que j’ai de la chance que ce soit lui mon mentor. On sent toute la passion qui l’anime quand il parle de ce lieu et de ses habitants. La lueur dans ses yeux ne trompe pas, il aime son travail. Jamais je ne perdrai la flamme qui m’anime moi aussi, aujourd’hui. Je me battrai bec et ongles pour ce petit bout de terre !
Nous nous arrêtons au Camp Hilltop  ; ce fut le premier camp établi pour les visiteurs en 1934, il possède un restaurant unique. Je rencontre encore des employés, tous m’accueillent chaleureusement.
Pedro me conduit à la salle de réception, je me dirige vers la baie vitrée... Tranquillement posé sur une colline, le restaurant m’offre une vue panoramique. Des collines à perte de vue, un ciel magnifique, un sentiment de sérénité et de plénitude. Au loin, j’aperçois un troupeau de gnous paître tranquillement l’herbe verte. Qu’ils profitent, la saison sèche va bientôt débuter et tout se desséchera... jusqu’au retour de la saison humide.
Notre journée se déroule tout aussi bien, je croise de près ou de loin énormément d’animaux. Le grand absent est le lion, mais je ne suis pas déçue, j’en ai pris plein les yeux aujourd’hui !
Oups ! Je regarde ma montre, je suis en retard.
Moi et mes rêvasseries ! Un dernier regard dans le miroir et je fonce retrouver M. Johnson.
CHAPITRE 2

Alana

J’arrive juste quand la superbe Mercedes se gare. M. Johnson en descend. Je suis minuscule devant cette carrure imposante, il m’enveloppe de ses bras immenses pour me saluer. J’adore cet homme.
Un an qu’il n’était pas revenu ici, à cause de ses obligations professionnelles et personnelles. Il est devenu papy, il y a peu, un nouveau rôle qui le comble. À cinquante-deux ans, il a tout appris par lui-même, innovant dans des technologies encore inconnues à l’époque. Il a cru en lui, il n’a jamais reculé et a fait fortune. Sa dernière invention, qui nous a été plus que bénéfique, car c’est à la réserve qu’elle a été implanté l’année dernière, est un système d’irrigation actionné par des panneaux solaires.
La saison sèche l’est un peu moins, l’eau est une denrée précieuse à la vie, et nous en économisons la moindre goutte. Vu son succès en Afrique du Sud, il en implantera ailleurs sur le continent.
Je me défais de son étreinte et lui dis :
— Bienvenue à la maison ! Nous sommes tous heureux de te retrouver.
— Merci, Alana. Je suis ravi d’être enfin arrivé.
J’indique à Issa, mon fidèle allié, que nous allons prendre un café afin de parler de notre programme de la journée.
— Alana, je ne t’ai pas présenté Aaron, me lance Christian.
Je me retourne et reste bouche bée devant l’homme qui se tient à côté de lui. Imposant, il émane de lui quelque chose de... sexy. Un brun ténébreux qui porte des Ray-Ban comme personne, avec une barbe de trois jours. Je devine sans mal ses muscles sous son tee-shirt, ses bras musclés...
Je le détaille de la tête aux pieds, Christian toussote.
Oh, mon Dieu, je n’ai pas été discrète… Le rouge me monte aux joues, je baisse la tête. Non, mais quelle honte !
— Alana, je te présente Aaron, mon neveu. Il va rester quelque temps pour apprendre tous les secrets de ce paradis.
— Ah, d’accord... Vous auriez dû me prévenir, j’aurais préparé une case pour lui.
— Ne t’en fais pas ! Issa a été mis au courant, Aaron logera juste à côté de la tienne.
La tentation sera ma voisine… Cet apollon sous mon nez, presque à portée de main...
Non, mais oh ! Arrête de rêver, ma fille !
Je me reprends, m’avance vers lui et tends la main :
— Bienvenue. Je ferai de mon mieux pour vous montrer les plus beaux coins de la réserve.
Il me balance un « merci » d’un ton sec et ses doigts enserrent les miens. Je sursaute à l’effet que cela me procure ; un courant électrique traverse mon corps.
Ne voulant pas passer encore une fois pour une cruche, je m’éloigne et leur indique de me suivre.

