Toi et moi Saison 1
121 pages
Français

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Description

Règle n°1 : ne jamais tomber amoureuse de la mauvaise personne.
Règle n°2 : ne jamais respecter la règle n°1.
#RomanceSexy #Sensuel #NePasBaverSurLaMarchandise #Mensonge #Secrets #Passé
La colocation entre meilleurs amis a beaucoup d'avantages ; mais quand on s'appelle Julia et que Théo, le-dit meilleur ami, est une espèce de beau gosse aux multiples conquêtes, il faut aussi s'attendre à quelques inconvénients – du genre qui se baladent en petite tenue à dentelle le dimanche matin.
Celui que Julia n'avait pas prévu, c'était l'arrivée de Scott, un ami de longue date de Théo, qu'il a invité pour un séjour chez eux.
Scott, l'apollon le plus sexy qui soit.
Scott, au passé mystérieux et aux sombres secrets.
Scott, au charme dévastateur, auquel Julia sait qu'elle doit absolument résister, sous peine d'être entraînée dans un tourbillon dangereux...

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Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 juillet 2017
Nombre de lectures 1 112
EAN13 9782377030026
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0200€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Auteure : Aurélie Coleen
Suivi éditorial : Marine Cossé, Louise Champigny, Virginie Mayne
ISBN : 978-2-37703-002-6
Collection : New Love
© Photographie de couverture : Konrad Bak
 
© Kaya éditions
3, rue Ravon
92340 – Bourg-la-Reine
N° Siret : 82805734900015
 
 
Pour nous contacter :
contact@kayaeditions.com


 
 
Page de présentation
 
Crédits
 
#Playlist
 
# Chapitre 1 : Julia
 
# Chapitre 2 : Julia
 
# Chapitre 3 : Scott
 
# Chapitre 4 : Julia
 
# Chapitre 5 : Julia
 
# Chapitre 6 : Julia
 
# Chapitre 7 : Julia
 
# Chapitre 8 : Julia
 
# Chapitre 9 : Julia
 
# Chapitre 10 : Scott
 
# Chapitre 11 : Julia
 
# Chapitre 12 : Julia
 
# Chapitre 13 : Julia
 
# Chapitre 14 : Scott
 
# Chapitre 15 : Julia
 
# Chapitre 16 : Julia
 
# Chapitre 17 : Julia
 
# Chapitre 18 : Julia
 
# Chapitre 19 : Julia
 
#Chapitre 20 : Julia
 
#Chapitre 21 : Julia
 
#Chapitre 22 : Julia
 
#Chapitre 23 : Julia
 
#Chapitre 24 : Scott
 
#Chapitre 25 : Julia
 
Prochainement
 
#Kaya

Playlist 
 
 
 
« Hey Mama » — David Guetta, Nicky Minaj
 
« Grenade » — Bruno Mars

Julia
 
Je commence à perdre patience devant la porte de la salle de bain. Je suis sûre que Théo fait exprès de prendre son temps. C’est bien simple, il est toujours en train de me faire chier, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. Du poing, je m’acharne avec force sur la porte.
 
—  Bon tu te magnes, je vais être en retard au boulot ! hurlé-je.
 
—  Oui c’est bon j’arrive !
 
—  T’es vraiment chiant Théo, tu le sais ça ?
 
— Si Mademoiselle n’est pas contente, elle n’avait qu’à se lever avant ! répond-il d’un ton provocant.
 
—  Tu es marrant toi, ça se voit que tu n’es pas serveuse ! Maintenant, laisse-moi entrer ou je démolis la porte.
 
Il sort en trombe et me bouscule, tout sourire. L’enfoiré, il se fout de ma gueule en plus ! Son rictus amusé placardé sur son visage me donne envie de lui mettre des claques.
 
—  Toi, démolir la porte ? lance-t-il avec ironie.
 
—  Fais gaffe, je peux toujours te mettre une baffe !
 
—  Est-ce une menace ?
 
Je n’ai pas le temps de réagir, qu’il me soulève par-dessus son épaule. Un cri de surprise s’échappe de ma bouche et je m’agrippe à ses hanches pour me retenir.
 
—  Qu’est-ce que tu fais Théo ? m’écrié-je.
 