Pendant deux heures, je papote avec Christian de tout et de rien, tandis que son neveu est parti s’installer. Alors que nous nous apprêtons à monter en voiture, Aaron se joint à nous, sans un mot, et s’installe à l’arrière de la Jeep .
J’essaye de ne pas trop penser à sa présence, et prends le volant. Je me lance dans les explications pour mon « véritable » invité, les progrès accomplis avec les rhinocéros.
— J’ai vraiment axé sur le renforcement positif avec eux. Tu vas voir comment leur comportement est différent, dis-je tout excitée.
— Je vois que la passion ne te quitte pas, Alana.
— Jamais, Christian. Je leur dédie ma vie !
J’entends un soupir sur la banquette arrière, mais n’en fais pas cas.
Nous arrivons au point de nourrissage. Je me tourne vers Aaron et lui sors ma science :
— Nous avons créé ces endroits appelés « points de nourrissage ». Nous y déposons du fourrage deux fois par jour en période de sécheresse, afin que les animaux n’aient pas de carence. Ici, c’est pour les rhinocéros, nous œuvrons pour leur conservation. C’est une espèce très menacée. Nous comptons la plus grande population au monde, dans cette réserve. Ils sont tués pour leurs cornes, c’est soi-disant pour leurs vertus aphrodisiaques et médicales, mais il est scientifiquement prouvé que ça ne marche pas. Bref les différentes associations de protection animale sont tombées d’accord sur le fait qu’écorner les rhinocéros leur sauvera la vie... Pas de corne, pas de mort.
Je sors du pick-up et demande à Aaron de me suivre pour monter à l’arrière et m’aider à distribuer les bottes d’herbes, pendant que Christian avancera le véhicule entre chaque gamelle. Il reste immobile, alors Christian se retourne vers lui et lui ordonne de se bouger.
Alana 1 – Aaron 0
Je m’active et lui explique la manière de procéder. Les rhinos approchent, je donne de la voix pour qu’ils me reconnaissent. Je montre du doigt Coumba, un beau mâle qui trépigne d’impatience que je fasse le service.
Voyant toute sa nonchalance, je lui pose la question tout bas :
— Pourquoi es-tu là ?
Il se redresse pour m’observer, à croire qu’il ne comprend pas ma question. Je reprends :
— Pourquoi es-tu réellement là ? Je vois bien que ce que je raconte ne t’intéresse pas ! Tu veux vivre dans une réserve naturelle, mais tu regardes à peine les animaux.
— Une lubie de mon oncle, me souffle-t-il.
Il détourne son regard… J’ai compris, il ne dira rien de plus, et ça a le don de m’agacer.
Le reste du trajet se fait dans une ambiance tendue, je ne prête plus attention à Aaron.
De retour au camp, je délaisse Christian pour faire mes dernières tâches de la journée et prétexte une migraine. Je le rassure et lui explique qu’une table au restaurant les attend.

J’éteins enfin mon ordinateur et me dirige vers ma maison. C’est un grand mot « maison », mais je m’y sens bien. J’ai le strict minimum, et ça me va. Pas besoin de fioritures ; mon temps, je le passe à l’extérieur. Devant ma porte, je cherche ma clef sur mon immense trousseau et sursaute en sentant une présence derrière moi. Étonnement, je sais qui c’est… Aaron...
— Que veux-tu ? demandé-je sans me retourner ni le regarder.
— Je... je...
— Tu quoi ?
Cette fois-ci, je me retourne et le dévisage.
— Parle ! m’agacé-je.
— Je suis désolé.
Et il s’en va, laissant derrière lui son parfum enivrant. Je le regarde s’éloigner, et me rends compte qu’il m’attire autant qu’il me rebute. Mais désolé de quoi ? D’être con ? Pourquoi Christian me le fout dans les pattes ?
Il remporte la palme d’or du connard !
Après ma douche, je me penche sur mon colis reçu ce matin en provenance de France. Ma meilleure amie Tina m’envoie ces petits cadeaux de temps en temps : des confiseries que j’adore, et surtout, ses derniers coups de cœur en matière de livres. Si je continue à me remémorer ces souvenirs, je vais pleurer. Je continue l’exploration du colis et découvre trois nouveaux romans.
Je lis sa lettre qui les accompagne :

Ma chérie,
Comment vas-tu ? Ici, ça roule. J’essaye de faire le plus d’heures possible pour me payer mes vacances en Afrique du Sud pour serrer dans mes bras la plus belle fille de la planète ! Tu me manques !
Je peux me payer le billet d’aller, mais pour le retour, c’est une autre histoire. À moins que je décide de ne pas rentrer et de squatter ta réserve. C’est ma mère qui en ferait une crise cardiaque. En parlant de parents, j’ai croisé les tiens il y a quelques jours au centre commercial. Ils sont toujours aussi gentils. Ton frère était avec eux et… oh la la, je craque ! Je rêve de devenir ta belle-sœur ! Mais comme d’hab, il ne me considère que comme la copine de sa sœur… Triste vie…
Sinon, la routine est toujours la même dans notre petit bled.
J’espère que ces cadeaux te feront plaisir (je n’en doute pas, car j’ai d’excellents goûts !)
Je te kiffe, tu me manques...
Tina