—  Une bonne douche ne te fera pas de mal ma chérie, tu es trop énervée, ce n’est pas bon pour ton cœur.
 
Je donne des coups de poing dans son dos.
 
—  Repose-moi immédiatement, c’est un ordre Théo !
 
Il ne m’écoute pas et rentre de nouveau dans la salle de bain. Je l’entends ouvrir le robinet, quand je me retrouve sous le jet d’ eau froide, je hurle :
 
—  Espèce d’enfoiré ! Tu ne perds rien pour attendre !
 
—  Bah quoi ? Tu voulais la douche, tu y es maintenant, s’exclame-t-il en riant.
 
—  Sors d’ici avant que je ne te trucide Théo !
 
Il referme la porte et éclate de rire. Mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter un ami pareil ? Je vous jure ! Il rote, il pète, il se gratte les fesses. Mais malgré ses airs d’homme des cavernes, je dois avouer qu’il est très beau et a un sourire ravageur. J’en paye d’ailleurs le prix presque tous les soirs, et ce n’est jamais la même nana que je croise quand je me lève .
 
Moi, ma vie sentimentale est une catastrophe. Je sors avec Casper le gentil petit fantôme, en fait je ne suis pas encore tombée sur « LE » prince charmant. J’ai bien eu une relation qui a duré presque un an, mais Théo n’aimait pas ce garçon. Il faut dire que ce dernier faisait des bruits bizarres dans les toilettes le matin. Théo a toujours été persuadé qu’il se branlait, je n’y ai jamais cru jusqu’au jour où il a oublié de verrouiller la porte. C’était un spectacle assez marrant après coup. Théo est arrivé en courant quand il m’a entendue hurler. Nous sommes restés figés devant mon ex qui avait toujours son membre à la main ! Je rigole toute seule en y repensant, mais sur le moment mon égo en a pris un coup ! Depuis ce jour-là, je n’ai plus jamais eu de ses nouvelles et c’est tant mieux.
 
Je reviens à l’instant présent et sors de la douche, merde avec tout ça j’ai oublié mes vêtements dans ma chambre ! Je jette un coup d’œil dans le couloir, personne en vue, je me mets à courir, mais comme je n’ai jamais de chance, je me tape le petit orteil contre le coin de ma commode ! Ah putain, ça fait un mal de chien ! Ma serviette tombe au sol pile au moment où Théo ouvre la porte en grand. Il la referme aussitôt, surpris de me voir en tenue d’Ève. Le nombre de fois où Théo m’a vue nue ? Je ne compte même plus !
 
Je l’entends rire derrière la porte et je passe mes nerfs sur lui :
 
—  Va me préparer un café au lieu de te foutre de ma gueule !
 
—  Pas de soucis. Hey Julia ! commence-t-il d’un ton malicieux.
 
—  Quoi encore ? grogné-je
 
—  Ne t’inquiète pas, ça repousse !
 
Oh le con ! Je rigole de sa connerie. Il la sort à chaque fois que je me fais mal, et que ce n’est rien de grave.
 
Je finis de me préparer et me regarde dans le miroir. Ma tenue pour aller bosser est rose et noir, ça passerait encore si le nom du bar n’était pas inscrit en gros sur mes seins. En plus j’ai une poitrine plutôt généreuse ce qui attire toujours l’œil du client, pour mon plus grand désespoir. Mes rondeurs ne me facilitent pas non plus la tâche. Bon OK, j’ai des poignées d’amour et alors ? J’aime le chocolat, je n’y peux rien ! J’inspecte mes cheveux bruns méchés de blond et coupés aux épaules, et réalise qu’il faut vraiment que je rafraîchisse tout ça. Je m’empare de mon maquillage et embellis mes yeux verts d’un coup de fard à paupières marron, voilà, le tour est joué ! Je ne me trouve pas moche, mais il y a toujours mieux, nous les femmes ne sommes jamais satisfaites. Je sors de ma chambre et sens l’odeur du café fraîchement moulé en entrant dans la cuisine. Théo se tourne aussitôt vers moi.
 
—  Alors, tu bosses jusqu’à quelle heure aujourd’hui ?
 
—  22 h, après je rentre me coucher. Je suis déjà crevée d’avance, dis-je en attrapant une tasse dans le placard.
 
—  OK, je ne sais pas à quelle heure je vais rentrer, alors prends tes clés.
 
—  Oui papa !
 
Je termine mon précieux breuvage tout en discutant avec Théo de son job. Il est coach sportif dans un petit centre de musculation de la ville. Il aime son métier, ça se sent quand il en parle, il a toujours la banane. Il a d’ailleurs essayé de m’initier au sport, mais sans succès pour son plus grand regret. Il est toujours en train de me rappeler que j’ai des rondeurs, mais au fond je sais qu’il n’aimerait pas qu’elles disparaissent. Je suis comme ça depuis qu’il me connaît. Je regarde ma montre ; et merde, je vais être en retard !
 
Je saute du tabouret.
 
—  Bon je file ! À ce soir.
 
J’embrasse Théo sur la joue et m’empare au passage d’un pain au chocolat. Je monte dans ma voiture et enclenche « Hey Mama » de David guetta et Nicky Minaj. Le volume à fond, je chante à tue-tête comme une casserole, mais je m’en balance, de toute façon personne ne peut m’entendre. Arrivée sur le parking du bar, je gare mon véhicule et regarde une dernière fois mon reflet dans le rétroviseur. Je sors et passe les portes roses du bar ; je grimace, rose franchement ! La devanture ressemble à une boîte de Callgirls ! Remarque, la plupart des clients sont de gros pervers assoiffés de bière.
 
À l’intérieur je repère mon collègue préféré — accessoirement celui avec qui je m’entends le mieux — et vais à sa rencontre.
 
—  Hey comment vas-tu ma belle ? s’exclame-t-il en me faisant la bise.
 
—  Ça va et toi Ulysse ?
 
Ulysse est barman, il est super gentil et surtout très gay. Il en a brisé des jolis cœurs ! Parce que pour la plupart des femmes, il est l’homme parfait : coiffé à la mode, musclé, beau cul, belle gueule. Que demander de plus ?
 
—  Super, je pète la forme. Alors, les nouvelles du jour ? me demande-t-il.
 
—  Douche froide infligée par Théo et petit doigt de pied meurtri sur le coin de ma commode !
 
—  Ouille, tu débutes bien ta journée ! ironise-t-il.
 
Ulysse aime se foutre de moi, je suis vraiment très « gauche » parfois — bon OK tout le temps, mais en général j’évite de le dire.
 
Mon collègue était déjà là avant que je rejoigne l’équipe du « Mish Melo ». Le nom du bar est à chier, vous voyez pourquoi je déteste ma tenue maintenant? Bref, avec Ulysse le feeling est tout de suite passé, une complicité est née entre nous et notre truc favori c’est… les ragots. Nous sommes de vraies commères !
 
—  Au fait, Barbie n’est plus avec Ken ! chuchote-t-il.
 
Vous voyez ? Qu’est-ce que je disais…
 
—  Arrête ! La pauvre, elle doit être toute triste...
 
—  À vrai dire non, regarde.
 
Il me fait un geste du menton, je me retourne. Effectivement elle est déjà en train de se faire lécher les amygdales par un autre gars. Je regarde mon collègue avec une grimace de dégoût.
 
Soudain il se penche en avant.
 
—  Hey, regarde-le celui-là !
 
Je tourne les yeux dans la même direction que lui et tombe sur un homme accoudé au comptoir. Il n’est pas mal, mais un peu trop blond à mon goût, je préfère les bruns. Je fusille mon ami du regard.
 
—  Arrête d’essayer de me caser, t’es lourd Ulysse !
 
— Darling, tu as besoin de t’envoyer en l’air, tu es irritable ! s’exclame-t-il en secouant la tête.
 
Je glousse et me mets au travail.
 