Ses lettres me font toujours rire. Je chope un des romans et me cale dans mon lit. Une bonne histoire pour penser à autre chose… Opération difficile ! Je repense à Aaron...
Je n’ai pas compris sa façon de faire. Ce mec est un mystère et je ne vais pas me prendre la tête pour lui. Comment peut-il être aussi beau à l’extérieur et si horrible à l’intérieur ? Je me remémore notre rencontre et cette journée... J’essaye de décrypter mes réactions à sa proximité.
À me triturer le cerveau, ma rancœur envers lui grandit, donc je me stoppe. Il faut bien le dire, je vais devoir le supporter pendant une durée indéterminée.
Je tourne les premières pages du livre et me plonge dans l’histoire. Quelques chapitres plus loin, je sens la fatigue me gagner. Et comme chaque soir, je monte sur le point de vue juste à côté de mon humble demeure. Je grimpe l’escalier en bois jusqu’à la nacelle. Je m’assieds, ferme les yeux et me laisse envoûter par la nuit et ses mystères. C’est mieux qu’une séance de yoga. J’adore ces moments particuliers, un rituel qui me ressource après des journées exténuantes. Personne n’est au courant de mon escapade nocturne, c’est mon secret.
Le silence est brisé de temps à autre par le bruit d’un animal au loin ou des bruissements de feuilles dans les arbres.
Profitant de la lune quasi pleine, je m’appuie sur la rambarde et scrute l’horizon. Tout est si paisible…
Du coin de l’œil, quelque chose attire mon regard. Je vois quelque chose bouger derrière les bureaux. Je remarque que c’est Aaron qui rentre sûrement de son dîner.
J’admire sa démarche ; il est sûr de lui, il n’y a aucun doute. Même d’où je suis, je ressens une forte attraction.
C’est étrange comme deux opposés s’attirent. Enfin, je dis ça pour moi, car je ne sais même pas si je peux lui plaire. Il suffit que je le voie de loin pour recommencer à divaguer. Arrivé devant chez moi, il s’arrête quelques secondes et finit par rentrer chez lui.
Mon calme s’étant envolé, je redescends et vais me coucher. Demain risque d’être électrique, si ce n’est explosif !
CHAPITRE 3
 
Alana
 
Un réveil difficile après une nuit mouvementée par des cauchemars horribles qui m’ont tenue éveillée une bonne partie de la nuit. Cela faisait un an que je n’y pensais plus, que je dormais à nouveau à peu près sereinement. Mais la mémoire est une garce, les souvenirs remontent à la surface pendant la nuit, vous empêchant de vous reposer correctement et d’évacuer ce trop-plein de stress, qui revient inlassablement comme un boomerang.
Peu de temps après mon arrivée, la réserve s’est fait attaquer par des braconniers... Une horreur ! L’alerte fut donnée en pleine nuit au Mpila Camp . Les talkies-walkies se sont affolés, sans parler des téléphones. Je fus prévenue par Duma, un homme dévoué qui est né dans la réserve ; ses parents et ses grands-parents ont toujours œuvré pour le bien-être des animaux, et c’est tout naturellement qu’il s’est investi à son tour. C’est une personne de confiance et un élément important. Il connaît la savane comme personne.
 Je me suis retrouvée, cinq mois après avoir posé mes valises, à arpenter le bush accroupi derrière Duma, en quête de chasseurs. Le fusil entre les mains (merci, Pedro, pour ses cours de tirs), mon cœur battait fort. L’adrénaline aidant, je me faufilais mieux qu’un serpent de buisson en buisson. Nous les avions pistés, puis traqués jusqu’à ce que les autorités arrivent sur les lieux et les cueillent, alors qu’ils levaient le camp. Deux hommes blancs à l’allure patibulaire m’ont fait froid dans le dos, lorsque j’expliquais aux rangers les événements. Ils me regardaient d’un air mauvais, sûrement blessés dans leur ego de mâle qu’une femme ose les empêcher de faire fortune ! Un éléphant...

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