***
 
C’est enfin l’heure pour moi de partir. Il y a eu du monde aujourd’hui, j’ai le dos et les pieds en compote. Quand j’arrive enfin chez moi mon lit m’appelle, je suis crevée. Je pose mon sac dans l’entrée et file directement sous la douche. L’eau chaude apaise mon mal de dos. En sortant, je m’enduis de crème pour le corps à la noix de coco. En guise de dîner, je mange des céréales, en pyjama devant la télé. L’émission : « Les gens qui se prennent pour les rois du monde » m’exaspère. Je n’aime vraiment pas ce genre de programme. Mais je passe quand même un bon moment à rire de la vie de ces personnes, en me disant que la mienne n’est pas si pourrie que ça. Je pose mon bol vide sur la table et m’enroule dans la couverture pour terminer de regarder l’émission si mes yeux me le permettent.
 
Fatigue 1, Julia 0.
 
***
 
Je ne sais pas à quel moment je me suis endormie. Mais je sens quelqu’un me bousculer, je grogne. Je suis bien là, laissez-moi finir mon rêve. Je veux que cette foutue serveuse me ramène mes crêpes au chocolat ! La grosse voix de Théo me parvient, lointaine :
 
—  Réveille-toi Julia.
 
— Théo fous-moi la paix !
 
—  OK, mais, ne viens pas te plaindre si tu as mal au dos demain matin.
 
Il me dépose un baiser sur le front, et je me rendors directement...
 
 

Julia
 
 
 
 
Je sens qu’on essaie de me pousser, mais je suis encore trop fatiguée pour ouvrir les yeux,
 
—  Théo tu es chiant ! grogné-je.
 
—  Bouge tes grosses fesses et fais-moi de la place !
 
—  Tu devrais avoir pitié de moi...
 
—  Quoi ? Tu rigoles ? Ça fait dix minutes que j’essaie de me dégager un bout de canapé.
 
—  Je veux bien te faire une place si tu me masses les pieds et c’est non négociable. J’ai mal partout, j’ai passé la nuit sur ce foutu sofa !
 
—  Je t’ai prévenue hier soir, mais tu n’écoutes jamais rien. Remue-toi.
 
Je lève les jambes, il s’assoit à mes côtés. Je place mes mollets sur ses cuisses, il entame aussitôt de petits cercles très agréables sur le dessous de mes pieds. Ça fait un bien fou, il appuie bien sur la plante et j’ai l’impression que mon sang circule de nouveau dans mes jambes. Franchement, mettre ces fichues chaussures à talon pour travailler c’est une véritable torture. Une fois j’ai bien essayé d’aller bosser avec des ballerines, mais le patron m’est tombé dessus et j’ai pris un avertissement. Quel con !
 
—  Tu ne travailles pas ? me demande soudain Théo.
 
—  Si, ce soir à 18 heures.
 
Il arrête son massage.
 
—  Ah OK. Tu veux un petit-déj ?
 
— Ouais un café et un croissant me feront le plus grand bien. Merci.
 
—  Pour le café OK, pour le croissant va te faire voir, je ne sors pas, dit-il en croisant les bras.
 
—  OK, ne t’énerve pas… va pour des gâteaux au chocolat, dis-je en faisant la moue.
 
—  Tu vas devenir énorme Julia.
 
—  Ouais et alors ? Ce sont mes fesses pas les tiennes ! rétorqué-je.
 
—  Oui, mais je te vois tous les jours, pense à mes pauvres yeux.
 
Je lui flanque un coup de talon sur la cuisse. Mais à peine l’ai-je touché qu’il attrape mes chevilles et se met à me chatouiller les pieds.
 
—  Non Théo ! Arrête s’il te plaît, c’est horrible !
 
Je pleure de rire en même temps que je lui hurle dessus.
Il continue son petit manège, je me tortille dans tous les sens et l’inévitable se produit, je me retrouve par terre.
 
—  Espèce de petit con ! dis-je en rigolant
 
—  Tu l’as bien cherché pimbêche !
 
Je me relève et me dirige vers ma chambre pour aller mettre quelque chose sur moi. Théo est mon meilleur ami, mais il n’est pas toujours obligé de me voir à moitié à poil, même si je sais que ça ne le dérange pas le moins du monde. Par contre, l’inverse n’est pas vrai : quand il se balade la queue à l’air — le plus souvent la nuit après avoir copulé comme un animal avec une inconnue — je me cache les yeux en lui disant d’enfiler un boxer. C’est franchement super embarrassant de le voir en tenue d’Adam. C’est comme si c’était mon frère.
 
—  Julia ?
 
Je me retourne pour voir ce que Théo me veut, quand un grand sourire se forme sur son visage. Je sens encore la connerie à deux balles arriver.
 
—  Ta culotte te rentre dans les fesses, ça m’agresse les yeux !
 
—  Ne regarde pas alors.
 
Il se marre de plus belle ! Je cours jusqu’à ma chambre, enfile un pantalon noir et un haut vert pomme tout simple, ça fera l’affaire. J’attache mes cheveux en un chignon improvisé et me maquille un peu, un coup de mascara et basta, j’aime rester naturelle. J’entends soudain l’eau de la douche couler, une idée me vient à l’esprit pour me venger de Théo. Je cours jusqu’à la cuisine et coupe l’eau chaude avant de prendre en vitesse mon sac et mes clés. Je suis prête à partir chercher mon croissant quand j’entends au loin Théo hurler.
 
—  Garce ! Ouvre l’eau !
 
—  Non tu te débrouilles ! lui crié-je.
 
—  Tu ne perds rien pour attendre !
 
Je ris et me sauve tant que Théo est dans la salle de bain.
 
La boulangerie n’étant pas très loin de chez moi, je décide de m’y rendre à pied. En voyant deux filles de mon âge attablées à une terrasse je pense soudain à Pénélope, ma meilleure amie, il faudrait que je l’appelle ça fait quand même trois fois que je refuse ses invitations, elle doit me détester. Je sors mon portable et compose son numéro, elle décroche dès la deuxième sonnerie.
 
—  Allô Pénélope ?
 
—  Julia, ça va ? J’ai cru que tu étais morte, dit-elle d’une voix enjouée.
 
—  Non, je suis encore vivante, mais avec le boulot je suis claquée. Je t’appelle pour savoir si tu es dispo vendredi ?
 
—  Oui pas de souci, tu veux sortir ?
 
—  Dix-neuf heures au Granit, ça te convient ? On mangera un truc ensemble et après on ira boire un verre...
 
—  Ça marche ma belle à vendredi alors ?
 
—  Sans faute ! Bisous, m’exclamé-je en souriant.
 
Je raccroche. Bon ça c’est fait ! J’entre dans la boulangerie et demande deux croissants au beurre, après tout je suis venue à pied je peux bien me faire un petit plaisir ! J’en prends un aussi avant de payer le tout.
 
Quand je ressors de la boutique je me heurte à quelqu’un et manque d’en faire tomber mes viennoiseries. Je relève la tête et me rends compte que j’ai percuté un homme, qui me fixe. Merde, je suis vraiment conne, je m’excuse rouge de honte, le mec me rassure en disant que ce n’est pas tous les jours qu’une « jolie fille » lui tombe dessus. Je m’empourpre et baragouine un « désolée » avant de décamper. J’ai horreur des hommes plus vieux qui draguent des filles d’une vingtaine d’années. Tu cherches peut-être de quoi t’amuser, mais moi je passe mon tour mon gars, je vois assez de vieux pervers au boulot. Entre les mains aux fesses et les numéros glissés en douce sous l’addition, non merci, j’ai ma dose !
 
Quand j’arrive à l’appart, c’est un Théo en pétard qui se rue sur moi. Je l’esquive et cours jusqu’à la cuisine pour me réfugier derrière la table. Il se plante devant moi avant de feinter, il part à gauche, je pars à droite, il part à droite, je pars à gauche. Mais ce que je n’avais pas calculé c’est qu’il allait passer par-dessus la table pour se retrouver juste devant mon nez. Mince ! Je n’ai pas d’échappatoire, je vais devoir m’avouer vaincue !
 
—  Je me suis vengée Théo ! m’exclamé-je pour plaider ma cause
Il me regarde de ses grands yeux bleus, un petit sourire d’enfoiré sur le visage.
 
—  Ce n’est pas grave, je l’ai cherché après tout, admet-il en haussant les épaules.
 
Oh, c’est trop facile… Pour me faire pardonner, je lui montre le sachet de la boulangerie, il a l’air content, sauf que ce n’est pas dans ses habitudes de s’incliner. Nous nous installons et déjeunons tranquillement, j’ai l’impression qu’il me cache quelque chose. Nous discutons de sa dernière conquête, Sandy. Je fais mine de m’y intéresser, mais rien que son prénom me confirme que c’est juste un coup d’un soir. Je garde mon commentaire pour moi, Théo est assez grand pour gérer ses affaires tout seul.
 
—  Au fait, il faut que je te demande quelque chose, dit-il soudainement sérieux.
 
Je lui lance un regard suspicieux.
 
—  Oui, quoi ?
 
—  J’ai un ami d’enfance qui arrive en ville dans quelques jours, il m’a demandé si je pouvais l’héberger le temps de son séjour, ça te dérangerait ?
 
—  Pourquoi tu me demandes la permission ? C’est qui cet ami, je le connais ?
 
—  Il s’appelle Scott et non tu ne le connais pas. C’est un pote que je n’ai pas vu depuis sept ans.
 
—  Sept ans ? C’est beaucoup, pourquoi cette soudaine réapparition ? m’exclamé-je.
 
—  Nous avons pris des chemins différents, mais nous sommes toujours en contact, et vu qu’il reste une chambre de libre, je me disais que je pourrais faire ça pour lui.
 
Je mords dans mon deuxième croissant avec appétit.
 
—  Écoute, moi perso je m’en fous. Tant qu’il donne sa part du loyer, ça me convient. Par contre, rassure-moi, il n’est pas comme toi ?
 
—  Comment ça, comme moi ? Lance Théo d’un air innocent.
 
—  Tu sais le genre de mec qui ramène une nana tous les soirs !
 
Il affiche un air outré.
 
—  Je ne fais pas ça !
 
—  Oh, arrête un peu ton cinéma. Je ne compte même plus le nombre de fois où je dois mettre mes écouteurs pour ne pas entendre tes pétasses simuler, lancé-je.
 
Il fronce les sourcils.
 
—  Ce n’est pas cool ce que tu me dis ! Tu insinues que je ne leur fais pas prendre leur pied ?
 
—  Franchement, tu les as devant toi, tu es le mieux placé pour juger .
 
—  Ouais tu as raison, mais je m’en balance du moment que je me vide les couilles ! s’exclame-t-il en souriant.
 
—  Tais-toi ! Pas un mot de plus Théo. Je suis sérieuse là.
 
Il me fait une grimace et nous éclatons de rire comme deux gamins.
 
L’après-midi passe à toute vitesse et il est déjà temps d’aller me préparer, je revêts mon costume de serveuse à la noix. Je quitte mon appartement pour rejoindre ma voiture, et me mets au volant en me remémorant la discussion de ce matin.
 
Je suis intriguée, qui est ce Scott ?
 
 
 

Scott
 
 

 
J’inspecte l’appartement pourri dans lequel je me suis installé il y a quatre mois. J’espère que Théo a réussi à obtenir une réponse favorable de la part de sa colocataire, sinon je ne sais pas comment je vais faire une fois que je serai dans l’état du Minnesota. Cette fille est la clé de tout ce mystère, celle qui m’amènera enfin à la vérité. Si elle décide de ne pas m’aider, je n’aurai plus qu’à plier bagage et rentrer chez moi sans avoir eu aucune réponse à mes questions... Mon téléphone, posé sur la table basse, me rend dingue, j’attends avec une patience qui m’était jusque-là inconnue, le coup de fil de Théo. Il doit me donner des nouvelles dans la journée. Je me lève complètement paumé et prends une bière dans le frigo. Je suis nerveux et guette le moindre bruit provenant du couloir de l’immeuble, bouffé par le temps. Les murs sont épais comme une feuille de papier à cigarette et les différentes conversations des habitants sont entendues de tous. On ne peut pas garder de secrets entre ces murs, c’est pour ça qu’il faut que je me tire le plus vite possible, c’est devenu trop dangereux ici. Un petit coup frappé à la porte me sort de mes pensées, je regarde par le judas et ouvre à Billy, mon petit protégé, il a de nouveau un œil au beurre noir.
 
—  Qu’est-ce que tu as encore trafiqué ? m’exclamé-je.
 
—  Rien, t’inquiète mon pote !
 
Je recule pour le laisser passer et jette un œil dans le couloir pour voir si personne ne l’a suivi. Je referme la porte et donne un tour de verrou avant de rejoindre Billy dans ma salle de bain. L’eau qui sort des tuyauteries est de couleur marron clair, ce n’est pas le grand luxe, loin de là. Billy s’asperge le visage avant d’attraper une serviette en dessous du lavabo. Il siffle entre ses dents quand il tamponne son œil, je croise les bras sur ma poitrine.
 
—  Avec qui est-ce que tu t’es battu ?
 
—  Ce connard de Peter, répond-il en fixant le sol.
 
Je soupire.
 
—  Je peux savoir pourquoi ?
 
Il relève la tête.
 
—  T’es flic toi maintenant ?
 
—  Ne joue pas au con avec moi Billy, tu lui dois encore du fric c’est ça ? Combien ? m’énervé-je.
 
—  Pas grand-chose, ne t’en fais pas.
 
Je n’aime pas que l’on se foute de ma gueule et c’est précisément ce qu’il est en train de faire. J’avance d’un pas vers lui et pour le faire chier j’appuie la serviette sur son œil amoché.
 
—  Aie, putain ça fait mal, mais t’es con ou quoi !
 
—  Combien ?
 
Je le menace d’un geste de la main, il se renfrogne.
 
—  6…
 
—  Quoi 600 dollars ?
 
Vu qu’il ne répond pas, je dois avoir tort sur toute la ligne. Il me bouscule gentiment et quitte la pièce, je le suis jusque dans le salon. Il s’installe dans le canapé et pose ses pieds sur la table basse, l’air absent. Je comprends alors qu’il est question de milliers de dollars.
 
—  Putain ! Billy, tu es sérieux ? Tu dois 6000 dollars à ce type ? m’écrié-je.
 
—  Ouais vieux, j’ai perdu au poker... lâche-t-il simplement.
 
Il n’est pas fier de me le dire, je le vois à sa façon de gigoter. Ça me fait chier de le laisser ici dans ce Bronx, mais je n’ai pas le choix, je ne peux pas l’embarquer dans mes problèmes. En plus, je n’ai aucune idée de comment ça va se passer pour moi. J’ai la trouille de me retrouver encore emprisonné dans cet hôpital, ou pire, en prison. Je prends une chaise et la retourne pour m’installer dessus.
 
—  Écoute Billy, je dois partir pour une durée indéterminée d’ici quelques jours.
 
Il renifle avec dédain et me regarde en coin, je suis son seul ami et la plupart du temps il vient chez moi pour échapper au monde de dehors. Ce gamin n’a que 19 ans et putain ça me fait chier de le laisser seul.
 
—  Tu ne reviendras pas c’est ça ? dit-il en détournant le regard.
 
—  Tout dépend de la tournure que ça va prendre, je ne peux rien prévoir.
 
—  OK c’est cool mec.
 
—  Si tu veux, je peux te laisser les clefs de l’appartement, comme ça tu pourras quand même venir en mon absence, proposé-je avec un sourire.
 
—  Tu ferais ça ? Sérieux ?
 
Je lui fais un signe de tête pour approuver, il me lance un grand sourire. Je me lève et vais dans ma piaule, quand je reviens, je lui tends l’enveloppe.
 
—  Qu’est-ce que c’est ?
 
Il l’ouvre, ses yeux s’agrandissent au fur et à mesure qu’il en sort les billets.
 
—  2 000 dollars, ça fera patienter Peter en attendant que tu trouves les 4 000 autres.
 
—  Merci, mon pote, toi t’es vraiment un frère ! s’exclame-t-il.
 
Il se lève et me tend la main. Je dois encore lui dire une dernière chose avant de partir.
 
— Billy, trouve-toi un job et essaie de quitter ce misérable quartier. Tu mérites mieux que cette vie de merde.
 
Il approuve d’un signe de tête pour me montrer qu’il comprend le message avant de me lâcher la main et de partir.
 
— À un de ces quatre Scott !
 
— Hey Billy, encore une chose, cet argent-là, il te sert à rembourser tes dettes et pas à te noyer encore plus dans cette merde.

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